Chapitre du jour en temps et en heure cette semaine !

On arrive enfin dans le Poudlard Express, mais le voyage a été divisé en deux parties (et ça va arriver souvent dans les chapitres suivants) parce que, finalement, à la réécriture, faut croire que j'ai eu plus de choses à dire que dans l'original, mais en même temps, on part sur trois POV (oui, on retrouve Drago, Neville et Lavande dans ce chapitre) entrelacés.

Bonne lecture !


POV : Drago Malefoy

Draco Malefoy entendait son père hurler. Il l'entendait mais il ne comprenait pas les paroles – il avait arrêté d'écouter. Heureusement que le manoir était insonorisé car sinon, Lucius Malefoy aurait été, en l'instant, le principal responsable de la perte d'image de marque des Malefoy. Drago restait immobile, il attendait la punition qui ne saurait tarder – il connaissait les colères et les méthodes éducatives de Lucius Malefoy, et il savait depuis un mois qu'il était sur la sellette.

Être sur la sellette, dans le cas de Drago Malefoy, ne signifiait pas qu'il attendait son dernier interrogatoire – son père appliquait les peines sans le passage par le siège de bois. Dans notre cas présent, cela signifiait plutôt que Drago Malefoy savait que son père se mettrais dans une colère noire le jour où il apprendrait qu'il avait été incapable d'acheter sa propre baguette. Drago Malefoy savait qu'il méritait ce qui allait arriver, il savait qu'il avait pris le risque d'entacher le nom de sa famille, ce nom que son père avait mis tant d'efforts à nettoyer après la guerre. Il avait dépensé tant d'énergie et d'argent à prouver que les Malefoy étaient une famille qui valait son rang, qu'il ne pouvait permettre que son fils détruise tout en une après-midi, Drago le savait, bien sûr. Bien sûr, il était désolé, il n'aurait jamais dû faire cette scène en plein milieu du Londres sorcier, il le savait. Il aurait dû se forcer – se forcer plus fort.

Drago Malefoy gardait la tête baissée, il ne cherchait pas même à s'excuser. Combien de fois donc, Lucius Malefoy lui avait répété que les excuses et les pardons ne changeaient rien. Les excuses ne réparaient pas les vases cassées, ne rendaient pas la vie aux plantes d'agrément du jardin à la française, n'effaçaient pas les dessins des pages de grimoires… Les pardons ne servaient qu'à faire taire nos remords personnels – ils ne rendent jamais ce qui est la cause de leurs existences. Si par exemple, vous vous excusez après avoir sauvagement assassiner le chat de vos voisins en oubliant de le nourrir pendant trois semaines alors que vous vous étiez engagé à passer le voir matin, midi, et soir, vous vous sentirez peut-être un peu moins coupable, mais vos voisins n'en resteront pas moins sans chat. Après, si le chat en question était un espion pour un groupement de pompiers incendiaires, la problématique est légèrement différente – et dans ce cas, sûrement ferez-vous mieux de faire semblant de vous excusez pour essayer de leurrer vos voisins : que font-ils à élever un tel animal ? Sont-ils eux aussi dans le camp de vos ennemis ? Veulent-ils votre mort ? Faites donc attention ce soir, en allant vous coucher : vous ont-ils rendu les clés, la dernière fois que vous leur avez demandé de venir arroser vos plantes ?

Drago Malefoy, donc, attendait, tête baissée, en entendant Lucius Malfoy hurler. Il savait que celui-ci aurait bientôt terminé, le ton de sa voix avait changé :

« Est-ce que tu as compris, Drago ? Est-ce que tu as compris, pourquoi, je ne peux pas accepter de recevoir sur mon bureau une lettre m'indiquant que la baguette de mon fils aurait malheureusement du retard, et pourquoi donc ? Parce que tu as été incapable de te tenir convenable, de faire comme tous les sorciers de ton âge et d'entrer chez Ollivander et qu'à la place, tu as préféré te donner en spectacle devant ta mère et tous les autres sorciers présents ? » Il y eu une légère pause, mais la colère ne désemplissait pas. « Drago !

