Salut !
Bon, le chapitre n'est pas arrivé dans la semaine, j'ai été très occupé ce week-end (mais j'ai quand même réussi à recommencer à écrire, et ça, c'est un big win !) donc voici le début du chapitre 9 ! La partie 1 est assez courte, le chapitre est divisé en trois parties, mais la deuxième partie sera BEAUCOUP plus longue genre plus de 5000 mots...
En tout cas, je vous souhaite une bonne lecture, pendant que moi, je retourne écrire la première partie du chapitre 12 (qui devrait être en 2 parties je pense, mais bon, c'est pas écrit pour l'instant donc je ne m'engage pas)
Faisons donc ici une ellipse. Je pourrais, bien sûr, vous raconter en détail les deux premières semaines de vie à Poudlard de nos protagonistes, mais elles se ressemblaient, finalement, en tout point, et cela n'aurait été qu'un recopiage de mes précédents mots. Pas de je ne veuille vous les dérober, mais il est vrai que la planète se meurt, et nous pourrions économiser quelques insignifiantes particules d'électricité et de pollution.
Ainsi donc, la deuxième semaine était passée en copie de la première : Neville Londubat s'était encore perdu dans les couloirs avant de majestueusement rater ses préparations en potion et de finir, une fois encore au déplaisir de Madame Pomfresh, à l'infirmerie de Poudlard sous les remarques désobligeantes du Professeur Rogue. Lavande Brown, elle, passa son début de semaine à être surexcitée à l'idée du cours d'astronomie. Drago Malefoy fut tout de même dispensé d'aller voir son directeur de maison en pleine nuit, et considérez cela comme un événement heureux, Poudlard n'en regorge pas toujours, et pour preuve : la dernière semaine de septembre arriva, et l'équipe de Quidditch de Gryffondor n'avait toujours pas trouvé de nouvel attrapeur, ce qui garantissait leur défaite, surtout s'ils devaient encore prendre le remplaçant de Charlie Weasley, particulièrement nul sur un balais – comment, déjà, avait-il réussi à passer les recrutements ? Mais il est vrai, dans tous les cas, que l'Histoire de l'équipe de Quidditch de la maison Gryffondor, sur les précédentes années, ne faisait aucun sens : il se raconte que Charlie Weasley était un attrapeur d'exception, mais tout de même, Gryffondor aurait perdu à l'avantage de Serpentard pendant six années de suite, alors que Charlie Weasley faisait ses études sur ces quelques années ? était capitaine sur ses années ? Il y a anguille sous roche, mes amis.
Mais revenons-en à notre dernière semaine de septembre. Neville Londubat n'était pas particulièrement enthousiaste par le début des cours de balais. Face à lui, sur le tableau d'affichage, un petit morceau de parchemin affichait les horaires et signalait que leurs cours seraient communs avec ceux des serpentards – ce qui, en soit, n'était pas réellement le problème de Neville Londubat. Le problème se situait plutôt dans le fait que tout le monde semblait être déjà monté sur un balai dans la tour Gryffondor – parfois, Neville se demandait même si Hermione, pourtant née de parents moldus, n'utilisait pas déjà ce moyen de transport tous les jours, tellement il entendait tout le monde louer leurs propres miracles : Icare semblait bien piètre à côté d'eux. Lavande Brown posa sa main sur l'épaule de Neville pendant que celui-là attendait toujours, statut de glace, face à l'affichage, comme si les mots pouvaient soudainement changer d'organisation pour annoncer une meilleure nouvelle. La main de Lavande provoqua un petit sursaut de la part de Neville, et Lavande s'excusa dans un petit rire :
« Jamais volé ? »
Neville répondit d'un non de la tête. Il n'avait pas réellement envie de reconnaitre qu'il était encore plus incapable que ses camarades devaient déjà le penser : il n'avait pas réussi à modifier le moins du monde l'allumette, il avait fait fondre le chaudron de Seamus, il avait cassé l'un des fauteuils de la salle commune, il s'était perdu un minimum de douze fois chaque jour – et pourtant, il n'était pas sorti de la tour dimanche, comment diantre avait-il réussi à se perdre entre le dortoir et le fauteuil cassé ?
