LES OS, LA CHAIR, LE SANG
Rita Skeeter était déchaînée en ce moment, pensa Megan lorsqu'elle découvrit le nouvel article de l'horrible reporter, après avoir passé la nuit sous la surveillance inquiétante de Nagini.
HARRY POTTER « PERTURBÉ ET DANGEREUX »
Le garçon qui a vaincu Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-le-Nom est instable et potentiellement dangereux, écrit Rita Skeeter, notre envoyée spéciale. Des témoignages alarmants concernant l'étrange comportement de Harry Potter font douter de sa capacité à participer à une compétition aussi exigeante que le Tournoi des Trois Sorciers. On peut même se demander s'il est véritablement apte à fréquenter l'école Poudlard. La Gazette du Sorcier est en mesure de révéler en exclusivité à ses lecteurs que Potter est sujet à des évanouissements réguliers et qu'on l'entend souvent se plaindre de douleurs à la cicatrice qu'il porte au front (souvenir du mauvais sort par lequel Vous-Savez-Qui a tenté de le tuer). Lundi dernier, en pleine leçon de divination, l'envoyée spéciale de La Gazette du sorcier a vu Potter quitter la classe en toute hâte en affirmant que sa cicatrice lui faisait trop mal pour qu'il puisse continuer à suivre le cours.
D'après des experts de l'hôpital Ste Mangouste pour les maladies et blessures magiques, il est possible que le cerveau de Potter ait été affecté par l'attaque de Vous-Savez-Qui et que son insistance à se plaindre d'une douleur à sa cicatrice soit en fait une manifestation de sa profonde confusion mentale. « Il pourrait même s'agir d'une simulation, déclare un spécialiste, une façon d'attirer l'attention sur lui. »
Megan ne put réprimer un rire moqueur, qui fit froncer les sourcils de Wormtail.
La Gazette du Sorcier a cependant découvert certains faits inquiétants qu'Albus Dumbledore, le directeur de Poudlard, a soigneusement cachés au public, à l'instar des disparitions de l'élève Meganna Buckley, révélés hier par notre envoyée spéciale. « Potter parle le Fourchelang, révèle Draco Malfoy, un élève de quatrième année. Il y a deux ans, des élèves se faisaient attaquer sans arrêt et nous étions nombreux à penser que c'était lui le coupable. Surtout depuis qu'on l'avait vu se mettre en colère lors d'un club de duel et envoyer un serpent sur un de ses camarades. L'affaire a été étouffée, bien entendu. Mais il a également noué des liens d'amitié avec des loups-garous et des géants. Il serait prêt à n'importe quoi pour avoir la moindre parcelle de pouvoir. »
Le Fourchelang, qui donne la faculté de converser avec les serpents, est depuis longtemps considéré comme une pratique de magie noire. Et il est vrai que le plus célèbre expert en Fourchelang de notre temps n'est autre que Vous-Savez-Qui en personne. Un membre de la Ligue de défense contre la magie noire, qui souhaite garder l'anonymat, déclare que, selon lui, quiconque parle le Fourchelang devrait « faire l'objet d'une enquête. Personnellement, j'aurais les plus grands soupçons à l'égard de quelqu'un qui a la capacité de parler avec les serpents. Les serpents sont en effet utilisés dans les pires pratiques de la magie noire et sont historiquement associés aux adeptes des forces du Mal ». De même, « quiconque recherche la compagnie de créatures aussi malfaisantes que les loups-garous et les géants a forcément un goût prononcé pour la violence ».
Albus Dumbledore devrait sans nul doute se demander s'il est bien raisonnable qu'un garçon présentant une telle personnalité soit autorisé à participer au Tournoi des Trois Sorciers. Certains craignent en effet que Potter ait recours à la magie noire dans une tentative désespérée pour remporter le tournoi, dont la troisième tâche doit avoir lieu aujourd'hui même.
