- Tu as encore séché les cours, mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi, mon garçon ? Tu as envie de rater tes études et foutre ta vie en l'air ?! Vociféra Jack

- Je fais ce que je veux, je suis majeur, t'as plus rien à me dire, vieux timbré. Cracha Lucas

Sous le coup de la rage, Jack gifla violemment Lucas. Ce dernier regarda haineusement son paternel, sa main posée sur sa joue rouge et endolorie.

- Tant que tu vis sous mon toit, tu devras m'obéir et tu me devras du respect ! S'écria Jack

- Pourquoi il faut toujours que tu t'en prennes à moi ? T'en as rien à faire que je réussise ou que j'échoue, tu cherchais une excuse pour te défouler sur moi comme t'as l'habitude ! S'énerva Lucas

- Je veux t'apprendre à te comporter correctement, fiston, et à être un homme ! Tu dois assumer tes responsabilités, tu n'es plus un gamin ! S'exaspéra le patriarche

- Papa, tu n'aurais pas dû le frapper. Intervint Zoé désolée pour son frère

- Elle, bien sûr, c'est la chouchoute, la fille à Papa ! Tu ne la frappes jamais ! Elle a séché plus de trois fois cette semaine ! Accusa Lucas

- Ta sœur ne se sentait pas bien... Répondit Marguerite

- Pff...Je veux plus vous voir, aucun de vous ! Vous n'êtes pas ma famille ! Renifla Lucas dédaigneusement

Sur ces mots, Lucas se leva brutalement de sa chaise et quitta la cuisine pour monter dans sa chambre. Marguerite Baker soupira, elle s'approcha de son mari et posa sa tête sur son épaule :

- Quand sera-t-il raisonnable ? Oh Jack, je crois que tu es trop dur avec lui...S'inquiéta t-elle

- Marguerite, c'est pour son bien, il faut être ferme avec lui. Il ne comprend pas avec des paroles. Affirma Jack avec un air un peu gêné

- Je vais essayer de lui parler. Dit Zoé

- Vas-y, ma puce...Murmura Marguerite d'une voix douce

Zoé monta les marches des escaliers vers la chambre de son grand frère.

Elle ouvrit la porte et le trouva allongé sur le dos sur son lit, il était sur son téléphone.

La capuche de son sweat était abaissée, elle sut que c'était un signe que son frère était triste et en colère.

Lucas ne leva pas les yeux de son écran, il savait que c'était Zoé qui était entrée.

- Lucas...Appela-t-elle

- Qu'est-ce que tu veux ? Tu vois pourtant que je suis pas d'humeur ! Retourne auprès de ton Papa, il va finir par s'inquiéter. Répliqua-t-il

- Je suis désolée que Papa t'ait frappé, j'aurais voulu prendre les coups à ta place. Assura Zoé

- C'est ça, je te crois...T'es sa princesse, il ne te touchera jamais. Grommela son frère

- Lucas, je plaisante pas. Je me sens vraiment mal que Papa est si sévère avec toi. Reconnais quand même que tu fais des choses qu'il ne se fait pas. Rétorqua Zoé

- Si c'est pour t'entendre me dire que c'est le vieux qui a raison, tu ferais mieux de remballer ! S'insurgea Lucas

- Arrête, tu sais bien que je t'adore, espèce d'idiot. Je prendrais toujours ta défense. Même si tu as tort. Rit Zoé amusée

Avec un sourire doux, Zoé frotta affectueusement l'épaule de son grand frère.

Lucas leva ses yeux bleus si semblables à ceux de sa petite sœur, sauf que les siens reflétaient l'arrogance et l'orgueil.

- C'est ce que tu dis...Soupira-t-il en détournant les yeux

Zoé baissa la capuche de son sweat, elle embrassa tendrement le front de Lucas et plongea son regard :

- Non, c'est ce que je pense. Affirma-t-elle

Lucas leva les yeux au ciel et tourna la tête pour cacher le rougissement qui teintait ses joues.

Zoé revint à la réalité, assise sur le lit dans la caravane, elle se laissa tomber en arrière pour s'allonger dessus.