« Moi non plus, » Neville se retourna enfin vers Lavande, surpris, « je me suis cassée le bras en tombant la première fois. J'avais cinq ans je pense, j'ai passé trois jours à l'hôpital parce que j'étais tombée dans un bosquet d'aconit tue-loup… »
Il y eu un échange de sourires entre les deux enfants, même si Lavande ne rapportait qu'une seule catastrophe à son actif quand Neville en dénombrait bien plus que les mains de toutes les personnes présentes à Poudlard auraient pues compter, il était rassurant de s'avoir qu'il ne serait pas le seul sans connaissance cette après-midi.
« Petit-déjeuner ?
- Petit-déjeuner. » Neville répondit avec joie : il avait faim, et il ne s'en était même pas rendu compte avec ce fichu bout de parchemin. Les deux jeunes sorciers quittèrent donc le Grand Hall et son tableau d'affichage pour rejoindre la Grande Salle et prendre place à un emplacement libre de la table des Gryffondors. Lavande fit un petit signe de main à Padma et Parvati Patil, à la table des Serdaigles, sa meilleure amie ayant décidé une journée spéciale jumelle avec sa sœur. Lavande se retrapperai ce soir, elle était sensée recevoir son Mini-Witch Mag par hibou aujourd'hui, et le numéro était censé contenir un test spécial meilleure amitié : si Parvati arrivait à faire entrer Padma dans leur dortoir, elles pourraient le faire toutes les trois même si Lavande avait du mal à imaginer Hermione Granger validant la présence de Padma… Elle était un peu trop passionnée par le règlement pour ça, et ce n'était que la deuxième semaine de l'année…
En tout cas, Neville Londubat et Lavande Brown était désormais assis face à face, en train de prendre leur petit déjeuner tout en discutant de leurs avis sur les différents professeurs qu'ils avaient eu jusque là – enfin, Lavande parlait. Neville se contentait surtout d'écouter. Mais Hermione Granger les interrompit soudainement, s'installant à côté d'eux, tout en déclamant tout ce qu'elle savait sur les balais et le Quidditch :
« … et d'après Kennilworthy Whisp, toujours, il faut aussi faire attention au maintien du manche. Il est notamment conseillé de le tenir fermement et d'être sûr de soi quant à la direction à prendre mais… » Elle fut interrompue par une lettre dans son assiette.
Neville Londubat reçu au même instant un paquet par le hibou de sa grand-mère. Celui-ci lui mordit un peu violemment le doigt avant de repartir, au grand désespoir de Neville qui n'avait pas eu le temps de décrocher la lettre attachée avec le paquet. Lavande Brown se pencha au-dessus de la table pour voir ce que son ami avait reçu alors que Neville ouvrait fébrilement le paquet, un peu effrayé de ce qu'il allait pouvoir y trouver. De la part de sa grand-mère, il s'attendait à une flopper de beuglantes, qui lui hurleraient dessus toutes ses incompétences… Sûrement que les professeurs avaient fait savoir désormais à Augusta, à quel point Neville était dernier dans chacune de ses classes, et si souvent en retard. Il ne comptait déjà plus le nombre de retenus qu'il avait reçu à force de se perdre dans les méandres de couloirs.
« On dirait un Rapeltout… » Le paquet était à peine ouvert, mais Lavande et Neville distinguaient une boule en verre enfumée à l'intérieur. Neville le sorti au plus vite, pressant de découvrir l'objet :
« C'est un Rapeltout ! Ça sert à se souvenir de ce qu'on a oublié de faire. Ma grand-mère me l'a envoyé parce qu'elle trouve que je suis étroudi. Regardez, il suffit de la tenir dans sa main, comme ça, et si on a oublié quelque chose, elle devient rouge. » Il avait dit tout cela sans reprendre son souffle, soulagé de ne pas recevoir une pluie de remarques désobligeantes de sa grand-mère, et plutôt content du cadeau : cela pourrait toujours être utile. Mais la boule prenait déjà une teinte rouge, tirant à Neville un froncement de sourcils : il n'avait aucune idée de ce qu'il avait bien pu oublier – en réalité, à l'instant, il ne portait pas sa cravate, qui était restée sur le siège cassé quand il avait quitté la salle commune sans avoir réussi à la nouer.
