Marguerite n'avait pas desserré sa prise autour de la gorge d'Ève, faiblissant à vue d'œil, elle finit par s'évanouir par manque d'oxygène...
À son réveil, elle ne se retrouva pas dans la chambre comme elle s'y attendait, elle était dans un petit salon.
Allongée sur le canapé, elle fut surprise de s'apercevoir qu'elle n'était pas ligotée. Ça ne la rassura pas tellement.
Ses paupières étaient encore lourdes, elle fut violemment ramenée à la réalité par Jack qui la jeta au sol en l'attrapant par ses cheveux.
Ève se cogna brutalement le front contre la table basse.
Gémissant de douleur, Ève releva cependant sa tête en direction du patriarche, elle le fixa avec défi, il n'y avait aucune étincelle de peur dans ses prunelles.
- Quoi ?! Tu continues à te montrer mal éduquée ?! Je ne t'ai donc pas appris la politesse ?! Baisse immédiatement ton regard, fillette, ou c'est moi qui t'y oblige et crois-moi tu ne seras pas prête de t'en remettre ! Menaça Jack
Ève secoua la tête, affligée et désolée :
- Je ne vous en veux pas, je sais que vous n'êtes qu'une pauvre victime qui suit aveuglément les ordres d'une sale morveuse.
- Tu entends, papa, comment elle m'a appelée ? Geignit Eveline faussement
- Je vais lui couper la langue, là elle ne pourra plus dire quoi que ce soit de travers ! Maugréa Jack
- Non, papa, je suis gentille, je ne veux pas qu'elle est quoi que ce soit en moins. J'ai de la pitié pour elle, c'est tout de même ma maman. Prétendit Eveline
- Je n'en veux pas de ta pitié, tu peux te la garder, espèce de monstre, sans âme et sans cœur ! Tu me fais horreur, tu me répugnes ! Et mets-toi bien ça dans ta tête, je ne suis pas ta mère et je ne le serai jamais ! S'emporta Ève
- ASSEZ ! Coupa Eveline
Folle furieuse, elle persifla :
- Tu dépasses les bornes, tu as été très vilaine ! Tu vas le payer très cher...
Ève haussa un sourcil, peu effrayée par les menaces de l'enfant.
- Tu n'auras rien à manger, tellement que tu auras faim, tu supplieras qu'on te tue ! Cracha Eveline
Trop en colère contre la petite fille, Ève rit amèrement :
- Ça me convient parfaitement, au moins, je n'aurais plus à essayer d'éviter de manger ces pourritures que tu me présentes comme étant de la nourriture !
Le patriarche, furieux, par ce qu'elle avait dit, ressaisit violemment une poignée des cheveux d'Ève.
Elle s'empêcha de pousser des hurlements de douleur.
- Retire ce que tu as dit ! Comment oses-tu parler ainsi de ma fille et de la nourriture que fait ma tendre et chère épouse ? S'enflamma Jack
- Non, je ne retire rien du tout ! Monsieur Baker, vous ne voyez pas qu'elle vous manipule ! Elle est complètement folle, elle ne sait même pas ce que signifie le mot "famille" ! Se déchaîna Ève
Jack, en réponse, serra encore plus sa prise. Perdant son sang-froid, Eveline s'époumona :
- Tu as intérêt à t'excuser tout de suite, je ne suis pas folle ! Vous tous, vous me poussez à faire ce genre de choses ! Pourquoi n'acceptez-vous pas de faire partie de ma famille, pourquoi ne m'acceptez-vous pas ?!
- Tu n'as rien à te reprocher, ma puce, ce sont eux tous qui sont incapables d'apprécier une merveille telle que toi. Affirma Jack en jetant un regard noir à Ève
- Il raconte n'importe quoi ! Tu ne comprends donc rien ?! Ou tu ne t'en rends pas compte ?! Tu fais du mal aux gens, tu les fais souffrir, comment veux-tu arriver à obtenir la sympathie et l'affection des autres ?! Poursuivit Ève
Toujours retenue par Jack, Ève attendit malgré tout la réponse de cette enfant démoniaque. Simulant un sourire heureux et doux, Eveline finit par répondre :
- Tu as raison, maman, je ne suis peut-être pas assez affectueuse.
