Bonjour à tous !

Je sais, je sais, ça fait plus d'un an que j'ai pas posté alors que les chapitres sont près… Sauf que… je sais pas, je suis pas 100% convaincue par la deuxième partie de ce chapitre 7 et par le chapitre 8 du coup, j'ai commencé à stresser, j'ai arrêté de publier et d'écrire, j'ai tout jeté par la fenêtre, je me suis convaincue que j'étais pas faite pour ça, j'ai raté mon Nanowrimo et je suis repartie à ma vie de tous les jours comme si de rien n'était…

Et puis, j'ai commencé à regretter tout ça au début de cet été (donc oui, après quasi un an de pause d'écriture) et à me dire que, quand même, cette fanfic méritait d'être terminée même si pour ça, elle devait être merdique mais j'ai été prise par l'été et puis… voilà… Et là, tout de suite, ça fait trois jours que je lis Tash Hearts Tolstoy de Kathryn Ormsbee et - à part le fait que j'adore ce bouquin et que j'arrive à lire alors que je suis en panne de lecture depuis 6 mois – roulement de tambour : ça m'a vraiment vraiment vraiment redonné envie d'écrire mon propre fanwork (pour ceux que ça intéresse, le bouquin parle d'un groupe de potes qui crée une fanweb-série à partir de Anna Karénine de Tolstoy – d'ailleurs, ça m'a donné envie de le lire, mais bref) et surtout, de jeter à la poubelle la pression : donc je l'annonce, jusqu'à la prochaine grosse vague d'anxiété, j'en ai plus rien à faire si j'ai l'impression que c'est nul, de toutes façons, le seul texte qu'on ne peut pas éditer, c'est celui qui n'existe pas ! Je pense donc publier plusieurs chapitres à la suite dans les jours à venir, sans pression pour qu'ils fassent la même longueur, juste le temps de les relire pour une correction sommaire (la correction sommaire n'avait été faite que jusqu'au 7 compris à ce jour).

Donc bref, j'espère que vous apprécierez tout de même ce retour – et au pire, le plus important reste que j'apprécie d'écrire cette suite ! Mon but sera de finir le tome 1 pour cette fin d'année, sachant que pour l'instant j'ai 11 chapitres d'écrit, soit environ 80 000 mots (et c'est déjà bien bien plus que ce que j'espérais écrire – pour tout vous dire, de base, je visais 25 000 mots pour ce premier tome…)


Il y a des situations où vous vous retrouvez dans une foule d'inconnu à suivre une personne encore plus inconnue. Ce genre de situation, en général, est à éviter car il n'est jamais très rassurant de se diriger dans une direction inconnue, en compagnie de personnes inconnues sans savoir aucunement le but du trajet. Peut-être avez-vous déjà vécu ce genre de situation, par exemple lorsque votre groupe de scout des neiges de printemps a été soudainement échangé par un groupe de ballerines et que votre meilleur ami s'est retrouvé à devoir vous envoyer des SOS par miroirs interposés. Heureusement pour lui, Drago Malefoy n'était pas dans cette situation. Il se retrouva néanmoins à devoir suivre une préfète inconnue qui les emmenaient, lui et tout un groupe d'inconnu – si on n'en excluait les quelques élèves de première année qu'il avait rencontré dans le train – vers les cachots. Il n'était pas très rassurant de se diriger vers les cachots, et on pourrait sincèrement se demander qui avait jugé utile de placer des enfants n'ayant même pas encore commencé leur adolescence dans un lieu synonyme de prison et, souvent, aussi, torture.

