Hey !
Est-ce que je vous ai tous abandonné 2 mois, comme ça, sans raison ? Il semblerait… Heureusement que je m'étais dit « normalement, on devrait pouvoir publier le chapitre de Noël pour Noël ». Turns out, j'suis même pas sûre de l'avoir écrit, étant donné que j'ai aucune idée où j'ai tout laissé fin novembre, j'ai pas DU TOUT retouché à ma fanfic de tout le mois de décembre ni de janvier, et pourtant, c'est pas faute d'avoir fait plus de 30h de train (dont 20h en 1 semaine) en deux mois… J'adore écrire dans le train d'habitude.
Bref, la vie a été ce qu'elle a été, mais dans tous les cas, voici ENFIN la partie 3 du chapitre 10, et j'espère un tout petit peu plus de régularité en 2022. Ce serait pas mal si je pouvais finir ce tome 1, d'ailleurs.
Bonne lecture à tous !
Passer son premier Halloween loin de sa famille avait été difficile pour Drago Malefoy - il avait bien trop l'habitude de passer toutes les fêtes avec ses parents, que les dates soient réellement importantes ou juste symboliques. Et le fait que toute une partie des élèves - beaucoup de nés-moldus, mais aussi des sorciers de sang purs à son grand désarroi - ait profité de la date pour enfiler des accessoires ridicules n'avait pas vraiment aider : comment se pouvait-il que l'école accueille de telles pratiques moldues ? Le manque de respect rendait particulièrement difficile à supporter la journée, et Drago Malefoy s'était enfermé dans un mutisme profond depuis la fin du cours de métamorphose – qui avait d'ailleurs été complètement stupide, si vous vouliez son avis : quand allait-on arrêter de transformer une allumette en aiguille ? Et en cela, je l'accorde au jeune Drago Malefoy, qu'un cours sur les bases des mathématiques, les fondements du fonctionnement du corps humain ou encore les bases de la cuisine serait sûrement plus utile dans une vie future normalement constituée entendez par là : n'attendant pas des enfants de devenir de futurs soldats dans une guerre magique. Néanmoins, il est à douter que Drago Malefoy, digne héritier sang-pur, aurait été d'accord avec la suite de mon élucubration.
A vrai dire, il aurait presque accepté de discuter réellement avec Vincent Crabbe et Gregory Goyle mais les deux avaient l'air de ne pas avoir grand-chose à faire de la date et des prières à la Terre qui y était habituellement associées : c'était à croire que les deux loustics n'avaient jamais réellement mis pied au temple. Il ne s'était pas senti bien de la journée, et encore moins dans la serre de botanique où il faisait bien trop froid pour qu'un cours soit acceptable. Il faudrait qu'il en parle à son père, d'ailleurs, car malgré les pulls de haute couture et les sorts de chaleur de ses sous-pulls, il finirait par attraper froid si l'année continuait ainsi. Et il détestait avoir la gorge enrouée ou le nez coulant - cela n'avait rien de très aristocratique, et ce n'était pas ainsi qu'il pourrait porter fièrement le nom des Malefoy.
Il était rentré dans la Grande Salle avec le même poids qu'il avait porté toute la journée, et il n'avait pas vraiment idée de comment il allait réussir à le faire partir. Il avait essayé de demander des branches de pommier à Pr Chourave, mais celle-ci avait répondu qu'elle ne pouvait pas lui en fournir, avec un regard plein d'interrogation, et il ne pouvait se contenter des pommes servies au dîner, n'est-ce pas ? Drago aurait voulu au moins pouvoir effeuiller les branches avant de les offrir à la cheminée du dortoir, pour rappeler sa rentrée, et la dernière fois qu'il avait pu respectueusement offrir ses paroles à la Magie, et il ne savait que faire pour dédommager tout cela. Il avait l'impression de ne jamais pouvoir rendre hommage correctement, et cela n'aidait pas à gérer le poids de tout le reste. Surtout que dans le dortoir, Vincent Crabbe et Gregory Goyle avaient beau venir de la même branche pratiquante que lui, il avait souvent l'impression qu'ils étaient de ceux qui n'en avait plus rien à faire. Théodore Nott avait une fois posait la question, avant de partir avec un sourire sur la réponse - et si au début Drago Malefoy avait été surpris qu'il pose la question, il avait fini par comprendre dans les échanges de lettres avec sa mère que, malheureusement, toutes les familles de sang pur n'avaient pas garder le même respect pour la religion primaire qu'eux. Il aurait pourtant attendu plus des Nott, qui étaient à l'origine même de la liste des familles sacrées, cette liste qui permettait à tous de respecter au mieux la Magie dans les unions inter-familiales, mais visiblement, Théodore n'était pas parfaitement de cet avis.