Plus qu'abasourdie, Ève resta sur ses gardes. Ce n'était pas normal, Eveline reprit d'une voix sucrée :
- Pour te montrer ma bonne foi, ma petite maman, je vais te demander une seule et unique chose. Si tu le fais, je te pardonnerai.
Méfiante et la respiration saccadée, Ève soutint le regard sombre et inquiétant d'Eveline.
Qu'est-ce qu'elle attendait d'elle exactement ?
Eveline laissa la jeune femme vaquer à ses pensées troublées, elle n'attendit aucune réponse de sa part, la fillette reprit :
- Tu devras simplement arracher la langue et les yeux de Zoé, tu le feras juste devant moi. Rien ne me ferait plus plaisir que de voir cette garce souffrir.
Ève était absolument choquée d'entendre de tels mots dans la bouche d'une petite fille.
Eveline tapa du pied, furieuse rien qu'à l'évocation de la fille Baker, elle continua d'un ton sec :
- Elle m'horripile, c'est à cause d'elle, à chaque fois elle met dans la tête de tout le monde de me mépriser ! Maman, si tu le fais, je considérerai ça comme une grande preuve d'amour qui m'est destinée. Alors, qu'en penses-tu ? Avoue que c'est plus que généreux comme proposition, n'est-ce pas ?
- Tu es malade, Eveline ! Je ne ferais jamais une chose pareille ! Tu entends ?! Je ne te ressemble pas ! Refusa Ève
Le visage s'assombrissant, Eveline ordonna à l'égard de Jack d'une voix sifflante :
- Frappe-la !
Sans qu'elle ne puisse l'éviter, Jack donna un violent coup de poing dans le visage d'Ève. La jeune fille tomba par terre et ses oreilles sifflèrent, un énorme bleu apparut sur sa joue.
S'esclaffant et retroussant ses manches, le père Baker promit d'une voix horrible sous les yeux exorbités d'Ève :
- Je vais me faire un plaisir de réduire en cendres ta fierté ! Tu n'oseras plus te regarder en face d'un miroir.
Ne s'arrêtant pas, le patriarche ne cessa de la battre brutalement. Ève ne cria pas, insastisfaite ainsi qu'irritée, Eveline insista :
- Tu n'as toujours pas envie d'obéir ?
- NON ! S'écria Ève déterminée
- Tape-la plus fort ! Vociféra Eveline
Ève, haletante, reçut un coup de pied brutal dans le ventre, la jeune femme se recroquevilla pour tenter d'apaiser la douleur intense et insupportable qu'elle éprouvait.
Enlevant sa ceinture, Jack Baker fixait impitoyablement Ève, souriant de toutes ses dents, il éclata d'un rire malsain.
Immobilisée par la douleur, Ève ne put qu'en cet instant que regarder les yeux cruels du patriarche.
En décelant la peur et la terreur, il abattit la ceinture en ricanant sur la peau de sa victime.
- Ça va aller. Ironisa le patriarche
Mordants et brûlants, les coups ne cessèrent d'assaillir chaque partie du corps d'Ève.
Les traces de la ceinture trônaient partout sur sa peau.
Eveline, qui s'était assise, regardait la scène affreuse comme s'il s'agissait d'un dessin animé.
La petite fille redemanda, impatiente d'entendre Ève enfin accepter :
- Alors, maman ?
- Je ne le ferais pas ! Cracha Ève furieusement
La jaugeant froidement, Eveline dit d'une voix ennuyée :
- Continue de la frapper, elle finira par céder.
Jack, qui s'était arrêté momentanément, recommença à la fouetter.
- Je préfère mourir...que...que de faire ça...Respira Ève difficilement
- Finalement ce n'est pas plus mal que je n'arrive pas à prendre le contrôle sur toi. C'est plus amusant. Sourit Eveline sadiquement en se penchant au-dessus d'Ève, les deux mains jointes sous son menton
Le nez et la bouche en sang, la jeune femme regarda en retour haineusement la fillette.