Le groupe de nouveaux, constitué de Millicent Bulstrode, Vincent Crabbe, Daphné Greengrass, Gregory Goyle, Drago Malefoy, Théodore Nott, Pansy Parkinson et Blaise Zabini, suivait donc une certaine Gemma, la préfète, qui n'avait pas dit un seul mot depuis que tous s'étaient levés de table. Elle n'aurait paru commode à personne, avec son visage fermé, fier et sûr d'elle et son port de tête si droit qu'elle gagnait sans aucune hésitation la compétition tacite qui s'était installée avec Drago et Théodore. Ils auraient pu partir en guerre que leur détermination n'aurait pas semblé mieux placer, la préfète tenant en plus fermement sa baguette à pleine main. La maison Serpentard se créait toujours une carapace, une protection il y avait maintenant des générations que la haine avait été déclaré contre cette maison, et Albus Dumbledore, directeur de Poudlard, n'était pas pour y aider.

Peut-être vous êtes-vous déjà fait cracher dessus ? Ce n'est pas une expérience agréable. Pourtant, il était devenu tradition, au fil des siècles, qu'un rouge et or prépara sa plus belle salive pour l'envoyer en colis exprès sur un des nouveaux Serpentards. Pansy Parkinson, se tenait juste à côté de Drago quand elle eut la joie, l'honneur, d'être prise pour cible par deux glaires immondes et bien placés. Son visage exprima un dégoût profond, et elle semblait incapable de savoir quoi répondre alors que Drago gardait sa tête bien droite et tentait de continuer à respirer normalement. Pour une oreille attentive, il aurait tout de même été notable que son rythme de respiration s'accélérait – « Expir-er—Inspir-er » au lieu de « Expir—er – Inspir—er » – et s'intensifiait. Il fallait faire bonne impression, ne pas laisser percevoir que ses deux proches crachats n'avaient fait que grandir l'inquiétude due aux dortoirs qui approchaient… Pansy Parkinson aurait sûrement remarqué ce changement de respiration, si elle n'était pas elle-même occupée à continuer de marcher sans perdre la cadence, de plus en plus rapide, qu'imposait la préfète des serpentards. Elle donnait, elle, toute l'impression de n'avoir rien notifiait : il n'en était rien. Elle savait parfaitement que cela devait arriver, que c'était arrivé, et que cela réarriverait de nombreuses fois. Elle continuait de mener l'entièreté des Serpentards vers les cachots – puisqu'il n'y avait qu'en prison qu'ils étaient en lieu sûr. Il est bien sarcastique de savoir que ces enfants ne pouvaient trouver sécurité que dans un lieu de punition et de restriction de liberté – même si, pour eux, ces cachots était en réalité un lieu de repos et de permissions, mais nos jeunes recrues ne le savaient pas encore. Ils allaient vers la terreur, et leur mentor ne disait rien.

Drago Malefoy, Pansy Parkinson, ainsi que tous les autres arrivaient désormais sur les dernières marches avant leurs dortoirs. Le Baron Sanglant avait quitté leur pas pour trouver Peeves, et lui ordonnait de venger les nouveaux verts et argents. Si vous avez déjà rencontrer un esprit frappeur, dans le vieux manoir que vous auriez hérité d'une arrière-grand-tante au douzième degré par exemple, vous pouvez peut-être imaginer à quel point ce dernier mis un point d'honneur à respecter l'ordre en question. Peu loin, le Baron l'observait.

Pendant ce temps les enfants avaient, eux, fini de descendre les dernières marches sur lesquelles nous les avions laissés quelques lignes plutôt.

« La porte est protégée par un mot de passe. Ne le donnez jamais à personne : la salle commune est votre protectrice, il est inutile d'y inviter nos ennemis », Gemma avait parlé d'une voix forte « Onentzaro. » La porte des cachots s'ouvrit en grand, laissant ainsi les arrivants entrer. La préfète sembla tout de suite se relâcher, perdant ainsi alégrement sa première place dans la compétition avec Drago et Théodore, qui continuaient, eux, de se tenir si droit que l'on aurait pu croire que leur vie en dépendait – et sûrement, le pensaient-ils.

