Zoé revint lentement à elle, confuse, elle se réveilla dans un lit d'enfant.

Tout son environnement était encore trouble, elle entendait sa respiration saccadée rompre le silence lourd...

Ses yeux rencontrèrent le plafond craquelé dont les coins étaient recouverts de moisissures. Des résidus épais tombèrent et tachèrent l'oreiller troué.

Zoé tressaillit quand la substance rencontra sa joue. Elle ne mit pas beaucoup de temps à réaliser où elle était, c'était la chambre de Lucas.

Avant, ils partageaient tous les deux cette chambre, maintenant que Eveline avait décidée qu'elle ne fasse plus partie de la famille son lit avait été enlevé de la pièce...

Être effacée l'avait au début blessée, avec le temps elle avait appris à considérer sa famille comme des monstres dont il ne fallait sous aucun prétexte avoir pitié d'eux.

Ça avait été très difficile même maintenant.

Son horreur commençait à grandir à la vue de ce qu'il y avait dans la chambre.

Des ballons de toutes les couleurs jonchaient le sol, sur la plupart était écrit :

"Joyeuses retrouvailles, petite sœur ! "

Ou encore :

"De retour à la maison"

- C'est quoi encore ce délire ? S'inquiéta Zoé

Elle ne se rappelait pas ce qui s'était passé peu après que Lucas l'avait attrapée, tout ce qu'elle pouvait dire c'était qu'elle ressentait une douleur lancinante au niveau de son cou.

Le connaissant, il avait dû lui injecter un sédatif. Son cœur battait faiblement, les effets du produit étaient encore actifs.

En effet, Zoé avait encore des étourdissements et son corps était faible et flageolant.

Tentant de poser un pied au sol, elle fut retenue par une corde épaisse et rugueuse, elle était tellement serrée qu'elle coupait sa circulation sanguine.

La fille Baker se mit à se débattre dans tous les sens, ses tentatives n'aboutirent à rien.

Elle regardait rageusement les liens qui emprisonnaient ses pieds, ce fut à ce moment qu'elle se rendit compte qu'elle ne portait plus ses vêtements.

Elle rougit lorsqu'elle réalisa que c'était un des sweat de son grand frère, il était grand et large pour elle mais il arrivait au-dessus de ses genoux.

Zoé secoua la tête dans l'espoir de ravaler ses larmes, elle voulait sortir d'ici ! Elle savait que Lucas ne s'était pas arrêté qu'à ça.

La minute d'après, elle remarqua tous ses jouets à elle, posés juste en dessous de l'étagère de trophées sur la table de nuit et le bureau.

Des dessins qu'elle avait fait plus jeune étaient accrochés sur tous les murs, des photos d'elle enfant étaient collées ensemble.

Elle sursauta à l'entente de la porte qui grinça, dans l'entrebâillement se révéla Lucas, un sourire mauvais et inquiétant étirait ses lèvres minces.

Il verrouilla la porte juste sous les yeux écarquillés de Zoé puis il s'empressa de dissimuler la clé.

D'une démarche nonchalante, il s'avança vers sa sœur, les ballons rebondirent à son passage.

- Tu aimes la nouvelle déco ? Je l'ai fait rien que pour toi. C'était pas facile, ça m'a tout de même pris des heures pour arriver à ce résultat. La provoqua t-il

Zoé leva les yeux au ciel, lasse, des petits commentaires ironiques de son frère.

Lucas accentua son sourire, excité par l'agacement visible de sa sœur.

Le cœur de Zoé tomba dans sa poitrine au moment où elle sentit le poids de Lucas sur le lit avec elle.

Il s'était assis et prenait tout l'espace que Zoé occupait si peu avant son arrivée tellement qu'elle était frêle.

Il s'empressa de le faire remarquer.

- Qu'est-ce que tu fais de la nourriture de Maman ? À moins que t'as recommencé à faire un régime.

