Bonjour/bonsoir à tous !
Tout d'abord et pour ne pas changer, je tiens à vous remercier tous pour vos messages adorables et très motivants. Je suis très touchée. Ensuite, je vous remercie de suivre votre lecture et de ne pas m'avoir lâché en cours de route. XD
Merci et bienvenus à tous mes nouveaux followers !
J'espère de tout cœur que la suite continuera à vous plaire, même si je regrette de ne pas poster plus régulièrement.
N'hésitez pas de me laisser quelques commentaires, si le cœur vous en dit ! Pour me dire ce que vous avez aimé ou pas ! TOUTES les critiques constructives sont les bienvenues et permettent de maintenir la motivation de l'auteure !
Bonne lecture !
Prenez soin de vous et à très bientôt !
Milie.
Chapitre 35 : Banque d'Angleterre
Lorsqu'ils se retrouvèrent à nouveau dans la chaleur moite londonienne, le jeune couple se dirigea naturellement sous le couvert des arbres longeant la rue. La Banque d'Angleterre se trouvant à trois pâtés de maisons, ils marchèrent jusqu'à celui-ci en profitant de la fraîcheur relative de la végétation.
– Je suppose que vous vous interrogez au sujet de notre nouvelle étape, s'enquit le cadet.
– Oh ! J'imagine que vous avez vos bonnes raisons et qu'elles figuraient dans le portefeuille de notre victime, répondit nonchalamment son compagnon.
Un fin sourire et une lueur de fierté passèrent dans le regard du détective.
– Exactement ! Un reçu de la banque y figurait, chose normale cela dit en passant… Mais le montant du dépôt était plus que conséquent et de ce fait, mérite qu'on s'y penche dessus.
– À combien s'élève la transaction ?
– Un peu plus de quinze-mille pounds.
Watson haussa un sourcil de stupéfaction.
Mais c'est une somme considérable ! Un simple cocher n'aurait jamais pu épargner autant d'argent, même en une vie !
– Justement. D'où notre visite. Ah ! Nous y voici.
La Banque d'Angleterre était un bâtiment digne d'un palais. Le grand hall était gigantesque et exposant sa richesse à outrance. De majestueuses colonnes en marbre blanc aux moulures recouvertes de feuilles d'or, soutenaient le plafond et son magnifique lustre de cristal, éclairant à l'électricité. Lequel surplombait un damier de dalles de marbre blanc et rose. Une douzaine de salons privatifs composés de tables en bois exotiques et leurs confortables fauteuils en cuir, où conversait le beau monde de la société anglaise.
Ils pénétrèrent donc dans l'édifice et furent accueillis par un jeune homme souriant aux manières hypocrites.
– Bonjour Messieurs, soyez les bienvenus. Que puis-je faire pour vous ?
– Bonjour Monsieur, répondit Holmes dans un sourire tout aussi forcé, nous sommes venus réclamer un court entretien avec le directeur.
– Assurément. Avez-vous un rendez-vous ?
– Je crains que non.
– Dans ce cas, je suis profondément désolé, mais Monsieur Sharp ne pourra pas vous recevoir aujourd'hui. Mais je peux vous programmer une...
– Veuillez m'excuser de vous interrompre de la sorte, mais nous ne pouvons pas attendre. Mais j'ai tout lieu de croire qu'en annonçant mon nom à Monsieur Sharp, celui-ci voudra bien nous accueillir. Pourriez-vous agréer à ma demande ?
– Volontiers.
– Dans ce cas, je m'appelle Sherlock Holmes. Tenez… Voici ma carte. Nous attendrons votre retour sur cette banquette.
Le jeune homme s'inclina et se dirigea vers une porte située au fond de la salle.
– Vous semblez êtes habitué à cet endroit, mon cher Holmes… Chuchota son compagnon.
– En effet, mon ami… Peut-être est-ce parce que ma famille y a ses comptes depuis plusieurs générations.
– Comme un bon nombre d'anglais de belle naissance, bien que je n'y sois pas… Argumenta le médecin. Toutefois, comment pouvez-vous être certain que le directeur accède à votre demande ?
