LES QUATRE CHAMPIONS

Megan n'était jamais tombée du haut d'un escalier, mais en cet instant précis, elle était certaine de la sensation que l'on devait ressentir. La déception qu'elle ressentait lui infligeait une douleur physique, et la colère lui vibrait dans la tête. Tous les regards s'étaient tournés vers Potter, qui restait immobile, l'air bête. Il n'y eut pas le moindre applaudissement. Une sorte de bourdonnement, comme celui d'un essaim d'abeilles en colère, montait peu à peu dans la Grande Salle. Certains s'étaient levés pour mieux voir Potter figé sur sa chaise.

À la Grande Table, le professeur McGonagall se dressa d'un bond et se précipita pour murmurer quelque chose à l'oreille du professeur Dumbledore qui fronça légèrement les sourcils. Potter se tourna vers Megan, Ron et Hermione. Comment était-ce possible ? hurlait Megan dans sa tête. Pourquoi Potter ? Comment la Coupe avait-elle pu le choisir lui ? Ce petit idiot qui savait à peine lancer un sort sans s'arracher un bras !

- Je n'ai pas mis mon nom dans la Coupe, dit-il avec un air de totale incompréhension. Je n'ai rien fait, vous le savez bien.

Évidemment qu'il n'avait pas mis son nom dans la Coupe ! Comment aurait-il pu ? Il n'était pas capable de lancer le sortilège de l'Imperium, ni n'importe quel autre sort utile, ou de fabriquer une potion correcte !

À la Grande Table, le professeur Dumbledore adressa un signe de tête approbateur au professeur McGonagall.

- Harry Potter ! répéta-t-il. Harry ! Venez ici, s'il vous plaît !

- Vas-y, murmura Hermione en le poussant avec douceur.

Potter se leva, se prit les pieds dans l'ourlet de sa robe de sorcier et trébucha légèrement. Megan serra les dents. Il s'avança entre les tables de Gryffondor et de Poufsouffle. Megan aurait aimé lui lancer un sort, voire le tuer sur le coup.

- Dans la pièce voisine, Harry, dit Dumbledore sans le moindre sourire.

Tout le monde regarda Potter longer la table et se rendre dans la pièce voisine. Dès qu'il eut disparu, le bourdonnement des conversations reprit de plus belle. La Coupe de Feu avait choisi quatre champions, dont un jeune incompétent.

Ludo Bagman se pencha vers Mr Crouch, murmura quelque chose sur un ton précipité, puis se rendit à son tour dans la pièce voisine. À la lueur des chandelles, Megan s'aperçut qu'un large sourire ravi s'étalait sur son visage. Quel crétin.

Dumbledore se leva et le silence se fit petit à petit.

- Maintenant que les champions ont été désignés, dit-il d'une voix forte, comme si le déroulement de la sélection avait suivi un cours parfaitement normal, il est temps pour vous de rejoindre vos lits. Bonne soirée !

Un brouhaha envahit la Grande Salle tandis que les élèves rejoignaient leurs dortoirs. Pendant ce temps, Dumbledore, Mr Crouch, Karkaroff, Madame Maxime, McGonagall et Snape se dirigeaient à leur tour vers la salle où patientaient les « quatre champions » tandis que les autres professeurs chassaient les élèves de la salle. Mais à en juger par leurs regards, ils étaient aussi abasourdis que les élèves.

Ron et Hermione ne parlaient pas, regardant devant eux en silence, les yeux écarquillés. Megan n'entendait pas les cris d'engouement ou de protestations des autres élèves autour d'elle. Elle se laissait balloter dans l'escalier vers la salle commune. Il lui paraissait tellement abasourdissant qu'elle n'ait pas été choisie. Comment Potter pouvait-il mieux réussir qu'elle ? Cedric, c'était une chose : il était en septième année, doué, intelligent… mais Potter ! Il devait y avoir une explication logique, il le fallait.

Avançant plus lentement que les autres, Megan, Ron et Hermione arrivèrent parmi les derniers dans la salle commune. À leur grand ahurissement, tous les élèves de Gryffondor arboraient une mine réjouie, ils descendaient de leurs dortoirs bièraubeurres, jus de citrouille, friandises, gâteaux… Lee Jordan avait déniché quelque part une bannière de Gryffondor qu'il étendit sur un mur de la salle, les conversations allaient bon train, tout le monde semblait ravi de la tournure des événements.

