Bonjour à tous !

Voici le message habituel de remerciement...

Donc, je vous remercie sincèrement pour tous vos commentaires. Je suis toujours autant touchée par votre assiduité.

N'hésitez pas à laisser des critiques (constructives) afin de me dire ce que vous aimez ou pas. Je ferai en sorte de m'améliorer.

Ensuite un grand merci et bienvenue à mes nouveaux followers. J'espère que vous et mes lecteurs plus anciens, apprécieraient la suite des aventures de nos deux détectives.

Je vous souhaite une excellente lecture.

Bonne journée !

Milie.


Chapitre 36 : L'enquête continue…

De retour dans la fraîcheur relative du hall d'entrée du 221B Baker Street, les deux hommes montèrent dans leur appartement et s'installèrent dans leur fauteuil.

– Que comptez-vous faire maintenant, mon cher Holmes ?

– Nous avons bien avancé dans nos recherches aujourd'hui. Je dois organiser les informations recueillies pour savoir précisément où nous devrions aller pour notre prochaine étape. Peut-être devrions nous rendre visite un de mes indics pour savoir si un réseau criminel venu de l'Italie sévit à Londres… Bien que je n'ai que peu d'éléments pour explorer cette piste avec précision.

– Cette affaire me paraît un peu embrouillée…

– Certains points sont clairs, Watson, mais je persiste à croire que cela n'est que la partie immergée de l'iceberg, répondit le brun en fronçant les sourcils.

– Nous verrons bien… Soupira le blond en se levant. Je vais voir Mrs Hudson pour lui demander de nous préparer un repas froid pour le dîner. Avez-vous envie de quelque chose en particulier ?

– Je n'ai pas faim ! Grogna le détective en faisant un geste agacé de la main.

– Moi non plus, Holmes. Surtout avec cette chaleur… Mais cela ne veut pas dire que nous ne devons pas nous sustenter pour autant. Un simple repas léger fera l'affaire. Je reviens.

Il remonta une petite dizaine de minutes plus tard, les bras chargés d'un plateau de crudités. Lorsqu'il pénétra dans la pièce, il retrouva son homme toujours assis dans son fauteuil, passant soigneusement de la colophane sur les clins de son archet. Un trait de concentration flottant sur son visage. Gardant le silence, le médecin déposa son chargement sur la petite table et se dirigea vers la fenêtre, plongeant son regard dans la rue animée.

– L'orage menace... Entendez-vous ? Dit la voix grave du violoniste, le faisant sursauter.

Un grondement lointain parvint à leurs oreilles, l'atmosphère moite régnant sur la capitale britannique devint plombante, quelques cumulo-nimbus se déplaçaient rapidement dans le ciel.

– Il semblerait, oui. Le vent vient de se lever, et la pluie n'est pas loin... Je sens son odeur d'ici, répondit le médecin en suivant les nuages des yeux. Un peu de fraîcheur ne sera pas de refus…

Il se retourna et regarda son détective, un sourire aux lèvres. Le soleil jouant entre les nuages, commençait à disparaître derrière l'immeuble d'en face, éclairant d'une lueur crépusculaire le visage du brun, faisant briller ses yeux extraordinaires. Watson en eut le souffle coupé.

Seigneur ce qu'il est beau !

Le limier sourit en se levant et lui tendit la main :

– Et si nous allions nous rafraîchir un peu dans la salle d'eau avant de manger ?

Sans un mot, le médecin s'approcha et lia leurs doigts en enfouissant son nez dans le cou de son partenaire. Holmes sourit en ronronnant, déposa un délicat baiser sur son front et l'entraîna vers la salle de bain. Leurs vêtements furent rapidement oubliés, les deux hommes s'installèrent dans leur baignoire au préalablement remplie d'une eau tiède et bienfaitrice. En savonnant le dos de son médecin avec une tendresse exquise, le logicien se pencha vers son oreille et lui glissa d'une voix rauque :

– Vous êtes magnifique, mon Ange. Il m'est difficile de vous résister… Le savez-vous ?

– Huumm, Holmes. Mais pourquoi vous retenez-vous dans ce cas ? Répondit-il en se tordant légèrement pour lui faire face.

Les pupilles dilatées, le souffle haché, les deux hommes se regardèrent, les joues rouges de désir. Lentement, leurs lèvres se rejoignirent dans un baiser brûlant, mais emplit de douceur. Leurs corps s'enlacèrent étroitement tandis que leurs mains s'égarèrent, caressant, redécouvrant la peau mainte fois explorée de l'autre. Puis croisant leurs regards, ils se sourirent. L'ancien militaire arrangea une boucle de son homme du bout du doigt, provoquant un frémissement de celui-ci. Le bout d'un nez fut baisé, un rire heureux résonna. Ils achevèrent ainsi de se laver mutuellement, leur amour complice amplement partagé de par leurs caresses, sans qu'aucun mot ne fût prononcé.

