L'ENQUÊTE DU MINISTÈRE
La lumière du jour réveilla Megan plus tôt qu'elle ne l'aurait souhaité. Elle s'était finalement endormie sur le vieux canapé, roulée en boule, emmitouflée dans le vieux drap qui le recouvrait pour tenter de se tenir chaud. Lorsqu'elle se redressa en plissant les yeux, le nuage de poussière que souleva le mouvement de ses longs cheveux la fit tousser. Baigné par la lumière du soleil, le salon des Pettigrew paraissait plus accueillant qu'il ne l'était la veille au soir. Megan se leva et contempla la pièce d'un œil nouveau. Elle allait y mettre un peu d'ordre : elle était coincée ici jusqu'à ce qu'elle trouve une nouvelle piste hors de question de retourner chez les Boyd ou à Poudlard, pas sans la moindre information. Étant dans l'impossibilité de faire usage de la magie et n'ayant pas d'elfe de maison ou de parent adoptif sous la main, Megan dut se résoudre à faire elle-même du ménage – chose qu'elle n'avait encore jamais faite.
Après une bonne nuit de sommeil, la jeune fille se sentait bien moins désespérée qu'elle ne l'était le soir précédent, voire animée d'une énergie nouvelle. Elle retira les draps des meubles, ouvrit en grand les fenêtres et trouva même un vieux balai. Elle ne parvint à s'en servir qu'en essayant d'imiter Emily et Roger, qu'elle avait vu faire une centaine de fois chez eux. Toutes les pièces étaient dans le même état que le salon, et le coup de fraîcheur que leur apporta Megan ne fut pas trop. Il y avait quelques Doxys dans les rideaux (des créatures à l'apparence d'un être humain minuscule, couvertes d'une épaisse fourrure noire et pourvues de quatre bras et de quatre jambes, aux ailes épaisses, courbes et brillantes, pourvues de deux rangées de dents pointues et venimeuses), mais Megan en vint à bout en les écrasant à l'aide d'un lourd Manuel de psychologie des hippogriffes. Par chance, elle ne trouva aucun épouvantard nulle part : sans l'aide de sa baguette, elle aurait difficilement pu arriver à bout d'une telle créature.
Passer la matinée à rendre la maison un tant soit peu vivable creusa pour de bon l'appétit de la jeune fille. Après avoir lavé de fond en comble la cuisine, elle se décida à sortir pour aller trouver à manger. Ne souhaitant pas attirer l'attention, elle laissa sa cape à la maison et enfila à la place un pull à capuche moldu, un peu trop grand pour elle mais redoutablement confortable. Elle avait sur elle les mêmes vêtements que la veille et se promit de laver la salle de bain après son déjeuner, en espérant que la vieille tuyauterie lui permettrait de prendre une douche.
Il n'y avait que très peu de commerces à Killiney Hill, et Megan savait qu'elle devait être tombée dans le genre de ville où les nouveaux visages ne passaient pas inaperçus, aussi elle tâcha de se dépêcher dans ses achats. Elle trouva une épicerie non loin de la maison, à moitié vide, où elle rassembla de quoi se faire à manger – elle avait constaté dans la matinée qu'il y avait une alimentation de gaz fonctionnelle dans la maison, qui avait dû être installé lorsque Wormtail avait dû occuper seul la maison avant sa majorité. Encore une fois, elle n'avait jamais cuisiné elle-même, mais elle avait souvent vu faire les Boyd et tâcherait de les imiter.
- Nouvelle en ville ?
Ce que Megan avait redouté se produisit bien évidemment. Alors qu'elle passait en caisse pour payer ses achats, un habitant lui adressa la parole. Inspirant profondément pour contrôler ses émotions, elle se retourna vers l'interlocuteur : un garçon plus âgé qu'elle, avec des cheveux aussi noirs que les siens et des yeux bleus perçants.
- De passage, se contenta-t-elle de répondre en jetant ses achats sur le tapis roulant.
Elle avait accompagné Emily faire les courses lorsqu'elle était plus jeune et se rappelait quelque peu le fonctionnement d'une caisse. Le tapis semblait cependant avoir quelques difficultés à fonctionner : il se bloqua plusieurs fois ce qui sembla surprendre et agacer le vendeur.
- Tu as de la famille, ici ?
- De quoi je me mêle ? répliqua-t-elle sèchement.
- Ouh, pas commode la nouvelle, commenta une troisième voix.
Un autre garçon avait rejoint le premier. Son regard était plus froid et moqueur que celui de son acolyte, et il mit presque Megan mal à l'aise, à la dévorer des yeux. Même Kevan ne la regardait pas ainsi. Assis derrière sa caisse, le vendeur ignorait la scène, passant les articles sous le rayon rouge et tapotant sur son clavier récalcitrant.
- Dégagez, asséna-t-elle en se retournant vers le vendeur pour lui régler ses achats avec le peu d'argent moldu qu'il lui restait.