- Oui, Père. Cela ne se reproduira plus. »

Lucius Malefoy abandonna son fils sur ses mots, sans plus de considération. Il quitta la pièce avec dédain, et sans même l'exprimer, il rabaissa son fils plus bas qu'il ne considérer son elfe de maison. Drago Malefoy s'était attendu à une gifle, à une interdiction de repas, à un ordre de ne plus jamais apparaitre sous les yeux de son père jusqu'à son départ, à tout sauf à ça. Et la douleur ne fut que plus intense, car, malgré ses petits onze ans, il s'avait que si son père ne prenait pas même la peine de le punir, c'est qu'il était descendu dans son estime plus bas encore qu'un grand de sable.

Drago Malefoy s'interdisait de pleurer. Il entendit son père ordonner à l'elfe de « nettoyer le salon », mais il s'interdit de ressentir. Drago resta là, s'étant rassit au sol et ramenant ses genoux contre son torse, attendant que Lucius Malefoy quittât le salon. Alors, il se releva, et parti pour sa chambre, sans même permettre à l'elfe de réaliser son ordre – il lui resterait la poussière, celle dont son père ne parlait pas. Il ne pleura pas. Il ne ressentait rien sur le moment. Il savait bien qu'il aurait dû acheter sa baguette sur le chemin de Traverse, comme tout sorcier britannique qui se respecte, mais il n'avait pas pu. Et il savait que cela faisait de lui une honte, pour son père, mais pour lui-même aussi. Alors, Drago Malefoy passa en pilotage automatique, vérifiant encore une fois ses bagages : le chaudron en étain, la balance et le petit couteau en étain assortis, les livres – et leur sortilège de protection, pour ne pas prendre le risque de les abimer au cours de l'année – ses trois robes d'uniforme sur lesquelles il y avait son nom brodé. Il replia ses deux robes de nuit ainsi que la robe de nuit verte que ses parents avaient achetés pour son frère avant que celui-ci ne parte à Poudlard mais qu'il avait oublié au Manoir et donc jamais porté. Il contrôla le bon état des quelques vêtements qu'il avait choisi pour aller sous la robe d'uniforme : quelques chemises blanches et une noire, ses deux pulls préféraient – dont un en cachemire très doux, venant directement d'un élevage de chèvres ailées de Mongolie – ainsi que ses pantelons. Il ajouta sa peluche dans la valise, se promettant de ne jamais laisser quiconque la voir, pour ne pas faire plus honte à son père. Il hésita même quelques instants à l'abandonner au Manoir, mais à bien y réfléchir, il n'était pas sûr d'être capable de dormir sans. Il essayerait peut-être de la laisser autant que possible au fond de la valise, là où personne n'irait fouiller.

Enfin, Drago Malefoy referma prudemment sa valise. En bas, il entendait des bruits de voix : les invités étaient sûrement déjà arrivés. Il entendait la voix de Cygnus Black, son grand-père, distinctement et se doutait que Druella devait elle aussi être là. Ces grands-parents paternels devaient être eux-aussi arrivés. Il se doutait que les Greengrass et les Crabbe n'allaient plus tarder. Ils faisaient partie des rares familles à être encore resté fidèle à son père, de ce qu'il avait compris. Son père lui avait d'ailleurs ordonner de toujours rester avec Vincent – alors que Drago le détestait, et encore plus depuis qu'il l'avait revu. Il avait toujours été brutal, et un véritable rapporteur pas que Vincent Crabbe puisse mesurer les angles, la géométrie n'était d'ailleurs absolument pas un domaine dans lequel il excellait, non, il était bien plus apte à raconter à son père tous les faits et gestes de ceux l'entourant. Et Drago savait bien que Crabbe Sr se ferait un plaisir de compter à Lucius les agissements de son fils. Il le faisait déjà pour lui et Scorpius à l'époque où ils suivaient les cours au temple, alors Drago voyait mal comment cela pourrait changer pour les années à venir.

