LE RETOUR DE POTTER

- Alors, il en a mangé ? lui demanda Fred d'un ton surexcité en tendant une main à Potter pour l'aider à se relever.

- Oui ! Qu'est-ce que c'était ?

- Des Pralines Longue Langue, répondit Fred d'un air satisfait. C'est George et moi qui les avons inventées. On a cherché quelqu'un tout l'été pour les essayer...

Megan et les Weasley éclatèrent de rire. Potter regarda autour de lui d'un air hagard.

- Comment ça va, Harry ? demanda Charlie en lui tendant une main qu'il serra.

Bill se leva en souriant et serra à son tour la main de Potter qui eut un air vaguement surpris – il n'avait jamais rencontré les aînés des Weasley. Avant qu'ils aient eu le temps de se dire quoi que ce soit, une légère détonation retentit et Arthur surgit de nulle part derrière l'épaule de George. Megan ne l'avait jamais vu aussi furieux.

- Ce n'était pas drôle du tout, Fred ! s'écria-t-il. Qu'est-ce que tu as donné à ce pauvre petit Moldu ?

- Je ne lui ai rien donné du tout, répondit Fred avec un sourire malicieux. J'ai simplement laissé tomber quelque chose... C'est sa faute s'il l'a mangé, je ne lui ai jamais dit de le faire.

- Tu l'as laissé tomber exprès ! rugit son père. Tu savais qu'il allait manger ça, tu savais qu'il était au régime...

- Elle est devenue grande comment, sa langue ? demanda George, avide de savoir.

- Elle avait dépassé un mètre au moment où ses parents ont enfin accepté que j'intervienne.

Megan, les Weasley et Potter éclatèrent à nouveau de rire.

- Ce n'est pas drôle ! s'écria Arthur. Ce genre de comportement compromet gravement les relations entre Moldus et sorciers ! Je passe la moitié de mon temps à essayer de lutter contre les mauvais traitements infligés aux Moldus et mes propres fils...

- Ce n'est pas parce que c'est un Moldu qu'on a fait ça ! protesta Fred d'un ton indigné.

- Non, on l'a fait parce que c'est une grosse brute stupide, dit George. N'est-ce pas, Harry ?

- Oui, c'est vrai, Mr Weasley, approuva Potter d'un air sérieux.

- Ce n'est pas la question ! s'emporta Arthur. Attendez un peu que j'en parle à votre mère...

- Me parler de quoi ? dit une voix derrière eux.

Molly venait d'entrer dans la cuisine, fronçant les sourcils d'un air soupçonneux.

- Oh, bonjour, Harry, mon chéri, dit-elle avec un grand sourire dès qu'elle le vit.

Puis elle tourna à nouveau les yeux vers son mari.

- Alors, de quoi voulais-tu me parler, Arthur ? Insista-t-elle.

Arthur hésita. Bien sûr, en dépit de sa colère, il n'avait jamais eu véritablement l'intention de raconter à sa femme ce qui s'était passé – surtout après l'épisode mouvementé de la veille engendré par les bons de commande. Il y eut un silence pendant lequel Arthur regarda Molly d'un air embarrassé. Hermione et Ginny apparurent alors à la porte de la cuisine, derrière Molly. Toutes deux adressèrent un sourire à Potter et, lorsque celui-ci leur sourit à son tour, Ginny devint écarlate – elle était inexplicablement sous le charme du garçon.

- De quoi voulais-tu me parler, Arthur ? répéta la maîtresse de maison d'un ton qui ne présageait rien de bon.

- Ce n'est rien, Molly, marmonna Arthur. Fred et George ont simplement... Mais je me suis déjà expliqué avec eux...

- Qu'est-ce qu'ils ont fait, cette fois-ci ? demanda Molly. Si ça concerne les Farces pour sorciers facétieux...

- Tu devrais montrer à Potter où il va dormir, Ron, lança Megan pour éviter d'assister à une nouvelle scène.

- Il sait déjà où il va dormir, répondit Ron. Dans ma chambre, c'est là qu'il a dormi la dernière...

- On ferait peut-être bien d'y aller tous ensemble, proposa judicieusement Hermione.

- D'accord, dit Ron, comprenant où elles voulaient en venir. Allons-y.

- On va y aller aussi, dit George.

- Tu restes où tu es ! ordonna sa mère avec colère.

Megan, Ron, Hermione, Ginny et Potter suivirent l'étroit couloir et montèrent l'escalier branlant qui s'élevait en zigzag dans les étages.

