Sortir de leurs dortoirs, le lendemain matin, signifiait entendre de partout des murmures et des rumeurs à propos d'Harry Potter. Drago Malefoy était énervé : il aurait voulu un peu d'attention aussi, qu'on se rende compte que c'était lui qui avait la décence de respecter les valeurs sorcières et non ce pifgalette qui traînait avec des traîtres à leur sang. Les cheveux roux du renégat se repéraient à des kilomètres et Drago ne pouvait même pas essayer d'ignorer le duo tellement il lui faisait mal aux yeux.

Neville Londubat, lui, se sentait surtout mal à l'aise de partager le dortoir du célèbre Harry Potter - même si le Choixpeau l'avait rassuré, il se sentait tout de même indigne d'être si proche du héros dont sa grand-mère lui avait tant parlé ; souvent, d'ailleurs, pour lui dire à quel point lui, Neville, n'aurait jamais pu vaincre le mage noir à un tel âge…

Ainsi donc, à table, tout le monde semblait n'avoir à la bouche que l'existence d'Harry Potter et les respirations qu'il avait désormais fait dans ce château - chacun partageait un peu de son air, et si ce n'était donc pas la chose la plus digne de fierté de leur vie. Pouah ! En réalité, ces enfants étaient pour certains excités, mais pour d'autres complètement perdus : pensez donc un instant aux premières années nés-moldus qui se retrouvaient soudainement projeter entre deux élèves qui vouaient un culte au célèbre Harry Potter - j'espère que vous avez pensé à votre ton moqueur…

Ainsi donc, reprenons… En réalité, vous pourriez donc vous arrêtez là et repartir avec la garantie que Poudlard était désormais un lieu sûr, puisqu'il avait un héros en son sein. Ce n'est pas la vérité, mais les mensonges sont toujours plus doux, hydromel délicat.

En tout cas, Lavande Brown faisait partie de ceux qui ne pouvait se taire. Elle oubliait de manger, en grande discussion avec Parvati et tout un groupe d'étudiant de Gryffondor. Si elle avait fait attention, elle aurait pu remarquer l'abondance de toast, les plats d'œuf brouillés ou encore les assiettes de lards qui encombraient la table. Une grande partie des Gryffondor avaient abandonnés les discussions pour profiter de leur premier petit-déjeuner de l'année. Et comme la conversation s'essoufflait, Lavande et Parvati se retrouvèrent à se servir des toasts recouverts de confiture, du jus de citrouille et de potimarron, du porridge aux noix, des pommes de terre sautées… Tout avait l'air excellent, et l'interruption des hiboux leur provoqua un petit cri :

"Ah ! C'est tombé dans l'assiette… Ça doit être ma mère, qui m'envoient des nouvelles de Binky…

-Je crois que c'est Padma que le hibou a choisi… Maman n'est pas encore au courant de notre répartition, je reviens."

Alors que Parvati Patil se levait pour rejoindre la table des Serdaigle, Lavande déchira son enveloppe tout en tendant un morceau de toast au hibou. Elle était heureuse de savoir que tout le monde allait bien chez elle, mais une larme s'échappa malgré tout au savoir que son lapin la cherchait désespérément partout. Elle sortit un parchemin de son sac qu'elle avait prévu pour les cours, ainsi qu'une plume à encre automatique – son père lui en avait offerte une juste avant la rentrée, pour son entrée à Poudlard, dans les tons roses dorés, et c'était la chose la plus pratique qui puisse être ! Repoussant son assiette, elle commença à conter le pique-nique dans le train, le jeune garçon qui avait perdu son crapaud, la répartition (elle avait été la première envoyée à Gryffondor !) … Mais aussi tous les potins sur Harry Potter : elle était très fière de pouvoir dire à ses parents qu'elle avait été répartie dans la même maison que lui et qu'elle allait même avoir cours avec lui. Elle recopiait la lettre une deuxième fois alors que la majorité des Gryffondor avaient déjà quitté la grande salle où se déroulait le petit déjeuner et ce fut à Parvati de la sortir de sa lettre. L'ouvrage faisait vingt-six centimètres de long, écrit serré comme Lavande en avait déjà l'habitude ; il lui faudrait passer à la volière ce midi, ou ce soir au plus tard, pour pouvoir envoyer les courriers à chacun de ses parents.