Drago Malefoy quittait la grande salle, avec sur ses talons les deux loustics qu'étaient Vincent Crabbe et Gregory Goyle. Le premier avait passé son petit déjeuner à se servir dans le colis qu'avait envoyé Narcissa Malefoy à son fils, mangeant sans aucune distinction et engouffrant en quelques minutes l'ensemble du colis, sous le ricanement stupide du deuxième. Il n'en pouvait plus de la mauvaise éducation de ces deux, mais il avait déjà surpris à plusieurs reprises Crabbe rédiger des lettres de plusieurs pages à son père contant en détail tous les faits et gestes de Drago. Et il avait, lui, reçu moult lettres de son père le félicitant pour ses bonnes fréquentations. Drago Malefoy vivait pour les félicitations de son père, il pouvait bien supporter Vincent Crabbe et Gregory Goyle si cela en était le prix.
Les trois garçons passaient désormais au côté de la table des Gryffondors pour rejoindre la porte de sortie. Il faisait encore beau en ce début d'automne, et Drago avait prévu de rejoindre Pansy Parkinson
dans le parc, Théodore Nott avait bien sûr refusé de les suivre – ce qui convenait très bien à Drago, car il était plus simple d'être le meilleur, le plus digne Serpentard sans lui – et Blaise Zabini avait plus tendance à suivre Théodore que Drago, pour le plus grand déplaisir de ce dernier. Mais les trois garçons passaient donc au côté de la table des Gryffondors, sans autre but que de sortir du château, quand les yeux de Drago tombèrent sur la main de l'idiot de Gryffondor – Lonba ? Drago Malefoy n'avait pas pris la peine de retenir son nom en cours de potion, mais il avait bien remarqué qu'il finissait toujours à l'infirmerie, et il s'était demandé comment on pouvait être encore plus incompétent que Pansy en potion, elle n'était déjà vraiment pas très douée et Drago en était rendu à tricher pour l'aider la moitié du temps… Mais la vraie question, surtout, était pourquoi cet idiot avait le droit à un si bel objet magique ? Il ne fallait pas longtemps pour se rendre compte que c'était un Rapeltout traditionnel, pas un attrape-nigaud que les boutiques ayant pignon sur rue dans le Chemin de Traverse vendaient. Le Rapeltout était ourlé d'or et gravé de runes anciennes, et même au temple, Drago n'en avait jamais vu de tel. Il était absolument magnifique, alors bien sûr qu'il était jaloux. Il aurait voulu avoir un tel objet pour lui, un tel objet pour rappeler que c'était lui le meilleur sang-pur sacré, lui l'héritier de la meilleure famille, et pas cet idiot que l'on pourrait confondre avec un cracmol. Drago attrapa brusquement le Rapeltout pour mieux l'observer et obnubilé par la pureté magique de l'objet, ne remarqua même pas le traite à son sang et Harry Potter, pouah, se lever d'un bond pour prendre la défense de Neville Londubat – puisque tel était son nom. Il ne remarqua pas plus la Professeure McGonagall approchait rapidement, jusqu'à ce qu'elle l'interrompît dans ses pensées :
« Que se passe-t-il ? »
Drago releva la tête, prenant soudainement conscience de la situation, alors que l'idiot expliquait la situation :
« C'est Malefoy qui m'a pris mon Rapeltout.
- C'était simplement pour jeter un coup d'œil. » Il essaya de paraitre blasé en relâchant la boule de verre au-dessus de la main de Neville, comme s'il n'avait pas eu un coup de cœur pour l'objet, comme s'il n'avait pas été obnubilé par le Rapeltout quelques instants au paravent. La bruit de rebond, sur la table, alors que Drago s'éloignait suivi des deux loustics, lui apprit que Neville n'avait pas rattrapé le Rapeltout.
Quelques minutes plus tard, Drago Malefoy s'avachissait dans l'herbe, à côté de Pansy Parkinson, tentant d'oublier l'existence de Vincent et Gregory, alors qu'il se penchait sur les devoirs de potion de son amie. Il avait déjà fini le sien depuis longtemps, et Pansy avait l'air de s'arracher les cheveux dessus alors que Millicent Bulstrode en était rendue à réaliser une couronne de fleurs pour habiller les cheveux de Daphnée Greengrass. Vincent Crabbe et Gregory Goyle n'étaient pas vraiment du genre à faire des couronnes de fleur, et rire de leurs devoirs allongés dans l'herbe – et finalement, c'était peut-être pour cela que Drago aimait tant ces moments avec les filles : il arrivait enfin à se débarrasser des deux loustics. Il n'avait aucune idée de qu'est-ce qu'ils faisaient pour profiter de ces moments, et il n'en avait rien à faire en réalité, il était tellement plus heureux quand les yeux de son père était réellement au loin, bloqués par les murs du château et incapables de le surveiller.
