APPARITION ET DISPARITION
Megan n'avait jamais été aussi contente de rentrer à Poudlard. Les deux dernières semaines avaient été absolument épuisantes, tant physiquement que mentalement, et le confort et la sécurité de l'école lui manquaient, ses amis lui manquaient et Kevan lui manquait. Elle craignait qu'ils découvrent ce qu'elle avait fait, qu'ils découvrent la Marque sur son bras, qu'ils découvrent qui elle était devenue, elle allait devoir beaucoup mentir, mais elle avait l'habitude. Elle ne rentrait pas seulement par confort, cependant, elle était envoyée par Voldemort. Elle devait faire un « compte-rendu » à Dumbledore, lui raconter ce que le mage noir lui avait ordonné de raconter. Bientôt, elle devrait retourner à Little Hangleton dans l'ambiance glaciale du manoir Riddle.
Pettigrew l'attendait dans le hall lorsqu'elle descendit avec son sac. Le sac qu'Emily lui avait offert, sans savoir que Megan allait l'abandonner par la suite au profit des Weasley. Elle refusa d'y penser. Elle devait se concentrer sur les vies qu'elle sauvait. Sans un regard vers la créature et son serpent, la jeune fille attrapa, avec dégoût, le bras de Pettigrew, qui transplana vers Pré-au-lard. Bien que consternée que le sorcier supposé être mort puisse se rendre dans ce village sorcier sans difficultés, l'adolescente devait admettre qu'elle appréciait de ne pas avoir à passer toute une journée dans les transports ou à entrer par effraction chez des sorciers pour utiliser leur cheminée pour pouvoir rentrer à Poudlard. Elle ne prit pas la peine de saluer le traître, et se dirigea d'un pas vif vers le château. Avec le retour du printemps, le parc était magnifique. En ce premier samedi matin des vacances de Pâques, il y avait un grand nombre d'élèves qui flânaient dans le parc, au bord du lac. Beaucoup la regardèrent avec des yeux ronds tandis qu'elle remontait le chemin qui menait au château. Elle avait pris le soin de revêtir son uniforme, pour ne pas se promener au milieu des autres étudiants habillée en Moldue, mais son retour n'aurait pu passer inaperçu pour autant. Elle tâcha de ne pas leur prêter attention. Certains avaient des manuels ouverts sur les genoux, étaient entourés de rouleaux de parchemin, l'air inquiets, et elle les enviait assez pour ressentir envers eux une colère injustifiée. Leurs seuls soucis étaient les résultats de leurs examens, leurs devoirs, leurs querelles entre amis. Elle, elle avait tué deux personnes la veille et jouait un rôle d'agent double auprès des deux plus grands sorciers que le monde ait connus.
Megan ne chercha pas du regard ses amis dans le parc, elle ne monta pas dans la salle commune des Gryffondor les retrouver, elle voulait d'abord faire ce pour quoi elle était revenue, pour ensuite mettre de côté cette mission et pouvoir profiter, l'espace de quelques jours, d'un répit auprès de ses proches, dans le confort et la sécurité de l'école. Massant son bras gauche pour calmer la douleur encore cuisante, elle se dirigea donc immédiatement vers le bureau du directeur. Il lui fallut plusieurs essais pour deviner le nouveau mot de passe, une fois devant la gargouille, mais « Suçacides » finit par avoir raison de la statue, qui fit un pas de côté pour la laisser passer. Dumbledore l'attendait, assis derrière son bureau, les mains jointes, l'air paisible, mais ses yeux trahissaient son impatience. Pour la centième fois en quatre ans, Megan se demanda comment le directeur s'y prenait pour savoir tout ce qu'il se passait entre les murs du château. Probablement un de ses tableaux qui l'aura alerté de son retour.
- Meganna, c'est un soulagement de te revoir, dit-il posément.
- Je suis contente d'être rentrée, répondit la jeune fille avant de se laisser tomber dans un des fauteuils qui faisaient face au bureau. Il est bien vivant.
- Tu l'as retrouvé ?
L'expression de Dumbledore était un mélange de déception et de résignation. Megan conclut qu'il avait deviné que Voldemort n'avait pas été défait, mais qu'il avait espéré s'être trompé. Avoir la confirmation que son ennemi avait survécu était visiblement une nouvelle difficile mais inévitable.
- Oui, en Albanie, confirma-t-elle. Mais il ne veut pas que vous le sachiez.
Megan jouait prudemment son double-jeu. Voldemort lui avait interdit d'avouer à Dumbledore qu'elle l'avait retrouvé et dans quel état il était, mais la jeune fille devait en informer le directeur de Poudlard, dans l'espoir que cela contribue à empêcher le mage noir de revenir au pouvoir. Cependant, elle ne pouvait pas lui avouer toute la vérité, sans quoi la créature le verrait dans son esprit lors de sa prochaine inquisition. Megan pouvait cacher ou travestir certains recoins de son esprit, mais ses capacités en la matière avaient leurs limites. Elle pourrait faire croire à Voldemort qu'elle avait seulement dit à Dumbledore avoir retrouvé ses traces en Albanie.
