DERNIER HOMMAGE
Un sac rempli d'effets personnels féminins avait convaincu Megan que Bertha Jorkins était morte. Elle ignorait quand ou comment, mais Voldemort et son serviteur l'avaient retrouvée. Le ministère aurait dû se mettre à sa recherche beaucoup plus tôt, il était trop tard maintenant, Voldemort avait suffisamment d'informations sur le tournoi pour s'en servir à son avantage, bien que la jeune fille ignorât exactement comment il comptait exploiter cet événement.
Rester à Little Hangleton plus longtemps aurait été inutile, elle était certaine d'avoir tiré tout ce qu'elle pouvait de la demeure, qui avait visiblement seulement servi au Seigneur des Ténèbres d'étape. Après une nuit passée lovée dans le fauteuil pour se tenir chaud auprès du feu, ce fut les membres endoloris et décoiffée que Megan rejoignit à pied la ville adjacente de Great Hangleton, où elle emprunta un bus moldu jusqu'à la grande agglomération la plus proche. Impossible pour elle de reprendre le Magicobus, elle ne voulait pas trop attirer l'attention. Arrivée à Guildford en fin de matinée, elle s'accorda une pause pour déjeuner – elle avait emporté des provisions de la cuisine de Poudlard – et décider de la prochaine étape de son trajet. Elle ne voulait pas rentrer aussi vite, pas sans plus d'informations. Pourtant, elle n'avait aucune idée de l'endroit où Voldemort pouvait se trouver en ce moment-même. Et, sans s'en rendre compte, elle prit une décision dictée plus par son cœur que par sa raison, et alla acheter un billet de train pour Stourbridge. Au cours des quarante minutes que durèrent le trajet jusqu'à la gare de Reading, elle sortit de son sac pour le lire et le relire sans s'en lasser un morceau de journal découpé dans la Gazette de Sorcier, qui relatait la découverte du corps sans vie d'Anita. Il n'y avait eu aucune avancée dans l'enquête, que ce soit du côté moldu ou du côté des sorciers. Pourtant, Megan ressentait le besoin de se rendre sur les lieux, de comprendre par elle-même, et, peut-être, de faire ses adieux à sa nourrice. Après tout, elle avait du temps devant elle, et cette introspection pourrait miraculeusement lui donner des idées.
Megan s'endormit dans le train qui l'emmenait à la gare de Birmingham New Street, son sac serré contre elle pour s'épargner un vol, sa baguette glissée dans sa manche, prête à être brandie malgré la menace de la Trace. Sa nuit de sommeil dans le manoir avait été courte et inconfortable, entre les divers craquements de la bâtisse, les couinements des rongeurs qui y vivaient désormais, le crépitement du feu mourant et les rafales de vent gelé qui la traversaient parfois. Elle avait beau ne pas faire confiance aux Moldus qui l'entouraient dans le train, elle était trop épuisée pour résister au sommeil plus longtemps. Enfin, elle prit un dernier train pour une vingtaine de minutes jusqu'à la gare de Stourbridge Junction. Elle n'était jamais venue dans cette ville, mais une carte « empruntée » à la gare et l'adresse mentionnée dans l'article lui permirent de trouver son chemin jusqu'à l'immeuble où Anita était morte. C'était un bâtiment sans âge, avec des habitants si discrets que Megan n'en croisa aucun tandis qu'elle gravissait les étages. Grâce aux boîtes aux lettres, elle savait qu'Anita habitait au troisième – et aussi que personne n'avait encore emménagé dans l'appartement, qui serait par ailleurs difficile à vendre après les événements macabres qui s'y étaient déroulés. La serrure de la porte d'entrée fut ainsi plus facile à crocheter que si elle avait dû sans cesse s'assurer que personne ne venait, bien que la jeune fille trouvât extrêmement frustrant de ne pas pouvoir se servir de sa baguette. Le ministère n'aurait jamais pu savoir que c'était elle qui avait fait usage de la magie, mais elle ne pouvait pas risquer qu'un autre officiel vienne mettre son nez dans ses affaires.
À peine eut-elle ouvert la porte que l'odeur familière lui serra le cœur. Elle se souvenait du parfum d'Anita, fleuri et épicé à la fois, à son image. C'était une sensation apaisante, comme rentrer à la maison après un long voyage. Pourtant, il n'y avait rien d'apaisant dans cet appartement. Tous les meubles étaient renversés, un carreau était brisé, les livres de la bibliothèque étaient étalés sur le sol, il y avait d'étranges traces d'impact sur les murs, et du sang. Megan ne savait pas à quoi elle s'attendait, elle n'avait pas envisagé qu'elle pourrait être choquée. Rien n'avait été déplacé depuis le drame, rien sauf le corps. Pourquoi personne n'était-il venu ? S'en occuper ? Nettoyer ? Plus que jamais, Megan se sentit seule. Elle comprit que toute sa famille était partie, désormais. Elle le savait depuis longtemps, depuis le soir de son sixième anniversaire, mais jamais elle n'en avait été consciente comme maintenant. C'était comme jeter de l'acide sur une plaie ouverte, elle n'aurait pas cru pouvoir avoir encore plus mal avant.
