Bonjour mes très chers lecteurs !
J'espère que vous allez bien. J'ai peu de choses à vous dire hormis le fait que je vous souhaite une très bonne lecture.
N'hésitez pas à me laisser vos impressions. Je me ferai un plaisir d'y répondre.
À bientôt !
Milie.


Chapitre 43 : Un début d'enquête particulier

Ils pénétrèrent dans l'enceinte du Louvre et une carte de visite en main, ils demandèrent à voir monsieur Saunière. Un homme d'une soixantaine d'années, aux cheveux et à la barbe grisonnants très bien entretenus, arriva quelques minutes plus tard. Il les accueillit d'une poignée de main vigoureuse, un sourire soulagé éclairant son visage contrarié et les mena dans son bureau.

– Je vous remercie de vous être déplacés de si loin… Votre réputation vous précède, même outre-Manche, messieurs, dit le conservateur dans un très bon Anglais.

Les deux détectives lui sourirent d'avoir eu la délicatesse d'utiliser leur langue, facilitant ainsi la conversation pour le médecin.

– Votre lettre a attisé ma curiosité, malgré le fait que vous ne nous avez donné aucun détail à votre problème… J'imagine qu'il s'agit d'un vol. Pourriez-vous m'éclairer à ce sujet ?

– Effectivement. Durant la nuit du 10 août, nous avons subi le vol de trois œuvres.

– Vers quelle heure avez-vous constaté leur disparition ? Et quelles sont les œuvres incriminées ? Demanda Watson.

– L'opération s'est faite peu après une heure du matin. Durant la nuit, trois rondes sont mises en place. Trois rondes pour chaque aile. Les œuvres qui ont été dérobées se situant à un croisement de deux d'entre elles, elles sont doublement protégées, or, je peux donc vous certifier qu'à une heure du matin, elles étaient toujours accrochées, mais qu'à une heure et vingt minutes, elles avaient disparu.

– Hum… Vingt petites minutes… C'est rapide ! Marmonna Holmes pour lui-même, le menton baissé.

– Effectivement, le laps de temps est assez serré… Quant aux œuvres, il s'agit de trois tableaux, tous signés de la main de Horace Vernet.

Le détective leva subitement la tête, la bouche entrouverte, un air de surprise sur le visage, puis fronça légèrement les sourcils et pinça ses lèvres.

– Y a-t-il un problème, mon ami ? Demanda le médecin en posant sa main sur son bras.

– Hein ? Heu… Non, non, tout va bien… Répondit-il avec un naturel peu convaincant. Et comment se nomment ces œuvres ?

Il s'agit des toiles Juda et Tamar de 1840, celle de L'empereur Napoléon 1er de 1815 et pour finir L'Ange de la Mort.

– Qu'il a peint en 1851… Souffla le brun.

– Connaissez-vous les toiles de Vernet, monsieur Holmes ?

– Moi ? Très peu, je dois l'avouer… Mais ma grand-mère m'a énormément parlé de L'Ange de la Mort… Elle me disait que son frère l'avait peint pour elle, afin de l'aider à faire le deuil de son mari… La toile l'apaisant énormément. Je suppose donc que mes cousins vous ont confié leur bien, vu que c'était leur part d'héritage.

– Votre grand-mère était la sœur de Horace Vernet ? Il est donc votre grand-oncle ? S'exclama le conservateur, les yeux grands ouverts.

Le logicien soupira dramatiquement et confirma :

– Assurément. Horace faisait partie de ma famille. Je ne l'ai pas beaucoup connu, étant un enfant à l'époque. Mycroft vous en dirait le plus grand bien, mon cher Watson, ajouta-t-il en se tournant vers son amant. Mais nous en reparlerons plus tard, je vous le promets.

Ils échangèrent un sourire complice.

– Quoi qu'il en soit, concentrons nous plutôt sur l'enquête qui nous préoccupe. Qu'en pense la police française, monsieur Saunière ?

– Elle n'est pas au courant… Grinça le vieil homme. Mais j'allais en venir.

– Étonnant… Nous sommes tout ouïs, répliqua le logicien en rassemblant ses doigts.

– Nous avons jusqu'ici, parlé de disparition des tableaux, ce qui est vraiment le cas... Mais il serait plus juste de dire qu'il y a eu comme un… Échange. En fait, même si le gardien qui a donné l'alarme a juré qu'il n'y avait rien lors de la découverte, on a trouvé à l'endroit même où étaient exposées les œuvres, un message accroché à la tapisserie… Tenez, le voici.