Avec toute cette occupation, Lavande Brown n'avait pas remarqué le hibou Grand-Duc majestueux qui avait déposé un colis rempli de friandises – cachant en réalité une baguette magique – à Drago Malefoy. Il est néanmoins à noter, que même si Lavande Brown n'avait pas été occupée à écrire, sûrement qu'elle n'aurait pas particulièrement notifier l'information. En effet, si elle connaissait la famille Malefoy de nom – tout le monde sorcier connaissait la famille Malefoy de nom – il n'en restait pas moins qu'elle n'avait pas de raison particulière de surveiller l'arrivée de courrier de leur fils et seul héritier.

Ainsi donc était arrivée la rentrée officielle, en ce lendemain de trajet en train. Par un hasard assez heureux, le 2 septembre 1991 se trouva être un lundi – pensez donc à toutes ces années où les étudiants se durent de commencer leurs premiers cours un dimanche… Le premier cours de l'année, pour nos Gryffondors, était donc un cours de botanique, avec la professeure Chourave : la professeure était avenante et enthousiaste, débutant rapidement le cours par une présentation des serres. En tant que première année, ils utiliseraient surtout la serre numéro deux, leur indiqua-t-elle, mais ils auraient aussi l'occasion de profiter des jardins du château, en fin d'année, quand les journées seraient de nouveau belles – et je ne voudrais pas paraître plus défaitiste que je ne vous le parais déjà, mais sachez que ce ne serait pas pour ce semestre. Il est à dire, que le château, en plus d'être loin d'être un lieu sûr, était tout autant loin d'avoir une météo de rêve. Si vous en doutiez encore, voici donc une raison de plus d'envoyer vos enfin à Beauxbâtons plutôt que Poudlard : si vraiment, vous ne vous soucier point de leur survie, au moins soyez sensible à l'argument d'un déficit en vitamine D. La complémentation en hiver est déjà suffisamment un budget pour ne pas l'ajouter le reste de l'année en plus.

Lavande eu aussi la joie de s'ennuyer en cours d'histoire de la magie – tout comme ses rencontres du Poudlard Express l'avait prévu. Elle réussit à ne pas confondre Emeric le Hargneux et Ulric le Follingue malgré la voix monotone du professeur Binns, un fantôme mort pendant un de ses cours, mais fut incapable de prendre la moindre note concernant leur deuxième différent. Y avait-il eu plus de différents entre eux ? Elle n'aurait su le dire. Sûrement que leur drama aurait pu être intéressant, si présenté de la bonne façon, mais le professeur Binns avait – et a toujours – le chic de trouver l'angle le plus ennuyeux pour aborder un sujet. Avait-on vraiment besoin de savoir que le nom complet de Emeric le Hargneux était Emeric le troisième Emmanuel Norbert Beans de la Cour Suprême Entière Pantoufle Doré Jean Yves Didier le quatorzième Catelin Nuageux Maître chocolatier de troisième dan Créateur de Vénus et de Mercure Cinquième gouverneur du monde gastrique Douzième président de l'ère de Marc Michelin dodue et vice comte de Labourd, surnommé aussi le Hargneux car ayant une certaine tendance à ne pas laisser ses ennemis partir sans dommage. Chacun de ces titres avaient été durement gagné, que ce soit lors d'un combat de carte, par un habile truchement d'héritage ou encore par l'obtention des faveurs d'Elsa Élisabeth Marie Claire Virgile De Fontainevieille la huitième du nom, Gouvernante des titres suprêmes.