Son grand frère lui manquait, il n'avait jamais été parfait et comme elle le voulait mais ils avaient été tous les deux, seuls, face au reste du monde...

Zoé se remémora les paroles que lui avaient adressées Ève :

- Tu as les mêmes yeux que ton grand frère.

La fille Baker passa une main sur son visage, c'était vrai, ils avaient les mêmes yeux.

Elle s'entendit répondre avec mépris et rage :

- Moi et Lucas ne nous ressemblons sur aucun point...Alors je te demande d'éviter de me comparer à lui !

Elle avait dit ça plutôt sous le coup du désespoir et du déni, elle se rappela quand elle avait fini par découvrir le secret que dissimulait son frère...

- T'es complètement fou Lucas ! J'ai vraiment honte d'être ta sœur ! Tu n'arrêtais pas de me regarder pendant toutes ces années me changer ! S'indigna Zoé furieusement

Elle lui donna une gifle qui résonna dans la salle de bain. Elle l'avait surpris en train de la regarder par la serrure.

- Stupide salope ! Cracha t-il

- Quand je t'ai vu me regarder faire du yoga, je plaisantais sur le fait que t'étais un pervers. La vérité c'est que t'en es réellement un ! Papa a raison de te traiter de cette façon !

- C'est ça, le vieux n'a aucune excuse sur son attitude envers moi ! Et cours donc lui répéter, tiens !

- Non, je ne dirais rien parce que malgré tout je n'ai pas envie qu'il te tue. S'il le sait...

Revenant à elle, Zoé se reconcentra sur sa situation actuelle.

Les yeux fatigués après tous ces moments durs et éprouvants, elle ne pouvait même pas atténuer tout ça en dormant...

Le "don" d'Eveline rendait les personnes qui en étaient atteintes, immunisées contre les conséquences dues au manque de sommeil.

Seulement son corps continuait à être sensible à ce genre de choses, dégénérant par toutes ces absences non comblées.

Pâle de nature, sa peau avait pris un aspect fantomatique, Zoé ne put s'empêcher de songer amèrement qu'elle était devenue un fantôme.

Errant comme tel à la recherche de l'espoir, elle en était très loin, intouchable à toutes formes de blessures physiques, sauf celles du cœur...

Zoé se détériorait intérieurement et extérieurement, contrairement à ce qu'elle laissait paraître, elle avait peur...

Elle était terrorisée à l'idée de devenir comme sa pauvre famille, elle ne sut quel miracle l'avait sauvée, Dieu existait et l'avait préservée de ce tragique destin.

Lui donnant une chance, Zoé avait donc consacrée sans cesse, sans arrêt, sans répit à trouver un moyen de libérer sa famille.

Tout était de la faute de cette fille !

Eveline avait détruit sa vie et celle de son seul et unique foyer.

La vie n'avait jamais été simple pour la jeune adulte, Zoé était traitée différemment tout comme Lucas dans l'environnement scolaire.

Néanmoins, elle avait fini par se trouver une place, elle avait simplement terminé ses études au lycée et obtenue son diplôme.

Lucas, aussi, avait juste fait sa scolarité au lycée. Malgré qu'il voulait s'arrêter, son père l'avait poussé à continuer, il s'était donc engagé dans la voie d'ingénieur ou informaticien.

Sa première et deuxième année furent un succès, le fils Baker avait donc décidé de faire une pause qui malheureusement fini par tourner par de l'abandon.

Elle n'était plus chez elle, traitée comme une inconnue et une étrangère par sa propre famille.

Zoé soupira, elle regarda par la fenêtre de sa caravane et espéra :

- J'espère que Ève réussira...


Quittant la grange, Clancy et Ève marchèrent dans le jardin prenant soin d'être discrets et de ne pas se faire repérer.

- Franchement, je ne sais vraiment pas quoi dire...Souffla Clancy

- Alors, ne dis rien. Taquina Ève

Clancy lui adressa un sourire timide, une gouttelette de sang s'échappa de sa lèvre inférieure.

- Tu saignes, attends je vais te nettoyer ça. Essaya-t-elle en approchant sa main de son visage

- Non, ça ira, merci. Dit d'un ton gêné Clancy en levant ses deux mains

- Tu es sûr ? Insista Ève

- Oui, oui...Souffla-t-il

Le caméraman détourna les yeux, embarrassé.

