- Lucas, lâche-moi, tu me serres trop...Marmonna Ève répugnée par les mains moites de Lucas qui touchaient ses lèvres

Ses mots résonnèrent incompréhensibles mais Lucas avait compris ce qu'elle avait dit.

- Si je le fais, t'as intérêt à te la fermer ! S'il te prenait l'envie d'hurler, je m'assurerai que tu ne puisses plus jamais ouvrir ta jolie petite bouche, je me suis bien fait comprendre ? Prévint-il en posant la lame de son couteau sur sa joue

Ève tressaillit profondément répugnée par ce qu'était devenu son meilleur ami, seulement, elle hocha la tête en signe d'acquiescement et de coopération.

Lucas sourit satisfait et il retira sa main, Ève s'empressa de respirer de grandes bouffées d'oxygène.

Qu'est-ce qu'ils avaient tous à l'étouffer ? Ils voulaient apparemment qu'elle meure d'asphyxie.

- Tu sais quoi, pendant que tu avais tourné de l'œil, j'en ai profité. J'ai bloqué tous les accès de ton téléphone, personne ne pourra le localiser et donc te retrouver. Plus la peine d'espérer de partir d'ici. La nargua-t-il

Ève se mordit la lèvre inférieure pour s'empêcher de dire une bêtise qui pourrait lui coûter cher.

Ce malaise eut au moins un avantage, elle avait évité d'ingurgiter les tripes immondes qu'ils voulaient lui faire avaler de force.

Sa chance n'était peut-être pas complètement envolée.

Elle devait absolument trouver un moyen de convaincre Lucas d'enlever ses liens, elle réussirait alors à s'enfuir et quitter cette maison de fous.

Ève balaya de son regard la chambre, ses yeux rencontrèrent la batte de baseball appuyée contre le mur, elle avait un plan.

- Lucas...Appela Ève d'une voix doucereuse

- Quoi ? S'exaspéra-t-il

- Je t'en prie, oublie tout ce que je t'ai dit. Empêche ta famille de me faire du mal et de...me séparer de toi...Prétendit-elle

- Qu'est-ce que tu as encore inventé ? Grommela Lucas

- Je t'en supplie, tu dois me croire, j'ai passé des années horribles, sans toi, ma vie n'avait plus...aucun sens. J'ai besoin de toi, tu es pour moi, indispensable. Je sais que tu m'en veux, tout est de ma faute, je le reconnais. J'ai tout gâché. Je veux me faire pardonner. Je suis prête à tout faire pour te le prouver. Continua-t-elle d'une voix douce

- Tu dis une chose et tu en dis une autre. Ça ne te ressemble pas. Se méfia Lucas

- Je sais, je me dis que si je ne fais pas le premier pas, tu n'accepteras pas ce que je vais te demander...Reprit-elle

- Qu'est-ce que tu veux me demander ? S'enquit-il

- Je...Je...Bégaya Ève

- Eh bien vas-y, qu'est-ce que tu attends ?! Crache le morceau ! S'impatienta Lucas

- Je veux rester à tes côtés, pour toujours...Révéla-t-elle

Lucas resta bouche bée un moment, puis finalement il éclata de rire :

- Tu penses sincèrement que je vais te croire ? Se moqua-t-il

- Dis-moi, qu'est-ce que je dois faire pour te le prouver. Je suis prête à tout ! Assura Ève

- J'ai ma petite idée...Oh bébé... Embrasse-moi. Exigea-t-il

Ève sentit son corps avoir des frissons et se crisper, Lucas ne s'était pas approché beaucoup d'elle mais elle avait senti une odeur pestilentielle venir de lui.

Depuis combien de temps n'avait-il pas pris de douches ?

Elle supposa depuis trois ans, au moins.

- Alors ? Insista-t-il

- Je ne mentais pas, très bien, je vais le faire. Affirma Ève

- Mmh, je sens que je vais vouloir plus. Attends un peu.

Avec joie et soulagement, Ève observa Lucas défaire ses liens. Les mains libres, Ève se leva lentement du lit. Lucas s'éloigna légèrement d'elle, elle sentit son excitation de sentir ses lèvres sur les siennes.

Elle devait être subtile, elle n'avait qu'une chance pour réussir son coup. Elle devait faire semblant de s'exécuter.

Ève s'avança doucement vers Lucas, son visage n'était plus qu'à quelques centimètres du sien, elle posa ses mains sur son torse.

Lucas observait avec impatience ses faits et gestes, seulement, elle hésita.

- Allons, ne sois pas timide. Pressa-t-il en se léchant les lèvres

Quand il ouvrit la bouche, l'haleine rance de Lucas troubla l'odorat d'Ève. Cette dernière frémit violemment, elle sentit ses joues rougir et son corps trembler.

- Je me fais juste désirer. Prétendit Ève avec un sourire charmeur

Elle recula en arrière et tira Lucas avec elle, pour qu'elle s'approche le plus possible de la batte de baseball.