Des nouvelles voix se firent attendre, et Drago Malefoy pris donc la décision de descendre, laissant à Dobby le soin de s'occuper de la valise – son père lui en avait donner l'ordre plus tôt dans la matinée mais Drago ne l'avait pas encore fermée. Il se rendit compte qu'il avait encore une douleur dans le bas du ventre, mais l'ignora. Il salua cordialement tout le monde, alors que sa mère invitait à entrer dans le salon pour les prières de nouvelle année. Ils les faisaient bien plus tôt qu'à l'habitude pour que les trois nouveaux entrants à Poudlard puissent remercier la Magie avant de monter dans le train.

Vincent Crabbe donna une tape dans l'épaule de Drago – il détestait cette manière qu'il avait de toujours rappeler violemment sa présence :

« Malfoy ! Mon père est absolument sûr qu'on va être dans le même dortoir tous les deux, impossible qu'on soit envoyé dans la mauvaise maison. » Et Vincent Crabbe se fendit d'un petit rire, terriblement irritant pour Drago.

Drago lui répondit par un sourire : « Ce serait absolument génial, rattraper toutes ses années où je n'ai pas pu venir au temple ! » On pouvait dire que Drago savait mentir.

Drago abandonna Vincent Crabbe – alors que celui-ci lui parlait en long, en large, et en travers des banquets que Poudlard organisait – pour rejoindre sa mère et l'aidait à finir les préparations. Il ne voulait absolument pas passer sous le regard de son père. La plupart des invités discutaient désormais en petits groupes dans le salon, et son père était en grande discussion avec le père de Crabbe ainsi que son cousin qui avait lui préférait envoyer son fils à Durmstrang. Drago les entendait parlementer de l'incompétence du directeur actuel de Poudlard, et Lucius Malefoy promettait bien de tout faire pour amener du changement à ce niveau – il faisait d'ailleurs parti du conseil d'administration depuis ce qui aurait dû être la deuxième année de Scorpius, mystère auquel Drago n'avait jamais compris le comment.

Il récupéra un fagot de pommier dont il commença à retirer les dernières feuilles en égrenant les remerciements rituels. Astoria Greengrass, la plus petite présente ce-jour, se présenta pour l'aider, et Drago Malefoy se retrouva à lui tendre la moitié du fagot sans adresser le moindre mot. Elle s'assit à côté de lui, et sans essayer de discuter, commença à imiter Drago. Il ne pouvait qu'apprécier ce silence, c'est ce qui lui demandait le moins d'efforts pour maintenir son masque. Et il y avait trop de personnes importantes autour, pour qu'il puisse se permettre de baisser son masque.

La mère d'Astoria finit par s'approcher d'eux : « Malefoy, il va falloir que partir pour la gare, le train part dans un petit quart d'heure. Laisse donc Astoria finir. » Il y avait cette tradition, dans sa famille et ses relations les plus proches, de toujours appeler les autres sorciers par leur nom de famille, comme pour garder une certaine distance respectueuse.

Drago Malefoy se leva et tendit les quelques brindilles restantes à Astoria Greengrass. Il en garda néanmoins une pour lui il savait qu'il ne pourrait pas le brûler dans le train mais il espérait tout de même pouvoir finir la majorité de la cérémonie par lui-même.

Il remarqua du coin de l'œil que Vincent Crabbe et Daphné Greengrass, qui entraient aussi à Poudlard aujourd'hui, se trouvaient déjà avec le père Greengrass qui devait s'occuper de les emmener. Drago embrassa ses grands-parents avant de s'approcher timidement de son père. Il craignait cet instant, il ne savait pas vraiment s'il méritait de s'adresser à Lucius Malefoy après ce qu'il avait fait, après ce qui lui avait été reproché :

« Père…

- Ne me déçoit pas plus cette année. » Et Lucius se retourna sur ces mots, retournant à la discussion qu'il avait avec son beau-père.

