Zoé farfouillait dans les papiers de son frère. Elle s'était introduite dans la grange et avait pénétré dans son refuge.

Elle cherchait parmi le désordre monstre le mot de passe de l'ordinateur et d'autres informations qui pourraient lui être utiles.

Il y avait tout un ramassis de notes, la plupart avait un format bien particulier, ça ressemblait à des rapports de recherches.

- Qu'est-ce que tu nous caches encore ? Dit Zoé furieusement en s'adressant à Lucas

Elle en saisit une, elle arriva à déchiffrer "The Connections". Elle plia la feuille pour la ranger dans la poche de son jean, elle l'inspecterait plus tard.

Elle n'avait pas de temps à perdre, Lucas pouvait revenir d'un instant à l'autre.

Elle continua à mettre la pièce dans un désordre pas possible, Zoé soupira lourdement et passa une main dans ses cheveux cendrés, elle n'avait rien trouvé...

Tandis qu'elle se laissa tomber par terre, son attention se porta alors sur un carton sous le bureau qui se trouvait juste à côté d'elle.

Zoé se mit à quatre pattes et passa sa tête sous le bureau sans cogner son front, elle le saisit impatiente de découvrir le mot de passe, ce qu'il contenait provoqua un froncement de sourcils chez la jeune femme.

Elle découvrit plusieurs dessins d'enfant, ils étaient tous dédiés pour Lucas de la part d'Ève.

Elle trouva des babioles comme des bracelets en perles, un ruban rouge, des cassettes, des photos cornées, enfouit là-dessous une caméra y était dissimulée.

Curieuse, Zoé s'asseya confortablement, elle rapprocha ses genoux et posa sa tête dessus, elle l'alluma, étrangement il y avait déjà une cassette à l'intérieur...

L'écran se brouilla puis elle reprit là où elle s'était arrêtée, la date s'afficha.

- 14 octobre 2010...Lit Zoé

Elle se rappelait que c'était la période où son frère avait dû être hospitalisé.

Elle se concentra alors sur ce qu'il allait suivre.

Lucas était allongé sur un lit d'hôpital, il portait un masque respiratoire, des perfusions sur chacun de ses bras, il avait fait l'effort de prendre la caméra entre ses mains et de se filmer.

Il hésita un petit moment puis il commença ce qu'il avait à dire :

- J'aurais voulu que tu me vois dans une autre situation, disons, plus joyeuse. T'inquiète pas, j'en ai peut-être pas l'air mais je vais un peu mieux, j'ai arrêté de cracher du sang. Mes voies respiratoires sont un peu plus libérées, tu sais, j'avais l'impression que je n'allais plus du tout respirer. Ce n'est pas très grave, je pense que c'est passager...Je pense très fort à toi, je sais que toi aussi tu penses à moi. Tu pourras alors me rendre une petite visite à l'hôpital, je sais que tu vas m'en vouloir, j'ai pas voulu que mon père vienne me voir. Il m'a déjà vu assez faible comme ça et il adore me rappeler constamment que je le suis. Devant toi, j'ai pas peur de le montrer, ma princesse, parce que tu m'as dit que j'étais tout simplement un être humain. À chaque fois tu m'as répété qu'en réalité c'est moi le plus fort. Tu m'as dit que moi je l'admettais alors que ceux qui s'imaginent intouchables, ce sont ceux qui sont les plus faibles. Sans toi, je le suis, quand t'es à mes côtés, je me sens capable de tout, bébé. T'es vraiment la meilleure, la plus belle, la plus douce. Je t'en prie, réponds-moi. Tu me manques, je pense à toi tout le temps. Ève, reviens, je te jure que je recommencerai plus jamais à être un mauvais garçon.

Il renifla pour empêcher une larme de s'échapper de ses yeux.

- Tu m'as dit de ne pas en vouloir à Zoé, c'est pas facile, elle m'a laissé seul, je devais subir les mauvaises blagues de ces imbéciles ! Je pouvais même pas me défendre. Je rentrais toujours avec des marques, des bleus, des habits déchirés, elle s'en fichait. Tu m'as dit qu'elle avait peur d'empirer les choses. Moi je pense qu'elle en avait rien à faire de moi. C'est rien, tout ce qui compte c'est toi, Ève, tu es ma seule raison de vivre. On vivra ensemble tous les deux, et on créera notre bonheur, personne n'y touchera sauf nous. Je t'aime...