- Tu n'as pas besoin de faire ça, ça marchait déjà. Fais-le, avant que c'est moi qui le fasse, je te préviens, si c'est moi je ne risque pas de te lâcher...Murmura-t-il les yeux ne lâchant pas la jeune femme

- Tu sais que tu es irréstiblement adorable quand tu as envie de quelque chose...Susurra Ève

- Dis-moi autre chose...Ordonna-t-il en se penchant encore plus vers elle

Ève l'assomma brutalement avec la batte de baseball avant qu'il ne puisse l'approcher encore.

Le fils Baker poussa un cri de surprise et tomba par terre, il resta inerte. Un énorme bleu apparut sur son front.

Ève, la respiration haletante, regarda le corps immobile de ce dernier. Elle lâcha la batte de baseball.

- Je suis désolée, je ne voulais pas faire ça. Avoua-t-elle

Il respirait encore, elle pouvait le voir.

Ève s'agenouilla à ses côtés, elle posa sa main sur sa poitrine. Elle sursauta en entendant une pulsation.

Elle pensait qu'il n'avait plus de cœur après l'avoir transpercé. Ève, curieuse, colla son oreille pour entendre les battements de son cœur encore existant.

Elle sentit Lucas remuer et gémir. Ève se releva aussitôt et se précipita en direction de la porte, à son horreur, elle était fermée.

Ève n'abandonna pas pour autant, elle continua d'essayer d'enfoncer la porte. Elle donna des coups de pieds, la porte ne bougea pas.

Une main s'aggripa avec force au bras d'Ève. Lucas était fou furieux, il se tenait devant elle.

- Stupide salope ! Tu vas voir ce qui t'attend ! Cracha Lucas furieusement en la giflant brutalement

Ève gémit en sentant sa joue qui était devenue boursouflée, elle le fixait profondément choquée et horrifiée par son geste.

Après toutes ces années d'amitié, il ne l'avait jamais frappé ou même insulté, elle ne l'aurait pas cru capable d'une chose pareille.

- Sale traînée ! L'insulta Lucas

Son horreur grandit de plus en plus, il lui tordit le bras, un craquement sinistre se fit entendre, Ève hurla de douleur, Lucas ne s'arrêta pas là.

Il semblait déverser toute sa frustration sur elle.

- Arrête ! Supplia Ève vainement

Il tira les cheveux d'Ève violemment, celle-ci cria de plus belle, elle se débattait du mieux qu'elle pouvait mais il resserra encore plus sa prise pour l'en dissuader.

- Éloigne-toi de moi ! Laisse-moi partir ! Exigea Ève

- Oh non, tu as été très vilaine, tu mérites une punition. Ça tombe bien, Eveline m'a demandé de prendre soin de toi. Tu sais pour faire, mmh...Quelques examens pour s'assurer que tu vas bien. Il faut que je te transporte jusqu'à la zone de traitement, comme tu m'as l'air d'être assez réticente je vais devoir utiliser la bonne vieille méthode. Rétorqua Lucas avec un sourire sadique

- Laquelle ? S'enquit Ève inquiète

- Je te renvoie l'ascenseur. Annonça-t-il

Il étira un large sourire mauvais, il sortit de derrière son dos la batte de baseball et l'abattit avec violence derrière la nuque de la jeune fille. Ève perdit pour la deuxième fois connaissance.

Lorsqu'elle se réveilla, elle se trouvait dans une pièce froide et austère. Elle était allongée sur un lit d'hôpital qui était dans un piteux état.

Les draps sous elle étaient ensanglantés, sales et troués. Ses mains étaient à nouveau enchaînées aux accoudoirs du lit, empêchant toute fuite.

Un espèce de casque métallique entourait sa tête l'obligeant à regarder son bras droit étendu sur l'accoudoir.

L'air glacé fit frissonner Ève lui donnant la chair de poule, elle ne portait plus son sweat, elle était en débardeur, seulement ce ne fut plus le froid frigorifiant qui la perturbait.

Devant elle, Lucas tenait une longue aiguille doublée d'une seringue, il affichait un sourire inquiétant.

- Bien dormi ? Questionna le fils Baker ironiquement

Ève ignora ce qu'il avait dit, ses yeux s'agrandirent à la vue de ce qu'il tenait.

Aussitôt, il répondit à la stupeur de la jeune femme.

- Prête pour des petites piqûres ? S'esclaffa ce dernier

- Qu'est-ce que tu vas me faire ?! Paniqua Ève

- Sois pas impatiente, tu vas le savoir plus vite que tu ne le penses. Ricana Lucas

Il s'avança vers elle et approcha son visage effrayant du sien. Ses yeux brillaient d'une excitation folle.

- Choisis un nombre entre vingt et quarante. Exigea-t-il

- Vingt...Murmura-t-elle peu sûre d'elle

- Oh tu as choisi le nombre le plus faible, tu es intelligente. C'est parti, pour vingt prélèvements. Sourit-il en lui montrant l'aiguille

- Quoi ?! S'écria Ève choquée

- Allez si tu ne t'évanouis pas, je t'offrirai une récompense. Rit Lucas

- Des prélèvements ?! Tu parles de prises de sang ?! S'affola la pauvre jeune fille

- Ouais, t'as tout compris, Cendrillon. Vingt prises de sang. Avec tout ça, on va pouvoir savoir l'étendue de ta maladie. Railla-t-il

Le fils Baker pouffa de son rire maniaque.

