Hellow voici la suite ^^ Une journée en avance hihi. Bonne lecture :)

Chapitre 2

Première affaire

ou

Une affaire tirée par les cheveux


Une fois sur place, l'équipe se sépara en petit groupes.

JJ et Morgan montèrent dans un véhicule de police pour se rendre chez le médecin légiste.

De son coté, Théa monta a son tour a l'arrière de la deuxième voiture. Hotch s'installa au volant avec Rossi sur le siège passager. Reid monta donc a coté d'elle. Le trajet jusqu'à la scène du crime fut rapide et se passa dans le silence. Seul un rapide coup de fil de Garcia brisa le silence de l'habitacle. Rossi décrocha son téléphone et le mit en haut parleur.

- Le chef de la police vous attend sur place mais il vous fait part que les journalistes sont aussi présents.

- Très bien, on arrive d'ici quelques minutes, lui répondit Hotch.

Et il raccrocha.

En arrivant sur place une horde de journalistes leur sautèrent dessus a peine sortis de la voiture. Mais Hotch fendit la foule sans répondre a leur questions. Théa resta prudemment dans le sillage de son supérieur. Un journaliste un peu trop zélé réussi tout de même a la bousculer. Elle perdit l'équilibre et percuta Reid qui la rattrapa de justesse avant qu'elle ne s'étale par terre pour la deuxième fois de la journée. Il la remit d'aplomb et écarta ses bras, visiblement mal a l'aise.

- Pardon Spencer, s'excusa t elle en se redressant. Et merci, avec ma taille de naine je me serait fait piétinée !

Il ne répondit pas a son sourire et se détourna. Il continua de fendre la foule avec un peu plus de verve et Théa le suivit de près.

Reid grogna silencieusement après Théa. Ne pouvait elle pas faire attention ? Mais son agacement retomba rapidement face a sa logique naturelle. Ce n'était pas de sa faute si elle était petite ( il avait une bonne tête de plus qu'elle ) et encore moins si un journaliste l'avait bousculé.

De mauvaise humeur, il sortit de la poche de sa veste une paire de lunettes de soleil et ôta sa veste. Le soleil tapait fort et même en chemise il était sur d'avoir trop chaud dans quelques minutes. Théa était toujours derrière lui. Elle remonta les manches de sa chemise trop grande. Elle se félicitait intérieurement d'avoir chaussé des tennis et non des chaussures a talons. Elle avait horreur de ces trucs là de toute façon. Comment les autres filles faisaient elles pour supporter a longueur de journées ces objets de torture ?

Marchant dans le sable fin, elle rejoignit ses trois coéquipiers, passant sous le bandeau de sécurité. Ils étaient sur la première scène de crime. Le corps avait déjà été emmené au labo du légiste. Mais ils n'en apprirent pas davantage, si n'est que le meurtre n'avait pas eu lieu ici. Le tueur aurait tout aussi bien pu amener le corps de sa victime par la mer ou par la plage. Un véhicule pouvait accéder sans problèmes a la plage. Elle regarda autour d'elle. De grandes dunes couraient le long du rivage, cachant la plage depuis la route. En pleine nuit c'était discret comme endroit, parfait pour abandonner un corps. Hotch laissa Rossi et Reid sur place et l'entraina avec lui vers la deuxième scène de crime. Ils marchèrent donc sur le petit kilomètre séparant les deux scènes. Hotch avait gardé sa veste et Théa se demanda comment il pouvait supporter la chaleur. Elle avait du mal a garder la cadence avec ses petites jambes. Hotch le remarqua et ralentit l'allure.

A mi chemin, il rompit le silence.

- Tes théories sont intéressantes, Théa. Je pence que tu es sur la bonne piste et je suis sûr que l'ont trouvera de quoi confirmer tes idées.

Théa était surprise, Hotch ne semblait pas être du genre a complimenter facilement.

- Ho ! Heu... Merci Monsieur.

- Pour le moment, devant les policiers, les journalistes ou les familles je te demanderais de rester a l'écart. Quand on est entre nous tu peux participer, surtout que tes idées sont intéressantes, en partie parce-que tu débutes et ton regard est neuf. Mais tu apprendras plus tard, si tu reste avec nous, comment t'adresser aux forces de l'ordre. Les journalistes c'est le rôle de JJ. Quand aux familles des victimes, tu verras a quel point cela peut être compliqué et tu devras aussi apprendre.