Ainsi donc, vous vous en doutez certainement maintenant, Emeric le Hargneux était le fils d'Emeric le Véritable, connu pour avoir clamé être le seul, l'unique véritable Emeric et que tous les autres – dont son fils – n'étaient que des usurpateurs désireux de voler son identité. Emeric le Véritable avait nommé son fils de son nom, pour prouver son point. Et il fut donc très fier de pouvoir annoncer au monde qu'il avait raison sur son lit de mort – ce furent d'ailleurs ses derniers mots. En effet, son fils n'avait pas récupéré le rôle de son père, à la maladie de celui-ci.

L'événement que je souhaiterais vous décrire ici, fut la trois-cent-cinquante-sixième cueillette de pêches sanguines d'Emeric le Hargneux. Les pêches sanguines, comme vous le savez, sont très appréciées des moldus et disposent d'une particularité magique absolument nulle. Elles sont sans dangers et sans intérêts particuliers autres que gustatifs pour notre Emeric le Hargneux ; elles ne peuvent même pas être confondues avec des pêches sanguinaires, qui n'ont qu'un nom pas tout à fait en commun, c'est pour dire. Emeric le Hargneux s'était donc levé un certain matin, avec l'envie d'une pêche sanguine. Il quitta donc son lit avec espoir de rejoindre au plus vite son jardin où plusieurs pêchers croulaient sous les fameux délices : la saison était particulièrement bonne. Emeric le Hargneux rejoignit donc son jardin où il tendit une main vers l'arbre le plus proche, cueillant une première pêche. Il profita d'être désormais bien éveillé pour en ramassant une dizaine d'autres qu'il plaça dans un plateau à fruits, avant de rejoindre l'intérieur. Il commençait à faire chaud, en cette journée d'été, mais Emeric était heureux : il put manger avec délice deux des plus belles pêches qu'il avait patiemment récolté – cinq minutes de récoltes méritaient bien, dans le cas d'Emeric le Hargneux, d'être considérées comme de la patience.

J'espère désormais vous avoir suffisamment ennuyé avec les histoires les moins intéressantes et les plus soporifiques d'Emeric le Hargneux pour que vous ayez décidé d'aller vous coucher et de ne plus suivre les aventures, bien loin d'être joyeuses, des protagonistes de l'ombre de la deuxième guerre sorcière – car point besoin de faire secret ici, vous êtes déjà au courant.

Nous rejoignons donc désormais Lavande en plein cours d'astronomie. En effet, le temps que je vous compte les paroles du professeur Binns, nos protagonistes avaient eu le temps d'avancer jusqu'au mercredi soir suivant. Ils avaient eu l'occasion de découvrir les cours du professeur Flitwick concernant les sortilèges et enchantement et de se perdre à plusieurs reprises, déjà, dans le château, celui-ci présentant plus d'escalier et de couloirs que Lavande n'aurait jamais cru possible – et pourtant, ses parents lui en avaient parlé mille et une fois. Lavande s'était d'ailleurs retrouvée un peu plus tôt face à un tableau représentant les épices du grand souk Khân al-Khalili, au Caire. Pour Lavande, qui n'avait jamais mis les pieds hors de Grande-Bretagne, cela ressemblait surtout à un étalage d'épices.

Le mercredi soir, donc, les Gryffondors avaient cours d'astronomie en compagnie des Serdaigle. Lavande Brown et Parvati Patil était ravies de retrouver Padma Patil – qui profita des minutes avant le cours pour leur présenter Mandy Brocklehurst et Lisa Turpin. Lavande se fit la remarque que Padma semblait s'entendre avec tout le monde de son dortoir alors que de leur côté, Lavande et Parvati avaient du mal avec la troisième fille de leur dortoir : Hermione Granger avait fait comprendre son agacement quand Lavande avait occupé la salle de bain un quart d'heure pour coiffer parfaitement ses cheveux, et passait son temps à faire remarquer ce qu'elle savait et à quel point les cours étaient simples. Lavande avait pourtant voulu paraître sympathique en proposant des dragées surprises de Berthie Surprise, mais Hermione Granger les avait refusé avec un regard suspicieux - ce que Lavande ne savait pas, néanmoins, c'est qu'Hermione avait toujours appris à se méfier du sucre, par ses parents dentistes, et que le paquet que Neville lui avait offert pour la remercier, avait eu la gentillesse de lui proposer trois dragées goût crotte de nez et un goût poubelle à la suite.