Ils continuèrent à marcher en silence pendant un long moment, jusqu'à que Clancy interrogea d'une voix mal à l'aise :

- Honnêtement, pourquoi avoir pris tous ces risques pour me sauver la vie ?

- Tu étais pris au piège dans cet horrible endroit...Je ne suis ici que depuis quelques jours et j'ai l'impression que je vais finir par devenir complètement folle. Je ne sais pas...En te voyant j'ai eu aussitôt de l'estime pour toi...Et quelqu'un d'aussi courageux et fort que tu l'es, on ne peut pas l'abandonner. Répondit Ève simplement

- C'est la première fois qu'on me dit quelque chose dans ce genre. Admit Clancy

- Ce que pensent les gens ne compte pas. Affirma Ève

- Difficile de ne pas y prêter attention quand ça vient de mes parents et de mon frère. Ils se fichent pas mal de moi sauf que moi aussi je m'en moque...Je me suis émancipé et éloigné du cocon familial une bonne fois pour toutes. En fait, ce n'était pas plus mal, j'étais libre de faire tout ce qui me chantait. J'ai créé mon propre foyer, un nouveau chez-moi et une nouvelle vie m'attendaient. J'avais enfin retrouvé un nouveau job, mais ça ne s'est pas bien terminé...Avoua Clancy

- Il ne faut pas que tu te fasses du mal, tout finira par s'arranger, ne t'en fais pas. La vie n'a jamais été facile pour qui ce soit.Ne pense plus jamais du mal de toi parce que d'autres personnes te forcent à te rentrer ces idées dans la tête, tu n'es pas en train d'essayer de détruire les autres tout ça en raison d'un manque d'estime de soi, au contraire d'eux. Rassura Ève

- Merci, ça fait vraiment du bien d'entendre ça...Sourit Clancy

- Et tu devrais l'entendre plus souvent, tu le mérites. Affirma Ève avec un grand sourire

Clancy rougit lorsqu'il entendit ça.

- Écoute-moi attentivement, Clancy, on n'a pas une minute à perdre. Tu vas te dépêcher de quitter la résidence et de te précipiter pour appeler des secours. D'accord ? Proposa Ève

- Et toi alors ? Tu ne viens pas avec moi ? S'inquiéta Clancy

- J'ai quelque chose à faire. Si j'échoue, au moins, tu pourras aider d'autres personnes comme nous. Annonça Ève

- Tu ne comptes pas rester ici ?! S'exclama Clancy inquiet

- Je suis obligée...Clancy, les Baker ne sont pas ceux que tu crois. Souffla-t-elle

- Que veux-tu dire ? Questionna-t-il surpris

- C'est compliqué et beaucoup trop long à expliquer...Reconnut Ève

- Attends...Coupa Clancy

- Oui ? Dit-elle

- Ève, si tu ne sors pas d'ici, je vais nulle part. Je peux pas partir en te laissant dans ce trou à rats ! C'est hors de question, pas après tout ce que tu as fait pour moi. Contesta Clancy

Ève lui adressa un sourire, celui-ci arborait une expression anxieuse.

- C'est gentil de t'inquiéter pour moi mais je dois faire quelque chose. Je ne peux pas laisser ces atrocités continuer, je dois y mettre un terme. Toi, il n'y a plus rien qui te retient, tu dois partir, Clancy. Tu es enfin libre. S'interposa Ève

Clancy resta immobile, il croisa ses bras sur son torse, décidé à ne pas céder et à tenir bon.

- Je ne bougerai pas, pas tant que tu viennes avec moi. Tu entends ce que tu veux faire ? Retourner dans cette maison de fous ! Refusa Clancy

- Je sais ce que je veux faire, je t'assure. S'il te plaît, Clancy, pars avant qu'ils s'aperçoivent de ton absence. Soupira Ève

Clancy secoua la tête, il ne voulait pas l'abandonner.

- Non, je ne partirai pas. Je viens avec toi jusqu'à que tu le fasses. Insista Clancy

- Bon d'accord. Mais promets-moi que si je me fais prendre, tu me laisseras derrière toi, OK ?