Théa voyait bien ce qu'il voulait dire. Elle n'était pas pressée de devoir annoncer a quelqu'un la mort d'un proche. Elle réprima un frisson et continua d'écouter les recommandations de Hotch.

- Tu assisteras également aux interrogatoires, continua Hotch. Quand nous estimerons que tu es prête et que tu t'en sentira capable, tu t'y essaiera. Il est toujours intéressant de voir comment chaque agent a sa propre manière de mener des interrogatoires. Observes et écoutes bien, et tu apprendras beaucoup.

- Bien monsieur.

L'arrivé près du corps mis fin a leur conversation. Cette fois Théa ne put réprimer un haut le cœur et dut se faire violence pour ne pas vomir sur les chaussures de son supérieur. Elle posa la main sur sa bouche et ferma les yeux pour tenter de reprendre contenance. Elle inspira par le nez. Mauvaise idée. Avec la chaleur l'odeur de la décomposition était épouvantable.

- Respires par la bouche, lui souffla Hotch.

Elle acquiesça de la tête et ôta sa main de la bouche, respectant le conseil de son chef. La vue du corps faillie avoir raison de sa volonté mais la vue lui sembla moins choquant que l'odeur. On ne distinguait même plus le visage de la pauvre fille. Elle eut l'impression que quelqu'un avait écrasé le visage a plusieurs reprises avec un objet très lourd. Elle fit part de son idée a Hotch quand il eut fini de parler le chef de la police.

- Attendons le rapport du médecin légiste. Mais ce meurtre est plus violent de que le premier et les cheveux sont toujours là...

- On pourrait presque dire que c'est personnel, ajouta le chef de la police. Un tel acharnement...

- Je ne pence pas, répondit Théa, pensive.

Puis elle se rappela des directives de Hotch et se tut, réfléchissant. Cette zone de la plage n'était pas bien différente de la première si ce n'est la présence du ponton.

Ils retournèrent peu après auprès des deux autres qui les attendais près du cordon de la police, ignorant les questions des journalistes qui hurlaient dans leur dos. Ils durent de nouveau braver la foule. D'autorité, Reid la poussa devant lui et la coinça entre lui et Hotch, histoire d'être sûr qu'elle ne se fasse pas bousculer ce coup ci. Elle lui en fut reconnaissante et lui pressa le bras en souriant quand il lui ouvrit la portière de la voiture. Il se raidit a ce contact, sursauta presque mais ne laissa rien paraitre sur son visage. Elle grimpas dans la voiture et il fit le tour pour y grimper, se tassant dans son coin.

Le temps du trajet, les deux hommes a l'avant échangèrent leurs impressions. Il n'en ressortit rien de bien neuf si ce n'est que le lieu choisi par le tueur pour abandonner ces victimes était plus pratique que symbolique.

Arrivés au poste de police, l'équipe au complet pénétra avec soulagement dans le bâtiment climatisé. Le chef de la police les conduisis dans une salle a part ou son adjoint avait déjà installé une grande table et un tableau.

Le chef Andy Loyld déposa sur la table un grand carton contenant toute les informations relatives a l'affaire. Reid commença tout de suite a vider le carton et a épingler les photos sur le tableau.

- Je vous laisse vous installer, si vous avez besoin de quoi que soit vous n'avez qu'a demander. Il y a une cafetière a votre disposition dans ce côté. Mais je vous prévient c'est du jus de chaussette !

- Merci chef, on va s'installer et commencer a travailler sur le profil. On vous préviendra dès qu'on auras quelque chose a vous présenter.

- Et pour les journalistes ? Pour le moment ils font le pied de grue devant les scènes de crimes mais ils ne vont pas tarder a rappliquer devant le poste. Et si on ne leur donne pas quelque chose a se mettre sous la dent il vont raconter n'importe quoi et déclencher un mouvement de panique.

- Notre agent de liaison va organiser une conférence de presse dès que l'on auras du concret a leur communiquer. Pour le moment il y a trop d'incohérences dans le mode opératoire et on ne peut que faire des suppositions.

- Très bien. Mes hommes vont patrouiller autour des accès de la plage et des bars de la ville. On a peu de chance de le prendre la main dans le sac mais on espère qu'une présence policière plus forte le dissuadera de recommencer. Cette nuit en tout cas.

- Bonne idée, merci chef.

Le chef leur fit un signe de tête et sortit en refermant la porte vitrée derrière lui.