L'article était minable, mais parfaitement digne de son auteur. Rita Skeeter ne ratait aucune occasion de ruiner les vies des gens qu'elle rencontrait. Megan se promit de la retrouver et de lui faire payer dès que possible. Elle constata avec un goût amer dans la bouche que cela lui serait parfaitement loisible une fois que Voldemort aurait retrouvé ses pouvoirs – le soir-même. La tension était palpable au sein du manoir Riddle. Megan n'avait toujours eu le droit de connaître la façon dont le mage et son serviteur comptaient accomplir l'exploit de ramener le premier au pouvoir, et fut donc contrainte d'assister, impuissante, aux préparatifs. Oh, bien sûr, elle aurait pu transplaner, revenir à Poudlard et alerter Dumbledore sur Barty Crouch Junior et le Portoloin dans le labyrinthe, mais elle se trahirait ainsi auprès de Voldemort, et perdrait la possibilité de protéger ceux qu'elle aimait lorsque le sorcier retrouverait enfin ses pouvoirs – car il trouverait de nouveau le moyen d'y parvenir, elle l'avait compris. Et puis quel accueil lui réserverait-on à l'école ? Quitte à ce que ses proches la détestent, elle préférait que ce ne soit pas en vain. En réalité, elle comprenait que, au fond d'elle‑même, elle avait toujours su qu'elle n'arriverait pas à empêcher Voldemort de retrouver ses pouvoirs. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était sauver la peau des quelques personnes qu'elle aimait.
Lorsque le soir arriva enfin, Megan, qui avait tourné en rond comme un lion en cage toute la journée sous le regard oblique de Nagini, fut chargée par Voldemort de le transporter dans le cimetière du village : Pettigrew, vêtu d'une cape noire et le visage dissimulé par son capuchon, se chargeait déjà d'y acheminer un immense chaudron de pierre, assez grand pour qu'un adulte s'y assoie, rempli d'un mélange non-identifiable. Tâchant difficilement de dissimuler la répulsion que lui inspirait la chose recouverte d'écailles, Megan s'exécuta. Ils constituaient une bien étrange procession, Pettigrew et son lourd chargement en tête, elle et son bébé repoussant dans les bras, Nagini fermant la marche mais dans l'obscurité de la nuit, nul ne put les apercevoir. Arrivés dans le cimetière de Little Hangleton, Megan déposa le corps frêle de Voldemort sur une tombe abîmée par le temps.
- Et maintenant ? s'enquit-elle.
- Et maintenant, on attend.
Elle devinait qu'ils attendaient l'arrivée de Potter, mais ils ne pouvaient déterminer exactement quand celui‑ci poserait enfin la main sur le Trophée des trois sorciers. Il s'écoula une heure, que Megan passa assise sur une tombe envahie par la végétation, jouant avec sa baguette entre ses doigts, frustrée de ne pouvoir faire usage de la magie. Puis son siège de marbre se faisant trop inconfortable, elle entreprit de marcher au hasard des allées du petit cimetière, constamment suivie par Nagini, dont elle entendait le lourd corps glisser derrière elle. Là où elle les avait laissés, Pettigrew et Voldemort conversaient à voix basse. Megan aurait aimé écouter leur conversation mais le mage noir, aussi faible soit-il, était toujours parvenu à empêcher la jeune fille de prendre connaissance des moindres détails de son projet. Il était trop tard pour se retourner contre lui, c'était un fait désormais assimilé. Elle était désormais une Mangemort à part entière. Machinalement, elle frotta son avant-bras.
Ils attendaient depuis plus de deux heures lorsqu'il y eut enfin un tourbillon de couleurs à quelques centaines de mètres de Megan. Surgirent alors Potter et Cedric Diggory, tenant chacun une anse du Trophée des Trois Sorciers. Le premier poussa un cri de douleur et s'effondra.
- Où est-ce qu'on est ? demanda-t-il en redressant la tête.
Megan était pétrifiée. Qu'est-ce que faisait Cedric aux côtés de Potter ? Il ne faisait pas partie du plan ! Elle le regarda aider le garçon à se relever puis baisser les yeux vers la Coupe des Trois Sorciers.
