Je suis parti ce matin. Sans prévenir personne. Sans ma paire de jumelle préférée, sans ma boussole, en prenant peu, en pensant échapper à beaucoup. J'ai pris un sac, j'ai fourré des affaires de rechanges et le dernier exemplaire de la Gazette du Sorcier.

J'ai accepté la première mission. Pas très bien payée, pas très loin non plus : juste quelques jours, sans avoir ni maman, ni papa, ni Victoire, ni Dominique ou l'un de mes cousins sur le dos.

- T'as déjà vu ça ?

- Non. C'est la première fois que je viens ici, je réponds au sorcier qui m'a fait descendre dans le gouffre.

- T'as déjà vu quelque chose de semblable ? Précise-t-il.

Je hausse les épaules, indifférent.

- C'est un gouffre.

Soixante-quinze mètres de profondeur à peine. Cela n'a rien d'impressionnant.

- Quand tu demanderas à remonter, tu auras changé d'avis, m'assure le sorcier en ricanant, comme s'il venait de sortir une bonne blague.

- Je suis juste là pour les escargots.

Il tape mon épaule amicalement, avant d'enfourcher son balai et de remonter. Le soleil éclaire la végétation qui a poussée sur les parois du gouffre. La pluie dégringole, tombe en gouttes et s'écrase tout autour de nous. Le ciel, le tout petit ciel bleu éclatant, n'a jamais été aussi rond.

Je me mêle aux moldus, qui mitraillent le gouffre de Padirac. Grâce à un sortilège de désillusion ils ne me remarquent pas. Je zigzague entre eux, pour arriver le premier aux barques. Un sorcier m'y attend, et me fait signe de me dépêcher. Les galeries descendent à plus de cent-trois mètres sous terre. L'eau est bleu turquoise, éclairée par des lumières artificielles. Je ne prends pas le temps de m'attarder. J'ai besoin de m'occuper, d'oublier cette histoire que je porte littéralement sur mes épaules : l'attaque des vampires de Los Angeles sur une vélane a fait le tour du monde sorcier. J'ai enfoui le dernier article de la Gazette du Sorcier entre deux paires de chaussettes et mes fioles.

C'est étrange, de voir l'un de ses traumatismes tenir sur une feuille de papier, en quelques mots, quelques phrases, qu'un auteur a écrit sans forcément penser que quelqu'un les a réellement vécus. Quand ils parlent de l'agression et de la séquestration, les journaux mentionnent le pacte de paix, entre les vélanes et les vampires, qui a été brisé. Méthodiquement, ils dissèquent une partie de ce qui m'est arrivé pour justifier le recensement des vampires. La communauté vélane n'a pas encore réagit. J'attends peut-être au fond de moi qu'elle le fasse.

La voix de cette vampire me revient quelque fois en tête. « Il a du sang de vélane. On pourrait vraiment en tirer un bon prix… ».

- Monsieur Weasley, nous sommes arrivés au lieu de plongée, m'indique le batelier. Un autre magizoologiste est déjà en train de recenser les escargots, un peu plus loin.

- Les zones ont-elles été délimitées ?

- Bien sûr. Vous avez déjà vu des bythinelles de Padirac avant ? s'amuse le batelier.

- Non. Je ne suis jamais venu ici, je répète.

- Ils ont un pouvoir qu'il serait imprudent de sous-estimer.

Bythinelles de Padirac est une espèce que l'on trouve seulement ici. Ce sont de petits escargots, uniques, qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Ils sont rares. Les sorciers se servent de l'eau du gouffre de Padirac pour certaines potions de clairvoyance : elle décuple les sens. Les escargots ont un pouvoir, sur elles, que personne n'a réussi à expliquer jusqu'ici.

- Pas plus de quinze minutes, m'informe le sorcier. Il est dangereux de baigner trop longtemps dans cette eau. Certains se mettent à entendre les couleurs, à voir les voix.

Je m'esclaffe légèrement et hoche la tête, laissant mon sac dans la barque. L'eau est froide, épaisse autour de moi. Elle est si clair que j'en vois le fond. Ce n'est pas très profond. Je regarde mon sac une dernière fois. Je pense au papier qui est dedans. Je me demande ce qu'il se passerait, si je m'immergeais avec. Les mots prendraient-ils enfin un sens ?

Parce que j'ai beau les avoir vécus, je ne les comprends pas toujours pas. Si cette eau décuple les sens, me permettrait-elle de lire ces papiers qui racontent mon histoire sans que j'ai envie de vomir dessus ?

