LE DRAME
Lorsque Megan se réveilla le dimanche matin, Hermione dormait encore. Cette dernière s'était en effet couchée tard la veille : Hagrid avait donné rendez-vous à minuit à Potter dans sa cabane pour une raison mystérieuse, et son amie s'était arrangée pour l'aider à sortir discrètement de la salle commune, puis avait veillé à ce que ladite salle soit vide à une heure du matin pour l'entrevue entre le garçon et son parrain. Pendant tout cela, Megan dormait tranquillement dans le dortoir.
Ne souhaitant pas attendre le réveil de son amie, la jeune fille s'habilla en silence puis descendit prendre son petit-déjeuner. Il était tôt, et très peu d'élèves se trouvaient alors dans la Grande Salle. Apercevant Kevan à la table de Serdaigle, Megan attrapa des toasts sur la table de sa maison, et alla rejoindre son petit ami.
- Bien dormi ? demanda-t-il gentiment en passant un bras autour de sa taille.
- Ça peut aller.
Ces derniers temps, Megan avait le sentiment de faire moins de cauchemars. Bien entendu, elle se retrouvait souvent dans la maison de ses parents, dans la peau d'une fillette de six ans, mais ce n'était plus systématique, et elle s'en sentait rassérénée.
- Plus que deux jours avant la première tâche, commenta-t-elle. Tu paries sur qui ?
- Cedric, affirma Kevan sans hésiter. Il est vraiment doué. Et toi ?
- Krum. Il connaît la magie noire, il a un véritable avantage. Mais je pense que Cedric et Fleur peuvent être surprenants.
- Tu penses qu'il oserait utiliser la magie noire pendant le Tournoi ? s'étonna Kevan.
- C'est un garçon intéressant, je m'attends à tout.
Le courrier était en train d'arriver – les hiboux ne chômaient pas le dimanche. Des paquets et des lettres tombaient de tous les côtés devant leurs propriétaires. Megan leva les yeux pour peut-être apercevoir le hibou qu'elle avait emprunté à l'école pour envoyer sa lettre à Sirius, mais il n'était nulle part. En revanche, un numéro de la Gazette du Sorcier tomba sur la table, devant Kevan.
- Tu es abonné, toi ? commenta la jeune fille en se saisissant du journal.
- Bien sûr, pas toi ?
- Seulement pendant les vacances d'été.
Emily et Roger ne recevaient pas de journal sorcier, ils se contentaient de la télévision moldue et des ragots des voisins, ce qui avait le don d'agacer leur fille adoptive.
Megan feuilleta distraitement le numéro. Ali Bashir, le grand exportateur de tapis volants, s'était fait arrêter pour avoir tenté d'introduire en Grande-Bretagne, en fraude puisque leur utilisation est prohibée, une cargaison de tapis volants. Deux enfants moldus avaient été pris de haut-le-cœur et de nausées incontrôlables après avoir lu un des Contes du Champignon, de Beatrix Bloxam, dont la vente était pourtant interdite les deux enfants se trouvaient encore à Ste Mangouste. Mais ce fut l'annonce d'un décès qui attira l'attention de Megan.
Non, murmura-t-elle, sa voix refusant de sortir de sa gorge.
- Ça va ? s'enquit Kevan.
La jeune fille fixait l'article avec les yeux écarquillés, plus pâle que jamais. Elle avait l'impression que son cœur s'était arrêté, et sa tête lui tournait. Elle reposa le journal sur la table, fixant le vide.
Drame à Stourbridge
C'est la police moldue qui a découvert, tard dans la nuit, le corps d'une sorcière dans un appartement de la ville, à la suite d'un appel de voisins incommodés par une odeur pestilentielle depuis plusieurs jours. Anita Maria Day, citoyenne britannique, a, d'après notre expert envoyé sur les lieux, subi plusieurs actes de torture avant de trouver la mort de la main d'un membre de la communauté magique, il y aurait maintenant quatre mois. Si l'équipe de police moldue cherche encore la cause du décès, les autorités magiques rassemblent déjà les preuves en vue d'établir une liste de suspects potentiels.