- Je ne t'offre pas assez d'affections, Maman ? Dis-le moi...Se moqua ouvertement Eveline
Ève ne répondit pas à la provocation délibérée d'Eveline.
La jeune adulte reçut un autre coup de pied dans le ventre et d'autres coups de fouet.
- Tu ne vois donc pas combien papa t'aime ? Pas vrai ? Dit Eveline
Gloussant, Jack répondit sardoniquement :
- Oh oui, je l'adore. Ça sera toujours ma petite biche à moi.
Ne pouvant plus supporter cette ceinture qui la fouettait jusqu'au sang, Ève essaya de soulever son corps meurtri dans une tentative de se remettre debout, mais elle n'y parvint pas.
N'abandonnant pas, Ève rampa avec difficulté sur le sol dans l'espoir de se hisser jusqu'à la salle à manger.
Elle ne put bouger que de quelques centimètres, Jack attrapa ses jambes et la tira en arrière :
- Où tu t'en vas comme ça ? Reste donc avec moi. Railla Jack
Le patriarche rit à gorge déployée et continua à tirer sur les jambes blessées d'Ève.
- Lâchez-moi ! Ordonna Ève
- Oh non, ta punition n'est pas finie, ma toute belle. S'esclaffa-t-il
Allongée entre les jambes de Jack, Ève essaya encore de s'enfuir. Agacé, Jack retourna sur le dos la jeune femme.
Le cœur battant à tout rompre, Ève plissa les yeux pour dissimuler son désespoir.
Trop heureux de la voir complètement terrorisée, Jack approcha une main de la joue où une énorme ecchymose la recouvrait entièrement.
Ève sentit le sang chaud qui ne cessait de se déverser de son nez et de sa bouche.
La main de Jack effleurait sa joue endolorie, elle éprouva une douleur suraigue rien qu'à ce contact.
Elle se mit à tressaillir et à gesticuler afin de l'empêcher de toucher complètement cette zone sensible.
Jack anticipa son mouvement, il s'empressa d'arrêter sa lutte.
De son autre main, le patriarche appuya brusquement sur son épaule droite pour la maintenir tranquille.
- Tu frétilles comme un poisson hors de l'eau. Se moqua Jack
- Ne me touchez pas ! Fichez-moi la paix ! S'écria Ève désemparée
- Je t'ai dit qu'on en avait pas fini, ma fille. Tu n'as toujours pas retenu la leçon, quand je considérerais que tu es prête à faire tes excuses, je...Commença le patriarche
- Mes excuses ?! Mes excuses ?! Je n'ai pas à m'excuser d'avoir dit ces quatre vérités à cette gamine complètement folle à lier ! S'indigna Ève
Elle regretta presque d'avoir dit ça.
Rien qu'à ces mots, Jack lui donna une gifle qui fit saigner deux fois plus son nez. Ève frémit face à la force du père Baker.
- Tu vas t'arrêter de parler de cette façon d'Evie ! T'entends ?! S'énerva le patriarche
- Non ! Protesta tout de même la jeune femme
- Toi, tu cherches les ennuis. Crois-moi, tu vas vite le regretter. La douleur ne te fait pas obéir, ce n'est pas grave, l'humiliation va te faire changer d'attitude. Sourit Jack froidement
Zoé était restée cacher sous la caravane, son cœur cognait dans sa cage thoracique de peur d'être découverte, de plus sa mère et son frère n'étaient pas décidés à quitter les lieux.
Et les cris stridents de sa mère prouvèrent qu'elle avait raison :
- Zoé ! Zoé ! Zoé !
Son sang battait contre ses tempes, elle sentait l'herbe chatouillait sa nuque.
Tant mieux pour elle qu'on ne pouvait pas entendre l'agitation à l'intérieur d'elle, si c'était le cas, elle saurait qu'on la retrouverait dans l'imédiat.
L'image d'elle qui franchissait à peine la zone en dehors de la propriété lui rappela le terrible sort qui l'attendrait, elle se retrouverait calcifié à cause d'Eveline
Son estomac se noua à cette pensée.
Elle ne serait plus d'aucune utilité pour Ève si elle mourrait ainsi.