« Je suis votre reine et désormais vous devrez tous m'obéir ! » Daphné avait la couronne dans les cheveux quand Drago releva la tête du parchemin de Pansy, « Drago, tu porteras mon sac pour aller en métamorphose.
- Hors de question. » Drago avait répondu sans même réfléchir, choqué qu'on puisse lui demander une telle chose, ce qui lança un fou-rire du côté de Pansy. « Et pourquoi moi ?
- T'es le seul garçon. Pansy aura qu'à porter ma cape, si ça te rassure, Dra.
- Et pour Lili, quel défi ? Pansy avait interrompu Daphné comme s'il était normal de devoir porter ses affaires.
- Rien, elle m'a fait ma couronne, hein, Lili ? »
Daphné s'était tournée vers Millicent en montrant sa couronne, mais celle-ci avait l'air complètement perdue. Pansy attrapa la cape de Daphné par terre, avant de se mettre face à Millicent :
« Daphné nous a donné des défis, parce qu'il parait que c'est notre reine maintenant…
- Ma faute ? » Millicent avait appuyé sa phrase en se désignant elle-même avec son index droit et Pansy affirma de la tête en riant.
Millicent souri, l'air contente d'elle en acceptant la main de Pansy pour se relevait, avant d'aider Daphné. Les trois filles regardèrent ensuite Drago, attendant que celui-ci se relève tout seul :
« Mon père en attendra parler. » Et il se dirigea en premier vers la direction du château alors que Daphné récupérait son sac pour lui tendre.
La Professeure McGonagall avait sonné la fin du cours de métamorphose peu avant trois heures et demi, et tout le petit groupe de premières années de Serpentards s'était alors dirigé vers le parc, près du terrain de Quidditch pour le premier cours de vol à balais. Drago Malefoy n'avait pas arrêté de conter ses exploits à balais sur tout le chemin en vérité, cela faisait plusieurs jours désormais qu'il narrait en tout temps ses exploits.
Le groupe venait tout juste d'arriver que les Gryffondors suivirent. Drago Malefoy ne put s'empêchait de remarquer Harry Potter, avec ses cheveux toujours plus mal coiffés – il avait passé près d'une heure, personnellement, ce matin à parfaitement ranger et cirer les siens, et il n'arrivait pas à comprendre comment quelqu'un pouvait quitter son dortoir sans mettre le moins efforts dans l'image qu'il renvoyait. Il se promit d'être mille fois plus excellent que lui en vol – il avait l'expérience de son côté. A vrai dire, il s'apprêtait à rappeler à Harry Potter que c'était lui le meilleur des deux, lui qui ne se rabaissait pas à trainer avec des traitres, mais la Professeure Bibine arriva trop vite pour qu'il en ait le temps :
« Alors, qu'est-ce que vous attendez ? » On aurait cru que les élèves se faisaient réprimander de n'avoir pas commencé le cours sans elle. « Mettez-vous chacun devant un balai. Allez, dépêchez-vous ! »
Drago Malefoy choisit le balai le plus proche de lui et le regretta directement : il était cassé. Il ne fallait pas être un expert pour remarquer le manche qui ployait dangereusement vers la gauche et la fissure qui accompagnait la coudure. Poudlard était ainsi : mettre les élèves en danger ne paraissait jamais bien grave à ses directeurices, et je ne saurais vous recommander suffisamment d'envoyer vos propres enfants à Beauxbatons. Il faut dire la vérité quand elle se présente, et elle était ici en ces mots : Beauxbatons ne proposait pas de balais cassés pour ses cours. Beauxbatons présentait à vrai dire, et en tout point, un niveau de danger inexistant dans son curriculum.
« Tendez la main droite au-dessus du balai, et dites : Debout ! » La voix de la Professeure Bibine était toujours aussi sèche et dure que son arrivée, et ne donnait aucunement envie de la contredire.