Jamais en cet instant, il n'avait paru autant...humain.

Zoé était profondément bouleversée, elle ignorait comment réagir. Elle était partagée entre la rancune et la pitié.

- Je ne savais pas que tu souffrais...S'en voulut-elle en mettant une main contre sa bouche

- Pas autant que toi maintenant. Dit une voix moqueuse

Aussitôt, Zoé se releva, elle avait reconnu cette voix, c'était celle de son père !

Jack observait avec délectation le visage horrifié de Zoé, son horrible sourire aux lèvres.

- Tu la mérites depuis longtemps. Dit-il d'un ton faussement désolé

- Non, Papa ! Supplia Zoé en le voyant lever sa main vers elle

Avant qu'elle ne puisse faire le moindre pas, son père lui asséna une violente gifle, la faisant tomber par terre.

Le corps tremblant et les joues baignées de larmes, Zoé fixait son père terrorisée qui lui donnait des coups de pieds sans s'arrêter.

La jeune femme poussa des cris de douleur, il mettait toute sa force surhumaine dans chacun de ses coups.

Zoé voulait les esquiver cependant elle était bloquée à cause du bureau.

- Arrête, je t'en supplie ! Implora Zoé le nez en sang

- Je fais ça pour ton bien, ma chérie. Ironisa Jack en la frappant encore plus fort

- Papa ! Pleura Zoé vainement

- On ne peut pas renier sa famille, ma puce. Railla t-il en la saisissant par les cheveux

Derrière ses lunettes rondes, ses yeux bleus perçants et impitoyables glaça le sang de Zoé.

- Tu verras, avec le temps, tu t'y referas. Promit-il

- De quoi tu parles ?! S'affola Zoé les larmes aux yeux

Il se contenta de rire et il l'assomma en lui donnant un coup de poing.


Ève s'était évanouie, Lucas n'avait même pas pris la peine de savoir si elle allait bien ou non. Il l'avait portée dans ses bras et l'avait laissée sur le canapé qu'il y avait dans sa salle de surveillance.

La jeune femme n'avait pu dormir que très peu de temps, il retira le scotch de ses lèvres et elle fut réveillée par un seau d'eau glacée que Lucas lui avait renversé dessus sans ménagement.

Ève toussa, de l'eau avait réussi à entrer dans sa bouche entrouverte, elle trembla de froid, la température de son corps était anormalement élevée.

- Debout, t'as assez roupillé, tu crois pas ? Maman a dit que c'était l'heure du dîner, alors bouge-toi ! Secoua Lucas en lui donnant un coup de pied dans le ventre

La jeune femme eut des plaintes de douleur, elle se recroquevilla sur elle-même.

- J'ai froid...Répondit Ève dans un souffle

- Oh bébé, t'as envie que je te réchauffe en me frottant à toi ? Ironisa Lucas

- J'ai froid, tellement froid...Insista t-elle

- Tu crois pas que t'exagères, il fait une chaleur étouffante, on est en été quand même.

- Je t'en supplie, Lucas. Aide-moi ! Pleura Ève en tremblotant de plus belle

Ce dernier la regarda droit dans les yeux, légèrement déconcerté par sa réaction puis finalement il trouva la situation ennuyante et exaspérante.

- Pitié, pitié ! Cria Ève

- Tu peux le supporter, arrête ça maintenant. Suis-moi, Papa et Maman nous attendent. Coupa Lucas agacé

Son indifférence lui fit plus de mal que n'importe quel coup et blessure, elle se sentait réellement pas bien.

Elle savait que Lucas était peu sensible à la douleur des autres mais qu'il lui dise ça en pleine figure, lui donna l'impression que des millions de lames s'étaient enfoncées en même temps dans sa chair.

Ève décela qu'il lui reprochait quelque chose, elle sut qu'il ferait durer sa souffrance et son mal-être jusqu'à qu'elle regrette ce qu'elle avait fait

Elle comprit quelle était la raison pour laquelle il lui en voulait, c'était au moment où elle avait montré explicitement son affection pour Clancy.