Ils retrouvèrent leur salon, seulement vêtus de leur peignoir noué à leur hanche et s'installèrent à table où, les yeux dans les yeux, un intime sourire au bord des lèvres, ils grignotèrent leur repas frugal. Le reste de la soirée passa rapidement, parlant de sujets variés et écoutant, avec délice, la pluie tomber à grosses gouttes sur les pavés de la rue. Ils se couchèrent aux alentours de vingt-deux heures, se lovant dans les bras l'un de l'autre, se câlinant, s'embrassant tendrement et parlant à mi-voix de leur affection réciproque. Profitant de l'instant présent et de la caresse du courant d'air traversant leur appartement, ils finirent par s'endormir, Holmes, la tête posée sur le torse de son homme, les bras de celui-ci entourant amoureusement ses épaules.

Ils se réveillèrent lentement au rythme de Londres et de ses habitants. Ils s'octroyèrent quelques instants de douceur avant de s'attabler devant leur petit-déjeuner et leurs journaux quotidiens. Lorsque subitement, le cadet posa bruyamment sa tasse dans sa soucoupe et se leva d'un bond, sous l'œil intrigué du praticien.

– Que vous arrive-t-il, Amour ?

– Un article dans le journal m'interpelle… Ce nom… Je dois vérifier quelque chose dans mes archives récentes, répondit-il en fouillant énergiquement dans les journaux des deux dernières semaines.

– Quel article ? Demanda le médecin en prenant le journal de son homme.

– Celui sur la découverte d'un corps, page trois en haut de la deuxième colonne.

L'aîné ouvrit à la page citée et parcourut l'article en question :

«

Jeudi 5 juillet 1888

DÉCOUVERTE MACABRE AUX PORTES DE LONDRES

Le cadavre d'un homme a été découvert, hier soir, par deux jeunes fermiers, peu après dix-neuf heures. Celui-ci était caché dans un fossé d'une petite route peu fréquentée, à une vingtaine de minutes, en fiacre, au nord de Londres. Les autorités présentes sur les lieux annoncent qu'il s'agit de Christopher Garett. Le corps a été transporté à l'hôpital Saint Barthelemy en vue d'une autopsie. Laquelle a été réalisée cette nuit par Sir Jasper Meeks.

»

– Connaissiez-vous ce Christopher Garett, mon cher ?

– Personnellement, non. Mais il me semble qu'il était un avocat… Un avocat particulièrement peu regardant sur les lois, répondit Holmes en feuilletant rapidement plusieurs coupures de Presse. Ah ! Voilà ce que je cherchais !

Il se réinstalla à table et lu un article du Times.

– C'est l'édition du soir du 26 juin… Il y a donc un peu plus d'une semaine… En voici le contenu :

«

DISPARITION INQUIÉTANTE

Durant la nuit du 25 au 26 juin, le gang de cambrioleurs sévissant à Londres depuis presque un mois, s'est introduit dans la demeure de M. Christopher Garett durant l'absence de celui-ci. M. Garett contraint de rentrer plus tôt d'une soirée donnée en l'honneur de la fille de Sir Partridge, rejoignit son domicile aux alentours de deux heures du matin. Ce fut Mrs Garett, de retour deux heures et demi plus tard, qui donna l'alerte en constatant l'infraction et la disparition de son époux. L'inspecteur Lestrade de Scotland Yard et son équipe sont sur l'affaire.

»

— Il semblerait que notre homme ait été au mauvais endroit au mauvais moment… Je serait curieux de savoir comment il a été tué… Watson, avant de poursuivre notre enquête, nous passerons rapidement voir sir Meeks. Cela ne nous prendra pas de temps.

— Pensez-vous que c'est lié à l'enquête sur laquelle nous travaillons en ce moment ?

— Vous connaissez mes méthodes, mon cher… Sans données supplémentaires, je ne peux me prononcer.

– Mais vous semblez intrigué par quelque chose…

Un sourire mystérieux naquit sur les lèvres du limier. Celui-ci, pour toute réponse, les trempa dans sa tasse et lui fit un clin d'œil. Le blond grogna d'amusement et termina son toast.

Une petite heure plus tard, les deux compagnons ouvrirent les portes de la morgue de l'hôpital Saint Barts. Meeks leva la tête au grincement de la porte, laissant apercevoir un visage fatigué. Il s'approcha et dit en leur serrant la main :

–Bonjour Messieurs, je suppose que vous êtes venus pour M. Garret ?

– En effet, Sir. Que pouvez-vous nous en dire ?

– Malgré les ravages provoqués par la canicule que nous avons subit ces derniers jours, je peux affirmer que notre victime est morte depuis un peu plus d'une semaine. Il a été tué d'un coup de poignard dans le dos, une blessure quasiment similaire à celle d'Eustace, si on omet le fait que la blessure est plus large cette fois-ci. Il avait des traces de griffures sur les mains et quelques marques ante-mortem laissant à supposer qu'il s'est débattu lorsqu'il a été attaqué.

» Ah ! J'allais oublier… Murray est passé après qu'il ait analysé le lieu où le pauvre homme a été découvert, ainsi que ses vêtements. Je me suis dit que si je vous voyais ce matin, ces informations pouvaient peut-être vous intéresser.

– C'est très aimable de votre part, répondit Holmes avec un sourire.