– Parce que j'ai l'honneur de porter le même nom que mon frère, sourit-il avec malice. Le nom de Holmes ouvre des portes dans certaines sociétés... Mais vous savez aussi qu'il est tout aussi dangereux de le porter dans certaines autres…
– Oh ! Je comprends mieux, en effet… Je savais qu'il avait des origines aristocratiques, mais après tout ce temps à vivre ensemble, je n'avais pas réalisé qu'il pouvait avoir un tel pouvoir. Il vit pourtant si simplement…
– Watson… Dit le détective. Vous semblez étonné.
– Je vous avoue qu'un peu, oui… Vous pourriez vivre dans des sphères beaucoup plus élevées…
– J'ai choisi ce mode de vie, mon cher, parce que c'est celui qui me convient. Je suis un homme d'action et rester dans un manoir, ou dans des clubs, comme mon frère… M'ennuierais beaucoup, ne croyez-vous pas ?
Il se pencha et poursuivit en chuchotant à l'oreille du médecin :
– Et puis, je suis heureux de ma vie, car je la partage avec la vôtre.
Il posa amicalement sa main sur le poignet de son compagnon et le serra, lançant un regard légèrement énamouré. Puis il la retira.
– C'est vrai… Vu sous cet angle, je comprends mieux votre choix. Et j'en suis heureux aussi. Dit-il doucement, avec un sourire timide.
Le jeune employé et un homme d'une cinquantaine d'années, s'approchèrent d'eux. Le premier les désigna de la main, s'inclina devant ses deux clients et repartit.
– Bonjour Monsieur Holmes, bienvenu à la Banque d'Angleterre. Je suis le directeur de cet établissement, dit le cinquantenaire en lui serrant la main.
Il se tourna vers le docteur.
– Docteur Watson, l'ami et l'associé de Monsieur Holmes, se présenta le blond en inclinant la tête.
– Enchanté, docteur, soyez également le bienvenu. Voudriez-vous m'accompagner jusqu'à mon bureau ?
– Nous vous suivons, répondit le détective.
Tous trois entrèrent dans un bureau sobre mais décoré avec goût. Le banquier s'installa à son bureau après avoir indiqué deux fauteuils à ses invités.
– En quoi puis-je vous rendre service ? Demanda-t-il.
– Merci pour cet entretien, M. Sharp. Nous ne vous dérangerons pas très longtemps. Comme il est stipulé sur ma carte de visite, nous sommes détectives consultants. Nous sommes venus ici au sujet d'un de vos clients, un dénommé Monsieur Eustace.
– Monsieur Eustace, oui… Je me souviens avoir eu son dossier entre mes mains… Cependant, je suis navré, mais je n'ai pas le droit de divulguer des informations concernant nos clients. Même avec un nom comme le vôtre, Monsieur Holmes.
– Je connais le règlement et la réputation de votre établissement, Monsieur Sharp... Mais si nous sommes ici, c'est parce que nous enquêtons sur lui. Nous avons retrouvé votre client, assassiné, il y a deux jours... Scotland Yard me demande de les aider. Voici le formulaire signé par l'Inspecteur Lestrade et attestant mes dires.
Le directeur pâlit intensément et jeta un bref coup d'œil au document.
– Vous dites qu'il a été assassiné ?
– Oui et sa mort figure dans les journaux. Il s'agit du cocher poignardé.
– Oh ! Seigneur ! Pauvre homme… Je l'ignorais. Que puis-je faire pour vous, messieurs ?
– Ayant trouvé dans son portefeuille un reçu d'un certain montant. Celui-ci étant assez élevé, nous souhaitons consulter vos registres afin d'avoir d'avantage de détails.
– Je vois. Dans ces circonstances, je ne peux qu'accéder à votre demande, mais dites-moi… Cet argent… Croyez-vous qu'ils proviennent de quelques activités illicites ?
– Jusqu'à présent, je n'ai aucun fait sur lequel m'appuyer, mais une telle somme associée au meurtre, me le laisse croire…
Le directeur acquiesça gravement en pâlissant davantage et les mena jusqu'à la salle des archives. La pièce était vaste et meublée de multiples casiers en bois, soigneusement rangés par ordre alphabétique. M. Sharp se dirigea vers la lettre « O » et après quelques minutes de recherche, en retira un maigre dossier qu'il présenta au détective.
– Voici le dossier en question, il a été ouvert, il y a six jours. Vous pouvez vous installer sur cette table, si vous le désirez.
