- Faites bien attention à vous, préconise Janet en évoluant dans les couloirs de l'hôpital. Certains patients sont très turbulents, et prêts à tout pour obtenir ce qu'ils veulent.
- Et que veulent-ils ? Demande Charlie.
- Leur dose, répond Janet.
Du couloir, nous entendons de longs gémissements plaintifs, emplis de douleur, et presque de désespoir. Certaines voix supplient pour un peu de conscidisti, juste « un grain, rien qu'un seul ». D'autres hurlent jusqu'à ne plus avoir de souffle. La plupart pleure.
- Ici, il y a des moldus, comme des sorciers. Les gouvernements magiques et moldus ont décidé de collaborer : les effets de cette drogue nous touchent tous… L'unité magique s'est implantée dans l'hôpital moldu de la ville. Cependant, les patients moldus ne savent rien de la magie. On a déjà eu quelques accidents, qui nous ont amené à faire appel à des oubliators… Aussi, faites attention à préserver le secret magique.
- On veut juste en interroger quelques-uns, la rassure Charlie. On a besoin d'entrer en contact avec des personnes qui vendent cette drogue pour remonter éventuellement jusqu'aux trafiquants.
- Il est peu probable que l'un d'entre eux vous parle, soupire-t-elle. Tentez votre chance dans la salle des visiteurs… Les patients les moins atteints peuvent recevoir leurs proches.
- On va essayer…, je souris doucement en tapotant son épaule.
- C'est la salle des visiteurs, nous indique-t-elle en ouvrant une porte. Il n'y a que des moldus ici. Le conscidisti les atteint plus durement que les sorciers, mais ils s'en remettent … Les origines magiques de la drogue les frappent plus violemment.
Elle pousse la porte et nous invite à entrer. A l'intérieur, il règne un calme qui tranche avec le chaos qui semble avoir pris possession de ces lieux. On entend le brouhaha rassurant d'un présentateur de journal télévisé qui parle des actualités. Deux jeunes femmes jouent aux cartes, en se souriant. Un homme regarde le temps passer par la fenêtre, alors qu'un autre hésite à ouvrir la bouche pour lui parler. Un adolescent écoute de la musique, en collant son oreille à un vieux poste de radio. Il tape dessus, comme si cela allait aider la vieille machine à mieux capter les ondes. Je le rejoins avec l'air le plus amical possible :
- Je déteste quand ça arrive !
- De quoi ? s'étonne-t-il, méfiant.
- Quand la station que je préfère est toute brouillée…
- Ouais… J'en ai marre d'écouter ces vieux groupes tous pourris ! Qui écoute encore ABBA, sérieux ? Même ma grand-mère les trouve dépassés ! Et puis ils sont morts depuis des années !
J'ai un léger pincement au cœur. Je revois, dans mes souvenirs, Rose et sa meilleure-amie avancer dans les couloirs de Poudlard, avec un vieux téléphone et un écouteur chacune, les liant toutes deux. Elles écoutaient la musique à fond, et dansaient même parfois. Allénore adorait ABBA.
Je déteste penser à elle.
Je déteste l'évoquer au passé, comme si elle était morte.
Je déteste me rappeler d'elle.
- Euh… non, ils sont bien vivants ! je le contredis. Et avoue que « Waterloo » est quand même super chouette.
- Si on l'écoute une seule fois, ricane-t-il.
J'attrape ma baguette, dans la poche arrière de mon jean, et lance discrètement un sort, en jetant un coup d'œil derrière moi. La radio arrête de grésiller, et une guitare électrique se déchaîne.
- Sympa, je commente en tapant du pied en rythme.
- Sympa ? C'est mortel tu veux dire !
- C'est un groupe ?
- Tu ne connais pas les Vendetta ? Écarquille-t-il les yeux en montant le volume. Ce sont des génies !
- J'aime bien.
- T'es nouveau, ici ? Me demande-t-il en m'examinant attentivement. Je ne t'ai jamais vu…
Je décide de jouer la carte de la franchise :
- Je cherche des renseignements.