- Tu parles de ces tripes immondes que vous mangez ? Je préfère encore mourir plutôt que d'avaler ça ! Cracha Zoé

Sa réponse le fit éclater de rire, Zoé commença à se sentir mal à l'aise.

Lucas s'était penché au-dessus d'elle et se rapprochait lentement jusqu'à que son nez touche le sien.

Elle eut la nausée lorsqu'elle sentit l'odeur de viande pourrie de Lucas.

Elle se retrouva contrainte de soutenir son regard froid et mauvais.

- Ce n'est pas très gentil ce que tu dis là, Maman se fatigue à cuisiner et toi tu te permets de critiquer son dur travail ? Ironisa t-il

- Tu parles, elle se contente de découper en morceaux des gens et en faire un plat. S'agaça Zoé

- Fais attention Zoé, elle m'a dit souvent qu'elle avait envie que ça soit toi qu'elle découpe en morceaux. Avoua Lucas

- Ça t'arrangerait toi, n'est-ce pas ? Railla Zoé

Lucas se contenta de sourire un peu plus, profondément amusé par la répartie de sa sœur.

- Je sais pas. Essaie de deviner. Provoqua t-il

- Espèce de...Commença Zoé piquée au vif

- Oui, vas-y, insulte-moi. S'esclaffa Lucas les larmes aux yeux tellement il riait

- C'est quoi ton problème ?! S'écria t-elle

Zoé commençait à ne plus supporter ni cette situation ni le peu de distance qu'il y avait entre eux.

Elle se tortillait embarrassée et furieuse, elle aurait voulu le repousser sauf que ses mains étaient attachées au sommier du lit.

Et son frère s'en aperçut aussitôt.

- Qu'est-ce qu'il y a, Zoé ? Tu ne veux pas rester un peu avec moi ? Alors comme ça tu n'es pas contente de me voir, mmh ? Ironisa t-il

Il affaissa ses joues et se moqua du résultat :

- Fais pas cette tête, tu dois sourire, sœurette !

Lucas étira la commissure des lèvres de Zoé pour la forcer à sourire.

Le résultat fut d'autant plus embarrassant.

- C'est déjà un peu mieux.

Il gloussa et finit par enlever ses mains de son visage. Il fit mine d'être vexé lorsqu'il croisa le regard furieux de Zoé.

- Tu n'aimes pas tous les cadeaux que je t'ai offert ? Je sais, je t'en ai pas fait à ton anniversaire...Ricana Lucas en reculant enfin au plus grand soulagement de Zoé

- Détache-moi ! S'exaspéra Zoé

- Si je le faisais, tu partirais en courant et je t'avoue que je ne suis pas d'humeur à te courir après. Rétorqua t-il

Zoé ne prit même pas la peine de répondre, elle se débattait dans tous les sens, ses mouvements finirent par faire secouer le lit.

- Arrête ! Chut, chut, reste sage ! Intima Lucas en posant son index sur la bouche de Zoé

- Ne me touche pas ! Protesta Zoé

- Je t'ai dit d'être sage...Grommela Lucas

- Non ! Cria t-elle

Le sourire aux lèvres, Lucas sortit de la poche de son sweat un cutter.

- J'ai beau ne pas vouloir l'admettre on a le même sang qui coule dans les veines, c'est pas vrai ? Je me disais alors est-ce qu'il a le même goût que le tien ? Sourit Lucas une idée malsaine derrière la tête

- Quoi ? Fronça les sourcils Zoé

Lucas ne répondit rien pour laisser l'effet de surprise et d'horreur.

Impatient, il se dépêcha de se faire une longue et profonde entaille dans la paume de sa main gauche, le sang jaillit aussitôt que la blessure s'était faite.

- Non, non, non ! Supplia Zoé qui comprit ce qu'il voulait faire.

- Oh si, allez quoi, goûte-moi ça !

Ricanant d'un rire fou, Lucas introduisit sa main ensanglantée dans la bouche de Zoé, le sang abondant coula dans sa gorge.