Ce n'était pas la meilleure solution même si elle avait songé de toutes ses forces de mourir pour ne plus vivre constamment ce cauchemar où il était impossible de se réveiller.
Sauf que c'était un demi-mensonge, Zoé avait peur de mourir, pas après tout ce qu'elle a dû vivre elle ne pourrait pas supporter le fait de succomber après toutes ces épreuves.
Elle voulait vivre et quitter cet endroit à tout jamais.
Qui aurait cru qu'un jour elle souhaiterait s'enfuir de sa propre maison où elle en était devenue prisonnière ?
Zoé se ramena à la réalité et à la situation actuelle dans laquelle elle se trouvait.
Elle ne savait quoi faire pour se faufiler dans la maison.
La fille Baker soupira lourdement, elle passa ses deux mains dans ses cheveux cendrés, elle essayait de réfléchir à toutes les autres possibilités envisageables.
Si elle ne pouvait pas quitter la résidence, une aide interne pouvait encore exister.
"Lucas a certainement encore du contact avec le monde extérieur avec tous ses ordinateurs, je pourrais appeler du secours. Ève, je n'oublierai pas ce que tu as fait, je te sortirai de là en un seul morceau...Je t'en fais la promesse..." Pensa Zoé.
Marguerite grommelait, exaspérée elle osa exiger :
- Zoé, montre-toi ! Sors de ton trou et je te promets de te donner une mort rapide...
- Maman, tu t'y prends très mal. Pouffa Lucas
Marguerite, furieuse, hurla :
- Sors immédiatement, sale fille ingrate ! Je t'ai tout donnée, tout offert, tout ! Je me suis occupée de toi avec soin et amour et c'est comme ça que tu me remercies ? En nous jouant des tours, en nous rejetant, nous, ta famille ?! Dès que je t'aurai entre mes mains, je t'étoufferai dans la mare !
- Hé, du calme, Papa avait promis que c'est moi qui m'occuperais de Zoé, une fois qu'on l'aurait. Rappela Lucas
- Oh mon garçon, je sais que tu as envie de t'amuser avec ta petite sœur. Tu entends, Zoé ? Lucas veut passer du temps avec toi malgré toutes tes manigances ! Il te manque ? Continua Marguerite
Zoé sentit son cœur se contracter, elle savait ce qu'ils entendaient par "s'amuser". Elle serait dans de beaux draps s'ils la trouvaient.
Elle ne pouvait pas rester éternellement cachée ici, des gouttelettes de sueurs s'écoulèrent le long de ses tempes.
- Lui aussi il s'ennuie de toi, ma chérie, viens, viens, viens...Intima Marguerite d'une voix doucereuse
"Je dois me faufiler dans la maison, en repassant par la trappe." Songea la fille Baker.
Zoé sortit lentement et avec précaution de sous la caravane, restant contre. Elle tentait de calmer sa respiration haletante, son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine.
La nuit était son alliée, le jardin était très sombre même avec les éclairages extérieurs de la maison.
Elle inspira comme s'il s'agissait de la dernière fois.
Zoé rampa dans les herbes touffues du jardin elle parvint avec difficulté à rejoindre le passage secret.
Elle repassa dans le tunnel étroit et sombre, elle sursauta lorsqu'elle entendit les pas lourds de son père au-dessus.
Elle devait faire vite avant de tomber nez-à-nez avec lui.
Elle finit par atteindre la sortie à l'autre bout, Zoé remonta et se retrouva sur le sol froid de la buanderie.
Zoé souffla un peu, la jeune femme resta assise un petit moment.
Elle l'avait échappée belle, un petit sourire de soulagement s'étira au coin de ses lèvres.
Plus rassurée, elle s'apprêtait à se relever, sans qu'elle ne s'y attende une main emprisonna sa cheville.
Zoé, paniquée, se mit à se débattre et à s'agiter, sa respiration s'accéléra ainsi que son rythme cardiaque.