- Qu'est-ce que tu racontes ?! Il suffit de trois ou quatre prélèvements ! S'agita-t-elle sur le lit d'hôpital

- Qui sait, je vais peut-être réussir à changer la médecine. Je devrais même aller leur dire d'en prendre jusqu'à que le patient est vidé de son sang. Ironisa-t-il

- Lucas, pourquoi tu fais ça ? On était amis tous les deux ! Rappela Ève

- Amis ? Tu m'as pourtant assuré qu'on ne se connaissait pas tout à l'heure, tu as vite changé d'avis. Dit Lucas sournoisement

- Qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête pour que tu sois devenu comme ça ?! Tu avais pourtant absolument tout pour être heureux ! Une famille, des amis...Trembla Ève

Lucas perdit momentanément son sourire fou, il respira lourdement, sa fureur était revenue.

- Ne parle pas de choses que tu ne sais pas...La coupa-t-il d'une voix dangereusement douce

- Tu ne peux pas...Continua Ève tout de même

- FERME-LA ! Hurla-t-il en frappant la table de son poing faisant sursauter violemment Ève

La voyant aussi effarée, le cœur battant à tout rompre, son amusement reprit place sur son visage.

- Allez tu ferais mieux de te préparer à te sentir engourdie. Taquina Lucas sadiquement

- Non, Lucas ! Ne fais pas ça ! Implora-t-elle en gesticulant dans tous les sens dans l'espoir de se libérer

Il ne l'écouta pas et planta brutalement l'aiguille dans son bras, Ève se mordit la lèvre inférieure pour ne pas pousser un cri de douleur, il commença à prendre son sang jusqu'à qu'il remplisse entièrement le flacon.

- Non...Non...Murmura-t-elle

C'était horrible, elle ne pouvait s'empêcher de regarder. Il avait fait exprès de mettre ça autour de sa tête, c'était purement abominable...

- Un...Plus que dix-neuf...Sourit sadiquement Lucas

Il posa le flacon de sang sur un plateau qui se trouvait sur la table derrière lui. Pour augmenter sa souffrance, il se mit à planter à plusieurs endroits de son bras.

Son cœur battait contre ses tempes.

Il continua ainsi sans s'arrêter sous le regard effrayé d'Ève.

- Arrête ! Arrête ! Cria-t-elle quand même

- Six...L'ignora Lucas cruellement

Chaque fois qu'il retirait l'aiguille il la replantait douloureusement. Sa vue se brouillait de plus en plus, Ève devenait aussi pâle qu'un linge.

- Stop ! Stop ! Protesta-t-elle

- Douze...Encore huit. Ricana-t-il sombrement

Il introduisit violemment l'aiguille, Ève ouvrit la bouche pour pousser un hurlement aigu. Elle se retenait depuis tout à l'heure.

- Ouille, ça doit faire très mal pour que tu hurles comme ça. Oh tu sais pas à quel point je t'envie, je voudrais tant pouvoir ressentir de la douleur. Moi je n'en suis plus capable. Se moqua-t-il

- De la douleur, je vais t'en faire ressentir quand je sortirai d'ici ! S'énerva Ève

- Tu n'y es pas encore, bébé. Gloussa-t-il

Il reprit ses prélèvements. Atteignant enfin le nombre qu'il s'était fixé, il répliqua :

- Et vingt !

Ève respirait difficilement, même allongée, elle voyait la pièce tournait comme si elle était dans un manège infernal.

Son visage était blême, elle commençait à voir des petits points noirs apparaître dans son champ de vision.

Elle sentait son bras engourdi, elle avait l'impression qu'il avait pratiquement retiré tout le sang qui s'y trouvait.

- Je suis impressionné. T'as plutôt bien supporté. Complimenta-t-il avec ironie

Avec effroi, Ève regarda la table qui débordait de flacons remplis à ras bord de son sang.

Ses yeux se posèrent sur son bras douloureux, où on apercevait des dizaine de lésions et de coupures qui ne cessaient de saigner.

À certains endroits des ecchymoses commencèrent à apparaître.

Elle serrait ses dents, ça lui faisait horriblement souffrir elle sentait son bras palpiter de douleur, elle plissa les yeux dans l'espoir que ça se soulage.

Avec effroi, elle vit Lucas approcher sa main de son visage. Elle eut un mouvement de recul malgré qu'elle ne pouvait pas bouger...

Il élargit son sourire en la voyant si paniquée à son toucher

- Vas-y, laisse-toi aller. L'apaisa-t-il faussement en riant et en caressant sa joue

Sous le coup de la rage, elle mordit avec force le doigt de Lucas. Ce dernier qui ne s'y attendait pas, poussa un cri de surprise.