Je lance un sortilège de têtenbulle et plonge. Laisser ce papier à la surface, ne me procure aucun soulagement, et je commence à me dire que je n'aurais pas dû partir.

oOo

Recenser les escargots de bythinelle de Padirac est encore plus fastidieux que de recenser les strangulots et autres créatures magiques vivant dans le lac de Poudlard. C'est éprouvant. Ma vision est précise, trop, jusqu'à m'en donner mal à tête tant je perçois les moindres minuscules détails, mon ouïe dix fois plus sensible et le froid transperce jusqu'à mes os, comme si ma peau n'était qu'une fine couche de cellophane.

La bythinelle de Padirac est un minuscule escargot aquatique. Elle mesure seulement trois millimètres de long. Sans le pouvoir qu'elles donnent à l'eau dans laquelle elles baignent, je ne les remarquerai pas aussi facilement.

Comme à chaque que je me retrouve face à une espèce magique que je n'ai jamais eu l'occasion d'observer en vrai, je récite ce que j'ai appris dans ma tête. C'est une espèce inoffensive, qui se nourrit de débris organiques apportés par l'infiltration de l'eau de pluie, les chauves-souris ou les insectes. La bythinelle s'en empare grâce à une minuscule mâchoire. Pour respirer, elle dispose d'une branchie. Mais lorsqu'elle se réfugie dans sa coquille et qu'elle la ferme de façon hermétique, elle peut survivre plusieurs jours hors de l'eau, lorsque l'endroit dans lequel elle se trouve s'assèche.

C'est fascinant.

Dans un environnement sous-terrain, sans lumière, sans rien, cet escargot est sorti de nulle part et continue de vivre. Dans une eau où il n'y a aucun poisson, aucune vague, rien, juste quelques hideuses crevettes complètement aveugles, et les passages de quelques barques, remplies de visiteurs qui s'extasient sur la beauté des lieux, la rareté des espèces qu'on y trouve, sans se douter de la magie que renferme ces lieux…

« La victime a été retrouvée saine et sauve ».

« La victime»… Je ne suis rien de plus. Quand on m'a demandé si je voulais que l'on cite mon prénom, mon nom, ma mère a immédiatement refusé. Mon père a pâli, avant d'insulter le président du congrès magique des États-Unis. Pour me protéger des vampires qui voudraient briser le code de paix entre eux et les vélanes. Parce que je ne voulais pas que mon histoire devienne la chose de tout le monde. Parce que je ne m'étais jamais vu comme « le descendant mâle d'une vélane », « une rareté », pour ces créatures qui ne donnent généralement naissance qu'à des femmes.

Maman m'a demandé si je voulais en parler. Je l'ai ignoré. Je ne le voulais pas et elle non plus. Elle n'est qu'un quart vélane, par sa grand-mère maternelle. Elle-même, ne s'est jamais réellement inquiétée de sa nature. Elle n'a jamais pensé que nous risquions quelque chose pour ce que nous étions, pour notre sang, et du fait que je sois un homme, elle avait encore plus écarté cette pensée, me concernant.

Elle a pleuré des semaines en disant que c'était complètement ridicule de sa part, d'avoir pensé ainsi. Elle est descendue à Paris, et a demandé à rencontrer les vélanes de la famille. C'est pour ça, que je suis parti.

Je compte les escargots. Je remonte à la surface. Je recommence. Je reste un moment à attendre qu'on m'autorise à replonger après le premier quart d'heure. J'observe la cascade d'eau bleu clair, cristalline qui coule. Les moldus font des photos, s'émerveillent. Moi, je n'ai pas la tête à ça. L'eau a lissé la pierre, la roche par endroit. Elle scintille, elle coule, indifférente aux obstacles qui se dressent sur son passage. Les sculptures qu'elle a créées sont merveilleuses. Dans le cœur de la terre, j'oublie presque tout. Les fissures verticales, le calme des profondeurs, au gré du sillon de la rivière calme et sereine, nichée au fond de ce cratère… Je me laisse convaincre.

Le batelier qui me ramène ne parle pas. La promenade au fil de l'eau se fait dans un silence qui me met mal-à-l'aise. Je remonte jusqu'à l'œil du gouffre. Il pleut toujours autour de lui. La nuit est tombée.

Le même sorcier que ce matin, me fait remonter le gouffre, ne m'adresse pas un moment. Mais l'eau a encore des effets sur mon corps : le vent le perce, le pique, l'agresse et siffle fort dans mes oreilles, à les en faire exploser.

- Tu as passé la porte verticale et vertigineuse du gouffre ! Me félicite-t-il, une fois que nous touchons terre.