Pendant quelques secondes, il avait même pensé à rejoindre Lisa Turpin, à la table des Serdaigles. Cela aurait été une injure à sa maison, et jamais il n'oserait réellement le faire, mais finalement, elle était la seule qu'il connaissait - enfin, connaître était un bien grand mot dans ce contexte, considérant qu'il ne lui avait jamais échanger plus que quelques banalités de politesse, qui devait représenter tout au plus une dizaine de mots. Néanmoins, il était presque sûr qu'elle aurait été plus respectueuse que les deux loustics en cet instant, et c'était sûrement tout ce qu'il demandait vraiment pour le moment. Il aurait surtout voulu que le colis de ce matin contienne des branches de pommier, mais son père lui avait répété mille fois que non, ce n'était pas possible, d'afficher si publiquement un comportement répugné par le Ministère. Drago ne comprenait pas comment cela pouvait être répugné par le Ministère : est-ce que ce dernier n'était pas censé protéger les sorciers ? Tout ce que voulait Drago, c'était protégé les sorciers.
En arrivant à sa table, Drago prit automatiquement place à côté de Pansy Parkinson, forçant celle-ci à s'éloigner quelques peu de Millicent Bulstrode, et empêchant ainsi les deux loustics d'encore le coller. Il ne voulait pas les supporter encore, sachant qu'il devrait dans tous les cas les supporter ce soir. Pourquoi ne se faisait-il pas à leur présence ? Pourquoi est-ce qu'il les vivait comme deux espions à tout moment ? Cela faisait plus de deux mois ! A vrai dire, il aurait voulu s'obliger à les apprécier, peut-être qu'ainsi ils ne représenteraient plus une menace, mais il en était incapable. Chaque fois que l'un ou l'autre des deux s'autorisaient une chose que Drago ne se serait jamais autorisé pour lui-même – rire un peu trop fort, sortir du dortoir sans une tenue parfaite, manger trop vite, rater un devoir, la liste était bien plus longue – il ne pouvait que les détester un peu plus de pouvoir faire ce que lui ne pourrait jamais faire. Finalement, peut-être les détestait-il d'oser être libre, mais jamais ne l'aurait-il avoué.
« Drago ! »
Pansy le regardait d'un regard noir, presque plus que ce qu'il savait faire lui-même, et lui donna une petite tape du dos de la main sur l'épaule. Drago tenta de lui rendre le même regard, avec l'interrogation en plus : cela faisait bien trop longtemps que les deux filles l'ignoraient, et il ne pouvait le supporter plus – on ne refusait pas de parler à un Malefoy, ainsi, tout de même !
« Tu sais qu'on ne veut pas de toi sans excuse, quand même ?
- Quoi ? »
Le mot était sorti tout seul, et ce n'était pas du plus élégant, mais Drago ne pouvait comprendre : s'excuser de quoi ? Il n'avait rien à se reprocher, si ce n'était d'avoir raté deux devoirs, fini en pleur dans un couloir face à un mur, failli à trouver de branches de pommier, et puis, aussi, il devrait l'avouer, avoir mis porter un pull et un sous-pull non assorti en début de semaine. Et ce n'était que des reproches personnels : il s'en voulait bien sûr, car tous ses écarts rendaient un peu plus compliqué de garder parfait le nom des Malefoy et que c'était entièrement sa faute, mais il n'avait rien à se reprocher envers les autres ! Bien sûr qu'il avait tenté de rabaisser quelques étudiants qui cherchaient des noises à sa famille ou sa maison – comme tout bon héritier Malefoy le devait – mais qui lui reprocherait de se comporter comme l'être supérieur qu'il était ? Non, il ne voyait vraiment pas en quoi il devrait s'excuser envers Pansy Parkinson et Millicent Bulstrode.