Une femme maigre à l'air revêche apparut alors dans un des cadres de la salle. Megan reconnut Violette, une amie de la Grosse Dame.

- Écoutez ! lança-t-elle, attirant l'attention de tous les élèves. Dumbledore a accepté que Harry Potter participe au Tournoi ! Il y aura quatre champions, cette année.

Une explosion de joie retentit dans la salle commune, comme si Gryffondor venant de remporter la Coupe de Quidditch.

- Je vais me coucher, grogna Ron sans accorder un regard aux deux filles.

- Moi aussi, ajouta sombrement Megan en prenant la direction de l'escalier.

- On n'attend pas le retour de Harry ? s'enquit Hermione.

- Sans moi.

Tandis que Megan gravissait les marches menant à son dortoir, elle entendit le son des pas précipités de Hermione derrière elle : son amie ne semblait pas vouloir attendre Potter seule. Le dortoir était vide lorsqu'elles y arrivèrent, leurs camarades de chambre étant toujours en bas avec les autres.

- Tout le monde croit qu'il a réussi à mettre son nom dans la Coupe, commenta Hermione, angoissée, en mettant son pyjama.

- Pas toi ? s'enquit Megan.

- Non, bien sûr que non, tu l'as entendu, et puis Harry n'aurait jamais fait ça, Dumbledore l'avait interdit… et c'est tellement dangereux… Il pourrait se faire tuer…

Ce qui, très honnêtement, réjouirait Megan.

Lorsqu'elle rejoignit enfin son lit, la jeune fille était tourmentée. Elle ne pouvait fermer les yeux sans revivre inlassablement cette abominable scène, sans entendre la voix de Dumbledore appeler Potter. C'était tellement injuste. Le sommeil de Megan en fut atteint. Elle se vit, impuissante, assister à la victoire de Potter qui brandissait le trophée en la frappant à la tête, elle vit Kevan, Cedric et Dumbledore la regarder d'un air désapprobateur, tandis que Penelope Deauclaire pleurait à leurs pieds et que Percy – qui arborait la moustache de Mr Crouch – lui hurlait dessus.

À son réveil, Megan sentit comme une main invisible étreindre son cœur, la faisant suffoquer. Comment la situation avait-elle pu ainsi dégénérer ? Comment était-il possible que tout déraille sans arrêt depuis quatre ans ? Sans réfléchir, Megan se leva et s'empara d'une plume et d'un parchemin.

Sirius,

Tu voulais savoir ce qui se passe de bizarre ? Rien à voir avec Voldemort, mais Potter a été choisi comme deuxième champion de Poudlard pour le Tournoi des Trois Sorciers. Oui, deuxième champion oui, Potter. Il y a quelque chose là-dessous.

Soit dit en passant, Igor Karkaroff, le directeur de Durmstrang, est à Poudlard. Tu en sais peut-être plus que moi sur lui, qui est-ce vraiment ? Je suis sûre qu'il a un lien avec les Mangemorts, Fol Œil le regarde assez mal.

Megan

- Qu'est-ce que tu fais ?

Hermione était réveillée, désormais.

- J'écris à un ami, répondit Megan d'un ton naturel. On va déjeuner ?

La salle commune était presque vide, la bannière de Lee n'était plus étendue sur le mur, et il n'y avait plus trace du festin qui y avait eu lieu la veille : les elfes de maison avaient bien fait leur travail. Mais la Grande Salle, elle, était débordante d'élèves enjoués qui commentaient avec enthousiasme les événements de la veille.

À la table de Gryffondor, Ron prenait son petit déjeuner avec Longbottom, qui lui racontait qu'il n'arrivait plus à retrouver aucune de ses paires de chaussettes.

- Tu n'es pas avec Harry ? s'étonna Hermione en s'asseyant à côté de Longbottom, en face de Megan.

- Non, répondit sèchement Ron sans la regarder.

