Clancy dévissa la clé de remontage, un liquide noirâtre en sortit, il se répandit sur le plancher.
Par réflexe, il recula et se couvrit le nez. Avec Lucas, il pouvait s'agir d'un liquide toxique et mortel qui tuait rien qu'en inhalant.
Plus il regardait, plus il arriva à identifier ce que pouvait bien être cette substance, c'était...de l'essence ?!
Il avait fini par récupérer la bougie, à la demande de Lucas.
Clancy n'aimait pas du tout ça, si la moindre étincelle de sa bougie entrait en contact avec l'essence, la pièce allait finir dévorer par les flammes et lui avec.
C'était ce qu'il l'attendait, mourir brûlé vif, s'il terminait toutes les énigmes ?
"Non, je pense qu'il cherche encore à me faire peur, cet enfoiré veut par tous les moyens que je perdes de mon assurance." Essaya de se persuader intérieurement Clancy.
Il se dépêcha de mettre le plus de distance entre le tonneau d'essence et lui.
Il repartit dans la pièce de tout à l'heure, il inséra la clé de remontage dans le ventre de l'automate, celui-ci s'agita brièvement.
Il décida de tourner la clé pour voir ce que ferait le clown. Ce dernier bougea sa main mécanique d'une façon assez étrange. Clancy se dit, qu'il avait essayé d'écrire.
Bizarre...
Clancy n'aimait pas cette lueur qu'il y avait dans les yeux vitreux du clown, il s'en éloigna. Il fouilla, farfouilla chaque recoin dans l'espoir de trouver des éléments qui l'aiderait à arrêter l'eau qui coulait.
Il eut subitement des frissons à l'idée que Lucas épiait tous ses faits et gestes grâce aux caméras, il devait bien rire de lui en le voyant se démener afin de sortir d'ici.
Il chassa l'image de Lucas hilare à la vue de ses efforts inhumains pour résoudre ses énigmes.
Le caméraman repéra une large fissure dans le mur, un tuyau coupé déversait du gaz, il fit attention à ne pas approcher trop près la bougie.
Une porte qu'il n'avait pas remarqué, au début, se trouvait en face. Une corde rouge verrouillait la porte, Clancy se hâta de la brûler avec sa bougie, il regarda la flamme la consumait.
Il ouvrit la porte et trouva un couloir rempli de ballons.
Ceci eut pour effet d'agacer le caméraman, le fils Baker pensait sincèrement que c'était une partie de plaisir pour lui.
Pour ce malade mental la vie des personnes n'était qu'un jeu, celui qui était le plus fort l'emportait et puis si tout...
Il traversa la pièce, quelques ballons éclatèrent à son simple passage, il retrouva parmi eux un ballon jaune clair dégonflé.
Clancy, intrigué, le récupéra. Peut-être contenait-il un objet.
Arrivé à l'autre bout du couloir, une nouvelle porte verrouillée s'y trouvait, un cadenas avec des lettres, cette fois, était accroché à la serrure.
Après mûre réflexion, il comprit que le clown détenait certainement le mot de passe, il fallait d'abord qu'il le fasse fonctionner. Il se souvint que le clown avait essayé d'inscrire quelque chose.
C'était forcément ça.
Clancy repassa devant le tuyau cassé, il regarda attentivement le ballon dégonflé et le gaz qui sortait du conduit.
- Je peux toujours essayer...Murmura Clancy
Le caméraman enfonça le ballon dans le tuyau, celui-ci se mit à gonfler sans s'arrêter, il prit un volume considérable.
Clancy aperçut des piques dépassées à l'intérieur du ballon, il essaya de s'en éloigner, trop tard, le ballon éclata.
Des projectiles de clous s'en échappèrent, Clancy, instinctivement s'était couvert le visage avec ses mains.
Une douleur suraigüe le transperça, sur le dos de sa main gauche, un énorme clou avait réussi à s'enfoncer dans sa chair.
Son sang ne cessa de couler de sa plaie fraîche, avec difficulté, il parvint à retirer le clou, Clancy gémit de douleur. Son supplice n'était pas fini, une plume s'était aussi plantée dans son ventre.