Ève finit par lâcher prise ne supportant pas le goût infecte du sang de Lucas qui s'infiltrait dans sa bouche.

- T'es vraiment une chienne enragée ! Sois pas comme ça, j'essayais de te consoler. Prétendit-il

- Sois pas comme ça ?! S'indigna Ève

Elle commençait à s'agiter, elle hurla à s'en casser la voix :

- Tu m'as fait tous tes saletés de prélèvements en prenant bien soin de me faire mal à chaque piqûre ! C'est quoi ton problème ?!

Lucas s'esclaffa durant tout le long de sa tirade.

- Ce n'est pas moi qui hurle comme un déchaîné. Répondit-il malicieusement

- C'est moi que tu oses trouver folle ? Dit-elle d'une voix tremblante de rage

- C'est bon, chérie, reste calme. Si tu savais j'ai fait bien pire. Toi, en revanche, je t'aime bien, je ne t'ai fait que des traitements de faveurs. D'habitude quand je fais ce genre de choses je demande l'avis de personne. Je t'ai demandée combien tu en voulais et tu as répondu. Supposa Lucas

- En quoi ça change quelque chose ?! T'es complètement fou ! Insista Ève

Lucas sourit en l'entendant dire ça.

- Je reconnais que t'es pas facile à briser. Tu mérites donc une petite surprise. Prétexta-t-il

Ève secoua la tête :

- Je n'en veux pas, tout ce que je veux c'est revoir ma fille.

- Oh t'es pas drôle, bébé. Ta fille, ta fille, ta fille. J'oubliais que les femmes ça ne pensent qu'aux enfants. Je suppose que ton cher époux doit être mort d'inquiétude d'avoir perdu sa femme adorée. Sourit Lucas

- Je n'ai pas de mari...Avoua t-elle

- Alors comme ça tu l'as adopté ta morveuse. En conclut-il

- Ma sœur et mon beau-frère sont morts et j'ai décidé de prendre avec moi leur enfant. Ma fille est toute seule par ta faute ! Je suis prête à subir tous tes jeux de sadique, toutes tes tortures, si seulement tu me laissais la mettre en sécurité. Raconta Ève

- L'amour d'une mère est si fort, c'est touchant, mais tu ne l'es pas, en dépit de tous tes efforts tu n'es pas sa mère ! Alors ton absence ne l'affectera pas. Dit-il méchamment

- Tu n'en sais rien, tu n'as jamais connu la joie que pouvait procurer le fait d'avoir une vraie famille qui t'aime. Tu en as peut-être une, seulement tu n'as jamais pris plaisir à savourer la chance que tu avais. Elle, Paige, a dû supporter à huit ans de ne plus avoir de père ou de mère. Insinua Ève

- Tais-toi, je t'ai dit que tu parles de choses que tu ne sais pas ! S'énerva Lucas

- Eh bien, vas-y, dis-moi ! Tu me confiais absolument tout ! Fais-moi comprendre Lucas ce qui t'as rendu comme ça ! Ce n'est pas toi, je ne peux pas le croire ! Il a dû sûrement se passer quelque chose...quelque chose de terrible... S'emporta Ève

- Me confier à toi ? Je n'ai rien à te dire. Se moqua-t-il en croisant ses bras sur son torse

- Sincèrement, Lucas, tu sais qu'est-ce que c'est un ami ? Lança Ève subitement

Il respira lourdement, il serra ses poings ses ongles se plantèrent violemment dans ses paumes.

En voyant sa réaction, Ève comprit alors que quand elle avait dû partir de la Louisiane durant plusieurs années, Lucas n'avait plus rencontré un seul ami.

Ça avait dû énormément l'affecter pour qu'il arrive à devenir ainsi. Elle entendit à nouveau ses paroles : " De toute façon t'as toujours eu le don de décevoir les autres.Tu m'as déçu !"

Au fond d'elle, un sentiment de culpabilité se forma, elle n'avait pas voulu l'abandonner et puis elle se souvenait de cette promesse qu'ils s'étaient faites quand ils étaient petits...

Elle l'avait trahie...

- Si je te dis ça, c'est que malgré tout ce que tu as pu me faire, je te considère encore comme...Tenta Ève

- Ferme-la ! Tu te fous de moi après tout ce que je t'ai fait ?! T'essayes juste de me prendre par les sentiments pour pouvoir retrouver ton idiote de fille ! Tu partiras pas ! T'entends ?! Tu vas rester ici ! Allez, bébé, n'oublions pas ta récompense.

- Qu'est-ce que c'est ? S'inquiéta Ève

- Quelque chose que tu ne risques pas d'oublier. Confirma Lucas

Il lui montra avec un sourire mauvais, un collier qui contenait des piques tranchantes.