Kevan s'empara du quotidien et balaya la page où figuraient plusieurs articles, mais il sembla incapable de déterminer lequel pouvait mettre sa petite amie dans un tel état.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? s'inquiéta-t-il.
Mais Megan n'avait rien à lui dire. Elle se leva, attrapa le journal, et quitta la Grande Salle sans un mot. Kevan, déterminé, bondit sur ses pieds et la suivit.
- Megan ! l'appela-t-il d'un ton autoritaire. Qu'est-ce qu'il y a ?
Il voulut l'attraper par le bras, mais elle se dégagea. Dépité, le jeune homme comprit qu'il était vain de la forcer à lui parler, et resta debout dans le grand escalier, les bras ballants, regardant sa petite amie gravir trois à trois les marches vers le deuxième étage.
Megan ne s'aperçut même pas qu'elle courrait, elle ne s'entendit pas prononcer le mot de passe, elle ne se souvenait pas de la gargouille qui faisait un pas de côté. Mais arrivée dans la pièce circulaire, elle reprit possession de son corps lorsqu'elle plaqua le journal sur le bureau du directeur de Poudlard.
- ELLE EST MORTE ! Rugit-elle.
Dumbledore, les sourcils infiniment froncés, se saisit du quotidien, parcouru la page de son regard vif, et s'arrêta sur l'article concerné. La seconde suivante, il avait reposé le journal et croisait les mains devant lui, fixant Megan avec une grande intensité.
- Je suis navré, Meganna, affirma-t-il doucement.
- NAVRÉ ? hurla-t-elle. Comment vous pouvez être navré alors qu'elle est MORTE ? Elle, elle ne pourra plus jamais être navrée ! Comment elle peut être morte ? Qu'est-ce que vous avez fait ?
- Malheureusement, Meganna, je n'ai rien fait.
- Il y a QUATRE MOIS ! asséna la jeune fille en frappant l'article du plat de la main. Quand elle devait venir chez les Cuffe ! Elle n'est pas venue dîner chez les Cuffe parce que vous ne vouliez pas qu'elle me voie, ET ELLE S'EST FAIT TUER !
- Je pense au contraire que si Mrs Day n'est pas venue dîner chez les Cuffe ce soir-là, c'est parce que la personne qui l'a tuée était déjà là, expliqua calmement Dumbledore. Je n'ai jamais interdit à Mrs Day de te contacter, je n'ai juste pas souhaité que vous soyez encouragées à vous revoir, elle appartenait à ton passé.
- Mais je l'aime mon passé, pourquoi vous ne pouvez pas comprendre ça ? s'écria Megan, les larmes aux yeux. Et pourquoi quelqu'un aurait voulu la tuer ? Elle n'avait rien fait de mal !
- C'est la seconde raison pour laquelle il n'était pas souhaitable que tu sois en contact avec elle, car je souhaitais vous protéger toutes deux. Meganna, il est hautement probable que Mrs Day ait subi un interrogatoire avant de mourir, et je pense que cet interrogatoire te concernait.
Megan eut le sentiment de recevoir une gifle de la part d'un géant, ou de se faire écraser par un troll. Ce fut comme si le temps s'était arrêté et qu'il n'y avait plus que sa douleur qui existait. Son cerveau assimilait lentement l'abominable vérité. Un Mangemort avait retrouvé Anita, et l'avait interrogée pour savoir où se trouvait Megan.
- C'est moi qui l'ai tuée, souffla-t-elle.
- Non.
- Elle est morte parce qu'elle me connaissait, poursuivit Megan qui n'avait pas entendu Dumbledore. Il voulait savoir où me trouver…
- De toute évidence, Mrs Day n'a pas donné la moindre information à son bourreau. C'était une femme intègre et loyale. Elle t'aimait beaucoup.
