Bonjour, bonsoir à tous !
Voici mes habituels remerciements pour votre assiduité, vos messages touchants, vos suivis (bienvenue aux petits nouveaux !)...
Je suis très émue de lire vos retours. C'est très motivant pour la suite.
J'espère que la nouvelle enquête qui arrivera sous peu, vous plaira tout autant que celle du Rat de Sumatra.
Mais en attendant, voici un peu de douceur dans ce monde de brute !
Bonne lecture à vous !
Prenez soin de vous !
Milie.
Chapitre 31 : Sentiments et vie à Baker Street
Lorsque le médecin se réveilla le lendemain matin, la première chose qu'il vit, ce fût le sourire de son détective, puis son regard. Un regard qu'il ne lui avait encore jamais vu :
Un regard enflammé manifestant dans toute son ampleur un amour inconditionnel et irrévocable, de la tendresse, un désir intense…
Watson prit alors pleinement conscience que son Holmes, le merveilleux, l'incroyable, l'unique Sherlock Holmes, le vénérait au-delà du possible.
Le souffle du médecin se perdit en cours de route, son cœur s'affola. Il déglutit sous le choc.
Une main lui caressa le visage puis le son d'une voix chaleureuse résonna dans sa tête :
– Respirez, John ! Respirez…Conseilla-t-il pour l'aider à revenir au présent.
Et au grand soulagement du détective, cela fonctionna. Le médecin prit une grande inspiration saccadée et déglutit à nouveau… Il laissa son cœur se calmer et revenir progressivement à un rythme normal. Patiemment, le détective attendit que le praticien retrouve l'usage de la parole. Comprenant qu'il avait inconsciemment provoqué l'état de son amant. Ce ne fut heureusement pas long ; celui-ci, fébrile, regarda son homme avec douceur et lui dit d'une voix encore quelque peu tremblante :
– Bonjour Amour. Avez-vous bien dormi ?
Décontenancé par cette phrase d'approche totalement imprévue, le limier cligna des yeux et prit deux ou trois secondes pour répondre.
– Heu… Oui, merveilleusement bien… Et vous ? Hésita-t-il.
Le blond lui sourit en guise de réponse. Holmes, interdit, lui rendit son sourire en soupirant.
– Mon ange, je suis désolée de vous brusquer, mais vous m'inquiétez… Je souhaiterais savoir la cause de votre trouble, à votre réveil… J'ai l'impression que j'en suis la cause, mais je ne sais pas pourquoi. Ai-je fait ou dit quelque chose qui vous aurait déplu ?...
Watson, dont le cœur repartit au grand galop, respira profondément plusieurs fois pour se calmer de nouveau, afin de lui répondre.
– Je ne sais pas comment vous dire ce qui vient de se passer. Mais le fait est que oui. Vous êtes incontestablement responsable de la… Hum... Crise… Que je viens d'avoir…
Le détective, bien que préparé à une telle réponse, fut quelque peu déstabilisé. Attristé, il baissa les yeux, et s'excusa.
– Ne vous excusez pas, très cher, vous n'avez rien fait de mal, bien au contraire ! (Il lui sourit et prit la main de son amant pour en embrasser la paume.) J'ai été simplement ébranlé par votre regard.
Le génie leva un sourcil, en totale incompréhension. Ce qui fit rire son amant.
– Holmes, mon tendre amour… Puis-je vous poser une question ?
– Bien sûr, répondit-il, un timide sourire aux lèvres.
– À quoi pensiez-vous avant que je ne me réveille ?
Sans hésiter, le logicien déclara :
– À vous. Rien qu'à vous. À quel point vous me rendez heureux, à la chance que j'ai que vous m'aimiez, à tout ce que je serais capable de faire pour vous garder auprès de moi éternellement, à tout ce que j'aimerais faire avec vous dans le futur. Je pensais aussi que vous étiez vraiment très beau : j'aime tellement votre sourire, vos yeux, vos petites rides que vous avez aux coins des yeux quand vous souriez, j'aime aussi votre voix et votre rire plus que tout. Je me disais que de toutes les personnes que j'ai rencontrées durant mon existence, vous étiez, êtes et resterez la seule énigme que je ne pourrais jamais déduire complètement...