« Bonjour à tous et bienvenue pour cette nouvelle année, je suis Gemma, votre préfète » commença la préfète des Serpentards, « vous êtes ici dans votre deuxième maison, et pour certains peut-être que cela deviendra malheureusement votre principale maison. Sachez que quoiqu'il arrive, vous êtes un Serpentard, soyez en fier. Tous ceux ici présents vous défendront corps et âmes si nécessaire, et si vous avez malheureusement pu déjà remarquer que les autres maisons ne nous tiennent que peu dans le cœur, vous êtes ici dans un endroit sécurisé et sûr, personne ne vous rabaissera jamais. Je sais que certains d'entre vous sont des enfants de moldus et d'autres des enfants de Mangemorts, mais cette question ne se pose jamais : vous avez désormais tous un cœur de sang pur, car Salazar Serpentard vous a choisi, et s'il a mis sa confiance en vous, via le Choixpeau, c'est que vous la méritiez. Soyez fiers de vos couleurs, soyez fiers de votre appartenance. Dites-vous que malgré un directeur qui déteste notre maison, nous avons gagné le coupe six ans de suite désormais, et que vous êtes tout à fait capable de la gagner une nouvelle fois.

- Faites en votre première ambition ! » Une voix masculine avait crié, interrompant ainsi le discours de la préfère, « que l'on ne nous traite pas d'arrogants pour rien… » La déclaration fut d'ailleurs suivie d'un petit rire fier, sans que vraiment quiconque soit capable de déterminer s'il venait de la même personne.

- Merci de ton intervention, Peregrine. Je voudrais vous dire que sept années merveilleuses vous attendent, que vous vous ferez des amitiés extraordinaires, que vous apprendrez tous ce que vous avez besoin de savoir pour atteindre vos rêves et ce serait la vérité. Mais une vérité partielle : je suis au regret de vous dire que oui, d'autres étudiants vous rabaisseront parce que vous portez du vert et argent. Ne fermez pas votre bouche, ne les laisser pas vous faire douter. Et sachez que toujours, TOUJOURS, qui que vous soyez, si vous appartenez à cette maison, vous pourrez chercher de l'aide dans les plus âgés Serpentards. L'entraide est souvent oubliée de nos caractéristiques, mais elle sera toujours là pour vous.

- Et si aucun Serpentards n'est dans les parages, tournez-vous vers le préfet de Poufsouffle, il nous doit allégeance, Peregrine interrompu encore.

- Merci encore une fois, Peregrine, mais dois-je te rappeler que tu n'es pas préfet et que c'est à moi et Marcus qui est en TRAIN DE FAIRE DES PLANS DE QUIDDITCH AU LIEU DE M'AIDER de faire ce discours de bienvenue… Mais oui, vous pouvez demander de l'aide à Gabriel, il est visiblement assez amoureux pour défendre la maison de sa moitié, » la voix de Gemma était devenue moqueuse « une bonne partie des Poufsouffles sont suffisamment sûrs pour que vous puissiez leur demander de l'aide aussi. Préférez juste vous greffer sur un groupe si vraiment vous ne trouvez pas d'autres serpentards à proximité.

- Et n'oubliez pas de soutenir notre équipe de Quidditch ! » Marcus semblait s'être enfin éveillé à ses devoirs, même si Gemma ne semblait pas particulièrement satisfaite « Pour les deuxièmes années et les autres qui n'auraient pas encore eu la chance de faire partie de l'équipe, il y aura des sélections pour la position de gardien dans deux semaines.

- Ceux qui le souhaitent peuvent désormais aller dans leurs dortoirs – pour les premières années, vos bagages sont automatiquement déposés dans votre chambre au pied de votre lit – mais, professeur Rogue ayant cette année encore acceptait de fermer les yeux pour notre première nuit de retour à Poudlard, sachez que la soirée de bienvenue et de rencontre de vos parrains ou marraines commence ! »

Avec la fin du discours, Gemma n'avait plus du tout l'air froide et distante – d'ailleurs il était désormais temps de commençait à l'appeler par son prénom et non son titre – et quelqu'un lança le dernier morceau des Bizar'sisters. Il aurait pu, pour quelqu'un d'attentif à ce moment-là, être déterminé qu'aucun des nouveaux serpentards n'était nés moldus : il suffisait de voir qu'aucun n'avait l'air surpris par le style particulièrement sorcier de la musique. La magie pulsait à travers la rythmique.