- Quel genre ?
- Sur le conscidisti.
Un grand sourire s'affiche sur son visage, et le mange tout entier. Il est maigre et très jeune.
- Je suis pas un patient. Je suis pas non plus infirmier.
- Ah oui ? Parce qu'ici, on est forcément soit l'un, soit l'autre, non ?
- Je rends visite à un pote, pâlit-il. Josh. Ça fait deux mois qu'il est là.
Son sourire s'effondre un bref instant.
- Je suis désolé.
- Il est aux toilettes. Je sais qu'il ne reviendra pas. Il fait toujours ça… Il trouve une excuse bidon, et disparaît. Il a honte et il me déteste, parce que c'est à cause de moi, s'il est ici.
Il coupe le son de la radio, et prend ses affaires, qu'il a négligemment posées sur le porte-manteau. Il désigne la porte d'un coup de menton et je le suis, après avoir averti Charlie d'un bref signe de tête. Dès que nous sortons de l'hôpital, il me tend une main, que je serre :
- Je m'appelle Julian. Tu veux une clope ?
J'accepte.
- Louis, je réponds.
- Je connais un gars, à deux rues d'ici. C'est lui qui a refourgué cette merde à Josh.
Il a un immense sourire maintenant. Alors que j'allume ma cigarette, il joue distraitement avec la sienne.
- Pourquoi tu m'aides ? T'as pas peur des représailles ?
- Je m'en carre, Louis. Vraiment, je m'en carre…, murmure-t-il. Josh était la seule personne qui me faisait tenir.
- Il a des chances de s'en sortir ?
- Sûrement.
- Alors ne le condamne pas trop vite.
Il tire sur le mégot, inspire calmement, alors qu'il vient à peine de l'allumer. En recrachant la fumée grisâtre, il explose de rire d'un coup, sans que je ne sache pourquoi. Il semble hystérique, et tremble. Je remarque ses cernes prononcés, son teint très pâle et sa peau translucide. Il a retroussé les manches de son t-shirt, et frissonne, comme pris d'une fièvre.
- T'es une sorte de flic, c'est ça ? Me demande-t-il.
- Pas vraiment.
- Je ne t'aiderais pas plus si tu cherches à acheter cette merde.
- Je t'assure que c'est la dernière chose que je veux.
- Les camés mentent tout le temps, crache-t-il en croisant les bras sur sa poitrine.
- Alors pourquoi m'avoir parlé de ce gars, à deux rues d'ici ? Je sourcille.
Son sourire s'est effacé, et maintenant, ce sont des larmes, qui semblent perler aux coins de ses yeux.
- J'ai vu la baguette dans la poche arrière de ton jean, souffle-t-il. T'es comme ce gars, celui qui vend le conscidisti partout… Et moi, je ne peux rien contre lui. Toi, qui semble être capable des mêmes choses que lui, peut-être que tu pourras…
- Tu sais…
- Pour la magie ? Rit-il de nouveau. J'ai toujours l'impression de délirer et que je vais me réveiller. Parfois, je suis persuadé d'avoir halluciné, imaginé ces espèces de trucs bizarres qui se sont produits récemment…
Il a l'air tellement fragile.
- Je devrais t'oublietter …, je murmure enfin.
- Me quoi ?
- Effacer tes souvenirs.
- Et prendre le risque de ne pas savoir comment mettre la main sur ce connard ? Relève-t-il. T'as l'air plus malin que ça, Louis.
Il a réussi à berner les sorciers qu'il fréquente lors de ces visites à l'hôpital, ainsi que le dealer, pour qu'ils ne se rendent compte de rien. Et manifestement, il est observateur. Julian est un bon acteur et un fin manipulateur. Je le remarque très bien.
- T'as quel âge ? Je l'interroge soudainement.
- Dix-sept ans. Dans cinq jours, j'en aurais dix-huit.
Charlie arrive à ma hauteur, l'air déçu. Julian fronce les sourcils, alors que mon oncle s'approche.