- Tout doux, ricana le deuxième garçon en tendant la main vers le postérieur de Megan.
Elle réagit si vite qu'il ne comprit pas ce qui lui arriva : elle se retourna, l'attrapa par la gorge et le plaqua contre une des vitrines de l'épicerie avec une force qui la surprit elle-même. Le vendeur sursauta et leur jeta un regard inquiet. Le garçon glapit de douleur.
- J'ai dit dégagez, répéta Megan entre ses dents serrées.
Elle était plus que jamais consciente de la présence de sa baguette dans sa poche et dut résister à l'envie de s'en saisir et de faire souffrir ce garçon.
- On s'en va, affirma le premier en s'approchant d'elle avec précautions. Viens, Milan, on s'en va. Lâche-le, toi, c'est terminé.
À contrecœur, Megan relâcha sa prise sur le cou du garçon et recula pour le laisser quitter l'épicerie, talonné par son ami. Mais à en juger par l'air haineux qu'il affichait, il n'était pas ravi de battre en retraite.
- Merci de votre soutien, commenta Megan en fourrant ses articles dans un sac plastique.
- Pas mes affaires, marmonna le vendeur en lui tendant son ticket de caisse. Bonne journée.
- C'est ça.
Il méritait qu'elle mette le feu à sa boutique. Son sac plastique serré dans la main, Megan reprit le chemin de la maison, se félicitant intérieurement d'avoir si bien joué la carte de la discrétion dans cette ville : elle était certaine que, d'ici le milieu de l'après-midi, tout le monde saurait ce qu'il s'était passé, et elle ne pourrait plus sortir sans être regardée de travers. Cela ne l'aurait pas dérangée en temps normal – elle avait toujours attiré les regards de désir ou de crainte et elle ne s'était jamais souciée de l'opinion des autres à son sujet –, mais aujourd'hui, elle était supposée éviter d'attirer l'attention pour le bien de sa mission.
À peine avait-elle parcouru quelques mètres qu'elle sentit une main l'attraper et la tirer en arrière. Surprise, elle n'eut pas le temps de résister et se retrouva attirée entre deux boutiques de chaussures, dans un coin sombre et sale qui sentait mauvais, coincée entre les deux garçons de l'épicerie et un troisième venu en renfort, avec de gros bras et un sourire mauvais. Son pouls s'accéléra, elle sentait que la situation n'était pas idéale, qu'elle était supposée avoir peur de ce qui allait suivre. Mais elle aimait cette sensation, elle s'y sentait à l'aise.
- Quoi que vous ayez en tête, je vous conseille d'arrêter tout de suite, lança-t-elle, tandis que le garçon au regard froid, Milan, lui maintenait les bras.
Celui aux yeux bleus éclata de rire.
- Tu n'impressionnes personne, petite, affirma-t-il.
- Tu arrives tout juste et tu penses pouvoir faire ta loi ? lança le troisième. On n'humilie pas mes amis, ici. Surtout quand on est qu'une gamine qui devrait plutôt être à l'école.
- Je vous donne trois secondes pour me lâcher et aller vous faire voir, annonça Megan avec aplomb.
Elle avait tellement confiance en elle.
- Bien sûr, ricana Milan. Tu vas voir ce qu'on fait aux filles dans ton genre, par ici…
La jeune fille inspira un grand coup, concentrée sur ses émotions. Dumbledore lui avait appris à se contrôler, et aujourd'hui elle allait appliquer ce qu'il lui avait appris. Elle ferma les yeux et ouvrit les vannes. Aussitôt, une bourrasque balaya la ruelle sombre dans un mugissement sonore, et les vitres qui les entouraient éclatèrent. Quand Megan rouvrit les yeux, ils étaient devenus noirs, et les visages des trois garçons perdirent toutes leurs couleurs.
- Elle est comme Cathy, s'étrangla Milan. Tirez-vous !
Il la lâcha aussitôt et détala, suivi de près par son ami aux gros bras. Le garçon aux yeux bleus, lui, contempla Megan un instant, les yeux écarquillés, puis s'enfuit à son tour. Aussitôt, le vent retomba, mais le sol était jonché d'éclats de verre. La jeune fille passa une main dans ses cheveux décoiffés par la bourrasque pour les arranger, ramassa son sac plastique, puis retourna vers la maison d'un pas vif. Lorsqu'elle tourna la tête pour regarder vers l'épicerie, elle s'aperçut que la devanture de celle-ci était devenue noire, comme si un feu s'était déclaré récemment puis soudain éteint. Elle ne maîtrisait peut-être pas encore aussi bien l'étendue de ses pouvoirs qu'elle le croyait.