« Laisse tomber, il est con. » Millicent avait appuyé le dernier mot en le signa en même temps, avant de se lever pour se réinstaller à côté de Pansy, sous le regard médusé de Théodore Nott qui avait visiblement bien entendu l'insulte. Drago savait qu'il aurait dû réagir, mais il sentait les secondes passer horriblement vite, et il ne savait que faire – si toute la liste précédant suffisait amplement pour que son père le considère comme misérablement « moyen », que penserait-il en apprenant que son fils n'avait rien fait face à une telle insulte ? Il oublia de respirer, ne sachant que faire, et bloquer ses poumons donnait plus de poids pour appuyer vers le fond de son ventre les émotions qui montaient. Il ne pouvait pas, pas à table. Et il sentait pourtant le terrible regard de Théo sur lui :
« Tu peux respirer tu sais ? »
Ce n'étaient pas des mots qui allaient aider. Mais Drago savait qu'il ne pouvait pas se lever et quitter la salle sans perdre la face. Est-ce que s'il s'excusait cela remonterait l'estime du nom Malefoy ? Plus désormais, sûrement était-ce trop tard, après avoir été publiquement insulté. Que ferait son père ? Il n'en avait aucune idée, son père ne se serait pas fait insulter publiquement en première instance il avait l'impression d'avoir renié son droit à être un Malefoy. Il détestait définitivement ce premier Halloween loin de sa famille.
« Drago ! » La voix était, ou bien semblait peut-être, seulement, dure, brusque, jugeante – mais la vérité était derrière un mur de conventions sociales, apprises des deux côtés : inquiète. « Gemma ! Gemma, Drago a un problème… »
Théodore s'était levé pour aller chercher la préfète qui dîner quelques pas plus loin. Elle avait toujours fait attention à tous les élèves de Serpentard, avec en même temps une attitude fière et sûre de Serpentard, le genre de comportement qui disait toujours qu'il valait mieux ne pas essayer d'embêter sa maison, même si malheureusement, les verts et argents continuaient à recevoir bien plus de harcèlement que les trois autres maisons réunies. Dans tous les cas, les deux élèves se retrouvèrent debout quand le professeur Quirrell entra la Grande Salle en courant, entrainant leur arrêt en plein pas sous le choc :
« Un troll… dans les cachots… je voulais vous prévenir… » furent ses seuls mots avant qu'il s'évanouisse au sol, sans laisser le temps aux élèves de prendre conscience de ce qu'il se passait. Du côté de Drago Malefoy, l'interruption – même si l'interruption n'était pas ici le mot exact, mais voyez-vous, et malheureusement comme tout le monde, il m'arrive parfois de ne plus trouver mes mots – paru comme une autorisation à reprendre sa respiration, tout en le laissant toujours aussi immobile, jusqu'à ce que le tumulte des conversations autour de lui, lui parvienne : un troll dans les cachots, c'était un troll chez eux. Que faisait un troll chez eux ? Que faisait le Pr Quirrell chez eux ? C'était un ancien Serdaigle, il n'avait rien à faire dans les cachots. Et comment se faisait-il qu'il y avait un troll chez eux ? Il n'y avait pas d'accès facile aux cachots, aucun accès direct à l'extérieur, et les escaliers étaient tous fins et humides, peu accueillants, pourquoi et comment un troll serait aller se perdre là-bas ?
Il y eu soudain des petites explosions, puis Albus Dumbledore, directeur de Poudlard prit la parole – et ne rassura aucunement les Serpentards. A vrai dire, une fois encore, il prouva à quel point il ne pensait jamais à la sécurité de ses élèves, et encore moins à celle des verts et argents. Parfois, il fallait se demander à quel point il détestait ces enfants qui n'avaient rien demandé et si vous voulez mon avis, il est inquiétant de voir à quel point un directeur d'école peur être partial envers ses élèves je ne le répéterais jamais assez : envoyez vos enfants à Beauxbâtons.
« Messieurs les préfets, veuillez ramener immédiatement vos condisciples dans les dortoirs de vos maisons respectives. »
Voix forte et sûr, sexisme certain, il ne laissait aucun doute quant au fait que les Serpentards devaient être renvoyé là où il y avait actuellement suspicion qu'un troll – et donc un être dangereux pour des élèves ne sachant pour la plupart aucunement comment se défendre face à ses créatures – se trouvasse. Si du côté des Gryffondors, on entendait déjà leur préfet s'activer avec entrain, Gemma de son côté laissait paraitre ses doutes – peut-être, sûrement même, pour la première fois autant en public.