Drago resta immobile à regarder le dos de son père, à regarder le dos de son père comme si celui-ci allait soudainement le pardonner et l'enlacer pour des aurevoirs, mais le dos ne bougeait absolument pas. Il restait immuablement droit, détruisant méthodiquement les espoirs de Drago. Il gardait comme il pouvait les larmes derrière son masque, alors que Narcissa posa une main sur l'épaule de son fils pour le tirer à elle :

« Drago… » Drago voyait bien les larmes qui s'accumulaient derrière le masque de sa mère, et il savait que, comme lui depuis plusieurs jours, elle pensait à son frère. « Tout va bien se passer, mon chéri, reste loin de la forêt interdite et fais attention à toi.

- Je vous aime.

- Moi aussi, je t'aime, mon chéri. L'année va se passer formidablement bien, reste près de Crabbe, c'est un bon garçon. Travaille sérieusement, je sais que tu seras excellent, tu l'as toujours été ici. » Les derniers mots avaient été prononcé dans une embrassade, celle qu'il aurait tant voulu de la part de son père, comme si plus personne ni plus rien ne les entourait.

Drago savait que ses parents allaient lui manquer – mais il avait espoir de se faire des amis de meilleure qualité de Vincent Crabbe ce dernier n'était clairement pas un ami, mais plutôt un boulet accroché à sa cheville, et Drago Malefoy espérait très fort qu'il ne soit pas envoyé à Serpentard : cela lui donnerait une bonne raison de refuser de rester avec lui.

Narcissa Malefoy avait donc son fils dans les bras et Drago profita quelques secondes de l'étreinte avant de récupérer sa valise laissée au coin du hall d'entrée et rejoindre le père de Daphné Greengrass. Les trois enfants lui saisirent le bras, et il transplana pour la gare King's Cross.


POV : Neville Londubat

Augusta Londubat poussait un chariot de voyage, sur lequel reposait une valise imposante. Neville Londubat, courait tant bien que mal derrière elle en maintenant son crapaud contre lui : Trevor tentait désespérément de s'échapper, et autour d'eux les moldus s'éloignaient en lui jetant des regards dégoûtés. Neville ne comprenait rien, il ne s'occupait pourtant pas si mal de son crapaud ! Oui, celui-ci semblait vouloir sauter un peu partout dans la gare plutôt que de rester dans ses mains, mais il ne pouvait tout de même pas le laisser en liberté ici !

« Dépêche-toi, Neville, tu vas louper ton train ! » Augusta Londubat était visiblement irritée. Elle avait décidé d'utiliser l'accès moldu de la gare car avec l'incompétence magique de son petit-fils, on n'était jamais sûr de rien, mais il avait déjà fallu faire demi-tour deux fois pour des oublis, et elle n'en pouvait plus : quand donc Neville apprendra-t-il à être un sorcier décent ! Elle avait bien conscience qu'elle n'aurait plus jamais son talentueux fils à la maison, mais elle aurait espéré que son petit-fils hérite de quelques-uns de ses gènes. Neville accéléra encore la cadence. Il avait déjà du mal à suivre et sentait qu'il allait chuter d'un moment à l'autre : rien de très agréable en perspective surtout que même s'il arrivait, par miracle, à ne pas chuter, sa grand-mère lui avait signaler plus tôt qu'il devrait traverser une barrière, en évitant soigneusement d'utiliser les tourniquets – pourtant fait pour traverser les barrières, vous le savez sûrement – et il ne voyait déjà arriver le moment où la barrière ne le laisserait pas traverser, le laissant entre les quais neuf et dix, et sans aucune possibilité d'atteindre le Poudlard Express. Sa grand-mère lui avait répété tant de fois qu'il avait bien de la chance qu'Albus Dumbledore l'accepte à Poudlard – si cela avait été elle, la directrice, elle n'était pas bien sûr que Neville aurait eu la moindre chance : il continuait à lamentablement échouer toutes les occasions magiques qui se présentaient à lui, même à quelques jours de la rentrée.