Zoé essaya de pousser des hurlements mais ils finirent étouffer à cause de la main de Lucas, impuissante, elle sentait le liquide rougeâtre et infecte s'engouffrait au fond de sa bouche.

- Ce n'est rien, tu vas pas en mourir, tu te souviens ? Tu ne peux pas crever ! La provoqua Lucas

Il s'enfonça un peu plus sa main dans sa gorge. Zoé sentit des larmes de douleur et de dégoût brûler ses yeux.

- Encore un peu ? Gloussa t-il

Enfin, il finit par enlever sa main. Zoé, encore sous le choc, n'osa plus ouvrir la bouche pour l'instant.

Elle sentait son estomac se tordre et vouloir éjecter le sang qui était entré.

- Ça t'as calmé ? Ne te mets pas dans cet état, je voulais juste renforcer nos liens du sang. Continua t-il

- T'es complètement taré ! Qu'est-ce qui se passe dans ta tête pour que tu me fasses une chose pareille, putain de merde ?! S'énerva Zoé

Lucas ne cessa de ricaner. Quand il retrouva son sérieux, il reprit :

- Sois pas comme ça, je t'offre une possibilité de faire comme si rien n'a changé. Tu te souviens, Zoé, on passait tout notre temps à jouer ensemble. Pourquoi ne pas recommencer ?

- Parce que rien n'est comme avant ! Arrête de faire semblant, Lucas. S'exaspéra Zoé

- Je ne vois pas ce qui a changé, on est toujours là, dans cette maison. Tous les deux...Susurra Lucas

- Oh vraiment ? Tu ne sais pas ? Oh mon Dieu, Lucas, comment oses-tu ? Ironisa Zoé en faisant semblant d'être choquée

Lucas eut un petit rire narquois, il la fixa avec un air hautain :

- T'es qu'une salope...Gloussa t-il

- Je préfère être une salope que d'être un malade mental pervers et sadique. Riposta Zoé

- T'as peut-être raison, il y a quelque chose qui a changée. Je te domine enfin ! Tu n'es rien du tout comparé à moi. Je suis plus fort que toi, plus intelligent que toi ! Et on le reconnait enfin...Se réjouit-il

- Et à quoi ça sert ? Pour moi tu n'es pas un homme, tu ne t'en prends qu'à des femmes. Se moqua Zoé

Peut-être qu'elle aurait dû s'en abstenir de lui dire ça, la minute d'après le regard menaçant qu'il lui envoya la fit presque regretter de ne pas avoir tenu sa langue.

- C'est exactement ce que disait Papa et pourtant qui de nous deux entre lui et moi s'en est sorti le mieux, hein ?! Persifla t-il

- S'en est sorti le mieux ? Répéta Zoé qui ne comprenait où il voulait en venir

Il était aussi prisonnier ici et il disait être dans une meilleure situation que le patriarche, cette affirmation alarma Zoé de la folie déjà inquiétante de son frère.

- Trop compliqué pour toi ? Ricana Lucas en faisant allusion à sa dernière phrase

- Eveline t'as complètement changé. Regretta Zoé

- En parlant de ça...Oh, il y a peut-être ce petit détail que j'ai oublié de te mentionner. Je vais t'avouer un secret, frangine. Tu promets que ça restera rien qu'entre nous ? Déclara t-il

- J'en ai rien à faire. Lâcha Zoé d'un ton sec

- Oh crois-moi, quand je te le dirais, tu n'en reviendras pas. Promit-il

Lucas approcha ses lèvres de l'oreille gauche de Zoé. Son souffle chaud la chatouilla, il chuchota au creux d'une voix horriblement amusée :

- Je n'ai jamais été sous le contrôle d'Eveline.

Ses paroles résonnèrent comme un écho à l'intérieur d'elle.

Les yeux de Zoé s'exorbitèrent. Lucas se moqua de l'expression qu'elle avait sur le visage.