Cuisiner était plus difficile que ce que Megan avait imaginé : le premier jour, il lui fallut cinq longues minutes pour allumer le gaz avec le briquet sans se brûler, et cinq autres de lecture attentive du dos des paquets de pâtes pour comprendre comment les préparer. Elle manqua de mettre le feu à la maison en tentant de faire cuire une escalope de dinde. Mais finalement, avec de la pratique, elle parvint à se nourrir pendant les jours qui suivirent, bien que la viande ait souvent un vague goût de brûlé. Déjeuner seule n'était cependant pas amusant : Eleyna lui manquait, ainsi que ses amis de Poudlard elle aurait finalement été ravie de voir Kevan, Draco, Ron ou Hermione. Les plaisanteries des jumeaux lui manquaient, elles aussi.
Quatre jours après son arrivée à Killiney Hill, elle eut enfin la joie de recevoir une lettre de Poudlard, envoyée par Hermione.
Megan,
Je commence vraiment à croire qu'il t'est arrivé quelque chose de grave, mais les professeurs ne veulent rien me dire, et Dumbledore non plus. J'aimerais vraiment que tu donnes des nouvelles ils disent que tu vas bien, mais je ne les crois pas. Pourquoi tu ne nous dirais rien, sinon ? Tu nous fais confiance, n'est-ce pas ?
Poudlard n'est pas pareil, sans toi. Pourtant, il y a de sacrées préparations ici ! Le bal de Noël approche, c'est une tradition du Tournoi des Trois Sorciers, pour mieux connaître les élèves des autres écoles. Il n'est ouvert qu'aux élèves de la quatrième année et plus, sauf si un élève plus âgé invite un élève plus jeune. C'est pour ce bal qu'on nous a demandé des tenues de soirée ! Je sais que tu as amené une superbe robe, c'est tellement triste que tu ne puisses pas la mettre… Et ce sera tellement moins amusant, sans toi ! Ce sera le jour de Noël, ça veut dire que je vais fêter Noël sans mes parents, parce que je pensais le fêter avec toi… Mais tu n'es pas là ! Oh et tu ne verras pas Harry danser… Parce que les champions doivent ouvrir le bal. Je ne sais pas avec qui il va y aller : c'est aux garçons d'inviter les filles. Je me demande si lui… ou Ron va m'inviter. Je pensais qu'on irait tous les quatre…
Donne-moi des nouvelles, je t'en prie.
Hermione
La jeune fille eut un pincement au cœur en lisant la lettre. Son amie semblait vraiment se sentir abandonnée, tandis que Megan était en réalité partie pour la protéger. Elle fut tentée d'envoyer une réponse, mais elle ne savait pas quoi lui dire. Bien sûr qu'elle leur faisait confiance ! Oui, elle allait bien, malgré quelques aigreurs d'estomac. Et elle était désolée que Hermione passe Noël sans ses parents – elle savait combien cette fête était importante pour les Granger. Le bal semblait être une soirée inoubliable, et pas seulement parce que Potter serait forcé de danser : elle aurait vu Hermione dans une belle robe, Kevan dans un beau costume, Draco dans un beau costume… et Ron dans son affreuse robe de soirée.
Je suis en vie, je vais même bien. Ne réponds pas à cette lettre, je ne veux pas attirer l'attention. Profite bien du bal. Megan.
Cette maigre ligne suffirait – elle l'espérait – à rassurer son amie.
- Rapporte-lui ça, soupira Megan en attachant le bout du parchemin à la patte d'Eleyna. C'est mieux que rien…
L'entretien de la maison, et notamment le nettoyage de la salle de bain, lui occupa suffisamment l'esprit pour qu'elle oublie le chagrin de sa meilleure amie. Par bonheur, la douche fonctionnait, et elle avait même de l'eau chaude grâce au gaz, une petite victoire sur le mauvais sort. Une longue douche acheva de la détendre et elle se concentra de nouveau sur sa mission. Maintenant qu'elle avait terminé de rendre la maison habitable, il était temps pour Megan de réfléchir à la suite des événements : elle ne pouvait se contenter de faire du camping chez les Pettigrew, elle était ici pour une bonne raison. À en croire les dires de Sirius, Wormtail était venu ici pour la dernière fois après avoir trahi les Potter, juste avant de simuler son meurtre il devait donc y avoir au moins quelques indices sur Voldemort, même si ceux-ci remonteraient à l'époque où le Seigneur des Ténèbres n'avait pas encore perdu tous ses pouvoirs.