Ce fut avec beaucoup de peine qu'elle posa ses pieds au sol et qu'elle marcha jusqu'à la salle à manger, Lucas n'avait même pas daigné à lui venir en aide.

À plusieurs reprises, elle vacilla.

Ève n'osa même pas regarder dans les yeux la famille Baker, elle fixait ses pieds blessés.

Jack était déjà là assis et à attendre impatiemment que le dîner soit servi, Marguerite, quant à elle, était occupée à terminer de mijoter ses plats immondes dans la cuisine.

À la vue de Lucas et d'Ève, le patriarche éleva la voix, irrité par une prétendue mauvaise manière :

- Lucas, encore sur tes fichus appareils ?! Et toi petite fille, encore à batifoler comme d'habitude ! Vous arrivez en retard au dîner ! C'est un repas qui se prend en famille !

- Tu te trompes sur toute la ligne, vieux, on était occupés à terminer un "jeu"...Pas vrai, Ève ? Riposta Lucas en donnant un coup de coude à Ève

La jeune femme ne répondit rien, sa force faiblissait de plus en plus. Elle avait la tête baissée, incapable de soutenir le regard froid de Jack Baker.

Son sourire prédateur s'étala sur son visage, le patriarche trouva amusant de voir explicitement le malaise chez la jeune femme.

- On dirait plutôt que tu as fait des bêtises, tu as recommencé à mal te comporter ? Alors comme ça tu veux déjà reprendre nos petites séances de dressage ? Susurra Jack à Ève avec un sourire narquois en fixant les déchirures de sa robe

- Ce...Ce n'est pas ce que tu crois...Papa...Baffouilla Ève

Lucas se moqua ouvertement des bégaiements d'Ève, ses yeux posés sur elle.

- Mon fils n'est pas encore l'homme de la famille que je sache, tu veux déjà passer à autre chose, ma biche ? Je sais que c'est moi que tu préfères. Insinua le père Baker

- Arrête...Supplia Ève

- J'ai failli oublié, regardez qui j'ai attrapé dans mes filets. Rétorqua Jack

Ève hésita à regarder, son cœur tambourinait à l'entente d'une voix familière :

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Zoé ! Reconnut Ève

- Ravi que tu viens partager le repas avec nous, sœurette. Tu t'es enfin décidée de quitter cette caravane de merde pour être avec ta famille. Ne se priva pas de se moquer Lucas

La jeune femme ignora les moqueries de son frère, elle s'agita sur sa chaise, des cordes rugeuses la maintenait prisonnière.

- Papa, détache-moi ! Ordonna Zoé

- Oh non tu vas devoir t'habituer, tu vas manger tous les soirs avec nous. Refusa Jack sèchement

- Je me mets juste à côté de toi, petite sœur. Je vais m'occuper de te faire manger. La nargua Lucas en s'asseyant sur la chaise

Ève resta sous le choc, Zoé la regardait d'un air désolé.

"Je dois la libérer ! " Pensa Ève avec force.

- Qu'est-ce que t'attends ? Assis-toi. Pressa Lucas en ricanant

Elle s'apprêtait à s'exécuter quand la voix grinçante du patriarche retentit :

- Non, tu vas mettre la table. Dépêche-toi ou je te traîne pas les cheveux. S'adressa Jack à Ève d'un ton acerbe

La pauvre trembla, elle se dirigea difficilement en direction de la petite cuisine, elle passa devant Marguerite qui la foudroyait du regard.

- J'espère que cette fois tu seras faire honneur à ma cuisine, jeune fille. Siffla t-elle entre ses dents

Ève ne répondit pas, la marmite que tenait dans ses mains Marguerite dégageait déjà une odeur nauséabonde, présageant que le plat de résistance était infecte.

Ève prit dans ses mains les assiettes et les couverts sales, ça la dégoûtait profondément.

Elle avait l'impression que sa tête pesait des tonnes, elle avait encore plus chaud, qu'est-ce qui lui arrivait ?

Elle revint à la table tout en évitant soigneusement le regard insistant et sévère du patriarche.

Ève déposa à chacun une assiette, une fourchette, une cuillère et un couteau, elle passa à côté de Zoé.

