Bonjour à tous, mes chers lecteurs.

Comme à l'accoutumée, je vous remercie infiniment d'avoir lu mon histoire et de l'avoir commenté. Recevoir vos reviews me donne du baume au cœur.
Ensuite, comme toujours, bienvenue à mes nouveaux followers. J'espère que la suite (même si, ces derniers temps, je tarde à poster mes chapitres, désolée.), j'espère que la suite continuera à vous plaire.
Je vous souhaite une agréable lecture.
Prenez soin de vous ! 3
Milie.


Chapitre 34 : Commencement de l'enquête

En pénétrant l'enceinte du Dépôt Central des voitures de Londres, les deux compagnons, habitués des lieux, s'orientèrent directement vers un jeune homme d'à peine vingt ans, occupé à bouchonner un étalon alezan. Lorsque celui-ci leva la tête et les reconnut, il appela un pré-adolescent pour qu'il prenne sa place.

– Bonjour Messieurs… En quoi puis-je vous aider ?

– Bonjour Jenkins. Nous enquêtons sur le meurtre votre ancien cocher, tué, il y a deux jours.

– Oh ! Vous voulez parler d'Eustace…

– Eustace… ?

– David Eustace. Il a travaillé avec nous, durant un peu plus de quatre ans. Un type assez sympa, à ma connaissance, mais que je ne le côtoyais pas régulièrement.

– Je vois. À qui puis-je m'adresser pour avoir plus d'informations ?

– Vous ne trouverez pas mieux en la personne de Fahey. Ils étaient comme deux larrons en foire. Il est là-bas, il donne de l'eau à la jument louvette.

– Merci Jenkins. Tenez, voici pour vous et pour votre enfant à naître.

– Comment savez-vous ?... Oh ! Non… Ne me dites rien. Je préfère ne rien savoir… Votre don est tout simplement incroyable, Monsieur Holmes. Rit le palefrenier, les yeux brillants d'admiration.

– Votre compliment me va droit au cœur, Jenkins, sourit le limier en lui serrant la main, avant de rejoindre le dénommé Fahey.

– Bonjour monsieur Fahey. Je m'appelle Sherlock Holmes et voici mon collègue et ami, le Docteur Watson. Nous sommes deux détectives et enquêtons sur le décès de votre ami. Pourriez-vous nous accorder quelque temps pour répondre à nos questions ?

L'homme soupira de tristesse.

– Je veux bien… David était comme un frère pour moi, vous savez ? Comme moi, il n'avait pas de famille… Cela a créé un lien fort entre nous. Ça faisait un peu plus de quatre ans qu'il avait fui l'Italie pour Londres afin d'y trouver du boulot. En fait, il m'a dit que son nom de naissance, c'était Davide Eustachi, mais qu'il avait préféré le modifier pour faire une coupure avec son ancienne vie. Je ne sais pas pourquoi. En tout cas, c'était un type bien, Eustace, vraiment un type bien… Toujours à l'écoute. Ce qu'il va me manquer ! (il renifle en se frottant les yeux.) Oh ! Je ne souhaite qu'une seule chose, monsieur Holmes… qu'on mette la main sur la crapule qui l'a tué.

– C'est ce que nous comptons faire, monsieur Fahey... Dit Watson d'un ton compatissant.

– Avez-vous remarqué quelques choses d'inhabituel chez lui, depuis un moment ? Ajouta Holmes, imperturbable.

– Je ne sais pas si c'était inhabituel, mais il semblait un peu angoissé et nerveux. Quand je lui avais posé la question si tout allait bien, il m'a répondu que cela faisait quatre nuits qu'il dormait mal mais qu'il ne fallait pas s'inquiéter que ça allait passer. Il était sujet aux insomnies.

– Rien d'autre ? Tout ce que vous pouvez me dire, même si cela vous parait futile peut être une information importante.

– Hormis les faits que je viens de vous dire et qu'il semblait fatigué, je ne vois pas. Oh ! Si, il y a une chose qui m'avait étonnée mais je ne l'avais pas relevée… Un jour, il est arrivé de bonne heure pour nettoyer de fond en comble sa voiture. Ce qui m'a surpris car il l'avait fait moins d'une semaine plus tôt.

Hum… Cela fait vingt-deux jours qu'il n'a pas plu, donc retirer la boue du bas de caisse est à exclure… Quand est-ce arrivé ?

– Il y a un une semaine, jour pour jour.

– Intéressant… Connaissez-vous le secteur dans lequel il évoluait ?

