Hey !

La partie 2 du chapitre 8, celle que j'ai eu tant de mal à corriger... Vraiment, j'étais bloquée sur un passage qui me plaisait pas et j'ai mis DES HEURES à trouver une solution; j'ai même pensé coupé le passage complètement mais ça donnait un aspect bizarre, en recollant les paragraphes avant et après...

Bonne lecture !


Le vendredi matin arriva donc et Lavande Brown se retrouva pour le cinquième matin de suite dans la Grande Salle à prendre son petit-déjeuner en compagnie de Parvati Patil. Elles se servirent, comme chaque matin désormais, en toast et jus de citrouille alors qu'à côté d'elles, Harry Potter et Ron Weasley discutaient du cours de potion qui les attendait. Les tables d'internat ont souvent cette caractéristique que de ne pas être silencieuse, même au petit matin. Pour Lavande Brown, ce n'était pas vraiment un problème – elle était du genre bavarde avant même de sortir le premier orteil du lit, au grand dam de ses camarades de dortoir qui auraient parfois apprécié un réveil plus silencieux mais vous le savez sûrement, bien des gens sont à l'inverse de Lavande et ne peuvent supporter le moindre bruit avant d'avoir finit leur douzième bol de café noir, noir comme la nuit qui venait de se finir, noir comme leur âme qui découpait lentement et inexorablement en huit petits morceaux instables, noir comme les tréfonds des eaux habitaient par les inferi qui leur servent de cœur… Excusez-moi, je crois que je me suis égaré, ou bien ? Buvez du thé. Ou de la tisane, il est sûrement tard à l'heure où vous lisez ses lignes, et vous feriez mieux de prendre une tisane et vous mettre au lit, avant de perdre toute votre vie dans les limbes de l'insomnie.

Revenons-en à nos protagonistes, sinon, car Neville Londubat n'était ni un buveur de café, ni particulièrement insomniaque, et tout cela nous éloigne de notre but.

Neville Londubat était donc installé un peu plus loin à la table. Il s'était encore perdu dans le château, et il ne comptait plus le nombre de fois que cela lui était arrivé cette semaine. C'était à croire que les escaliers tournaient volontairement vers l'endroit le plus loin de sa destination chaque fois qu'il mettait un pied sur une marche – et cette théorie, malheureusement, n'était pas complètement fausse. Il était difficile d'expliquer pourquoi le château m'était un tel point d'honneur à rendre la vie de Neville Londubat si impossible, même si certaines rumeurs incluaient la participation très active d'Albus Dumbledore, directeur de Poudlard; ce qui ne paraît pas totalement improbable quand on parle d'un homme capable d'embaucher Lord Voldemort sous le format parasite en tant que professeur de défense contre les forces du mal – au moins, me diriez-vous, il devait connaître son sujet – et de construire une suite d'épreuves, pour la plupart potentiellement mortelle si on ne sait pas les résoudre, pour évaluer la curiosité et le courage d'un enfant de onze ans, qu'il était en train d'élever pour l'abattage, après l'avoir laissé déjà dix ans dans une famille toxique le maltraitant et prévoyant de l'y laisser encore sept ans.