Il n'y avait que deux chambres dans la maison. La première devait être celle des parents Pettigrew, à en juger par le lit double et l'armoire remplie de vieux vêtements d'adultes. La seconde, celle de Wormtail, était la plus grande, avec un petit lit une place sans draps, un bureau recouvert de parchemins et des affiches de Gryffondor aux murs. De toute évidence, Wormtail avait tiré une grande fierté de sa répartition dans la maison du lion – encore une preuve que le Choixpeau n'était pas infaillible, puisqu'il s'était clairement trompé dans son choix. Il y avait aussi de nombreuses photos dans les tiroirs, et Megan eut le loisir d'observer Sirius Black, James Potter, Remus Lupin et Peter Pettigrew, les Maraudeurs à leur apogée. Le petit groupe arborait un air ravi et fier, sûr d'eux, de leurs charmes, de leur avenir. Elle ne savait combien de temps ces photos avaient été prises avant la mort des Potter, le jour qui avait fait basculer leurs quatre vies elle ne savait pas non plus si Wormtail avait déjà projeté de tuer ses amis, à cette époque. Megan avait beau n'éprouver aucune affection pour Potter, elle se sentait tout de même en colère contre Wormtail : il avait trahi ses meilleurs amis, trahi leur confiance, ce qu'elle ne tolérait pas. Et James Potter semblait avoir été quelqu'un d'intéressant, lui et Sirius auraient été les jumeaux Weasley de l'époque d'après ce qu'elle savait d'eux. Elle aurait sûrement aimé les connaître dans leur jeunesse, et aurait sûrement ri à leurs blagues, notamment aux dépens de Snape.
Megan fouilla parmi les parchemins qui jonchaient le bureau. Tous dataient de la scolarité de Wormtail à Poudlard : de mauvaises notes et des rédactions de mauvaise qualité, principalement, quelques prospectus magiques ou moldus, de vieilles éditions de la Gazette du Sorcier et des listes de fournitures accumulées au fil des années à Poudlard. En dehors des vieux journaux, rien ne mentionnait Voldemort c'était comme si le Mangemort qu'était devenu Wormtail n'avait jamais vécu ici. Avec un soupir de déception, Megan s'assit sur le lit, qui craqua sous son poids, et étala les documents devant elle. Les coupures de la Gazette étaient jaunies et sentaient le moisi, pourtant elles attirèrent l'attention de la jeune fille. Toutes dataient de l'époque où le Seigneur des Ténèbres semait la terreur en Grande-Bretagne, et la plupart des articles traitaient des méfaits des Mangemorts : l'explosion magique d'un hôpital moldu, le massacre de la famille McKinnon, la disparition de Dorcas Meadowes, le meurtre de Fabian et Gideon Prewett par cinq Mangemorts dont Antonin Dolohov... Megan ne savait jusqu'alors pas que Molly avait des frères. Un autre meurtre sanglant lui parut cependant plus intéressant : Jonna et David Burridge, un couple de Cracmols assassinés par un couple de Mangemort, Sylvius et Meredith Buckley. L'article résumait brièvement la vie et le mariage heureux des deux victimes puis leur fin tragique (assassinés froidement alors qu'ils tentaient de protéger des Moldus de la folie meurtrière des Mangemorts), mais s'attardait plus longuement sur l'identité de leurs assassins. Megan contempla, le souffle court, la photo en noir et blanc de ses parents, qui jetaient des regards hautains et mauvais à quiconque ouvrait ce journal. Elle déglutit et caressa du bout des doigts le visage de sa mère, se rappelant comme si c'était hier de sa main dans la sienne et de ses dernières paroles.
Sylvius et Meredith Buckley – individus extrêmement dangereux, ne tentez pas de les approcher
Identifiés comme Mangemorts de longue date, les Buckley sévissent en Grande-Bretagne et ont de nombreuses victimes à leur actif. Anciennement respectivement directrice du département de contrôle et de régulation des créatures magiques et chef de service du département de la coopération magique internationale, ces deux fidèles de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ont quitté leurs fonctions pour mieux servir leur maître. Le ministère de la magie offre une récompense de 1700 Gallions pour toute information pouvant mener à leur capture – morts ou vifs – mais déconseille vivement au public de tenter d'approcher eux-mêmes les individus.
L'article était ancien, Voldemort n'avait pas encore pris le contrôle des médias à cette époque, et Megan n'existait pas encore. La jeune fille ignorait que ses parents avaient travaillé pour le ministère de la magie et occupé des postes aussi prestigieux : lorsqu'elle était née, tous deux vivaient de leur fortune familiale accumulée au fil des années et de l'argent qu'ils avaient gagné en tant que Mangemorts. Alors Crouch était un des successeurs de son père…
Ce n'étaient pas les informations que Megan était venue chercher, mais elle ne regretta pas de les avoir trouvées. Soudain inspirée, elle se mit à éplucher toutes les revues et à découper toutes les photos ou articles concernant ses parents, un travail fastidieux qui lui occupa toute son après-midi et sa soirée. Le lendemain matin, elle se réveilla effondrée sur le lit, avec une feuille de journal collée à la joue.