Clancy se dépêcha de l'enlever, il poussa un petit cri de douleur, il regarda horrifié son sang qui dégoulinait du bout de la plume.
Lucas, depuis sa salle de surveillance, pouffait de rire. Il était tombé dans son piège la tête la première.
Clancy retourna voir le clown, à cet instant, il se rendit compte qu'il manquait un doigt à l'automate.
Il soupira, il ne pouvait donc pas tenir la plume.
Il ne se découragea pas pour autant.
- T'en fais pas, Ève, j'arrive...Je vais sortir d'ici...Promit Clancy
- Alors comme ça, Clancy, tu penses être digne d'elle ? Résonna la voix de Lucas dans les interphones
- Oui, plus que toi en tout cas ! Répondit Clancy sans hésiter
- Je t'ai pas raconté toute l'histoire, on dirait...Elle et moi, on a passé des moments que tu ne peux même pas imaginer. Elle est à moi, rien qu'à moi, à moi seul ! Et n'importe qui, qui osera me la prendre, je le tuerai de mes propres mains.
- Tu verras, enfoiré, je me tirerai d'ici avec Ève ! Tu ne m'en empêcheras pas ! S'exclama le caméraman
- Que dirait-elle si elle te voyait ? Tu ressembles à un toutou qui tourne autour de lui pour attraper sa queue. Se moqua le fils Baker
- Et que dirait-elle si elle te voyait me faire subir ça ? Tu crois qu'elle te féliciterait ? Elle est répugnée par toi ! T'as gagné, ducon, elle te déteste ! Ironisa Clancy
- J'en serai pas sûr si j'étais toi. Je n'ai pas besoin qu'elle m'aime, elle mourra avec moi de toute manière. On sera ensemble pour toujours...Admit Lucas
- Tu voudrais la voir morte ?! Qu'est-ce qui ne pas chez toi, bordel ?! S'emporta Clancy
- Dépêche-toi de finir ce jeu, mon pote, ou sinon tu vas rater la petite surprise que je t'ai faite. Allez, si tu y arrives, tu pourras voir Cendrillon. Pressa Lucas
- Encore des fausses promesses ? Grommela Clancy
- Non, cette fois, je te dis la vérité. Dit Lucas
- Je veux la voir, t'entends ?! Sinon je ne fais rien du tout ! Exigea Clancy
- Oh, Clancy, pourquoi es-tu aussi exaspérant ? Tu ruines mon plaisir, j'aurais dû rien te dire. C'est pour ça que je préfère garder le silence concernant mes surprises...S'exaspéra Lucas
- Ferme-la et fais-le ! Ou je brûle ton putain de clown ! Menaça Clancy
- Je te promets rien, OK ? Elle doit être avec mon père et je crois pas qu'il ait envie de la lâcher. Répliqua Lucas
- Quoi ?! S'il lui a fait quelque chose, je te jure que...
- Tu vas faire quoi ? Vas-y, dis-le ! T'oublie pas un détail, Clancy ? Tu es coincé ici. Je ne le fais vraiment pas pour toi, tu sais, j'ai juste envie de voir que tu ne la reverras plus jamais. Ça sera la dernière fois. La toute dernière fois ! Coupa Lucas
- Entre, ma biche. Intima Jack en poussant Ève dans la chambre
La jeune femme fit volte-face, elle ne souhaitait pas être de dos à Jack. Elle observait effrayée ce dernier refermait la porte derrière eux.
- Non, je t'en prie. Je ne pourrais pas arriver à dormir si...Rougit Ève
- Si, quoi ? Répéta Jack le sourire aux lèvres en la voyant embarrassée
Ses joues s'empourprèrent davantage à la vue du regard insistant du père Baker. Elle se tortillait de plus en plus mal à l'aise.