Une fois le choc dépassé, elle s'attacha à de petits détails. Parmi les livres dans la bibliothèque, elle retrouva ceux qu'on lui lisait quand elle était enfant, tels que les contes de fée d'Edith Nesbit ou la BD retraçant les aventures de Martin Miggs le Moldu fou. Une carte professionnelle abandonnée sur un meuble indiquait qu'Anita travaillait dans une librairie magique en ville – elle avait toujours rêvé d'en tenir une. Une collection de plantes miniatures en pots s'alignait le long de la grande fenêtre du salon, mourantes, tendant leurs tentacules et leurs fleurs criardes vers la lumière. Des photos étaient alignées sur le mur du couloir, fixées par magie y figurait Anita en compagnie d'une femme rousse que Megan ne connaissait pas, devant une boutique flambant neuve « Les livres du jour », à une réception donnée par la Gazette du Sorcier, ou encore avec une petite fille aux longs cheveux noirs et aux yeux verts qui riait aux éclats. Megan s'empara de la photo sans s'apercevoir qu'elle avait cessé de respirer. Elle n'avait encore jamais vu ce cliché, mais elle reconnaissait le jardin de la maison où elle avait grandi. Anita la serrait dans ses bras avec une affection évidente. Les plus beaux souvenirs de sa vie. Sa nourrice ne l'avait pas oubliée, elle n'avait pas voulu l'effacer de sa vie, elle l'aimait toujours.
Le bruit d'une clef qui tournait dans la porte fit sursauter Megan. La porte étant déjà déverrouillée, l'intrus compris que quelqu'un se trouvait dans l'appartement, et ouvrit le battant avec fracas. Megan, qui avait brandi sa baguette et arborait un air menaçant, se retrouva face à une femme aux yeux écarquillés d'horreur. Ce visage était familier : il s'agissait de la femme rousse sur la photographie. Mais la jeune fille ne s'attendait pas à être elle aussi reconnue.
- Megan ? hoqueta la nouvelle venue.
- Entrez, aboya la jeune fille.
Ne voyant pas la femme réagir, elle leva sa baguette d'un air menaçant. L'inconnue bondit à l'intérieur, et Megan s'empressa de refermer la porte derrière elle.
- Votre baguette, ordonna-t-elle.
- Quoi ?
- Donnez-moi votre baguette.
La femme plongea une main tremblante dans une des poches de son manteau et en ressortit l'objet, que Megan lui prit aussitôt.
- Tu es Megan, n'est-ce pas ? s'enquit la femme. Meganna ? Buckley ?
- Vous êtes qui ?
- Serena.
- Qui ? insista la jeune fille avec agressivité.
- Sa sœur ! La sœur d'Anita. Je suis la sœur d'Anita.
- Ah, lâcha Megan en baissant sa baguette. L'Irlandaise.
Elle se rendit dans le salon, laissant Serena reprendre lentement ses esprits, sans pour autant lui rendre sa baguette.
- Tu ne devrais pas être à Poudlard ? hasarda la femme.
- Vous habitez ici ? Avec elle ?
- Anita ? Non… Je suis venue ici quand j'ai appris…
- Vous êtes sa sœur, vous n'avez pas eu de nouvelles pendant des mois, et vous avez attendu qu'on parle de son cadavre dans les journaux pour venir ici ? s'exclama soudain Megan avec colère.
- Quand Ani est partie, on s'était disputées ! Elle ne voulait plus entendre parler de moi. Je pensais qu'elle ne m'écrivait plus à cause de ça… pas qu'elle…
Le regard de Serena passa des impacts dans les murs aux traces de sang et ses yeux s'embuèrent aussitôt. Megan n'arrivait pas à croire que cette femme était la sœur d'Anita, elles n'avaient rien en commun, Anita était beaucoup plus forte.
- Pourquoi vous êtes là, dans ce cas ?
- Après sa mort… C'est moi qui suis devenue propriétaire… J'étais venue pour nettoyer, mais… Je n'y arrive pas. J'ai encore pu toucher à rien.
- Vous savez qui a fait ça ? Qui l'a tuée ?
- Ils n'ont pas encore trouvé, l'enquête est encore en cours…
- Ils ne trouveront pas.
Serena ignorait que Voldemort était l'auteur du meurtre, qu'Anita était morte à cause de Megan.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Peu importe. Pourquoi ils ont mis aussi longtemps à la retrouver ? Pourquoi personne ne s'est inquiété ? Elle travaillait dans une librairie, pourquoi son patron n'a pas signalé sa disparition ?
- Elle n'avait pas de patron, intervint Serena, elle travaillait seule. Cette librairie, elle l'a ouverte il y a trois ans. « Les livres du jour », c'était un jeu de mot avec notre nom de famille.