- Lâche-moi ! S'exclama Zoé terrifiée
Ne voulant pas être de dos à son ennemi, Zoé se retourna. Effarée, elle aperçut devant elle un visage désagréablement familier :
- N'aie pas peur, sœurette, ce n'est que moi. Ricana Lucas en sortant du tunnel
Il tenait toujours fermement la cheville de Zoé. Quelle horreur, il l'avait vu et l'avait donc suivi !
Entre ses mains, Zoé put apercevoir dans les pupilles de son frère une lueur folle et dangereuse. Elle avala difficilement sa salive et réfléchit à un moyen de lui échapper.
- C'est donc comme ça que tu arrives à entrer ou à sortir. Constata t-il en jetant un bref regard au tunnel pour diriger son attention vers sa petite sœur
- Lâche-moi ! Ordonna Zoé d'un ton sec et sans réplique
Lucas ignora ce qu'avait dit Zoé, il se contenta de lui adresser un sourire espiègle.
- Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vus tous les deux, pourtant on vit dans la même maison toi et moi. Enfin bon, tu n'es plus vraiment dans une maison. Alors, ça fait quoi de devoir vivre dehors comme un chien dans sa niche, mmh ? Dit Lucas méchamment
Zoé serra les dents rageusement, elle se contenta tout de même de ne pas prêter attention à ses paroles.
- Ça t'étonne tant que ça que la petite Evie n'ait pas voulu de toi ? Ironisa Lucas
- Je m'en moque, tu crois que ça me fait quelque chose d'être dehors ou de ne pas être acceptée par Eveline, ta nouvelle "petite sœur" ! Coupa Zoé sèchement
Accentuant son sourire moqueur, Lucas reprit :
- Pas besoin d'être aussi agressive, je suis sûr que tu dois bien y trouver ton petit confort puisque tu es une chienne.
- Je t'ai dit de me lâcher ! Cria Zoé en lui donnant un coup de pied
- Tu sais quoi, Zoé ? Je te préfère à Eveline, ne va surtout pas le répéter. Parce que toi, je peux me moquer de toi sans que j'ai des représailles de papa ou de maman. Continua-t-il en éclatant de son rire dérangé
- Libère-moi ! Hurla Zoé plus fort en redonnant un coup
Lucas ne lâcha pas prise pour autant, il rit de la colère grandissante de Zoé.
Il porta un doigt à ses lèvres et dit ironiquement :
- Chut, chut, papa et maman ne doivent pas nous entendre, je te signale qu'on est censés dormir, Zoé ! S'ils découvrent qu'on ne respecte pas le couvre-feu, ils vont nous punir.
- T'es vraiment un malade. Dit Zoé dégoûtée
- Ne dis pas ça, tu sais que ça pourrait me vexer. Prétendit-il
- Lucas, arrête ! Laisse-moi partir ! S'insurgea Zoé
- Te laisser partir après que je t'ai enfin trouvée. Tu peux rêver, sœurette ! On va jouer à un jeu, d'accord ? Rien que nous deux et personne pour gâcher ce moment entre frère et sœur. Ça fait tellement longtemps qu'on a pas passé du temps ensemble, allez, tu ne peux pas me refuser ça, n'est-ce pas ? Se réjouit Lucas hystériquement
Zoé profita de la conversation pour plonger sa main dans la poche de son jean pour y saisir son couteau, elle décida d'avertir une dernière fois son frère avant de passer à l'acte.
- Eloigne-toi de moi, ne m'oblige pas à te blesser, Lucas...Avertit Zoé d'une voix dangereusement douce
Fier et orgueilleux, Lucas ne prit pas au sérieux les menaces de sa petite sœur, il se contenta de se moquer d'elle.
- Et qu'est-ce que tu comptes faire ? Des petites égratignures sur mon visage ? C'est sûr que je ne m'en remettrai pas. Railla-t-il
- Oh crois-moi, Lucas, je sais faire bien plus que des égratignures. Il faut croire que j'ai hérité de papa pour sa brutalité. Assura Zoé amusée par l'arrogance de ce dernier
Lucas leva les yeux au ciel, peu impressionné par les dires de Zoé.
- Tu sais que tu ne peux pas, je me régénérerai. T'as oublié ? Se moqua son frère
- Donc ça ne te posera aucun problème si je fais...