- T'inquiète, je le rassure. Il est cool…
Je termine ma cigarette, à l'instar de Julian, qui cherche à s'éclipser.
- C'est un moldu, j'annonce à Charlie. Mais il sait beaucoup de choses.
J'écrase la cigarette sous mon talon, et ramasse le mégot.
- On peut te protéger, j'arrête Julian. En nous donnant ces informations, tu viens probablement de te mettre en danger… Laisse-nous t'aider.
Charlie pose une main sur son épaule. Julian se dégage, et la colère se dessine doucement sur ses traits. Je reste en retrait.
- Je n'ai d'ordre à recevoir de personne, crache l'adolescent.
Je remarque seulement maintenant son gros sac de voyage, auquel il s'accroche. Charlie comprend la même chose que moi :
- On ne t'ordonne rien. On t'offre juste un endroit où dormir ce soir, et de quoi manger, à nos frais. Le temps qu'on arrête les responsables et qu'on t'oubliette, une fois toute cette sombre histoire terminée, propose Charlie.
Julian se calme presque immédiatement. Son ventre gargouille férocement.
- Effacer mes souvenirs ne sera pas nécessaire ! Sourit-il de nouveau.
J'ai bien peur que les agents de sécurité, une fois avertis, soient obligés d'intervenir. Charlie et moi leur devons des comptes, en tant que magizoologistes. Nous pouvons et devons juste protéger les psychards, et éventuellement mettre la main sur les trafiquants, pour remonter jusqu'aux créatures qu'ils ont capturées. Trouver un dealer, c'est pouvoir remonter jusqu'aux trafiquants, et donc, jusqu'aux psychards qui ont été capturés.
Charlie a les lèvres pincées, et me scrute. Pour le coup, je préfère mentir à Julian désormais :
- T'inquiètes. On ne te forcera à rien. Dis-nous juste comment contacter un dealer…
- Ouvre grand tes oreilles, beau gosse…, s'amuse Julian. On l'appelle le misanthrope du coin. Il rencontre très peu de gens en personne. Il déteste les autres. Si tu lui déplais, il te jette des maléfices.
- Mais voilà une description tout à fait charmante, je souris en regardant Charlie.
oOo
- Je m'appelle Orphée.
C'est sûrement un nom de code. Je refuse d'admettre que des parents nomment consciemment leur enfant « Orphée»…
- Louis.
- Moins original, me taquine-t-il, les yeux pétillants de malice.
- Plus facile à porter, j'enchaîne un sourire en coin. Alors c'est toi, le misanthrope du coin ?
- Je n'ai jamais compris l'origine de ce surnom.
- J'ai entendu dire que tu jetais des maléfices de jambes-en-coton aux enfants qui passaient devant chez toi…
- Ah ouais. C'est vrai. Je déteste les enfants.
- Et les adultes ?
- Les adultes sont de vieux enfants. Je les déteste encore plus.
- Et pourtant, tu as accepté de me recevoir…, je sourcille, un brin amusé.
- Les affaires sont les affaires ! Sourit-il. Et je n'ai jamais aimé traiter avec les aurors.
- Étonnant, de la part d'un dealer, je soulève en commençant à grignoter un biscuit.
- Tes menaces m'ont convaincues.
- Je ne t'ai pas menacé.
- T'as défoncé la porte de ma maison, mec !
Je devrais sûrement m'excuser pour ça, mais je reste muet, et joue franc jeu. Faire peur au petit dealer du coin est largement dans mes capacités. Je joue avec sa baguette, que je fais tourner entre mes doigts. Je l'ai désarmé sans difficulté. Il ne s'attendait pas vraiment à ce que je sois un sorcier. L'effet de surprise m'a vraiment été salvateur.
- J'enquête sur les trafics de psychards, j'énonce simplement. On pense que des sorciers s'en servent pour créer du conscidisti.
Il termine sa bière et se gargarise avec, en me regardant comme s'il attendait que je poursuive. Mais il repose sa bouteille sur la table, avant d'en faire venir une nouvelle, et d'ouvrir la bouche :
- T'as déjà pris du conscidisti ?