- C'était une expérience…

- Tu remets ça demain ?

- Et après-demain, je confirme.

- On galère toujours à trouver des magizoologistes qui acceptent de plonger. Ceux qui l'ont fait, refusent toujours de revenir.

C'est désagréable, de distinguer le moindre mouvement, d'entendre le moindre bruissement de feuilles… C'est comme si j'étais étranger à mon propre corps. Mais je le suis depuis l'agression…

- T'es peut-être notre perle rare Weasley ! Sourit l'homme. Tu fais quoi ce soir ?

Je manque de m'étrangler. M'associer à quelque chose de rare me donne la nausée. Même si le commentaire n'est pas malveillant, je me referme.

Je ne suis jamais morose. Jamais de mauvaise humeur. J'adore voyager. J'adore mon travail. Mais je voudrais être ailleurs.

- Rien, je réponds enfin.

- T'as déjà mangé de la bonne cuisine française ?

- Ma mère est française.

- Ça ne répond pas à ma question ! Celle d'ici est la meilleure. Allez, viens ! Une part de tarte aux noix te remettra d'aplombs.

- Vous m'achetez avec une part de tarte aux noix ?

- Je te l'ai dit : les magizoologistes refusent de venir. Ceux qui le font sont nommés par le gouvernement magique français, et le font par dépit.

- Je ne l'ai pas fait par dépit.

- Je ne sais pas ce que tu fuis, mais je t'assure que ça ne te trouvera pas ici, murmure-t-il.

Je lui souris.

- Je préfère ça ! s'esclaffe-t-il.

- Ces escargots … Pourquoi les sorciers les fuient-ils autant ?

- Tu te sens comment ?

- Mal. Agressé par les sons, les couleurs, le vent, les odeurs.

- ça ne te dérange pas?

- Je me sens vivant.

- Une perle rare…, marmonne-t-il. Tu auras droit à deux parts !

J'éclate de rire en resserrant les bretelles de mon sac à dos, ma baguette à la main. Puis je me rappelle que j'ai toujours ce papier sur moi. Il devient soudainement trop lourd, et parfaitement insupportable, comme l'air qui coule dans mes poumons, comme s'il était liquide.

oOo

- Alors ? Cette tarte ?

J'en ai plein la bouche. La saveur se propage partout en moi, de la pointe de mes cheveux jusqu'à mes orteils. Cette eau est vraiment étrange…

- Divine, commenté-je enfin.

Maxime Dupuis sourit, et me resserre une autre part, la troisième, que sa fille reluque pourtant avec un intérêt qu'elle ne cherche même pas à dissimuler.

- Cela fait cinq ans, que nous sommes obligés de faire appel à des sorciers étrangers, qui ne viennent pas de France. Ils savent tous que cette eau rend les gens dingos.

- Quand les effets se dissiperont-ils ?

- Ça dépend de ta résistance, du temps pendant lequel tu as barboté dedans…, maugrée-t-il. Mon grand-père racontait que son propre grand-père s'y était baigné trois heures. A son retour, il dessinait l'air et hurlait dès qu'on chuchotait à moins de cinq mètres de lui.

- Aucun sort ne peut protéger les gens de cette eau ?

Maxime secoue la tête, et prend sa fille sur ses genoux, qui louche toujours sur la tarte.

- C'est pas faute d'avoir essayé. C'est en régulant la population des bythinelles que nous limitons les pouvoirs de l'eau. Il y a quelques années, des trafiquants ont essayé de mettre la main sur quelques espèces.

- Ont-ils réussis ?

- Pas sans se prendre un stupefix en pleine tronche, grogne-t-il.

- Et une gifle sur chaque joue, ajoute sa femme en me souriant.

- On tient à cet endroit.

- Je peux le comprendre.

- T'as dit que ta mère était française ? Souligne-t-il.

- Elle vient du sud, précisé-je. Je n'ai jamais visité le coin. Je vis en Grande-Bretagne.

- Qui est ta mère ? Me demande la femme.

- Fleur Delacour. Weasley maintenant.

Ils écarquillent tous les deux les yeux. J'oublie parfois que « Delacour » est un nom parfois aussi connu que « Weasley ».

- Ne me regardez pas comme ça, je ris à moitié.

- Eh ben…, murmure Maxime.

Je mâche silencieusement ma part. Lila, leur fille, me regarde avec les mêmes yeux, mais pour une raison différente : elle bave vraiment de gourmandise… Elle me fait penser à Jane. Je lui en offre un morceau, qu'elle s'empresse de fourrer dans sa bouche dès que ses parents ont le dos tourné.