– Pas précisément, non.

– Merci beaucoup Monsieur Fahey.

– J'espère que ce que je vous ai dit aura été d'une quelconque aide.

– Je n'en doute pas. Vos informations sont précieuses, n'ayez aucun doute à ce sujet. Avant de partir, puis-je voir les registres ?

– Si le patron est d'accord, ils sont dans son bureau, vous le trouverez près de la porte d'entrée.

Holmes le remercia de nouveau et lui tendit quelques pièces que ce dernier refusa :

– Merci beaucoup, mais je serai récompensé le jour où l'assassin de mon ami sera attrapé.

– Alors nous ferons notre possible pour que cela soit le cas.

Les lèvres pincées, le cocher hocha la tête, les yeux brillants de tristesse et sans un mot, reprit son travail. Les deux enquêteurs le regardèrent un instant avant de demander l'autorisation de consulter les registres. Le logicien y releva quelques informations qu'il jugea digne d'intérêt, puis ils sortirent de l'entrepôt.

– Allons, très cher, rendre visite à Sir Jasper Meeks…

La morgue de l'hôpital Saint Barthelemy souffrait cruellement de la chaleur… Les fenêtres ouvertes permettant difficilement la circulation de l'air nécessaire à alléger la puanteur du local.

Sir Meeks, un mouchoir saturé d'eau de Cologne sur le nez, les salua.

– Charmante atmosphère que voilà, très cher confrère, plaisanta Watson en lui serrant la main.

– Je finis malheureusement par y être habitué, soupira théâtralement le concerné. Venez, allons dans mon bureau que je vous épargne au moins cela…

– C'est fort aimable, merci, rit Holmes d'une voix légèrement nasillarde.

Le blond sourit ouvertement et suivant le médecin légiste, emboîta le pas à son compagnon.

– Je suppose que vous êtes venus me voir au sujet du mystérieux cocher ?

– Effectivement… Il se nomme David Eustace, nous sommes passés à son travail pour découvrir son identité.

– Eus-ta-ce David… Répéta Meeks en raturant le compte-rendu pour y inscrire le nom et le prénom.

– Pouvez-vous nous faire un résumer de votre rapport, s'il vous plaît ?

– Le résumer sera vite fait car j'ai si peu de données à vous donner que vous pourriez en être déçus.

Holmes rassembla la pulpe de ses doigts sous son menton et regarda intensément le légiste.

– Nous vous écoutons.

– Alors… Monsieur Eustace... Était un homme de 35 à 40 ans, en parfaite santé, aucune trace d'un quelconque acte chirurgical. Il a été tué, comme vous le savez, d'un coup de couteau dans le dos. Il n'y a eu qu'un seul impact, horizontal, entre la troisième et la quatrième côte. Le couteau a touché immédiatement le cœur. Le tuant sur le coup. L'acte était précis, parfaitement exécuté. Il avait pour seul but de tuer sans laisser aucune chance de survie. Il n'a presque pas saigné, le couteau ayant évité l'hémorragie.

» Si vous voulez mon avis, l'homme qui l'a tué n'en est pas à son premier coup d'essai. Atteindre le cœur en passant par le dos n'est pas chose aisée, celui-ci étant situé majoritairement derrière la colonne vertébrale.

– Il a de surcroît opéré alors que sa victime conduisait un cab, ajouta son confrère.

Le limier se mordit la lèvre inférieure avant de prendre la parole.

– Il n'aura eu que peu de temps pour commettre son crime et celui-ci ayant été effectué en plein jour, dans un endroit fréquenté…

Il se tut quelques secondes puis ajouta :

– Vous avez sûrement raison, Sir. Notre assassin est même très expérimenté… Vous aviez peut-être peu d'informations à me donner, mais elles ne sont pas dénuées d'intérêt.

Il se leva d'un bond en frappant dans ses mains.

– Venez, mon cher Watson. Notre enquête s'annonce plus passionnante que je l'aurais imaginé. Je ne pense pas que l'Agent Maud ait à nous apprendre quoi que ce soit, oublions-le pour l'instant, mais un petit tour du côté des banques me paraît être une bonne idée.

Il serra les mains du médecin légiste avec vigueur.

– Merci docteur, ajouta-t-il avant de s'enfuir par la porte.

– Quelle énergie ! S'exclama celui-ci pour lui-même.

L'ancien médecin militaire rit de bon cœur avant de sortir à son tour, en le saluant d'un signe de la main.