Mais bref, revenons-en réellement à Neville Londubat. Celui-ci était désormais en train de finir au plus vite ses œufs brouillés pour courir à son cours de potion. Neville avait bien conscience qu'il n'avait aucun intérêt à arriver en retard au premier cours du professeur Rogue. Ce dernier était connu pour être particulièrement à cheval sur les règles, et cela ne signifiait pas qu'il était bon cavalier ou qu'il montait un cheval nommé en hommage à ses menstruations. D'ailleurs, en parlant de celles-ci, elles correspondent à la nécrose de l'endomètre fonctionnel qui est ensuite éliminée par la voie la plus naturelle qu'il soit – soit bien loin d'un cheval – tout cela en réponse à l'arrêt de production de progestérone et d'œstrogène par les follicules ainsi, il pourrait être tentant de croire, que Pr Rogue, en bon homme cis, et n'ayant donc pas ces fameux et si connus follicules, serait en menstruation constante mais que nenni : ce serait donc ignoré tout le travail acharné que la Poufsouffle Nature mets en œuvre pour en arriver jusque-là. Ainsi, en suivant les menstruations, arrive la phase proliférative, répondant à la production de FSH par l'hypophyse entrainant la maturation des follicules, et donc, parce que jusqu'ici vous suivez – sinon, retournez donc au début de ce paragraphe – la production d'œstrogène par ceux-ci. Tout cela permettant à la phase proliférative de trouver son nom : l'épithélium utérin subit sa prolifération endométriale, jusqu'au pic de LH, toujours ce petit coquin d'hypophyse, et l'ovulation qui s'en suit avec l'abandon tragique par l'ovule du corps jaune à qui il ne reste plus que la possibilité du deuil de cette relation parentale : encore toute une suite d'hormone stabilisant le tout pour quelques jours et… les efforts ne valent plus le coup, parce que le plaisir de ne pas respecter les prévisions de la nature. Et pour tous ceux que j'aurais perdu ici, je vous invite à faire des recherches qui vous seront moins terribles que les destins de nos protagonistes. Je tiens d'ailleurs encore une fois à vous rappeler que je suis seul tenu de conter leurs histoires, et vous devriez absolument préférer une autre lecture.

Neville, donc, avait encore un toast d'œuf brouillé en main quand il partit pour les cachots. Cette partie du château était bien plus humide et froide, et il tenta de resserrer un peu sa cape autour de son cou : il entendait déjà sa grand-mère râler s'il attrapait un rhume. Elle lui enverrait sûrement un courrier pour lui dire à quel point il était incapable de faire attention à sa santé ne serait-ce qu'une seule petite semaine, et qu'il mourrait d'une pneumofroideur au prochain hiver s'il continuait comme ça. Il n'avait pas encore reçu de réponse à la lettre qu'il lui avait envoyé le troisième jour, dans laquelle il lui contait qu'il avait été réparti à Gryffondor – mais il espérait quand même qu'elle serait fière pour cela – et qu'il avait oublié sa plume chez elle. Il lui avait aussi raconté qu'il avait bien du mal à ne pas se perdre dans le château mais que tout le monde semblait dans le même cas, espérant que sa grand-mère lui donne quelques astuces sans trop lui rappeler à quel point il était un incapable. Il savait bien qu'il n'aurait pas dû, encore une fois, se perdre et que ça ne faisait que prouver à quel point il ne méritait pas sa place à Poudlard, et encore moins dans la maison de ses parents, la maison Gryffondor, comme nous l'avons déjà admis plus tôt. Neville Londubat s'était donc de nouveau perdu, en se dirigeant vers les cachots alors qu'il pensait avoir pris un escalier descendant en direction sud, il était désormais au premier étage de la tour ouest, d'après ce qu'il pouvait voir par la fenêtre. Il englouti donc la dernière bouchée de toast et reparti dans la direction opposée, en espérant arrivée sur le Grand Hall pour ensuite redescendre aux cachots.

Sur le chemin, Neville tomba nez à nez avec des Serpentard – leurs robes aux liserés verts et à l'écusson de leur maison ne laissaient pas planer le moindre doute – qu'il reconnut comme étant de son année : il avait déjà remarqué leurs têtes dans la foule de premières années qui avaient été répartie dimanche soir. Le blond du groupe, que vous reconnaitrez comme Drago Malefoy, était en train de se vanter de ses talents en potion, citant multiples ingrédients et racontant moults anecdotes sur toutes les fois où il avait réalisé telle ou telle préparation avec sa mère.