- Tout ce que tu m'as fait, tu l'as fait volontairement. Toutes ces personnes innocentes qui sont mortes de tes mains...Tu avais alors le sérum pour te guérir et tu n'en as même pas donné à ta famille ! En conclut Zoé

- Oui. Admit-il comme si c'était la chose la plus naturelle du monde

- Toutes ces horreurs, pendant trois ans...Tu aurais pu empêcher que ça arrive mais tu n'as rien fait ! Tu n'as rien fait ! POURQUOI ! POURQUOI TU N'AS RIEN FAIT ! POURQUOI ?! Tu n'avais pas le droit de trahir ta propre famille ! S'insurgea Zoé furieuse

- Ce n'est pas moi qui doit me reprocher quoi que ce soit ! C'est de votre faute ! Je n'y suis pour rien si vous n'êtes que des imbéciles ! J'ai juste été toujours plus intelligent que vous tous, c'est pour ça qu'ils m'ont choisi. Grogna Lucas

- "Ils "? Répéta Zoé

- Tu en sais déjà trop, Zoé. J'avoue que je n'ai pas pu résister de voir la tête que tu allais tirer. Il va falloir que je t'oblige à tenir ta langue, parce que toi tu as une sacrée grande gueule. Il ne faudrait pas que ça remonte à Eveline.

Zoé eut un petit rire nerveux, elle n'était plus du tout compatissante. Il n'y avait que la rancœur dans son être.

- Tu veux que je te dise, tu mérites tout ce qui t'est arrivé, tu mérites d'être seul sans avoir personne avec qui parler, tu mérites que Ève soit partie et qu'elle t'ait abandonné. Qu'elle ne veut plus entendre parler de toi ! Au plus profond de moi, j'ai vraiment honte que tu sois mon frère. Énonça t-elle d'une voix dénuée d'émotions

Lucas perdit son sourire, il serra rageusement ses dents.

La fureur visible sur chacun de ses traits, il fulmina :

- Je n'ai jamais lécher les bottes de qui que ce soit pour obtenir un minimum d'attention, je ne suis pas une salope comme toi ! Je n'ai besoin de personne ! Tu as toujours été jalouse de moi parce que je suis mieux que toi, tu pensais qu'en te mettant Papa et Maman dans la poche tu aurais l'avantage contre moi ?! Maintenant que je t'ai, petit rat de laboratoire, tu vas souffrir.

- Tu ne me fais pas peur Lucas, tu me fais juste de la peine. Je ne peux pas te sortir de mon cœur parce que quoi qu'il arrive, tu resteras mon grand frère jusqu'à la fin. Mais sache que ce tu as fait, ça, je ne pourrais jamais te le pardonner !

- Tu crois que ça m'atteint, peut-être ? Dit-il méchamment

- T'en fais pas, avec le temps j'ai fini par m'y faire, je sais bien que t'es incapable de ressentir quoi que ce soit. Répondit Zoé avec froideur

- Je vais te montrer à quel point je suis insensible. La règle de ce nouveau jeu que j'ai intitulé est : "Qu'est-ce qui fait le plus mal à Zoé ?". Tous les coups sont permis, il n'y a aucune limite. Et bien sûr pour gagner, je dois réussir à te faire crier.

- Tu peux crever pour ça ! Cracha t-elle d'un ton acerbe

- Tu es toujours vexée que j'ai réussi à t'attraper, tu n'es plus une gamine, Zoé ! Il va falloir que tu grandisses un jour ! Oh, allez quoi...Fais juste semblant, je saurais m'en contenter, tu vois comme je suis généreux avec toi. Ironisa Lucas

- Va te faire foutre ! L'insulta Zoé

- Par quoi commencer ? C'est trop dur de choisir. Tu voudrais pas m'aider un peu ? Pouffa Lucas

- Non ! Refusa Zoé sèchement

- Tu as été toujours ennuyeuse et exaspérante. Je ne comprends pas ce que Papa et Maman te trouvaient, ils faisaient semblant de te supporter, à mon avis. Soupira Lucas

- Non et tu le sais, tu ne supportais pas qu'ils me préféraient à toi. Sourit Zoé amusée par la rancune de son frère