- Parle-moi de lui, la pressa le vieux sorcier.
- Il a une apparence... matérielle, mais c'est plus une chose qu'une personne. Mais il est très, très faible. Je veux dire, il a encore des pouvoirs, il peut toujours lancer des sorts...
Megan se rappela non sans frémir la douleur atroce du sortilège Endoloris ainsi que la marque sur son bras. Elle s'interdit d'y porter la main, elle ne voulait pas que Dumbledore découvre qu'elle portait le signe distinctif des Mangemorts, elle ne devait pas risquer qu'il l'empêche de repartir.
- Meganna, est-ce qu'il t'a fait du mal ? s'enquit pourtant le vieil homme.
- Je vais bien, répliqua-t-elle sèchement.
- Lord Voldemort est ce qu'on appelle un sadique, Meg –
- Je sais, le coupa-t-elle. Mais je vais bien. Lui, en revanche, est vraiment faible, fragile. Je pourrais le tuer ! Il suffirait de le prendre par surprise, il ne pourrait pas –
- Tu ne dois pas tenter de le tuer, asséna Dumbledore avec le plus grand sérieux.
- Mais pourquoi ?
Megan bondit sur ses pieds pour faire les cent pas dans la pièce.
- Voldemort n'a jamais été aussi faible, ou presque ! C'est l'occasion idéale de le tuer, lui faire payer ses crimes, et d'anéantir la menace qu'il représente ! Vous croyez que je n'en suis pas capable ? Parce que c'est faux ! Je suis capable de lancer le sortilège de Mort !
- Je n'en doute pas, déplora Dumbledore.
Mais Megan poursuivait sans l'écouter :
- Il y a quatorze ans, il était au sommet de sa puissance, le sort ne l'a pas tué, mais aujourd'hui c'est différent ! Il n'a pas la capacité de survivre, cette fois-ci ! Je peux enfin nous débarrasser de lui !
Le directeur de l'école poussa un infime soupir puis planta ses yeux bleus dans ceux de la jeune fille, jusqu'à ce que celle-ci laisse enfin son énervement retomber. Elle était trop épuisée pour se lancer dans une énième lutte contre lui.
- Je ne peux pas encore t'expliquer pourquoi, et je le regrette. Mais c'est trop tôt. Tu ne parviendrais pas à le tuer, il reviendrait, encore. C'est pourquoi je te demande seulement de découvrir par quel moyen il compte recouvrer ses pouvoirs, pour que nous puissions l'en empêcher.
Megan poussa un profond soupir, elle se sentait impuissante alors qu'il lui paraissait si facile de le tuer.
- Je ne sais pas encore ce que c'est, avoua-t-elle. Il ne veut pas me le dire, pour l'instant. Je pense qu'il attend encore que je fasse mes preuves, je vais finir par le découvrir, comptez sur moi.
- Quelles missions as-tu accomplies pour lui, jusqu'à maintenant ?
- Couper du bois, acheter à manger…
Tuer deux personnes. Dumbledore ne pouvait apprendre la vérité, il ne la laisserait pas repartir. Il avait eu l'intention de faire d'elle un espion, pas une meurtrière. Pourtant c'était inévitable, Megan aurait dû s'en douter, et le vieux directeur également. Ou peut-être l'avait-il deviné et ne s'en préoccupait-il pas ? Peut-être espérait-il même que cela contribuerait à la convaincre que son camp était le bon ?
- C'est Peter Pettigrew qui fait la majorité du travail, acheva-t-elle.
Une lueur s'alluma dans les yeux bleus du vieil homme. Il ne s'était probablement pas attendu à cette nouvelle.
- Ainsi, il a rejoint son maître, murmura-t-il.
- Il a tué Bertha Jorkins, acquiesça Megan. J'ai retrouvé leurs traces dans une auberge en Albanie. Son corps est toujours là-bas, dans le parc national.
Un silence pesant s'installa dans le bureau. Megan entendait les aiguilles d'une horloge avancer, ainsi que les portraits des anciens directeurs qui écoutaient avec passion son compte-rendu. Tous semblaient épouvantés d'apprendre que Voldemort était bel et bien toujours parmi les vivants, quelle que soit la forme immonde qu'il prenait désormais.
- Tu as dit que Voldemort ne voulait pas que tu m'informes de votre rencontre, reprit Dumbledore en semblant émerger de ses pensées.
- Non, il a beaucoup insisté là-dessus.
- Or, tu me l'as avoué.
- J'espionne pour vous, non ? lança Megan en levant le menton. À quoi bon si je ne vous donne même pas cette information capitale ?