Drago Malefoy décida de tester les dortoirs pendant que tout le monde semblait occupé par la musique. Théodore était en train de discuter avec Blaise et Gemma semblait persuadée qu'elle devait leur expliquer en détails comment aller se passer leur premier cours d'herbologie. Drago Malefoy avait l'air nerveux, il n'avait pas lâcher son port de tête droit et son apparente fierté jusqu'alors, il avait répondu « Oui, je suis un Malefoy » à quiconque essayait d'en douter, et il aurait même ajouté avec superbe et orgueil que sa famille faisait partie de la courte liste des sang-purs sacrés si l'information s'était trouvée à être plaçable dans la conversation. Mais désormais, il avait du mal à faire semblant en approchant un pied du dortoir des garçons. Il savait qu'il devait être là, mais il n'était pas sûr que le château soit au courant. Il s'avança tout au fond du couloir, qui donnait sur les dortoirs des sixièmes, septièmes, deuxièmes et premières années, passant devant la porte du dortoir des filles. Pansy était déjà à l'intérieur, cherchant une robe propre dans sa valise. Drago s'arrêta devant la porte qui y faisait face, ne sachant que faire…

« Euh… Ta valise est là… » Pansy était mal à l'aise, sa voix le laisser paraitre, et Drago avait envie de pleurer plutôt que de répondre quoique ce soit. Oui, la voix de Pansy s'était brisée et elle semblait absolument démolie d'avoir dû dire ça à Drago Malefoy, mais qu'elle ait dû lui dire une telle chose ne pouvait signifier qu'une chose : le château le considérait comme une fille et il détestait absolument ça. Devant d'autres personnes, il devait se maintenir, garder la face, il le savait. Mais il était fatigué et énervé, et deux larmes furent impossibles à retenir. Les autres, il les ravala, les mangea comme il savait si bien faire avec ses émotions. Garder la face, il pensa, certains lui diraient que ce n'était que sept ans à tenir, matin, midi et soir, ce n'était que sept à tenir…

Pansy n'était pas dupe. Cela faisait plusieurs minutes que Drago ne bougeait plus maintenant, et elle avait bien remarqué toutes les larmes qu'il retenait. Elle attrapa la valise d'une main sûre, et du haut de ses onze ans, se promit de protéger pour toujours le secret qu'elle venait de comprendre :

« Ils ont dû se tromper, on va la déplacer dans le bon dortoir.

- Tu… Tu ne peux… Nous ne pouvons pas y rentrer, tu n'as pas lu L'Histoire de Poudlard ? Un élève ne peut rentrer que dans son propre dortoir… »

Drago aurait vraiment voulu pleurer, il n'avait pas besoin d'un rappel comme un claque que lui aurait mis le château lui-même. Le château, bien sûr, n'avait pas littéralement frapper notre jeune protagoniste, et Drago n'avait pas de trace rouge sur la joue qui aurait pu prouver une quelconque maltraitance de la part du bâtiment. Mais néanmoins, si vous avez déjà découvert une information peu plaisante qui remettait en péril le bon déroulement des sept ans à venir, sûrement que vous pouvez imaginer ressentir une claque sur votre joue. Et peut-être sur la deuxième aussi, à moins que ce soit votre arrière-grand-tante au douzième degré qui vienne d'ajouter cette deuxième. Gemma, la préfète, arriva sur les derniers mots de Drago, et ce fut la deuxième claque – toujours figurativement bien sûr – de Drago. Cependant, cela allait devenir une claque bien plus agréable, même si, sur le moment, une claque ne semblait jamais agréable :

« Le directeur de maison peut changer de dortoirs un étudiant. J'imagine qu'on doit aussi pouvoir le faire en tant que préfet, mais je ne connais malheureusement pas le sort. » Gemma était désolée, tout le monde pouvait s'en rendre compte – enfin, surtout Pansy et Drago qui étaient les deux seuls présents dans le couloir en cet instant.