- Mais...Mais...Tu n'as pas besoin de dormir...Balbutia Ève
Jack croisa ses bras sur son torse, en réponse, il éclata d'un rire grinçant :
- Tu crois que ça me fera partir ? Il va falloir trouver mieux, jeune fille. S'esclaffa t-il
- Mais Madame Baker, elle...elle n'aimerait pas que ça arrive. Insista Ève les joues cuisantes
- Si tu ne jacasses pas, elle n'entendra rien. Répondit-il d'un ton ennuyé
- Quoi ?! S'alarma Ève
- Tu as voulu dormir, alors dors et ferme-la une bonne fois pour toutes ! Ne me fais pas attendre, je peux très bien reprendre là où je m'étais arrêté et je te garantis que tu ne te releveras pas de ces coups, t'entends ?! S'énerva Jack en la poussant brutalement en arrière
Ève se retrouva assise sur le lit, elle tremblotait, elle n'avait jamais ressenti autant d'appréhension.
Elle trouvait cette situation pire que toutes les autres qu'elle avait dû affronter.
- Je...Je...Bégaya t-elle
- Tu aimes me contarier, et moi j'aime te punir quand tu le fais. Railla le patriarche en s'approchant dangereusement d'elle
- Non, Papa, s'il te plaît...Je ne peux plus endurer quoi que ce soit. Supplia Ève en levant ses bras devant elle pour se protéger
Le rire fou de Jack accentua les frissons de la jeune femme.
- Voilà, c'est ce que j'attendais !
Il plongea une main dans ses longs cheveux châtains.
- T'en fais pas, ma belle, je vais aller doucement, très doucement...Cajola t-il en remettant une mèche derrière son oreille droite
- Pitié, je ne cherchais pas à te contrarier. Pleura Ève désespérément
- Tu l'as fait, fillette. Maintenant, tu dois être punie et subir les conséquences. Gloussa t-il
- Non, non, s'il te plaît, s'il te plaît...D'accord, je vais le faire. Je t'en prie, ne me fais pas mal, je vais le faire. Accepta t-elle finalement
Lentement, elle monta sur le lit puis elle s'y allongea sur le dos.
- Mets-toi au milieu. Ordonna Jack
Elle obéit, laissant une place pour lui, elle sursauta violemment lorsqu'il la rejoignit. Elle pouvait sentir son souffle rance et froid qui chatouillait sa joue.
Il empestait l'alcool, combien en prenait-il par jour pour en être autant imprégné ?! C'était comme si cette odeur faisait partie de lui.
Ève n'osa tourner les yeux en direction de Jack, de peur qu'il s'énerve.
Elle focalisa son attention sur le plafond.
Cependant, elle ne pouvait ignorer indéfiniment Jack, il ricana froidement :
- Tu n'es pas contente que Papa dorme avec toi ?
Ève ne répondit pas. Elle ferma ses yeux pour se calmer intérieurement. Elle ne put les fermer longtemps, l'idée de ne pas savoir ce que Jack faisait à côté d'elle, la perturbait plus que d'être dans cette situation.
Elle crut qu'elle allait s'évanouir, Jack renifla longuement ses cheveux.
- Si douce, si appétissante...Susurra t-il au creux de son oreille
Ève n'osa pas faire le moindre geste, elle crut que son cœur allait s'arrêter tellement elle avait peur.
- Tu me donnes faim...Souffla t-il
Elle tressauta en sentant les doigts de Jack qui traçait un bleu sur sa joue.
- Je t'ai fait de belles blessures. Se félicitait-il
- Et si...Tenta à nouveau Ève
- C'est moi qui décide dans cette maison. Je fais ce que je veux, compris ? S'agaça Jack
- Jack ?! Jack ?! Où es-tu ? Appela Marguerite
Jack soupira longuement, il serra contre lui Ève, malgré ses protestations silencieuses.
- Tu l'as bien cherchée, fillette. Si tu t'étais tenue à carreaux...Se désola Jack faussement
- Pourquoi tu dis ça, Papa ? S'inquiéta Ève
- Tu le sauras plus vite que tu le crois. Sourit Jack sadiquement
Marguerite Baker ouvrit brusquement la porte, son visage se décomposa à la vue de la scène qu'il y avait devant elle.