- Bien entendu il était primordial que tu me communiques cette information, Meganna, je t'en suis extrêmement reconnaissant. Mais il faut que tu saches que, parmi ses nombreux pouvoirs, Voldemort s'avère être un redoutable Legilimens.
La legilimancie était l'art de pénétrer l'esprit d'une personne. Megan en avait entendu parler une seule fois, dans un manuel avancé de sortilèges, mais cela lui était sorti de l'esprit.
- Je sais, répondit la jeune fille. Il s'en est servi, pour vérifier s'il pouvait me faire confiance.
Dumbledore haussa les sourcils derrière ses lunettes, impatient d'entendre la suite.
- Mais il n'a pas pu voir que je lui mentais, poursuivit Megan. J'ai pu ne lui montrer que ce qui était utile. Alors ne vous inquiétez pas, il ne saura pas que je vous ai tout raconté.
- C'est ce que je pensais, répondit Dumbledore avec un sourire étonnamment pincé. Il est amusant que, dans la transmission de ses pouvoirs, Voldemort ait finalement fait de toi un adversaire une Occlumens.
La jeune fille inspira profondément. Elle n'avait plus pensé à cette autre forme de magie, le pendant de la legilimancie : l'occlumancie, l'art de protéger son esprit des tentatives de pénétration extérieures. Elle avait passé si longtemps enfermée tout au fond de sa carapace, à haïr le monde extérieur et à ne s'épanouir que dans sa puissance magique, qu'elle avait fini par développer cette capacité rare. Voilà pourquoi elle pouvait dissimuler la vérité à Voldemort même lorsqu'il forçait la porte de son esprit.
- Je m'en doutais, poursuivit Dumbledore. Je ne t'aurais jamais laissée te lancer dans cette périlleuse tâche si je n'étais pas intimement convaincu que tu pouvais dissimuler la vérité de tes projets à Voldemort, sans quoi il t'aurait tuée dès que vos chemins se seraient croisés. Tu comprends bien, Meganna, que s'il devait soupçonner ne serait-ce qu'un instant que tu ne lui étais pas fidèle, que tu lui avais sciemment menti, il te tuerait sans hésiter, comme il a tué tes parents avant toi. Il préférerait cent fois perdre le potentiel que tu représentes pour lui plutôt que de le laisser se retourner contre lui.
Megan fut soulagée lorsqu'elle sortit enfin du bureau du directeur et put retirer enfin son costume d'agent double pour redevenir, quelques temps, une simple adolescente. Elle rejoignit au pas de course la tour de Gryffondor, où les jumeaux, Lee et Ron, qui faisaient chacun leurs devoirs dans un coin de la salle commune, lui firent un accueil aussi chaleureux qu'inquiet. Ils commençaient cependant à s'habituer à ses cachotteries puisqu'ils ne tentèrent pas cette fois de lui faire avouer la raison qui la poussait à aller et venir aussi souvent hors des murs de l'école. Mais elle pouvait affirmer, au regard que lui lança George, qu'ils se faisaient sincèrement du souci pour elle. Hermione et les Weasley n'imaginaient pas ce qu'elle vivait pour eux.
- Où est Hermione ? s'enquit-elle, surprise de ne pas la trouver en présence de ses deux meilleurs amis en ce samedi matin.
- À la bibliothèque, probablement, répondit Potter. Elle fait des recherches approfondies pour comprendre comment Rita Skeeter peut écouter les conversations des gens dans l'enceinte de Poudlard.
- Elle a reçu des lettres de menace ! lui apprit Ron. La semaine dernière, à cause de l'article dans Sorcière Hebdo, elle a reçu des dizaines de lettre qui l'accusaient de torturer Harry, il y en avait même une avec du pus de Bubobulb non dilué !
- Quelle horreur, grimaça Megan. Qui peut bien prêter attention à ce que cette vielle peau écrit ?
Elle aurait aimé aller retrouver son amie à la bibliothèque, mais la fatigue qu'elle avait accumulée après sa semaine en compagnie de Voldemort rendait l'appel de son lit bien plus attrayant. S'excusant auprès de ses amis, elle se traîna dans son dortoir et s'affala tout habillée sur son lit, heureuse que Brown et Patil ne s'y trouvent pas, et s'endormit en l'espace de quelques secondes. Malgré les nombreuses récriminations de Megan à l'égard de Dumbledore et du manque de sécurité de l'école, la jeune fille jouit enfin d'un sommeil profond et réparateur sans craindre les attaques de Voldemort ou être agitée de cauchemars : au fond d'elle, elle se sentait à l'abri à Poudlard, bien plus qu'elle ne l'était dans le manoir de Little Hangleton. Elle ne se réveilla que plusieurs heures plus tard, alors que l'après-midi touchait à sa fin. Affamée, elle avait bien l'intention de descendre aussitôt dans la Grande Salle prendre son dîner, mais elle ne put s'empêcher de remonter la manche de son uniforme pour contempler la marque qui s'étalait sur son avant-bras. Elle avait du mal à accepter la réalité de ce motif, à accepter qu'elle le porterait pour le reste de ses jours. Le serpent qui sortait de la bouche du crâne ondulait faiblement, distinguant la Marque d'un vulgaire tatouage moldu. Elle ne pouvait prendre le risque que qui que ce soit découvre son existence : d'un coup de baguette, elle appliqua un sortilège de Désillusion dessus. Il lui faudrait le renouveler plusieurs fois par jour, mais ainsi elle n'aurait pas à craindre qu'on l'aperçoive à la dérobée.