Neville décida de suivre les cinq Serpentards qui se dirigeaient eux-aussi vers la salle de potion, même si les dires du garçon commençaient sérieusement à l'inquiéter : sa grand-mère avait toujours refusé qu'il s'approche d'un chaudron – et à raison : elle disait toujours qu'il aurait été capable de faire exploser une potion juste en l'observant une petite seconde. Il craignait déjà beaucoup ce cours, surtout après avoir été incapable de transformer son allumette hier, prouvant ainsi, encore une fois, ses incompétences. Il s'était promis de toujours faire de son mieux, et de ne pas rentrer chez lui tant que l'école ne le renverrait pas – ce qui ne tarderait pas à arriver, sa grand-mère allait sûrement le lui rappeler dans sa prochaine lettre – et de tout faire pour être, au moins, pas complètement indigne de ses parents. Le Choixpeau avait dit qu'ils étaient fiers de lui, mais Neville Londubat ne pouvait pas s'empêcher d'en douter, surtout dans les moments comme celui-ci, où il s'était encore perdu dans le château et que tout tentait de lui rappeler à quel point il ne serait jamais un bon sorcier sûrement ferait-il mieux de s'inscrire dans une école moldue et de vivre comme un cracmol ? C'était, dans tous les cas, tout ce que sa grand-mère n'avait jamais espéré de mieux pour lui, et sincèrement, s'il était incapable de se retrouver dans le château, méritait-il vraiment mieux ? En tout cas, il était désormais devant la salle de potion et il allait bien devoir entrer et assumer le cours. Avec un peu de chance, ils se contenteraient de lire le manuel de potion pour ce premier cours, et ce serait tout à fait abordable pour lui.

Neville s'installa rapidement à une table au deuxième rang, et fut rejoint par Seamus Finnigan quelques secondes avant que le Professeur Rogue ne ferma la porte pour démarrer l'appel. Il n'y eu aucun bonjour, aucun bienvenu, et tout le monde se tient bien droit, immobile et silencieux pendant que l'appel se continuait. Quand le nom de Londubat, Neville fut appeler, ce dernier sentie le regard noir et perçant du professeur, qui n'était pas seulement dû à ses yeux noirs abyssaux, se poser sur lui alors qu'il répondait présent. Il aurait juré que celui-ci tentait de le maudire, et ça ne l'aida en rien à se rassurer pour la suite du cours. La lista continua, apprenant à Neville que le garçon blond qui se vantait d'être si bon en potion était l'héritier de la célèbre famille Malefoy : Drago Malefoy. Celui-ci releva la tête encore un peu plus, se tenant très droit, comme s'il méprisait tous les autres présents. A côté de lui, une fille aux cheveux lisses et noirs et un peu plus long semblait, par comparaison, complètement blasée. Quand Neville tourna les yeux vers le suivant de la liste, un certain Nott, Théodore, il se rendit compte que, contre toute attente, quelqu'un arrivait à se tenir encore plus fièrement et avec plus d'arrogance que le fameux Drago Malefoy…

Lorsqu'il arriva à Potter, Harry, le Professeur Rogue se permit le premier commentaire du cours :

« Ah oui. Harry Potter. Notre nouvelle… célébrité. »

Puis il reprit, comme s'il ne s'était jamais arrêté. Il fallut ensuite attendre la fin de l'appel pour que le Professeur Rogue brise à nouveau la monotonie de la liste :

« Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l'art rigoureux de la préparation des potions. »

Il aurait été difficile de qualifier sa voix autrement qu'un murmure, mais cependant, Neville, et tous les autres élèves, avait parfaitement compris chaque mot, ainsi que l'aura de menace qu'ils portaient. Si le Professeur Rogue avait été moins direct que la Professeure McGonagall quant aux punitions qu'il n'hésiterait pas à imposer, il n'était pas moins clair.

« Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques, je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillonne doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens… »

Il ne laissait en rien paraitre la détestation qui avait peu à peu pris la place, au fur et à mesure des années, de la passion qu'il avait un jour porté à la matière. La plupart des oreilles sentaient, d'ailleurs, encore cette passion et en rien cette haine.

« Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une de ces bandes de cornichons, » à cet instant il est intéressant de se tourner vers Drago Malefoy qui, pendant une millième de seconde, laissa émerger de son masque le dégoût d'être traité ainsi, avant de reprendre son arrogance en se promettant de prouver faux, « à qui je dispense habituellement mes cours. »

Il y eu un grand silence que Neville Londubat n'avait aucunement l'intention de briser. Il avait bien conscience qu'il était un parfait exemple de cornichon et que sa grand-mère, Augusta, aurait sûrement validé et applaudi le discours du Professeur Rogue. Il pouvait tenter de ne pas être un cornichon médiocre, mais il savait bien qu'il n'avait aucun talent pour ne pas être médiocre on lui avait répété tant de fois.

« Potter ! » Le Professeur Rogue avait bruyamment rompu le silence, rompant du même coup le flot de murmure dont il s'était contenté jusqu'alors : « Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ? »

Neville Londubat savait bien que la racine d'asphodèle était comestible – et assez bonne d'ailleurs – même si bien des gens la pensaient mortelle, mais il aurait bien été incapable de répondre à la question, et même s'il plaignait Harry Potter d'avoir à répondre « Je ne sais pas, Monsieur » au Professeur Rogue, il n'aurait pour rien au monde pris sa place, et il était bien incapable de comprendre Hermione Granger qui levait le bras à s'en décrocher l'épaule. Dans son coin, Drago Malefoy chuchota « Goutte de la Mort vivante » qui n'arriva pas aux oreilles de Neville. A côté de Drago Malefoy, Pansy Parkinson se penchait à son oreille pour savoir comment il savait, et sans que personne d'autres ne puissent les attendre, il répondit « ma mère ».

« Apparemment, la célébrité n'est pas tout dans la vie. Essayons encore une fois, Potter : où iriez-vous si je vous demandais de me rapporter un bézoard ? »

Drago Malefoy chuchota une fois encore une réponse « chez l'apothicaire » – provoquant un fou-rire chez Vincent Crabbe et Gregory Goyle qui fut bientôt contagieux à tous les Serpentards – car jamais, au grand jamais, il n'irait chercher cela directement dans l'estomac d'une chèvre. Il n'osait imaginer les hurlements de son père s'il ouvrait ainsi les entrailles d'une chèvre…. De son côté, Neville remercia encore de ne pas être interroger, car cette fois-ci, il n'avait strictement aucune idée de ce dont on parlait. Il avait vaguement souvenir d'en avoir déjà entendu parler, mais cela n'aurait pas répondu à la question du professeur qui continua après l'aveux d'inconnaissance d'Harry Potter :

« Vous n'alliez quand même pas vous donner la peine d'ouvrir un de vos livres avant d'arriver ici, n'est-ce pas, Potter ? »

Neville se sentait de moins en moins à l'aise. Il avait lu tous les ouvrages de cours, notamment parce que sa grand-mère l'y avait obligé, mais il avait eu bien du mal à retenir quoique ce soit d'autres que la botanique. Ce qui lui avait valu encore une longue leçon de la part de sa grand-mère, qui lui avait expliqué en long, en large, et en travers à quel point la botanique ne lui servirait jamais et qu'il était stupide d'avoir mis ses efforts sur cet ouvrage plutôt que les autres.

« Potter, quelle est la différence entre le napel et le tue-loup ? »

Pour une fois, Neville aurait pu répondre à la question : les deux étaient des plantes de la famille des aconits, et par abus de langage, on avait tendance à nommer l'aconit napel, aconit tue-loup, alors que les deux noms désignaient botaniquement deux plantes différentes, mais toutes deux aussi dangereuses et toxiques, voir même mortelles. La première avait en général des fleurs bleues, alors que la deuxième, quand elle ne désignait pas la même plante par abus de langage, des fleurs généralement blanches, et étant généralement plus haute que la première.