- Est-ce que quelqu'un t'a dit que le trophée était un Portoloin ? interrogea-t-il Potter.
- Non.
Ils contemplaient les alentours, mais l'obscurité les empêchait de distinguer les trois autres individus présents. Megan était figée, guettant la réaction de Voldemort et de son serviteur, mais il régnait un silence total.
- Est-ce que ça fait partie de la tâche ?
- Je ne sais pas, répondit Cedric, mal assuré. Tu crois qu'il faut sortir les baguettes ?
- Oui.
Ils tirèrent chacun leur arme de leur poche. Potter continuait à jeter des coups d'œil de tous les côtés, et Megan n'avait toujours pas bougé, invisible dans l'obscurité du cimetière. Elle tentait de réfléchir à la meilleure option. Il y avait peu de chances que Cedric soit une pièce du projet de Voldemort. Il devait donc partir, mais comment ? Savait-il transplaner ? Comment pouvait-elle ne pas savoir s'il savait transplaner ou non, il était son ami ! Ils étaient venus à la Coupe du monde de Quidditch par l'intermédiaire du même Portoloin qu'elle et les Weasley, car il ne pouvait pas encore passer son permis. Mais il était désormais majeur. Le Tournoi des trois sorciers avait-il cependant laissé aux élèves le temps de passer leur permis ? Elle ne pouvait l'emmener en transplanage d'escorte et quitter Voldemort.
- Quelqu'un vient, dit soudain Potter, tirant Megan de ses réflexions paniquées.
C'était Pettigrew, avançant parmi les tombes d'un pas mal assuré. En plissant les yeux, la jeune fille vit qu'il transportait quelque chose – la créature. Potter, qui ne pouvait le reconnaître avec son capuchon, baissa légèrement sa baguette, l'air aussi perplexe que Cedric. Pettigrew s'arrêta à hauteur d'une haute pierre tombale en marbre et soudain, Potter laissa tomber sa baguette et tomba à genoux en criant de douleur, se couvrant la tête des mains. Son cri tira Megan de sa torpeur.
- Cedric, VA T'EN ! hurla-t-elle en se précipitant en avant.
- Tue l'autre, dit la voix aiguë et glaciale de Voldemort.
- Non, ne faites pas ça ! s'étrangla Megan.
Cedric, pris de court par l'apparition soudaine et inattendue de sa camarade, n'eut pas le temps de réagir. Il y eut un souffle de vent lorsque Pettigrew prononça l'incantation :
- Avada Kedavra !
- NON !
Le corps de Cedric chuta, les bras en croix, mort, ses yeux gris grand ouverts, dénués d'expression.
- Stupefix !
Les yeux brillants de larmes de rage, Megan s'était retournée vers Pettigrew en brandissant sa baguette, mais d'un geste, Voldemort détourna le sort qui fit voler en éclat une pierre tombale à quelques mètres d'eux.
- Je t'ai déjà dit de ne plus jamais faire cela, Meganna, siffla furieusement la voix de Voldemort, promesse d'une punition à venir.
La jeune fille se jeta auprès de Cedric, consciente de son impuissance. Pettigrew posa le corps de Voldemort près de la haute pierre tombale, alluma sa baguette pour y voir plus clair, saisit Potter toujours prostré, l'obligea à se relever, le traina vers la tombe et l'y plaqua.
- Megan, murmura Potter d'une voix pâteuse.
- Toi, la ferme, cracha-t-elle.
Ses mains serraient le haut de la robe de Cedric en tremblant. Il n'était pas sur sa liste, elle n'avait jamais refusé à Voldemort le droit de prendre sa vie. Il était un obstacle sur son chemin vers le retour à la vie. Mais que faisait-il là ce soir, il n'aurait jamais dû se retrouver dans le cimetière avec eux. C'était la faute de Potter. Pettigrew fit apparaître des cordes qui s'enroulèrent autour du garçon en l'attachant de la tête aux pieds à la tombe. Il se débattit, mais Pettigrew le frappa de sa main invalide.
