Chapitre 53
Reid n'avait pas eu le cœur aussi légers depuis longtemps. Il parcourait les couloirs de l'hôpital qu'il commençait a connaitre par cœur d'un pas presque sautillant. Les bras chargés d'un énorme bouquet de fleurs. C'était un grand jour et il avait hâte de rejoindre Théa dans sa chambre.
La jeune femme se remettait très rapidement et la satisfaction des médecins les remplissaient d'espoir. Déjà presque trois mois que Théa avait ouvert les yeux pour la première fois. Mais la jeune femme mettait les nerfs du corps médical a rude épreuve. Supportant de moins en moins l'inactivité imposé par son médecin mis a part pour sa rééducation, elle en devenait irritable et insupportable. D'autant que ses progrès, bien que jugés satisfaisants, n'avançaient pas assez vite a son goût.
Déjà d'un naturel maladroit, sa coordination était catastrophique, handicapée encore en plus par son bras plâtré jusqu'à ce qu'enfin les médecins le libère quinze jours après son réveil. Mais sa jambe elle, avait été toujours prise au piège dans sa prison de plâtre durant encore un mois. A présent une simple attelle articulée maintenait encore les os et les ligaments fragiles.
Malgré la délivrance de sa jambe de son plâtre, elle ne pensait qu'à rentrer chez elle, quitter son lit d'hôpital qui lui donnait des esquarres aux fesses selon elle. Seule Garcia avait réussi a lui trouver un peu d'occupation en dehors des visites de Reid. Faisant son cheval de bataille du prochain mariage du couple et dont la date approchait a grands pas, elle noyait Théa sous les magazine de robes, de déco, de musique et autre revues sur la même thématique. Au début, quand elle était encore très fatiguée, elle avait bien été tentée de laisser l'analyste tout gérer, se sentant pas le courage de s'occuper de plan de table et de couleur de nappes. Idée qu'elle abandonna vite quand son fiancé lui suggéra peu subtilement que si elle laissait Garcia gérer leur mariage elle risquait de se retrouver avec une robe de princesse a dentelle et avec des chaussures a talons. Avec une grimace d'horreur elle avait saisi les magazines et s'était plongée avec sérieux dans les préparatifs du mariage. Mais même le choix des demoiselles d'honneurs, des témoins et des ballons ne l'empêchait pas de continuer de se plaindre de l'ennui. Reid observait ses crises de colère et d'impatience avec un regard tendre, ajoutant a l'agacement de la jeune femme. Mais elle pouvait bien s'en prendre a lui autant qu'elle le voulait, a lui, a ses collègues qui en prenaient pour leur grade aussi, aux médecins ou aux infirmières, il s'en fichait. La voir se plaindre était un réel bonheur pour lui, par ce que cela voulait dire qu'elle était vivante. Vivante et en forme !
Elle n'avait toujours aucun souvenir de l'incident et avait rejeté en bloc les propositions du psychiatre de l'hôpital. Reid ne savais si il devait s'en réjouir ou non. Au fond il était soulagé qu'elle n'ait aucun souvenir de Cooper mais il trouvait curieux de ne voir aucune séquelle psychologique. Mais il ne disait rien et se contentait de la soutenir et de l'aider de son mieux sans chercher a stimuler sa mémoire. L'important était qu'elle se remette physiquement. Il s'inquièterait des possibles conséquences psychologiques plus tard si elles se présentaient. En attendant, il profitait a fond de la nouvelle chance que la vie lui avait donné.
Dans l'ascenseur le menant vers le 3ème étage, Reid se dit que son choix de prendre quelques mois de congé pour rester auprès de sa fiancée avait été tout aussi bénéfique pour lui que pour Théa. Prendre du recul avec le travail lui faisait le plus grand bien et lui permettait d'être tout les jours a l'hôpital. Strauss n'avait montré aucune résistance a son désir de rester auprès de sa fiancée, lui assurant que leur place au sein du FBI et du DSC les attendaient dès qu'ils seraient tout deux prêt a reprendre le travail. Le reste de l'équipe avait eut un peu de mal a s'adapter avec deux profilers en moins mais tous soutenaient son choix. Théa avait beaucoup protesté contre sa décision mais il s'était montré très ferme a ce sujet. Il serait a ses côtés quoi qu'elle en dise. Elle avait rendu les armes, admettant que sa présence au quotidien était une force pour elle, l'encourageant a redoubler d'efforts pour reprendre leur vie au plus vite.
Jacob était resté aussi longtemps qu'il lui avait été possible auprès de sa sœur mais son travail le réclamait. Repoussant le plus possible son départ, il dut toutefois repartir deux mois après le réveil de Théa. Bien que triste de le voir partir, Théa fut ravie d'apprendre qu'il avait pour projet d'acheter une maison non loin de celle de sa sœur dès son retour. Le départ de son frère n'avait que rajouter a la morosité de la jeune femme. Mais Reid avait bien l'intention d'y remédier le soir même.