Du fait des événements de sa première sortie, Megan n'était pas particulièrement pressée de retourner faire des courses. Mais après presque deux semaines passées dans la maison des Pettigrew à éplucher les moindres tickets de caisse qu'elle y trouvait en se nourrissant de pâtes et de riz, elle fut bien obligée de ressortir. C'était la veille de Noël, et la neige avait recouvert les trottoirs. Choisissant d'éviter de fréquenter de nouveau l'épicerie à laquelle elle avait inconsciemment mit le feu, Megan jeta son dévolu sur une petite surface, plus éloignée de la maison mais aussi plus fréquentée, ce qui lui permit de se fondre dans la masse et de ne pas attirer l'attention – ce qu'elle aurait déjà dû faire dès sa première sortie.
Ravie d'avoir pu faire ses emplettes en paix, bien qu'un peu déçue de n'avoir eu personne à affronter pour tromper l'ennui, Megan reprit le chemin de la maison sans s'apercevoir qu'on la suivait. Elle réfléchissait sans arrêt à ce qu'elle devrait faire pour poursuivre son enquête, mais une fois de plus elle se sentait bloquée, et chaque fois qu'elle y pensait, un malaise la prenait. Sa propre incompétence la rendait malade, elle qui en demandait toujours tellement, aux autres comme à elle-même. Les sourcils froncés et l'estomac noué, elle posa la main sur la poignée du portail.
- Il était différent aussi, l'homme qui habitait là.
La voix lui fit faire volte-face, sa main plongeant dans la poche où elle avait rangé sa baguette magique. Le garçon aux yeux bleus qui l'avait abordée dans l'épicerie quelques jours plus tôt se tenait derrière elle, les bras croisés et les sourcils froncés. Megan voyait sa mâchoire se crisper, signe qu'il était en colère contre elle. Parce qu'elle l'avait terrorisé la dernière fois ?
- Je t'ai déjà dit de dégager, lui rappela-t-elle avec amertume. Ça ne t'a pas suffi ?
- Je sais ce que t'es, répondit-il.
- Si c'est le cas, tu devrais savoir qu'il ne vaut mieux pas m'agacer.
- Pourquoi tu n'es pas à Poudlard ?
Megan écarquilla légèrement les yeux, prise de court par la question. Comment ce garçon, un Moldu perdu dans une petite ville d'Irlande, pouvait-il bien connaître Poudlard ?
- Tu es un Cracmol ? demanda-t-elle, prudemment.
- Un quoi ?
- Un Cracmol. Tes parents sont des sorciers mais pas toi ? Tu es frustré et c'est pour ça que tu t'en prends à ceux qui ont des pouvoirs magiques ?
Sa théorie était plausible, elle se sentit fière d'elle-même.
- Mes parents ne sont pas des sorciers. C'est ma sœur.
- Cathy.
Elle venait de se rappeler de ce qu'avait dit le fameux Milan juste avant de détaler comme un lapin effrayé.
- Oui, Cathy. Et à cause de toi, ils ont voulu l'expulser.
Megan haussa un sourcil. Elle avait fait du tort à de nombreuses personnes, mais ne se souvenait pas s'en être prise personnellement à une certaine Cathy.
- La femme de votre ministère, elle est venue chez nous, elle voulait expulser Cathy et confisquer sa baguette, expliqua le garçon d'un air furieux. Elle croyait que c'était elle qui avait fait de la magie, alors qu'elle n'y était pour rien : elle est à l'école, elle.
- La femme du ministère ? répéta Megan, surprise. De quoi tu parles ?
- C'est à cause de la Trace ! Le professeur nous avait expliqué : si elle fait de la magie hors de l'école, et surtout devant des gens qui n'ont pas de pouvoirs magiques – des Moldus –, le ministère le saura et elle sera punie ! Mais ce n'était pas elle, l'autre jour, qui a fait de la magie, c'était toi !
Megan était perturbée. C'était justement à cause de la Trace qu'elle ne s'était pas servie de sa baguette, alors pourquoi diable le ministère était-il venu fourrer son nez à Killiney Hill ?
- Je n'ai rien fait, affirma-t-elle. Alors c'est sûrement quelqu'un d'autre.
- J'étais là, répliqua-t-il sèchement. Je t'ai vue. Tu as utilisé la magie pour nous faire peur, alors le ministère a été alerté que de la magie avait été faite ici devant des Moldus, et comme ma sœur est la seule sorcière à habiter ici, ils ont tout de suite cru que c'était elle !
Alors la Trace n'alerterait pas le ministère que si elle se servait de sa baguette ? Megan ne connaissait pas cette subtilité. Cela signifiait que le ministère avait été informé chaque fois que Megan avait fait une crise de colère chez les Boyd, mais il n'était pas intervenu car il savait qu'Emily et Roger connaissaient l'existence de la magie… Plus intéressant encore, cela signifiait que le ministère ne connaissait pas l'identité de celui-ci qui avait jeté le sort, il ne pouvait que localiser le lieu de l'usage « abusif » de la magie.
- Alors, ta sœur a été expulsée ? Ou tu leur as dit que c'était moi ?