Je voudrais juste vous proposer ici un léger interlude. Comme vous le savez sûrement, au même instant, le célèbre Harry Potter et son meilleur ami Ron Weasley quittait la surveillance de leur préfet – le grand frère de ce dernier – pour partir chevaleresquement au secours de la plus brillante sorcière de sa génération, j'ai nommé : Hermione Granger. Néanmoins, il y a, dans les archives, un détail qui me chagrine et me fait dire, une fois encore, que Poudlard n'est pas un lieu sûr et que vous feriez tellement mieux d'envoyer vos enfants à Beauxbâtons. A vrai dire, j'oserais même dire que la boulangerie illégale de votre société secrète est un lieu plus sûr – après tout, elle est cachée derrière une fausse devanture de garage automobile… Mais je m'égare, et revenons donc à Poudlard et au fait que, malgré la présence de magie en ce monde, le château propose tout de même une fermeture des portes par clé, et pire encore, laisse ces dites-clés à disposition sur les portes des salles publiques – pour ceux qui en douteraient, je parle bien ici des toilettes des filles du rez-de-chaussée – côté extérieur. Ainsi donc, quiconque passant, pourra s'amuser à la très drôle blague de vous enfermer à l'intérieur des toilettes jusqu'à ce qu'une âme charitable – ou plus vraisemblablement une vessie pleine – vous rouvre la sortie. Gardez en tête que nous n'avons, à l'heure d'aujourd'hui, aucune preuve que le sortilège Alomora était au curriculum pour les élèves de Poudlard. Et tous ces détails font que, jour et nuit, je ne peux arrêter de me demander : est-ce que Poudlard a seulement eu, un jour, un directeur ou une directrice sensé-e ? Car j'ose penser que non, et j'espère que vous comprenez que cela est une raison de plus pour ne pas explorer ses lignes plus loin. Retournez donc à vos activités plus importantes, en croyant encore un peu que l'équipe éducative de l'école de sorcellerie Poudlard a un jour fait sens.
Pendant cette digression, en tout cas, Marcus Flint avait rejoint sa collègue préfète, et pour une fois, il sembla que sa fonction était, au moins partiellement remplie :
« On ne peut pas retourner aux cachots. »
Il avait le même ton sûr de lui qu'il utilisait avant chaque match de Quidditch, rappelant à l'équipe l'importance de jouer l'excellence, et pas seulement son mieux, s'ils voulaient rapporter le trophée qu'ils méritaient.
« Tout le monde se rassoit, et signalez les absents s'il vous plaît. »
Les conversations continuaient en tous sens, parfois inquiète, parfois septique, mais tous, dans la globalité, accueillirent positivement la prise de position de leurs préfets : à vrai dire, personne n'avait vraiment envie de se retrouver face à face avec un troll.
Quelques minutes suffirent à faire remonter deux absents jusqu'aux préfets : Daphné Greengrass, qui avait quitté table plus tôt pour ramener un ouvrage à la bibliothèque avant que Mme Pince ne fermât celle-ci et Eugène Slughorn qui avait vraisemblablement rejoint la salle commune sans passer par la case dîner, dû à des maux de tête. D'ailleurs, si vous êtes vraiment curieux, sachez qu'Eugène souffrait de migraines à répétition qui n'avaient rien d'agréables, et le mena à sauter régulièrement des repas, malheureusement.
« Je vérifie la salle commune, ça te laisse la bibliothèque, si ça te va, Marcus ?
- Il vaudrait mieux qu'il reste ici, au cas où ce vieux crouton de Dumbledore revienne avec ses idées à la noix. J'irais à la bibliothèque, c'est à l'opposé des cachots, y'a pas de risque. »
Peregrine Truman avait coupé la parole à Marcus, ne lui laissant pas le temps de débuter une syllabe de réponse, comme s'il n'était rien que de couper la parole à un préfet. Drago Malefoy ne comprenait pas vraiment comment on pouvait montrer si peu de respect pour la hiérarchie, mais il n'allait pas oser faire une remarque, dans tous les cas. Et Marcus Flint acquiesça, s'avachissant sur le banc à côté de l'équipe de Quidditch pour reprendre la discussion qui avait visiblement était interrompue par l'arrivée de Quirrell et l'annonce du troll : la préparation du prochain match.
Les élèves verts et argents se retrouvèrent bientôt à reprendre la suite de leur repas, alors que leur préfète les avait laissés pour rejoindre leur salle commune, dans une ambiance bien plus pesante que plus tôt. A côté de lui, Millicent Bulstrode et Pansy Parkinson échangeaient dans un mélange de signes et de paroles, entrecoupés de beaucoup trop de rire pour pouvoir estimer cela une conversation convenable. Il était compliqué de savoir pourquoi, elles, elles pouvaient s'affranchir des règles que Drago s'imposait sans qu'il en soit jaloux, comparativement à Vincent Crabbe et Gregory Goyle, mais cela venait peut-être du fait qu'il ne les avait pas connus enfants ?