- Il y a trois ans ? répéta Megan. Emily – Emily a dit qu'Anita était partir vivre chez vous, en Irlande, et qu'elle n'était presque jamais revenue en Angleterre depuis.
Un sentiment de colère traversa la jeune fille envers sa mère adoptive. Non seulement les Boyd lui avaient caché qu'ils connaissaient Anita, mais ils lui avaient menti.
- Je crois qu'elle n'a prévenu personne, hasarda Serena. Elle était en colère contre le monde entier depuis la mort de tes parents.
Et ce n'était pas la seule dans ce cas. Anita était vraiment la personne la plus proche de Megan, en tous points.
- Je crois vraiment que personne ne savait qu'elle vivait ici. Je n'ai trouvé personne à prévenir, pour l'enterrement… Je n'ai même pas organisé de cérémonie.
- Alors elle n'a même pas eu droit à des adieux corrects ? lâcha furieusement Megan. Elle a été torturée, tuée, son corps a moisi dans cet appartement pendant des mois, et personne n'est venu lui dire au revoir ?
Serena laissa échapper un sanglot, honteuse et rongée de chagrin. La colère de Megan ne faisait qu'accentuer sa propre douleur, elle qui essayait depuis la découverte macabre de trouver le moyen de faire son deuil.
Cela n'apporterait rien à Megan dans sa recherche, mais ce pourrait l'aider à faire de vrais adieux à Anita. Tandis que Serena reniflait et commettait un génocide de boîtes de mouchoirs, la jeune fille alla installer ses affaires dans la chambre de sa nourrice – laisser l'Irlandaise dormir sur le canapé ne lui posait aucun problème –, remonta ses manches et se mit au travail. Remettre de l'ordre dans l'appartement et laver le sang l'aiderait à laver ses propres blessures, du moins c'était ce qu'elle espérait. Il fallait aussi arroser les plantes – Anita aimait tellement la botanique, elle n'aurait pas voulu que ses compagnes feuillues meurent elles aussi. Pendant les trois jours qui suivirent, Megan mit donc de côté sa fierté pour endosser le rôle d'un elfe de maison. La jeune fille ne parla que très peu pendant cette période : elle ne considérait pas Serena digne de sa salive et de son temps, agacée par les sanglots permanents de la femme, et elle était trop concentrée sur le contrôle de ses propres émotions. La photo qu'elle avait trouvée était pliée dans une de ses poches, et elle en sentait le poids contre sa poitrine. La sœur d'Anita lui fut cependant d'une certaine aide : contrairement à Megan, qui était bloquée par la Trace, elle pouvait utiliser la magie, et surtout elle pouvait sortir faire des courses et préparer de quoi manger.
- Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ? osa lui demander la femme le troisième soir, alors que toutes deux étaient enfin venues à bout du maelström. Tu vas rentrer à Poudlard ?
Ce n'était pas une question stupide. Megan avait eu l'esprit tellement occupé par son rangement et avait accumulé tellement de fatigue qu'elle ne s'était pas encore interrogée à ce sujet. Elle était venue à Stourbridge car elle n'avait pas su où aller après Little Hangleton et espérait que ce séjour au pays des souvenirs lui apporterait l'inspiration dont elle avait besoin, mais il n'en était rien, elle en était toujours au même point.
- Je n'ai pas encore fini ici, décréta-t-elle d'une voix neutre. Il faut encore s'occuper de la librairie.
- Elle est aussi à moi maintenant… Mais je n'y connais rien, en livres, mon truc à moi c'est l'administratif, je pourrais seulement la gérer, mais pas la tenir… Tu voudrais y travailler ?
- Ouais, c'est vrai qu'en même temps que mes études à Poudlard, ce sera pratique de tenir une librairie dans le sud de l'Angleterre, répliqua sarcastiquement Megan.
Serena se mordit les lèvres.
- Je vais la vendre, alors…
- Ouvrir cette boutique, c'était le rêve d'Anita ! protesta vivement la jeune fille.
- Mais elle est morte !
Les larmes lui montèrent aussitôt aux yeux, agaçant de nouveau Megan – était-il réellement possible d'être aussi fragile ? Même Hermione ou Longbottom ne pleuraient pas autant.
- Vous allez la garder, asséna la jeune fille. Et vous occuper des papiers. Je vais trouver quelqu'un pour y travailler.
- Qui ça ?
- Je m'en occupe.
- Megan –
- Vous n'avez pas été là pour elle de son vivant alors vous allez faire un effort, maintenant qu'elle est morte ! s'exclama la jeune fille avec colère.