- Qu'est-ce que c'est, les Farces pour sorciers facétieux ? demanda Potter tandis qu'ils grimpaient les marches.

Megan, Ron et Ginny éclatèrent de rire, mais pas Hermione.

En rangeant la chambre de Fred et George, maman a trouvé une pile de bons de commande au nom de « Weasley, Farces pour sorciers facétieux », expliqua Ron à voix basse. Il y avait toute une liste de prix pour des trucs qu'ils ont inventés, genre fausses baguettes magiques, bonbons farceurs, et des tas d'autres choses pour faire des blagues. C'était fantastique, je ne savais pas qu'ils avaient inventé tout ça...

- Ça fait des années qu'on entend des explosions dans leur chambre, mais on n'avait jamais pensé qu'ils fabriquaient vraiment quelque chose, dit Ginny. On croyait qu'ils aimaient simplement faire du bruit.

- L'ennui, c'est que la plupart de ces machins-là - tous, en fait - étaient un peu dangereux, poursuivit Ron. Ils avaient l'intention de vendre ça à Poudlard pour se faire un peu d'argent et maman était folle de rage. Elle leur a interdit de continuer et elle a brûlé tous les bons de commande... De toute façon, elle est furieuse contre eux. Ils n'ont pas eu autant de BUSE qu'elle aurait voulu.

- Elle veut qu'ils intègrent le ministère de la magie comme Arthur, après Poudlard, ajouta Megan en levant les yeux au ciel. Alors qu'ils préféreraient ouvrir une boutique de farces et attrapes. Elle se met à hurler quand le sujet est abordé, comme hier…

À cet instant, une porte s'ouvrit au deuxième étage et une tête avec des lunettes d'écaille et un air exaspéré apparut dans l'entrebâillement.

- Salut, Percy, lança Potter.

- Oh, bonjour, Harry. Je me demandais qui faisait tout ce bruit. J'essaye de travailler, moi, figurez-vous. J'ai un rapport à finir et il n'est pas très facile de se concentrer quand il y a des gens qui s'amusent à sauter dans l'escalier.

- On ne saute pas, répliqua Ron avec mauvaise humeur, on monte les marches. Désolé d'avoir perturbé les travaux top secrets du ministère de la Magie.

- Sur quoi tu travailles ? demanda Potter, au grand dam de Megan.

- Sur un rapport pour le Département de la coopération magique internationale, répondit Percy d'un air important. Nous essayons d'établir des normes standards pour l'épaisseur des fonds de chaudron. Certains matériels d'importation sont un peu trop fins. On a enregistré un taux d'augmentation de trois pour cent des fuites en un an.

- Voilà un rapport qui va changer la face du monde, c'est sûr, plaisanta Megan. À mon avis, les fuites dans les chaudrons, ça devrait faire la une de la Gazette du Sorcier.

Le teint de Percy rosit légèrement.

- Tu peux toujours te moquer, Megan, dit-il d'un ton enflammé, mais si on n'impose pas un règlement international, le marché sera bientôt inondé de produits dont le fond sera trop mince, donc fragile, ce qui représentera un sérieux danger pour...

- Ouais, ouais, d'accord, le coupa Megan en continuant à monter les marches tandis que Percy claquait la porte de sa chambre.

Un instant plus tard, des cris retentirent dans la cuisine. Apparemment, Arthur avait parlé des pralines à Molly. Les jumeaux allaient passer un sale quart d'heure – encore.

Lorsqu'ils entrèrent dans la chambre de Ron, son minuscule hibou gris se mit à sautiller comme un fou dans sa cage et à pousser de petits cris surexcités.

- Tais-toi, Pig, dit Ron en se faufilant entre deux des quatre lits qu'on avait réussi à caser dans la pièce. Fred et George vont dormir avec nous parce que Bill et Charlie occupent leur chambre, dit-il à Potter. Percy tient à garder la sienne pour lui tout seul à cause de son travail.

- Heu... Pourquoi appelles-tu ton hibou « Pig » ? s'enquit Potter.

- Parce qu'il est bête, dit Ginny. Son vrai nom, c'est Pigwidgeon.

- Oui, et ça, c'est un nom pas bête du tout, puisque c'est Ginny qui l'a trouvé, répliqua Ron d'un ton sarcastique. Elle pense que c'est très mignon. J'ai essayé de le changer mais c'était trop tard, il refuse de répondre à un autre nom. Alors, maintenant, c'est Pig. Je suis obligé de le garder ici, sinon, il embête Eleyna, Errol et Hermès. Moi aussi, il m'embête, d'ailleurs.