Plongé dans ses pensées, il ne compris pas tout de suite qu'il était déjà arrivé devant la porte de la chambre de Théa et que c'était des cris qui l'avait sortit de ses pensées.
- Lâchez moi ! Hurlait la voix de Théa derrière la porte.
- Ne faites pas l'enfant ! J'ai autre chose a faire ! Répondit une autre voix qu'il ne connaissait pas.
- Vous me faite mal !
Le sang de Reid ne fit qu'un tour dans ses veines. Le bouquet alla s'écraser au sol tandis qu'il enfonçait la porte brutalement. Le bruit de la porte claquant contre le mur fit sursauter l'homme debout devant le lit de Théa et il lâcha le bras de la jeune femme qu'il tenait fermement. Sans réfléchir, Reid lui rentra dedans et l'éloigna de sa fiancée. L'homme alla s'écraser contre le mur de la chambre en gémissant de douleur.
- Mais enfin...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un agent du FBI furieux le plaqua a nouveau contre le mur.
- Qu'est ce que vous lui faite ?! Hurla Reid. Qui êtes vous ?
- Spencer !
- Qu'est ce qui se passe ici ? Cria une autre voix. Mais lâchez le ! C'est un infirmier !
Ce fut seulement a ce moment là que Reid remarqua la blouse d'infirmier. Il ne lâcha pas pour autant sa prise. Il avait entendu Théa dire qu'il lui faisait mal. Mais l'infirmière de Théa apparut dans son champs de vision et le poussa pour qu'il relâche son collègue. Il obtempéra de mauvaise volonté après avoir jeter un dernier regard meurtrier sur l'homme qui ne bougeait pas d'un pouce.
Il recula mais resta entre lui et sa compagne.
- Qu'est ce qui se passe ici ?! Hurla l'infirmière. Vous êtes dans un hôpital et non sur un ring ! Vous devriez avoir honte !
- Il s'est jeté sur moi ! Glapit l'infirmier en désignant Reid du doigt.
Il avait l'air terrorisé par l'homme en face de lui qui certes était plus grand que lui mais bien plus frêle. Reid se détendit un peu, l'infirmier n'avait pas l'air dangereux. Il avait peut être un peu exagéré sa réaction mais entendre Théa crier l'avait fait réagir sans réfléchir.
- Vous lui faisiez mal, gronda le petit génie.
- Mais pas du tout !
- Si, répondit Théa. Je ne voulais pas qu'il me touche et il m'a attrapé le bras.
Reid nota le légers tremblement dans la voix de sa fiancée et sa colère remonta en flèche.
- Je voulais juste faire les soins comme tout les jours ! Protesta l'infirmier.
- D'abords que fais tu ici, Eric ? Intervint sa collègue. L'agent Terrador n'est pas ta patiente, c'est la mienne.
- Louise m'a demandé de m'en occuper, répondit il.
- Bon sors d'ici ! Ordonna t elle. Attend moi dans le couloir, on va régler ça !
L'infirmier fronça les sourcils, vexé, avant de se diriger vers la porte. Les épaules de Reid se détendirent seulement quand l'homme sortit de la pièce. Il se retourna vers Théa qui serrait son bras contre elle. Il tendit les bras vers elle.
- Ça va ?
- Je suis vraiment désolée, intervint l'infirmière. Eric est parfois un peu brusque mais il n'est pas méchant.
Reid jeta un regard mauvais sur la femme qui se tordait les mains devant eux.
- De quel droit brutalise t il ainsi les patients ? Gronda t il.
- Cela ne se reproduira plus je vous l'assure ! Je vais discuter avec lui pour comprendre ce qui s'est passé. Il ne vous a pas fait mal, Agent Terrador ?
Elle regarda la jeune femme qui s'accrochait aux bras de Reid.
- Je... commença t elle. Je sais pas...
Elle leva les yeux vers Reid.
- J'ai pas voulu qu'il me touche, expliqua t elle, de l'incompréhension plein le regard.
Ils n'insistèrent pas, la jeune femme semblait chamboulée.
- Je vais aller discuter avec Eric, finit par dire l'infirmière. Je viendrais un peu plus tard pour vos soins, agent Terrador.
Elle posa une main compatissante sur l'épaule de sa patiente sans que celle ne réagisse avant de sortir de la chambre. Reid se tourna vers Théa.
- Je peux te laisser une minute ? Demanda t il.