– Merci, mais cela ne sera pas nécessaire, répondit le brun en considérant les feuilles à la lumière des ampoules électriques.
Watson, à ses côtés, y jeta un œil, découvrant que la majorité des dépôts n'excédaient pas les cinq cents pounds. Cependant son investigation le mena à peu de choses et fut vite interrompue lorsque Holmes ferma le classeur et le rendit au banquier, un infime sourire flottant sur ses lèvres.
– Merci M. Sharp, pour l'aide que vous nous avez apportée. Cela a été très instructif.
– Mais avec plaisir, Monsieur Holmes. Avez-vous découvert quelque chose ?
– Peut-être, mais malheureusement, je ne peux rien vous dire, cela concerne après tout une enquête de Scotland Yard.
– Oui, en effet… Excusez-moi pour cette indiscrétion. Voulez-vous savoir autre chose ?
– En déposant autant de bons, vous ne vous êtes pas étonnés ?
– Bien sûr que si, mais lorsque nous lui avons posé la question, il nous a répondu que c'était des cadeaux de mariage. Nous n'avons pas cherché plus loin, vous savez que de telles sommes passent tous les jours entre nos mains… Et un tel justificatif étant suffisant…
Le limier fronça les sourcils et soupira :
– Je vois… Bon ! Je pense que nous avons tout ce qu'il nous faut. Merci encore M. Sharp, nous allons poursuivre notre enquête. Vous aurez sûrement son évolution dans les journaux.
Après quelques mots de politesse, exaspérant légèrement le détective, ils finirent par retrouver le bourdonnement incessant de la rue.
La soirée étant bien entamée, même si le soleil estival était encore haut dans le ciel, ils décidèrent de rentrer tranquillement chez eux en privilégiant la marche aux fiacres noirs. Holmes resta silencieux durant quelques minutes, organisant les informations obtenues durant la journée. Watson, quant à lui, se plongea dans ses pensées durant un court instant, attendant le « retour » de son ami. Lorsque celui-ci revint de son palais mental, il regarda discrètement son homme du coin de l'œil, et attira son attention d'une caresse de la main. Mouvement qui pouvait passer comme naturel du point de vu des autres, mais qui eut l'effet escompté.
– Oui, Holmes ? Demanda le médecin.
Le génie sourit.
– Qu'avez-vous remarqué d'inhabituel lors de nos dernières recherches, mon cher ?
– Rien d'exceptionnel à proprement parler, si on est quelqu'un d'une classe sociale aisée. Cependant, lorsque vous avez compulsé les différents reçus, j'ai été surpris de voir que beaucoup étaient d'une teneur trop élevée pour un homme de sa condition. Cinq cent pounds… Même si c'était des cadeaux pour l'occasion d'un mariage, cela me paraît beaucoup, d'autant plus que ce n'est pas le cas, d'ailleurs. Il y en a même un qui s'élevait à deux mille pounds. Rien que cela, je trouve que c'est louche.
– Je suis aussi de cet avis, très cher… Quoi d'autre ?
– Rien de plus, navré.
Holmes sourit en niant de la tête.
– Ne le soyez pas, mon ami. Ne le soyez pas. Je ne suis pas étonné que vous n'ayez pas remarqué ce que je cherchais...
– Oh ? Vous cherchiez une information en particulier ?
– Oui, Watson. Je m'intéressais surtout à ceux qui ont déboursé cet argent… Et je n'ai pas été déçu. Sachez, mon cher, que les entreprises mentionnées ne font pas de bénéfices suffisants pour se permettre de payer de telles sommes. Et quant aux personnes nommées, je ne serai pas surpris de découvrir qu'elles sont totalement étrangères à de telles transactions.
– Vous pensez donc que tous ces dépôts sont des faux ?
– Non. Je pense plutôt que cela provient d'une personne ou d'une puissante organisation qui a les pleins pouvoirs au sein même de la Banque d'Angleterre, et même sûrement des autres banques de Londres. Ce ne sont pas des faux, mais plus des usurpations d'identité.
Le médecin écarquilla les yeux, mais le limier poursuivit :
– La ou les personnes concernées ont fait une erreur en laissant Eustace déposer la totalité des coupures en une seule fois et ce dans une seule et même banque. D'autant plus que suite à sa mésaventure, le pot aux roses a été découvert… Dommage pour eux…