Pigwidgeon voleta joyeusement dans sa cage en lançant des ululements suraigus.

- Où est Crookshanks ? demanda Potter à Hermione.

- Dans le jardin, je suppose, répondit-elle. Il aime bien poursuivre les gnomes, il n'en avait jamais vu avant.

- Maman ne veut pas trop qu'il traîne dans la maison depuis qu'il a mangé Scabers, ajouta Ginny. Elle a peur qu'il s'attaque à un autre de nos animaux de compagnie.

Megan, Ron, Hermione et Potter échangèrent un regard : Ginny et les autres Weasley ne savaient pas que Scabers était en vie, sous sa véritable forme humaine. Dans l'impossibilité de raconter la vérité sur son rat à sa famille, Ron avait dû confirmer à ses parents qu'il avait été la victime du chat de Hermione, et que cette dernière lui avait offert un hibou pour se faire pardonner. Hermione était particulièrement frustrée de devoir soutenir cette version qui incriminait Crookshanks.

- Alors, ça lui plaît le travail, à Percy ? dit Potter en s'asseyant sur le lit de Ron.

- Ça lui plaît ? Tu plaisantes, répondit Ron d'un air sombre. Si papa ne l'y obligeait pas, il ne rentrerait plus à la maison. Le travail, c'est une obsession, chez lui. Surtout, ne lui parle pas de son patron, sinon, tu n'en auras jamais fini. D'après Mr Crouch... Comme je le faisais remarquer à Mr Crouch... Mr Crouch pense que... Mr Crouch m'a dit... Si ça continue comme ça, bientôt, ils annonceront leurs fiançailles.

- Tu as passé de bonnes vacances, Harry ? demanda Hermione. Tu as reçu les colis de nourriture ?

Megan n'avait aucune idée de ce dont ils parlaient.

- Oui, merci beaucoup. Ces gâteaux m'ont sauvé la vie.

- Et est-ce que tu as eu des nouvelles de..., commença Ron, mais un regard d'Hermione le fit taire.

Megan savait qu'il s'apprêtait à lui demander des nouvelles de Sirius, mais il n'aurait pas été très judicieux de parler de lui devant Ginny. Car, à part eux et le professeur Dumbledore, personne ne savait comment Sirius avait réussi à s'enfuir et personne ne croyait à son innocence. À en juger par le regard intrigué qu'elle lança à Ron et à Potter, Ginny avait compris qu'on lui cachait quelque chose.

- Je crois qu'ils ont cessé de se disputer, dit Hermione pour essayer de dissiper ce moment de gêne. Si nous allions aider ta mère à préparer le dîner ?

- Ouais, d'accord, dit Ron.

Ils redescendirent tous les cinq et retrouvèrent Molly, seule dans la cuisine, l'air de très mauvaise humeur.

- On va dîner dans le jardin, dit-elle dès qu'elle les vit entrer. Il n'y a pas assez de place pour douze personnes, ici. Pourriez-vous emporter les assiettes dehors, les filles ? Bill et Charlie sont en train d'installer les tables. Vous vous occuperez des couverts, tous les deux, ajouta-t-elle sèchement à l'adresse de Ron et de Potter.

Megan et Hermione s'empressèrent d'emporter la pile vacillante d'assiettes loin de l'agressivité de Molly dont la voix furieuse les suivit jusqu'à ce qu'elles arrivent dans le jardin. Bill et Charlie avaient une manière bien à eux de participer à la préparation du repas, faisant voler à bonne hauteur au-dessus de la pelouse deux vieilles tables délabrées qu'ils projetaient l'une contre l'autre dans des chocs furieux, essayant d'envoyer à terre celle de l'adversaire. Les rires de Megan se joignirent à ceux de Ginny tandis que Fred et George applaudissaient à tout rompre. Hermione, elle, semblait partagée entre l'amusement et l'appréhension. Soudain, la table de Bill heurta celle de Charlie avec un grand bruit et brisa un de ses pieds. Ils entendirent alors une fenêtre s'ouvrir au-dessus d'eux et virent la tête de Percy apparaître au deuxième étage.

- Vous voudriez bien vous calmer un peu ? Cria-t-il.

- Désolé, Perce, dit Bill avec un sourire. Comment vont les fonds de chaudron ?