Hermione se jeta de nouveau à son cou en la voyant approcher de la table de Gryffondor au dîner. Plus têtue que ses amis, elle lui posa des questions sur cette nouvelle absence, puis se résigna face au silence de son amie. Elle préféra alors se lancer dans un exposé de ses récentes recherches au sujet de Rita Skeeter, auxquelles Megan ne parvint pas à s'intéresser : de l'autre côté de la salle, elle fixait Kevan des yeux. Assis à côté d'Ally Collins, celui-ci ne cessait de rire avec elle. Il dut cependant finir par sentir le poids du regard de sa petite amie, car il releva soudain la tête vers elle. La surprise puis le soulagement se lurent dans ses yeux. Le repas touchait à sa fin, aussi la jeune fille lui fit un signe de tête vers les portes de la Grande Salle, puis s'excusa auprès de Hermione, qui ne s'était pas aperçue que son amie ne prêtait pas attention à ce qu'elle disait. Quelques minutes plus tard, elle était dans les bras du garçon, dans un couloir voisin.
- Qu'est-ce qui ne va pas, avec ta famille ? s'enquit doucement Kevan. Tu n'en parles à personne, mais je sais que c'est grave. Tu es sûre de ne pas vouloir en parler ?
- Certaine, répondit Megan sans relever la tête, savourant son étreinte. Tu m'as manqué.
Elle avait parlé sans réfléchir, et regretta aussitôt ses mots. Sans qu'elle l'ait vu faire, le garçon avait trouvé une faille dans sa carapace et s'y était faufilé. Mais elle ne voulait pas parler de ses sentiments, pas se montrer faible. Pourtant, Kevan sembla plus qu'heureux de l'entendre et l'embrassa tendrement.
- Reste avec moi, ce soir, murmura-t-il près de son oreille.
Megan prit quelques secondes pour comprendre ce qu'il lui demandait. Elle s'aperçut par la même occasion qu'elle n'avait jamais passé plus de deux heures en compagnie du garçon.
- Mais… Bradley, Chambers et Roger ? s'enquit-elle, en référence aux camarades de dortoir de Kevan.
- Ils sont rentrés chez leurs parents pour les vacances.
Avec les derniers jours plus qu'éprouvants qu'elle avait vécus, Megan avait complètement oublié les vacances scolaires. Désireuse d'oublier ses angoisses, de s'abandonner aux rares moments réconfortants de son existence, elle cessa de réfléchir et suivit Kevan dans son dortoir pour y partager une expérience nouvelle et intime. Lovée nue dans les bras du garçon quelques heures plus tard, elle s'endormit paisiblement, le cœur rempli d'amour pour lui, soulagée de découvrir qu'elle était encore capable d'aimer.
- Megan, j'ai cru que tu étais repartie !
Le dimanche matin, au petit-déjeuner, alors que la jeune fille se séparait à regret de Kevan pour rejoindre sa meilleure amie, elle fut assaillie par Hermione dès qu'elle se fut approchée de la table de Gryffondor.
- Non, pas tout de suite, promit Megan, qui ne souhaitait pas penser à la sinistre perspective de son retour à Little Hangleton après la nuit réconfortante qu'elle venait de vivre.
- Mais où est-ce que tu étais passée ? Tu n'étais pas dans ton lit quand je suis montée me coucher, ni ce matin…
- J'étais avec Kevan.
Il y eut un silence dont Megan profita pour se préparer un toast beurré.
- Toute la nuit ?
La jeune fille acquiesça tranquillement en mordant dans le pain grillé.
- Oh mon dieu, souffla Hermione. Est-ce que… est-ce que vous l'avez fait ?
Megan se sentit rougir et évita le regard de sa meilleure amie. Elle croisa alors celui de Kevan, et le petit sourire qu'il arborait lui rappela des bribes savoureuses de leur nuit, ce qui ne l'aida pas à retrouver son teint ordinaire.
- Mais Megan –
- Tu sais, rien ne t'empêche d'en faire autant avec Krum. Je suis sûre qu'il a une cabine individuelle sur leur bateau, s'amusa la jeune fille.
Hermione devint immédiatement écarlate et cessa aussitôt de questionner Megan. La jeune fille continua donc à savourer son petit-déjeuner en tâchant de regarder partout sauf en direction de Kevan.