Pansy attrapa soudainement le bras de Drago, avec sa main libre :

« Allons voir Professeur Rogue, je lui dirais qu'il n'est pas question qu'il y est un garçon dans mon dortoir !

- Il est minuit passé, » Drago avait tout de même un sourire

- Et alors ? » Pansy semblait révoltée désormais, « On le réveillera !

- Je pense qu'il fait des insomnies, Gemma compléta, je ne compte plus le nombre de fois où je suis allée le voir à pas d'heure pour parfaire un devoir de potions ou un autre… Et puis, il comprendra, il n'est pas aussi froid que beaucoup veulent le faire croire. » Et elle embarqua la valise et les deux jeunes Serpentards vers la salle commune.

S'il était permis d'avoir un doute quant à Severus Rogue, la salle commune, elle, était encore bien éveillée. Si la musique avait été réduite en volume, la plupart des étudiants semblaient passionnés par de vivides discussions à propos d'un sujet ou d'un autre. Gregory Goyle avait tout de même réussi à s'endormir sur un des fauteuils, remarqua Drago, et Blaise n'était visible nulle part. Il devait aussi manquer quelques serpentards des années supérieures car la salle commune semblait plus grande qu'à leur arrivée, mais de peu. Le dénommé Marcus était occupé à essayer de convaincre un autre élève de rejoindre l'équipe de Quidditch juste devant la porte, mais malgré tout, personne ne fit attention à nos trois Serpentards et leur valise. Cela pourrait paraitre insensé, mais pourtant nos trois acolytes n'auraient pas été plus discrets sous une cape d'invisibilité. Le bruit des discussions faiblit quand la porte se refermât derrière Drago, mais le couloir restait bruyant.

Gemma poussa la valise dans un recoin, peu loin de l'entrée des cachots : « Pas la peine de la transporter jusqu'au bureau, personne ne viendra la chercher ici, tu la récupéreras dans ton dortoir de toutes façons… »

Drago n'osait pas vraiment répondre. Et sûrement n'aurait-il pas cru que tout cela était réel si Pansy ne lui arrachait pas l'épaule en même temps qu'elle le tirait pour qu'ils puissent suivre Gemma s'en se laissait distancer. Elle marchait si vite qu'aucun des deux n'auraient été capables de dire par quel chemin ils étaient passé pour arriver jusqu'à la porte qui indiquait « Bureau – Pr Rogue ». La préfète toqua franchement à la porte qui ne tarda pas à s'ouvrir sur un Severus Rogue aux cheveux gras et en robe grise, qui semblait lui servir de robe de nuit.

« Miss Farley, je n'ai pas encore donné de devoirs de potion cette année à ce que je sache… » Le professeur Rogue marmonnait sans daigner cacher son irritation

- Je ne viens pas pour ça, Monsieur, excusez-moi de vous déranger mais j'aurais besoin que vous fassiez un changement de dortoir pour le jeune Drago Malefoy, il semblerait qu'il y ait eu une erreur. »

Le Professeur Rogue chercha du regard derrière la préfète, et reconnu aisément le deuxième enfant de Lucius Malefoy. Il ressemblait à son père, un ancien comparse – ils avaient fait partie de la même organisation jusqu'au un an, environ, du deuxième né Malefoy. Mais il ressemblait surtout encore plus à son frère : ils auraient pu être jumeaux, s'ils n'avaient pas eu tant d'années de différence, voilà ce que le professeur Rogue remarquait enfin. Il n'avait pas vraiment fait attention au jeune Malefoy pendant la répartition, il avait été bien plus occupé à discuter avec le nouveau Professeur Quirrell, en charge de la Défense Contre les Forces du Mal, et qui semblait ne pas avoir du tout le même point de vue que lui sur quel programme adopté.