» Vous me fascinez, John et vous m'émerveillez tous les jours de par votre bonté d'âme, mais aussi par votre intelligence incontestable, bien qu'elle soit un peu plus lente que la mienne. Je vous aime à en mourir… Et… Et si je devais vous perdre, je n'y survivrais pas.
Le médecin sourit, les larmes aux yeux, la gorge nouée et passa sa main dans les boucles désordonnées de son amant.
– Eh bien, voilà les raisons pour lesquelles j'ai été si troublé, Amour. Tout ceci, je l'ai lu dans vos yeux lorsque j'ai posé les miens sur vous. Et je ne m'attendais absolument pas à voir autant de passion, à mon réveil.
– Oh !
Watson pouffa de rire savourant la surprise de son détective, qui en rougit furieusement. Puis, s'approchant de lui et lui chuchota en lui caressant du bout du nez, l'arrête de la mâchoire :
– Tout ce que vous avez dit, cela fait des mois que je voulais vous le dire aussi… Je n'ai cependant jamais eu le courage de le faire, car je pensais que cela allait vous faire fuir. La profondeur de mes sentiments à votre égard et telle, mon très cher amour, que je serais capable de donner ma vie pour sauver la vôtre et de vous soutenir quoi qu'il arrive dans vos choix, aussi farfelus soient-ils. Je vous aime plus que tout et jamais je n'aurai cru avoir la chance de partager votre vie et vos sentiments.
Il l'embrasse passionnément et conclu dans un sourire, la voix débordant d'émotions :
– Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai toute ma vie, Sherlock. Sois-en certain.
Profondément bouleversé, les prunelles grises et embuées de Holmes le fixaient avec intensité. Quelques minutes passèrent, silencieuses et chargées d'émotions lorsque soudainement tous deux éclatèrent de rire à l'unisson, la tension créée par leurs déclarations communes disparaissant d'un seul coup. Se sentant enfin libérés des non-dits.
– Drôle de matinée, dit le médecin en essuyant ses larmes.
– En effet, je n'avais vraiment pas prévu de vous faire une telle déclaration… Répondit le détective dans un reste de rire.
– Moi non plus !
Des regards d'une grande éloquence furent échangés, une seule et même pensée traversa leurs esprits :
– Mais je ne regrette absolument rien.
Ils se sourirent avant de s'embrasser éperdument et d'échanger des caresses témoins de leur désir partagé et renouvelé.
…
En fin de matinée, Mrs Hudson apporta de quoi nourrir ses deux garçons, envoyant des regards mi-furieux, mi-ravis, au jeune détective. Lorsqu'elle repartit, elle se pencha avant de fermer la porte et ajouta :
– M. Holmes, je dois vous dire que votre comédie d'hier m'a beaucoup peinée, bien que toutefois je sois heureuse vous savoir en bonne santé… Je voulais simplement vous exprimer que vous me manquerez atrocement si vous venez à nous quitter, jeune homme. Veillez simplement que cela ne se produise pas.
Il regarda sa gouvernante, les yeux exorbités puis, ému, lui sourit :
– Rassurez-vous, chère Mrs Hudson, je ne compte nullement attenter à ma vie, ni la mettre en grand danger. Pas tant que je vous ai, vous deux, dit-il en serrant la main de son partenaire.
Un large sourire s'épanouit sur le visage de la vieille femme et rassurée, elle rentra chez elle après les avoir salués.
Holmes survola du regard son compagnon et sourit.
– Oui, je suis d'accord, John… À nous trois, nous formons réellement une famille, dit-il en échos à la pensée de son bien-aimé.
Le médecin, sans un mot, serra la main de son amant et l'attira vers la table devant laquelle y s'installèrent pour faire honneur à la cuisine de leur gouvernante.