- Les autres magizoologistes qui étaient en mission avec moi, qui sont-ils ?

- Un italien, un suédois et un espagnol, compte sur ses gros doigts Maxime. L'italien est remonté trois heures avant toi : il ne reviendra pas demain. Le suédois s'est évanoui après sa première plongée.

- Et l'espagnol ?

- Je le soupçonne d'être un trafiquant.

- Je pourrais en être, moi aussi…

- Non. Le batelier t'a entendu réciter tout ce que tu savais sur la bythinelle. Un trafiquant ne se donnerait pas cette peine. Ils savent rarement ce qu'ils sont en train de piller quand ils le font.

- Les meilleurs d'entre eux connaissent les créatures auxquelles ils s'attaquent…

- Les trafiquants de bythinelles les vendent à un bon prix, à ceux qui expérimentent et commercialisent certaines potions. Ils ne pensent qu'à travers l'argent, le profit. Toi, j'ai l'impression que tu ne penses pas du tout.

Je le regarde intensément, en essayant de déterminer si c'est un compliment, une accusation, ou un simple constat. Je penche davantage pour la dernière option.

Je salue poliment toute la famille, après avoir terminé cette troisième part de tarte. Maxime me raccompagne. Je sors une cigarette du paquet que je garde dans la poche de mon jean. Je lui en propose une, qu'il accepte en s'éloignant de la maison :

- Si ma femme l'apprend, je suis bon pour dormir sur le paillasson.

Je tousse, en inspirant la première taffe. Elle est cent fois plus âcre que d'habitude.

- Pauvre petit, me plaint Maxime. Je ne sais pas ce que t'es venu faire ici…

Je l'interromps, sans réfléchir, parce que j'ai envie de parler à cet inconnu qui m'a offert de quoi manger, et qui m'a traité autrement que comme une victime.

- Il m'est arrivé un truc, récemment. Un truc moche.

- Et ?

- Et j'essaie de faire comme si rien ne s'était passé.

- T'as des gens à qui parler ?

- Des tas. Ma famille est géniale, aimante, compréhensive, bienveillante. J'ai des amis merveilleux. Mais je ne sais pas… Je me sens… seul. Ils voudraient m'aider. Ils ne comprennent pas qu'ils ne peuvent pas.

Personne ne peut comprendre ce que ça fait, de sentir des canines creuser la chair, de sentir son propre sang diminuer, son corps se dégonfler comme un ballon de baudruche, de se vider de toute énergie, de se sentir comme une proie, piégé, incapable de se défendre… Cora m'a traité comme une chose. Je me sens encore, comme une chose.

- Je pensais que m'éloigner un peu me permettrait d'y voir plus clair.

- Et ?

- Et ça marche un peu.

Je ne veux pas qu'on me traite comme une victime. Je n'arrive même pas à me qualifier en tant que telle. Si j'avais été plus prudent, moins con, j'aurais tout de suite vu, que Cora n'était pas humaine. J'aurais compris, ce qu'elle faisait dans ce bar. Tommy et James n'auraient pas eu à me tirer de là, et je n'aurais pas passer les pires jours de ma vie. Ma mère dormirait encore, sans se réveiller toutes les heures pour vérifier que je suis bien dans mon lit. Mon père ne me regarderait pas avec un soulagement infini. Mes sœurs ne me couvraient pas comme elles le font maintenant, et Molly, ne trouverait pas mille excuses débiles pour venir me voir.

- Je veux juste que les choses redeviennent comme avant.

- ça, gamin, c'est impossible. Ce qui t'est arrivé, t'est arrivé. Tu ne peux pas revenir dessus.

- Mais je peux encore contrôler la façon dont ça m'affecte.

- Mais pas celle dont ça affecte tes proches.

- Quand j'ai plongé dans l'eau, ressentir tout de façon aussi forte, m'a fait oublier ce que j'avais en tête. Mon cerveau était si focalisé par toutes les informations qu'il avait à traiter…

- Tu sais ce qu'a dit ce trafiquant, après que ma femme l'eue giflé ?

- « Aïe, ça fait mal » ?

Il éclate de rire, avant de laisser échapper un volute de fumée entre ses lèvres.

- « Faites tout ce que vous voulez, mais ne me faites pas replonger là-dedans. ». Il y était resté trente-cinq minutes, sans être remonté à la surface, ce crétin.

- Il a dû morfler.

- La gifle a ricoché dans toute la galerie, sourit-il. Tout ça pour dire, Louis Weasley, que cette eau ne te fait pas oublier ce que tu as vécu. Elle te fait l'ignorer. Ce n'est pas une bonne chose. Je ne sais pas ce que tu as vécu. Mais faut que tu l'affrontes.