Megan échangea un regard avec son amie : de toute évidence, Ron était furieux et ne semblait pas disposé à parler. Mais ce n'était pas Megan qui allait prier le garçon de se remettre de ce qui s'était passé. Elle préféra laisser Hermione se disputer avec lui, et se retourna vers les jumeaux Weasley, assis un peu plus loin sur sa droite.

- Des nouvelles ? demanda-t-elle.

- De Bagman ? On l'a croisé dans un couloir, tout à l'heure, répondit George. Mais il devait a priori voir urgemment Dumbledore.

- Il vous évite, en déduisit froidement Megan. Mais il ne va pas pouvoir se défiler indéfiniment. Je vais essayer de lui « parler ».

Fred eut un sourire amusé.

- Essaye de ne pas trop l'abîmer, rit-il. Poudlard a besoin de lui pour le déroulement du Tournoi.

- Vu comme c'est parti…, marmonna Megan.

- Tu aurais pu nous dire que Harry avait trouvé un autre moyen de mettre son nom dans la Coupe ! lança George avec un sourire contrit.

- Vous pensez vraiment que c'est lui qui l'a fait ? s'agaça Megan.

Hermione la tira alors par le bras. Elle tenait une pile de toasts enveloppés dans une serviette de table. Megan fronça les sourcils.

- Viens, on va aller chercher Harry.

- Non, merci, répondit la jeune fille qui préférait mille fois dire du mal de Bagman avec les jumeaux que supporter la présence de Potter.

- Il ne va sûrement pas vouloir prendre son petit-déjeuner ici, surtout à cause de Ron… Je voudrais le voir pour discuter.

- Pas moi, répliqua Megan.

- Si, je veux que tu viennes ! insista Hermione.

- Tu ne veux pas te retrouver seule avec lui ou quoi ?

Elle eut la surprise de voir une lueur d'hésitation passer dans les yeux de sa meilleure amie.

- Aller, et il nous racontera ce qui s'est passé hier dans la salle…, la pria la jeune fille.

Megan poussa un profond soupir exaspéré. Après tout, peut-être qu'elle avait envie d'entendre ce que Potter avait à dire au sujet de sa sélection comme quatrième champion du Tournoi des trois sorciers.

- On se voit plus tard, soupira-t-elle en pressant la main de George qui était à sa portée.

Avec mauvaise grâce, elle suivit Hermione vers la salle commune de Gryffondor. Au moment où elles arrivaient devant le portrait de la Grosse Dame, celui-ci s'ouvrit et elles se retrouvèrent nez-à-nez avec Potter.

- Salut, dit Hermione. On t'a apporté ça…, ajouta-t-elle en levant sa pile de toasts. Tu veux aller faire un tour ?

- Bonne idée, répondit Potter, l'air reconnaissant mais surpris de la présence de Megan.

Ils descendirent l'escalier, traversèrent rapidement le hall d'entrée sans jeter le moindre coup d'œil dans la Grande Salle et sortirent du château en prenant la direction du lac. Le vaisseau de Durmstrang, amarré à la rive, projetait son ombre noire à la surface de l'eau. C'était une matinée fraîche et ils marchèrent d'un pas vif en mâchonnant leurs toasts, tandis que Potter se lançait dans un récit des événements de la veille :

- Quand je suis arrivé dans la salle, les autres croyaient que je venais leur donner des instructions. Moi, évidemment, je ne savais pas quoi leur dire… Et puis Bagman est arrivé – il avait l'air ravi – et il leur a expliqué. Cette fille française, Fleur Delacour, s'est énervée, et puis Madame Maxime et Karkaroff se sont énervés aussi, et Snape s'est mis à m'accuser d'avoir violé le règlement… Mais je leur ai dit que je n'avais pas mis mon nom dans la Coupe, ni demandé à un élève plus âgé de le faire à ma place…

Megan sourcilla elle n'aurait pas été la seule à avoir cette idée ?

- Dumbledore m'a cru, McGonagall et Maugrey aussi, poursuivait Potter, mais pas Cedric... Et Mr Crouch a dit que j'étais obligé de participer au tournoi, que c'étaient les règles.

Hermione eut l'air aussitôt très inquiète.