Megan leva les yeux vers Dumbledore, tremblante, le regard noir.
- Qu'est-ce que vous en savez, vous ne nous connaissiez pas, on était vos ennemis ! Et vous nous avez empêchées de nous revoir, et ça a servi à rien parce qu'elle est morte, vous avez juste gâché le peu de temps qu'on aurait pu passer ensemble !
- Meganna, quoi qu'il arrive, tu ne dois pas te sentir coupable de ce qui –
- MAIS C'EST MA FAUTE ! hurla Megan, déchaînée au point que les lunettes du directeur se fissurèrent.
Elle recula, le visage ruisselant de larmes, puis tourna les talons et quitta le bureau en courant. Ses idées se bousculaient dans sa tête, mais une seule parvenait à chasser la culpabilité et la douleur qui l'étouffaient : il fallait qu'elle écrive à Sirius. Elle ne rencontra personne sur son chemin, et trouva le dortoir vide. Les mains tremblantes, incapable de s'arrêter de pleurer ou de retrouver une respiration normale, elle attrapa un morceau de parchemin et une plume, et gribouilla le peu dont elle se sentait capable :
Voldemort revient, j'en suis sûre. Ne me demande pas pourquoi, mais il a besoin de moi, il veut que je sois de son côté, et j'ai appris aujourd'hui qu'une de mes proches a été torturée et tuée, je sais que c'est lui, je sais qu'il a fait ça pour essayer de me retrouver, je sais qu'il va revenir. Il va payer Sirius, il faut qu'il paie.
Sans penser à signer ou à mettre les formes, elle fourra le morceau de parchemin entre les serres d'Eleyna.
- Trouve Sirius Black, trouves-le vite, bafouilla-t-elle.
La chouette, surprise mais ravie de se rendre utile à nouveau, ulula fièrement puis prit son envol par la fenêtre ouverte. Megan tira le rideau de son lit, et se roula en boule sur le matelas, remuant doucement de gauche à droite, tentant de se prendre dans ses propres bras pour apaiser sa peine. Elle n'avait pas envie d'aller voir son petit ami, pas envie d'être consolée par ses meilleurs amis, pas envie de contacter ses parents adoptifs en cet instant tout ce qu'elle voulait c'était que sa mère la prenne dans ses bras, qu'elle la serre contre elle et lui promette que tout irait bien, elle voulait croire qu'elle n'aurait pas à assumer tout cela et à porter le fardeau de la mort d'Anita jusqu'à la fin de ses jours, elle voulait être une enfant, mais elle n'avait plus de maman.
Megan ne descendit pas à l'heure du déjeuner dans la Grande Salle – comment aurait-elle pu avaler quoi que ce soit ? Lorsque ses camarades de dortoir furent de retour, elle ne dit mot et les écouta bavasser sur le Tournoi, sur un joli garçon de Beauxbâtons et sur les devoirs donnés par McGonagall. Pour la première fois de sa vie, Megan eut envie d'être comme ces filles, de ne plus être quelqu'un de spécial, elle aurait tellement aimé se sentir légère, libérée de toute l'importance qu'elle avait pour le Seigneur des Ténèbres, elle voulait ne pouvoir penser qu'à son petit ami et porter des badges de soutien pour le Tournoi, elle voulait juste ne plus être elle-même.