Reid continua d'épingler sur le tableau une carte de LA et a l'aide de punaises de couleur marqua l'emplacement des scènes de crimes. JJ pianotait sur son téléphone, sans doute déjà en train d'organiser la conférence de presse. Morgan installa un ordinateur en bout de table pour se connecter avec Garcia. Rossi mit la cafetière en route. Théa s'installa sur une chaise et observa le plus jeune disposer les preuves sur le tableau. Quelque chose la dérangeait mais elle ne parvenait pas a mettre le doigt dessus. Quelque chose semblait perturber le petit grand génie car lui aussi observait le tableau les sourcils froncés. Une expression d'intense réflexion sur le visage. Théa pouvait presque entendre les rouages de son super cerveau tourner a plein régime.

- Morgan, qu'avez vous appris a la morgue ?

- Que la première victime est morte d'une énorme dose de Thallium. Le scalp a eu lieu avant la mort. Le légiste va nous transmettre les résultats pour la deuxième victime dans la soirée. Mais a première vue elle a été tabassée a mort. Elle nous a également confirmé que la 1ere victime n'a pas été violée. On suppose que ça sera également le cas pour la deuxième.

- Si nous voulons réellement avancer il faut découvrir leurs identités, dit Rossi qui se leva et alla se mettre devant devant l'écran de pc.

- Garcia tu es là ?

- Ho, mes petits justiciers donnez moi quelque chose a faire, mes doigts de fée sont en train de pourrir sur place, s'exclama t elle.

Rossi tourna le pc vers eux afin que tout le monde puisse la voir.

- Garcia, compares les empreintes dentaire avec le fichier des personnes disparus. Le légiste va t'envoyer rapidement les empreintes de la deuxième victime mais commence déjà avec la première.

- Oui monsieur, tout de suite.

Reid qui était resté silencieux jusqu'à présent pris la parole, toujours tourné vers le tableau.

- Je pence que le suspect vit au abord de la plage ou on a retrouver les corps. Il y a de plus grandes plages a LA mais celle ci était petite et isolée. Invisible depuis la route. Le tueur devait connaitre cet endroit, il n'a pas pu tomber dessus par hasard surtout en pleine nuit. C'est sa zone de confort, donc je pence qu'il doit enlever aussi ses victimes dans la même zone. Il est désorganisé et brouillon donc je ne croit pas qu'il soit suffisamment intelligent pour essayer de brouiller les pistes en enlevant les victimes ailleurs.

- Garcia, limites tes recherches dans le périmètre des scènes de crimes, ajouta Hotch.

- Bien monsieur mes petits doigts voles au dessus de mon clavier et... Ho ! J'ai une touche, bien joué petit génie ! La première victime s'appelle Brianna Oswald, elle a été portée disparut il y a trois jours.

Sur l'écran s'afficha la photo d'une jolie jeune femme blonde.

- Elle avait 25 ans et travaillait dans une pharmacie a 10 kilomètres de la plage. C'est son mari qui a signalé sa disparition. Elle a quitté son travail après la fermeture mais n'a jamais rejoint sa voiture.

- Une autre disparition dans le même coin ?

- Heu je cherche je cherche... Bingo ! Nathalia Williams. Disparue deux jour plus tard. Elle était célibataire et c'est son patron qui a signalé qu'elle ne s'est pas présenter à son travail, elle était serveuse dans un fast food. Même age, même corpulence et son appartement est dans la même zone géographique que la première. Je vous envoi leur dossier sur vos tablettes.

- D'accord, merci Garcia.

- Bon courage mes agneaux.

Après avoir raccroché, Reid récupéra les photos imprimées des deux victimes pour les accrocher au tableau. La deuxième victime avait les cheveux roux, presque rouge.

- Pourquoi il ne violes pas ? Demanda Rossi. Il a tout les signes d'un fétichisme des cheveux !

- Il doit être impuissant et chétif. Les femmes qu'il enlève sont minces, plus faciles à maitriser, proposa Morgan. Il n'a pas vraiment de type de femme. L'une est blonde et l'autre plus que Rousse.

Théa Tiqua.

- Je sais pourquoi il s'est acharné sur la deuxième victime ! S'exclama t elle.

Tous se tournèrent vers elle. Elle se leva et se posta près du tableau. Elle pointa la photo de Nathalia.

