Ève pensait qu'elle allait encore être victime de la violence de Lucas, toutefois, il se contenta de la prendre contre lui dans une étreinte possessive.

Ses bras l'emprisonnaient, celle-ci tressaillit, elle n'aimait pas ce prétendu geste d'amour et de douceur. Comment pouvait-il être aussi désinvolte et hypocrite ?

Ève avait l'impression qu'il cherchait à tout prix à sauver les apparences, mais à quoi bon ? Elle savait parfaitement qui il était ainsi que ses intentions envers elle.

Elle ne comprenait pas à quel jeu il jouait et ça ne faisait que la rendre encore plus furieuse.

- Tu sais quoi ? Je me fiche de ce que tu penses...Lui sourit Lucas

- Je sais, tu l'as déjà dit ! Cracha Ève

Lucas la serra un peu plus contre lui, provoquant un gémissement de douleur chez Ève.

- Justement, tu n'as pas l'air de l'avoir saisi. Je tenais simplement à te le rappeler. Siffla t-il

- Lâche-moi, tu me fais mal ! Exigea Ève

- Te faire mal ? J'en suis incapable. Ne t'en fais pas Evie, je prendrai soin de toi, laisse-toi aller. Promit Lucas ironiquement en embrassant son front

- Ne m'appelle pas comme ça ! S'écria Ève les larmes aux yeux

- Pourquoi ça ? C'est bien le surnom que te donnait mon idiote de sœur, tu t'en souviens ? Fit observer Lucas

- Tu n'es pas Zoé...Dit Ève simplement en détournant les yeux pour ne pas qu'il puisse voir ses sanglots

- Si tu réagis comme ça c'est peut-être parce que c'est aussi le surnom d'Eveline. Se moqua-t-il

Il faisait absolument tout pour enfoncer le couteau dans la plaie, elle ne pouvait plus le supporter.

- Je ne lui ressemble pas, mets-toi ça dans la tête ! Protesta Ève

- C'est vrai, vous n'avez rien avoir toutes les deux. Elle n'est pas aussi drôle que toi. Même Mia lui ressemble plus...Susurra Lucas

- Je t'interdis de me comparer à elle ! Je ne veux plus entendre parler d'elle ! Elle m'a tout pris, absolument tout ! S'emporta Ève

- C'est amusant, je t'ai jamais vu autant haïr quelqu'un. Qui aurait pu croire que ça puisse arriver à toi, qui est si gentille avec tout le monde. Je suppose qu'il y a un début à tout. Fit observer Lucas

- Qu'est-ce qui te fait dire que c'est vraiment elle que je déteste le plus ? Qui ne dit pas plutôt que c'est toi la personne que je hais le plus au monde ? Insinua Ève

- Moi ? Tu ne peux pas me détester, Ève, toi et moi, on sait que j'ai été et que je suis quelqu'un d'important à tes yeux. Même après tout ce qui s'est passé entre nous deux, tu es attaché à moi. Tu me vois toujours comme ton meilleur ami. Tu ne peux pas le nier. S'amusa Lucas

Et pourtant, il disait la vérité. Ève n'avait jamais pu réussir à lui en vouloir ou même parvenir à l'effacer définitivement de son existence.

Elle se détestait pour ça, comment arrivait-il à faire en sorte de ne pas lui devenir indifférent ?

- Tu es vraiment sûr de toi ? Railla Ève

- Je te connais par cœur, chérie. Je connais les moindres pensées intimes qui trottent dans ta jolie petite tête. Ironisa Lucas

- Moi aussi j'ai cru te connaître mais tu vois, il se peut que toi aussi tu fasses erreur à propos de moi. Répliqua-t-elle

- Non, non, non, c'est différent. Toi, tu ne caches pas ton jeu comme moi, tu es et tu resteras jusqu'à la fin de tes jours la personne que tu es. Approfondit-il

- Ça je te l'accorde, c'est ma naïveté qui m'a conduite à ma perte. Maintenant, lâche-moi. Exigea Ève

Cependant, Lucas ne l'écouta pas, il ne la lâcha pas prise et continua à la tenir fermement contre lui.

- Tu penses que tu peux essayer de t'éloigner de moi ? Mais tu ne vois donc pas qu'au contraire tu n'as fait que te rapprocher. Je reste ton seul et unique ami ici, que tu le crois ou non ! S'écria Lucas

- Tu n'es pas mon ami ! Tu ne l'as jamais été, Lucas ! J'ai cru voir quelqu'un de bien, un garçon compréhensif et qui ne veut que le bonheur des autres, sauf que la vérité est que tu es un égoïste, un lâche, qui ne cherche qu'à s'en sortir lui-même. S'impatienta Ève

La mine de Lucas devint sombre et Ève savait que c'était mauvais signe, elle était allée trop loin...

- Redis-moi que je suis un lâche et je fais en sorte que tu ne puisses plus prononcer le moindre mot. Maintenant, je n'aimerais pas faire ça, je te veux entière et rien qu'à moi. Menaça Lucas

- Tu es malade ! Insulta Ève

Lucas lui asséna une violente gifle, Ève ne se laissa pas démonter et le regarda droit dans les yeux.

