Ève assistait aux dîners des Baker durant lesquels certaines personnes innocentes s'y retrouvaient malgré eux.
La raison brisée, Ève n'arrivait même plus à essayer de les aider.
Elle était assise et attablée avec eux, le regard vide.
Une autre personne avait eue le malheur d'être prise au piège dans cette maison infernale.
Le pauvre homme implorait leur pitié, aucun des membres de la famille ne réagirent.
Les Baker avaient perdus depuis longtemps leur humanité...
- Pitié, ne me faites pas de mal ! Supplia l'homme désespérément
- T'entends ça, bébé ? Il a envie de nous quitter aussi vite. Tu partiras pas, pas avant d'avoir fini ton assiette. Gloussa Lucas
L'homme suivit son regard et il tomba sur une jeune femme brune, elle était si belle, si séduisante mais elle était dans un état déplorable.
Elle avait perdu ses couleurs, plus de jolies joues roses, ses pommettes s'étaient affaissées, elle n'avait plus souri depuis longtemps...
Elle avait l'air d'avoir perdu beaucoup de poids à la vue de ses clavicules plus saillantes qu'à l'ordinaire.
Ce fut un spectacle triste, désolant, elle était si adorable.
L'homme arrivait à voir que parmi tous les membres de la famille, Ève était celle qui était la plus vraisemblablement normale, en dépit de son teint cadavérique et de ses cernes.
- Hé, jeune fille, il faut que vous m'aidiez, s'il vous plaît. Dites-leurs de me relâcher. Tenta l'homme en s'adressant à elle
Ève releva la tête pour rencontrer le regard de l'homme, celui-ci fut profondémment choqué de découvrir ses belles prunelles vert opaline, aussi vides.
La jeune femme, qui lui faisait face avait l'air de ne plus avoir d'âme, elle ressemblait à un fantôme, dépourvu de toute chaleur.
Il en conclut qu'elle n'était aussi qu'une autre victime de ces malades mentaux.
- N'essaies pas de lui demander quoi que ce soit, fiston, elle fait partie de notre famille. Elle ne nous trahira pas comme elle le faisait avant. Se moqua Jack
- Je commence à perdre patience, mon garçon, mange tout de suite ou je te fais tout bouffer et l'assiette avec ! S'énerva Marguerite
- Quoi ? Je vais pas manger ça ! C'est dégueulasse ! Risqua l'homme
Lucas éclata de rire exactement comme si l'homme venait de dire la blague la plus drôle du monde.
- Il a dit que c'était dégueulasse, il va finir en rondelles. Ne cessa de glousser Lucas
En effet, sans le savoir, l'homme venait de signer son arrêt de mort.
- Quoi ?! Répète un peu, mon garçon ? Tu n'aimes pas la nourriture de ma femme ? Je vais te montrer ce que ça va te coûter ! Réagit le patriarche furieusement
Jack attrapa d'un geste brusque le couteau de viande et se rapprocha avec, en direction de leur prisonnier.
- Vas-y, Jack ! Découpe en morceaux, cet espèce d'ingrat ! Maudits citadins, ils n'ont décidément aucune éducation ! Encouragea Marguerite
- Non, non, non ! Je voulais pas dire ça ! Je...je plaisantais ! Je disais ça pour rire ! Pleura l'homme
Jack éclata de rire, un sourcil levé pour montrer son amusement.
- Tu plaisantais, fiston ? On ne plaisante pas quand il s'agit de la nourriture de ma femme. Voilà ce que tu mérites. Persifla le père Baker
Sans ménagement, Jack trancha la gorge de l'homme, le sang coula de partout sur la table. Il tomba inerte dessus, laissé pour mort...
- De toute façon, ma petite chérie ne t'aimait pas. Ne se désola pas Jack
- T'abuses vieux, je voulais m'amuser un peu avec lui. Reprocha Lucas
- Toi, tu la fermes, tu es mal placé pour me faire la morale ! Cracha Jack
- Évite de me parler comme ça ! Grommela Lucas
- Fais attention à ce que tu dis à ton père ! Réprimanda Marguerite
- C'est vrai quoi, maman, ça fait super longtemps que je n'ai pas eu de nouveaux jouets. T'es pas d'accord ? Essaya Lucas à nouveau
- Ce sale type dégoûtant a osé insulter ma nourriture ! Ton père a eu raison de le faire taire une bonne fois pour toutes ! S'exclama Marguerite
- Cette petite biche ne te suffit donc pas ? Sourit Jack en désignant Ève
- Si, je l'adore, mais justement j'avais envie de lui faire rencontrer d'autres partenaires de jeux. Expliqua Lucas avec un sourire sadique
Ève, alors, se mit à trembler.