Les vacances apportaient comme chaque fois leur lot de devoirs, d'autant plus importants pour Megan qui avait manqué deux semaines de cours. Mais elle n'eut cependant pas le loisir d'organiser son travail comme bon lui semblait, car dès le lundi matin, un mot sur la table de chevet lui indiquait que Dumbledore souhaitait la recevoir dans son bureau avant la fin de la matinée. La jeune fille n'escomptant pas revoir son directeur avant plusieurs jours, ce fut de mauvaise grâce qu'elle se présenta de nouveau devant lui.
- J'espère que ton retour se passe bien.
- Je ne suis pas là pour échanger des banalités, si ? s'agaça Megan tandis que Dumbledore caressait du bout des doigts Fawkes, son phénix, qui lui avait sauvé la vie deux ans plus tôt.
- Pas seulement, non, s'amusa le vieil homme. Par quels moyens t'es-tu déplacée, jusqu'à maintenant, hors de Poudlard ?
Megan hésita : devait-elle lui révéler de quelles manières elle enfreignait régulièrement la loi ? Elle opta pour l'affirmative, après tout c'était pour lui obéir qu'elle agissait ainsi, ou du moins était-ce ce que Dumbledore devait croire.
- Des trains, le Magicobus, un taxi, la poudre de Cheminette, des Portoloins, mon balai et le transplanage d'escorte, lista-t-elle.
Le sorcier hocha lentement la tête, songeur.
- Ce sont des modes de transport dangereux, pour la plupart. Le Magicobus est parfois fréquenté par des employés du ministère. Quant au balai, aux cheminées ou aux Portoloins… tout cela est trop risqué, Meganna.
- Et comment est-ce que je pourrais faire mieux, hm ? Je ne peux pas transplaner !
- Pas légalement avant d'avoir atteint ta majorité, acquiesça Dumbledore. Mais compte tenu de ta mission, des mesures exceptionnelles s'imposent. Tu n'as jamais essayé de transplaner ?
- Je n'ai pas envie de finir en petits cubes à travers le Royaume-Uni.
- Et c'était là une décision judicieuse de ta part. Quand comptes-tu repartir ?
Megan poussa un profond soupir. Peu importe la date, ce serait toujours trop tôt.
- À la fin de la semaine.
- Bien, cela me laisse je pense le temps nécessaire à ton éducation. Le transplanage te permettra de te déplacer plus facilement, tu gagneras ainsi un temps précieux et, j'imagine, économiseras de l'argent. Nous ne voudrions pas contraindre Mr Malfoy à t'en faire prêt trop souvent, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
Méfiante, Megan observa Dumbledore en silence. Elle était toujours aussi révulsée de constater que le vieil homme surveillait les moindres faits et gestes des habitants du château, et une dizaine de questions se bousculait dans sa tête : connaissait-il le contenu de ses conversations avec Draco ? Probablement pas, sans quoi il serait conscient qu'elle lui mentait au sujet de son projet avec Voldemort et ne la laisserait pas repartir. Savait-il qu'elle avait passé la nuit dans le dortoir de Kevan ? Peu vraisemblable : lui, McGonagall ou Flitwick y auraient sûrement trouvé à redire. Où s'arrêtaient alors exactement les pouvoirs omniscients de Dumbledore ? Venait-il vraiment de lui annoncer qu'il comptait lui apprendre à transplaner ?
- On ne peut pas transplaner dans l'enceinte de Poudlard, lui rappela-t-elle bêtement.
- J'ai exceptionnellement levé le sortilège dans mon bureau. Mais si tu ne te sens pas prête, rien ne t'oblige à suivre cet enseignement, tu es encore très jeune –
- Je suis prête.
Dumbledore devait parfaitement se douter que Megan aurait préféré embrasser Peter Pettigrew plutôt que renoncer à une telle opportunité.
- Parfait, se réjouit le directeur. Une précision, cependant : une fois cette pratique maîtrisée, tu auras mon autorisation pour voyager par ce moyen le temps de ta mission, cependant cela n'est pas l'équivalent d'un permis de transplaner délivré par le ministère de la magie. Il te faudra donc y renoncer hors de ce cadre tant que tu n'auras pas atteint ta majorité.
- Bien sûr.
Bien sûr, tous deux savaient pertinemment qu'une fois capable de transplaner, Megan y aurait recours aussi souvent qu'elle le souhaiterait.
- Bien sûr, poursuivit Dumbledore, la Trace ne fait pas qu'indiquer au ministère lorsque tu te sers de ta baguette, elle réagit à toute forme d'utilisation de la magie en dehors du périmètre de l'école par des sorciers mineurs. Y compris le Transplanage.
