Bonjour à vous, très chers lecteurs,

Aujourd'hui, je n'ai que peu de chose à vous dire… seulement, vous adresser mes plus sincères remerciements à vous tous.

Merci à tous ceux et celles qui me suivent et qui me laissent des commentaires adorables !

[Si vous hésitez à m'en laisser, ne vous gênez pas ! Je ne mords pas (encore) !] ;)

Bref... Merci infiniment... je suis très honorée par votre soutien. Il me va droit au cœur.

Sur ce, je vous laisse à votre lecture. En espérant, comme toujours, que cela continuera à vous plaire.

Prenez soin de vous et à très bientôt !

*Cœurs sur vous.*

Milie.


Chapitre 28 : Objectif : sauver Lucy

Sur la route du retour, Watson, épuisé par ses émotions et ses courtes heures de sommeil, prit quelques instants pour lui en s'asseyant sur un banc recouvert de givre de Central Park. La perte de sa mère et la maladie de sa belle-sœur, associées à l'absence de Holmes, tout ceci fut trop pour le pauvre médecin… Seul dans ce parc durant les dernières heures de la nuit, il leva la tête vers le ciel, appréciant les étoiles accrochées au firmament, seulement troublé par le brouillard provoqué par son souffle. Lorsqu'un sanglot désespéré secoua sa poitrine, troublant le silence aux alentours. De longues minutes s'égrenèrent ainsi, laissant libre-cours à sa tristesse, ses mains gantées crispées sur ses genoux, le médecin baissa la tête et pleura . Lentement les larmes finirent par s'assécher, bien que sa peine soit toujours aussi intense, le blond se décida à rentrer, le cœur un peu plus léger.

Une légère coloration pourpre commençait à apparaître à l'horizon tandis qu'il ouvrit la porte de la chambre de sa patiente. Il y découvrit la jeune femme et Hannah profondément endormies. Un sourire attendri atteignit ses yeux. Il referma doucement derrière lui afin de ne pas les réveiller et peu enclin à s'endormir malgré la fatigue, il alla dans la cuisine et se fit un thé.

Watson, comme tout bon Anglais qui se respecte, savoura à petites gorgées sa boisson brûlante et réconfortante. Un soupir las lui échappa. Il se perdit dans ses pensées, le regard dans le vague, sa tasse à présent vide entre les mains. Se focalisant sur les bruits de la maison, un craquement à l'étage, une souris courant dans les murs… ce silence apaisant fut de courte durée; Il sursauta en entendant quelqu'un frapper à nouveau à la porte. Il regarda machinalement sa montre, et fût stupéfié de constater que l'heure était aussi avancée. Avec sa rêverie éveillée, il n'avait pas vu le temps filer. Il se leva en se passant la main sur le visage et ouvrit la porte, récupérant le télégramme de son homme.

«

Très cher ami,

Je suis désolé d'apprendre la triste nouvelle concernant la perte de votre mère. De telles épreuves devraient vous être épargnées. Si seulement je pouvais être à vos côtés en ce moment douloureux de votre existence… Croyez-moi, cher ami, que mes pensées sont toutes tournées vers vous et vos proches.

J'espère de tout cœur que votre belle-sœur guérira vite, une fois qu'elle aura intégré le sanatorium.

Concernant mon enquête, elle suit son cours, je reste attentif à ce qui se passe dans l'East End, pour l'instant, il semblerait qu'il ne s'y passe rien d'anormal. Ce qui est plutôt rassurant.

Mrs Hudson vous envoie tous ses vœux de soutien. Soyez fort, mon cher ami.

Très sincèrement votre,

JVA.

Holmes.

»

Une larme glissa sur la joue du médecin, profondément touché par ce message débordant d'affection de son amant. Toutefois, ses habitudes militaires reprirent le dessus, lui permettant de garder la tête froide en mettant de côté les émotions qui semblaient à nouveau le déstabiliser.

Un bruit infime attira son attention du côté de la chambre de sa belle-sœur. Il s'approcha et en ouvrant la porte, découvrit les deux femmes plongées dans une profonde conversation seulement troublée par une quinte occasionnelle. Il s'immisça dans la pièce en se raclant la gorge, prévenant ainsi sa présence. Elles lui sourirent tristement, mais avec reconnaissance.

– Bonjour mesdames… dit-il en s'approchant de la malade, comment vous-sentez-vous, Lucy ?

– Un peu fatiguée… j'ai peu dormi. Et vous ?

Watson sourit face à cette demande.

– Je vais bien. Ne vous en faites pas. Hannah, si vous voulez vous coucher, je prends le relais. Quelques heures de sommeil ne vous feront pas de mal.

– Merci, j'y vais de ce pas. Mais si vous avez besoin d'aide, venez me chercher ! (Elle sourit derrière son foulard à sa malade.) Reposez-vous bien, ma chère.