- Je pensais que j'avais été clair, plus un seul mot de travers ! Continue et je fais appel à ton adorable fille, tu sais, Eveline. Assura Lucas

- Ce n'est pas ma fille ! S'époumona Ève en se dégageant de l'étreinte de Lucas

Cette fois-ci, il la laissa filer.

- Autant de mépris, ce n'est pas très gentil, pourtant elle m'a dit des tas choses sur toi. Elle voit en toi sa grande sœur voire même sa mère. Sourit-il

- Tu me dégoûtes, tu aimes vraiment tout ce qui se passe, la situation dans laquelle tu es. Elle a détruit ta famille et toi au lieu de tout faire pour l'en empêcher, tu l'aides et tu approuves ce qu'elle fait. Reprocha Ève

- Tu crois peut-être que je vais risquer ma vie pour ma famille ? Et surtout, il faudrait être idiot pour ne pas aimer tous ces pouvoirs qu'elle m'a donnés, en plus j'en profite pleinement puisque j'ai toute ma tête au contraire de mes parents. Répondit Lucas sans aucune once de gêne

- Ce qui est idiot c'est de trahir et d'abandonner son propre sang, tu verras, ça finira par te retomber dessus et il n'y aura personne pour te venir en aide. Confirma Ève

- Oh non, je ne m'en fais pas à ce sujet, déjà comme je te l'ai si bien appris, les connards s'en sortent toujours. Et même s'il venait à m'arriver une tuile, je t'aurais avec moi, bébé, et c'est tout ce qui compte.

- Il est hors de question que je finisse mes jours avec toi. Lâcha Ève

- C'est ce qui est en train d'arriver. Ça fait plus d'une semaine que tu es ici, et bientôt ça fera un mois, ça fera une année et une autre, jusqu'à la fin de ta vie, tu seras avec moi. Rien qu'avec moi...Dit Lucas

- Non, je ne veux pas rester ici ! Refusa Ève

- Tu veux encore essayer de t'échapper ? Je crois que tu n'as pas saisi, personne ne repart. À moins d'être mort. Lança t-il

Ses ricanements ne firent que rendre Ève encore plus nerveuse. Pourtant, elle retourna dans sa tête la dernière phrase qu'il avait prononcé.

- Accepte-le, tu n'as pas d'autre choix de toute façon. Ce n'est pas si terrible comme destin, voyons. Estime-toi heureuse, si tu n'étais pas toi, je ne t'aurais pas garder et tu serais morte depuis longtemps.

- Vivre en captivité, c'est sûr que ce n'est pas horrible, quelle chance...

- Arrête d'être aussi pessimiste, vois le bon côté des choses, tu es à moi.

- Non, je ne le suis pas.

- Je ne te l'ai pas suffisamment prouvé, mon cœur ? Tu veux que je recommence ?

- Non, ne me touche pas ! Cria t-elle

- Rappelle-moi combien de fois tu l'as dit et que je l'ai quand même fait. Dit-il se moquant ouvertement d'elle

- Pose un seul doigt sur moi et je hurle. Prévint Ève

Lucas eut un fou rire incontrôlable lorsqu'il entendit sa menace :

- Je vais pas m'en remettre d'entendre ta jolie voix crier mon nom. Ironisa-t-il

- Pourquoi tu me fais tout ça ?! C'est bon, ça ne t'as pas suffit de tout me prendre ?! Je veux mourir, oh mon Dieu, pitié, prends-moi...Succomba-t-elle

Ève ne fit plus attention à Lucas, son attention se porta sur les barreaux. Mais oui, pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ?

- Hé, qu'est-ce que tu regardes comme ça ? Soupçonna Lucas

- Tu as raison, il n'y a qu'un seul moyen de se libérer...C'est fini...Je vais mettre un terme à tout ça. Dit Ève d'une voix affirmée

Sans plus attendre, Ève se précipita sur les barreaux, elle les saisit fermement et recula un peu pour prendre de l'élan.

Lucas comprit alors ce qu'elle essayait de faire.

Elle se cogna la tête brutalement, la douleur l'aveugla sauf qu'elle n'en avait plus rien à faire.

- Arrête ça ! Ordonna Lucas

Elle continua de cogner son front contre les barres de métal jusqu'à que du sang jaillisse de son nez.

Ève sentit Lucas saisir sa taille pour l'éloigner des barreaux mais celle-ci tint bon et ne lâcha pas prise.

- Lâche ça ! Tu veux avoir mal sans que ça soit moi le responsable. Oh non, je te laisserais pas ce doux plaisir, ma jolie.

- Je vais mourir dans peu de temps, tu vas te contenter de mon corps sans vie. Tu vas te retrouver tout seul ! Assura-t-elle

Ève réussit à se dégager et recommença son petit manège. Au bout d'un certain temps, elle se retrouva le visage ensanglanté.

Le corps tremblant, Ève se laissa tomber sur le sol humide de la cellule, elle sursauta quand elle sentit le froid se propager dans sa peau.