Elle attendit que Lucas soit concentré sur l'écran de son téléphone et que Jack était distrait pour chuchoter discrètement à Zoé :

- Je vais te sortir de là, je vais détourner leur attention, prends le couteau et coupe la corde...

Cette dernière hocha la tête, elle approuvait ce plan.

Ève s'éloigna rapidement afin de ne pas attiser les soupçons chez les Baker.

Lorsqu'elle posa devant Lucas son assiette celui-ci attrapa son bras pour avoir son attention.

Il lui murmura d'un ton ironique :

- Promis, bébé, je te garderai une place plus confortable, la prochaine fois. Sourit-il en tapotant ses cuisses

Ève lui jeta un regard dégoûté, elle retira son bras de sa prise brusquement.

Furieux d'avoir été repoussé, Lucas poussa son assiette d'un revers de la main et elle s'écrasa sur le sol en mille morceaux aux pieds d'Ève.

- Regarde ce que tu as fait Ève ! Fais plus attention ! S'exclama le fils Baker attirant le regard de Jack et de Marguerite

- Comment oses-tu casser ma verrerie ?! J'en ai ma claque de toi et de tes maladresses ! Je vais t'étriper ! S'époumona la matriarche

- Tu es vraiment qu'une bonne à rien, dépêche-toi de ramasser les dégâts que tu as fait ! Grommela Jack

Ève tourna sa tête furieusement en direction de Lucas qui lui offrait en retour un horrible sourire.

Ne la lâchant pas du regard, il observait minutieusement ses faits et ses gestes.

Elle s'agenouilla par terre et ramassa les débris de verres précautionneusement.

Ève était épuisée émotionnellement, elle n'en pouvait plus, elle rassembla lentement dans sa paume les fragments.

Lucas le savait parfaitement bien, il continua à la pousser à bout :

- T'en fais pas, tu es habituée à beaucoup pire, non ? Consola Lucas faussement en écrasant sous son pied les autres bouts de verres restants

Ève ne réagit pas, elle resta silencieuse, elle sentit son champ de vision se brouillait. Incapable de continuer à se battre, du moins en ce moment, elle décida d'être sereine.

- Enlève ton pied, Lucas. Demanda Ève d'une voix calme

- Tu crois pas que tu me dois des excuses ? La provoqua t-il

- À quoi serviraient-elles ? Elles ne seront même pas sincères. Soupira t-elle

- Tu m'ignores et tu sais que j'ai horreur de ça. Insista Lucas en fronçant les sourcils

- Qu'est-ce que tu fabriques, ma fille ?! S'impatienta Jack

- S'il te plaît, Lucas...Supplia Ève dans un murmure exaspéré

Lucas se contenta de rire, il rétorqua à la place d'Ève :

- Oh, Papa, il faut bien qu'elle fasse attention à ne pas se couper sinon elle devra en plus nettoyer son sang par terre...

Jack ne répondit rien, agacé d'attendre.

- Je ne me satisfais plus de ça, je veux plus. Sourit-il narquoisement

- Juste après, je te promets de tout faire, je t'en supplie. Dit Ève

- Bon, OK. Accepta t-il finalement

Enfin, elle s'empara de ce qu'il restait puis elle se releva et se hâta de les jeter.

- Assieds-toi maintenant ! Gronda Jack

Ève obéit, elle était entre Lucas et la vieille femme qu'elle avait vu à son arrivée. Qui était-elle ?

Personne ne prêtait attention à elle, Ève avait l'impression d'être la seule à la voir.

Marguerite servit le repas dans chacune des assiettes, de nouveau il s'agissait d'organes décomposés.

- Régalez-vous, mes amours. Souhaita Marguerite avec un sourire écœurant

C'était une véritable scène d'horreur qui se produisait devant elle, Jack arrachait et déchiquetait avec ses dents les organes dans son assiette, Marguerite dévorait avec appétit les cafards qui marchaient sur la table, Lucas embêtait sa sœur en lui jetant à la figure le contenu de son assiette.

Ils ignorèrent les yeux exorbités d'Ève à la vue de cette immonde spectacle.