Je secoue la tête, après avoir réalisé que sa question était des plus sérieuse.
- J'en ai si tu veux.
- C'est une drogue, je refuse catégoriquement.
- C'est l'amour sur un plateau !
- Je croyais qu'elle coupait la personne en ayant pris de toutes émotions, de tous sentiments.
- Oui. Et dis-moi, Louis, qui y-a-t-il de plus pur que de ne rien ressentir ?
Je reste muet, ne sachant quoi répondre. Me couper de tout, comme ça, même de ma haine, de ma colère, de ma tristesse… C'est quelque chose que je n'ai jamais envisagé. Je sais que certaines descentes aux enfers sont pénibles, douloureuses, qu'on n'en ressort jamais indemne… Mais comment pourrais-je accepter de me priver de la joie, de l'allégresse, de l'amitié, juste pour avoir un cœur plus apaisé ?
- T'as déjà essayé de te représenter le vide ? Me demande-t-il alors.
- Non.
- C'est impossible, de se représenter le néant. Nos cerveaux humains sont faits pour créer du sens. Un truc qui n'existe pas, c'est inconcevable pour nous. Et pourtant, je t'assure que le vide, dans ta tête, le silence, ça existe. Le conscidisti te l'apporte.
- Et en échange, tu deviens une loque humaine, complètement addicte, qui ne supporte plus de vivre sans sa dose quotidienne…
- Un bon dealer goûte la saloperie qu'il refourgue mais n'en est jamais accro, hausse-t-il les épaules.
- Et donc pour toi, le vide, c'est l'amour ?
- L'amour est pur. Le vide est pur. L'amour est le vide. Le conscidisti est les trois à la fois.
- C'est l'un des syllogismes les plus cons que j'ai jamais entendu de ma vie, je souffle, complètement atterré.
- On est tous dépendants d'un truc, Louis. Certains ont le luxe de choisir leur drogue, leur addiction.
- C'est quoi la tienne ?
- Le flouz. Le biff. La thune. L'argent.
- J'ai saisi.
- Et toi ?
- Les voyages. Mes amis. Ma famille. Les créatures magiques.
- J'ai pas saisi, soupire-t-il.
- La vie, je précise en même temps.
- Tu me plais, Louis, rit-il.
- Les aurors remonteront jusqu'à toi, tôt ou tard. Moi, je me fiche bien de cette drogue. Que les gens en prennent ou non, ce n'est pas mon rôle de les sauver. Mon boulot, mon but, c'est de protéger les psychards qui se font tuer pour que tes potes fabriquent leur cochonnerie de drogue.
- J'avais compris.
Il reste silencieux un long moment, le temps de finir sa deuxième bière, de trouver ses mots. Sa maison est petite, mais bien agencée. De l'intérieur, on voit tout ce qui se passe dehors.
- Tu vois la brune que voilà ? Désigne-t-il une jeune femme qui passe dans la rue. Elle est en contact avec un certain « Main Rouge ». Tu dois le connaître.
Main rouge est le plus gros trafiquant de créatures magiques de toute la communauté magique … Cela fait bien plus de trois ans, que les sorciers du monde entier sont à sa recherche. Il a monté tout un réseau, savamment organisé.
- C'est lui, qui refourgue les psychards à ceux qui fabriquent le conscidisti.
- Et toi dans tout ça ?
- Je l'achète à ceux qui le commercialisent et je le revends aux gens du coin.
- Qui te vend ?
- Les Autres, en grande partie.
Un groupuscule terroriste…. Les Autres sont en train de s'enrichir en vendant de la drogue aux sorciers. C'est malin, cruel et malveillant. C'est Isaak Hartley qui va être ravi d'entendre ça… Je jette un coup d'œil derrière moi. Charlie n'a rien raté de la conversation, et semble encore plus inquiet qu'il ne l'est sûrement.
oOo
- Si les Autres sont mêlés à cette histoire, il faut qu'on prévienne le Ministère de la magie. Traiter avec le petit dealer du coin passe encore, mais si on va plus loin, que tu prends contact avec des trafiquants traitant directement avec les Autres, c'est au-dessus de nos compétences !