- Ils ont pu vérifier qu'elle n'a pas quitté le château, alors ils savent que ce n'était pas elle. Moi, je n'ai rien dit.
- Pourquoi ? s'étonna Megan.
Quel intérêt avait ce garçon à la couvrir ?
- Je vois mal comment je leur aurais expliqué que moi et mes amis, on était…
- En train d'agresser une fille pour soigner votre ego ? compléta Megan avec amertume. Non, bien sûr. Je ne te remercie pas, ajouta-t-elle en se retournant pour rentrer chez elle. Maintenant reste loin de moi.
- Qu'est-ce qu'il va se passer si la sorcière du ministère te trouve ? s'enquit le garçon.
- Pourquoi elle me trouverait ? Elle est partie, non ?
- Non. Elle a pris une chambre en ville, je crois qu'elle enquête pour savoir qui c'était, puisque ce n'était pas ma sœur.
Megan haussa un sourcil.
- Elle est toujours en ville ? répéta-t-elle.
Son cerveau s'était remis à tourner à plein régime : il y avait un membre du ministère à Killiney Hill, quelqu'un qui avait accès à des informations importantes sur le monde de la magie.
- Tu sais où elle est, en ce moment ?
- Je sais dans quel hôtel elle loge, c'est tout. Pourquoi ? Et pourquoi tu n'es pas à Poudlard ?
- Quel hôtel ?
- Réponds à ma question, ordonna plutôt le garçon.
Megan inspira profondément pour résister à l'envie de le frapper, ses questions futiles lui faisaient perdre un temps précieux.
- Je me suis enfuie, mentit-elle, respectant la version que Dumbledore et elle avaient prévu de servir aux autorités magiques si elle se faisait attraper. Maintenant dis-moi dans quel hôtel elle se trouve.
- Au Fitzpatrick Castle, répondit le garçon, un vieux château pas loin de la mer. Qu'est-ce que tu vas faire ? Si elle te trouve, elle va te renvoyer, non ?
- Pas si je la trouve avant.
Le plan était clair dans la tête de Megan, qui ne voulait pas prendre une seconde de plus pour y réfléchir. Elle entra dans la maison pour déposer ses courses et en ressortit aussitôt le garçon était toujours planté là.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? répéta-t-il.
- Sois-tu me montres où est cet hôtel, soit tu t'en vas, ordonna-t-elle en prenant le chemin qui descendait vers la mer. Mais dans les deux cas il va falloir me foutre la paix.
- Pourquoi est-ce que je t'aiderais ?
- Pour te faire pardonner d'avoir essayé de m'agresser, par exemple.
Le garçon hocha la tête, elle marquait un point.
- Comment tu t'appelles ? demanda-t-il en lui faisant signe de le suivre.
- Aucune importance.
- Moi, c'est Cal. Et si je dois t'aider, ce serait beaucoup simple pour moi de connaître ton prénom.
Mais c'était devenu beaucoup trop dangereux de connaître Megan, depuis qu'elle était la recrue que Voldemort voulait à tout prix.
- Appelles-moi Demi, répondit-elle.
Son deuxième prénom ne devrait faire tuer personne, cette fois.
Le chemin qui menait à la mer serpentait à travers la ville, et Megan dissimula son visage sous la capuche de son pull pour éviter les regards des habitants Cal sembla surpris de son attitude mais ne posa aucune question, ce dont la jeune fille le remercia intérieurement. Elle n'avait pas prévu d'impliquer un inconnu moldu dans sa recherche du Seigneur des Ténèbres, mais elle avait perdu suffisamment de temps, et Cal lui évita de se perdre dans la ville en la menant droit au château.
- Elle n'est peut-être pas dans sa chambre, fit remarquer le jeune homme, une fois arrivés au pied du prestigieux hôtel.
- Est-ce qu'il y a des cheminées, dans les chambres ? demanda Megan en ignorant l'affirmation du jeune homme.
- Je suppose, répondit-il, surpris. Tu vas l'attendre ici toute la journée ?
- Non, décréta Megan. Et toi, tu vas m'aider.
- Ce n'est pas déjà ce que j'ai fait ?
- J'ai encore besoin de toi.
L'idée de faire reposer un de ses plans sur ce Moldu lui répugnait, mais il lui faciliterait la tâche.
- Pour l'instant, sois gentil et reste là.
Cal sembla vexé par l'attitude condescendante et supérieure de Megan, qui était plus jeune que lui, mais l'assurance et l'autorité qu'elle dégageait l'incitèrent à obéir. La jeune fille retira sa capuche et entra dans l'hôtel. C'était exactement le genre d'endroit où elle irait s'installer si elle était une riche moldue en vacances : vaste, somptueusement décoré, avec un agent d'accueil en costume qui se tenait prêt à répondre à la moindre demande des clients, et même une piscine et un sauna d'après les écriteaux sur l'un des murs. Mais Megan était une riche sorcière, et elle n'avait pas de vacances dans sa quête pour retrouver Voldemort.