Le petit groupe s'installa donc dans l'herbe pour écouter lae professeur·e Sinistra qui, contrairement à ce que son nom laissait penser, accueilli les élèves avec un ton rassurant malgré la nuit très noire. Lavande chuchota d'ailleurs à Parvati que la nouvelle lune était pour dimanche.

« Cher·e·s élèves, bonsoir. Je vous laisse vous installer par groupe de deux ou trois au niveau d'un télescope, ils seront vos principaux outils de travail dans mon cours. »

Lae jeune professeur·e laissa passer quelques minutes, le temps que chacun se déplace, forme un binôme ou trinôme, et que le silence revienne. Lavande et Parvati s'installèrent à côté de Padma et ses nouvelles amies, prenant à cinq deux télescopes.

« Je sais qu'à minuit, vous souhaitez sûrement plus dormir que suivre mon cours, mais malheureusement, rien ne remplace l'observation directe des étoiles et des astres. Vous remarquerez au cours de votre formation au collège Poudlard, que leurs mouvements vous sera d'une grande utilité dans les autres matières que vous pourriez venir ou que vous viendrez à suivre : pour la divination d'abord, cela vous parait sûrement instinctif, mais aussi pour les cours de potion ou de botanique – les plantes ont des cycles de vies que les astres peuvent influer, et les potions les plus complexes ont souvent des liens avec des magies anciennes qui se basaient sur l'état du ciel. Et vous serez peut-être surpris·es d'apprendre que même les sortilèges peuvent être influés par les astres, même si cela est, il faut le reconnaitre, à un niveau bien plus faible que pour les autres exemples que je vous ai cités. Sachez, en tout cas, que l'astronomie est loin d'être une matière stupide, et qu'elle a le grand avantage d'être complètement accessible à tous. Elle vous demandera rigueur et observation, pour bien noter les positions, et aussi une certaine quantité d'apprentissage, mais si vous êtes disposé·e·s à lui offrir sa chance, l'astronomie vous révélera bien plus de secrets que vous ne pouvez vous y attendre. Je vous propose maintenant, pour ce premier cours, d'essayer les télescopes. Ils sont normalement magiquement réglés, vous ne devriez pas avoir de soucis avec cela – on traitera d'ailleurs de comment bien les régler au deuxième semestre, pour les plus curieux. Celleux qui connaissent déjà un peu le ciel peuvent essayer de repérer les constellations qu'ils connaissent ; je peux passer valider vos observations. Pour les autres, tâchez de repérer la lune – elle peut vous paraitre un peu plus difficile à remarquer, étant dans son dernier croissant, mais vous devriez quand même sans mal la trouver à l'œil nu. Notez-la comme repère, et essayez de trouver Vénus. Pour ceux qui ont eu une éducation moldue, vous connaissez peut-être le nom d'étoile du berger : c'est elle ! C'est donc l'astre le plus lumineux après la lune, dans le ciel de cette nuit. »