Drago tournait sa nourriture dans son assiette sans vraiment oser y toucher. Maintenant que tous pensaient à autre chose, il se permettait de repenser aux derniers événements le concernant. Et à y repenser, Pansy n'était pas la première à lui dire qu'il devait faire des excuses : le stupide fantôme des Poufsouffles lui avait aussi passé le même message, qu'il n'avait d'ailleurs absolument pas compris. A qui donc était-il sensé s'excuser ? Au mur ? Il avait d'abord pensé que ce fantôme était stupide – les fantômes étaient stupides, de toutes manières : qui diantre refuserait de retourner à la Terre accomplir la mission finale pour laquelle la vie l'avait remonté ? Drago ne pouvait comprendre. Mais à présent, une petite voix peu sûre tentait de lui insuffler l'idée que, peut-être, le fantôme en savait plus qu'il ne le laissait paraitre ? Après tout, ces stupides êtres laissaient trainer leur corps dématérialisé – et avec, leurs oreilles – absolument partout dans le château. Mais cela ne l'aidait pas à visualiser pourquoi il devrait s'excuser ? Il était un Malefoy, après tout, et s'il y avait bien une chose qu'il n'avait pas appris, c'était s'excuser.
Drago Malefoy attrapa machinalement une pomme et commença à mordre dedans. A côté, il entendit Pansy parlait d'espérer rentrer à une heure correcte au dortoir pour pouvoir remercier, et même s'il manquait bien des mots pour en être sûr, Drago relâcha sa mâchoire sur la pomme, et éloigna celle-ci avec seulement quelques marques de dents : il n'avait jamais pris conscience que Pansy était peut-être la personne avec qui partager Halloween, ici. Et finalement, ce furent ses lignes qui décidèrent Drago à se lever, et à faire sortir sur ses lèvres des mots qu'il n'avait jamais exprimés :
« Je m'excuse. »
Il avait parlé en regarde Millicent, parce que plus il réfléchissait, moins il voyait de raison de s'excuser à Pansy : il ne lui avait absolument rien fait. Millicent était celle qui l'avait traité de con, et même si ça ne faisait pas plaisir, cela voulait peut-être dire quelque chose. Et puis, de toutes façons, il n'y connaissait rien aux excuses, et il paraissait moins effrayant de s'excuser à Millicent – dans le pire des cas, il pourrait toujours arguer qu'elle avait mal entendu. Bien sûr, Drago Malefoy n'avait pas conscience que c'était exactement ce genre de pensées audistes, que Millicent Bulstrode lui reprochait, mais au moins, cette fois-ci, l'idée n'était pas exprimée. Avec du temps, peut-être que monsieur apprendrait à être meilleur.
« Mais je veux des excuses aussi.
- C'est pas comme ça que ça fonctionne. »
Drago aurait voulu le regarder de haut en bas, et partir comme si ce qui venait de lui parler était de la vermine – c'était ce qu'il avait appris à faire. Mais il y avait un troll dans son dortoir, enfin presque, et cela ne laissait pas vraiment la possibilité de faire demi-tour. Et puis, il ne comprenait plus rien : elle entendait ? Il avait accepté de faire des excuses parce qu'il pensait que personne ne serait jamais au courant, et elle entendait ?
« Tu devrais vraiment te taire, parfois, Drago. » Elle avait parlé d'une voix sûre, mais moins méchante que toutes les discussions - discussions n'étaient pas le mot adapté, échanger deux mots et demi n'étant pas une discussion, mais laissons Drago dans le déni qu'il souhaitait - qu'ils avaient eu jusqu'alors. Et à vrai dire, sur ces mots, Drago comprit qu'il avait vraiment besoin de ses amies, ici, perdu si loin de chez lui, si loin de la solitude, seule garanti d'être bien. Parfois, il détestait tellement Poudlard, il détestait Poudlard pour toujours l'exposer au public, sans jamais le laisser abandonner son masque.
« Un Malefoy ne se tait pas. Un Malefoy ne s'excuse pas.