- Ouais, je sais… Je voudrais juste sauter l'étape mélodramatique où j'ai à me soigner, et me remettre à être ce petit con que les gens pensent toujours que je suis.

- T'es impatient, comprend-t-il.

- Probablement la litote de l'année…

- Qu'est-ce qui te permettrait d'aller mieux ? Me demande-t-il.

Je m'arrête, prends le temps de regarder le ciel. Lui parler m'a fait du bien. Je suis sûrement encore groggy, à cause de l'eau du gouffre de Padirac. Je m'accroupis, pour défaire mon sac et en sortir l'exemplaire de la Gazette du Sorcier.

- Incendio.

Je suis peut-être une victime. Mais je reste moi. Voir les mots brûler, le papier tomber en cendre dans l'herbe humide, m'enlève un poids immense qui ne cesse de grandir.

- Je suis plus marrant que ça, d'habitude.

- Je te crois sans peine, sourit Maxime. On traverse tous de mauvaises passes.

Je hoche la tête. Peut-être faudrait-il que je m'accorde un peu de temps ? Que je me remette à voyager, après trois semaines à être resté à la maison, entouré de mes parents, de ma famille et de mes amis, me fait voir les choses autrement. Je n'ai pas la force de renoncer à mes voyages, à mon travail, juste parce qu'une pétasse m'a agressé. Je mérite mieux que ça.

- Quand je reviendrais l'année prochaine, je serai moins morose, je lui promets.

Son sourire s'élargit un peu plus.

- Tu devrais te reposer, pour demain, me fait-il. Il reste quinze zones à couvrir, pour recenser les escargots.

- J'ai hâte !

Le lendemain, je surprends le magizoologiste en flagrant délit, et comme Maxime le soupçonnait, c'était un trafiquant. Le surlendemain, je dors douze heures de suite, complétement épuisé. Je rate mon portoloin.

Ces trois jours passés à Padirac ont le goût de la tarte aux noix, que j'ai mangé tous les soirs, et du temps, que je m'offre enfin. Toutes les sensations sont décuplées, et à la fin de mon séjour, quand je reviens auprès de mon foyer, rien n'a changé.

Je suis toujours une victime.

Mais ce n'est pas grave. Ce n'est pas un secret pour les gens qui comptent, qui sont importants à mes yeux.

Je reste Louis. En un peu changé, mais Louis quand même…


Et voici "la fin" de ce recueil ! Il est fort probable que j'écrive de nouveau sur Louis Weasley et ses aventures mais pour l'heure, il est temps de vous donner un petit aperçu de Mistinguette, dont le premier chapitre paraîtra finalement le samedi 5 juin !

Mistinguette

Cinq ans après l'affaire Opaline, la communauté magique mondiale entre en guerre : les cracmols, les nés-moldus, les loup-garous, les vampires, tous les laissés-pour-compte, mettent en péril le secret magique afin d'obtenir des droits égaux à ceux des sorciers. Ils forment le groupe des « Autres », ceux qui appartiennent à la communauté magique, mais qui ne seront jamais assez biens, pour être considérés comme de « vrais » sorciers.

Alors qu'ils comptent se servir de créatures magiques comme d'armes pour causer un maximum de dégâts dans le monde moldu et faire pression sur les sorciers, Louis Weasley, jeune magizoologiste, est missionné en France pour protéger la zone, dénicher les créatures magiques que les Autres lâchent sur les villes, et les soigner quand il le peut.

Lui qui tente d'oublier ses fantômes, il se retrouve forcé de les affronter, pour trouver l'espionne qui aide les aurors en secret et qui se fait appeler « Mistinguette ».

Mais qui se cache derrière l'espionne Mistinguette ? Est-elle vraiment de leur côté ? Parce qu'elle ne semble pas être si blanche que ça… Tout prête à croire qu'elle ne se bat ni contre, ni avec les Autres, , mais qu'elle protège surtout ses propres intérêts. Pour Louis qui ne voit le monde qu'en noir et blanc, accepter les nuances de gris de Mistinguette, ne lui fait pas plaisir et bouscule toutes ses convictions du bien et du mal. Et pourtant, il y a un truc, chez cette femme, qui intrigue Louis et qui lui murmure « tu peux lui faire confiance »….

Voilà pour le texte accroche ! Je ne posterai probablement pas cette fanfic sur FFNET, y ayant trop peu de lecteurs. Elle sera disponible sur HPFANFICTION.