Elle se leva de table et alla s'enfermer dans la chambre. Bien sûr, elle ne savait absolument pas à qui elle pourrait confier cette boutique, mais elle ne pouvait concevoir que celle-ci passe entre les mains de parfaits inconnus qui pourraient la détruire, ou pire encore qu'elle soit vendue à des Moldus. Elle trouverait un sorcier ou une sorcière digne de confiance, qui veillerait à ce que le commerce soit traité avec le respect qui lui était dû. Or, pour trouver la personne la plus à même de s'en occuper, Megan devait au moins savoir à quoi elle avait affaire. Dès le lendemain matin, elle quitta l'appartement avec la capuche rabattue sur la tête pour se rendre à l'adresse qu'indiquait la carte professionnelle d'Anita : 22 impasse Saint-Yorre. La jeune fille marcha pendant une dizaine de minutes, son plan de la ville entre les mains, jusqu'à trouver ladite impasse. À l'extrémité de celle-ci se trouvait un grand mur blanc avec une plaque esseulée qui affichait le numéro 22 – sans porte ni fenêtre. Pourtant, au fur et à mesure que Megan approchait, la plaque s'agrandissait, jusqu'à devenir une devanture engageante remplie de livres en tous genres. Les livres du jour reflétait la personnalité d'Anita : sobre mais chaleureuse. À peine entrée, la jeune fille inspira à plein nez l'odeur si familière qu'elle avait déjà retrouvée dans l'appartement, mélangée cette fois au vieux papier. L'intérieur de la librairie était rempli d'étagères qui montaient jusqu'au plafond, pleines à craquer de manuels de cuisine, de romans d'aventures et de guides du parfait botaniste, des fauteuils moelleux étaient répartis à travers la boutique étroite mais étonnamment profonde, et sur le comptoir, près de l'entrée, trônait une antique caisse à tiroir à côté de laquelle était posé un thermos, encore rempli au tiers de café. Anita ne s'attendait pas à ce que Voldemort la retrouve, elle avait été violemment arrachée à son quotidien, elle n'avait même pas pu finir son café.
Hermione aurait été aux anges si elle avait vu cet endroit – elle aurait été toute désignée pour endosser le rôle de la nouvelle libraire, si elle n'était pas elle aussi retenue en Écosse par ses études. Megan ne put pas résister. Elle parcourut les étagères et choisit minutieusement plusieurs livres, qui lui paraissaient tous plus passionnants les uns que les autres. Puis, profondément installée dans l'un des fauteuils, elle se plongea dans leur lecture. Entourée de l'odeur d'Anita, plongée dans le petit univers qu'elle avait construit au numéro 22, Megan partagea un dernier moment de complicité avec sa nourrice.
Quitter Stourbridge sans avoir trouvé qui que ce soit pour remplacer Anita à la librairie frustra Megan, mais elle ne pouvait rester éternellement dans le passé elle devait reprendre sa route, et la seconde tâche n'était plus que dans un mois. Serena se chargerait donc de maintenir Les livres du jour ouverte, en hommage à sa sœur, tandis que Megan repartirait pour Londres. Elle avait passé deux jours à feuilleter des numéros de la Gazette et des bottins magiques, et à envoyer des hiboux – celui de Serena – à des agents du ministère ou à des journalistes, sous une fausse identité, et avait enfin obtenu l'adresse de Bertha Jorkins.
À peine était-elle descendue du train qu'une chouette effraie aux plumes sombres fondit sur elle, surprenant tous les Moldus qui l'entouraient. L'animal avait un morceau de parchemin fixé à la patte, ce qui agaça Megan : elle avait bien précisé dans ses lettres à ses amis qu'ils ne devaient pas lui écrire, et voilà maintenant qu'elle attirait ostensiblement l'attention avec cet animal nocturne et rural en plein milieu de Londres à midi un 24 janvier ! Elle détacha furtivement la lettre et se dirigea d'un pas vif vers une ruelle où on cesserait de faire attention à elle, malgré la chouette qui la suivit joyeusement en ululant.
Megan,
Il faudra vraiment que tu m'expliques ce que tu voulais à Peter. Je te crois quand tu dis qu'il a dû rejoindre Tu-Sais-Qui, mais c'est un incapable doublé d'une mauviette, je ne vois pas quelle aide il pourrait lui apporter, on ne devrait pas se soucier de lui.
Tout va bien, avec ta famille ?
De mon côté, j'ai aussi des nouvelles : Harry m'a informé dans une lettre que Mr Crouch s'est introduit dans le bureau de Snape jeudi soir, alors que Crouch est supposé être tellement malade qu'il ne vient plus juger les épreuves du Tournoi. C'est extrêmement étrange. Snape a dit que c'était probablement pour voler des ingrédients, mais je ne vois pas pourquoi Crouch ferait ça. Surtout que Fol Œil, qui était là aussi, a eu l'air d'insinuer que Snape aurait autre chose que des ingrédients dans son bureau, des choses cachées : Fol Œil a fouillé son bureau en arrivant à Poudlard ! Et d'après Harry, il avait l'air de soupçonner Snape, comme si c'était lui qui avait fait en sorte qu'il se retrouve champion de Poudlard. Ce ne serait pas impossible, Snape est clairement mauvais.
Du nouveau de ton côté ?