- Regarde dans quel état, tu la mets. T'en fais pas, ma chérie, papa va te consoler. S'esclaffa Jack
- Hé, le vieux, je te signale qu'elle est à moi. Alors pas touche. Se manifesta Lucas
- Ça suffit, Lucas. Lança Eveline en apparaissant à côté d'Ève
- Mais, je...Commença Lucas
- Écoute ta petite sœur ou je m'occupe aussi de ton cas ! Grogna Jack à Lucas
- Ève, tu n'as rien mangé. Je n'ai rien dit parce que je te sentais ailleurs mais il faut que tu te nourrisses. Dit Eveline d'un air réprobateur
- Je n'ai pas faim. Je ne me sens pas très bien. Refusa Ève faiblement
- Fille pourrie gâtée, on te passe tous tes caprices et tu ne veux pas nous obéir ?! S'impatienta Marguerite
- Serais-tu en train de me mentir, maman ? Ajouta Eveline peu convaincue
- Non, est-ce que j'en ai l'air ? S'indigna Ève à bout
- Essaies au moins de manger un morceau, rien qu'un seul. Encouragea Eveline d'un ton faussement doux
- Je ne peux pas. Insista Ève
Sans qu'elle ne puisse se retenir plus longtemps, elle vomit par terre, Ève avait des larmes de douleur aux yeux.
Elle se sentait terriblement mal, la nausée n'avait cessé de l'assaillir ces derniers temps.
- Je m'attendais pas à ce que tu dégueules vraiment, t'aurais pu te retenir. Se moqua Lucas
Aussitôt, Ève s'excusa, elle craignait par-dessus tout qu'ils se déchaînent sur elle.
- Je...je suis désolée. Je ne l'ai pas fait exprès. Pardonnez-moi. Se confondit en excuses Ève
- Est-ce que j'aurais enfin réussi à t'infecter ? Douta Eveline
Ève ne répondit rien, Eveline le fit à sa place :
- Non, ce n'est pas possible, de toute façon... Nettoies ce que tu as fait. Ordonna la fillette sèchement
Ève avait eu la vague lueur d'espoir qu'Eveline allait être compatissante vis-à-vis de son état, cette enfant immonde n'avait pas de cœur...
- T'es sourde ou quoi ? Fais ce que ma petite fille te dit ! Gronda Jack
- J'en ai vraiment marre de ton entêtement. Siffla Eveline
Ève n'arrivait même pas à poser ses pieds au sol, elle se sentait actuellement si faible, en plus d'avoir vomi, elle l'était d'autant plus.
- Je vois que tu ne comprends pas quand on te montre pas ce que tu as à faire. Grogna le patriarche
Jack passa devant le cadavre ensanglanté de l'homme qui était encore assis sur la chaise, furieusement, il se dirigea vers Ève.
Instinctivement, Ève leva ses bras pour se défendre des coups qu'elle pourrait recevoir, son corps se mit à trembler de façon incontrôlable.
- Pourquoi as-tu aussi peur, ma biche ? Je vais pas te frapper. Dit le père Baker avec un horrible sourire aux lèvres
Elle ne lui faisait pas confiance et elle en avait plus que raison.
Jack, agrippant le poignet d'Ève, la jeta sur la flaque de vomi qu'elle avait éjectée, sous les rires tonitruants des Baker.
Elle s'en retrouva imprégnée un peu partout, l'odeur colla à sa peau mêlée à celle du sang, ceci eut pour effet de lui redonner encore envie de vomir.
- Ça t'apprendra à souiller le plancher. Ricana Jack
Humiliée, Ève ne retint pas ses larmes, pourquoi étaient-ils aussi infâmes avec elle ?
Méritait-elle réellement tout ce qui lui arrivait ?
- J'ai réussi à faire pleurer, la petite. Se félicita Jack
Ève poussa un cri de peur quand elle rencontra un énorme cafard sur le sol.
L'insecte répugnant leva ses antennes vers Ève comme s'il se moquait aussi d'elle et de la situation dans laquelle elle se retrouvait.
Ève essaya de s'en éloigner sauf qu'elle n'arriva pas à soulever son corps faible.
- Elle a vu un insecte. Se moqua Lucas
Marguerite eut la mine sombre, elle semblait vouloir dire que si Ève faisait le moindre mal à l'un d'eux, elle allait payer très cher pour ça.
- Éloignez-le de moi, pitié ! Il est dégoûtant ! Trembla Ève
- Dis pas une chose pareille, bébé, tu vas vexer ma mère. Tu sais, les insectes pour elle, c'est comme si c'était ses propres enfants. La prévint Lucas
- S'il vous plaît ! Essaya Ève à nouveau
- Ça serait plutôt marrant s'il te montait dessus. Pourquoi je ne l'aiderai pas un peu ? Suggéra Lucas
- Quoi ?! Non, s'il te plaît, ne fais pas ça ! Implora Ève
- Trop tard, j'en ai envie. Pouffa Lucas en saisissant l'insecte par ses antennes
Ève hurla profondément terrifiée lorsqu'il lui jeta le cafard sur elle, sous ses rires fous et tonitruants.
Lucas la regarda se démener pour faire partir l'insecte qui finalement se retrouva à nouveau sur le plancher.