La jeune fille pinça les lèvres. Elle n'aurait donc pas le loisir de transplaner au sein de la maison des Boyd ou lors de ses vacances au Terrier. Dumbledore observa la réaction de la Megan et déduisit de sa moue contrariée qu'elle avait compris.
- Maintenant que nous avons réglé ces points de détail, nous pouvons commencer, annonça-t-il avec un enthousiasme que Megan soupçonna d'être feint. Pour transplaner d'un point A à un point B, il te faut avant tout te concentrer sur ta destination. Tu ne dois penser à rien d'autre. Fais le vide dans ton esprit et concentres toi sur l'endroit où tu souhaites te rendre – ne dépasses pas quelques mètres, pour une première fois.
Megan secoua ses bras et ses jambes et tâcha de se détendre pour ne se concentrer que sur une des armoires de Dumbledore, à côté de laquelle elle escomptait transplaner. Il lui était cependant difficile de pratiquer l'exercice, elle avait le sentiment de baisser sa garde et d'être alors à la merci du vieux sorcier.
- Il ne doit plus y avoir dans ta conscience que ta volonté de matérialiser ton corps sur ta destination. Chaque parcelle de ton corps et de ton esprit doit se tendre vers cet objectif.
Les sourcils froncés, la jeune fille s'astreint à obéir. Elle ne pouvait à la fois se méfier de Dumbledore et transplaner.
- Lorsque tu te sentiras prête, tournes sur place, trace ton chemin jusqu'à ta destination, sans jamais te déconcentrer.
Megan serra les dents. Tourner sur place ? Elle craignait d'avoir l'air ridicule. Elle fronça un peu plus les sourcils, s'exécuta, perdit l'équilibre, et se rattrapa de justesse à l'une des colonnes qui se dressaient dans le bureau. Elle n'avait pas bougé d'un pouce en direction de sa destination.
- Pas de désartibulation, c'est une bonne chose, observa Dumbledore.
- On recommence, grogna la jeune fille, frustrée.
Elle ne se souvenait pas avoir déjà aussi lamentablement échoué à l'apprentissage d'une quelconque forme de magie. Elle se planta fermement sur ses deux pieds et fixa le point devant elle avec toute la détermination dont elle était capable, cependant elle demeurait marquée par la honte qu'elle avait ressentie à pivoter ridiculement et à perdre l'équilibre devant Dumbledore. Ce n'était pas ainsi qu'elle voulait qu'il la voie.
- Tu n'es pas concentrée, lui fit remarquer le directeur après cinq essais infructueux.
À chaque échec, sa nervosité grimpait en flèche, elle était désormais tremblante. Elle décocha un regard noir à son professeur.
- Ce sera tout pour aujourd'hui, annonça celui-ci. Reviens me voir demain, à la même heure. Il te sera plus facile de t'entraîner lorsque tu auras retrouvé ton calme.
Furieuse, Megan quitta le bureau sans un mot, humiliée. Dans la salle commune de Gryffondor, Hermione s'empressa de lui faire part de ses dernières avancées dans ses recherches au sujet de Rita Skeeter, mais Megan n'était pas d'humeur. Alors qu'elle s'apprêtait à monter dans son dortoir pour y bouder tout son soûl, une chouette entra par la fenêtre ouverte et se posa sur ses genoux. Les regards de Ron, Hermione et Potter se posèrent sur l'animal, puis sur Megan, comme si eux-mêmes attendaient ce courrier. La jeune fille avait cependant reconnu le hibou de Cal, et n'avait pas l'intention de partager le contenu de la lettre avec ses amis. Elle tendit des graines à l'animal, puis alla s'asseoir à l'écart dans un fauteuil non loin de la cheminée pour lire les pattes de mouche de son ami Moldu.
Demi,
J'espère que tu as pu retrouver ces personnes que tu cherchais. Comme tu n'es pas revenue à Stourbridge, j'imagine que c'est le cas ! C'est dommage, car tu as raté le spectacle de Vanilla et moi qui essayons de nous débarrasser des Monstrueux livres des monstres. Je n'en pouvais plus de les entendre se battre, et comme je ne peux pas faire de magie, elle m'a proposé son aide ! Sauf que l'un des livres s'est échappé et a commencé à se balader dans la librairie. Est-ce que tu te rends compte Demi, j'ai couru après un livre plein de dents à travers une librairie ! Je l'avais presque attrapé quand un client est rentré dans la boutique, et le livre est sorti ! Tu imagines l'enfer s'il avait attaqué quelqu'un ? J'aurais pu avoir des problèmes… Heureusement, Vanilla lui a jeté un sort. C'est vraiment incroyable, Demi, j'aimerais être capable d'en faire autant ! En attendant, on a pu se débarrasser des livres, c'est un soulagement. À bientôt, j'espère !
Cal.