Lavande Brown pris le télescope en première : elle avait toujours adoré observer les étoiles, et en réalité, elle avait vraiment l'habitude de repérer des constellations. Elle avait souvent passé des heures à tirer Parvati et Padma dehors, dans le jardin respectif de ses parents ou des leurs, pour leur faire observer les différents états du ciel, et elle ne loupait jamais une pluie de météorites ou une planète particulièrement visible. C'était peut-être le seul sujet de passion qu'elles n'avaient pas en commun, elle et Parvati. Lavande repéra rapidement la Grande Ourse au ras de l'horizon, sûrement parce qu'elle s'attendait à l'observer à cet endroit ; mais elle avait bien conscience qu'elle serait difficile à observer pour certains. Elle la fit remarquer à Parvati, qui était occupée à chercher Vénus, refusant gentiment l'aide de Lavande Brown, et fit passer l'information à Padma ainsi que Mandy et Lisa, avant d'appeler Professeur·e Sinistra pour faire valider son observation. Elle continua, avec une petite fierté d'avoir reçu des félicitations pour avoir été la première à localiser la Grande Ours, à la recherche d'autres constellations : elle remarqua notamment la diagonale d'Andromède, juste avant la fin de cours.

Quand il fallut repartir, Lavande Brown n'était plus du tout fatiguée – en réalité, elle n'avait jamais été fatiguée, malgré la journée passée à courir entre les différents couloirs pour être à l'heure partout – mais bien plus émerveillée de sa journée. Elle avait hâte de mercredi prochain, et elle promettait à qui voulait l'entendre qu'elle serait bien restée plus longtemps : pour une fois, on aurait pu la confondre avec Hermione Granger. Celle-ci, d'ailleurs, devait être fatiguée, car elle ne racontait point une quelconque anecdote qu'elle aurait pu lire à propos de l'astronomie ; si cela avait été le cas, sûrement que Lavande Brown aurait pu soudainement la prendre comme meilleure amie supplémentaire, et je vous jure que l'issu de leurs destins respectifs auraient été différente.

La suite de la semaine contint des cours de métamorphose, avec leur directrice de maison, ainsi que de défense contre les forces du mal et de potions. La Professeure McGonagall parut particulièrement stricte à Lavande Brown. Elle entama directement le cours avec un avertissement, attendant à peine de chacun soit assis :

« La métamorphose est une des formes de magie les plus dangereuses et les plus complexes que vous aurez à étudier. Quiconque fera du chahut pendant mes cours sera immédiatement renvoyé avec interdiction de revenir. Vous êtes prévenus. »

Et elle ponctua sa présentation d'un coup de baguette qui transforma immédiatement son bureau en cochon, expliquant par là même pourquoi pas un pot à crayon ne trainer dessus. Elle retransforma machinalement le cochon en bureau, qui – sûrement choqué d'être soudainement apparu en plein milieu d'une salle de classe – n'avait pas eu le temps de faire un pas. Ainsi, le bureau se trouvait au même endroit que quelques minutes auparavant, complètement inchangé. Lavande était encore trop impressionnée pour se rendre compte que la professeure avait terminé de replacer plumes, parchemins, pots et bric-à-brac sur le bureau quand elle entama ses explications :

« Nous allons entamer l'année par une métamorphose simple passant d'une allumette – que vous trouvez actuellement sur vos bureaux, » en disant cela, elle fit dispatcher les différentes allumettes sur chaque table, à l'aide d'un enchantement assez classique, en version non-verbale, le fameux Wingardium Leviosa, « à une aiguille. Les volumes et tailles des deux objets sont assez similaires, c'est donc une métamorphose très accessible quand on s'applique. Néanmoins, étant donné que c'est votre premier cours, je n'attends pas votre réussite mais vos tentatives. Le but aujourd'hui est d'essayer et ceux qui préfèrent ne rien faire, reviendront en retenue toute la semaine, que ce soit bien clair. »

Elle avait fait une pause pour envoyer un regard noir au garçon qui c'était assis à côté de Lavande et celle-ci se dépêcha de se rassoir bien droite ; elle n'avait pas osé faire la moindre remarque à Parvati depuis le début du cours, et toutes deux regardaient consciencieusement la Professeure McGonagall et l'allumette, passant de l'une à l'autre régulièrement. A regarder l'allumette ainsi, il semblait tout aussi impossible de la transformer en aiguille que de réaliser l'exercice avec lequel la Professeure McGonagall leur avait introduit le cours. Lavande se rendit rapidement compte à quel point elle avait beau venir d'une famille sorcière, elle n'avait pas la moindre idée de comment elle pouvait s'y prendre et elle espérait bien que la Professeure daignerait leur donner quelques explications.