- Regardez ses cheveux sont teints ! Brianna était une vrai blonde puisque ses sourcils sont blonds aussi. Mais regardez, Nathalia a également les sourcils clairs ! Les vrais roux ont les poils de la même couleur que leur cheveux. Au moment de l'enlèvement, dans le noir, il n'a pas du le remarquer. Mais il a du la déshabiller pour aussi lui raser le pubis et la il s'est rendu compte ses poils pubiens étaient blonds ! C'est ça qui me perturbait depuis tout a l'heure, la différence de couleurs entre ses cheveux et ses poils. Vu l'état dans lequel on l'a retrouvée cela ne m'a pas frappé tout de suite mais sur la photo de son vivant c'est évident.

- Tu crois que le fait que les cheveux soit teint l'a mis en colère ? Pardonnez moi l'expression mais cela me semble un peu tiré par les cheveux.

La déclaration de Rossi refroidit Théa dans son enthousiasme.

- Non elle a raison, intervint Reid.

Il se rapprocha de Théa et planta son regard dans le siens. La jeune fille déglutit, le petit grand génie avait fuit son contact toute la journée et là, il entrait carrément dans son espace personnel !

- A ton avis, en quoi le fait que les cheveux soit teints est un obstacle a sa pulsion ?

- Heu... balbutia t elle. Je ne sais pas...

- Mais si réfléchis ! Qu'est ce qu'implique une coloration ? Quel en sont les conséquences ?

- Heu, cela peu abimer les cheveux... Et... Et...

Elle avait vraiment du mal a se concentrer avec le visage sévère de Spencer penché sur elle. Elle pouvait sentir son souffle sur ses joues.

- Que les cheveux soit abimés ou non importe peu, sinon il les auraient rasés avec plus de soin. La coloration l'a rendu fou de rage, pourquoi ?

Théa fouilla sa mémoire a la recherche des raisons pour lesquels quelqu'un voudrait se teindre les cheveux... Au delà de l'évidence même de vouloir changer son look ou son apparence. Elle ferma les yeux pour échapper au regard sombre de Spencer. Mais toutes les idées qui lui venaient n'étaient pas cohérentes. Elle porta machinalement sa main a sa bouche et mordit dans son ongle. Tient, elle n'avait pas eu ce toc depuis très longtemps, il allait falloir qu'elle remette du vernis a ongle pour evit...

D'un coup le lien se fit dans son esprit, comme un flash la réponse lui apparut.

Elle rouvrit les yeux et rencontra ceux de Spencer.

- Trichotillomanie !

Le visage de Spencer s'illumina d'un sourire, creusant des fossettes au coins de ses lèvres. Elle ne l'avait jamais vu sourire encore. Et elle ne compris pas pourquoi son cœur rata un battement.

- Tricholoquoi ?!

Spencer sursauta et recula son visage. Durant tout leur échange, les autres étaient restés silencieux. Mais l'exclamation de Morgan les sortis de leur bulle. Le visage de Spencer repris son air sérieux et il se racla la gorge.

- La trichotillomanie est un trouble caractérisé par l'arrachage compulsif de ses propres poils et ou cheveux. C'est un trouble mental compulsif. Le malade ne peut pas s'empêcher de s'arracher les cheveux. Un par un, entrainant a long terme une alopécie sur la zone concernée pour les cas les plus sévères. En gros, si le malade s'arrache les cheveux il finit par devenir chauve car il arrache le bulbe avec.

- Il arrive souvent que le malade mange ses propres cheveux. Une des solution contre ce toc est de se teindre les cheveux. Sur certaines personnes atteintes, cela suffit a calmer les pulsions, compléta Théa.

Devant l'air plus qu'ahurit de ses collègue elle ajouta :

- Un peu comme le vernis a ongle pour ceux qui se rongent les ongles. J'ai moi même essayé cette solution quand j'étais plus jeune.

- Tu mangeais tes cheveux ? demanda Morgan.

- Mais non, je me ronge les ongles quand je suis nerveuse !

Elle se rendit compte qu'il se moquait d'elle et elle lui tira la langue de façon très mature.

- Attendez, j'ai du mal à suivre là, les interrompit Rossi.

- Je pence... Théa jeta un rapide coup d'œil a Spencer. Nous pensons, que le suspect est atteint de trichotillomanie. Dans sa jeunesse, il a du essayer de se teindre les cheveux pour maitriser ses pulsions mais cela n'a pas du fonctionner. Le fait que Nathalia ait les cheveux teints a du lui rappeler cet échec et la rendu fou de rage.

