Aujourd'hui, était un jour comme les autres.
Dehors, les oiseaux chantaient joyeusement, tandis que les enfants jouaient avec entrain.
Pourtant, en ce 21 mars, une petite fille naquit.
Elle s'appelait Hanako.
C'était quelque chose d'assez soudain pour elle.
Elle était en ce moment dans une de ses périodes de "Transe", ou sa conscience de bébé reprenait le dessus, donc elle n'était en fait même pas réellement consciente.
Puis, elle fut brusquement tirée de son semi-somnambulisme, pour que ses deux consciences se mélangent dans un choc énorme.
Elle eu un bug un instant, avant de se reprendre. Elle n'avait pas mal, mais elle était choquée.
- C'est quoi au juste, ça ?
Elle ne comprenait rien.
Il y avait déjà eu des collisions, des broutilles, des chamailleries, mais ses deux êtres n'étaient jamais entré en contact aussi violemment.
Et puis, elle se sentit bizarre.
Très bizarre.
Comme plus d'une fois, sa connaissance enfantine reprenait le dessus. Sauf que cette fois, elle ne cherchait pas à détruire sa collègue. Elle cherchait à s'unir avec elle, à ne faire qu'un.
- Oh putain. Pensa Hanako. Elle n'avait absolument rien compris à ce qu'il se passait, mais il y aura du grabuge dans quelques instants.
Elle n'arrivait pas à sentir, ni à voir, ni à entendre, ni à ressentir le toucher, ni à goûter quelque chose correctement.
Elle ne sentait presque aucune odeur, ne voyait que du noir, ne pouvait qu'effleurer sa petite "bulle" protectrice, qui la gardait à l'abri dans le ventre de sa mère, n'entendait que de vagues chuchotements, et elle ne sentait jamais les saveurs.
Pourtant, elle sentit ses sens comme elle ne l'avait jamais fait auparavant, et tout explosa.
Aujourd'hui, le 21 mars, une petite fille du nom de Hanako naquit.
Bien sûr, elle ne comprenait pas vraiment. Elle était semi-consciente, à cheval entre ses deux âmes, et elle n'avait honnêtement pas toute sa tête.
Et puis, elle cria.
Elle cria, brailla, pleura.
Elle ne comprenait rien à ce qui se passait.
C'était étouffant, l'air était étouffant, elle entendait des bruits de partout, la lumière l'agressait, et il faisait horriblement froid.
Quand elle était dans le ventre de sa "mère", tout était chaud, confortable, feutré, silencieux, un silence agréable, confortable.
Mais là... elle le sentait, elle le sentait si fort, elle n'était pas en sécuritée, à partir de maintenant, sa vie commença réellement.
Elle voulait se rassurer. Se dire que ce n'était rien.
Mais son esprit lui criait si fort que s'en était étourdissant.
À ce moment, elle n'était qu'un bébé qui venait de naître, elle n'était qu'une enfant, et tout ses instincts de nouveaux nés étaient là.
Naître est tellement... stressant.
Car elle savait que tout ne sera jamais pareil.
L'instinct de survie se déclenchait.
C'était un instinct que tout homme possède. L'instinct de survie, qui nous pousse à tuer, voler, blesser. Cet instinct primaire, qui nous maintient en vie dans les pires situations.
Elle savait maintenant qu'elle serait jetée dans le danger, l'inconfort, et elle n'aimait pas ça, elle voulait rester dans son abrit douillet.
Mais elle ne pouvait pas.
Car comme si ce n'était pas assez, elle eut une nouvelle explosion de sensations.
Le chakra.
Elle ne le savait évidemment pas, car personne n'était là pour la prévenir.
Qui aurait pu après tout ?
Mais bref. C'était le chakra. Et son esprit criait non !
Elle ne connaissait pas cette énergie avant.
Elle ne l'avait jamais rencontrée, elle n'y avait jamais été confronté.
C'était nouveau.
Mais aussi, bon sang, c'était perturbant, c'était étouffant.
Alors elle cria.
Elle cria, elle cria, elle cria. Elle cria tellement fort qu'elle en fut malade, cria tellement fort qu'elle en perdit la voix.
Elle ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait.
Mais, elle sentit une chaleur réconfortante la serrer dans ses bras, et elle se détendit automatiquement.
L'afflux d'énergie avait drastiquement diminué, et même s'il était présent et dérangeant, elle ne se sentait pas aussi dérangée qu'avant.
Hanako était perturbée, profondément et pleinement perturbée.
Elle n'avait pas compris ce qui se passait, et dans sa tête, c'était le néant.
Oh bon sang, qu'était-elle sensé faire ? Qu'est ce qui lui arrivait ?
Elle ne comprenait rien, et ça la rendait malade.
Elle n'arrivait pas à avoir une conscience normale ou ordonnée.
Néanmoins, si ça avait été le cas, elle aurait sûrement remarqué qu'elle n'était plus dans sa bulle chaude et confortable, mais dans les bras d'une femme. Les bras de sa mère.
Le chakra de sa mère était moins énervant que les autres, car elle avait eu des mois pour s'en habituer, et, même si elle ne le savait pas, il l'avait par la même occasion protégé des autres personnes.
Elle n'était pas consciente de grand chose en ce moment, en fait.
Elle ne sentit pas quand une main s'approcha de la sienne, et qu'elle la serra sans même s'en apercevoir.
C'étaient des réflexes d'un nourrisson normal.
Clairement rien ne différenciait Hanako des autres bébés.