Sirius
Ce n'étaient donc pas ses amis qui avaient envoyé ce hibou à Megan. Elle avait complètement oublié le fugitif et leur espionnage réciproque. Elle n'avait cependant pas le temps dans l'immédiat de lui répondre. Elle fourra dans sa poche la lettre, trouva dans sa besace un peu de Miamhibou qu'elle donna à la chouette pour s'en débarrasser, puis reprit sa route. Elle jouait la dernière carte de son jeu : si elle ne trouvait rien chez Jorkins, elle ne saurait plus où chercher et rentrerait à Poudlard avec les mains vides – ou presque –, une idée qui la révulsait.
Bertha Jorkins habitait au dernier étage, bas de plafond, d'un immeuble étriqué au nord de Londres. De l'extérieur, Megan eut le sentiment qu'elle allait trouver une chambre de bonne, mais une fois passée la porte de l'appartement, il devint évident que de la magie avait été pratiquée ici : une dizaine de pièces se partageaient l'espace surprenant qui s'étalait devant elle, bien que le bazar qui y régnait donnait l'illusion d'une certaine étroitesse. Megan dut zigzaguer entre plusieurs piles de vêtements, de livres et d'objets divers pour atteindre un bureau, lequel croulait sous des liasses de parchemins. Avec un soupir résigné, la jeune fille prit place et s'attela à leur lecture. Certains étaient relatifs à des dossiers que la femme avait traité dans le passé au sein des divers départements du ministère dans lesquels elle avait été mutée, tous couverts de ratures et de tâches d'encre. Megan y déchiffra des accords avec les Français pour le commerce de ventricules de dragon, un projet de règlement relatif aux territoires des centaures, une liste des produits taxés par le département du commerce magique, une carte des zones moldues où vivaient des sorciers mineurs – dont le Wiltshire –, des arrêts rendus par les tribunaux du ministère ou encore une révision des règles officielles des Bavboules, et bien sûr l'organisation du Tournoi des Trois Sorciers. Tous ces documents comportaient de nombreuses incertitudes et quelques fautes, Bertha Jorkins n'était visiblement pas un atout pour les départements qui l'avaient employée. Mais parmi ces innombrables fichiers officiels, Megan en découvrit d'autres autrement plus intéressants : des cartes de l'Albanie, des réservations de billets et des adresses à l'étranger. À en juger par ce qu'elle trouva, la femme avait prévu de se rendre dans le nord du pays, à Koplik puisque la ville était entourée sur la carte, puis à Përmet, dans le sud. Megan se laissa aller sur le dossier de sa chaise en poussant un soupir de soulagement. Plus que jamais, elle avait le sentiment d'être sur la bonne piste. Elle allait suivre l'itinéraire de Jorkins à travers l'Albanie, et trouver l'endroit exact où la femme avait disparu, l'endroit où elle avait croisé le chemin de Voldemort. De là, elle n'aurait plus qu'à suivre la trace du mage noir.
Megan fourra donc tous les papiers dans sa besace et entreprit d'inspecter le reste de la pièce. Elle ne trouva aucun guide, mais des lettres et des photos lui permirent de découvrir l'existence d'un cousin et d'une tante qui vivaient respectivement dans le nord et le sud de l'Albanie, ce qui pouvait justifier le voyage. Rassurée quant à la suite de ses recherches, Megan s'accorda une petite pause : elle s'installa dans la cuisine et vida les placards – Jorkins ayant disparu du jour au lendemain, elle avait laissé derrière elle tout ce qu'il fallait pour manger copieusement. Malgré l'absence de Serena ou d'un aubergiste anglais, Megan parvint donc à se nourrir convenablement, une première depuis qu'elle s'était lancée à la recherche de Voldemort. Une fois repue, elle sortit de sa poche la lettre de Sirius et la relut, puis alla chercher un parchemin, une plume et de l'encre dans le bureau.
Sirius,
Moi je me soucie de Pettigrew Voldemort a forcément besoin de quelqu'un pour revenir, et cette mauviette voudra absolument être dans ces bonnes grâces. Je suis sûre de moi.
Ouais, ma famille ne va pas trop mal, enfin je suis encore avec eux, là.
Le fugitif ne semblait même pas s'étonner qu'elle prenne soin de « sa famille » alors même qu'il savait qui étaient ses parents – morts. Mais Megan était satisfaite qu'il croie à cette excuse, cela lui évitait d'avoir à fournir des explications et confirmer les pires craintes de Sirius : qu'elle change de camp et « suive la trace de ses parents ». Il ne comprendrait pas son projet. Si elle en venait à réellement rejoindre Voldemort, personne ne comprendrait mais ce qui comptait, c'était la sécurité de ceux qu'elle aimait.
Je ne sais pas pourquoi Crouch s'infiltrerait dans Poudlard, surtout dans le bureau de Snape. Peut‑être qu'il connaît son passé, mais il est trop malade pour s'en soucier… Ou alors il voulait voler de quoi se préparer une potion pour se soigner ? Mais il est riche, pourquoi devrait-il se rendre lui‑même à Poudlard ? Je ne comprends pas plus que toi.