« Ce serait pour la même chose que pour moi, il y a deux ans… »

Gemma interrompit les pensées du Professeur Rogue, alors que derrière, Drago serrait désormais la main de Pansy un peu trop fort : s'il avait lui l'épaule détruite, elle aurait, elle, bientôt le trapèze, le trapézoïde, le capitatum, l'hamatum, le scaphoïde, le lunatum, le triquetrum et le pisiforme droits complètement broyés.

« Je suis… trans… » Drago avait parlé d'une toute petite vois, qu'il ne reconnaissait pas lui-même. Il n'avait pas l'habitude de dire ces mots à haute voix. Cependant, le professeur ne lui avait pas laissé le temps de prononcer sa phrase qu'il était déjà parti vers le dortoir. Severus Rogue était énervé qu'on soit venu le réveiller en pleine nuit pour quelque chose qui ne devrait pas arriver : cela faisait des années désormais qu'on parlait de corriger les sortilèges du château, déjà à l'époque de Regulus Black au moins, et sûrement avant, mais que rien n'était jamais fait. Le Professeur Rogue ne dormait pas, bien sûr, au moment où la préfète de Serpentard était venue le déranger : comment peut-on imaginer dormir quand le fils de votre pire ennemi vient d'arriver chez vous, ressemblant comme deux gouttes d'eau à son père, et vous renvoyant toutes vos pires années ? Il était déjà énervé avant qu'on vienne le chercher finalement, et même Gemma avait désormais du mal à le suivre : quand les trois Serpentards entrèrent enfin de nouveau dans leur salle commune, le professeur en ressortait déjà, grommelant un « ça devrait être bon » mêlé à un « ne tarder plus trop à envoyer tout le monde au lit ». Drago murmura un merci, mais rien n'était moins sûr quant au fait que le Professeur Rogue l'ait entendu.

En entrant dans la salle commune, Drago tenait toujours la main de Pansy, même s'il semblait ne plus vouloir la détruire. Certains les remarquèrent enfin, car Gemma, en bonne préfète, choisit ce moment pour mettre fin à la soirée – la plupart n'avait jusqu'alors pas même remarqué l'entrée ni la sortie de leur directeur de maison. Gregory Goyle dormait toujours sur le même fauteuil, et personne ne semblait avoir le cœur à le réveiller : Marcus proposa qu'on le laissât dormir dans la salle commune, puisque de toutes façons, il semblait la trouver confortable et Gemma sembla sur le point d'ajouter une remarque avant de se reprendra. Drago lâcha enfin la main de Pansy, remarquant que tout le monde les regarder – ils étaient les deux derniers premiers années encore éveillés – et réenfila son masque avant de partir vers son dortoir sans même une parole pour quiconque. Il entra dans son dortoir d'un pas décidé, espérant de toutes ses forces que c'était réellement « bon » et remarqua tout de suite les trois autres garçons en train de dormir : Vincent Crabbe et Blaise Zabini avait chacun pris un des lits du haut, alors que Théodore Nott était installé au niveau du lit le plus proche que celui que Drago interpréta comme le sien, sa valise en étant au pied. Il restait encore trois autres lits de vide, visiblement la capacité du château n'était pas à son maximum cette année…

« Ta valise vient à peine d'arriver. » Théodore s'était rassis sur son lit et observait Drago avec un certain dédain. Drago connaissait bien ce regard, c'était le même qu'il portait chaque jour.