- Arrête ça ! Protesta Zoé furieusement

- Lucas, fais-la manger au lieu de gaspiller la nourriture ! S'énerva Jack en frappant son poing contre la table

- Ouvre la bouche, Zoé. Tu dois prendre ta ration. Gloussa Lucas

Le fils Baker attrapa la cuillère, il la remplit et força à l'entrer dans la bouche de Zoé qui scellait ses lèvres du mieux qu'elle le pouvait.

Il réussit à l'introduire dans la bouche de sa sœur, celle-ci se bâillonna et s'étouffa. Elle toussa sous les éclats de rire de son frère.

- Vous ne trouvez pas que Zoé a plus bonne mine, maintenant ? Pouffa Lucas en pinçant la joue de sa sœur

- Fiche-moi la paix ! Protesta Zoé

- Qu'est-ce que tu attends pour manger ?! S'écria Marguerite d'une voix dangereusement aigüe

- Je...Je vais manger...Bredouilla Ève

- Tu n'as même pas touché à ton assiette depuis tout à l'heure ! J'ai mis tout mon amour dedans et toi tu te permets de la gâcher ! S'égosilla Marguerite

- Je vais m'en charger, là tu pourras être sûre qu'elle va finir toute son assiette. Intervint Jack avec un sourire mauvais

- Non, ce n'est pas la peine, Papa...Assura Ève

- Allons, allons, toutes les petites filles adorent que leur papa les fassent manger. Répondit Jack d'un ton ironique

- Non, ça ira. Insista Ève

Mais sans succès, il s'était déjà levé, déterminé à réaliser ce qu'il avait prévu pour elle.

Ève tressaillit au moment où Jack était debout à côté d'elle, il prit la cuillère et la remplit.

- Allez, mange, et tu seras enfin des nôtres. Tu seras la fille à Papa...

Les yeux verts de la jeune femme se posèrent sur Zoé, à son plus grand soulagement toute l'attention était focalisée sur elle, la fille Baker réussit alors à défaire ses liens.

Jack, qui sentit l'inattention d'Ève allait détourner les yeux pour savoir ce qui la perturbait. En voyant cela, Ève empoigna le bras de Jack.

- Papa ! Je dois te dire quelque chose ! S'exclama t-elle

- Quoi ?! Grogna t-il en repoussant la main d'Ève.

- Je...Je...En fait...Je voulais, euh...Bégaya Ève

- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu vas le dire oui ou non ?! S'impatienta le patriarche

- Je voulais préparer le dîner, la prochaine fois. Inventa Ève en affichant un sourire

Jack resta silencieux, pris au dépourvu par sa réponse.

- Tu insinues que ma nourriture n'est pas bonne ?! S'indigna Marguerite

- Non pas du tout, Maman. C'est juste que je voulais t'éviter de te fatiguer et que je pourrais m'occuper de tout. Tu travailles tellement. Rectifia Ève

- Oh c'est très gentil de penser à moi, ma chère. S'attendrit Marguerite

C'était effrayant à quel point l'humeur de la matriarche pouvait changer du tout au tout.

- Mmh, goûter tes plats, bébé, moi, ça me dit beaucoup. Je suis sûr qu'ils vont être aussi appétissants que toi. Insinua Lucas en léchant ses lèvres minces

Ève eut un air dégoûté, seulement elle décida de continuer à jouer le jeu pour Zoé.

- Et toi, Papa, qu'est-ce que t'en dit ? En plus je suis certaine que ça plaira à Eveline. Questionna Ève

Le patriarche reposa la cuillère dans son assiette pour saisir le menton d'Ève. Elle appréhenda sa réponse, étonnamment il lui adressa un sourire, quoi qu'il était assez inquiétant.

- Tu as enfin décidé d'être la bonne fille que je voulais ? Susurra t-il

Ève hocha la tête avec un sourire gêné à cause des insinuations du patriarche.

Zoé profita de cet instant, elle se leva rapidement et se précipita dans le couloir et vers la sortie. Jack poussa un cri de rage, il pointa du doigt Ève :

- Toi ! Toi ! C'est toi qui la libérer ! Tu vas voir ce qui t'attend ! Hurla t-il

Il releva brusquement Ève par les cheveux.