Clancy n'était pas en accord avec cette décision.

- Clancy, s'il te plaît. Dis-le. Supplia Ève

- Je te le promets. Mentit Clancy

- Je te fais confiance, Clancy...Dit-elle dans un murmure doux

Celui-ci eut un pincement au coeur en l'entendant dire ça, mais il se rassura que c'était pour son bien, il la sauverait si jamais rien ne se passerait comme prévu.

Ils réussirent à rejoindre le hall principal.

L'endroit était dangereusement calme, le caméraman croisa ses bras sur son torse et fit observer d'une voix basse :

- C'est étrange, il n'y a pas un seul bruit...

Soudainement, ils entendirent la porte à l'étage coulisser. Une voix brèche qui ronchonnait, se fit entendre :

- Maudit Lucas, après une journée de travail aussi chargée, je ne peux même pas me détendre avec la petite salope...

"C'est de moi qu'il parle..." Songea Ève.

Clancy se hâta de la saisir par la taille.

Le caméraman emmena la jeune fille derrière un mur d'une petite salle où se tenait un étrange piédestal.

- Ne fais pas de bruit...Intima Clancy d'une voix douce

Serrant inconsciemment Ève contre lui afin d'éviter qu'elle ne se fasse voir, Clancy regardait attentivement si Jack arrivait vers eux.

Ève sentit ses joues qui s'empourpraient, elle tentait de dissimuler son malaise. Involontairement, elle eut un couinement.

Les pas lourds de Jack résonnèrent à leurs oreilles, ils se rapprochèrent précipitamment au rez-de-chaussée.

Ève plaqua une main contre sa bouche, elle fixa avec des yeux écarquillés ceux de Clancy qui étaient tout autant terrifiés.

- Qui est là ? Sortez, sortez où que vous soyez. Chantonna Jack ironiquement

- Restons calmes...Chuchota Clancy à Ève

- Montrez-vous ! Ça ne sert à rien de vous cacher, je vais finir par vous trouver, vous savez. Se moqua Jack

Clancy tentait de rassurer Ève en la serrant un peu plus fort dans son étreinte. La jeune femme respirait de plus en plus fort.

- Venez vous amuser avec papa !

Jack renifla longuement, il rit froidement :

- Je me suis peut-être trompé, ce n'est pas l'odeur de cochon que je sens. Je sens plutôt l'odeur d'une biche. Petite biche, petite biche, petite biche, viens à moi...

Le cœur d'Ève bondit dans sa poitrine, frappée par l'horreur par ce qu'elle venait d'entendre.

Le patriarche avait aussitôt reconnu qu'il s'agissait d'elle...Confirmant ses inquiétudes, Jack gloussa :

- Sors de là où tu es, ma biche, et je te jure de te faire que des bleus. Papa a besoin de détente, il a travaillé très dur aujourd'hui et il n'a qu'une envie de t'avoir pour lui tout seul. Allez, ma belle, montre-moi que tu es une fille obéissante.

Jack Baker s'esclaffa de son rire dérangé.

- Ça va aller...Murmura Clancy

Trop agitée et effarée, Ève ne répondit même pas.

- On va profiter qu'il s'éloigne assez et on se faufile dans la salle à manger, OK ? Suggéra Clancy d'une voix basse

- Oui...Approuva Ève

À l'instant où ils entendirent que le patriarche montait enfin les escaliers, Clancy et Ève se précipitèrent en direction des grandes portes du hall principal qui menaient à un autre couloir.

Essoufflés, les deux fugitifs tentaient de reprendre un rythme cardiaque moins agité.

La voix de Jack, qui provenait de l'étage résonna :

- Montre-toi, tu sais que tu vas perdre à ce petit jeu. Gloussa-t-il

- On doit aller dans le garage, la salle à manger n'est peut-être pas un endroit sûr...Dévoila Ève

En effet, la voix criarde de Marguerite retentit de la cuisine :

- Lucas ! Lucas ! Tu as encore laissé traîner tes affaires ! Tu ne vas pas t'en sortir cette fois-ci, mon garçon !