Alors que tous les élèves criaient à leur balais l'ordre de se relever, Millicent Bulstrode se retrouva la première avec son balai en main. Elle le tenait main gauche, et Drago Malefoy se fit la remarque qu'il était heureux que Professeure Bibine n'ait pas remarqué car elle n'avait pas l'air d'accepter les méthodes alternatives : Millicent n'avait pas ouvert la bouche pour attraper son balai, et il avait semblé à Malefoy qu'elle avait fait passer sa main droite devant son torse rapidement, poing presque fermé, mais index et majeur tendus et écartés, avec détermination. Sur l'instant, Drago Malefoy n'avait pas idée de l'utilité d'un tel geste, et n'avait sûrement pas interprété le tout comme la traduction en langue des signes britannique sorcière de « Debout ! ». Dans tous les cas, Drago Malefoy avait désormais son balai, toujours aussi cassé dans la main, tout comme Harry Potter, le traitre, ainsi que la Gryffondor la plus pâle des trois – même si pâle était la pire description qui aurait pu être faite de Parvati Patil – et Theodore Nott, l'air toujours aussi fier qu'à son habitude. Il fallut encore plusieurs minutes avant que Professeure Bibine décidât que suffisamment d'élèves avaient leur balai en main pour passer à la suite du cours et leur explique comme monter :
« Tenez vous plus haut sur ce balai, vous allez vous retrouvez sur les brindilles. »
Drago était le deuxième à faire vérifier sa position et il prit sur lui pour ne pas s'énerver. Il était complètement injuste qu'on lui fasse remarquer un mauvais maintien de son balai alors qu'il ne pouvait pas s'installer correctement à cause de la brisure ! Il fit de son mieux pour remonter de quelques millimètres, et cachant son énervement derrière son masque. Il savait monter un balai ! Il avait terriblement conscience de l'état de son balai, désormais, et il commença à s'inquiéter en plus de l'énervement : il détestait être contrarié, cela faisait toujours ressortir ses émotions et ses insécurités, et désormais, il ne pouvait plus ignorer la voix qui lui disait sans vouloir se taire que son balai allait casser, qu'il allait tomber, qu'il allait se ridiculiser, qu'il allait être rappelé par son père au Manoir, et sa joue pulsait comme après chaque claque. Les larmes étaient enfermées dans le masque, et l'arrogance se renforça sur son visage, protection du moment.
« Et maintenant, à mon coup de sifflet, vous donnez un coup de pied par terre pour vous lancer. Frappez fort. Vous tiendrez vos balais bien droits, vous vous élèverez d'un ou deux mètres et vous reviendrez immédiatement au sol en vous penchant légèrement en avant. Attention au coup de sifflet. »
Neville Londubat avait peur d'être le dernier à s'envoler après avoir été le dernier à récupérer son balai dans sa main. Il était toujours le dernier, quand il n'était pas celui qui n'y arrivait pas, et il savait qu'il devait prouver qu'il méritait sa place – même s'il doutait tous les jours un peu plus qu'il la méritait. Oui, le Choixpeau avait dit que ses parents étaient fiers de lui, mais comment pourraient-ils l'être ? Il était incompétent, incapable de la moindre once de magie, et il ne vivrait jamais à la hauteur de leur héritage, chaque jour il en était un peu plus sûr. Il détestait être dans la maison de ses parents, dans la maison du héros Harry Potter, car il savait très bien qu'il n'y était qu'un imposteur, et il commença à frapper du pied avant d'entendre le sifflet : il n'y avait aucune chance qu'il ne réussisse à s'envoler du premier coup, n'est-ce pas ? Professeure Bibine n'en était rendue qu'au deux, et Neville était déjà à plusieurs mètres au-dessus du sol. Il avait le vertige, cela lui rappelait le jour où son grand-oncle l'avait pendu par une cheville, au-dessus du vide des étages de la maison de sa grand-mère. Il n'entendait plus rien, il n'attendait plus que la chute : comment diantre aurait-il put redescendre ? Il était bien trop persuadé d'être incapable de faire obéir un balai pour ne serait-ce qu'essayer. Et Neville Londubat tomba. Neville était en train de tomber, et peut-être pourrait-il rejoindre ses parents à Sainte-Mangouste, cette fois. Neville était en train de tomber, et tout ce qu'il pouvait penser, ce n'était plus « Je reviendrais », mais « Ils sont fiers de toi ». Et ce n'était peut-être pas une vérité, mais c'était au moins un espoir, une promesse, et en heurtant le sol, Neville sut qu'il ne mourrait pas ce soir encore.