- Vous ! s'exclama Potter, qui avait dû reconnaître le doigt manquant.
Le serviteur ne répondit pas, occupé à vérifier la solidité des liens de Potter. Même dans la faible luminosité de la baguette de Pettigrew, Megan pouvait voir ses membres trembler. Le traître tira de sa robe un morceau d'étoffe noir qu'il fourra dans la bouche de Potter en guise de bâillon, puis s'éloigna pour aller chercher le chaudron. Le Trophée scintillait à la lueur des étoiles. Les yeux terrifiés de Potter s'agitaient en tous sens, vers sa baguette qui gisait à ses pieds, vers Megan toujours prostrée sur le corps de Cedric, puis vers Voldemort, qui s'agitait dans la cape dont il était enroulé. Nagini, qui avait cessé de suivre Megan, vint onduler aux pieds de la pierre tombale. Pettigrew poussa difficilement le chaudron géant contre la tombe, faisant clapoter bruyamment son contenu. La jeune fille aurait dû l'aider, mais elle ne pouvait se résoudre à se détourner de Cedric, ni à aider le Mangemort dans sa sinistre besogne. Si elle était résignée à voir le Seigneur des ténèbres recouvrer ses pouvoirs et la châtier, elle n'avait pas l'intention de lui faciliter la tâche plus que ne le nécessitaient ses propres projets. Voldemort, qui sentait son moment approcher, s'agitait avec de plus en plus d'insistance. Pettigrew s'affaira à allumer un feu sous le chaudron, et Nagini s'éloigna en ondulant dans l'obscurité, gênée par la soudaine luminosité. Rapidement, le contenu du chaudron se mit à bouillonner en projetant des étincelles enflammées, une épaisse vapeur s'en échappant, estompant les contours des silhouettes.
- Dépêche-toi, siffla Voldemort à l'adresse de Pettigrew, qui entretenait les flammes.
- C'est prêt, Maître, finit par couiner le serviteur.
- Maintenant…
Pettigrew déplia alors la robe, révélant la créature aux yeux de Potter, qui laissa échapper un hurlement étouffé par le morceau de tissu qui le bâillonnait. Voldemort leva ses bras minces et les passa autour du cou de son serviteur, qui le souleva. Le mouvement fit glisser le capuchon de Pettigrew, révélant son visage tordu de révulsion tandis qu'il transportait la créature auprès du chaudron. Megan se dressa sur ses pieds.
- Ne fais rien de stupide, Meganna, siffla Voldemort, menaçant.
Pendant un instant, sa tête aplatie et maléfique fut éclairée par les étincelles qui dansaient à la surface du liquide. Pettigrew le déposa alors dans le chaudron. Il y eut un sifflement et il disparut sous la surface. Megan entendit son corps frêle heurter avec un bruit sourd le fond du récipient de pierre. Était-il susceptible de se noyer ? Potter criait dans son bâillon. Il ne devait pas comprendre pourquoi sa camarade de classe venait d'assister au meurtre de sang-froid de son ami, face au traître Wormtail, mais demeurait immobile, sa baguette à la main, obéissant à la voix de l'infâme créature. Le traître leva alors sa baguette, ferma les yeux, et se mit à parler, d'une voix tremblante, fou de terreur :
- Que les ossements du père, donnés en toute ignorance, fassent renaître son fils !
Aux pieds de Potter, la tombe grinça. Une fine volute de poussière s'éleva dans les airs puis, obéissant à Pettigrew, tomba doucement dans le chaudron. La surface, brillante comme le diamant, s'agita et un long sifflement s'en échappa. Des étincelles jaillirent en tous sens et le liquide prit une couleur bleu vif qui ressemblait à un poison. Poussant un faible gémissement, Pettigrew sortit de sous sa cape un long poignard à la fine lame argentée. Des sanglots brisèrent sa voix tandis qu'il prononçait ces paroles :
- Que la chair – du serviteur – donnée vo-volontairement – fasse – revivre – son maître.