- C'est fini cette époque, elle est loin même très loin dernière nous ! Tu veux que je te montre aussi ma préférence entre toi et Eveline comme tout à l'heure ? Cracha Lucas furieux

- Arrête, arrête, pas ça. Laisse-moi partir merde ! Je te promets que je t'ennuyerais plus. Coupa Zoé

- Tu abandonnes déjà la partie avant même qu'elle ne commence ? Ça ne m'étonne pas de toi. Railla Lucas

- Tu m'écoutes ? Relâche-moi ! Répliqua Zoé

- Et tu t'imagines que je le ferais sans avoir rien en retour, mmh ? Se moqua t-il

- Je n'ai pas envie de subir tes jeux de sadique, Lucas ! Qu'est-ce que tu veux à la fin ?! S'avoua vaincue Zoé

- Je te l'ai déjà dit, petite sœur...Sourit Lucas excité

- Tu veux que je crie ? Répéta Zoé

Lucas agrandit son sourire fou :

- J'ai quelque chose à te proposer.

Zoé, à bout de forces et à bout de nerfs, secoua la tête en signe d'incompréhension.

- Qu'est-ce que c'est ? S'enquit-elle

À la vue de son expression confuse, Lucas élargit son sourire mauvais.

- Tu vas t'auto-mutiler. Je libère tes mains, je te donne un couteau, tu te plantes aux endroits que je te dis, si je m'arrête de te dire des directives tu dois me supplier de reprendre. Mais le plus amusant, sœurette, c'est que je te filme en pleine action et tu vas pouvoir le visionner des millions de fois en boucle. C'est pas génial, ça ? S'excita t-il

Zoé sentit ses joues devenir cuisantes, elle questionna tout de même :

- Si je le fais, tu me laisseras partir ?

- Bien sûr, j'aurais un véritable plaisir entre mes mains, une vidéo de toi complètement soumise. Je vois pas à quoi tu pourrais encore me servir. Dit-il méchamment

- Tu ne diras pas non plus que tu m'as vue à Papa et à Maman ? Ajouta Zoé

- Je te donne ma parole. Ricana Lucas

- Elle ne vaut pas grand-chose. Siffla Zoé en levant les yeux au ciel

- Tes jérémiades de salope, elles, valent de l'or. Gloussa t-il

- Je m'en moque, ça ne me fait ni chaud ni froid. Répondit Zoé avec mauvaise foi

- Oh pourquoi tu gâches mon plaisir ? Je sais surtout que tu mens, Zoé, personne n'aime se faire humilier ! Et en particulier quand on sait que cette humiliation a été filmée. Répliqua Lucas

Zoé appréhenda quand même ce qu'il allait se passer. Sadique, Lucas se hâta de faire durer l'attente afin d'augmenter le stress de sa sœur.

Il fredonna sarcastiquement et la fit tressaillir en plongeant sa main pâle dans les cheveux cendrés de Zoé.

Lucas replaça une mèche derrière son oreille et caressa dans un geste moqueur ses cheveux :

- Ça sera rapide, je te le promets, fais-moi confiance.

Zoé lui jeta un regard meurtrier, souriant encore plus, Lucas enfouit sa main plus profondément dans ses cheveux.

- Pff...C'est tellement dommage que tu te les ais coupés...Commenta t-il

Zoé gémit et serrait rageusement ses dents.

- En fin de compte ça n'a servi à rien, non ?

- De quoi tu parles ?

- Ne fais pas celle qui ne comprend pas. Au fond, tu sais pourquoi tu as fait ça et moi aussi je le sais, je te rappelle que j'étais là.

- Je t'interdis de me le rappeler ! Ordonna t-elle

- Tu ne peux pas fuir ton passé, il revient toujours te hanter quoi que tu fasses. Sermonna Lucas sarcastiquement

Incapable de l'en empêcher, le souvenir dont il parlait lui revenait brutalement.