- Très mal, répliqua Percy avec mauvaise humeur avant de refermer la fenêtre d'un coup sec.

Pouffant de rire, Bill et Charlie ramenèrent en douceur les tables sur la pelouse et les disposèrent dans le prolongement l'une de l'autre. D'un coup de baguette magique, Bill répara le pied cassé et fit apparaître des nappes venues de nulle part.

Aux alentours de sept heures, les deux tables ployaient sous les quantités de plats succulents qu'avait préparés Molly, et les neuf Weasley, ainsi que Megan, Hermione et Potter, s'installèrent pour dîner sous un ciel bleu dépourvu du moindre nuage. Potter avait un air béat et mangeait comme six tandis que Percy, à l'autre bout de la table, exposait en détail à son père le contenu de son rapport sur l'épaisseur des fonds de chaudron.

- J'ai dit à Mr Crouch qu'il serait prêt mardi prochain, expliquait-il d'un ton suffisant. Il ne l'attendait pas si tôt, mais j'aime faire les choses le mieux possible. Je pense qu'il me sera reconnaissant d'avoir terminé dans des délais aussi brefs. Nous avons énormément de travail, dans notre service, à cause de la préparation de la Coupe du Monde. Malheureusement nous n'avons pas tout le soutien que nous aurions pu espérer de la part du Département des jeux et sports magiques. Ludo Bagman...

- J'aime bien Ludo, dit Arthur d'une voix douce. C'est lui qui nous a obtenu les billets pour la Coupe. Je lui ai rendu un petit service : son frère Otto a eu quelques ennuis, une histoire de tondeuse à gazon dotée de pouvoirs surnaturels, je me suis arrangé pour qu'il n'y ait pas de suites.

- Oh, Bagman est sympathique, bien sûr, dit Percy d'un ton dédaigneux, mais de là à devenir directeur d'un département... Quand je le compare à Mr Crouch ! Je n'imagine pas Mr Crouch constatant la disparition d'un membre de notre service sans se soucier de savoir ce qu'il est devenu. Est-ce que tu te rends compte que Bertha Jorkins est absente depuis un mois, maintenant ?

Megan s'arrêta soudain de manger pour écouter ce qu'il se disait.

- Elle est allée en vacances en Albanie et elle n'est jamais revenue, poursuivait Percy.

- Oui, j'ai posé la question à Ludo, répondit Arthur en fronçant les sourcils. Il dit que Bertha se perd très souvent, mais je dois reconnaître que, s'il s'agissait de quelqu'un travaillant dans mon département, je me ferais du souci...

- Oh, Bertha est incorrigible, c'est vrai, dit Percy. On m'a dit qu'elle a été mutée de service en service pendant des années, qu'elle apporte beaucoup plus d'ennuis que d'avantages... mais quand même, Bagman devrait essayer de la retrouver. Mr Crouch s'est personnellement intéressé à l'affaire – elle a travaillé dans notre département pendant un certain temps et je crois qu'il l'aimait beaucoup – mais chaque fois qu'il lui en parle, Bagman éclate de rire en disant qu'elle n'a sans doute pas su lire la carte et qu'elle a dû se retrouver en Australie plutôt qu'en Albanie. Enfin, quand même...

Percy poussa un soupir impressionnant et but une longue gorgée de vin de sureau.

- Nous avons suffisamment de pain sur la planche au Département de la coopération magique internationale pour ne pas nous occuper en plus de retrouver les membres des autres services. Comme tu le sais, nous avons un autre grand événement à organiser, juste après la Coupe du Monde.

Il s'éclaircit la gorge d'un air important et tourna son regard vers l'autre extrémité de la table où Megan, Ron, Hermione et Potter étaient assis.

- Tu sais de quoi je veux parler, père.

Il éleva légèrement la voix pour ajouter :

- Celui qui est top secret.

Ron leva les yeux au ciel et marmonna à l'adresse des trois autres :

- Depuis qu'il a commencé à travailler, il fait tout pour qu'on lui demande quel est ce grand événement si secret. Sans doute une exposition de chaudrons à fond épais.

Percy cessa de parler de Bertha Jorkins et Megan fut happée par la conversation qu'avaient les jumeaux et Charlie au sujet de la Coupe du Monde.

- C'est l'Irlande qui va gagner, disait Charlie d'une voix pâteuse, la bouche pleine de pommes de terre. Ils ont écrasé le Pérou en demi-finale.