- Si tu fais quoi ? Répéta Lucas d'un ton sarcastique
- Ça ! Lâcha-t-elle
Zoé coupa la main gauche de son frère, elle planta son couteau dans le front de Lucas, faisant une entaille profonde pour ainsi le ralentir le plus possible, elle replanta la lame et prit soin de trancher sa gorge.
Aveuglé par la douleur, il lâcha alors la cheville de sa petite sœur, il essayait désespérément d'arrêter le saignement excessif de ses blessures.
Le sang éclaboussait entièrement sa main, son moignon et son visage.
- Alors qu'est-ce que je t'avais dit ? Le provoqua Zoé
- Stupide salope, tu vas me le payer ! Grogna Lucas
Zoé se releva rapidement pour courir vers la porte, avant de quitter la buanderie, elle adressa un geste moqueur à son frère :
- Ne m'en veux pas, frangin, d'habitude c'est papa qui le fait. Le nargua Zoé
- Sale garce ! Siffla Lucas
Elle courut à en perdre l'haleine, elle réussit à atteindre le hall principal, elle monta les escaliers quatre à quatre.
"Presque...J'y suis presque..." Pensa Zoé.
Sa joie et son optimisme s'évaporèrent, elle sentit une main osseuse agrippait son poignet gauche fermement.
Lucas, le visage ruisselant de sang, dévisageait avec dédain et froideur sa petite sœur.
Zoé regarda la main de Lucas repousser.
- T'as de la chance que je sois de bonne humeur. Dit Lucas en parlant de la main qu'elle lui avait découpée
Prise au piège, Zoé ne parvenait qu'à reculer jusqu'à être coincée par la rembarre des escaliers.
La fille Baker regardait désespérément de tous les côtés une possible issue.
Elle n'en aperçut aucune...
Alors elle tenta d'enfoncer ses doigts dans la blessure récente de Lucas afin de l'affaiblir un peu.
Voyant qu'elle approchait sa main libre de son visage, Lucas, furieux saisit aussi son autre poignet.
- Tu pensais faire quoi ? Accepte-le idiote, je suis plus fort que toi ! S'énerva t-il en la secouant
- Laisse-moi, laisse-moi ! Se débattit Zoé
Lucas, ayant retrouvé sa mesquinerie, s'empressa de lui rire au nez :
- Faut que tu arrêtes ça, je t'ai attrapée ! T'en as pas marre de tes gamineries ? On a passé l'âge de jouer à chat, tu ne crois pas ? Railla t-il
Zoé, exaspérée, décida de détourner la tête. Sans qu'elle ne s'y attende, elle reçut une violente gifle qui la fit tomber par terre.
La jeune femme fixa abasourdie son frère qui était l'auteur de ce geste, elle resta sur le sol, la main contre sa joue endolorie.
Ce dernier poussa un soupir de soulagement, il sourit satisfait comme libéré d'un poids :
- Tu ne sais pas ça fait combien de temps que j'attendais de t'en mettre une, avant le vieux m'interdisait de te frapper. Maintenant il m'encourage à le faire. Ça me fait un bien fou que tu ne peux même pas imaginer.
- Non c'est pas vrai...Nia Zoé
Lucas haussa un sourcil, il rit ouvertement de son déni.
- Tu mens, je te poussais à bout et ça arrivait que Papa et Maman n'étaient pas là, tu n'as jamais voulu lever la main sur moi. Affirma Zoé d'une voix tremblante à cause du surplus d'émotions
Son menton trembla, sans que Zoé ne puisse les retenir, des larmes dévalèrent sur son visage pâle. Son grand frère ne l'avait jamais frappé avant...
Insensible face aux pleurs de sa petite sœur, Lucas se moqua d'elle :
- Oh arrête ta comédie ou je vais finir par vomir, ça ne prend pas avec moi, tu ne l'as toujours pas compris.
Zoé renifla, elle déclara d'une voix douce et tendre :
- Tu sais, j'aurais dû te le dire plus souvent, je le regrette...Je t'aime grand frère...