- Mais Maugrey a considéré que quelqu'un avait dû me piéger. Il a dit que la personne qui a mis mon nom dans la coupe devait être très puissant pour pouvoir l'embrouiller, et que ce n'était pas n'importe qui qui aurait pu faire ça… Et quand ils ont eu fini de se disputer pour déterminer si oui ou non c'était un scandale, Mr Crouch nous a donné les instructions pour la première tâche : on n'a pas le droit de savoir ce que c'est, on ne peut pas demander de l'aide aux autres, et on n'aura le droit qu'à notre baguette magique. Je vous assure, je n'ai rien fait pour être sélectionné, rien !

Megan était pensive. Si Potter avait été capable de contourner l'interdiction, il s'en serait probablement vanté, au moins auprès de ses amis. Cette nouvelle apaisa quelque peu sa frustration : Potter n'avait pas su se montrer plus doué qu'elle. Cela ne changeait rien au fait qu'il était champion et pas elle, mais elle le vivait quelque peu mieux. Restait désormais à élucider ce mystère.

- Je savais bien que tu n'avais pas déposé ton nom toi-même, affirma Hermione. Il fallait voir ta tête quand Dumbledore a prononcé ton nom ! Mais la question est de savoir qui l'a déposé à ta place. Maugrey a raison, Harry... Je ne crois pas qu'un élève en ait été capable... Aucun d'entre eux n'aurait pu tromper la vigilance de la Coupe de Feu, ni franchir la...

- Est-ce que vous avez vu Ron ? l'interrompit Potter tandis que Megan se réjouissait en son for intérieur d'avoir, elle, pu tromper la vigilance de la Coupe.

Hermione jeta un coup d'œil à sa meilleure amie et hésita, mais l'autre répondit aussitôt :

- Il prend son petit déjeuner dans la Grande Salle.

- Il croit toujours que c'est moi qui ai mis mon nom dans la Coupe ?

- Non... je ne pense pas... il ne le croit pas vraiment, expliqua Hermione d'un air gêné.

- Qu'est-ce que ça veut dire, pas vraiment ?

- Sérieusement, Potter, c'est pourtant évident ! s'exclama Megan, exaspérée. Il est jaloux !

- Jaloux ? répéta Potter, l'air incrédule. Jaloux de quoi ? Il a envie de se ridiculiser à ma place devant toute l'école ?

- Ouvre les yeux, reprit Megan d'un ton impatient, c'est toujours toi qui attires l'attention, ça a bien dû traverser ton esprit étroit un jour, non ?

- On sait bien que ce n'est pas ta faute, précisa précipitamment Hermione en voyant Potter ouvrir la bouche d'un air furieux. On sait que tu n'y es pour rien, mais enfin...

- Ron doit déjà subir la concurrence de ses frères à la maison, continua Megan, profondément agacée, et, ici, il reste toujours dans l'ombre parce que c'est toi, son meilleur ami, qui es célèbre et qui attires tous les regards ! D'habitude, il le supporte sans rien dire, mais là, c'était une fois de trop.

- C'est parfait, répliqua Potter d'un ton amer. Vraiment parfait. Vous pourrez lui dire de ma part que je suis prêt à échanger ma place avec lui quand il voudra. Dîtes-lui que j'en serais ravi... Il verra si c'est tellement agréable... les gens qui ouvrent des yeux ronds en regardant mon front partout où je vais...

- On ne va rien lui dire ! assura Megan. Tu n'as qu'à le faire toi-même.

- C'est la seule façon de régler la question, acquiesça Hermione.

- Je n'ai pas l'intention de lui courir après pour essayer de le faire grandir ! s'exclama Potter d'une voix si forte que plusieurs hiboux perchés dans un arbre proche s'envolèrent dans un mouvement de panique. Peut-être sera-t-il enfin convaincu que ce n'est pas une partie de plaisir le jour où je me serai rompu le cou ou que...

- Ce n'est pas drôle, dit Hermione à voix basse. Pas drôle du tout.

Elle avait l'air inquiet. Megan leva les yeux au ciel.

- Harry, j'ai pensé à quelque chose..., reprit Hermione. Tu sais ce qu'on devrait faire ? Dès qu'on sera rentrés au château ?