- Oui, mais chez les Bulgares, il y a Viktor Krum, fit remarquer Fred.

- Krum est le seul bon joueur de son équipe, l'Irlande, elle, en a sept, intervint Megan d'un ton sans réplique.

- J'aurais bien aimé que l'Angleterre arrive en finale, soupira Charlie. Il n'y a pas de quoi être fier, on peut le dire.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda vivement Potter, émergeant de son état de visible béatitude.

- Elle s'est fait battre trois cent quatre-vingt-dix à dix par la Transylvanie, répondit Charlie d'un air sombre. Vraiment lamentable. Le pays de Galles a perdu contre l'Ouganda et l'Écosse a été écrasée par le Luxembourg.

D'un coup de baguette magique, Arthur fit apparaître des chandelles pour éclairer le jardin assombri par le crépuscule.

- Moi, ce qui m'inquiète, c'est votre sécurité, affirma Molly en fronçant les sourcils. Depuis quelques temps on dirait que le monde entier a oublié Sirius Black, alors qu'il est toujours dans la nature. Qui sait s'il ne va pas profiter de la Coupe pour organiser une nouvelle tuerie ?

- Le ministère a déployé un important dispositif pour protéger l'événement, la rassura Arthur. Si Black s'aventurait à proximité du stade, il aurait la quasi-totalité du ministère sur le dos. Je ne pense pas qu'il tentera quoi que ce soit.

- On sait qu'il est fou, objecta sa femme. L'année dernière, il s'est introduit plusieurs fois à Poudlard malgré les Détraqueurs ! Oh bien sûr je détestais ces horribles créatures, mais je n'arrive pas à croire qu'il n'y ait plus rien de prévu pour protéger l'école cette année. Harry…

- Je ne suis pas inquiet, Mrs Weasley, affirma résolument Potter. Je suis sûr que Sirius Black ne s'approchera plus de Poudlard, maintenant, d'ailleurs il a été aperçu plusieurs fois en dehors de l'Europe !

- Oui, c'est pour ça que le ministère a allégé les mesures, acquiesça Arthur. Il semblerait que le fait d'avoir été capturé l'année dernière a suffi à l'effrayer, même s'il a réussi à s'échapper encore une fois. Et puis, Détraqueurs ou pas, Dumbledore veille sur Poudlard, je ne suis pas inquiet.

- Nous garderons un œil sur Harry pendant la Coupe, maman, ajouta Bill d'un ton rassurant avant de faire un clin d'œil à Potter.

Puis le dessert fut servi (glace à la fraise maison) et, lorsqu'ils eurent fini de dîner, des papillons de nuit se mirent à voleter au-dessus de la table tandis que l'air tiède se parfumait d'une odeur d'herbe et de chèvrefeuille. Ron jeta un coup d'œil le long de la table pour s'assurer que le reste de la famille était occupé à parler de choses et d'autres, puis il se tourna vers Potter et lui dit à voix très basse :

- Alors... Tu as eu des nouvelles de Sirius, ces temps-ci ?

Megan et Hermione se penchèrent aussitôt pour écouter attentivement.

- Oui, murmura Potter. Deux lettres. Il a l'air d'aller bien. Je lui ai écrit avant-hier. Il me répondra peut‑être pendant que je serai encore ici.

- Vous avez vu l'heure qu'il est ? dit soudain Molly en regardant sa montre. Vous devriez tous être au lit, il faudra se lever à l'aube pour aller à la Coupe du Monde. Harry, si tu me donnes ta liste, je pourrai acheter ton matériel scolaire demain, sur le Chemin de traverse. Je vais chercher les affaires de tout le monde. Vous n'aurez peut-être pas le temps d'y aller vous-mêmes, après la Coupe. La dernière fois, le match a duré cinq jours.

- Wouaoh ! J'espère que ce sera la même chose cette année ! s'exclama Potter avec enthousiasme.

- Pas moi, dit Percy d'un ton sentencieux. Je n'ose pas imaginer tout le travail qui m'attendrait au bureau si je devais m'absenter cinq jours.

- Oui, peut-être que tu trouverais encore de la bouse de dragon sur tes dossiers, hein, Perce ? lança Fred.

- Il s'agissait d'un échantillon d'engrais en provenance de Norvège ! répliqua Percy dont le teint était devenu écarlate. Ce n'était pas moi qui étais visé !

Megan sourit, elle savait que Percy avait en effet été la cible, car c'étaient Fred et George qui la lui avait envoyée.