Il fit glisser sur la table, une enveloppe, en direction du limier. Celui-ci la prit et l'examina attentivement, tout comme son contenu.

– Poursuivez, Monsieur Saunière… Poursuivez, je vous écoute, dit le détective en maintenant son regard sur le bout de papier. Qu'avez-vous fait en attendant notre arrivée ? Cela fait cinq jours que le vol a été commis.

– Lorsque vous aurez pris connaissance du message, nous nous sommes empressés de vous envoyer une lettre. J'ai, bien sûr, avant cela, fermé l'accès de cette partie du musée aux visiteurs. Grâce aux publications de votre ami, je sais que vous vous basez sur les petits détails pour mener à bien vos enquêtes, monsieur Holmes… J'ai donc donné l'ordre à ce que personne n'entre dans cet espace. Pour cela, j'ai fermé à clé tous les accès y menant. Les lieux sont donc restés en l'état.

– Vous avez eu d'excellents réflexes, Monsieur. Je vous en remercie. Cela serait bien que Scotland Yard en fasse de même, n'est-ce pas, Watson ? Rit le logicien.

– Holmes ! Sermonna le médecin, amusé.

Le brun lui sourit et demanda en désignant l'enveloppe :

– Celui qui a écrit ceci, est un homme de bonne famille, d'un peu plus de cinquante ans… Un étranger ayant reçu une excellente éducation. Il est très probablement habitué à écrire et à réfléchir… Un esprit vif... Je vais vous traduire rapidement ceci, Watson pour que vous ayez toutes les informations. Puis nous irons sur les lieux de l'infraction.

L'ancien militaire acquiesça, sous l'œil ahuri et fasciné du conservateur.

Vous êtes incroyable… J'imagine que mon visage doit être similaire à celui de Monsieur Saunière.

Il se leva et se plaça derrière son amant pour regarder l'écriture par-dessus son épaule, écoutant soigneusement l'objet du message.

«

Cher Monsieur Saunière,

Je viens de m'approprier ces trois œuvres de Horace Vernet, que je trouve particulièrement belles… C'est évidemment avec un grand soin que j'ai pu me les faire livrer. Elles n'ont eu à subir aucun dommage. Mais peut-être désirez-vous les récupérer ? Pour cela, faites appel aux compétences de Monsieur Sherlock Holmes, détective consultant, résidant au 221B Baker Street – Londres.

Si vous voulez retrouver ces chef-d'œuvres, n'impliquez pas votre police dans cette affaire. Accédez à ma demande, et je vous les restituerai. En attendant, elles seront du meilleur effet dans mon bureau.

Je vous prie d'agréer, Monsieur Saunière, mes sincères salutations.

M.

»

– Cette lettre est très simple et ne nous apprend pas grand-chose, laissa échapper le blond.

– Détrompez-vous, mon ami, répondit mystérieusement le détective.

L'ancien militaire et le conservateur soupirèrent de concert, tandis que le premier regagna sa chaise.

– Alors je ne vois pas où vous avez trouvé toutes ces informations…

– Comme vous dites, Watson. Vous voyez, mais vous n'observez pas… Je vais faire bref, car le temps presse, il est presque midi. Le papier utilisé, pour la lettre et pour l'enveloppe est d'excellente qualité, d'un grammage assez élevé et d'un grain fin, cela m'indique une personne aisée. J'ai fait des recherches sur la graphologie – que je devrais peut-être rassembler dans une monographie –, l'écriture ainsi que la tournure de ses phrases et la langue employée démontre que nous avons affaire à un homme instruit ayant eu une excellente éducation. Quelqu'un d'un âge mûr avec un esprit vif. Quant au fait qu'il ne soit pas français, le simple fait qu'il ait écrit « votre » police est un élément assez clair en soit et vu qu'il a indiqué précisément notre adresse, je ne serais pas étonné s'il s'agissait de quelqu'un habitant au Royaume-Uni, peut-être même Londres.

– Ou de quelqu'un qui, comme monsieur Saunière, lit le Strand ou a entendu parler de nous.

Bien vu, Watson ! C'est en effet aussi une possibilité, répondit le brun avec un sourire. Monsieur, pourriez-vous nous guider sur les lieux, s'il vous plaît ?

Le vieil homme qui le regardait la bouche pendante, s'empressa de la refermer avant de se lever fébrilement.

Jésus Marie Joseph ! C'était quoi ça ! Heu… Oui, bien sûr… Suivez-moi, je vous prie.

Il les mena dans un dédale de couloirs, longeant rapidement les multiples œuvres de maîtres dont la renommée n'est plus à faire… Puis il ouvrit la porte, les menant à leur but initial.