- Je l'ai fabriquée spécialement pour toi. Prétendit-il

- Si tu n'as aucune pitié pour moi, aie pitié de ma fille. Je n'ai pas demandé de rentrer chez moi, juste de...Essaya Ève

- Non, j'ai trop envie de voir comment les gens sauront que tu es une fille irresponsable, j'ai envie qu'ils crachent sur ton nom ! Ils te trouveront ignoble d'avoir laissé une fillette de huit ans toute seule. Si tu pars, à supposer que tu y arrives, tout le monde te tournera le dos et tu retrouveras ta gamine morte ! Alors vaut mieux que tu ne tentes pas de t'échapper. Coupa-t-il

- Tu ne peux pas supporter de voir que j'accorde de l'intérêt ou que je donne de l'affection à quelqu'un d'autre que toi...S'attrista Ève

- Qu'est-ce que tu racontes ?! S'agaça Lucas

- Arrête, tu me l'as avoué toi-même. Tu as tué un animal innocent. Dis la vérité, Lucas ! Exigea Ève

- Tu vas vite apprendre à tenir ta langue. Promit-il

Il s'empressa de mettre le collier autour de sa gorge malgré les protestations de cette dernière.

Lucas sortit une petite télécommande pour appuyer sur le bouton au centre.

- Ça va faire des éclaboussures ! Rit sadiquement Lucas

Les lames et les cloues s'enfonçèrent brutalement dans sa peau, Ève se mordit avec force sa lèvre inférieure.

Du sang coula abondamment des plaies fraîches. Ce fut la souffrance de trop, Ève finit par s'évanouir.

- Tu as aimé ta récompense, ma jolie ? Gloussa Lucas

Son rire maniaque remplit l'atmosphère glaciale. Ce fut le trou noir...À son réveil, Ève se retrouva dans la chambre de tout à l'heure.

Comme elle s'y attendait, elle était attachée au lit. Elle regarda les blessures qui continuaient de saigner, les traînées ensanglantées qu'elles avaient laissées, ruisseler jusqu'au-dessus de son ventre.

Son débardeur blanc était désormais imbibé de son sang.

Le souffle court, Ève retenait des larmes, elle ne voulait pas leur donner en plus ce plaisir. Elle souffrait alors en silence.

Elle était seule dans la chambre et ça la soulageait. Seulement sa paix fut de courte durée, la porte s'ouvrit sur Jack Baker.

Le patriarche arborait une expression joyeuse, un sourire mauvais l'accompagnait, ça ne présageait rien de bon...

Que lui voulait-il exactement ?

S'approchant de leur prisonnière, il se contenta de s'asseoir à ses pieds.

- T'as repris des forces, ma fille ? S'enquit Jack

- Oui, Monsieur Baker...Murmura Ève

Avec ces gens, il valait mieux faire semblant d'être d'accord avec leur délire.

Les yeux bleu glacé de Jack se posèrent sur les blessures extrêmement visibles de son bras et de son cou.

- Tu peux me le dire si tu as mal quelque part, je ferais tout pour te soigner...En ajoutant encore plus de bleus si tu recommences à me raconter des mensonges ! Tonna-t-il de mauvaise humeur

En quoi s'intéressait-il réellement de son état de santé ? Ève avait bien vu à quel point le père Baker était violent et insensible, il se fichait pas mal de voir les autres souffrir autour de soi.

Le souvenir récent du dîner lui revint en image.

- Que j'aille bien ou non, ça vous fait quelque chose ? Dit Ève d'un ton amer

Jack eut un petit rire narquois face à sa réponse.

- Je suis le père de la famille, c'est normal que je m'inquiète pour toi. Prétendit-il

- Soyez rassuré, ça ne me fait pas mal, Monsieur Baker. Mentit Ève

- Monsieur Baker ? Allons, tu n'as pas à m'appeler comme ça, tu fais partie de la famille maintenant. Dit-il d'un ton presque gentil

- Soyons sérieux un seul instant, je ne peux quand même pas vous appeler par votre prénom, ça serait grossier de ma part alors que nous ne sommes pas intimes...S'exaspéra Ève

- Intimes ? Ça va pas tarder. Se moqua Jack

Ève rougit à l'entente de cette réponse, qu'est-ce qu'il sous-entendait par-là ?

Elle n'aimait pas tellement ce regard que lui adressait le père Baker, c'était un regard prédateur et affamé.

Il lui faisait penser à un loup alléché à la vue de sa proie.

- Tu dois bien être mal à l'aise avec ce que tu as sur la tête. Je veux que tu te sentes comme chez toi. Prétendit le patriarche

Sans qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, il baissa sa capuche et ouvrit son sweat.

Deux mèches brunes tombèrent sur les yeux de la jeune fille. Alors qu'elle allait souffler dessus pour dégager sa vue, Jack se pencha au-dessus d'elle.

Il traça lentement le contour de ses lèvres rosées, de ses doigts épais, faisant tressaillir violemment Ève.

Avec un ricanement mauvais, Jack fit remarquer d'un ton mielleux :

- La petite fille est devenue une femme. Enfin, bon, ça serait tellement facile de serrer cette gorge fine et délicate.

Ève lui jeta des regards dégoûtés, Jack, en réponse, rit froidement. Il caressa ses cheveux.

- De si beaux cheveux et toi tu les caches avec ça.