Zoé, en larmes, claqua la porte derrière elle. Elle se jeta dans son lit et laissa sa tristesse libre de s'exprimer.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? Je ne mérite donc pas de vivre ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?!

- Zoé ?

- Laisse-moi ! S'il te plaît, Lucas, je veux être seule...

- Non, c'est hors de question je te laisserai pas, surtout pas dans un moment pareil ! Ils ont recommencé, pas vrai ?

Zoé ne répondit rien.

- Fais pas attention à ces abrutis, un jour, ils le paieront, fais-moi confiance là-dessus. Je suis là pour toi, tu le sais.

Zoé essayait d'essuyer les larmes incessantes qui dévalaient le long de ses joues, ses longs cheveux sombres étaient éparpillés dans tous les sens.

Elle avait l'air d'être au plus mal.

- Tu dois être plus forte, ne les laisse pas voir ce qu'ils veulent. Sois forte, ne leur montre aucun signe de faiblesse.

- C'est dur...Chaque fois que je suis là-bas, mon cœur se serre et hurle à mon cerveau d'évacuer cette douleur que je ressens.

- Je sais, petite sœur, mais si tu ne montres pas qui commande, ils vont continuer à te marcher dessus. Tu ne dois pas les laisser continuer.

- Je crois pas que je vais y arriver.

- Tu vas y arriver mais il va falloir que ça se voit tout de suite sur toi.

Zoé passa ses doigts dans ses longs cheveux noirs.

- Je sais ce que je dois faire pour commencer.

Sans prévenir, Zoé saisit une paire de ciseaux dans le tiroir de sa table de nuit et coupa mèche par mèche ses cheveux.

Ses mèches cendrées tombèrent en anneaux sur le sol.

Elle continua jusqu'à qu'ils lui arrivent à la nuque.

- Je te le promets, frangin, je vais devenir plus forte. Et quand ça arrivera, tu seras fier de moi.

- Tu sais que je le suis déjà.

Zoé afficha un sourire triste et prit dans ses bras Lucas.

- Qu'est-ce que je ferais sans toi ? Pleura t-elle contre lui

Zoé revenait brusquement à la réalité.

- Et pourtant ce petit détail n'a rien changé en toi, tu es toujours aussi faible qu'avant et peut-être même encore plus. Rajouta Lucas

- Arrête, Lucas. Persifla t-elle

- Ne le prends pas comme ça, ça ne te va pas si mal les cheveux courts, en fin de compte. Complimenta t-il

Elle comprit ce qu'il faisait, il jouait avec elle comme un chat avec une souris. Sa main descendit pour effleurer et tracer la courbe de ses clavicules.

Zoé rougit et protesta accablée :

- Enlève tes mains de moi !

- Allons, sœurette, pourquoi tu t'énerves ? Tu t'imagines quand même pas que j'éprouve des sentiments amoureux pour toi, mmh ? C'est vrai que tu es sacrément jolie, petite sœur, mais c'est dégoûtant. Je te vois pas du tout en tant que mère de mes enfants. La provoqua t-il

Lucas arbora un sourire tordu, Zoé, répugnée à cette idée, s'époumona :

- Tu me dégoûtes !

- Si on commençait enfin à jouer, je suis impatient ! Interrompit son frère

Lucas sortit de la poche arrière de son jean un large couteau de survie, Zoé comprit alors que c'était le sien.

Se moquant de son expression choquée, il dit narquoisement :

- Je savais que ça te ferait plaisir.

Il s'esclaffa bruyamment.

Les yeux de Zoé s'écarquillèrent.


Ève reçut un énième coup de pied dans ses côtes blessées, elles avaient fini par être fracturées...Étendue par terre sur le ventre, le corps tremblant, son visage et ses membres saignaient abondamment.

La jeune femme n'arrivait même plus à discerner correctement son environnement, le sang recouvrant et suintant chaque centimètre de sa peau.

Le rire fou de Jack résonna désagréablement à ses oreilles, elle entendit ses pas lourds se dirigeaient devant elle.

