Pour comprendre tous les tenants et aboutissants de cette nouvelle, je vous recommende très chaleureusement de lire, ou d'avoir lu "Rappelle-moi tout", qui vous présentera les psychards, mais aussi Faramond, la petite créature qui vit sur la tête de Charlie, déjà mentionné dans cette première nouvelle.


Janvier 2028

- T'as reçu une lettre de Charlie ce matin, expose James les pieds posés sur notre table basse.

Je le rejoins en me vautrant grossièrement sur notre canapé et fait venir une cannette de soda jusqu'à moi. Je viens à peine de rentrer de ma dernière mission… Molly a insisté pour que nous formions une collocation parce que, je cite « vous êtes tous les deux paumés, et entre paumés, on s'aide ! ». Je suis tout le temps en vadrouille, depuis décembre dernier. Maintenant que je fais des recherches sur les créatures légendaires susceptibles d'avoir été ou d'être des créatures magiques, je n'ai jamais le temps de vraiment défaire ma valise.

- Ou alors c'était y'a trois jours. Je sais plus, hausse les épaules mon cousin.

- Charlie m'écrit tout le temps en ce moment.

- Je l'ai mise sur le tas, avec toutes les autres, m'indique le brun.

Je prends le temps de l'observer. Si la fatigue avait un visage, elle aurait actuellement celui de James Potter : il a des cernes monstrueux, comme j'en ai rarement vu. Ses lunettes rondes sont négligemment posées sur le sommet de son crâne, et retiennent ses cheveux qui partent dans tous les sens.

- Tu sais que t'as le droit de dormir, hein ? Je l'avertis gentiment.

- Je passe l'examen à la formation d'aurors dans moins de deux mois. J'ai pas le temps de dormir.

- Ton cerveau est une éponge qui a besoin de s'essorer : quand tu dors, tu l'essores, justement !

- Je n'ai pas le droit à l'erreur, murmure James.

Il se met trop de pression… Faut vraiment que je m'occupe de lui, que je me charge de lui changer les idées. Ça ne lui réussit pas, d'être trop sérieux.

- Tu sais que ton père t'aimera qu'importe les résultats de cet examen ?

- Ce n'est pas tant pour lui que pour moi. J'ai déjà perdu énormément de temps, en étudiant le droit magique. Maintenant que je sais ce que je veux faire, je veux être à la hauteur. Et puis, t'en as pas marre d'être l'enfant parfait à qui tout réussi ? Rose et toi vous vous partagez les honneurs ! Laissez-moi en profiter !

- Alors déjà, c'est entièrement faux : Molly gère sa propre chronique dans la Gazette, ton frère va devenir le prochain Monsieur Binns et quoiqu'on en pense, ça reste cool, Lily et Hugo vont faire des médicomages du tonnerre, mes sœurs ont le monde à leurs pieds, Fred fera un oubliator formidable ! On cartonne tous, et nos parents sont fiers de nous. T'as pas lu les derniers torchons de la semaine ? On serait tous des gamins pourris-gâtés …

- Si seulement, explose de rire mon cousin.

- T'as rien à nous prouver. Ni à eux, ni à nous, je lui assure. Alors pitié, t'as la gueule d'un inferi, va dormir !

- Va ouvrir ton courrier alors ! m'ordonne à son tour James en capitulant.

Il se dirige vers le comptoir de la cuisine avant de me jeter la dernière missive de mon oncle et parrain. Je la décachette et la parcoure des yeux. Une seule phrase attire mon attention : « Prépare tes affaires on part samedi à Malte ».

- Eh James ?

- Quoi ?

- On est quel jour ?

- T'as vu ma tronche ? Tu crois que j'en sais quelque chose ? Soupire longuement mon aîné.

- LOUIS T'ES PRÊT ? Hurle la voix de Charlie à travers la porte.

- Bon bah on est samedi, je présume !

Je gémis intérieurement avant d'aller lui ouvrir. Comme toujours, Charlie me sourit de toutes ses dents et frappe amicalement mon épaule, jusqu'à me la défoncer. Faramond siffle joyeusement dans ses cheveux, beaucoup trop longs.

- Je viens juste de lire ta lettre…, je bredouille.

Il coule un long regard sur le tas de lettres empilées sur le comptoir, avant de revenir vers mon visage et de hausser un sourcil.

- T'as trois minutes pour faire tes bagages, déclare-t-il froidement.

Je hoche la tête et me précipite dans ma chambre. Charlie étant mon supérieur, j'ai techniquement pas le droit de refuser cette mission. Bientôt, je serai libre de l'envoyer bouler comme bon me semble. Enfin, je suis certain d'en avoir jamais le courage : Charlie serait capable de défoncer la porte de notre appartement si jamais je venais à l'ignorer trop longtemps. C'est ce qu'il a fait le mois dernier, quand je n'ai pas répondu à trente-neuvième lettre non-ouverte. Actuellement, nous n'en étions qu'à vingt-quatre. Je sais qu'il s'inquiète…

- Et t'as pensé à envoyer ta candidature à la formation de dragonologie ? L'échéance est pour bientôt !

- Ouais, ouais, je l'ai fait, je mens en bredouillant faiblement.

Je fourre dans ma valise quelques vêtements et les cinq objets dont je ne me sépare jamais, sans compter ma baguette, et rejoins Charlie, sans savoir vraiment en quoi consiste notre mission.