- Vous n'auriez pas à le voir, remerciez votre fils ! S'enflamma Ève à la mémoire de la façon dont Lucas l'avait bernée

- Lucas n'est qu'un idiot et un bon à rien ! Stupide gamin, je regrette vraiment de l'avoir eu. Dieu m'a bien puni de m'avoir donné une pourriture comme lui ! Même des chiens errants ne voudraient pas de lui dans leur meute. Cracha le père Baker d'un ton acerbe

- C'est comme ça que vous parlez de vos enfants ? Si c'était pour le regretter et l'injurier, il ne fallait pas l'avoir, Monsieur Baker, il ne mérite pas de payer pour les erreurs de ses parents. Souligna Ève en fronçant les sourcils

- Je pourrais en avoir un bien meilleur, un bien plus beau et je sais avec qui. Ajouta-t-il en la fixant avec un sourire mauvais

- Ne me regardez même pas ! S'indigna-t-elle

- La petite veut un nouveau frère, elle en aura un, on ne peut pas lui refuser. Tu es sa mère maintenant et moi je suis son père. Appuya Jack

- Ne m'approchez pas ou vous allez perdre des dents ! Menaça Ève

- Ah oui ? J'aimerais bien voir ça, tu es aussi inoffensive qu'une petite biche. La provoqua-t-il

Ève sentit ses joues devenir cuisantes, elle ne supportait pas le fait qu'il ne la prenne pas au sérieux.

Furieuse, elle donna un coup de pied à Jack, qui attrapa sa jambe avant même qu'elle ne puisse l'atteindre.

- Il va falloir faire mieux que ça, fillette. Ricana-t-il méchamment

Ève fixait haineusement le patriarche en réponse.

- Tu risques de te blesser toi-même...Dit-il comme s'il parlait à un enfant

Il retira ses chaussures et les jeta par terre.

- Qu'est-ce que vous faites ?! S'écria Ève

- Tu n'en auras plus besoin. Gloussa Jack

- Vous profitez de la situation, je ne peux même pas bouger de ce lit. Je suis attachée. Se plaignit Ève

- Même si tu ne l'étais pas, j'arriverai à te maîtriser. Répliqua le patriarche

- Ah oui, montrez-le. Qu'est-ce qu'il y a ? Vous avez peur d'être vaincu par une femme, fragile, malade et sans défense ? Ironisa Ève

- Tu crois que je n'ai pas compris ton manège, fillette ? Tu veux que je te libère, c'est hors de question. Essaye ça avec mon abruti de fils ! Grommela-t-il

- Abruti de fils ? Ça doit être héréditaire alors. Ça vient sûrement du père. Je ne dirais pas des choses de ce genre si j'étais vous, je me sentirais humiliée. Provoqua la jeune femme

- Je dis ce que je veux ! Là c'est toi qui me manque de respect, je vais t'apprendre à être bien élevée ! Grogna Jack furieux

Il la gifla violemment, il avait une force surhumaine qu'elle crut que sa mâchoire s'était cassée.

Le bruit de la claque qu'il lui avait asséné, avait résonné dans toute la maison.

Abasourdie, Ève s'écria profondément indignée :

- Comment osez-vous lever la main sur moi ?!

- Qu'est-ce qu'il y a ? T'en veux encore ? Ça t'as pas suffit la raclée que tu viens de recevoir ? Tiens prends ça ! S'exclama Jack furieux

Il lui redonna une gifle encore plus forte. Ève gémit et tressaillit face à la brutalité du père Baker.

- Tu as besoin d'une bonne leçon, ma mignonne. On hausse pas le ton devant moi ! Continua-t-il avec un sourire moqueur

Il commença à retirer sa ceinture de son pantalon, un sourire inquiétant trônait sur son visage. Il déchira son jean et jeta par terre ce qu'il en restait.

Paniquant, Ève cria :

- Laissez-moi tranquille ! Allez-vous-en ! Ne me touchez pas !

- Quoi, tu veux déjà que je pars ? Je n'ai même pas encore commencé ! Ricana Jack bruyamment

Il rit comme un dément et il abattit la ceinture brutalement d'abord sur ses jambes puis sur chaque partie qu'il pouvait atteindre. Il ne s'arrêta pas savourant avec un plaisir sadique chaque coup qu'elle recevait.

Ève aurait tellement voulu être aveugle et être analgésique, privée de sa vue elle ne verrait pas l'horrible sourire de Jack Baker.

Immunisée de la douleur, elle ne serait pas en train de lutter de toutes ses forces pour empêcher un hurlement de franchir ses lèvres.

Des marques rouges ou bleues commencèrent à apparaître. Ève se retenait de hurler.

- Tu n'as pas envie de faire plaisir à ton mari et de lui accorder un gémissement ou un cri ? Railla le patriarche

- Jamais ! Refusa Ève malgré la douleur palpitante qu'elle ressentait

- Oh t'en fais pas, dans quelques instants tu vas hurler à mort ! Affirma Jack

Furieux par cet affront, il continua à la fouetter avec sa ceinture de plus en plus violemment. Chaque coup étaient mordants ainsi que douloureux.

