DÉJÀ DÉTRUITE

Jamais encore Megan n'avait connu une semaine aussi longue et éprouvante. Elle ne tenait pas en place et ne supportait rien. Elle dormait la plupart du temps, pour que le dîner chez les Cuffe lui paraisse plus proche. Le reste du temps, elle s'impatientait de ne pas avoir de réponse de Black et de ne pas pouvoir parler dès à présent à Anita. Elle n'était même pas d'humeur à aller acheter ses fournitures scolaires sur le Chemin de Traverse, aussi elle se fit livrer l'intégralité de son matériel par hibou – y compris sa robe de soirée, une demande étonnante de la part de l'école cette année-là.

La vitre de la cuisine avait été réparée deux jours après l'incident, par un voisin sorcier, Germinal Chudley – comme les Canons de Chudley. C'était ce genre d'homme discret et serviable qui ne posait aucune question. Il était si souvent venu recoller les morceaux de ce que les colères de Megan avaient brisé, sans jamais savoir ce qui avait causé ces dégâts, que la jeune fille le soupçonnait de croire que Roger était un homme violent. N'ayant cependant jamais eu de raison supplémentaire de croire qu'Emily ou Megan étaient maltraitées, il n'avait rien dit. Chaque fois qu'il venait, Emily lui préparait un cake aux amandes et tout le monde était content.

Kevan lui avait envoyé plusieurs mots, lui demandant si tout allait bien et la questionnant sur cette étrange lettre qui l'avait rendue si mécontente lors de leur dernier rendez-vous, mais Megan s'était contentée de lui dire qu'il n'avait aucune raison de s'inquiéter et qu'elle n'était pas d'humeur à discuter. Impossible pour elle de raconter au jeune homme – qui ignorait absolument tout des secrets qu'elle cachait – que le meurtrier fou en fuite depuis l'année dernière lui reprochait son arbre généalogique et une prétendue amitié avec Harry Potter, qui s'avérait être son filleul. Ce qu'elle aimait chez Kevan, c'était justement qu'il ne savait pas qui elle était. C'était sa part de normalité, d'innocence. Une part qui diminuait avec le temps. Elle ne savait toujours pas quelle place donner au garçon dans sa vie, mais il était toujours là quand elle avait besoin de lui, besoin de ne pas être elle-même.

Le dimanche 10 août arriva enfin. Megan passa la journée à choisir quels vêtements porter, comment coiffer ses cheveux, que dire à Anita, essayer de se rappeler les traits de son visage, le son de sa voix. Que lui répondre si elle lui demandait comment se passait sa scolarité à Poudlard ? « J'ai été envoyée à Gryffondor par un vieux fou, mon meilleur ami ne me regarde plus dans les yeux, je fais presque partie d'une grande famille considérée comme traître à son sang, j'ai empêché deux fois Voldemort de retrouver ses pouvoirs, j'ai affronté un troll dans les toilettes, un échiquier géant, des plantes vindicatives, des professeurs qui cachaient de gros secrets, un Basilic, des Détraqueurs… Mais j'ai de très bonnes notes ».

Lorsqu'Emily monta la chercher dans sa chambre à sept heures de l'après-midi, Megan avait choisi son jean préféré, le bleu foncé, et un t-shirt noir simple. Elle n'avait finalement pas coiffé ses cheveux, incapable de se décider. Elle monta dans la voiture des Boyd avec une certaine excitation que les deux Cracmols ne manquèrent pas de remarquer – elle les vit se sourire tendrement. Mais Megan n'accorda aucune importance à la niaiserie de ses parents adoptifs, trop occupée à se réjouir de ces retrouvailles inespérées.