Megan oublia sa mauvaise humeur à la lecture de ces lignes. Cal vivait ses propres aventures à son échelle, et son ébahissement devant tout ce qui touchait au monde magique l'amusait. Elle avait pourtant ordinairement du mépris pour les Moldus et leur fascination naïve pour la magie, mais Cal était spécial à ses yeux. Elle se surprit à se demander si Vanilla, la jolie sorcière qui plaisait tant au garçon, avait été élève à Poudlard en même temps qu'elle, tandis qu'elle rédigeait une courte réponse.
Cal,
J'ai effectivement trouvé ce que je cherchais, merci pour ton aide. Je suis à Poudlard pour le moment, mais j'espère pouvoir revenir te voir prochainement. Je suis contente que cette Vanilla puisse t'aider. Elle était à Poudlard ? Quel âge elle a ? En tout cas, félicitations pour les livres, c'est du bon débarras. À bientôt. Demi.
- Demi ?
Fred s'était penché par-dessus l'épaule de son amie. Celle-ci s'empressa de dissimuler les lettres.
- Depuis quand est-ce que tu as les yeux qui traînent comme ça ? le rabroua-t-elle.
- C'est qui, Demi ? Et c'est qui, Cal ?
- Ce ne sont pas tes affaires.
- Kevan est au courant ?
- Quel rapport avec Kevan ?
- Il paraît que tu as été vue dans la tour de Serdaigle.
- Fred !
Le teint rosissant, la jeune fille ramassa ses parchemins pour les ramener dans son dortoir, sous le regard brillant de son ami.
Le cœur plus léger après la lettre de Cal, Megan se sentait enfin prête à transplaner le mardi. Elle avait choisi de mettre de côté son aversion pour le directeur de Poudlard et un peu de sa fierté : le jeu en valait la chandelle. Concentrée de toutes ses forces sur la destination qu'elle s'était fixée, elle vida son esprit, pivota, et atterri à deux mètres de son point de départ après avoir été emportée dans un tourbillon écrasant. Elle aurait poussé un cri de victoire si elle n'avait pas souhaité garder toute sa contenance en présence de Dumbledore.
- En seulement deux essais aujourd'hui, c'est du très bon travail, Meganna, la félicita ce dernier.
- On recommence, affirma-t-elle, soucieuse de se convaincre qu'il ne s'agissait pas d'un coup de chance.
Il lui fallut pourtant deux essais supplémentaires pour y parvenir de nouveau. Frustrée, la jeune fille insista pour recommencer.
- C'est un exercice très difficile, surtout à ton jeune âge, lui rappela Dumbledore. Il n'y a pas de mal à ne pas y parvenir à chaque essai. Je suis déjà heureux que tu ne te sois pas désartibulée, c'est une expérience fort désagréable.
- Je dois y arriver à chaque fois, insista Megan.
- Nous avons toute la semaine pour cela.
Semaine que la jeune fille consacra entièrement à Kevan à ses amis. Elle devait bientôt repartir pour Little Hangleton et ne savait pas quand Voldemort accepterait de la laisser rentrer de nouveau à l'école. Le jeudi, alors qu'elle prenait son petit-déjeuner à la table de Gryffondor, le courrier lui apporta une nouvelle lettre. Il y avait peu de chances que Cal lui ait répondu, à moins d'avoir un événement majeur à lui rapporter, elle espéra donc secrètement qu'il s'agissait – enfin – de la réponse de Sirius.
- Eh, une Auror est morte, lança Potter, à quelques places d'elle. Je me demande ce que Fol Œil dirait de ça…
- Fais voir ?
Hermione attrapa le numéro de la Gazette du sorcier que lisait Potter et l'étala sur la table devant elle, permettant à Ron et Megan de lire par-dessus son épaule. Les entrailles de la jeune fille se tordirent à la lecture de l'article.
Le bureau des Aurors endeuillé
Ce vendredi matin, Rufus Scrimgeour, chef du bureau des Aurors, a confirmé la mort de l'une de ses collaboratrices, Ailla Barish, retrouvée quelques heures plus tôt par des Moldus sur une des plages de Cherbourg, dans le nord de la France. Le corps de son mari Darrel, Moldu, a été repêché au large de la zone. Si les premières constations sur place peuvent laisser penser à une terrible noyade, une autopsie est à prévoir afin de déterminer avec précision les circonstances de leur mort. Cette nouvelle est d'autant plus dramatique que les Barish laissent derrière eux un fils de douze ans, désormais orphelin. Scolarisé à Poudlard, l'avenir de l'enfant est désormais incertain.
Megan leva les yeux, alerte, et balaya du regard la Grande Salle, à la recherche de l'enfant en question. Barish, avait-elle déjà entendu ce nom à Poudlard ? Elle n'avait jamais imaginé que ses victimes aient un enfant. Elle avait infligé à ce garçon les mêmes souffrances qui avaient fait de sa vie un enfer, aujourd'hui elle ne valait pas mieux que les Mangemorts qui avaient exécuté ses propres parents sur les autres, eux aussi, de Voldemort.
