Auteure contributrice : Isa'ralia Faradien
Il ne s'agit pas d'une seconde partie du passage précédent, mais de ce qu'il m'a inspiré.
#22 - Une peur intime (#2)
La douleur la tira du sommeil avec la brutalité d'un coup de poignard. Mara se recroquevilla sur sa couchette, les mains plaquées sur son bas-ventre. Jamais cet endroit, pourtant régulièrement éveillé dans la vie d'une femme, ne lui avait fait aussi mal.
C'était sa maladie mystérieuse. Mara en était certaine. Elle s'attaquait désormais au cœur même de sa féminité.
Les crampes manquèrent de lui faire perdre sa concentration, mais la jeune femme parvint tout de même à invoquer la Force et à la concentrer sur l'origine du mal. Dans un recoin sombre de son esprit, elle ne put s'empêcher de se demander si c'était donc cela que ressentaient les femmes atteintes d'endométriose, chaque mois de leur vie, parfois chaque jour de leur quotidien...
Ce fut tout autant la localisation de cette nouvelle attaque, que la pensée de cette maladie causant l'infertilité, qui déclencha une peur irrationnelle chez Mara.
Si elle perdait la guerre contre la maladie, si elle perdait son utérus dans la bataille, alors jamais elle ne pourrait porter les enfants qu'elle souhaitait élever avec Luke.
Le lui reprocherait-il ? Certainement pas. Luke savait que ce ne serait pas de sa faute, même à travers la tristesse de voir leur rêve familial détruit. Si Mara survivait, même au prix de sa fertilité, il serait bien trop heureux de toujours l'avoir à ses côtés.
Se le reprocherait-elle ? C'était déjà plus probable. Cette maladie mystérieuse la rendait déjà malade, invalide presque, et cela l'irritait considérablement. Si Mara ne parvenait pas à s'en tirer sans y laisser la moindre plume, après toutes ces années de souffrance, alors elle devrait apprendre à vivre avec ce cuisant semi-échec.
Et elle devrait faire ce travail d'acceptation en devant, très probablement, vivre avec le fait qu'elle ne pourrait jamais voir grandir ses enfants.
Cette maladie sans nom (causée par les Yuuzhan Vongs) me fait à la fois penser aux cancers et à l'endométriose (qui, dans ses formes les plus graves, est considérée au même titre qu'un cancer par les chercheurs). Dans les deux cas, c'est une lutte pour la vie, une lutte pour la survie, au sens littéral comme au sens figuré, social, intime.