Les Cuffe vivaient dans un quartier résidentiel chic de Londres, dans une grande maison entourée d'un grand jardin. Prishka, la femme de Barnabas, les accueillit avec ravissement, vêtue d'une simple mais belle robe. La maison n'avait pas changé depuis la dernière visite de Megan : des unes de La Gazette du Sorcier étaient affichées aux murs de l'entrée, le lumineux salon était toujours aussi parfaitement rangé, avec son canapé et ses fauteuils en cuir, sa table basse en verre et sa vitrine remplie de bouteilles de Whisky Pur Feu. Barnabas et Matgar étaient dans le jardin, accroupis devant un Croup et ce qui devait être sa portée : une demi-douzaine de chiots étaient serrés contre le ventre de l'animal. Le Croup était une sorte de gros terrier naturellement doté d'une queue fourchue – queue que les Cuffe avaient fait enlever à leur animal de compagnie en application du Code du Secret Magique puisqu'ils vivaient dans une zone habitée par des Moldus.

- C'est adorable ! s'exclama Emily, émue, en les rejoignant dehors.

- Tu as vu comme ils sont mignons ? se réjouit Matgar en prenant deux chiots dans ses bras et en s'approchant de Megan. Tu veux en prendre un ?

La jeune fille secoua la tête. Elle n'était généralement pas particulièrement sensible au charme des petites créatures, qu'elles soient humaines ou non – Hermione, elle, aurait été attendrie. Non, la jeune fille se fichait bien des bébés Croups, ce qui l'intéressait c'était de savoir quand Anita arriverait.

- Vous boirez quelque chose ? leur demanda Barnabas avec enthousiasme, délaissant ses Croups au profit de ses invités. L'Ogden's Old vient de m'envoyer sa dernière production, une cuvée fabuleuse ! Matgar, vas chercher un jus de citrouille pour Meganna, tu veux bien ?

Son fils fila à la cuisine avec un grand sourire. Megan leva les yeux au ciel : quelles étaient les chances que Matgar se casse une jambe en allant chercher à boire ? Il arrêterait enfin de sourire.

- Vous savez quand Anita doit arriver ? demanda-t-elle aux Cuffe d'un ton insistant.

- Elle ne devrait pas tarder, sourit Barnabas, vous êtes un peu en avance. Tu connais aussi Miss Day, Meganna ?

- Depuis longtemps…

Elle se dirigea vers la fenêtre du salon qui donnait sur la rue, suivant du regard chaque mouvement à l'extérieur : le voisin moldu qui sortait ses poubelles, le chat qui errait sur le trottoir, les voitures qui passaient sans s'arrêter. Elle ignora Matgar lorsqu'il proposa de lui servir à boire, et ne réagit pas lorsqu'un des bébé Croups vint se frotter contre ses chevilles. Après une quinzaine de minutes d'observation ininterrompue, elle se retourna vers les autres. Barnabas et Emily étaient plongés dans une conversation passionnée au sujet de la sortie du dernier roman de Blenheim Stalk sur une histoire d'amour entre un Moldu et une sorcière, Roger et Prishka discutaient des prochaines élections moldues, et Matgar câlinait les animaux en jetant régulièrement des coups d'œil curieux à Megan. Tous avaient un verre à moitié vide devant eux et piochaient tranquillement dans un bol rempli de gâteaux apéritifs moldus que Megan détestait. Aucun ne semblait se préoccuper de l'arrivée d'Anita.

- Vous savez par quel moyen elle doit venir ? demanda Megan à la ronde. Il y a peut-être de la circulation… Votre cheminée est reliée au réseau ? Si elle n'a plus de poudre de-

- Elle devait venir en transplanant, lui indiqua Barnabas. Je ne sais pas pourquoi elle a du retard, mais elle devrait être bientôt là. Est-ce que tu veux du thé ?

Megan secoua la tête et s'adossa au mur, les bras croisés. Elle avait attendu huit ans, elle pouvait bien encore attendre quelques minutes.

- Est-ce que vous allez assister à la finale de la coupe du monde ? demanda Matgar aux Boyd avec enthousiasme.

- Évidemment, ce guignol allait y assister. Megan pria pour ne pas l'y croiser.

- Nous, non, mais je sais que Megan a prévu de s'y rendre avec des amis, répondit Roger.

- Fantastique ! se réjouit Barnabas. Nous nous verrons sûrement là-bas !