Il tendit sa main devant lui – la main à laquelle il manquait un doigt – puis il serra étroitement le poignard dans sa main gauche et l'éleva au-dessus de lui. Megan écarquilla imperceptiblement les yeux et regarda Pettigrew se trancher la main droite. Son hurlement déchira la nuit tandis que son membre tombait sur le sol dans un bruit sourd. Avec des halètements angoissés, il le ramassa et le jeta dans le chaudron, dont le contenu devint d'un rouge incandescent, probablement dû aux litres de sang que laissait couler le membre tranché. Une pensée traversa l'esprit de Megan – Voldemort aurait pu la contraindre elle de faire ce sacrifice. Pettigrew gémissait de douleur, la respiration précipitée, tandis qu'il se tournait vers Potter.
- Que le s-sang de l'ennemi... pris par la force... ressuscite celui qui le combat.
Potter, solidement attaché, tenta de se débattre en vain contre ses liens, hurlant dans son bâillon, ses yeux révulsés rivés sur Megan, qui ne tenta pas de lui venir en aide. Après toutes les souffrances qu'elle avait endurées, elle n'avait aucune envie de se sacrificier pour ce garçon qu'elle avait toujours tenu responsable de ses malheurs. Elle observa donc en silence Pettigrew approcher la lame de son poignard du bras droit de Potter et entailler sa chair. Haletant sous la douleur, le petit sorcier fouilla maladroitement dans sa poche et en tira un flacon dont il appuya le goulot contre la coupure pour recueillir le sang qui gouttait. D'un pas chancelant, il retourna ensuite auprès du chaudron et y versa le sang. Le liquide devint aussitôt d'un blanc aveuglant. Sa besogne achevée, Pettigrew tomba à genoux devant le chaudron, puis s'affaissa sur le flanc et resta étendu sur le sol, agité de spasmes et de sanglots, serrant contre lui le moignon sanglant de son bras mutilé.
Le chaudron bouillonnait, projetant de tous côtés des étincelles semblables à des diamants si brillants que tout le reste paraissait par contraste d'un noir profond. Pendant un long moment, rien ne se produisit, et Megan douta : le sinistre rituel avait-il échoué ? La créature s'était-elle noyée au fond du chaudron ? Elle avait la tête qui tournait. Que devait-elle faire si Voldemort disparaissait ainsi ? Pouvait-elle tuer Pettigrew, libérer Potter et le ramener à Poudlard ? Effacer les souvenirs du garçon ne suffirait pas : même si le garçon ne pourrait raconter l'avoir vue assister sans un geste au retour de Voldemort, tous les élèves de Poudlard avaient lu l'article de Rita Skeeter.
Puis soudain, les étincelles qui jaillissaient du chaudron s'éteignirent. Un panache de vapeur s'éleva alors à la surface du liquide en formant un écran de fumée si épais que Megan ne put plus distinguer ni Potter ni Pettigrew. La Marque des Ténèbres devint plus cuisante que jamais sur son bras et Megan sentit une vague froide la frapper de plein fouet. Plus puissamment que dans la Forêt Interdite trois ans auparavant, plus puissamment encore que dans la Chambre des secrets, elle sentit la présence et la puissance de Voldemort. Alors, à travers le nuage de vapeur, apparut la silhouette sombre d'un homme grand et squelettique qui s'élevait lentement du chaudron.
- Habille-moi, dit la voix aiguë et glacée au milieu du panache de vapeur.
Secoué de sanglots, Pettigrew, tenant toujours contre lui son bras mutilé, ramassa la robe noire étalée par terre. Il se releva et, de sa main unique, passa la robe sur la tête de son maître. L'homme squelettique sortit alors du chaudron et tourna vers Potter son visage plus livide qu'une tête de mort, ses yeux écarlates et grands ouverts, son nez plat, avec deux fentes en guise de narines, à la manière des serpents... Lord Voldemort venait de renaître devant eux.