On sait tous les deux que Snape est trempé dans les affaires des Mangemorts, on ne va pas se mentir. C'est évident que Fol Œil se méfie de lui. Mais je ne pense pas que ce soit lui qui ait mis le nom de Potter dans la coupe : il a eu plein d'occasions de le tuer, ces trois dernières années, et il ne l'a pas fait, il lui a même parfois sauvé la vie, et puis il n'oserait pas défier Dumbledore. Et surtout, je pense que c'est Karkaroff.
Je t'explique ma théorie : Bertha Jorkins a croisé le chemin de Voldemort pendant son séjour en Albanie, il l'a torturée pour obtenir des informations et a appris ainsi que, cette année, à Poudlard, Fol Œil serait professeur de Défense contre les forces du mal et que le Tournoi des Trois sorciers y aurait lieu, et donc que Karkaroff serait au collège toute l'année, et il a compté sur sa fidélité. C'est ce dont tu m'as déjà parlé dans une autre lettre. Jusque-là, on est d'accord. Ensuite, il a tué Jorkins pour se débarrasser d'elle, et mis en place un plan. Il a envoyé Karkaroff éliminer Fol Œil avant la rentrée – mais il a échoué. Il a quand même réussi à ce que Karkaroff mette le nom de Potter dans la Coupe, et il prévoit qu'il se fera tuer pendant la compétition – ce qui est hautement probable, il n'est clairement pas au niveau.
Ça ne nous éclaire pas sur la manière dont il compte revenir au pouvoir, mais ça nous en dit plus sur son projet. Je sais déjà que tu vas me demander de protéger ton filleul de Karkaroff, alors j'anticipe : lorsque je serai rentrée à Poudlard – bientôt – et si je n'ai pas besoin de repartir, je garderai un œil sur lui – c'est surtout que j'ai un accord avec Dumbledore. Mais ne compte pas sur moi pour le suivre comme son ombre et bondir entre lui et chaque menace, ce n'est pas mon fils, ni même mon ami.
Megan
Il n'y avait pas de hibou chez Bertha Jorkins, aussi la jeune fille n'avait pas la possibilité de transmettre sa lettre dans l'immédiat. Elle l'enverrait une fois rentrée à Poudlard, ce qui ne tarderait pas, comme elle l'avait indiqué à Sirius. En effet, sa prochaine étape était l'Albanie, et elle ignorait combien de temps serait nécessaire pour retrouver la piste de Voldemort dans le pays. La seconde tâche étant dans un mois, elle préférait rentrer préparer son voyage au château et attendre la fin de l'épreuve du lac pour repartir. Et dans l'immédiat, elle allait profiter du confort de l'appartement pour reposer son corps et son esprit.
Megan n'était finalement partie qu'à peine plus d'une semaine, et ses recherches avaient été beaucoup plus fructueuses qu'elle n'avait osé l'espérer. Plus le temps passait, plus le rythme de ses découvertes s'accélérait. Si elle continuait ainsi, elle aurait retrouvé Voldemort bien avant la troisième tâche.
À défaut de pouvoir pratiquer la magie, rentrer à Poudlard fut à nouveau long et compliqué : après avoir pris un train jusqu'en Écosse – un voyage qui dura une matinée entière –, Megan passa le reste de sa journée à chercher une demeure abritant des sorciers, ou une boutique magique contenant une cheminée. Ce ne fut qu'au milieu de la nuit, alors que le soleil était couché depuis plusieurs heures, qu'elle parvint à rentrer : elle avait vu un enfant jouer avec une baguette dans un jardin – et accidentellement mettre le feu à un parterre de fleurs–, et profita du départ des parents et de la venue d'une baby-sitter pour se glisser à l'intérieur. Alors que l'enfant et la jeune femme qui s'occupait de lui étaient à l'étage, elle se rendit au salon. Un pot en terre cuite trônait sur le manteau de la cheminée, et Megan s'y servit une poignée de poudre de Cheminette. La cheminée était tellement petite – moderne – que la jeune fille dut s'asseoir dans le foyer pour y tenir. Elle venait de lancer la poudre dans les flammes magiques lorsque la baby-sitter fit irruption dans le salon et la regarda disparaître avec effroi dans le tourbillon de flammes vertes. Après maintes secousses, Megan surgit dans la salle principale des Trois Balais, plongée dans le noir. Espérant que son arrivée – aussi discrète que pouvait l'être un tourbillon de flammes – n'attirerait pas l'attention de Madame Rosmerta, qui vivait à l'étage du dessus, la jeune fille récupérera au fond de sa besace magique un de ses plus lourds manuels pour briser une vitre, puis elle enjamba précautionneusement le rebord de la fenêtre. Le temps que la propriétaire, alarmée par le bruit, se précipite au rez-de-chaussée, l'adolescente s'était fondue dans l'obscurité de Pré‑au‑lard et remontait le chemin qui menait à Poudlard, guidée par la lumière qui tremblait derrière certaines fenêtres. Dumbledore savait qu'elle rentrait, car elle put ouvrir le grand portail d'une pensée, sans effort, et les portes du château avaient été laissées entrouvertes. Seule dans le silence des couloirs vides du château qu'elle avait souvent arpentés la nuit, elle rejoignit la tour de Gryffondor.
