Contribution : Isa'ralia Faradien


#53 - Homecoming

C'était terminé. Tout cet imbroglio diplomatique touchait à sa fin. James Buchanan Barnes s'apprêtait à retrouver sa liberté, après plusieurs mois enfermé derrière les murs d'une prison américaine de haute sécurité.

Évidemment, l'information avait déjà fait le tour des rédactions des plus grands médias du pays. Une foule immense de journalistes attendait sa sortie de pied ferme à l'extérieur du bâtiment pénitencier, micros et caméras au poing. Ils capturèrent la première partie de la pièce de théâtre grandeur nature qui allait se jouer en cette belle matinée de printemps. Steve Rogers arrivant en voiture pour récupérer son ami d'enfance.

La voiture était privée, et c'était Sam qui avait accepté de la conduire au milieu de la masse humaine surexcitée pour rendre service à son ami. Il resta là, moteur tournant, alors que Steve sortait par la portière passager pour se diriger vers l'entrée de la prison. Il y disparut quelques instants, durant lesquelles les journalistes ne tarirent pas de commentaires en direct sur leurs chaînes respectives.

- Captain America vient d'entrer à l'instant…

- Amis depuis leur plus tendre enfance…

- Le Capitaine Rogers avançait d'un pas décidé…

- A esquivé toutes nos demandes de commentaires…

Bien loin de toutes ces préoccupations futiles, à l'intérieur du hall d'entrée, Steve attendait de pied ferme que la dernière porte retenant Bucky prisonnier s'ouvre. Il venait de signer les quelques papiers officiels indiquant qu'il se portait désormais garant pour la réinsertion de l'ancien assassin pardonné.

Finalement, la dernière grille pivota devant lui…

Derrière elle, Bucky, toujours aussi mal rasé et les cheveux toujours aussi longs, habillé en civil, posa immédiatement son regard sur lui - et celui-ci s'éclaira. Bucky sembla reprendre vie en l'espace de quelques secondes.

Les deux gardiens qui l'accompagnaient lui retirèrent les menottes, et Bucky se jeta dans les bras de Steve. Leur étreinte sembla durer une éternité… mais une douce éternité, coupés de tous les soucis du monde… Un tendre baiser finalisa ces retrouvailles physiques, à la plus grande surprise de toutes les personnes présentes dans le secteur.

Sans un mot entre eux, sans un mot adressé à personne, ils rejoignirent main dans la main la porte, derrière laquelle les journalistes se tenaient toujours, entassés contre les quelques barrières en métal qui assuraient un corridor d'accès.

- Prêt ? questionna Steve.

- Est-ce que j'ai le choix ? ricana Bucky.

- Je peux difficilement leur demander de partir… mais je peux te garantir un peu d'intimité, si tu le souhaites.

Steve retira alors sa veste et la proposa à Bucky. Celui-ci la posa sur sa tête de façon à cacher son visage, puis s'en remit à la main de Steve pour le guider. Dès la porte ouverte, l'exclamation de la foule se répercuta dans leurs oreilles, et ils hâtèrent le pas.

- Monsieur Barnes, un commentaire, s'il vous plaît !

- Capitaine Rogers, comment avez-vous vécu la lenteur administrative… ?

- Est-ce que vous pourriez donner une longue interview à Oprah Winfrey ?!

Steve ouvrit la portière arrière et posa une main sur l'épaule de Bucky pour l'enjoindre à monter pour s'asseoir sur la banquette arrière. Il l'y suivit quelques secondes plus tard, claquant fermement la portière derrière elle, dressant une barrière contre les journalistes hystériques et les flashs des appareils photos.

- Enfin sauvés des hyènes, commenta Sam.

- Pas tant que l'on aura pas mis le maximum de distance entre elles et nous, contra Steve.

- Je m'en occupe !

Tandis que le Faucon démarrait en trombe, Steve se tourna de nouveau vers Bucky, qui venait de retirer la veste de son visage. Ils se sourirent.

- Tu m'as tellement manqué, avoua le blond.

- Toi aussi, tu m'as tellement manqué, punk, rit le brun.

- Il est hors de question que qui que ce soit nous sépare encore. Je te le promets.

- J'y compte bien, si je veux pouvoir profiter de notre chez-nous le plus longtemps possible.

Steve tendit le bras et l'enroula autour des épaules de Bucky, pour l'attirer de nouveau contre lui.