- Bonjour, mademoiselle, la salua l'agent d'accueil d'un ton courtois lorsqu'elle s'approcha du comptoir.
- Impero, répondit-elle en pointant sur lui sa baguette, qu'elle avait cachée dans sa manche
Aussitôt, le regard de l'homme se fit flou. C'était la deuxième fois qu'elle utilisait un sortilège impardonnable cette année, mais elle n'en ressentait aucune culpabilité.
- Je cherche une femme qui a pris une chambre ici il y a deux semaines et qui est encore là, annonça Megan en jetant des regards autour d'elle pour s'assurer que personne n'arrivait dans le hall.
- Bien sûr, répondit l'agent d'accueil avec un sourire absent, tout en tapant quelque chose sur son clavier. Un couple est arrivé il y a une quinzaine de jours pour des vacances, et une femme seule le lendemain, en voyage d'affaires.
- Je veux le numéro de chambre de la femme seule.
Une fois l'information obtenue, Megan quitta l'hôtel et alla retrouver Cal, qui n'avait pas bougé.
- Tu vas monter dans la chambre 308 et trouver la sorcière – le ministère l'a forcément informée que quelqu'un a fait de la magie dans son hôtel, elle a dû sauter dans la première cheminée pour rejoindre sa chambre. Tu lui dis que tu sais qui fait de la magie, et tu l'amènes jusqu'à chez moi. Des questions ?
Cal cligna des yeux d'un air bête.
- Pourquoi elle me croirait ?
- Parce qu'elle n'a pas d'autre piste pour me retrouver.
- Qu'est-ce que tu vas faire, une fois qu'elle sera chez toi ?
- Ça, ce ne sont plus tes affaires. Maintenant, vas-y.
Le garçon hésita un instant, puis se dirigea vers l'hôtel à son tour. Megan le regarda entrer dans le hall, puis tourna les talons et retraversa la ville aussi vite qu'elle le put. Elle avait pris sa décision sur un coup de tête, mais elle regrettait rarement ses choix : quoi qu'il arrivait, elle savait toujours faire face.
Attendre dans la maison des Pettigrew que Cal fasse sa part du travail rendit Megan nerveuse. Elle faisait les cent pas dans le salon, bouillant d'impatience, lorsqu'elle entendit enfin des voix s'approcher. D'un coup d'œil par la fenêtre, elle découvrit une femme d'âge moyen vêtue d'un tailleur gris avec un chignon serré et un air sévère, qui marchait d'un pas décidé vers la maison, aux côtés d'un Cal à la mine pâle. Le jeune homme ne cessait de passer la main dans ses cheveux noirs en bataille et de jeter des coups d'œil inquiets autour de lui. Il désigna la maison à la sorcière du ministère, qui lui fit signe d'attendre dehors avant de pousser le portail. Megan raffermit sa prise sur son arme. Le gravier crissa sous les chaussures de la sorcière dans l'allée, ses talons claquèrent sur les deux marches du perron, la porte d'entrée grinça quand elle l'ouvrit précautionneusement, et la poêle que Megan lui asséna en plein visage laissa échapper un bruit sourd. La sorcière s'effondra dans l'entrée de la maison, assommée. Satisfaite d'avoir si bien su manier une arme moldue, Megan s'affaira à tirer la femme jusque dans le salon par les pieds, à lui confisquer sa baguette qu'elle jeta dans un vase, et à la ligoter à l'aide d'une corde à linge dénichée dans la buanderie de la maison. D'un coup d'œil par la fenêtre, elle s'assura que Cal était bien reparti, puis elle fit de nouveau les cent pas dans le salon, attendant que la sorcière revienne à elle – Megan avait été particulièrement enthousiaste dans son coup de poêle.
L'étiquette au dos de son tailleur indiquait que la jeune fille avait affaire à Carmen De Castro, elle n'avait pas plus d'informations que cela. Il fallut une dizaine de minutes à l'intéressée pour émerger. Elle se mit à battre des cils et à froncer des sourcils, se tortillant pour tenter de se détacher, et finit par laisser échapper un juron sonore.
- Inutile d'essayer de transplaner, annonça tranquillement Megan.
La jeune fille s'était adossée au mur face à De Castro et avait croisé les bras sur sa poitrine, sa propre baguette tourbillonnant entre ses doigts habiles.
- La maison a appartenu à un sorcier, expliqua-t-elle, il a fait en sorte qu'on ne puisse pas y aller et venir magiquement.
- Alors c'est toi ! lança la sorcière, tentant de montrer un semblant d'aplomb malgré le fait qu'elle était ligotée face à une adolescente et qu'une bosse de la taille d'un œuf lui poussait sur le front. Je te cherche depuis deux semaines. Comment est-ce que tu t'appelles ? Pourquoi est-ce que tu n'es pas à Poudlard ?