N'obtenant aucun cri de sa part, il s'arrêta et remit sa ceinture à son pantalon. La peau d'Ève était rouge et irritée, ses membres tremblaient n'étant pas eux insensibles à la douleur.

En rogne, Jack Baker approcha son visage effrayant de celui d'Ève, cherchant alors par tous les moyens à l'intimider :

- Tu ne veux pas me faire plaisir ? Je vais t'apprendre à obéir.

Son haleine empestait tellement l'alcool qu'elle avait l'impression que sa peau brûlait. Ça ne l'étonnait pas du tout qu'il en consommait.

Son esprit déjà malade était en plus comblé par des substances de ce genre.

Ève toussa ne supportant pas l'haleine pestilentielle de Jack. Voyant le dégoût qu'elle éprouvait à son égard, il lui sourit ayant une idée en tête :

- Ma biche, ça doit t'irriter. Tout est de ma faute, je vais soulager tes blessures. Prétendit-il

Ève ne crut pas un seul mot de ce qu'il disait. Craignant un peu ce qui allait se passer par la suite, la jeune femme plissa les yeux pour un court moment.

Elle ne désirait pas lui montrer un quelconque signe de faiblesse.

Avec un rire moqueur, il se hâta de passer ses doigts sur les zones sensibles qu'il avait fouetté jusqu'au sang et de les frotter pour ainsi raviver la douleur.

Ève se mordit la lèvre inférieure férocement.

- Arrêtez ça immédiatement ! Ordonna-t-elle

- Qu'est-ce qu'il y a ? T'aimes pas ça ? Je te soulage, mon chou. Se moqua-t-il

Jack frotta de plus en plus fort, Ève tint bon, elle ne lui donnera pas cette satisfaction.

- Tu n'as pas envie de crier ? Je sais que ça te fait un mal de chien. Arrête de t'obstiner ! Grogna Jack mécontent

- Je ne crierai pas, vous pouvez faire ce que vous voulez, aucun son ne sortira de ma bouche ! Défia Ève délibérément

- Sale garce ! Je vais t'apprendre moi ! L'insulta-t-il furieusement

Il attrapa une poignée de ses cheveux et se mit à les tirer brutalement.

Ève crut bien qu'il cherchait à les arracher de leurs racines. La jeune femme se remit à se mordre les lèvres.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu n'en peux plus de te retenir, ma belle ? C'est ça, abandonne ! Se moqua Jack

Son rire de malade résonnait d'une façon extrêmement désagréable aux oreilles de la pauvre Ève.

Toutes ces souffrances qu'elle endurait, elle souhaitait y résister néanmoins son corps n'en pouvait plus. Pour la énième fois elle perdit connaissance.

La voix mauvaise de Jack ricana :

- Tu as fini par accepter ton sort.

Ève désirait rester dans l'inconscience pour l'éternité, elle ne voulait plus se réveiller...

Pourtant son esprit combatif prit le dessus, une voix intérieure lui chuchotait : " Tu dois résister ! Fais-le pour ta fille ! Tu dois t'échapper de cet enfer !".

Elle sentit une main qui caressait son visage. Ève ouvrit brusquement les yeux, se réveillant en sursaut.

Elle avait la respiration haletante, son cœur tambourinait, faisant soulever sa poitrine frénétiquement.

Elle reconnut Eveline, la fillette pouffa en voyant la façon dont Ève avait réagi face à son toucher :

- Coucou, maman, tu as bien dormi ? J'espère que tu n'as pas fait trop de cauchemars. Ironisa-t-elle

Elle avait un de ces toupet cette gamine...Ève ne releva pas le sarcasme dont elle faisait preuve.

- Non, ça va...Prétendit Ève

- Papa est parti te chercher à manger, il veut se faire un peu pardonner après ce qui s'est passé. Annonça Eveline d'une voix mielleuse

- Un peu ?! Il m'a frappée d'une façon tellement violente ! S'exclama Ève abasourdie

Eveline rit se moquant de l'expression accablée et choquée d'Ève :

- Il voulait être sûr que tu ne lui désobéisses pas, maman. C'était pour ton bien. Rassura Eveline en frottant l'épaule d'Ève dans une tentative de réconfort

Cette enfant était aussi atteinte de psychose visiblement.

- Pour mon bien ?! Eveline, je n'ai rien fait de mal pour qu'il me fasse toutes ces choses horribles. Rétorqua Ève

- C'est vrai que tu n'as pas été très vilaine. Je devrais même te donner quelque chose pour te récompenser. Reconnut Eveline

- Non merci, je veux juste du repos rien de plus. Demanda Ève

- Tu n'es pas exigeante et ne demande que très peu de choses, j'aime ça. C'est bien.

La petite fille tapota la tête d'Ève comme pour la féliciter. Cette dernière fit tout pour ne pas montrer son agacement.

Ève avait compris qu'il fallait obtenir les faveurs de cette petite, elle semblait avoir une emprise sur tous.