- Bananes frites, énonça-t-elle en arrivant devant le portrait de la Grosse Dame, espérant que le mot de passe n'ait pas changé depuis son départ.
Sa voix était enrouée, elle n'avait plus parlé depuis qu'elle avait quitté Stourbridge, trois jours plus tôt. Bien que surpris de voir arriver si tard une élève qu'il ne se rappelait pas avoir laissé sortir, le portrait pivota et la laissa entrer. Ce fut avec soulagement que la jeune fille se laissa tomber dans son lit, de retour chez elle.
Un hoquet de stupeur suivi d'un bruit sourd réveilla Megan le lendemain matin. Elle ouvrit un œil et vit Hermione se redresser, visiblement fraichement tombée du lit, les cheveux plus ébouriffés que jamais.
- Megan ? Tu es revenue !
L'intéressée laissa échapper un grognement d'approbation puis referma les yeux et se retourna dans son lit pour terminer sa nuit. Mais sa meilleure amie ne l'entendait pas de cette oreille.
- Depuis quand tu es rentrée ? Tu vas bien ? Ta famille va bien ? Pourquoi tu ne m'as pas réveillée ?
- C'était le milieu de la nuit, gémit la jeune fille, qui avait le sentiment de n'avoir dormi que quelques minutes depuis son retour à Poudlard.
- Et tu ne repars plus, maintenant ?
- Pas tout de suite.
L'excitation d'Hermione avait réveillé tout le dortoir, et Brown et Patil se mirent à fixer Megan à leur tour. Comprenant qu'elle ne pourrait plus espérer dormir dans ces conditions, la jeune fille quitta son lit à regret et récupéra son uniforme.
- Comment ça, « pas tout de suite » ? s'offusqua Hermione. Qu'est-ce qu'il se passe, Megan ?
- C'est compliqué.
- Arrête de répéter ça.
- Arrête de poser des questions, lança la jeune fille en s'allant s'enfermer dans la salle de bain pour se préparer.
Lorsqu'elle ressortit, habillée et coiffée, Brown et Patil étaient déjà descendues prendre leur petit déjeuner mais Hermione l'attendait de pied ferme, les bras croisés.
- J'ai quelque chose pour toi, annonça Megan pour la dérider.
Elle sortit de sa besace les livres qu'elle avait pris dans la librairie d'Anita. Aussitôt, les yeux de sa meilleure amie s'illuminèrent.
- Oh, Megan ! Où est-ce que tu les as eus ? Ils sont fantastiques !
- C'est une longue histoire. Une histoire de famille.
Elle alla saluer Eleyna, puis lui confia sa lettre pour Sirius avant de descendre petit déjeuner. La réaction de Ron et des jumeaux fut identique à celle d'Hermione, mais Megan n'avait pas l'intention de se lancer dans des explications relatives à ses activités hors de Poudlard.
- Racontez-moi plutôt ce que j'ai manqué d'intéressant, lança-t-elle en engloutissant goulûment ses toasts au beurre de cacahuète.
- Pour la deuxième tâche, je vais devoir rester une heure sous l'eau, dans le lac, pour aller chercher « ce qui m'est le plus cher », annonça Potter d'un air ahuri.
- Hm, oui, je sais, acquiesça Megan.
- Je ne sais pas comment je vais faire…
- Tu pourrais réutiliser le sortilège d'Attraction ! proposa Ron. Tu sais, pour faire venir ces équipements moldus dont tu m'as parlé !
- Et comment est-ce que Harry pourrait faire voler des bouteilles à oxygène depuis la ville moldue la plus proche sans violer le Code international du secret magique ? balaya sèchement Hermione. En plus il faudrait qu'il apprenne à en utiliser, ce n'est pas aussi simple qu'on le croie. Bien sûr, la solution idéale, ce serait de te transformer en sous-marin, ou quelque chose dans ce genre-là, reprit‑elle après un instant de réflexion. Si seulement nous avions déjà étudié la métamorphose humaine ! Mais on ne l'aborde qu'en sixième année et ça peut tourner très mal quand on ne sait pas bien s'y prendre...
- Oui, je n'ai pas envie de me promener avec un périscope sur la tête, commenta Potter. Peut-être que si j'attaque quelqu'un en présence de Maugrey, il fera ça pour moi...
- Je ne pense pas qu'il te laissera choisir en quoi tu veux être transformé, répliqua Megan d'un ton dur, ne pardonnant toujours pas au professeur l'épisode de la fouine.
- Non, acquiesça Hermione, je crois que ta seule chance c'est d'utiliser un sortilège.
- C'est un peu le principe du Tournoi, oui, commenta Megan, que l'incompétence de Potter ne cessait d'épater.