- Ces incapables d'idiots d'elfes de maison l'avaient perdu… J'ai dû voir avec le Professeur Rogue. »

Drago ne tenta pas de continuer la conversation, il était fatigué et voulait juste dormir. Il ferma les baldaquins de son lit avant de se changer pour sa robe de nuit – la vert pomme qui avait appartenu à son frère, même s'il avait promis à ses parents de ne pas la mettre et de bien porter les robes neuves qu'ils lui avaient acheté. Mais il aurait dû passer cette première journée avec son frère, il le savait, et il lui manquait plus que jamais en ce moment. Il serra plus fort sa peluche, un cygne, et s'endormit.

Si nous décidions désormais de nous diriger à l'autre opposé du château, sur une des tours les plus hautes, après avoir perdu bien du temps à essayer de monter les escaliers mouvants, il n'y aurait plus personne pour nous ouvrir le chemin jusqu'à la selle des Gryffondors. Nous nous retrouverions tout de même sur les traces de centaines, de milliers, d'étudiants qui, année après année, ont prononcé un mot de passe différent de « Caput Draconis » au portrait de la grosse dame. Il y eu, parfois aussi, des personnes recherchaient par les aurors qui vinrent aussi dans ses pas – je ne donnerais, cependant, pas plus d'information pouvant me compromettre. Mais retournons donc quelques heures plus tôt.

Alors que Drago Malefoy entrait dans sa salle commune, Neville Londubat et Lavande Brown suivaient Percy Weasley, leur préfet, dans les escaliers mouvants. Par un hasard qui ne s'expliquait pas, les escaliers, notamment le premier en marbre, décidèrent collectivement de rester stables et de permettre à tous de rentrer au plus vite dans son dortoir. Lavande commençait à fatiguer de la soirée, elle n'avait pas l'habitude de rester éveillée si tard, pourtant cela ne l'empêchait pas de parler encore et encore, en riant, de la cérémonie avec Parvati : l'ovation qu'elle avait reçue quand elle avait été la première à être répartie à Poudlard, la chute de Neville – elles espéraient d'ailleurs qu'il ne s'était pas fait mal, il faudrait lui demander quand ils seraient enfin aux dortoirs – ou encore le discours du directeur. Il y avait aussi eu la répartition d'Harry Potter dans leur maison – une légende dans notre maison ! Elles étaient encore bien excitées de leur journée, et elles ne remarquèrent pas les regards noirs que la troisième fille répartie à Gryffondor ce soir, leur lançait pendant toute la distance interminable qu'ils parcouraient.

Soudain, tout le monde s'arrêta. Neville failli tomber, après s'être fait rentrer dedans par un autre élève. Des cannes lui passèrent au-dessus de la tête, et il vit le moment où elles allaient lui tomber dessus : peut-être que le Choixpeau avait menti ? Comment pouvait-il savoir que ses parents étaient fiers de lui ? Comment ses parents pourraient-ils être fiers de lui… Il savait qu'il ne méritait pas sa place ici, sûrement que les cannes allaient le frapper et le renvoyer hors du château. Lavande remarqua son mouvement pour se protéger : Neville avait relevé ses deux bras au-dessus de sa tête, comme pour s'en couvrir. Elle aurait voulu avancer pour le rejoindre, mais la foule était serrée et les cannes se ruaient au-dessus d'eux. Elles évitèrent Neville pour continuer leur course jusqu'à Percy, le préfet, qui fit un pas de côté pour les éviter avant de s'énerver. Il marmonna quelque chose que Lavande ne put entendre, avant que son énervement le pousse à parler bien plus fort :

« Tu veux que j'aille prévenir le Baron Sanglant ? »