Megan haussa les sourcils, elle ne voyait pas en quoi cette perspective était fantastique. Toujours murée dans son silence, elle n'écouta que d'une oreille l'éditeur évoquer les plus beaux moments du championnat et ses souvenirs de la précédente Coupe du Monde, avant que Roger ne l'emmène sur le terrain du football et qu'ils se lancent dans un débat sur les chances d'Arsenal à la Premier League. À presque huit heures et demie, Prishka proposa de passer à table. Megan n'avait rien bu ni mangé à l'apéritif, elle avait compté les minutes.

- Anita devrait être arrivée, pourquoi elle n'est pas là ? s'exclama-t-elle.

Les adultes échangèrent des coups d'œil, aucun d'eux n'avait de réponse à lui fournir.

- Je vais lui envoyer une lettre par Scouthibou, dit Barnabas en se dirigeant vers un secrétaire. Elle a dû avoir un empêchement. Commencez donc à dîner, Prishka a préparé une délicieuse tarte aux rognons !

Megan n'avait pas faim, mais un regard des Boyd lui indiqua qu'elle ferait bien d'aller s'asseoir à table.

- Je suis sûr que tout va bien ! lança Matgar d'un ton cajoleur.

Megan lui décocha un regard noir qui le fit pâlir.

Barnabas rédigea un mot court et simple, le confia à un petit hibou gris qui nichait dans la véranda puis rejoignit la table où les convives avaient commencé à souper. La tarte aux rognons était en effet délicieuse, tout le monde en reprit trois fois et il n'en resta pas une miette – Roger se fit un plaisir de finir l'unique part de Megan à laquelle la jeune fille n'avait pas touché. Les bras croisés, le regard fixé sur le vide, elle réfléchissait. Elle avait gardé d'Anita le souvenir de quelqu'un de sérieux et de fiable, elle n'aurait jamais laissé ses hôtes sans nouvelle si elle n'avait pas pu venir. Avait-elle volontairement choisi de ne rien dire, de ne pas venir ? Avait-elle découvert que Megan serait présente et n'avait pas souhaité la revoir ? Après tout, la jeune fille n'avait aucune idée du souvenir que conservait Anita du jour où elles s'étaient vues pour la dernière fois, elle ne savait pas dans quel camp était la nourrice aujourd'hui. À la fin du repas, Megan était en colère. En colère après cette femme qui avait trompé sa confiance et berné ses espoirs, qui avait réduit à néant ses chances de retrouver une fraction de son passé. Elle l'avait abandonnée, comme le jour où elle avait laissé Dumbledore la confier aux Boyd et était partie se réfugier à l'étranger.

La situation aurait difficilement pu être pire, mais alors que Matgar apportait sur la table un gâteau préparé par sa mère, un bruit de claquement leur fit à tous tourner la tête vers la fenêtre. Megan eut l'espoir soudain que c'était une réponse d'Anita au message de Barnabas, mais elle fut presque aussitôt déçue pour la deuxième fois de la soirée par son ancienne nourrice : sur le rebord de la fenêtre, c'était Eleyna qui apportait une lettre.

- C'est ta chouette, Megan, non ? s'étonna Emily.

Sans un mot, la jeune fille se leva et alla détacher la lettre. La réponse de Black était déroutante.

Meganna,

Une Buckley à Gryffondor ? Je sais que personne ne portant ce nom n'y a jamais été envoyé avant toi. Je dois admettre que tu me rappelles quelqu'un.

Je ne prétends pas tout savoir sur tes parents, mais je pense les avoir connus plus longtemps que toi. Meganna, tu n'ignores pas qu'il s'agissait des deux Mangemorts les plus fidèles de Tu-Sais-Qui ? Comprends mon attitude. Je cherche à protéger mon filleul. Harry a suffisamment souffert.

Si tu es dans notre camp, alors tant mieux. Tu as fait le bon choix. Surtout par les temps qui courent… Prends soin de toi et de tes proches, jeune fille.

Sirius

Megan fut traversée par différents sentiments au cours de sa rapide lecture : le doute, l'agacement, la colère, puis le doute encore. Elle voulait rapidement répondre, pour obtenir dès que possible des réponses à ses questions.

- Megan ? appela Emily. Qui t'écrit ? C'est une amie de Poudlard ?