De loin, Neville aperçu une série de tête rousse flamboyante, et vu la direction qu'ils prenaient les uns après les autres, il se douta que cela devait être la famille Weasley. Sa grand-mère lui avait déjà parlé d'eux : leur père travaillait au ministère, ce qu'elle ne pourrait jamais espérer pour lui-même, ajoutait-elle souvent, et leurs oncles avaient combattu au côté de ses parents, lors de la guerre.

Le temps pour Neville d'arriver à la barrière, et ils avaient déjà tous traversé. Sa grand-mère le pressa encore un peu, il restait cinq minutes avant le départ du train et quand il se trouva de l'autre côté, Trevor lui sauta des bras :

« Grand-mère, j'ai encore perdu mon crapaud.

- Neville ! » Sa grand-mère était désormais ouvertement exaspérée, et plus seulement irritée. Elle se retourna, regardant tout autour d'elle sur le quai, tout en poussant son petit-fils dans le train. « Monte dans ce wagon, je vais vérifier qu'il n'est pas sur le quai.

- Mais… si le train part sans lui ?

- Neville ! » Et sa grand-mère le poussa à nouveau dans le train, car Neville Londubat avait tenté de redescendre. Trevor profita du même instant pour sauter dans le train et fuir dans les wagons et Neville se retrouva à lui courir après sans même dire au revoir à sa grand-mère alors que le train démarrait.

Augusta Londubat se retourna, soufflant et espérant que son petit-fils ressorte en vie de cette année. Elle s'inquiétait de ce qu'il allait bien pouvoir réussir à Poudlard tout en disparaissant du quai.


POV : Lavande Brown

Un peu plus loin dans le train, Lavande Brown ne remarqua pas le crapaud qui était venu les rejoindre, elle et les jumelles Patil, dans leur wagon : Lavande pleurait, tout en faisant aurevoir à ses parents au travers de la vitre. Parvati Patil essayait de la consoler, lui rappelant qu'elle reverrait bientôt son lapin, les prochaines vacances n'étant que dans quelques mois. Elle était tout de même bien d'accord avec Lavande, sur le fait qu'il était totalement injustifié que les élèves puissent amener à Poudlard leur crapaud, leur hibou, leur chat mais pas leur lapin : il était impossible que Lavande soit la seule à avoir un lapin de compagnie pour lui rappeler la maison !

Un groupe de cinq filles, portant toutes les couleurs de Serdaigle, plus âgées que les trois protagonistes actuellement dans le wagon, choisirent se moment pour entrer en riant. L'une d'elle attrapa gentiment le crapaud qui essayait désormais de ressortir, et, voyant Lavande pleurait, lui tendit :

« Tiens, il est ici, il va bien ne t'inquiète pas. »

Lavande regarda avec des yeux ronds la jeune fille et le crapaud qu'elle lui tendait. L'absurdité de la situation eu au moins le mérite d'arrêter les larmes de Lavande. Et il y eu un moment de latence, où chaque côté du crapaud regardait l'autre équipe :

« Je crois que ce n'est pas son crapaud…

- Oups, désolée. Vous êtes des premières années, c'est ça ? Ça va aller, vous allez voir, Poudlard est génial. Et puis, tu pourras écrire à tous ceux que tu as laissé sur le quai dès notre arrivée ! »