Elle grogna et poussa des cris de rage.

- Vite ! Pressa Ève

Avec horreur, les pas lourds de Jack claquèrent contre le plancher. Ils coururent alors dans le garage et se cachèrent dans les escaliers.

Le patriarche ouvrit brutalement les portes de la salle à manger. Il rapporta fou furieux à sa femme :

- La fille s'est fait la malle ! Quand je mettrais la main sur elle, elle n'arrivera même plus à marcher ou poser un pied devant l'autre tellement que je vais la frapper !

- Je te l'avais dit, elle nous pose que des problèmes ! Je ne comprends pas notre chérie adorée mais bon, si elle veut absolument qu'elle fasse partie de la famille, il faut la retrouver. Grogna Marguerite

- Je m'en charge, oh oui, je meurs d'envie de l'entendre hurler quand je l'étranglerais comme un poulet ! S'excita Jack

- C'est ça dépêche-toi et sers pour une fois à quelque chose, Jack ! Insinua sa femme

- Qu'est-ce que t'as dit ?! Répète un peu pour voir ! Gronda Jack

- Je dis la stricte vérité ! Cria-t-elle

- T'as surtout rien à dire, tu inventes des conneries ! Je vais me dépêcher de ramener la salope et quand je reviendrais t'as intérêt à me présenter tes excuses ! Exigea son mari

Les portes se fracassèrent brusquement, signalant que Jack avait quitté la cuisine.

Ils le virent tous les deux traverser le couloir. Clancy et Ève patientèrent jusqu'à qu'il parte.

Ils descendirent les escaliers, ils aperçurent que la porte du garage était étrangement entrouverte.

- Zoé a dû venir. Releva Ève

- Je passe devant, on ne sait jamais. Proposa Clancy

Se baissant pour éviter de se cogner, Clancy observait la pièce jusqu'à que ses yeux tombent sur une jeune femme aux cheveux courts et noirs.

Elle était contre le capot d'une voiture, elle prenait une bouffée de sa cigarette.

- Alors, il y a quelqu'un ? Questionna Ève

- Ouais, c'est Zoé, non ? Répondit Clancy

Ève se hâta de passer sa tête sous la porte ferraillée.

Zoé Baker affichait un petit sourire, elle fit remarquer :

- Je vois que t'as réussi.

- De justesse. Sourit à son tour Ève

- Finalement, je t'ai légèrement sous-estimée. Admit Zoé

- Légèrement ? Zoé, mettons de côtés tous nos différends. Tu as dit qu'on pourrait parler de tout sans être dérangés. D'abord aide Clancy à quitter cet endroit. Demanda Ève

- Ève...Soupira Clancy en entendant cela

- Ça va être difficile, ils ont certainement découvert que tu t'es enfuie, c'est sûrement pareil pour Clancy. Ils vont redoubler de surveillance, sortir d'ici ne va pas être aussi simple que tu le penses. Signala Zoé

- Elle a raison, je t'ai dit que je reste avec toi. C'est ma décision. Ajouta Clancy

Ève refusa d'écouter Clancy, elle ne voulait pas qu'il lui arrive quelque chose.

- On doit le tenter, si Clancy réussit à partir, il pourra appeler de l'aide. On pourra plus facilement trouver le remède. Fit remarquer Ève

Zoé resta silencieuse, elle reprit une nouvelle bouffée de sa cigarette. Ses sourcils s'étaient plissés d'un air pensif.

- D'accord, il faut qu'on trouve un moyen de contourner mes parents ou mon frère. Accepta la fille Baker

- Quoi c'est ta famille ?! S'étonna Clancy abasourdi

- Oui...Le pire c'est Eveline, si elle nous trouve elle ira le dire à l'un d'entre eux. La recherche du sérum est en ce moment le plus important. Insista Zoé

- Je t'ai dit qu'on doit faire les deux, si l'une échoue l'autre réussira. On ne peut pas miser sur une seule option. Coupa Ève

- Le sérum ? Je crois que je n'ai pas tout saisi. Intervint Clancy timidement

- Ça vaut mieux...Par contre tu peux parfaitement comprendre que certaines personnes sont prêtes à tous les sacrifices rien que pour servir leurs intérêts. Cracha Ève

Ève regardait fixement Zoé d'un air accusateur.