- Quelle horreur, souffla Hermione. Je n'ose même pas imaginer ce que leur fils traverse…
Megan osait parfaitement imaginer. Elle marmonna une excuse pour quitter la table et s'empressa de rejoindre son dortoir, vide à cette heure, pour sortir de l'atmosphère oppressante de la Grande Salle. Le garçon n'était de toute évidence pas présent, peut-être même avait-il quitté l'école pour rejoindre la famille qui lui restait et affronter le deuil de ses parents, et il n'avait aucun moyen de savoir que Megan était responsable de ce drame, mais elle craignait de le rencontrer dans les couloirs, de croiser son regard. Elle savait qu'elle n'avait pas eu le choix de tuer les Barish, Voldemort se serait débarrassée d'elle si elle avait refusé d'obéir, anéantissant avec elle les seules chances de survie de ceux que le mage noir avait accepté d'épargner. Pourtant, elle ne parvenait pas à se débarrasser de cette culpabilité étouffante. L'air hagard, luttant pour échapper à ses pensées noires, elle déplia la lettre qu'elle avait reçue quelques minutes plus tôt.
Megan,
Je t'avais pourtant bien fait comprendre que tu ne devais pas quitter le château ! Peu importe où tu vas, ce que tu fais, rien n'est plus important que ta sécurité, Tu-Sais-Qui pourrait à tout moment te retrouver, et cela ne doit jamais arriver !
Je ne peux pas te parler de l'Ordre pour le moment, pas par écrit, c'est bien trop risqué. Je te dirais bien de venir me voir, mais une fois encore je ne veux pas prendre de risques. Peut-être pourrai-je te rendre visite cet été, pendant les vacances. Il n'y a pas d'urgence à ce que tu en saches plus sur la résistance pour le moment, et j'espère qu'il ne sera jamais nécessaire que celle-ci reprenne du service.
Harry et ses amis m'envoient régulièrement à manger, ne t'en fais pas. Je n'ai pas besoin de vêtements, je passe peu de temps sous ma forme humaine, sauf pour répondre à vos courriers. Ne t'en fais pas pour moi, occupes-toi plutôt de ta sécurité.
Ah oui, une dernière chose, j'ai lu dans la Gazette de ce matin qu'une Auror a été tuée. Là où tu es, as‑tu des informations à ce sujet ? Je lis notamment que leur fils est à Poudlard. Tu-Sais-Qui pourrait avoir un lien avec cela.
Sniffle.
Même dans ses correspondances, les méfaits de Megan la poursuivaient. Bien sûr, là où elle était, Megan avait des informations à ce sujet. Personne n'était mieux renseignée qu'elle à ce sujet. Voldemort avait bien couvert ses arrières, l'enquête d'Ailla Barish au sujet des frasques magiques de Megan avait été clôturée avant sa mort, on ne ferait pas le lien avec celle-ci, et le temps considérable que les corps avaient passé dans l'eau allait probablement rendre impossible tout lien de la police moldue avec Pettigrew. Elle était hors de tout soupçon.
Sniffle,
J'ai du mal à faire ce qu'on me demande, tu t'en rendras bien assez vite compte. Tout ce que je peux te dire aujourd'hui, c'est que Dumbledore m'a donné son accord pour sortir aussi souvent du château. En réalité, c'est sur ses ordres que j'agis ainsi : je l'aide à empêcher Voldemort de revenir. Je ne peux pas en dire plus, il y a déjà trop d'informations sensibles dans nos courriers.
J'adorerais que tu viennes me voir cet été pour me parler de l'Ordre, ça égaierait beaucoup mes journées.
Au sujet de cette mort, j'ai lu aussi l'article ce matin, mais je n'en sais pas plus que toi. Je suis actuellement à Poudlard, mais personne ne nous a rien dit, je ne saurais même pas te dire qui est leur fils, je ne le connais pas. C'est une horrible histoire, mais je ne pense pas qu'elle soit directement liée à ce qui nous occupe : Bertha Jorkins avait des informations sur le Tournoi. Cette Ailla Barish, elle, n'était qu'une Auror parmi d'autres, je ne vois pas ce que Voldemort aurait pu tirer d'elle ! Mais gardons l'œil ouvert.
Megan
La jeune fille avait besoin de l'aide de Sirius pour tenter d'empêcher Voldemort de revenir, mais pas au point de lui dévoiler qu'elle tuait pour lui. La confiance du fugitif avait ses limites. Que penserait-il déjà d'elle s'il savait qu'elle passait ses semaines en compagnie du rat dont la trahison l'avait conduit à passer une dizaine d'années dans l'abominable prison des sorciers ? Elle prenait des risques en avouant à Sirius qu'elle travaillait pour Dumbledore hors des murs du château, son double-jeu était déjà dangereux, elle ne voulait pas aller plus loin.