Celle qui avait encore Trevor entre les mains c'était assise en face de Lavande pour la rassurer. Les autres avaient fini par la suivre et s'installer sur les places qui restaient. Il ne fallut que quelques secondes à la nouvelle petite troupe pour apprendre que le lapin de Lavande lui manquait, et commencer à transformer un des coussins du wagon en lapin – la tentative échoua, et le coussin finit avec deux grandes oreilles plus proches de celles d'un lièvre que d'un lapin. Néanmoins, cela avait le mérite d'avoir détendu l'atmosphère, et tout le petit groupe était désormais en train de rire alors que les cinq Serdaigles imitaient des professeurs que nos trois protagonistes ne connaissaient pas encore – ou seulement de ouï-dire. Elles apprirent que Flitwick faisait de supers cours d'enchantement, et qu'il était sûrement l'un des meilleurs professeurs qu'elles auraient – mais non, tu es complètement biaisée ! Oui, on est à Serdaigle, mais les cours de botanique avec la professeure Chourave était géniaux ! En tout cas, professeure McGonagall était sûrement la plus stricte – oui, mais au moins, elle n'était pas partiale comme professeure Rogue. Enfin, dans tous les cas, les pires cours sont ceux d'Histoire de la magie – l'une des filles avança que l'Histoire était quand même une matière passionnante, mais les quatre autres se mirent tout de suite d'accord pour dire que c'était absolument impossible avec le professeur Binns !

C'est donc dans cette ambiance bon enfant, qu'une jeune sorcière souriante interrompis les huit filles.

« Vous désirez quelque chose, les enfants ?

- Trois chocogrenouilles pour moi, s'il vous plaît, et Clarisse va vouloir des patacitrouilles, n'est-ce pas ? » Elle s'était tournée vers celle qui semblait être la dénommée Clarisse. « Vous voulez quoi les nouvelles ? »

Lavande, Parvati et Padma hésitaient – elles se regardèrent quelques minutes pour faire leur choix pendant que les trois autres filles commandaient respectivement une chocogrenouille et de la réglisse, une pomme pétillante, et enfin deux autres patacitrouilles.

Padma fut la première à se décider, et suivant le mouvement, demande une chocogrenouille et une patacitrouille. Les deux autres décidèrent de faire de même, tout en rajoutant un fondant du chaudron qu'elles pourraient partager à trois.

Cela faisait un peu moins d'une heure et quart que le train était parti, alors la faim ne commençait qu'à peine à se présenter. Les cinq Serdaigles proposèrent tout de même de laisser les trois plus jeunes se changer pour être prêtes pour Poudlard puis de faire un pique-nique consistant surtout à manger les sucreries juste achetées, parsemées, potentiellement, des différents sandwichs que chacune avait ramené. L'une des filles sortit même des petits-beurre, ramenés spécialement de France pour partager avec ses amies dans le train elle y avait passé une partie de ses vacances d'été avec sa famille moldu.

Le train continuait inexorablement d'avancer, et, contrairement à tous les trains que vous connaissez sûrement, il ne passait à aucune gare. Non pas qu'il passait sans s'arrêter, comme le font souvent les trains à grande vitesse, non, celui-ci semblait voler sur des rails qui disparaissaient derrière lui et réapparaissaient devant dans une inéluctable course vers le château de Poudlard, et sa non-gare. Car ce train, n'arrivait jamais ailleurs qu'en quai neuf trois-quarts, tout le reste n'était qu'un leurre. D'ailleurs, vos connaissances situant le quai neuf trois-quarts à Londres, à King's Cross étaient tout autant des leurres : voici donc un train sans gare, et l'un des passages vers lui, seulement, était quant à lui en gare. Lavande Brown, ainsi que Parvati et Padma Patil d'ailleurs, étaient, elles, arrivaient par un petit passage moins connu à Cardiff, à l'arrière d'une cabine téléphonique.

Le train continuait inexorablement d'avancer, et, contrairement à la plupart des élèves qui étaient encore trop occupés à grignoter leurs friandises et discuter des nouveautés de cette année, Lavande, Padma et Parvati s'était désormais changées pour revêtir la robe sorcière noire qui était l'uniforme de l'école, affichant pour l'instant l'écusson de Poudlard.