Sans un mot, la jeune fille attrapa un parchemin et une plume sur le secrétaire des Cuffe.

- Megan, qu'est-ce que tu fais ? s'indigna Roger.

Elle écrivit vite, sans chercher à soigner sa lettre.

Qui est-ce que je te rappelle ?

Après tout elle ne connaissait personne qui lui ressemblât.

Je sais qui étaient mes parents, merci. Je sais aussi qu'ils s'étaient détournés de Voldemort quand ils ont été tués (tués par des Mangemorts). Surpris ? Tu vois que tu ne savais pas tout !

Un sourire froid étira les lèvres de la jeune fille. Elle aimait imaginer la réaction de Black en découvrant une vérité qu'il ne soupçonnait pas.

Potter n'a aucun vrai souvenir de la mort de ses parents, c'était encore qu'un bébé, ne me parle pas de sa souffrance. Il ne sait pas ce que c'est que de souffrir, il a tout ce qu'il veut, il n'est pas à plaindre. Arrêtez tous de le voir comme un pauvre petit martyr, c'est ridicule !

Cette fois la main de Megan se mit à trembler et les lettres se tordirent sous la pointe de sa plume dans sa précipitation. Elle ne supportait pas d'entendre qui que ce soit plaindre Potter.

Les temps qui courent ? De quoi tu parles ? Explique.

Megan plia la lettre à la va-vite, la fixa à la patte d'Eleyna, puis se dirigea vers la table pour prendre, sous le regard étonné de tous les autres, une part de gâteau qu'elle donna à sa chouette pour la réconforter avant son prochain grand voyage.

- Sois prudente, pense à te reposer, dit-elle affectueusement à son animal de compagnie.

Eleyna agita les ailes comme pour acquiescer, puis reprit son envol. Megan la regarda de nouveau partir loin d'elle, vers les régions tropicales où s'était retiré le fugitif, puis s'aperçut du coin de l'œil que Roger venait de se saisir de la lettre de Black. Les yeux de la jeune fille s'écarquillèrent – quelle était la probabilité qu'il devine que le « Sirius » qui avait signé le mot était le prétendu assassin fou échappé d'Azkaban que toute la Grande-Bretagne, magique et moldue, recherchait depuis un an ? De toute évidence, elle était élevée, car le regard de l'homme en disait long.

- On parlera de ça à la maison, dit-il à voix basse en rangeant la lettre dans la poche de sa veste.

Les Boyd abrégèrent leur soirée chez les Cuffe, prétextant que Megan était fatiguée. Dans la voiture, sur le court chemin du retour, personne ne dit mot. Mais une fois arrivés à la maison, Roger ferma la porte derrière lui puis fit signe à sa femme et à sa fille adoptive de se rendre dans le salon. Les parents s'assirent sur le canapé, et comme chaque fois qu'ils avaient dû avoir une conversation sérieuse, Megan refusa de prendre place dans le fauteuil qui leur faisait face de l'autre côté de la table basse. Debout, les bras croisés, elle regarda Roger poser la lettre sur la table.

- Tu corresponds avec Sirius Black ?

Sa voix était calme et posée, sans la moindre colère ou inquiétude. On aurait simplement dit qu'il s'intéressait à la question. Megan en fut déstabilisée, elle aurait préféré qu'il lui crie dessus.

- Depuis une semaine, pourquoi ? répondit-elle, sur la défensive.

- Est-ce que tu sais où il se cache ? s'enquit Emily.

- Pour que vous le dénonciez au ministère ?

- Non, bien sûr que non, affirma Roger. Nous savons que Black est innocent de ce dont on l'accuse.

Les émotions de Megan avaient subi beaucoup trop de montagnes russes ce soir. Elle s'assit dans le fauteuil. Comment était possible que quiconque d'autre qu'elle, Ron, Hermione, Potter, Dumbledore, Lupin et Pettigrew connaisse la vérité au sujet de Black ?

- Comment vous l'avez su ? demanda-t-elle, agacée qu'ils aient réussi à la surprendre.

- Dumbledore nous l'a dit, expliqua Emily.

- Pourquoi ?