- C'est moi qui pose les questions, répliqua tranquillement Megan. Vous travaillez pour le département de la justice magique, n'est-ce pas ? Au service des usages abusifs de la magie ?
- Au bureau des Aurors, corrigea De Castro d'un air agacé. Le ministère prend très au sérieux les débordements magiques en zones moldues depuis les incidents de la Coupe du Monde. Jeune fille, tu sais que t'en prendre à un –
- Vous travaillez au bureau des Aurors ? répéta Megan.
Si elle avait su exprimer ses émotions comme tout le monde, elle aurait eu l'air réjoui.
- Parfait, reprit Megan. Alors vous allez vraiment m'être utile.
Elle sortit de sa poche un flacon contenant un liquide transparent, et s'accroupit près de De Castro.
- Ouvrez la bouche, ordonna-t-elle.
- Hors de question, siffla la sorcière en tâchant de parler sans obéir à l'ordre. Tu es en train de faire une grosse bêtise, tu vas avoir –
Megan se fichait bien de ce qu'elle allait avoir. Elle attrapa le menton de l'Auror et la força à ouvrir la bouche, puis lui vida le flacon de Veritaserum dans la gorge. Avec un sourire satisfait, elle recula et observa la sorcière qui déglutissait avec horreur.
- Qu'est-ce que vous savez sur Voldemort ? demanda-t-elle, fière d'elle.
- Tu-Sais-Qui a pris le pouvoir en –
- Je ne veux pas sa biographie, je veux savoir ce que le bureau des Aurors sait sur les agissements de Voldemort en ce moment, la coupa Megan.
- Tu-Sais-Qui a perdu tous ses pouvoirs il y a treize ans, répondit Carmen, hypnotisée. Il est mort et ne présente plus une menace pour le bureau des Aurors.
- Ça, c'est ce que vous croyez, ricana la jeune fille. Alors vous n'avez rien remarqué de louche ? Vous êtes vraiment aveugles à ce point ?
- Le bureau a été alerté de trois disparitions suspectes. Celle de Frank Bryce, celle d'Anita Day et celle de Bertha Jorkins.
Megan fut parcourue d'un spasme en entendant prononcer le nom de sa nourrice. Ainsi le ministère s'était un tant soit peu penché sur la question, c'était pour le moins encourageant.
- Qui est Frank Bryce ?
- Un vieux Moldu jardinier à Little Hangleton, en Angleterre, un vétéran qui a été accusé du meurtre de Mr et Mrs Riddle il y a plus de cinquante ans, même si la police n'a jamais pu prouver sa culpabilité.
Megan écarquilla les yeux : la famille de Voldemort !
- Il est mort ? s'enquit-elle. Quand ? Comment ?
- Fin août. Le sortilège de Mort, on n'a pas retrouvé le coupable.
Voilà que Megan tenait enfin la nouvelle piste dont elle avait tant besoin : Voldemort y était forcément pour quelque chose dans la mort du vieux jardinier, et c'était même certainement lui qui avait tué les Riddle – s'agissait-il de ses parents ?
- Et les deux autres ? reprit Megan. Anita et Bertha Jorkins, qu'est-ce que vous savez sur leur disparition ?
- Mrs Day vivait seule et était en congés, donc personne n'a pu signaler sa disparition tout de suite, c'est grâce aux voisins qu'on a –
- Ça je sais, s'agaça la jeune fille. C'est l'enquête qui m'intéresse.
- L'enquête moldue n'a rien donné, les cheveux qu'ils ont retrouvé dans l'appartement n'appartenaient à personne qui soit dans leur base de données, et notre équipe n'a trouvé ni mobile ni preuve, on sait seulement qu'elle a été tuée par un sorcier. Mais elle a travaillé pour les Buckley, il y a presque dix ans, un célèbre couple de Mangemorts, alors il s'agit sûrement d'une vengeance d'un proche de leurs victimes…
- Ce n'est pas une vengeance, cracha Megan. C'est Voldemort qui l'a faite tuer ! Vous n'êtes vraiment que des incapables !
Entendre le raisonnement absurde de la sorcière avait mis la jeune fille en colère.
- Et Jorkins ? reprit-elle, la mâchoire crispée. Pour elle, vous savez quelque chose, au moins ?
- Les Aurors envisagent d'envoyer quelqu'un à sa recherche.
Megan éclata d'un rire sans joie : ils n'étaient pas plus efficaces que le département de la coopération magique internationale. Si la jeune fille ne se trompait pas, et que Bertha Jorkins avait bien croisé la route de Voldemort, alors la sorcière était sûrement déjà morte depuis longtemps.
- Bien, soupira Megan. J'ai ce qu'il me fallait.
Elle attrapa sa poêle et assomma de nouveau l'Auror.