Le train continuait donc, toujours, inexorablement d'avancer, quand les cinq Serdaigles revinrent dans le wagon avec des assiettes en carton :

« Cette tarentule, franchement, brou, j'ai encore des frissons…

- Quand je pense que Lee a essayé de la jeter sur ce petit prétentieux qui passait au même moment »

Il y eu des rires qui accompagnèrent le coup de baguette d'une des filles qui tentait, tant bien que mal, d'écarter les bancs du wagon pour faire de la place :

« Et voilà ! On peut s'installer par terre, comme un vrai pique-nique ! »

Nos trois protagonistes s'assirent à la suite des autres, et déballèrent leurs repas respectifs. Il y eu rapidement des échanges – « Mon père m'a encore mis de la mayonnaise, alors qu'il sait pertinemment que je n'aime pas ça, je lui dis chaque année ! » « Tiens, donne, le mien est au saumon par contre… » - et toute la petite troupe était en train de gaiement manger quand une jeune fille noire aux cheveux bruns longs et volumineux entra, suivi de Neville Londubat :

« On recherche le crapaud de Neville, vous ne l'auriez pas vu ?

- Attend, oui, j'ai trouvé un crapaud tout à l'heure en arrivant. » La dénommée Clarisse regarda autour d'elle : « mince, il n'est plus là… On a dû le laisser ressortir, quand on est parti voir la tarentule de Lee. »

La jeune fille souffla fortement et bruyamment en se retournant. Elle n'avait pas l'air très sympathique sur l'instant, Lavande se fit la remarque, mais il y avait ses cheveux, qui entouraient son visage comme une couronne, dans une afro bien entretenue qui rendit immédiatement Lavande jalouse, même si elle adorait, personnellement, ses cheveux en carré blondie avec soin par sa mère. D'un autre côté, elle comprenait que cela puisse mettre Neville mal, d'avoir perdu son crapaud, et elle voulut se lever pour leur proposer de les aider à chercher l'animal, mais les deux jeunes gens avaient déjà disparu quand elle arriva à la porte. Elle se promis de faire attention, si elle revoyait le crapaud, et de le garder pour le rendre au garçon.


POV : Neville Londubat

Neville suivait donc Hermione Granger. Elle lui était tombée dessus pendant qu'il cherchait Trevor – enfin, il pensait plutôt qu'il avait dû la pousser sans faire exprès – et, au lieu de s'énerver, elle était partie avec une détermination sans pareil à la recherche du crapaud. Elle avait fait la liste de tous les sorts qu'elle connaissait à voix haute, à la recherche de quelque chose qui pourrait les aider, et on aurait pu croire à un chevalier se préparant à combattre un dragon tant elle mettait cœur à l'ouvrage. Elle ouvrait un à un chaque box de chaque wagon, interrompant tout le monde, même les plus grands, même les préfets, pour savoir si quelqu'un avait vu le crapaud. Et elle n'hésitait pas à reprocher à ceux qui l'avait vu mais « il n'en avait rien à faire. C'est inadmissible ! Comment est-ce qu'ils peuvent laisser un crapaud se balader dans le train et ne pas penser qu'il est à quelqu'un ! »

Neville était assez impressionné. Il n'osait pas lui répondre, et il la suivait en regardant attentivement dans chaque coin. Il se fit la remarque qu'elle, elle irait certainement à Gryffondor avec les honneurs, elle était devenue sa chevalière. Il aurait bien aimé être comme elle, mais il avait bien trop peur de déranger pour oser demander aux autres élèves s'ils avaient vu Trevor…


J'espère que cette première partie de voyage vous aura plus. Si vous voulez savoir ce qu'il arriva à Trevor pendant le chapitre 6 du tome 1 officiel (j'ai repris la même chronologie dans ma fic, donc c'est aussi en ce moment de la fic...) je vous conseille d'aller jeter un coup d'œil à la fic d'Irriskina : La grande aventure de Trevor, disponible sur le site. C'est un OS, donc ça reste assez rapide à lire, mais il est très sympa !

Bonne semaine à tous !