Au bout d'un long moment, les filles quittèrent le dortoir, laissant de nouveau Megan seule, dans le silence. Elle ne cessait de retourner dans sa tête toutes les informations accumulées depuis longtemps, mais la seule qui revenait était « ils vont mourir par ma faute ». Si Voldemort revenait, il la traquerait, ferait tout pour l'avoir de son côté – avec elle dans son camp, sa victoire sur le monde magique était assurée, elle pourrait lui amener Potter, et ensemble ils marcheraient sur la Grande-Bretagne, l'Europe et le monde sans rencontrer le moindre obstacle. Mais pour cela, il n'hésiterait pas à torturer et tuer ses proches : les Weasley, Hermione, Kevan… Elle avait promis à Ginny qu'aucun Weasley ne mourrait tant qu'elle serait en vie, pourtant elle se sentait si faible en cet instant. Elle n'avait pas pu protéger Anita. La meilleure solution semblait être celle de se rendre, d'aller elle-même retrouver Voldemort. Elle s'imaginait déjà rassembler ses affaires et se servir de la poudre de Cheminette pour se rendre chez les Malfoy. Elle leur annoncerait son retour parmi eux, elle leur demanderait ce qu'ils savaient sur leur maître, et elle irait le retrouver. Elle pourrait l'aider à retrouver ses pouvoirs, et elle obtiendrait de lui qu'aucun de ceux qu'elle aimait ne soient tués. C'était la solution idéale.
Megan s'assit sur son lit. Ses larmes avaient séché, son cœur redevenait petit à petit plus dur, elle redevenait elle-même. Voldemort avait fait assassiner ses parents, il avait attaqué Hermione, tenté de tuer Ginny, et tué Anita. Megan bouillait de colère et un désir de vengeance la dévorait, pourtant elle se devait de penser aux autres avant de penser à elle-même. Il restait encore beaucoup de gens en vie, de gens qu'elle pouvait encore sauver. Sa décision était prise.
Quelqu'un entra dans le dortoir Megan n'avait aucune idée de l'heure qu'il était. Elle écarta le rideau de son lit et trouva Hermione.
- Megan ? s'étonna la jeune fille. Tu étais où ? On ne t'a pas vue de la journée.
- J'étais occupée, marmonna l'intéressée.
Hermione fronça les sourcils, méfiante, puis haussa les épaules. Elle semblait avoir quelque chose d'important à raconter.
- Tu te souviens du rendez-vous que Hagrid avait donné à Harry, hier soir ? dit-elle d'une voix précipitée.
Un claquement de bec contre la fenêtre du dortoir détourna l'attention de Megan. Eleyna était déjà de retour, Sirius devait vraiment être tout près.
- Il lui a montré ce que serait la première tâche.
Megan, qui venait d'ouvrir la fenêtre, se retourna vers son amie, alerte.
- Des dragons, annonça Hermione. Les champions vont devoir affronter des dragons.
- Génial, murmura la jeune fille, admirative.
Depuis qu'elle et ses amis avaient confié Norbert, le bébé dragon de Hagrid, aux amis de Charlie en première année, elle n'avait plus eu l'occasion de voir de dragon. Cette tâche promettait d'être fascinante.
- On a passé la journée à la bibliothèque pour trouver un moyen de combattre les dragons, mais on n'a rien trouvé, se lamenta Hermione.
Megan eut un sourire mauvais. Elle savait comment combattre un dragon : il fallait viser ses yeux, son seul point faible. Mais elle n'avait aucune envie d'aider Potter, il avait déjà suffisamment triché. Elle verrait bien comment le garçon s'en sortirait seul une fois dans l'arène.
- Et il a parlé à Sirius, hier soir, reprit Hermione. Et il lui a appris que Karkaroff est un Mangemort !
- Hm, oui, je sais, commenta la jeune fille en portant Eleyna dans sa cage après avoir récupéré la lettre de Sirius.
- Quoi ? s'étouffa sa meilleure amie. Et tu ne nous as rien dit ?
- C'était important ?
Megan avait juste hâte de lire sa lettre, désormais.
- Megan, quelqu'un a mis le nom de Harry dans la Coupe et c'est probablement pour le faire tuer ! C'est forcément Karkaroff !
La logique se tenait : s'il faisait tuer Potter, Karkaroff pourrait se racheter aux yeux du maître qu'il avait trahi. Megan haussa les épaules, elle allait faire bien mieux que le directeur de Durmstrang pour s'attirer les faveurs de Voldemort.
- Sirius a l'air de croire que Tu-Sais-Qui va revenir, ajouta Hermione, inquiète.