Quel intérêt le vieux fou avait-il à prévenir deux Cracmols du Wiltshire que le dangereux fugitif dont tous les médias moldus et magiques avaient parlé était en réalité innocent ? Savaient-ils seulement ce qu'était un Animagus ?

- Parce qu'il se doutait que tu serais de nouveau en contact avec lui un jour ou l'autre. Il ne voulait pas que l'on s'inquiète si nous le découvrions. Et il voulait que nous ne nous fassions plus de soucis à l'idée qu'il puisse te faire du mal.

Megan haussa un sourcil.

- Dans cette lettre il dit qu'il veut protéger son filleul, reprit Roger. Harry Potter est en danger ?

- Vous connaissez Potter ?

Le sourcil de Megan s'était levé plus encore.

- Tout le monde connaît Harry Potter, acquiesça Emily. Le Survivant, celui qui a défait Tu-Sais-Qui.

- Bazar, souffla Megan. Depuis quand vous savez ça ?

- Depuis toujours, évidemment. Nous étions jeunes quand Tu-Sais-Qui est arrivé au pouvoir. C'est l'histoire du petit Harry qui a mis fin à la période de terreur.

La jeune fille secoua la tête, incrédule. Elle avait toujours cru que les Boyd avaient vécu comme des Moldus, elle ne pensait pas qu'ils étaient aussi impliqués dans le monde magique.

- Pourquoi Black dit-il qu'il veut protéger Harry ? demanda à nouveau Roger.

- Il croit que je suis un danger pour Potter, répondit Megan.

Et il avait parfaitement raison de croire cela.

- Il connaissait tes parents, dit Roger en se parlant à lui-même. Il ne pouvait pas se douter que tu ne serais pas comme eux.

- Ne parle pas de mes parents, gronda Megan. Et ne crois pas que je sois différente d'eux.

Roger et Emily observèrent leur fille adoptive en silence.

- Tes parents se sont détournés tardivement, Megan…, hasarda Emily.

- Détournés ? répéta la jeune fille en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que… Qu'est-ce que vous savez, exactement ?

Le couple ne se consulta pas du regard. À en croire leur expression, c'était comme s'ils s'étaient attendus depuis longtemps à ce moment.

- Tout, admit Roger. Ou presque. Le fait que tes parents étaient des Mangemorts, pourquoi ils ont été tués, qui tu es, pourquoi Dumbledore a fait en sorte que tu ailles à Gryffondor, la pierre philosophale, la chambre des secrets, les Détraqueurs…

Même sous l'emprise d'un sortilège, Megan n'aurait pas été certaine d'être capable de se lever. Atterrée, elle observait ces deux Cracmols qu'elle croyait ignorants et incapables de comprendre qui elle était et ce qu'elle avait vécu. Mais depuis toutes ces années, ils savaient.

- Dumbledore nous envoie de très fréquentes lettres, expliqua Emily. Pour nous permettre de mieux te comprendre et… de te protéger.

- Vous, me protéger ? Me protéger de quoi ? hoqueta la jeune fille. Si vous savez qui je suis alors vous savez que la seule personne vivante plus puissante que moi, c'est Dumbledore !

- Te protéger de Tu-Sais-Qui. Tu l'as vu, il n'a pas totalement disparu, et il fait tout pour revenir d'une manière ou d'une autre. Et il te veut à ses côtés.

- Évidemment, c'est là qu'est ma place, non ? Son héritière, dit Megan avec un sourire mauvais. Il a tout fait pour que je devienne son bras droit, il m'a offert sa puissance et voulait m'offrir une autre vie que celle que mes parents voulaient pour moi.

- Megan, tu n'as rien à voir avec lui ! sursauta Emily. Il est maléfique et cruel, toi tu es…

La jeune fille haussa un sourcil, attendant la suite. Mais sa mère adoptive ne termina pas sa phrase, semblant incapable de mentir. Megan se leva et se dirigea vers les escaliers pour rejoindre sa chambre.

- Tu-Sais-Qui ne t'apporterait rien de bon, affirma Roger d'un ton sans réplique. Il te détruirait.

- Il l'a déjà fait.