– Garret était vêtu de ses vêtements de soirée, il semblerait qu'il n'ait pas eu le temps de se changer en rentrant chez lui. Cependant, ses boutons de manchette et sa montre manquaient, confirmant le fait qu'il s'agissait de cambrioleurs. Il n'y avait pas beaucoup de sang sur les lieux de la découverte.

– Il aurait donc été tué dans un autre endroit, puis laissé en dehors de la ville, constata Watson, les sourcils froncés.

– Effectivement… Marmonna le limier dans sa barbe.

Le blond regarda son amant avec suspicion et se mit à sourire.

– Merci Sir, ces informations ont été très instructives, dit le brun, le visage concentré. Nous allons vous laisser travailler et nous, reprendre notre enquête. Bonne journée.

– Avec plaisir. Bonne journée, messieurs.

Lorsque les deux hommes sortirent de l'hôpital, Watson, comme à son habitude laissa son partenaire tout à ses réflexions, le suivant machinalement vers la prochaine étape de leurs recherches.

– Voici une des raisons qui me fait apprécier de travailler avec vous, mon cher ami, dit subitement Holmes en le regardant. Depuis le tout début de notre association, vous avez toujours gardé votre silence lorsque vous jugiez que j'en avais besoin pour organiser mes pensées.

– Votre compliment me va droit au cœur, Holmes. Cependant, je sais très bien que vous en savez d'avantage sur cette affaire que ce qui a bien pu être dit.

– Et vous n'avez pas tort, rit le détective. J'imagine que vous avez naturellement compris que nos deux victimes ont été tuées par la même personne. Cependant, j'ai quasiment la certitude qu'Eustace a été mêlé au premier assassinat. En tout cas, les dates concorderaient et justifieraient parfaitement certaines informations.

– Et je suppose que vous ne me direz rien de plus concret avant d'en être totalement sûr, sourit le praticien. Toujours ce côté théâtrale qu'il affectionne tant… Où allons-nous à présent ?

– Au Raven & Rat. J'ai des questions à poser au tavernier.

Ils atteignirent leur destination un peu avant midi. Lorsqu'ils entrèrent dans le pub étonnamment peu fréquenté à cette heure de la journée, une puissante voix les accueillit :

– Bienvenue à vous, messieurs. Installez-vous, je suis à vous dans quelques minutes.

Les deux hommes s'assirent à une table un peu en retrait. Sous le regard interrogateur de son ami, Holmes lui expliqua :

– Vous ne connaissez pas encore Porky… Il est un de mes informateurs. Lorsque j'ai besoin de savoir ce qu'il se passe dans la partie sombre de la pègre londonienne, je m'adresse à lui. Il me connaît bien, je travaillais avec lui avant même de vous connaître… c'est quelqu'un de fiable. Voilà pourquoi, il agit comme s'il ne nous connaissait pas.

– Je vois… et j'imagine que nous somme ici pour en savoir d'avantage sur le gang des cambrioleurs ?

– Effectivement. Mais aussi pour avoir d'autres informations. Tenez, le voici qui arrive.

Le tavernier s'approcha et déposa deux bières sur la table.

– Offert par la maison, dit-il avec un sourire. Que puis-je pour vous ?

La question fut murmurée du bout des lèvres. Holmes lui répondit de même.

– Je souhaiterais en savoir plus sur le gang des cambrioleurs dont la presse parle.

– Les rumeurs disent qu'il s'agit d'un gang italien arrivé il y a un peu plus de deux mois. Il a été très discret dans un premier temps, sûrement pour prendre leur marque et se faire un réseau, vu qu'il semble être étonnement bien organisé. Il sévit principalement dans les quartiers aisés de Londres.

– Je m'en doutais, grinça le détective. Il semblerait que vous ne nous ayez pas tout dit… N'est-ce pas ?

Le tavernier sourit :

– Eh bien… Je soupçonne un de mes habitués d'en faire partie. Ce n'est pas officiel, mais mon instinct me pousse à le croire…

– Dites m'en plus ? Répondit le génie, intéressé. Pouvez-vous me le décrire ?

– Il est jeune… Je ne lui donne pas trente ans. Brun aux yeux bleus… Assez petit et trapu… On pourrait comparer sa carrure à celle d'un joueur de rugby. Il a une mâchoire carrée, son nez a dû être cassé et il a un tatouage en forme de larme sous son œil gauche. Il a la voix rauque avec un accent étranger… Un accent méridional, plus précisément… Oh ! Il sent aussi énormément le tabac.

– Avez-vous remarqué vers quel côté, il se dirigeait lorsqu'il sortait d'ici ?

– Je l'ai vu principalement partir à pieds, en direction d'Old Street.

– Hum… Autre chose ?

– Non, rien de plus.

– Merci beaucoup Porky. Gardez l'œil ouvert, comme toujours !

Il lui adressa un signe de la tête tandis que le tavernier rejoignit son bar. En tournant vers son docteur, son sourire s'agrandit.

– Je pense que nos petits Francs-tireurs vont avoir du travail… Venez, mon cher. Encore un peu de patience et nous allons bientôt toucher au but de notre enquête…