- Lucas, qu'est-ce que j'avais dit ! On ne touche pas à mes bébés ! Est-ce qu'au mieux, il va bien ?! S'il lui est arrivé quelque chose je te coupe la tête ! Se déchaîna Marguerite
- Du calme, maman, il a rien. Affirma Lucas
- Toujours à foutre le bazar, Lucas rends-toi utile, emmène-la se laver, elle va empester la maison. Intervint Jack d'une voix grincheuse
- Rien que ça ? Je sens que je vais m'amuser. Jubila Lucas
Ève n'était clairement pas de son avis, elle n'allait pas oublier ce qu'il lui avait fait subir, loin de là...
Lorsqu'ils furent hors de vue des parents et qu'ils se retrouvaient dans la salle de bain, ce dernier s'empressa de pousser Ève dans ses derniers retranchements :
- Regarde bien, ça ne t'évoque rien ? Je te donne indice alors.
Ève posa une main sur sa bouche.
- Tu sais de quoi je parle, hein ?
- J'ai encore envie de vomir. Lâcha-t-elle en retour
Ève se précipita pour évacuer tout ce qui n'allait pas.
Le souffle court, elle resta assise en se tenant aux abords de la cuvette, le teint plus blafard qu'elle ne l'avait jamais été.
Ève finit par se laisser tomber par terre, elle se sentait malade, la sensation était horrible, à peine imaginable.
Le carrelage froid, en dessous d'elle, aurait pu être un soulagement mais elle le sentit à peine, étant beaucoup trop mal en point.
Elle sentit Lucas derrière elle.
- Putain, il va falloir que tu retournes voir cet idiot en blouse blanche. Grommela Lucas déçu
Ève, en dépit de son état, s'assit et fit volte-face pour le regarder.
Elle était profondément horrifiée à cette idée de retourner encore entre les mains de cet homme.
Désespérée, Ève s'accrocha à la jambe de Lucas dans une tentative de le faire changer d'avis.
- Non, Lucas, pitié. Ne m'y emmène pas. Je ne veux pas le voir...il...il est horrible. Tenta Ève
- Tu crois que t'as le choix, peut-être ? Viens avec moi ou je t'y traîne par les cheveux. Menaça Lucas
Sur ces mots, il la releva en attrapant son bras.
- Par contre, juste un dernier truc à faire...
Sans prévenir, Lucas renversa un seau d'eau glacée sur Ève.
- Voilà c'est beaucoup mieux, tu sentais vraiment pas la rose. Allez, on y va.
Encore secouée, Ève finit par suivre sagement Lucas.
Durant le trajet, Lucas se permit de se plaindre de ce qui s'était passé :
- T'as vraiment su choisir ton moment, il faut toujours que tu gâches tout.
Il disait ça comme si c'était elle la responsable de son mal-être.
Ève préféra rester silencieuse, ça faisait des semaines qu'elle n'avait plus osé le contredire et surtout depuis ce qui s'était passé entre eux...
- Mademoiselle Montgomery, je ne pensais pas vous revoir de sitôt. Résonna la voix du docteur Walker
Il y avait bien longtemps qu'on ne l'avait pas appelé comme ça, elle en avait presque oublié son identité avec toutes les horreurs qu'elle avait vécues.
- C'est qu'on a pas eu trop le choix, Doc. Elle est pas dans son assiette et ça n'a rien avoir avec nos petits traitements. Répondit Lucas
- Je vois, quels sont vos symptômes ? Questionna le docteur
Ève ne répondit pas, se sentant encore plus mal, elle avait une main plaquée contre son ventre, elle y ressentit des douleurs atroces.
- Hé, on te parle, arrête de faire l'enfant et répond. Gronda Lucas
- Si tu pouvais te mettre à ma place rien qu'une fois, tu saurais à quel point je me sens mal. Rétorqua Ève
- Tu recommences à l'ouvrir, petite salope ?! Cria Lucas
- Je suis sérieuse, je ne vais vraiment pas bien. Je vois tout tourner. Se plaignit Ève
Le scientifique croisa les bras derrière son dos.
- C'est anormal, vous n'êtes pas censée contracter des maladies en tout genre. Vous n'avez pas répondu à ma question, jeune fille, que ressentez-vous précisément ?
- Des nausées, c'est insupportable, des douleurs insoutenables à l'estomac. Je n'arrête pas de vomir. Répondit-elle
- Alors, qu'est-ce que vous pensez qu'elle a ? S'enquit Lucas
- J'ai plusieurs diagnostics en tête mais je dois faire des analyses pour être sûr de ne pas me tromper. Quelques prélèvements de sang suffiront sans doute à m'éclaircir là-dessus.
- Non, pitié, pas d'aiguilles. Protesta Ève faiblement
- Comme si on allait t'écouter. Dit Lucas d'un ton méprisant
- Arrête, ce n'est pas comme si tu t'inquiétais vraiment de ma santé, t'en as rien à faire. Lui lança Ève
- Oh, ne le prends pas comme ça, allez, laisse-toi faire et tu n'auras pas trop mal. Dit Lucas en lui saisissant le bras et la jetant sur la table d'observation
Elle lui jeta un regard qu'elle voulait haineux sauf que la douleur qu'elle ressentait était bien trop intense pour qu'elle puisse réellement en avoir un.
- C'est pour votre propre bien, vous le savez au fond. Sourit le docteur méchamment en tenant déjà l'aiguille munie de la seringue