Finissant par être agacé, Lucas la releva brutalement par le col de son débardeur et lui redonna une gifle encore plus forte que la précédente. Sa joue rougie finit par devenir violacée.
Zoé regardait Lucas avec des yeux écarquillés et remplis de larmes, il attrapa de nouveau ses deux poignets brutalement.
Exaspéré et furieux, Lucas cracha :
- Tu crois qu'en disant ça j'oublierai la façon dont tu m'as traité ? T'étais la préférée de tout le monde dans la famille, la préférée de Maman, la préférée de Papa, la préférée d'oncle Joe. Tu n'as toujours été qu'une plaie dans ma vie ! Tu peux réparer ça, rien n'est jamais trop tard, tu vas venir avec moi. Allez, frangine, passons à des jeux plus adultes, ça n'aurait rien avoir avec les parties de cache-cache que tu as l'habitude de faire. Je te promets que tu vas adorer et moi aussi.
Souriant maniaquement, il resserra son étau autour du poignet de sa sœur jusqu'à qu'un craquement sinistre se fit entendre.
Zoé plissa des yeux et sentit tout son corps trembler, elle en avait assez de se battre. Elle voulait que tout rentre dans l'ordre que sa famille redevienne comme avant.
- Lucas, tu crois que je te dis ça sans réellement le penser ? Écoute-moi, je...Essaya de raisonner Zoé
Lucas l'empêcha de finir sa phrase, il retourna brusquement Zoé, la mettant dos à lui.
Ses mains tenaient ses épaules fermement, il approcha ses lèvres retroussées en un large sourire sadique, pour y murmurer au creux de son oreille :
- Je croyais que tu voulais que tout soit comme avant, Zoé, hein ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ? S'inquiéta Zoé
- Rien que pour toi, petite sœur, je suis prêt à faire semblant que rien n'a changé. Ce n'est pas une preuve évidente de mon amour ?
D'un geste moqueur, Lucas essuya de son pouce une larme sur le visage de Zoé qui s'apprêtait à s'écraser sur sa clavicule.
Zoé tressaillit à son toucher, elle secoua la tête totalement en désaccord avec quelle situation folle voulait mettre en place son frère.
- Non, non, non...Protesta t-elle
- Bah alors Zoé ? T'as pas envie de jouer avec ton grand frère ? T'as jamais eu le cran d'affronter les choses en face, tu te cachais toujours derrière Papa, mais cette fois il n'est plus de ton côté. Et là justement je te propose de faire vivre ce rêve impossible que tu espères qu'un jour il se réalise. Maman avait raison tu n'es qu'une ingrate !
Zoé ne l'écouta pas, elle se contenta de souffler anéantie et désemparée :
- Pourquoi ?
Les larmes sur les joues de Zoé ne s'arrêtèrent pas de couler, en cet instant, son teint maladif était encore plus intense.
À l'entente de cette parole, Lucas rit de sa faiblesse et de son désespoir.
- Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même, Zoé. Tout est de ta faute ! C'est la tienne et celle de personne d'autre...La fit-il culpabiliser
Elle ne voulait pas le croire ou même le regarder. Comme s'il avait lu ses pensées, Lucas la retourna pour qu'elle lui fasse face.
Ses mains s'enroulèrent autour de la gorge fine de Zoé afin de l'empêcher qu'elle s'enfuit.
Elle essaya une dernière tentative pour le ramener à la raison en lui jetant un dernier regard larmoyant.
Ça ne l'atteignit même pas, il se contenta de lui répondre par une phrase riche en sarcasme.
- Moi aussi je t'aime, sœurette, à un point que tu ne peux même pas imaginer. Prétexta Lucas méchamment
À ces mots, il embrassa son front, Zoé frissonna en sentant ses lèvres contre sa peau.
- Ce n'est que le début de ton cauchemar, il ne se finira pas, pas avant que tu ne deviennes un pantin sans volonté, et tu sais quoi ? Ça sera moi qui tirera les cordons...Lui chuchota t-il d'un ton sardonique
Le rire fou de Lucas emplit l'atmosphère froide, sous les yeux écarquillés de terreur de Zoé.