- Ne t'occupe pas de ça, d'accord ? tenta de la rassurer Megan, trop préoccupée par sa lettre pour se comporter en bonne amie.
- Mais Harry va peut-être se faire tuer, mardi !
Megan haussa les épaules, l'air morose : elle venait de s'apercevoir qu'elle n'assisterait peut-être pas à la première tâche. Choisissant de ne pas répondre, elle s'installa contre ses oreillers et prit le temps de lire sa lettre.
Megan,
Comme je l'ai dit hier à Harry, je pense que c'est Karkaroff qui a mis son nom dans la Coupe, cet homme est un excellent menteur. En réalité, je pense que Tu-Sais-Qui a piégé Bertha Jorkins, et qu'elle lui a appris que le Tournoi des Trois Sorciers aurait lieu cette année à Poudlard, et qu'il a envoyé Karkaroff s'en servir pour éliminer Harry. Le fait que quelqu'un ait tenté d'empêcher Maugrey de venir à Poudlard ne fait que renforcer cette théorie. Megan, méfies-toi de Karkaroff.
Mais ce n'est pas à toi de protéger Harry, tu ne dois pas porter un trop lourd fardeau. De plus, il me semble que ce n'est pas ton ami… Et je sais que Dumbledore veillera toujours à sa sécurité. Je suis conscient qu'il fait parfois des choix difficiles à comprendre, mais je lui fais confiance. Si tu savais tout ce que cet homme a fait pour protéger ceux qui en avaient besoin, ou pour s'opposer à Tu-Sais-Qui… Je ne peux pas t'en dire plus dans une lettre, par sécurité, mais saches que notre réseau est organisé, tu ne sais pas tout sur la résistance.
Quant au retour de Tu-Sais-Qui, nous sommes parfaitement d'accord. Je suis navré pour ton amie. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi il te chercherait… Mais crois-moi, il paiera, je te le promets.
Sirius.
Voilà que Sirius était « navré », lui aussi. Megan ferma les yeux pour lutter contre les vagues de culpabilité qui l'assaillaient. Elle allait s'arranger pour que plus personne ne meure pour elle.
Sirius,
Si Karkaroff a mis le nom de Potter dans la Coupe sur ordre de Voldemort, je le découvrirai, et je te le dirai. Mais je ne le pense pas assez courageux pour oser faire quoi que ce soit sous le peu de nez qu'il reste à Fol Œil, puisqu'il est tout de même à Poudlard cette année. Mais je pense que tu as raison pour Bertha Jorkins.
Est-ce qu'on pourrait arrêter de parler de Dumbledore ? Vraiment. En revanche, il faudra vraiment qu'on discute de cette résistance dont tu me parles.
Disons que Voldemort me trouve intéressante et aimerait me recruter. À tout prix.
Megan.
Sirius étant tout proche, désormais, Megan n'eut aucun scrupule à renvoyer Eleyna porter la lettre. Elle devait aller voir Dumbledore, pour la deuxième fois de la journée. Mais cette fois, elle avait parfaitement réfléchi à ce qu'elle lui dirait.
- Je te retrouve pour le dîner, annonça-t-elle à Hermione. J'ai quelque chose à faire.
Elle quitta le dortoir d'un pas vif. Dévalant les escaliers de la tour, elle se glissa par le trou du portrait sans prêter attention aux jumeaux Weasley qui lui faisaient de grands signes, puis se dirigea vers le deuxième étage.
- Meganna ! s'exclama Dumbledore lorsque l'intéressée poussa la porte de son bureau. Tu ne peux pas sans cesse venir ici sans prévenir ni demander d'autorisation.
- Vous devriez changer votre mot de passe, alors, répondit Megan sans gêne. Bonsoir, professeur McGonagall.
La vieille sorcière écossaise se trouvait elle aussi dans le bureau, et dévisageait son élève d'un air outragé.