- Ouais, donner à Ron un bon coup de pied dans le...

- Écrire à Sirius, le coupa Hermione. Tu dois absolument lui dire ce qui est arrivé. Il t'a demandé de le tenir au courant de tout ce qui se passe à Poudlard... Comme s'il s'attendait à quelque chose dans ce genre-là.

Megan constata avec intérêt que Hermione avait eu la même idée qu'elle – bien qu'un peu plus tardivement. Elle ne crut cependant pas utile de leur dire qu'elle en avait déjà informé l'évadé : elle ne voulait pas discuter avec eux de sa correspondance.

- J'ai un parchemin et une plume..., poursuivit Hermione en esquissant un mouvement vers son sac.

- Laisse tomber, la coupa Potter en jetant un regard autour de lui, comme pour vérifier que personne ne pouvait les entendre – mais le parc était désert. Il est revenu ici parce que ma cicatrice me faisait un peu mal. Si jamais je lui dis que quelqu'un m'a inscrit au Tournoi des Trois Sorciers, il va sans doute se précipiter au château...

Trop tard, pensa Megan.

- C'est justement ce genre de choses qu'il veut savoir, répliqua Hermione d'un ton grave. De toute façon, il l'apprendra forcément...

- Comment ?

- Ce n'est pas le genre de nouvelle qui va rester secrète, lui fit remarquer Megan. Ce tournoi est un événement attendu et toi, tu es déjà célèbre. Ça m'étonnerait qu'il n'y ait pas un article sur ta participation dans la Gazette du Sorcier... On parle déjà de toi dans la moitié des livres consacrés à Voldemort...

- Et Sirius préférerait l'apprendre par toi, j'en suis sûre, ajouta Hermione, qui avait grimacé à l'énonciation du nom redouté.

- D'accord, d'accord, je vais lui écrire, soupira Potter en jetant dans le lac son dernier morceau de toast.

Il flotta un instant à la surface puis un grand tentacule émergea et l'emporta au fond de l'eau. Megan, Hermione et Potter retournèrent au château.

- Qu'est-ce que je vais prendre comme hibou ? demanda Potter tandis qu'ils montaient les marches. Il m'a dit de ne plus utiliser Hedwige.

- Demande à Ron si tu peux lui emprunter...

- Je ne demanderai rien du tout à Ron, dit sèchement le garçon.

Il y eut un moment de silence, Hermione et Potter semblant s'attendre à ce que Megan propose de prêter Eleyna, mais la jeune fille n'ouvrit résolument pas la bouche – de toute façon, Eleyna devait déjà s'occuper de sa propre correspondance pour Sirius.

- Bon, eh bien prends un hibou de l'école, proposa Hermione lorsqu'elle eut compris que son amie ne dirait rien. Tout le monde peut en utiliser un.

Ils montèrent à la volière. Hermione donna à Potter un morceau de parchemin, une plume et une bouteille d'encre puis ils contournèrent les rangées de perchoirs sur lesquels somnolaient chouettes et hiboux, et Potter alla s'asseoir contre un mur pour écrire sa lettre tandis que Megan confiait la sienne à Eleyna.

- Fini, dit Potter après quelques minutes.

Il se releva et épousseta les brins de paille qui s'étaient accrochés à sa robe de sorcier. Hedwig vola alors vers lui et se posa sur son épaule, une patte tendue.

- Je ne peux pas t'envoyer là-bas, lui dit Potter en allant voir les hiboux de l'école. Je dois utiliser un de ceux-là...

Hedwig lança un ululement sonore et s'envola brusquement. Elle lui tourna ostensiblement le dos pendant tout le temps qu'il mit à attacher sa lettre à la patte d'une grande chouette effraie. Lorsque la chouette se fut envolée, Potter tendit la main pour caresser Hedwig mais elle lança de furieux claquements de bec et alla se percher hors d'atteinte, sur un madrier de la charpente.

- D'abord Ron, maintenant toi, lança le garçon avec colère, comme si s'énerver après une chouette allait arranger sa situation. Combien de fois faudra-t-il vous répéter que ce n'est pas ma faute ?