Je hoche la tête, entendu. Avant de partir, Charlie a oubliétté Orphée. Il s'en va, sûrement pour envoyer son patronus au Ministère de la Magie et prévenir les aurors.
Je toque à la porte de la salle de bain attenante à notre chambre, dans laquelle Julian s'est enfermé pour prendre sa douche. Il en sort, les cheveux humides et la peau moins grisâtre qu'il ne l'avait lorsqu'il est entré dans la pièce.
- Tout va comme tu veux ? Je l'interroge.
- Parfaitement …
Il s'écroule sur mon lit, et jette un œil dans ma malle. Je n'ai même pas pris la peine de la ranger. J'ai tendance à vite mettre la pagaille partout où je passe.
- Tu vois un truc intéressant ? Je le taquine alors qu'il rougit, pris sur le fait.
- Non, fait-il déçu. Pas de chapeau pointu, de bocaux remplis d'yeux de crapauds, ou de crocs de serpents… Juste… C'est une photo ? Me demande-t-il en désignant l'objet.
Je m'approche, jusqu'à m'accroupir au-dessus de ma malle, qui gît au pied du lit, et de prendre la photographie. Elle est encadrée, protégée sous un verre que Rose a enchanté afin qu'il soit incassable. Je ne m'en sépare jamais. C'est mon deuxième objet, celui qui me suit partout, qui me rappelle d'où je viens, et pourquoi il me faudra rentrer un jour.
- Les gens bougent, dessus !
- C'est ma famille.
- Vous êtes nombreux.
- Au milieu, c'est mon père, et ma mère. A gauche, c'est Victoire, et à droite Dominique, mes sœurs. Cette photo a été prise deux semaines après la naissance de Lucy, la petite dernière de la famille. C'est le bébé dans les bras de cet homme, je fais en désignant mon oncle Percy
- Et l'homme, là. Il était avec toi ! C'est Charlie !
- C'est mon oncle, le frère cadet de mon père, mais aussi mon parrain.
- Vous avez l'air si heureux…
- Oh, comme toutes les familles, nous avons nos lots de souffrances, de disputes… Parfois, on se crie dessus, on ne se parle pas pendant des jours. Mais on s'aime. Moi, je les aime.
- Parle-moi d'eux.
Il s'adosse contre le mur, se blottit discrètement contre la couette, et m'écoute, alors que je lui parle de Roxanne et de sa fougue, d'Hugo et de sa fragilité, des blagues de James et de Fred, du charme de Lily, de l'intelligence de Rose, de la sagesse d'Albus, de Molly aussi, si inventive, de la douceur de Lucy… Je lui parle de nos fous rires, de nos jeux d'enfants, de nos conneries, nos engueulades. Je lui parle de ma famille française aussi, que l'on peut apercevoir en tournant la photographie. Ma tante Gabrielle m'apprend à faire du vélo sur ce cliché. Mon grand-père boit un verre de vin et ma grand-mère raconte une histoire à Dominique et Victoire. Mon père me court après, parce qu'il a peur que je tombe et ma mère, elle, sourit tendrement. Julian caresse la photographie du bout des doigts, comme si c'était la chose la plus précieuse au monde.
- T'as de la chance, murmure-t-il en reposant la photographie dans ma malle.
Je souris, avant de rejoindre le lit de Charlie, qui est désormais le mien. Il a pris une autre chambre. J'éteins la lumière, d'un coup de baguette. Dans l'obscurité, je vois tout de même Julian tendre le bras jusqu'à ma malle, que je n'ai pas refermé. Je l'observe prendre la photo et le regarder. Il semble y trouver un certain réconfort.
Je soupire discrètement. Julian en a sûrement plus besoin que moi…
Une petite review ? :) Ca me ferait super plaisir !