Cruel, il saisit brutalement une poignée des cheveux d'Ève pour qu'elle le regarde droit dans les yeux, afin de voir toute la souffrance dans ses iris :

- Tu en as assez, fillette ? S'enquit-il avec un horrible sourire

Ève le toisa en retour avec mépris et haine. Un petit sourire fendit ses lèvres ensanglantées, elle se mit à rire d'une façon provocante :

- C'est tout ce dont vous êtes capable ? Vous n'avez rien de mieux ?

Aussitôt, Jack perdit son sourire, la fureur prit place et assombrit son visage. Il relâcha les cheveux de sa victime, sa tête retomba mollement vers le bas, Ève pensait qu'il s'éloignerait enfin.

Sans prévenir, le patriarche aplatit sa botte derrière la tête d'Ève plaquant avec force contre le plancher sale et poussiéreux.

Ève gémit en sentant un clou rouillé, qui était relevée, blessait sa joue douloureusement.

Jack appuya sa botte sadiquement.

- Je peux continuer ça toute la journée, même toute la nuit. Vas-y ma belle, continue de me résister. Ricana t-il

- Je m'en moque, jamais j'accepterais d'être le jouet de ce monstre ! Si vous voulez que je me plie à sa volonté, il faudra me tuer ! Riposta Ève

- Maman, tu n'y penses pas ? Je suis certaine que tu as trop peur de mourir. Dit Eveline d'une voix hésitante

Ève cracha du sang et toussa bruyamment. Elle secoua la tête de gauche à droite.

- Peur de mourir ? Oh que non. Par contre, toi, tu en as peur. Se moqua Ève

- Arrête, arrête, papa fais-la taire ! Ordonna Eveline

Jack appuya encore plus fort sa pression qu'il avait sur sa tête.

- Tu vois ? Rit Ève froidement

- Tais-toi, tais-toi ! C'est horrible, je revois quand les autres sujets se faisaient éliminer. C'était monstrueux, ils n'arrivaient plus à respirer, ils se convulsaient, ils gelaient et...et...et ils finissaient par être calcifiés. Trembla Eveline

- Tu as raison d'en avoir peur, la douleur et les souffrances interminables attendent les horribles petites filles comme toi ! Et bien sûr après la mort, tu finiras en enfer et crois-moi là-bas il n'y a aucun moyen de s'enfuir, ni pitié, ni pardon, tu vas être dévorée par les flammes. Ajouta Ève

- Arrête, arrête, arrête ! S'écria Eveline terrorisée

- Ne dis pas ce genre de choses à ma fille, salope ! Cracha Jack

- Rassure-moi papa, ça n'existe pas. Pleura Eveline

- Non, tu ne mourras pas, je te protégerai, ma puce. Assura Jack

Reprenant confiance, Eveline déclara méchamment :

- Elle mérite une punition. Si tu n'as pas envie d'être ma maman, tu peux être mon animal de compagnie. Quand tu deviendras docile et obéissante, tu pourras redevenir ma mère.

- Quoi ?! S'indigna Ève

- Ferme-la ! Un animal ne parle pas ! Cria Jack en frappant Ève

- J'ai toujours voulu avoir un petit chiot. S'enthousiasma Eveline


Zoé plissa ses paupières, elle retenait de nouvelles larmes, elle serrait ses dents et ses poings férocement.

Son corps entier était à présent couvert d'hématomes, de lésions et de coupures sanglantes. Ils avaient taché les draps miteux en dessous d'elle.

Sa peau était plus pâle et plus livide que jamais.

Zoé n'arrivait pas à croire ce qu'elle venait de vivre.

Lucas, debout devant elle, sifflotait joyeusement et regardait inlassablement la vidéo macabre qu'il avait prise sur la caméra.

Il tourna sa tête en direction de Zoé, il ironisa :

- On devrait travailler ensemble sur d'autres films, tu ne crois pas ? Tu sais pas combien de pognons on pourrait se faire.

Zoé laissa finalement des sanglots coulaient le long de ses joues. Lucas, qui, entendit sa sœur reniflait dans l'espoir de ravaler ses larmes, esquissa un sourire méchant.