La jeune femme la remercia du regard, puis elle prit congé. Le blond posa la main sur le front de sa patiente et lui prit le pouls. La presque nuit blanche qu'elle avait endurée ne semblait pas avoir aggravé son état de santé. Après l'avoir rafraîchi et donné un peu de bouillon de poule, le praticien s'installa auprès d'elle et lui dit :

– J'ai envoyé une lettre à mon confrère le Docteur Brown du sanatorium de Liverpool, afin de vous y envoyer. Je n'ai malheureusement pas suffisamment de ressource pour vous aider d'avantage et je sais que cela ne suffira pas. Donc, j'attends sa réponse. J'espère qu'elle ne tardera pas trop et que votre transfert pourra être opéré au plus vite. Cela fait trois jours maintenant que votre santé ne s'est pas dégradée… Je pense qu'en prenant toutes les précautions nécessaires, vous pourrez supporter le trajet en train.

– D'accord. Je vous fais confiance, si vous jugez que cela est nécessaire, répondit la jeune femme. M'accompagnerez-vous ?

– Bien entendu ! Quelle question ! Je ne rentrerais à Londres qu'une fois que je serais certain que vous serez entre de bonnes-mains.

Elle lui sourit faiblement puis s'enquit, le regard emplit de tristesse :

– Et concernant votre mère ?

Watson déglutit avant de répondre :

– Je vais aller au presbytère aux alentours de dix heures, demander à ce que l'enterrement se fasse au plus vite afin que nous ne perdions pas de temps pour vous. Je ne pense pas que le père nous fasse des problèmes à ce sujet.

La jeune femme acquiesça et toussa un peu. Attentif au moindre symptôme de sa patiente, le docteur l'ausculta à nouveau, lui donna ses remèdes et ouvrit en grand la fenêtre pour aérer durant un petit quart d'heure. Puis, épuisée, celle-ci s'endormit d'un sommeil réparateur. Après les soins rudimentaires, l'ancien militaire se leva et se rendit avec regret à la chambre de sa nourrice. Il frappa à la porte et l'entrouvrit.

– Hannah ? Chuchota-t-il. Hannah ?

La vieille femme ronchonna un court instant et subitement se releva, complètement réveillée.

– Avez-vous besoin de moi ? Un souci avec Miss Lucy ?

– Non, rassurez-vous… Je suis désolée d'écourter votre sommeil, Hannah. Je venais simplement pour vous prévenir que je vais m'absenter pour aller au presbytère. Lucy s'est endormie. Vous pouvez encore vous reposer, seulement, je vais laisser votre porte entrouverte afin que vous puissiez l'entendre dans le cas où elle aurait besoin d'aide.

La brave femme hocha la tête et regarda le jeune homme partir silencieusement. La porte de l'entrée grinça sur ses gonds avant de se fermer dans un cliquetis.

Marchant d'un bon pas, oubliant la douleur sourde qui lui tiraillait la jambe, il parcourut rapidement le trajet menant à la majestueuse et imposante Cathédrale de Peterborough. Passant rapidement sous les magnifiques tympans ornant les portails du monument, il y pénétra en ralentissant légèrement son allure. Par chance, la prière du matin venait de s'achever. Il s'approcha d'un homme l'Église, se présenta avec respect, demandant de lui accorder quelques instants pour lui exposer sa requête. Le prêtre, très conciliant face à l'urgence de la situation, accepta de planifier les funérailles au lendemain matin. Après l'avoir remercié chaleureusement, le blond se rendit aux pompes funèbres pour achever les préparatifs et déposa rapidement un article annonçant la date des obsèques dans la presse.

Il revint au chevet de sa belle-sœur vers midi. Celle-ci, en compagnie d'Hannah, fut mise au courant des démarches. La nourrice quant à elle, lui tendit un télégramme qu'il décacheta et lu sans attendre.

– Lucy, si tout va bien durant les deux prochains jours, vous pourrez aller au sanatorium. Le docteur Brown s'occupe de votre admission.

La jeune femme soupira de soulagement et dit dans un sanglot :

– Je suis désolée, John, j'ai conscience que vous bousculez tous les préparatifs concernant votre mère, pour m'aider… et je ne…

– Tut tut tut, ma chère… interrompit-il en souriant. Ma tendre mère sera traitée avec tout le respect qu'on lui doit et je vous assure qu'elle aurait agi comme je le fais, si c'est pour vous sauver la vie. De plus, lorsque vous serez à nouveau sur pied, nous irons, ensemble, nous recueillir sur sa tombe. Je vous le promets. Alors séchez moi ces larmes et faites en sorte que je puisse tenir parole !

La malade se mit à rire à travers ses pleurs et acquiesça en essuyant ses yeux.