« Bien, prenez tous votre allumette et observez là. Le but est de comprendre ce que vous souhaitez conserver et qu'est-ce que vous souhaitez modifier. Il est très important de comprendre ce qui, par essence, relis l'objet que vous avez – ici une allumette – à l'objet que vous souhaitez obtenir, c'est à dire une aiguille. Vous commencerez donc par indiquer sur parchemin tous les points communs entre les deux, afin de pouvoir vous concentrez uniquement sur les éléments à modifier. Ensuite, vous pourrez sortir vos baguettes et passer à la métamorphose à proprement parler : vous lirez d'abord la page 12 de votre manuel, qui explique le fonctionnement des sorts de métamorphose de base. Vous devrez donc formuler le sort en… »

Lavande Brown n'était pas sûre d'avoir tout compris aux explications qui suivirent : elle était perdue. Néanmoins, elle s'appliqua à lister les similitudes entre une allumette et une aiguille, mais elle n'en trouvait pas beaucoup. Un peu plus loin, elle remarqua Hermione Granger qui semblait déjà en être rendu à la dernière étape et se tourna vers Parvati Patil pour un peu de réconfort. Elles se sourirent mutuellement, aussi perdues l'une que l'autre quant aux similitudes entre aiguille et allumette : il est à noter que souvent, on ne les considère pas du tout comme similaire. En effet, l'allumette est un petit bout de bois recouvert en une de ces extrémités par un produit inflammable permettant, lors de la friction, d'allumer un feu. Inventée en 1855 par Johan Edvard Lundstrom, un moldu, elle s'enflamme grâce à la réaction chimique entre le phosphore du frottoir et le chlorate de potassium de l'embout. Tout au contraire, l'aiguille est en général un petit bout de métal pointu ne contenant plus aucune composition chimique organique depuis l'arrêt de la production des aiguilles en os il y a de ça plusieurs siècles désormais. Ce petit bout de métal est d'une très mauvaise efficacité quand il en vient à devoir allumer un feu, mais il permet en revanche de raccommoder vos vêtements et tissus avec soin et brio si vous avez un peu de connaissance en couture. Ainsi donc, il est notable qu'à premier abord, la Professeure McGonagall demandait la transformation d'un objet de destruction en un objet de création, difficile donc de trouver un quelconque point commun entre les deux objets. Mais d'ailleurs, y avait-il points communs entre bureau et cochon ? Vous avez quatre heures.

Lavande décida de passer directement à l'étape deux après avoir indiqué sur le parchemin : "taille - volume - longueur". Elle lut deux fois la page douze sans vraiment y comprendre le fonctionnement : le cours de métamorphose promettait d'être plus compliqués que ceux d'astronomie, et Lavande dû rapidement reconnaître que ses connaissances concernant les étoiles ne seraient pas des plus utiles ici. Elle relu une troisième fois la page, mais le "Il vous faudra donc utiliser l'incantation se rapportant à l'essence de votre objet de départ et lui insuffler la modification numéro trois - dans le cas des métamorphoses plus compliqués, d'autres modifications vous seront introduites plus tard dans cet ouvrage - sans prendre en compte la première voyelle. Cela signifie, dans le cas de la transformation d'une épingle à cheveux que l'incantation capillus sera modifié comme capullium et non copulliummax, qui aurait pris en compte la première voyelle. L'augmentation ou la diminution de l'objet demandera néanmoins la conservation du max ou min en terminaison mais cela dépendra donc de vos déterminants premiers." lui paraissait de plus en plus obscur. Peut-être aurait-elle dû poser des questions pendant les explications de professeure McGonagall, mais elle n'avait pas osé.