Une sorte de fantôme apparu. Même si elle n'en avait jamais vu, Lavande reconnu un esprit frappeur : c'était lui qui tenait les cannes, et sa voix caqueta avec menace. Elle nota intérieurement de ne pas s'approcher de lui plus souvent que strictement nécessaire – ce qui voulait dire, dans le cas d'un esprit frappeur, jamais. Cependant, il est à savoir, que vous ne choisissez rarement de vous retrouver ou non près d'un esprit frappeur. En général, il vous choisisse pour cible, et vous n'avez plus qu'à subir et tirer les centaines de malheurs qu'il décide de vous faire subir. Dans notre cas présent, Peeves, puisque c'était son nom, avait décidé il y a longtemps désormais, de répartir ses plaisanteries et canulars sur l'ensemble du château et de ses habitants. Tout le monde finissait par le connaitre, et bien peu avait la chance de gagner son respect. D'ailleurs, Peeves, l'esprit frappeur décida que sa victime prioritaire ce soir serait l'un de ces petits nouveaux. Il fondit sur eux, obligeant Lavande à bondir sur le côté et à donner, malencontreusement, un coup dans les côtes à Parvati. Neville, lui, récupéra l'ensemble des cannes sur la tête, alors que l'esprit frappeur disparaissait. Néanmoins, les cannes restèrent au sol et ne tentèrent aucunement de faire fuir Neville du château.

Percy, le préfet, reparti tout de suite d'un bon pas, sans s'inquiéter pour quiconque. Il signala négligemment de faire attention à Peeves – et Lavande pensa qu'il était bien temps de leur dire, maintenant qu'ils l'avaient tous compris. Elle se rapprocha de Neville et lui proposa une main pour se relever :

« Visiblement, le château t'a choisi comme martyre de la soirée… J'espère que ça va ? Tu es resté super longtemps sous le Choixpeau, en plus, c'est rare. Ma mère m'a toujours dit que le Choixpeau favorisait toujours des élèves, il aime le talent… »

Neville s'épousseta un peu, et lui sourit. Lavande parlait trop pour qu'il puisse répondre, mais il était tout de même agréable de savoir qu'il y avait des élèves pour lui parler – peut-être pourrait-il se faire quelques amis ? Ils entrèrent ensemble dans la salle commune, pour découvrir une salle accueillante qui semblât bien plus confortable que le salon de sa grand-mère, et surtout, meublée avec bien plus de goût. Une grande partie du mobilier affiché fièrement l'appartenance à la maison Gryffondor, et tout ce rouge et or mis le baume au cœur de Neville. Il était enfin entré dans la salle commune de sa maison, elle ne l'avait pas rejeté : peut-être, finalement, pouvait-il espérer un jour être digne de la maison de ses parents ? Il se surpris à l'espérer alors que Percy, le préfet, interrompit les discussions pour montrer les différents dortoirs. Lavande souhaita alors bonne nuit à Neville, rejoignant Parvati et leur dortoir. Hermione Granger, la jeune fille qui l'avait aidé à chercher Trevor un peu plus tôt dans le train, se dirigeait aussi dans cette direction.

Neville prit donc la direction de son dortoir, monta les dernières marches qui menaient au plus haut de la tour, et retrouva son crapaud en train de sagement l'attendre sur ses bagages. Dans un coin, le célèbre Harry Potter et le rouquin qui était Ron Weasley chuchotaient. Les deux autres garçons du dortoir étaient en train d'enfilaient leurs robes de nuit et Neville ouvrit discrètement sa valise pour les imiter. Il referma ensuite les baldaquins de son lit pour faire le noir et essaya de trouver le sommeil. Il n'aurait jamais pensé arriver jusque-là, être officiellement accepter à Poudlard, dormir en haut de la tour Gryffondor… Il tourna dans son lit : il avait hâte de commencer les cours. Demain, il écrirait à sa grand-mère, la prévenir qu'il ne rentrerait pas. Il tourna encore et repensa à ce que le Choixpeau magique lui avait dit.

Plusieurs heures plus tard, Neville tournait encore et encore dans son lit. Il était incapable de trouver le sommeil : « ils sont déjà fiers de toi, je te le promets » pensait-il en boucle.


Pas grand-chose à ajouter, juste il n'y aura plus de régularité dans les publications, je pense juste publier quand quelque chose est prêt, pas de pression on a dit.

En vous souhaitant tout le meilleur, chers lecteurs !