- Ce n'était pas si horrible que ça. Railla t-il

Zoé frotta ses bras dans une tentative d'auto-réconfort.

- Tu as pourtant dit que ça ne te ferait ni chaud ni froid. Tu me déçois, Zoé. Gloussa Lucas

- Tu as eu ce que tu voulais, détache-moi, Lucas...Exigea Zoé anéantie

- Pas si vite, pas si vite ! Je vais te laisser partir mais avant je dois faire...Ça !

Lucas mit la caméra sous les yeux de Zoé. Elle voulut détourner sa tête mais il la força à fixer l'écran en tirant ses cheveux.

- Arrête et lâche-moi ! Ordonna Zoé

- Allons, je ne pouvais pas te laisser partir sans que tu le vois, tu es tellement photogénique dessus. Dit Lucas sarcastiquement

Sourd à ses protestations, il l'obligea à regarder la vidéo d'elle en train de se faire humilier.

Accablée, elle s'entendit gémir faussement de plaisir au contact de la lame qui s'enfonce profondément dans sa chair.

Elle entendit sa propre voix supplier :

- Lucas, s'il te plaît, continue...Je t'en supplie, dis-moi de me faire mal.

- Considère ceci comme ta punition, tu aurais dû y penser avant de foutre ma vie en l'air et polluer mon oxygène ! Dit Lucas avec mépris

La jeune femme sentit son cœur saigner de douleur...Tant de haine dans ces mots, elle n'entendait que des insultes, des injures, des accusations de la part de sa famille qu'elle aimait plus que tout.

Qu'avait-elle fait pour mériter ça ? Elle savait qu'elle était loin d'être la fille la plus modèle.

Sauf qu'elle montrait sans arrêt des preuves qu'elle apprenait de ses erreurs, elle montrait qu'elle regrettait profondément toutes les mauvaises choses qu'elle avait pu faire et qui avaient blessé ses proches...

Zoé ferma les yeux brusquement, Lucas, agacé qu'elle cherche à l'ignorer, menaça d'une voix sifflante et remplie de venin :

- T'as intérêt à regarder jusqu'au bout ou ce petit film ne sera pas le seul. J'agraferais tes yeux pour qu'ils restent ouverts et tu visionneras toute une compilation, t'as pigé ?

Impuissante, Zoé céda et décida de rouvrir ses yeux sous le sourire ravi de Lucas.

- C'est ça, obéis à ton frangin.

Enfin, la vidéo prit fin, Zoé, n'en pouvant plus, s'agita.

- Détache-moi ! S'exclama t-elle

Lucas se contenta de rire, un long frisson parcourut la colonne vertébrale de Zoé.

- Tu as vraiment cru un seul instant que je te laisserais partir ? Se moqua Lucas

- Non, non, non...Paniqua t-elle

- Je me suis bien amusé avec toi, j'ai envie que ça continue. Tu dois bien ça à ton grand frère adoré, non ? Justifia t-il

- Tu n'es qu'un salaud ! Je te déteste ! S'emporta Zoé

En réponse, il éclata de rire.

- Le "je t'aime grand frère" est vite parti. Mais je sais au fond que tu le penses encore. C'est pareil, je t'aime comme un fou, c'est pour ça que je te fais tout ça, pour que tu deviennes une personne meilleure. N'oublie pas, c'est pour ton bien, petite sœur.

- Pour mon bien ?! Tu n'es qu'un monstre ! Hurla Zoé

- Reste bien tranquille, je reviens, et ne t'en fais pas juste après, je suis tout à toi. Annonça t-il

Zoé observa Lucas quitter la pièce, il laissa la porte entrouverte, souriant de toutes ses dents, il ironisa :

- Au fait...Bon retour à la maison.

Zoé sursauta à l'entente de la porte qui se claqua violemment. Elle entendit Lucas introduire la clé dans la serrure et la tournait pour la verrouiller à double tour.