« Je ne sais pas. Mais je crois qu'Hermione le sait. Vous aurez peut-être plus de chance avec elle. »

Son ton avait paru insolant même à Neville, et celui-ci craint alors fortement la vengeance du professeur, car il semblait maintenant clair que le Professeur Rogue s'acharnait sur le pauvre Harry Potter en y mettant au moins autant de haine qu'il n'en avait mis dans le premier regard qu'il avait posé sur Neville.

« Asseyez-vous ! » Et Neville se rendit alors compte qu'Hermione s'était levée. « Pour votre information, Potter, sachez que le mélange d'asphodèle et d'armoise donne un somnifère si puissant qu'on l'appelle la Goutte du Mort vivant. Un bezoard est une pierre qu'on trouve dans l'estomac des chèvres et qui constitue un antidote à la plupart des poisons. Quant au napel et au tue-loup, il s'agit de la même plante que l'on connaît aussi sous le nom d'aconit. Alors ? Qu'est-ce que vous attendez pour prendre note ? » Il fit une pause : « Et votre impertinence coûtera un point à Gryffondor, Potter. »

Neville sortit soudain de son état de paralysie pour marquer à toute vitesse tout ce qu'il avait retenu des dires du professeur Rogue : il marqua qu'asphodèle et armoise donnaient du somnifère – quel était le nom déjà ? Et que le bézoard se trouvait dans les chèvres, l'estomac ? Pour napel et tue-loup, il nota que le Professeur ne faisait point différence entre les multiples espèces d'aconit. Enfin, il ne le marqua pas exactement comme ça, conscient que le Professeur Rogue risquait de lire ses prises de notes.

Le temps que Neville finisse d'écrire avec une plume empruntée à Seamus, et ils furent réparti en binôme, en fonction de leurs places. Ils devaient désormais préparer une potion contre les furoncles, mais il se trouvait que Seamus Finnigan n'avait pas plus de connaissance en potion que Neville et les deux camarades se retrouvèrent rapidement en difficulté. Les indications étaient peu claires, et le Professeur Rogue n'aidait aucunement en faisant des remarques à chaque fois qu'il passait derrière eux :

« Deux cent douze grammes, pas deux cent treize, vous ne savez donc pas lire à Gryffondor ? »

« Je pensais que le mot sec était assez clair en lui-même, mais visiblement vous seriez capable de me décrire la Manche comme une étendue sèche… »

« Arrêtez-vous à un moment de vous comporter de façon si stupide ? Les crochets de serpent se prennent avec des gants, je ne m'attendais pas à avoir à rappeler des consignes si basiques »

Et brusquement, alors que le Professeur Rogue n'était plus venu les déranger depuis plusieurs longues minutes, un nuage de fumée verte recouvrit Neville qui sentit la potion se déverser à leurs pieds et commençait à leur ronger les chaussures :

« Je suis désolée… Je suis vraiment un incapable, je demanderais à ma grand-mère de te renvoyer un chaudron en urgence… » Le chaudron de Neville était un vieux chaudron à son grand-père, en bien mauvais état, et il se voyait mal offrir celui-là à Seamus.

Seamus Finnigan, de son côté, fit un bon en arrière pour éviter la coulée de potion qui avait désormais complètement ronger le fond de son chaudron et sourit à Neville Londubat :

« Ça aurait pu m'arriver aussi, fait gaffe à toi par contre, la potion donne des furoncles… » Il en avait un sur le gros orteil, là où sa chaussure avait été complètement détruite et il faisait mal. Neville Londubat, d'ailleurs, en avait partout sur les bras et les jambes, sa robe désormais miteuse ne le protégeant point.