Aussitôt le seuil passé, Holmes se dirigea lentement vers l'espace vide, le regard fixé au sol, à la recherche des premiers indices. Les deux accompagnateurs attendirent sagement dans un coin en gardant le silence. Quand, au bout d'un moment, le conservateur se pencha légèrement vers Watson et lui chuchota, les yeux fixés sur le détective occupé à mesurer la distance entre la tapisserie et une fenêtre :

– Veuillez me pardonner pour mon indélicatesse, docteur, mais… Est-il toujours comme ça ? Ce qu'il a dit tout à l'heure… Ces explications… Est-il toujours aussi…

– Impressionnant ? Déroutant ? Frustrant ? Énervant ?… Compléta en riant Watson, le visage tourné vers lui.

Mal à l'aise, le vieillard toussota, les joues légèrement rouge :

– Heu, oui… Même si j'aurais plutôt employé le mot « fascinant ».

Dans un sourire aimable, le blond lui répondit :

Le charme intellectuel de mon compagnon, semble aussi agir sur lui… Oui. Il agit ordinairement comme ça, mais en étant moins poli, la plus par du temps…

Face au visage stupéfait du conservateur, l'ancien militaire rit :

– Il est très rare qu'on le trouve « fascinant », Monsieur Saunière, il a la critique facile et parfois, souvent, il peut être cinglant dans ses propos. Toutefois, aujourd'hui, il me semble qu'il est dans une de ses bonnes journées, même s'il me semble un peu plus fébrile qu'à l'accoutumée. Cette affaire lui plaît, à n'en point douter.

– J'espère que vous parviendrez à récupérer ces œuvres… Nous avons réussi à garder cela secret, jusqu'à présent, mais il s'agit de prêts de quelques familles, dont celle de Monsieur Holmes. Je n'imagine pas ce qui pourrait se passer s'il s'avérait qu'on…

– Ne vous inquiétez pas… Nous ferons tout notre possible pour vous les ramener.

Le vieil homme hocha la tête et regarda à nouveau le brun, occupé à présent dans le renfoncement de la deuxième fenêtre, son corps élancé à moitié caché par le rideau. Quand soudain, il poussa une exclamation de surprise, faisant sursauter les deux hommes. D'un pas athlétique, le détective s'approcha d'eux, une carte entre les doigts.

– Qu'y a-t-il, Holmes ?

– Je pense avoir trouvé ce qui nous fera débuter nos recherches… Regardez, mon ami ! Une carte était accrochée à un pli du rideau de cette fenêtre… Le voleur est passé par là, j'en mettrais ma main au feu, même s'il n'a laissé aucune trace, aucun indice, aucune empreinte… C'est du travail de professionnel, d'une rigueur incroyable, même Arsène Lupin, réputé pour être très discret et précautionneux, n'arrive pas à une telle perfection dans le vol. C'est du grand art !

Les yeux du génie brillants d'excitation, il débita ce flot d'informations à toute vitesse, un sourire un peu fou planant sur ses lèvres. Son regard se posa sur son compagnon et face au regard de celui-ci, il se ressaisit tant bien que mal.

Calmez-vous Holmes ! C'est indécent ! Et que nous raconte cette carte ? Demanda, le médecin en montrant les doigts de son amant.

– Au premier abord, rien de bien compréhensible… Sauf le début. Tenez.

Watson prit la carte et y découvrit ce message écrit en anglais :

«

Bonjour Messieurs les détectives,

Je vous propose de jouer à une chasse au trésor dans cette magnifique ville qu'est PARIS… Pour cela, il faudra que vous résolviez des petites énigmes de mon cru.

Le jeu commence maintenant. Bonne chance !

'Ixvi mrwgvmx ey terxlisr hi pe pmxxivexyvi, mp ir e jemx we Qywi ix we virsqqii. Vinsmkrid-pe ix ehqmvid wsr hmehiqi wtmriwgirx.'

»

Ils se regardèrent mutuellement et hochèrent la tête. Puis le praticien se retourna vers le vieillard et déclara :

– Nous allons devoir vous laisser, Monsieur Saunière… Et nous vous tiendrons au courant de l'avancée de notre enquête. En attendant, maintenez le secret, le plus longtemps possible.

– C'est entendu. Au revoir, Messieurs.


Si vous vous sentez l'âme d'un « Alan Turing », vous avez jusqu'au prochain chapitre pour déchiffrer ce code. C'est une méthode si simple, que des empereurs romains pourraient le trouver. ;-)

Bonne chance !

À bientôt !