Elle avait fini par comprendre que l'essence concernant l'allumette se traduisait certainement en flammae mais elle ne voyait pas du tout comment lui appliquer la troisième transformation et finit par conclure qu'elle utiliserait flammium et passa à la suite. La suite, au moins, avait le mérite d'être plus clair : "Prenez ensuite l'essence de l'objet cible, en considérant sa réversion tout en conservant l'ordre de la première et dernière consonne. Il vous restera alors à appliquer les essences obtenues à la formule de métamorphose de base : pro essence 1 essence 2 mutatare"

Lavande inscrivit donc "Pro flammium acula mutatare", en remerciant que l'essence de l'aiguille est une réversion identique à elle-même. Mais la fin du cours arriva sans aiguille ni pour Lavande Brown ni pour Parvati Patil, malgré les multiples tentatives. La Professeure McGonagall mis d'ailleurs fin au cours en félicitation Hermione Granger d'être la seule à avoir réussi, et Lavande reconnaissait aisément que son aiguille était magnifique. La classe se termina ainsi, et le sourire de la Professeure McGonagall à Hermione Granger sembla comme un encouragement envers le reste de la classe à Lavande, malgré la montagne de devoirs qu'elle leur laissa.

Il suivit à ce cours, le cours de défense contre les forces du mal, le genre de cours qu'on espère toujours n'avoir jamais besoin de mettre en pratique, mais qui, malheureusement pour eux, sera bientôt nécessaire à nos protagonistes car vous le savez sûrement, mais leurs destins n'étaient pas roses bonbon et pralines au sucre mais bien plus combat contre un ennemi suprématiste. Certains avanceront que c'est un avenir classique, mais la réalité est qu'à onze ans, vous ne devriez pas avoir à apprendre à devenir soldat, quel que soit la situation.

Il n'empêchait, nos protagonistes devaient donc suivre au curriculum de leurs études, un cours de défense contre les forces du mal et Lavande entra dans la salle de classe à la suite des autres élèves, et comme tous, fut assez choquée par la forte odeur d'ail qui lui prit au nez. Elle remarqua rapidement les quantités impressionnantes de gousses d'ail qui pendaient au plafond, et choisit le bureau qui semblait le moins à risque de subir une avalanche d'ail. Une avalanche, en général, n'est pas un événement joyeux puisqu'il consiste à une chute d'une grande quantité de neige, dévalant une falaise et dans notre cas, la neige n'avait que la couleur blanche de correcte, ce qui ne rendait en rien la perspective plus engageante.

La suite du cours fut, du point de vue de Lavande comme de celui de tous ces autres camarades, toute aussi particulière que la première impression : le Professeur Quirrell se contenta d'une introduction à la matière en comptant ses rencontres avec vampires et zombies, qui auraient mené à cette profusion d'ail. Il est à savoir, néanmoins, que porter un presque-mort dans son dos a tendance à fournir au porteur une odeur quelque peu particulière et assez entêtant et dérangeante. Il ne parait donc, à la lumière des informations dont nos chers protagonistes ne disposaient pas, que notre charmant, mais légèrement peureux, Professeur Quirrell avait aussi choisi l'ail pour couvrir toute autre potentielle odeur. Il n'est pas à exclure que son rôle anti-vampire est pu jouer un rôle, mais il serait inculte que de penser que la peur des vampires était la seule raison, ou même une raison principale seulement. Lavande Brown fut bien heureuse que le cours touche à sa fin, une heure plus tard, car malgré tous ces efforts, elle ne s'était toujours pas habituée à l'odeur d'ail – et elle se demandait désormais bien comme elle allait pouvoir supporter les prochains cours de défense contre les forces du mal. Parvati Patil la plussoya.


Et voilà !

Deux chapitres en 2jours, après ne pas avoir posté pendant si longtemps, c'est extraordinaire ! Plus sérieusement, je vais essayer de poster la suite du chapitre 8 courant de la semaine, et on commencera peut-être même le fameux chapitre 9 et son cours de balais !

Bonne semaine à tous :)