Un hochement de tête de Spencer lui confirma qu'il pensait effectivement la même chose.

- D'accord, donc le suspect a des tocs. Pourquoi vole t'il les cheveux des femmes ? Pour remplacer les siens ? Pour les manger ? Proposa JJ.

Un frisson général parcourra l'équipe. Beurk...

- Il y a autre chose... ajouta Théa.

- La trichotillomanie est un trouble que l'ont rencontre dans 90% des cas chez les femmes.

- Notre suspect est une femme ! compléta la jeune fille.

La minute qui suivit fut silencieuse, le temps que l'information fasse son chemin dans l'esprit de tout le monde.

- Morgan appel Garcia, s'exclama Hotch. Cela explique beaucoup de zone d'ombres. L'absence de viol, des femmes minces, l'utilisation d'un poisson pour tuer... Les victimes se sont laissée approcher sans se méfier. La suspecte n'a pas dut leur paraitre menaçante.

Morgan s'exécuta et le visage de Garcia apparut a l'écran.

- Mon petit cœur, cherche si dans le coin des personnes sont atteintes de trichotillomanie.

- De quoi ?

Reid lui épela le mot.

- Non, j'ai rien.

- Elle n'a sans doute jamais été diagnostiquée. As tu trouvé des liens entre les deux victimes ?

- Non, Brianna a grandit ici mais Nathalia a emménagée il y a deux ans. Et elle ne fréquente pas les même endroits.

- Le thallium est connu faire tomber les cheveux, ajouta Théa. C'est un des premiers symptômes... C'est probablement symbolique pour elle.

- Bon, on ne tira rien de plus ce soir, intervint Hotch. Il est tard et on est tous fatigués. Garcia réserve nous des chambres dans l'hôtel le plus proche.

- Oui monsieur, je vous envoi l'adresse.

- Allez manger quelque chose et reposez vous ! Demain nous donnerons le profil, il est trop tard pour intervenir ce soir. Soit elle n'a pas frappé de nouveau soit c'est déjà fait... Bon boulot les enfants.

Tous se levèrent et sortirent de la pièce. Théa jeta un œil a sa montre. Il était déjà deux heures du matin. Elle se rendit compte que son estomac criait famine. Elle se tourna vers Reid qui n'avait pas bougé alors que les autres étaient déjà sortis.

- Spencer ? appela t elle doucement.

Il ne réagit pas, les yeux toujours fixés sur les photos. Malgré elle, son regard s'égara sur le jeune homme. Il était grand. Et mince, même maigre. Ses cheveux partaient dans tout les sens. Il les portaient plus court que sur les photos qu'elle avait aperçu sur son bureau. Ses grandes mains fines était posées sur ses bras croisés. Il était débraillé. Sa chemise froissée sortait a moitié de son jean, d'où était également accroché son arme de service. Elle sourit a la vue de sa paire de converses. Au premier regard, on aurait dit un grand enfant. Mais les cernes sous ses yeux et son air triste révélait plutôt quelqu'un ayant grandit trop vite, ayant vu trop d'horreurs dans sa vie pour garder son âme d'enfant.

Elle se sentit triste a son tour, pour lui. Elle s'approcha et posa doucement sa main sur son bras. Il ne sursauta pas comme elle s'y attendait. Mais il ne se tourna pas non plus vers elle.

- J'aurais dus le comprendre plus tôt... Dit il.

- Pardon ?

- J'aurais du faire le lien et penser a la trichotillomanie. Maintenant cela me parait évident. On aurais pu donner le profil dès ce soir.

- Personne n'aurait pu faire le lien, Spencer. Toi pas plus que les autres.

Il se tourna enfin vers elle et planta son regard dans le siens.

- Toi, tu l'as fait.

- Non, je n'y aurais pas pensé sans toi et tes questions. Tu m'as guidée sur le bon chemin et j'ai eu de la chance.

Spencer eut un petit rire et se détourna. Elle se rendit compte que sa main était toujours posée sur son bras. Elle la retira.

- Allez viens, allons manger quelque chose.

- Je n'ai pas faim...

- S'il te plait, je meurt de faim et je ne connais pas la ville. En plus c'est dangereux pour une femme de se promener toute seule la nuit.

Elle ne précisa pas qu'elle pratiquait les art martiaux depuis ses 12 ans et qu'elle était tout a fait capable de se défendre toute seule. Elle était aussi armée. Mais Spencer devait avoir la fibre du héros car il céda.