- Moi qui croyais avoir passé suffisamment de temps à la bibliothèque pour le reste de mes jours…, gémit le garçon.
- Je vais regarder dans les livres que tu m'as ramenés, Megan, j'espère qu'on trouvera à temps...
Megan avait une idée très précise de ce qui pourrait permettre à Potter d'aller chercher au fond du lac ce qui lui était le plus cher : le sortilège de Têtenbulle. Mais hors de question de fournir cette solution au garçon, c'était lui le champion. Et rien ne lui ferait plus plaisir que de le voir échouer lamentablement lors de l'épreuve.
Durant le cours d'Histoire de la magie, le retour de Megan fut le sujet principal des conversations avant que tous les élèves ne retombent dans leur torpeur habituelle, mais la jeune fille n'y prêta pas attention, trop occupée à réfléchir à la suite de sa quête. Elle pourrait librement faire usage de la magie une fois sortie du Royaume-Uni, puisque le ministère n'aurait plus aucune autorité sur elle, mais elle devait avant cela trouver comment se rendre en France, première étape de son voyage vers l'Albanie :
- On prenait le ferry ou l'avion, expliqua Hermione à voix basse lorsque sa meilleure amie vint s'enquérir de la façon dont elle et ses parents procédaient pour aller skier dans les Alpes au cours des vacances d'hiver. Une fois que tu as passé la frontière, c'est facile, ils ont des lignes de train traversent tout le pays, ça s'appelle le TGV. Pourquoi ?
- J'ai une grand-tante en France, mentit Megan en griffonnant deux lignes sur la révolte des trolls, et je voulais savoir comment on pourrait aller la voir.
- Elle n'a pas de cheminée ? Sinon tes parents peuvent recourir au transplanage d'escorte, tu sais ?
- Oui, oui, bien sûr.
Elle oubliait souvent que Ron, Hermione et Potter ne connaissaient pas la vérité sur sa famille. Tous semblaient croire qu'elle vivait avec ses deux parents, sorciers, et menait une vie parfaitement ordinaire hors de Poudlard. Et c'était tant mieux. Elle ne voulait pas qu'ils apprennent à quel point la réalité était différente.
- Je vais avoir besoin que tu me prêtes de l'argent, annonça Megan en arrivant derrière Draco, qui se dirigeait vers la Grande Salle.
Elle profitait qu'il ne soit entouré ni de ses deux babouins, ni de l'affreuse Parkinson, pour pouvoir l'approcher. Il ne se retourna pas il avait reconnu sa voix, et son retour à Poudlard n'était déjà plus un secret pour personne.
- Pourquoi je ferais ça ?
- Pour que j'aille en Albanie.
- Qu'est-ce que tu irais faire en Albanie ?
- Il a été là-bas. Je veux remonter sa piste. Et je vais devoir aller jusqu'en France pour pouvoir me servir de ma baguette. Je sais que tu as de l'argent moldu pour les achats que tu fais dans le dos de tes parents. Moi je n'en ai presque plus et ce ne sont pas les Boyd qui vont m'aider.
- Pourquoi tu ne vas pas en changer à Gringotts ?
- Je n'ai vraiment pas le temps, Draco. Et puis je ne veux pas trop attirer l'attention en changeant trop souvent de monnaie. Le ministère ne doit pas savoir que je me balade en dehors de Poudlard.
Il y eut un long moment de silence. Megan marchait toujours quelques pas derrière le garçon et ils approchaient de la Grande Salle où les premiers élèves déjeunaient déjà en bavardant bruyamment, ils ne pourraient bientôt plus se parler. Draco devait se demander s'il souhaitait aider Megan à retrouver Voldemort ou s'il souhaitait rester loin de cette entreprise. Sans qu'elle sache ce qui le motiva, il prit sa décision :
- Ce soir, j'aurai mis l'argent sous la septième marche, en partant du bas, de l'escalier qui mène au troisième étage, lâcha-t-il avant d'aller rejoindre les autres Serpentard sans un regard en arrière.
Et ce fut le cœur un peu plus léger que d'ordinaire que Megan rejoignit ses propres condisciples pour le déjeuner. Potter, lui, n'était pas aussi serein. L'air plus pâle que d'ordinaire, il ne cessait de jeter à travers la fenêtre des coups d'œil anxieux en direction du lac, comme le si le calmar géant pouvait à tout instant en surgir pour l'attaquer. Sensibles à l'inquiétude de leur meilleur ami et à la date de la seconde tâche qui approchait, Ron et Hermione décidèrent d'avaler leur déjeuner au plus vite pour se rendre à la bibliothèque afin de l'aider dans ses recherches, tandis que Megan alla s'installer à la table des Serdaigle pour manger en compagnie de Kevan – celui-ci lui avait réservé un accueil bien plus chaleureux que lors de son précédent retour à Poudlard, ravi que la jeune fille lui ait cette fois laissé une lettre expliquant son absence.