- Tout le monde s'excuse, Dra, sauf les cons. Même ton père s'est excusé, t'as jamais regardé les procès ? »
Pourquoi Pansy se mêlait à la discussion ? Et pourquoi parler des procès ? Drago savait qu'il devait être parfait car sa famille devait racheter son image, il savait que son père faisait toujours tout absolument parfaitement pour la même raison - et aussi parce qu'il était un être réussi et fort, pas comme lui-même - mais il n'avait aucune idée de ses histoires de procès et il n'avait pas envie de connaitre quoique ce soit de ses histoires. Surtout qu'être en public faisait un très mauvais endroit pour parler de choses qui pourraient descendre sa famille. Peut-être qu'elle le faisait pour cela ? Drago n'aurait pas pensé Pansy ainsi. En tout cas, Millicent lui tendait une main, et de l'autre lui indiquait de se rassoir à côté d'elles. Cela consistait globalement à la place qu'il venait de quitter, mais l'invitation était rassurante. Il prit place en tendant l'œil vers le reste de la table, localisant Vincent Crabbe et Gregory Goyle bien plus loin, caché dans la foule, et tout parut tellement plus rassurant. Autour de lui, les années supérieures semblaient passionnées par leur discours sur les trolls et la mauvaise gestion de cette école, et même Théodore Nott ne faisait plus attention à Drago il sentait enfin un poids quitté ses épaules. Un poids un peu plus lourd qu'il ne l'imaginait, même si son masque était toujours aussi bien en place qu'il le pouvait après avoir exprimé des excuses.
Drago Malefoy se rassit donc à la table des Serpentards, attrapant de nouveau une pomme, la première ayant mûrement fini sur le sol de la Grande Salle, roulant peut-être jusqu'à un quelconque pied d'un autre élève, mais n'étant, en tout cas, plus accessible à la comestibilisation par Drago. Et il regarda ses deux amies. Le silence entre les trois était étrange, Drago n'osait le briser, surtout qu'il ne savait quel sujet aborder. Il aurait voulu demander à Pansy si elle comptait vraiment rendre respect à la Terre ce soir, et si elle voulait se joindre à lui pour se faire. Il aurait voulu lui demander si elle avait, elle, réussit à se procurer des branches de pommier, mais il était compliqué de briser un tel silence en vérité.
Gemma fut la première à revenir, alors que tous les professeurs semblaient depuis longtemps avoir oublié l'existence des Serpentards. Si quelqu'un avait eu le réflexe de vérifier sa montre, il aurait pu être déterminé qu'une bonne heure et demie s'était écoulée, et que le couvre-feu était désormais depuis longtemps dépassé. Elle observa tous les Serpentards regroupaient là, un peu désespérée de savoir qu'ils comptaient si peu pour la direction, qu'il avait paru à tous plus intelligent de les envoyer se jeter dans les bras du troll, plutôt que d'assurer un tant soit peu leur sécurité. Elle frappa des mains pour essayer de récupérer un peu l'attention de tous – en tant que Serpentarde, elle était à peu près sûre que jamais on ne lui laisserait passer un usage de la magie non supervisée dans les espaces communs, même aussi stupide qu'un éclat de lumière ou sonore.
« Direction les dortoirs pour tous, le troll a été pris en charge, et le couvre-feu est passé. »
Sachant que le couvre-feu était passé, elle n'osait imaginer le nombre de points qui serait retirer à leur maison si le mauvais professeur leur tombait dessus sur le chemin. Elle avait déjà fait prendre dix points à sa maison car elle était « en train de se balader dans les couloirs, en dehors des heures de couvre-feu, alors que vous n'êtes pas la préfète de surveillance ce soir, mademoiselle Fawley » de la part du directeur, Albus Dumbledore, accompagné du Pr Flitwick, quand elle était revenue de sa salle commune chercher tout le monde, et ceux, en dépit des explications fournies. En même temps, il est rarement bon de signaler à un supérieur que ses idées sont stupides, même avec toutes les formes et enrobages du monde.
Tout le groupe de Serpentards se retrouva ainsi, pour la deuxième fois de l'année, à la suite de leur préfète, en direction de leur dortoir, dans une étrange reproduction de la soirée de rentrée. Le gros avantage qu'il y avait tout de même à noter ce soir, était l'absence de qui que ce soit tentant de leur cracher dessus par rapport à leur premier soir de l'année. Il y avait peut-être un point positif à ce troll, finalement, c'était que pour une fois, l'ensemble des Serpentards seraient rentrer à leur salle commune sans aucune anicroche.