- D'accord.

Il attrapa sa veste qu'il balança sur son épaule et lui ouvrit la porte. Souriante, elle le précéda dans le hall du poste de police.

Ils trouvèrent un petit restaurant encore ouvert. Théa avala son hamburger avec appétit, attendant patiemment que le petit grand génie cesse de simplement jouer avec sa nourriture et se mette a picorer quelques frites. Ce n'était pas grand chose mais c'était mieux que rien. Le repas se passa dans un silence confortable. Spencer la remercia intérieurement de ne pas chercher a faire la conversation. Satisfaite, elle se leva et payas l'addition. Rejetant les faibles protestations de Spencer.

- Tatata ! Je t'invite ce soir. C'est déjà gentil de m'avoir accompagné.

Ils rentrèrent ensuite a l'hôtel, toujours en silence. Ils montèrent dans les étages après avoir récupéré les clefs de leur chambre.

- Bonne nuit, Spencer ! lança t elle en ouvrant la porte de sa chambre.

- Bonne nuit, Théa...

Il pénétra dans sa chambre. Une simple pièce avec un lit et une petite salle d'eau. Une commode en face du lit sur laquelle il déposa son arme, sa plaque et sa veste. Résistant a l'envi de se coucher immédiatement, il se dirigea vers la salle d'eau. Sans se regarder dans le miroir, il se déshabilla et entra dans la douche. Sous le jet d'eau chaude, il laissa son esprit s'égarer. Il ne savait plus où il en était... Il avait l'impression de trahir Emily. Si on n'écoutait que lui, le poste serait resté vide a jamais, a l'image des parents ayant perdu un enfant et qui laisse leur chambre en l'état. Une partie de lui aurait voulu rejeter la nouvelle venue. Elle ne faisait pas partie de l'équipe, de sa famille. Elle prenait la place d'Emily ! Si ils étaient si doués dans leur travail c'est par ce qu'ils se faisaient confiance les uns les autres. Elle n'était qu'une intruse... Et il en voulait a ses collègues de ne pas le voir. Elle allait faire exploser leur équilibre. Elle n'était pas Emily, elle ne lui arrivait pas a la cheville. Elle n'était même pas foutu de faire deux pas sans se casser la figure ! Comment Hotch avait il pu accepter cette pâle copie brune ?

La colère s'insinua dans ses veines et ses mains se mirent a trembler. Son souffle devint difficile a mesure que la colère montait.

Sa conscience lui soufflait qu'il était injuste. La jeune femme n'était pas responsable de la mort d'Emily. Elle n'était pas la raison de sa colère. Ses collègues avaient accueillie la jeune fille avec plaisir par ce que eux avaient avancés alors que lui faisait désespérément du sur place.

Le bruit d'un choc le fit sortir de sa transe. Une sourde douleur dans son point droit lui appris l'origine du bruit. Il avait frappé le carrelage de la douche avec tellement de force qu'il s'était presque brisé les os de la main.

Il regarda sa main et déplia les doigts précautionneusement. Du sang coula de ses jointures. Il avait mal mais ce n'était pas cassé, juste contusionné. La douleur lui permit de reprendre pied et la colère s'atténua. Il sortit de la douche et attrapa une serviette qu'il enroula autour de ses hanches. En farfouillant de son autre main dans son sac de voyage, que Garcia avait fait monter dans les chambres, il en sortit une petite trousse de premier secours. Il désinfecta et banda sa main. Il rit de sa propre stupidité. Il n'allait jamais pouvoir cacher ça au reste de l'équipe. Il trouverai bien une excuse...

Après avoir enfilé un bas de pyjamas il s'allongea sur le lit. Il se trouva bien bête. Théa ne méritait vraiment pas qu'il la traite de cette façon. Elle était intelligente et serait très certainement un grand atout pour l'équipe. Elle était avec eux depuis moins de 24 heures et avait déjà prouvé qu'elle était douée, avec un fort instinct. En tout cas pour l'instant... Pour ne rien gâché elle avait vraiment été sympas avec lui. Même sa maladresse ne pouvait entamé ses compétences. Foutu conscience professionnelle !

Il aurait beau vouloir de toutes ses forces la détester, il savait qu'il n'y arriverais pas. Au fond il se savais trop gentil, trop bien élevé et trop galant. Emily n'aurais surement pas voulu qu'il agisse de cette façon. Mais c'était plus fort que lui, il avait trop mal..