Ce retour au calme après une telle enquête et toutes ses émotions, satisfirent les deux hommes. Chacun vacant à leurs occupations respectives.
Pendant que le blond écrivait une de leurs anciennes enquêtes intitulée « L'Escarboucle Bleue » en vue de la faire publier dans le Strand, le limier, installé à sa table de chimiste, manipulait avec une grande précaution son matériel, examinant et étudiant les propriétés du poison trouvé dans les cales du Matilda-Briggs. Poison qu'il avait subtilisé en douce à l'inspecteur Lestrade durant leur longue conversation de la veille. Notant minutieusement ses découvertes, noircissant de son écriture fine et élégante, un bon nombre de pages d'un carnet. Ces relevés furent ensuite comparés à ceux de ses prélèvements directement effectués sur la rate. Comme il s'en doutait, les premières observations qu'il avait faites dans la cave confirmèrent ses suppositions. Toutefois, l'échantillon de matière première ne lui permit pas de faire de grandes investigations.
– Eh bien, me voilà singulièrement frustré, mon cher Watson… Dit-il d'une voix passionnée. Ce poison est tout simplement fascinant. J'aurais bien aimé en avoir d'avantage.
Le praticien grinça des dents et le regarda les sourcils froncés, la terreur se lisant parfaitement sur son visage.
– Ne me dites pas que vous travaillez sur ce liquide de malheur depuis tout à l'heure, Holmes !
Le brun se pinça les lèvres et acquiesça de la tête.
– Ne vous en faites pas, Watson. J'ai pris toutes les précautions nécessaires pour me protéger. Je n'ai pris aucun risque, soyez en certain.
– Il n'existe pas de risque zéro… Grinça l'aîné entre ses dents.
– Vous avez raison, répondit le logicien, en baissant légèrement la tête. Mais je vous assure que j'ai fait le plus attention possible et que rien ne m'est arrivé.
L'ancien militaire soupira, excédé :
– Je vous crois, Amour et je vous fais confiance. (Il secoua la tête avec dépit.) De toute façon, je ne pourrais pas vous faire changer sur ce point… Et à vrai dire, je n'en ai même pas envie. Cela fait partie des choses que j'aime en vous. (Il lui sourit avec affection.) Avez-vous achevé vos relevés, afin que je puisse être rassuré pour les heures à venir ?
Holmes se leva, déposa ses gants, s'approcha de son homme et lui répondit après avoir déposé un léger baiser sur ses lèvres.
– Oui, mon cher Ange, j'ai terminé. Il ne me reste plus qu'à jeter le matériel que j'ai utilisé, après y avoir mis le feu, bien entendu.
Watson lui sourit et déposa sa plume.
– Faisons-le ensemble, puis allons marcher un peu… Je pense que nous avons un télégramme à poster.
– À mon cher frère, n'est-ce pas ? Répondit-il avec un clin d'œil.
Le sourire du médecin s'agrandit, il câlina du bout du nez celui de son comparse et l'aida à rassembler les ustensiles souillés avant de se rendre dans l'arrière-cour de Mrs Hudson pour y mettre le feu.
Lorsqu'ils sortirent de Baker Street, malgré l'atmosphère encore fraîche de la saison, ils accueillirent avec bonheur les bienfaits du soleil encore quelque peu timide. Celui-ci dardait ses rayons, caressant leur visage et éclairant de sa douce lumière les façades grises de la rue. Ils se rendirent, dans un silence complice, au centre télégraphique le plus proche. Une missive fut envoyée au Club Diogène :
«
Mycroft,
L'enquête que nous avons menée, associée à l'épreuve de Watson, nous a contraints d'annuler notre précédente invitation.
Si tu le désires, nous la renouvelons pour ce samedi.
Si possible, viens pour le thé vers 16 h 30.
Si impossible, viens quand même.
Holmes.
»
Watson, lisant par-dessus son épaule, se mit à rire, provoquant un léger sourire espiègle sur le visage de son amant.