Le reste de la journée se passa sans encombre, les bagages furent rapidement prêts, un compartiment de première classe fut réservé et aménagé et Mrs Watson fut apprêtée. Le lendemain, Watson s'absenta pour aller aux funérailles de sa mère, laissant derrière lui les deux femmes en larmes. Ne s'attendant pas à voir du monde durant la cérémonie, il fut agréablement surpris de voir une vingtaine de personnes présentes à ses côtés et qu'une magnifique gerbe de fleurs blanches était déposée sur la tombe. En s'approchant, examina les inscriptions du ruban et l'émotion lui prit à nouveau la gorge, le bouleversant profondément. Trois mots et deux lettres y étaient écrit :

« Mes respectueuses pensées. S.H. »

Holmes… Comment avez-vous su ? Oh ! Merci mon Amour !

Sur le chemin du retour, il s'arrêta un moment pour envoyer un télégramme à son homme :

«

Holmes,

Merci infiniment, mon très cher ami, pour l'attention fleurie à l'adresse de ma défunte mère. Votre geste m'a profondément touché.

Nous partons demain par le train de neuf heures douze, pour le sanatorium de Liverpool (3 Coastal Road, Birkdale), où nous y sommes attendus en fin de matinée. La santé de ma belle-sœur reste stationnaire.

Bien à vous,

JVA.

Watson.

»

Lorsqu'il rejoignit les deux femmes, un peu avant midi, la jeune malade était profondément endormie. Hannah la veillait en lisant un roman. Elle posa ses yeux rougis sur lui et lui sourit :

– Elle a rejoint Morphée, il y a seulement dix minutes. J'ai pris la liberté de lui donner ses médicaments et de la changer.

– Merci beaucoup Hannah, vous êtes un ange… La cérémonie s'est bien passée. Si vous désirez vous recueillir, elle repose aux côtés de mon père, dans le caveau familial. Vous pourrez y aller lorsque nous serons partis demain matin, si vous le souhaitez.

La vieille femme lui sourit en hochant la tête, les yeux brillants. Derrière son foulard, les lèvres du médecin tremblèrent légèrement.

Ce que je regrette qu'elles n'aient pu être présentes… Elles l'aimaient tellement !

Il soupira et approcha une chaise pour s'installer avec elles.

L'après-midi et la soirée se déroulèrent comme la veille, sans aucun problème et tous trois s'endormirent en attendant le départ du lendemain. Celui-ci fut opéré d'une main de maître, les agents de la gare de Peterborough avaient tout organisé de façon à ce que la santé de la jeune patiente ne se dégrade pas durant le transport.

Cependant, à cause d'un souci ferroviaire, ils finirent par arriver à destination, en début d'après-midi. Le sanatorium, une grande bâtisse banche située dans un parc arboré et bien entretenu accueillit leur nouvelle patiente avec beaucoup de calme et l'installèrent dans une chambre spacieuse, idéalement exposée vers la mer.

Une fois confortablement installée, Lucy regarda son beau-frère. Celui-ci étant soucieux, et plus silencieux qu'à son habitude.

– Auriez-vous quelques contrariétés, mon cher ?

Watson leva la tête, étonné et nia :

– Pas du tout ! J'étais juste perdu dans mes pensées. Pourquoi n'ai-je pas reçu de réponse de Holmes ? Un simple télégramme aurait suffi… (Il se raisonna et soupira,) John… tu te comportes comme un enfant, il est en pleine enquête, il n'a tout simplement pas eu le temps pour cela !

Il lui sourit et lorsque la porte de la chambre s'ouvrit sur le Dr Brown et qu'ils discutèrent du traitement, l'ancien militaire sut aussitôt que sa belle-sœur était entre d'excellentes mains.

La journée passa, puis une autre… Aucun message en provenance de Londres. L'anxiété de l'ancien militaire s'accroissait proportionnellement au temps qui s'écoulait. Cependant, il parvint à cacher son angoisse à sa malade. Il était toutefois heureux de constater que celle-ci semblait bien tolérer le traitement. Maintenant, seul le temps fera en sorte à ce qu'elle se rétablisse ou pas. Lorsque le docteur Brown vint ausculter sa patiente, il lui tendit un télégramme en lui disant :

– Vous avez reçu ceci, Watson… il y a moins d'une heure. Je me suis permis de vous l'apporter, il est arrivé en express.

L'ancien militaire sut qu'il se passait quelque chose de grave, il prit le message et sortit un moment sur le balcon pour le lire, les mains tremblantes.

Mrs Hudson lui adressait ces quelques mots :

«

Docteur Watson,

Seul un cas d'extrême urgence m'incite à vous écrire ainsi alors que vous êtes aux chevets de votre belle-sœur. Il s'agit de M. Holmes. Il est souffrant, il est à l'agonie… Seigneur… cela fait trois jours qu'il sombre, il est en proie à la fièvre et au délire. Il semble beaucoup souffrir… Je me demande s'il passera la journée. Rejoignez-le, je vous en supplie !

Je suis désolée de vous adresser pareil message, mon cher. Mais hâtez-vous de revenir, il vous réclame !

Mrs Hudson

»