Aux yeux de tous, elle n'était qu'un nouveau né parmis d'autres.
Qui aurait cru qu'elle avait en sa possession des connaissances cruciales qui pourraient changer le destin ?
Exactement, personne, bravo Sherlock.
Et retire moi immédiatement ce sourire fier de ton visage, c'était une énigme niveau CP voir moins, donc calme ta joie et ton égo, t'es pas prêt de devenir président.
Oui, vraiment personne n'aurait pu se douter un seul instant du fait que cette petite fille était, dans un certain sens, plus dangereuse que les cinq nations réunies.
Et, alors que cette dernière s'endormie finalement, une sage femme la prit délicatement dans les bras, comme si c'était une poupée en porcelaine (Ce qui n'était d'ailleurs pas si faux) avant de la poser avec une infinie douceur dans un berceau.
Aujourd'hui était un jour normal.
Mais dans des dizaines d'années ce jour serait célébré au nom d'une certaine fille aux yeux et aux cheveux aussi roses que la plus belle des roses.
Et alors, tandis qu'une petite odeur venait lui carresser le nez avec tendresse, ladite fille sentit les bras de morphée l'attirer.
Quand Hanako se réveilla enfin, elle eu la surprise de ne pas être dans sa cage habituelle, mais dans le noir.
Oui, elle avait toujours était dans le noir, mais cette fois-ci, c'était différent.
Elle... elle avait besoin de lumière. C'était impératif, c'était un besoin inconnu, mais fort, presque vital.
Et soudainement, une lumière blanche envahit brusquement l'espèce d'abîme, et elle se retrouva dans un néant, blanc.
Et... elle se couvrit immédiatement les yeux.
Elle n'avait pas vu la lumière depuis belle lurette, elle y avait bien droit !
Elle garda les yeux fermés quelques secondes, s'attendant à quelque chose, comme une douleur, une certaine sensation.
Elle attendit une seconde. Puis deux. Puis trois. Puis quatres, cinq, six, neuf, quinze, trente, soixante, et rien ne vint.
Rien... à part une petite sensation de satisfaction et de bien-être.
Elle ferma ses yeux, se les frotta, les rouvrit avant de répéter l'opération deux ou trois fois.
- Woah, stop.
C'était quoi ça ?
Elle se trouvait on ne-sait-où il y a deux secondes de ça, à peine consciente, et tout d'un coup, elle se retrouvait dans un lieu hyper étrange, dont elle ne pigeait absolument rien du tout, et également, au passage, dans lequel le concept de la gravité semblait totalement inconnu.
Elle regarda ses mains...
... avant de se rendre compte avec stupéfaction qu'il n'y avait rien.
Son corps n'avait absolument aucune consistance ou ne serait-ce une visibilité.
Rien. Juste rien.
Absolument rien du tout. Ça serait comme mettre un casque virtuel.
Vous voyez tout, mais pas votre corps.
Elle savait qu'elles étaient là, mais elles n'étaient pas là en même temps.
Elle avait l'air d'être dans une sorte de rêve.
Et alors qu'elle était perdue dans sa réflexion, elle se dit que cet endroit était bien vide.
À peine ces mots pensés, une lumière blanche, concentrée, se présenta immédiatement devant elle, plus blanche encore que le "Neant".
Elle sursauta légèrement avant d'observer cette source lumineuse avec curiosité.
La lumière était... presque attirante. Elle avait l'impression qu'elle l'appelait.
Et, avant même qu'elle ne puisse s'en apercevoir, sa main s'approcha inconsciemment, irrémédiablement attirée par cette lumière.
Dès que sa main sembla la toucher, une multitude de souvenirs déferlèrent sur elle.
Neuf mois.
Les neufs mois pendant lesquels elle avait vécu dans le ventre de sa mère, chaque pensée, chaque action, chaque bruit, chaque souvenir lui était revenue, tous ses souvenirs ancrés dans cette petite boule de lumière.
Purée de pomme de terre, c'est quoi ce truc ?
Cela voudrait dire que son esprit avait enregistré chaque chose qui s'était passé lors de son "séjour" ?
Est-ce que ça va durer ?
Tout pourra rester, chaque souvenir va rester dans sa mémoire ?
C'étaient quelques questions qui trottaient dans la tête de Hanako.
Elle ne comprenait décidément rien à cet endroit.
Puis, elle se souvint de ce qu'elle venait de faire.
Ou plutôt, ce qu'elle venait de penser.
Elle avait voulu de la lumière, elle avait pensée à de la lumière, et la lumière était apparue.
Elle s'était dite que c'était vide, elle y avait pensée, et cette lumière était apparue.
Elle l'observa avec une curiosité nouvelle, et un œil inexistant bien plus avide.
- Euh... peux-tu m'offrir un endroit plus confortable... ?
Et hop, à peine ces mots pensé,s la lumière se tordit, se dispersa dans tous les sens, se colora, et peu à peu, créa un endroit nouveau.
C'était un mix avec un jardin japonais luxueux et une maison moderne luxueuse.
Hanako resta bouche bée quelques instants, avant de finalement, doucement mais sûrement, se refaire enfloutir dans le néant.
Aujourd'hui était un jour normal.
Mais dans des dizaines d'années ce jour serait célébré au nom d'une certaine fille aux yeux et aux cheveux aussi roses que la plus belle des roses.
Et, ce 21 mars, une petite fille normale naquit.
Un jour normal pour une fille normale.
Demain, ce jour serait la naissance d'une légende.
La légende de Haruno Hanako.