« Imbécile ! »

Le Professeur Rogue était revenu à la charge, et alors qu'il faisait disparaître les écoulements de potion d'un coup de baguette, Neville se fit la remarque qu'il allait en prendre pour son grade :

« J'imagine que vous avez ajouté les épines de porc-épic avant de retirer le chaudron du feu ? »

Il n'était marqué nulle part que le chaudron ne devait plus être sur le feu si on ne prenait pas la peine de lire à l'avance l'entièreté de la préparation. Comme en cuisine, il faut toujours lire l'entièreté de la recette avant de débuter, sinon, vous découvrez à mi-cuisson qu'il fallait ajouter des œufs de chèvres confis et que vous n'en avez point. Vous vous retrouvez donc à devoir en demander par code morse interposé à votre voisin, qui se trouve avoir prêté sa maison à son oncle pour les vacances, et ce dernier ne comprenant pas le morse, pense alors que vous souhaitez l'attaquer et rétorque en vous envoyant un poêle en pleine face : Neville et Seamus venaient de l'apprendre tout aussi douloureusement.

D'autres situations moins douloureuses, mènent par exemple à découvrir à la dernière étape de votre recette, que les proportions étaient pour deux et non un seul cake, vous menant à devoir mettre bien trop de pâte dans votre seul moule à cake, et vous faisant obtenir ainsi un cake si haut, que la tour Eiffel pourrait pâlir de jalousie.

« Emmenez-le à l'infirmerie. »

Le professeur Rogue avait parlé à Seamus Finnigan sans même le regarder et Neville l'entendit passer ses nerfs sur Harry Potter et Ron Weasley, qui étaient assis à côté d'eux, encore quelques minutes plus tôt :

« Potter, pourquoi ne lui avez-vous pas dit qu'il ne fallait pas ajouter les épines tout de suite ? Vous pensiez que s'il ratait sa potion, vous auriez l'air plus brillant ? » Seamus referma la porte avant qu'ils n'entendissent la punition qui allait suivre.

Neville Londubat arriva donc à l'infirmerie en compagnie de Seamus Finnigan. Ils furent ainsi les tous premiers de leur année à rencontrer Madame Pomfresh, qui cette année, avait eu la chance de ne pas découvrir d'accidents pour la rentrée.

Neville se présenta, ses furoncles recouvrant désormais l'entièreté de ses bras, de ses jambes, de ses mains, de ses pieds, de son cou, et finalement de son corps entier. Il ne fallut que quelques secondes et un coup d'œil à la Magicodocteure Pomfresh :

« Accident de potion, mon garçon ? Asseyez-vous là. » Elle lui désigna un des lits tout en partant récupérer un flacon. « Et vous ? » Elle s'était retournée vers Seamus qui n'avait pas osé bouger depuis qu'il était entré dans l'infirmerie.

« J'en ai un aussi sur le pied, mais j'ai réussi à éviter la majeure partie de la potion.

- Appliquez-en sur le furoncle, il devrait résorber immédiatement. » Docteure Pomfresh lui avait tendu le flacon, avant de retourner à Neville. « Pour vous, il va falloir les percer, la potion ira pour les plus petits, mais le chaudron a dû se renverser presque entièrement sur vous… Ça fait des années que je répète à Severus de choisir une potion moins dangereuse pour son premier cours, mais il refuse d'écouter. De toutes façons, personne ici ne prend au sérieux mes recommandations. » Elle attrapa une grosse aiguille et s'installa sur un tabouret, saisissant le bras de Neville : « Restez le plus immobile possible, ça ne va pas être très agréable. »

Pas très agréable, était un euphémisme. Neville Londubat se retint de hurler à chaque fois que l'aiguille perçait un furoncle : l'épaisseur de derme recouvrant chacune des plaies était devenue extrêmement souple et sensible, sous l'effet de la potion, rendant le geste particulièrement compliqué. Le pus qui s'en écoulait, extrêmement visqueux, avait aussi la mauvaise manie que de brûler l'épiderme avec lequel il rentrait en contacte s'il n'était pas retiré tout de suite et la Docteure Pomfresh avait beau travaillait avec rapidité et soin, Neville ne put supporter plus d'un bras de soin. Il commença à larmoyer, tout en essayant au mieux de se retenir de pleurer : si sa grand-mère avait été là, sûrement lui aurait-elle reproché d'être délicat, fragile, chétif, douillet même et de se plaindre alors que tout n'était qu'uniquement sa faute. Bien sûr qu'il aurait dû faire plus attention, il se sentait très nul quand la docteure le fit s'allonger dans le lit après lui avoir passé la pommade sur l'ensemble des deux bras, désormais débarrasser de furoncles. Se poser sur le dos, était en réalité tout aussi douloureux, mais Neville n'osa rien dire et apprécia de souffler un peu avant de reprendre les percements.