Le poignet craqua, et le visage de la Professeure Bibine était si pâle, si effrayé Neville ne s'était pas attendu à cela en la voyant si stricte et dure en arrivant :
« Poignet cassé… Allez, viens mon garçon, lève-toi, ce n'est pas grave. » Elle avait chuchoté à l'intention de Neville, avec un ton presque maternel, un ton que Neville ne connaissait pas. Neville se leva, laissant les larmes ruisselaient sur son visage, tenant son poignet avec son autre main, mais incapable d'en ressentir la douleur. Il se dirigeait vers l'infirmerie pour déjà la troisième fois en un mois, il commençait à prendre l'habitude du chemin.
Doctoresse Pomfresh parut dépité à l'arrivée de Neville : elle avait l'habitude, bien sûr, d'accueillir des élèves pendant et après leurs premiers cours de balai – au pluriel, car bien souvent, les enfants ne se contentaient pas de tomber la première fois, surtout ceux qui n'était pas tombés la première fois, justement. Parfois, elle en avait marre de Poudlard et de l'incapacité chronique dont l'équipe pédagogique semblait atteinte quand il en venait à la sécurité des élèves. Il y avait déjà sur les lits un élève de Serdaigle, tombé lui aussi de son balai, et il n'avait pas été le seul à passer dans la matinée. Dans tous les cas, elle se précipité sur le petit Neville, qu'elle commençait déjà à connaitre, à son grand désespoir. Ce n'était pas tant qu'elle ne voulait pas connaitre les élèves, mais c'était surtout qu'elle préférait ne pas les voir passer tous les deux jours dans son infirmerie.
« Poignet cassé, il a chuté. » La Professeure Bibine avait parlé, stricte et directe, comme à son habitude. « Il faut que je retourne surveiller les autres. » Et elle reparti, laissant Neville là, seul, face à la Doctoresse Pomfresh.
Neville Londubat tenant toujours son poignet à une main, et si les larmes avaient petit à petit quitté son visage, la douleur, elle, avait commencé à lancer dans ses os brisés. Il laissa la Doctoresse Pomfresh se pencher sur son poignet et essayer doucement de le bouger, sans retenir de grimaces ni un petit cri de douleur
« Aih !
- Plus de peur que de mal, mon grand, un petit sort et ce sera comme neuf. Mais pas question que tu retournes à ce fichu cours de balais, je te garde en observation jusqu'à la fin du créneau, et ensuite, tu pourras rejoindre tes camarades pour le dîner. »
Neville ne s'était même pas rendu compte que son poignet était réparé. Madame Pomfresh avait dû envoyer un sortilège informulé en même temps qu'elle lui parlait, et il s'installa confortablement dans un des lits de l'infirmerie, au pied du quel l'attendait magiquement le sac qu'il avait pris pour aller en cours de balai. Il attrapa un parchemin et une plume – qu'il avait mis là dans l'espoir que le cours soit théorique, même en plein air – et il décida de tenter le devoir de potion. Mais une bonne heure et demie plus tard, quand la doctoresse s'inquiéta de savoir pourquoi il était toujours là, Neville n'avait pas plus avancé sur le devoir, peut-être était-il même un peu plus perdu. Il fourra les affaires dans son sac, peut-être un peu énervé par lui-même, même s'il avait l'habitude, avec le temps, de ses incompétences. Il savait qu'il n'aurait pas dû être énervé pour si peu, alors qu'être incapable de faire ses devoirs étaient une habitude.
« On a un groupe d'entraide pour les devoirs, à la bibliothèque, à dix-huit heures trente, si tu ne tardes pas trop à dîner. » Le lit d'à côté avait chuchoté, comme pour ne pas énervé Doctoresse Pomfresh, mais Neville sourit, il ne s'habituait définitivement pas à ce qu'on veuille l'aider :
« Merci. »
Et il quitta l'infirmerie en courant presque pour la Grande Salle, alors que l'autre enfant essayait de s'asseoir sur son lit.