- Meganna, je te prie d'attendre dehors, lui demanda Dumbledore d'un ton poli mais ferme.
- Je dois absolument vous parler tout de suite, répondit Megan. C'est urgent et important.
- Le professeur Dumbledore vous a demandé d'attendre dehors, répéta sévèrement McGonagall.
- C'est à propos de Voldemort, insista la jeune fille. Je sais comment l'empêcher de revenir au pouvoir.
Les deux professeurs toisèrent Megan d'un air à la fois ahuri et inquiet.
- Meganna, je te prie d'attendre dehors, répéta Dumbledore. Nous parlerons ensuite.
Furieuse mais de toute évidence obligée d'obéir, la jeune fille tourna les talons et claqua la porte du bureau derrière elle. Impatiente, elle croisa les bras et fit les cent pas dans l'antichambre du bureau, au sommet de l'escalier doré. Elle avait le moyen de sauver le monde magique – ou du moins c'était ce qu'elle voulait faire croire à Dumbledore – et lui la mettait à la porte. Cet homme n'avait vraiment pas le sens des priorités.
Il s'écoula dix longues minutes avant que McGonagall ne ressorte du bureau. Elle adressa à Megan un regard sévère avant de descendre l'escalier tandis que la jeune fille retournait dans la pièce circulaire.
- Ça y est, vous allez m'écouter ? lança-t-elle, tendue.
- La patience est une vertu que peu possèdent et qui, pourtant, est bien nécessaire, énonça tristement Dumbledore. Alors, Meganna, de quoi veux-tu me parler ?
- Voldemort me veut à ses côtés, n'est-ce pas ?
- C'est exact.
- Et si je lui explique que vous avez forcé le Choixpeau à m'envoyer à Gryffondor, et que j'ai été manipulée pour m'opposer à lui ces trois dernières années, il me croira sûrement, après tout j'ai été élevée par les Malfoy et je suis une Buckley. Et une part de lui est en moi.
- Où veux-tu en venir, précisément ?
- Laissez-moi aller retrouver Voldemort.
Dumbledore fixa intensément Megan pendant de longues secondes, en silence. La jeune fille eut le sentiment d'être passée aux rayons X. Mais il ne pourrait pas deviner qu'elle allait lui mentir – il n'était pas Legilimens.
- Je vous explique, reprit-elle, très sérieusement. Je vais le chercher, et le retrouver – je suis sûre d'en être capable, après tout j'arrive à sentir sa présence. Une fois que je l'aurai trouvé, et que je saurai qui l'aide, je reviendrai vous le dire. Je serai votre espionne. Je lui ferai croire que je veux le rejoindre, mais je travaillerai pour vous. Et je l'empêcherai de retrouver ses pouvoirs.
En réalité, Megan voulait seulement passer un marché avec Voldemort pour sauver ses proches bien entendu elle ne comptait pas faciliter le retour de celui qui avait tué ses parents et sa nourrice, mais s'il devait tout de même revenir au pouvoir, elle devait être dans ses faveurs.
- Hors de question, répondit posément Dumbledore.
Megan était atterrée.
- Mais personne d'autre que moi ne peut le faire ! s'exclama-t-elle, furieuse. Vous avez besoin de moi !
- Je ne peux pas prendre le risque de te laisser parcourir l'Europe à sa recherche, contra Dumbledore. Et s'il découvre ta vraie intention, il te tuerait.
Le fait était cependant que la véritable intention de Megan était de changer de camp, elle ne risquait rien.
- Je refuse, conclut-il. Mais je suis touché de ton intention.
- Vous le regretterez quand Voldemort aura repris le pouvoir et tué tout le monde, cracha Megan avait de repartir.
Elle était furieuse et ne comprenait pas la réaction du vieil homme. Comment pourrait-elle se faire tuer, elle était tellement puissante ! Et Voldemort ne comptait pas se débarrasser d'elle mais se servir d'elle. Dumbledore ne comprenait rien.