Seamus Finnigan, de son côté, l'avait laissé il y a déjà une bonne heure, pour rejoindre la Grande Salle où l'attendait un copieux déjeuner. A la table des Gryffondor, tout le monde n'avait qu'intérêt pour la catastrophe qu'avait été le premier cours de potion, qui avait valu deux points à la maison. Les plus grands se voulaient rassurant, rappelant que deux points étaient bien négligeables quand on savait que les jumeaux Weasley avaient déjà réussi l'exploit de battre leur record du précédant mois de septembre, alors qu'une semaine n'était pas écoulée.

Du côté de Neville, la docteure Pomfresh avait repris le perçage des furoncles, en s'occupant désormais de son dos : l'expérience fut bien moins douloureuse que ce que Neville attendait, mais il se trouvait que les furoncles y étaient plus petits et moins coriaces. Il aurait fallu si attendre, en réalité, son dos avait sûrement été la partie de son corps la moins facilement atteinte par la potion, étant la plus éloignée du chaudron quand celui-ci s'était, finalement, auto-détruit sous les erreurs de Neville et Seamus.

Il s'en suivit de son cou, son torse, ses jambes et ses pieds avant d'en arriver au visage : Neville présentait trois gros furoncles sur le front, ainsi qu'un énorme sur la joue gauche. Le reste du visage, recouvert de furoncles plus petits, pourrait se contenter de la pommade. Ainsi, Neville se retrouva avec un linge sur les yeux et allongé avec la tête dans le vide, pour éviter à tout prix que le pus ne vienne couler jusqu'à ses yeux, endommageant irrémédiablement sa vision. Les quatre furoncles furent particulièrement coriaces, et Neville Londubat fut particulièrement soulager de recevoir une petite tape sur l'épaule après une demi-heure de coup d'aiguille et jurons sur Severus Rogue par Docteure Pomfresh :

« C'est tout bon. Je vous laisse vous reposer un peu, juste après la pommade anti-cicatrice, puis vous pourrez retourner rejoindre vos camarades en début de soirée. Faites très attention, avec les prochaines potions, mon garçon. »

Neville acquiesça de la tête. Il fit une sieste bien méritée avant de repartir avec trois petits flacons de potion anti-furoncle à passer sur toutes les zones ayant été en contact avec la potion ratée tous les soirs pendant une semaine. Dans son cas, cela voulait surtout dire devoir en passer absolument partout, et il se demanda bien à qui il pourrait lui demandait de lui en mettre dans le dos… Il n'était, en réalité, proche de personne dans sa maison, et il avait était tout aussi incapable de se faire des amis en une semaine dans un château rempli d'enfants de son âge, qu'en un an enfermé chez sa grand-mère sans aucun enfant de son âge ou non. Il y avait bien Lavande Brown qui lui avait offert un bracelet d'amitié – que Neville portait d'ailleurs actuellement au poignet gauche, et qui n'avait, par un hasard que Neville ne comprenait pas, pas été touché par la potion – mais il n'était pas sûr de pouvoir interprété cela comme de l'amitié : finalement, il connaissait assez mal les signes de l'amitié, se dit-il. Trevor était sûrement son meilleur ami actuellement, mais il n'avait aucune idée de comment son crapaud pourrait lui passer de la crème dans le dos… Il ne se voyait vraiment pas demander à leur préfet de faire une telle chose, et finalement, il n'était pas sûr qu'il reste beaucoup d'options : peut-être Seamus serait-il compréhensif, après tout, c'était lui qui avait dû l'accompagner jusqu'à l'infirmerie ?