Elle n'y prêta plus attention et elle se prit le visage entre ses mains sous le regard amusé de Lucas.

- Ça n'a pas marché...Non c'est pas vrai...C'est impossible...Désespéra Ève

- Qu'est-ce que tu t'imaginais ? Tu es idiote d'avoir pensé que tu pouvais mourir de cette façon. Je croyais que tu savais maintenant ce que tu es. S'esclaffa Lucas méchamment

Le visage couvert de sang et d'hématomes, Ève regarda droit dans les yeux Lucas d'un air pratiquement désespéré.

- Je peux pas le croire, non, je dois mourir. Je le dois. Pitié, je t'en supplie, tue-moi. Tue-moi ! Paniqua Ève

La respiration de plus en plus difficile, Ève pleura sans aucune retenue.

Lucas ne se contenta que de s'accroupir pour se mettre à sa hauteur, il caressa ses cheveux, un sourire suffisant aux lèvres.

- Te tuer ? Je ne te donnerai pas ce plaisir, par contre, tu vas vivre, vivre pour continuer à supporter tout ça encore et encore. Révéla-t-il avec un horrible sourire

Ève pleura plus fort absolument désespérée, elle secoua la tête et protesta la voix en larmes :

- Non, non, tu ne peux pas faire ça...

- Oh que si, tu n'as pas le choix, bébé. Tu ne l'as jamais eue, compris ? Ta vie est à moi, j'en fais ce que je veux, uniquement ce que je veux. Dit Lucas d'une voix impitoyable

- Je ne veux pas...Sanglota Ève

Lucas la laissa se détacher de lui, elle se recroquevilla sur elle-même, elle ne s'arrêta pas de pleurer, le corps tremblant.

Les jours qui suivirent, furent les pires qu'Ève avait connus.

Lucas n'avait pas menti pour une fois, il avait été décidé à lui montrer qu'elle n'avait plus aucun contrôle de la situation.

Qu'elle n'était qu'une marionnette dont on pouvait faire ce que l'on voulait...

Eveline restait toute autant persistante, elle avait été d'accord avec la décision de confier Ève à Lucas.

La petite fille savait que ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'Ève ne succombe et sombre dans la folie.

Lucas continuait et ne cessait de la malmener, il l'utilisait comme cobaye dans ses jeux tordus puisqu'il savait qu'il pouvait tout lui faire grâce à son pouvoir de régénération.

Elle allait enfin accepter ainsi que comprendre ce qu'elle était désormais.

Plus qu'une poupée sans âme, sans volonté.

Lucas s'approcha de la forme tremblante d'Ève, elle était ligotée à une chaise de torture, le sang suintait partout le sol.

- Tu vois, c'était pas si difficile que ça ? Je t'ai dit que tu allais t'y habituer. Dis-moi, je suis le seul qui compte pour toi, chérie ? Interrogea Lucas

- Oui, le seul...Pitié, je ne veux plus avoir mal. Implora Ève

- Tut, tut, on n'a pas fini. Dis-le ! Tu l'as mérité. Insista Lucas

- Je l'ai mérité, chéri, je l'ai mérité mais je t'en supplie, fais que ça s'arrête. Je peux plus le supporter. Abdiqua Ève

- Oh mon chou, tu peux le supporter. On sait tous les deux que tu es une dure à cuire. Et c'est ça que j'aime le plus chez toi.

- Non, Lucas, je t'en prie ! Hurla Ève

- Respire un coup, bébé, et ça passera. Pouffa-t-il

Sur ces mots, Lucas appuya sur la télécommande et les lames rentrèrent toutes en même temps dans la peau d'Ève.

Elle poussa un long cri suraigu sous les rires fous de ce dernier.

- Je suis désolée, je suis désolée... Je ne serais plus méchante, je ne le serais plus. Pitié, fais que ça s'arrête. Implora Ève la voix en larmes

- C'est bon, bébé, c'est fini, c'est fini. T'as été sage ces derniers jours, je vais faire une exception.

Lucas, au plus grand apaisement d'Ève, la libéra des entraves de cette chaise abominable.

Les jambes flageolantes, Ève s'effondra dans les bras de Lucas.

Celui-ci s'amusa de la voir autant affaiblie.

- Tu ne tiens même plus sur tes propres jambes. Ce n'est pas super quand je pense à ce que j'ai prévu pour nous deux. Rit-il sardoniquement

Il colla son front à celui d'Ève, la respiration haletante d'excitation.

- De quoi tu parles ? Questionna Ève d'une voix rauque

Lucas lui adressa un sourire mauvais, Ève finit par comprendre ce qu'il voulait dire.

- Non, pas ça. Tout mais pas ça ! Supplia Ève

- Je vais te dire un truc, t'es pas en état de m'en empêcher. Heureusement pour moi. Se moqua Lucas

Ève chercha à se détacher de lui mais il la hissa sur son épaule pour l'amener et jeter sur le canapé.

Anéantie et incapable de se défendre, Ève ne put que se plier à la volonté de Lucas.