Elle ne resta pas longtemps muette, elle poussa un long cri de rage :
- Sale petite garce ! Comment oses-tu me voler mon mari ?! Je vais te découper en morceaux ! Hurla t-elle
Marguerite fondit sur Ève et l'arracha à Jack en lui tirant violemment les cheveux. Elle la traîna par terre et la frappa.
Ève essayait vainement de se justifier :
- Ce n'est pas ce que vous croyez, lâchez-moi, je vous en supplie !
Jack observait avec contentement ce qui se passait devant lui. Il ne défendit même pas la pauvre Ève qui se faisait malmener injustement par sa femme.
- Menteuse, menteuse, menteuse ! Tu me prends pour une idiote ! Vociféra t-elle folle de rage
Marguerite ne s'arrêta pas de la frapper.
- Pitié. S'adressa Ève à Jack
Le père Baker décida enfin à intervenir :
- Marguerite, je dormais seulement avec la petite, elle n'arrivait pas à s'endormir. Tu sais que je n'aime que toi, chérie.
Marguerite relâcha enfin Ève, le nez ensanglanté, elle s'éloigna le plus possible de la matriarche, à quatre pattes.
- Jack, je pensais que...Chuchota Marguerite
Le patriarche se leva, il prit dans ses bras sa femme, puis il lui embrassa son front.
- Tu es tout pour moi, trésor. Insista Jack
- Oh Jack...Excuse-moi. Se confondit en excuses Marguerite en le serrant un peu plus dans ses bras
Ève pleura de douleur, son cœur était brisé en mille morceaux, elle cracha du sang par terre, elle ne cessa de tousser.
- Je suis désolée, je te jure que je ne douterais plus jamais de toi. S'excusa Marguerite
Jack hocha la tête.
- Je vais remettre la petite au lit. Déclara t-il
- Je vais préparer le dîner, d'accord ? Tu dois avoir une faim de loup. Rit Marguerite
- C'est pas faux. Avoua Jack en riant
- À tout à l'heure, chéri. Dit Marguerite
Jack attendit que Marguerite soit partie pour venir s'asseoir sur le lit juste en face d'Ève, qui continuait de pleurer à chaudes larmes.
- Alors fillette, tu as compris la leçon ? Tu vas être gentille, maintenant ? La provoqua t-il
- Oui, je serais gentille. Acquiesça Ève
- Lève-toi, ma biche. Dit Jack
Ève se leva aussitôt, en dépit de ses membres tremblants. Jack prit sa main et la tira vers lui, il la fit s'agenouiller devant lui.
Craignant d'autres coups, elle se crispa.
Le patriarche, avec un sourire méchant, se contenta d'essuyer avec son pouce les larmes qui ne cessaient de couler sur les joues d'Ève :
- Chut, chut, ça va passer. Consola Jack faussement
- Pourquoi ? Sanglota t-elle
- Tu n'étais pas docile...Répondit-il
- Je...Je...ne voulais pas...être désobéissante...Hoqueta Ève
- Tu l'as été, tu ne voulais pas m'écouter. Tu refusais d'obéir à Papa. Gronda Jack
- Je voulais pas, je voulais pas, je t'en prie, tu dois me croire...Pleura Ève de plus belle
- Je te ferais confiance que si tu me le prouves. Dit-il
- Comment ? Questionna Ève les larmes aux yeux
- Écoute bien, fillette.Tu fais partie de cette famille. Nous sommes ta famille, c'est ta maison, maintenant. Tu es chez-toi. Et tu resteras avec nous. Tu es à moi et tu n'obéis qu'à moi. Je me suis bien fait comprendre ? Expliqua t-il
- Oui...Approuva Ève
- Oui, qui ? Grogna Jack
- Oui, Papa...Répondit Ève d'une voix tremblante
- Bien, tu es enfin prête. Je reviendrai te voir plus tard.Tu assisteras au dîner familial, tu es des nôtres. Annonça t-il
À ces mots, il quitta la chambre, laissant Ève enfin seule.