Ce fut la goutte qui fit déborder le vase, la fille Baker finit par craquer

- Tu ne comprends rien ! Tu ne sais pas ce que j'ai vécu, si tu étais à ma place...

- Depuis combien de temps es-tu ici ? Questionna Clancy en craignant sa réponse

Zoé tourna la tête en direction du jeune homme, elle lâcha un soupir, elle ne voulait même pas y repenser.


Lucas avait passé pendant des heures à mettre en place les mécanismes complexes de ces petits jeux sadiques.

Ça lui demandait plus de la concentration que de l'effort, il ne connaissait plus l'épuisement depuis qu'il avait été infecté par Eveline...

Ravi et excité d'avoir enfin terminé, il décida de voir sur ses caméras de surveillance comment allait son "jouet préféré".

Lucas s'assit sur sa chaise de bureau, il alluma les moniteurs et appuya sur les touches du clavier.

Incrédule, le fils Baker aperçut que les écrans étaient noirs.

- Ces foutus caméras ! Elles ont encore sauté ?! Non ce n'est pas possible, je les ai vérifiées et réparées hier. Il se passe quelque de chose de pas nette.

Se levant furieusement, il décida d'aller voir son prisonnier. À son plus grand étonnement, il trouva que la porte était ouverte, normalement elle se verrouillait automatiquement.

Lucas se rappela que parfois il arrivait qu'elle ne se fermait pas après son passage. C'était exaspérant...

Pénétrant dans la pièce, il commença d'une voix railleuse :

- J'ai une bonne nouvelle pour toi, mon pote, tu vas pouvoir essayer ce nouveau prototype, tu vas t'éclater !

N'obtenant ni gémissements ou cris de colère en réponse, Lucas tourna enfin sa tête pour découvrir avec fureur que la salle était totalement vide !

S'approchant des caméras, il aperçut qu'elles avaient été couvertes par des draps. Les retirant violemment, il donna un coup de pied dans l'un des mannequins.

L'impact de sa force inhumaine fracassa l'objet contre le sol.

- Où est passé cet enfoiré ?!


- Ils me voulaient tous du mal, sans exception. Mon propre sang souhaitait ma mort. Et ils ont décidé que je ne fasse plus partie de la famille, tout ça à cause d'Eveline...Approfondit Zoé

Ève regretta d'avoir dit de telles méchancetés à la jeune femme, elle aurait dû comprendre que Zoé n'en pouvait plus, qu'elle voulait juste se libérer.

- Je suis désolée, je n'ai pas pensé à ce que tu devais ressentir. S'excusa Ève sincèrement

- Je n'ai pas besoin de ta pitié ! Dit Zoé d'un ton dur

- Je sais...Mais pourquoi avoir attendu ? Pourquoi ne pas t'être enfuit d'ici plus tôt ?

- Tu ne comprends vraiment rien, je ne peux pas partir, si je mets un pied en dehors de la propriété, je mourrai ! Eveline me tuera ! Lorsqu'elle infecte un être humain elle a le contrôle sur lui et peut provoquer sa mort ! Tu peux essayer de te mettre ça dans la tête, espèce d'idiote ?! S'emporta Zoé

Avant que Ève ne puisse ouvrir la bouche pour répliquer ou approcher la fille Baker, Clancy se mit devant elle et répliqua :

- Calme-toi Zoé, inutile de vous énerver toutes les deux. Écoutez, ce qui compte c'est qu'on se serre les coudes, on arrivera à rien si on ne s'entraide pas.

- C'est vrai...Admit Zoé

- Comment Eveline parvient à contaminer ? Interrogea Ève

Zoé leva les yeux au ciel mais finit par répondre :

- Il lui suffit qu'il y ait un contact entre elle et la personne qu'elle souhaite contaminer.

- C'est étrange, Eveline a été assez proche de moi. Pourtant je n'ai pas été atteinte. S'étonna Ève

- Je reconnais que c'est extrêmement bizarre. Dit Zoé

- Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Questionna Ève

- On trouve les ingrédients du sérum. Répondit Zoé