Jack n'avait pas cessé de l'évoquer en disant qu'elle souhaitait telle ou telle chose. Lucas, aussi, parlait du contrôle d'Eveline.

- Tout ce qui compte c'est ton bonheur, ma puce. Mentit-elle

- Je sais mais je veux que tu le sois aussi Maman. On sera une vraie famille, qui ne se séparera jamais.

Comprenait-elle réellement la signification du mot "famille" ? Apparemment non. La porte grinça :

- Tiens ton dîner, ma chérie. Répliqua la voix de Jack

- Ça a l'air délicieux, je voudrais en prendre aussi mais je dois te laisser manger, Maman. Dit Eveline

En voyant un liquide noirâtre débordait de l'assiette qu'on lui tendait.

- Mange, cette fois-ci, on te surveille. Ricana Jack

- Allez Maman, tu dois te nourrir ! Ordonna Eveline d'un ton sec et sans reproche

Ève regarda les deux fous qui se trouvaient devant elle. Elle essaya de tout faire pour empêcher qu'ils enfourchent leur nourriture indigeste dans sa bouche.

Elle était persuadée qu'elle allait mourir d'empoisonnement si elle touchait une cuillerée de ce plat.

- Je ne peux pas, détachez mes mains dans ce cas...Tenta Ève

- Non, je vais m'en occuper, c'est drôle on dirait que c'est toi ma fille. Ouvre grand la bouche. Refusa Eveline

- Tu ne me fais pas confiance, mon cœur ? Je ne vais pas m'enfuir, je te le promets. Jura Ève

- Je veux te donner à manger ! Fais ce que je te dis et ouvre ta bouche ! S'énerva Eveline

- Je...Je ne peux pas ma gorge me fait mal, je ne peux vraiment rien avaler . Inventa Ève

- Montre-moi, maman ! Exigea Eveline

- Je n'y arriverais pas, elle me fait trop mal. Ajouta Ève

- Tu mens, tu mens ! Je croyais que papa devait t'apprendre à ne pas mentir ! Cria Eveline

- Je vais m'occuper de son cas. Promit Jack aussitôt

- Eveline, je ne refuse pas de manger, je n'ai juste pas d'appétit. Je t'en prie, trésor, je suis très fatiguée, c'était une journée bien remplie... Si j'ai inventé un prétexte c'est que je ne voulais pas te décevoir. Jamais je n'oserais te causer de la peine en ne voulant pas t'écouter. Rétorqua Ève

- Bon, d'accord, c'est vrai que tu es toute pâle. Dormir t'aidera à te sentir mieux. En plus tu pourras faire plus ample connaissance avec papa. Dormez tous les deux ensemble. Par contre, il faut que tu te changes, tu ne peux pas avoir un repos complet si tu es mal à l'aise dans cette tenue. Suggéra Eveline

- Me changer ? Je ne pourrais pas...

- Je vais t'habiller, en attendant papa aussi va se changer. Fit remarquer Eveline

- Très bien, c'est comme tu veux. Accepta Ève finalement

- Je te préviens à ton réveil tu devras tout avaler. Ensuite on pourra jouer toutes les deux. Rappela Eveline

Comme elle l'avait dit, Eveline lui montra alors une nuisette courte, très fine, rose pâle.

Ève sentit ses joues devenir cuisantes, elle allait être en pareille tenue dans ce lit avec Jack ?!

Eveline fredonnait joyeusement alors qu'elle enlevait les vêtements que portait Ève.

Malgré que Eveline était une fillette de dix ans, elle ressentit une gêne profonde en se faisant ainsi changer, elle se sentait telle une poupée entre ses mains.

À présent, elle portait cette nuisette qu'elle trouvait tellement indécente, Ève rougissait, embarrassée.

- Elle te va très bien, tu es déjà très belle maman, encore plus dans cette tenue. Sourit narquoisement Eveline

Ève sut qu'elle cherchait à la rendre mal à l'aise, elle tenta de rester imperturbable. La jeune femme ne mentit pas qu'elle avait réussi.

- Elle ne te plait pas ? Demanda froidement Eveline

- Si, bien sûr. Tout ce qui te plait, me plait aussi, mon cœur. Rougit Ève

- Tant mieux...S'adoucit Eveline

- Tu vas me détacher ? Interrogea Ève

- Oui, de toute façon, on verrouillera la porte pour vous laisser tranquille. Tiens, papa est là.

Ève faillit faire un malaise en voyant le patriarche qui n'avait pas du tout l'air fatigué. Il avait simplement enlevé sa chemise et retiré ses chaussures.

Eveline libéra les mains ligotées d'Ève. La jeune femme voulut partir en courant en voyant la porte grande ouverte sauf que Jack se tenait devant.

- Fais de beaux rêves, maman. Repose-toi bien.

À ces mots, Ève vit que Eveline avait disparu, elle entendit qu'on tournait de l'autre côté de la porte la clé, enfermant la jeune femme avec ce monstre.

Jack ne s'empêcha pas de se moquer du désespoir d'Ève :

- Enfin seuls. On va bien s'amuser.