Elle approuva de la tête, bien qu'un peu surprise. Il posa un baiser sur son front avant de sortir a son tour de la chambre. Il repéra tout de suite l'infirmier et sa collègue au poste des infirmières. Il constata avec satisfaction que le jeune infirmier se prenait un savon monumental. Il s'approcha d'eux au moment ou l'infirmière semblait prête a étrangler a son tour son collègue. Ce dernier sursauta et eut le bon sens de baisser les yeux quand Reid entra dans la pièce.
- J'aimerais moi aussi comprendre ce qui vous a poussé a malmener ma fiancée, gronda t il.
- Dr Reid, intervint l'infirmière. J'étais justement en train de lui poser la question. Et bien Eric ?
- Je suis désolé, répondit il sans lever les yeux vers eux. Je terminais ma garde quand Louise m'a demandé de m'occuper de l'agent Terrador. Vraiment je ne voulais pas lui faire mal ! Je n'ai pas compris pourquoi elle ne s'est pas laisser faire ! Je voulais juste prendre ses constantes, faire les soins habituels. J'étais juste fatigué et...
- Et tu avais hâte de rentrer chez toi ? Termina l'infirmière a sa place.
L'infirmier baissa a nouveau la tête, honteux.
- Eric, continua l'infirmière. Tu ne t'es pas posé la question de savoir pourquoi l'agent Terrador était ici ?
- Heu, non. Je n'ai pas ouvert son dossier.
- Elle a subit une tentative de meurtre et une tentative de viol, termina Reid d'un ton menaçant.
Reid vit dans les yeux de l'homme un éclair de compréhension.
- Ho... Fit il.
- Oui, ho ! Répondit l'infirmière. Voilà pourquoi j'avais donné des ordres très précis pour les soins de l'agent Terrador.
Puis elle se tourna vers Reid, un air désolé sur le visage.
- Je suis vraiment navrée Dr Reid. Même si je sais que votre fiancée n'a pas de souvenirs de son agression j'avais quand même tenu a ce que seule moi ou mes collègues féminines s'occupe d'elle. J'ai malheureusement déjà eu des patientes ayant subit des expériences tragiquement similaires et je voulais lui éviter ce qui s'est précisément passé aujourd'hui. Même sans souvenirs, il peut arriver que la présence d'un homme effraie la patiente.
Reid sentit la colère refluer, une bouffée de reconnaissance envers la femme devant lui qui avait eut a cœur d'épargner à Théa une angoisse inutile.
- Pourtant... Dit il tout de même, le doute remplaçant la reconnaissance. Théa s'est laissée approchée et même prendre dans les bras de plusieurs hommes depuis son réveil.
- Oui, vous, son frère et ses amis. Des hommes qu'elle connait et en qui elle a confiance.
Il comprenait mieux la réaction et l'incompréhension dans le regard de sa fiancée. Il quitta les deux infirmiers pour rejoindre Théa, son enthousiasme du matin envolé. Il entra dans la chambre pour la trouver recroquevillée au fond de son lit. Il compris a sa mine contrariée qu'il était inutile de revenir sur l'incident et préféra aborder un sujet plus réjouissant. Il avait ramassé le bouquet de fleurs abandonné sur le sol et alla le déposer dans le vase sur sa table de chevet.
- C'est en quel honneur ? Demanda t elle.
Il sourit, content qu'elle engage d'elle même la conversation.
- Parce que je t'aime, répondit il avant de s'assoir sur le lit. Et parce que j'ai une bonne nouvelle.
Piquée par la curiosité, elle décroisa ses bras qu'elle avait enroulés autour d'elle et se détendit.
- Ha oui ?
- Hum hum, dit il en souriant encore. J'ai le feu vert du médecin pour te ramener a la maison.
Avec bonheur il vit un immense sourire creuser des fossettes sur les joues de la jeune femme et ses yeux se mettre a briller d'enthousiasme. Elle se jeta a son cou et le serra dans ses bras, plus heureuse qu'elle ne l'avait été depuis des mois.
- Tu verras, tout ça ne sera bientôt que de mauvais souvenirs, dit il le nez enfouis dans ses cheveux.
- J'ai tellement hâte que toute cette merde sois derrière nous, répondit elle en se détachant de lui. C'est bien vrai ? Tu ne me fait pas une blague ?
- Oui, a condition que tu y aille doucement et que tu promette de continuer ta rééducation. Une infirmière passera a la maison plusieurs fois par semaine.
Avec surprise il vit son sourire se faner sur ses lèvres.
- Ça veux dire que tu vas reprendre le travail ? Demanda t elle.
Elle ne put cacher la tristesse dans sa voix et Reid s'empressa de la rassurer.
- Bien sur que non, il n'est pas question que je te laisse seule. Je resterais jusqu'à ce que tu sois totalement rétablie.
Elle retrouva sa bonne humeur instantanément et rejeta les draps du lit avant de saisir les béquilles posées contre la table de chevet. Avec une pointe d'amusement il la vit clopiner vers la salle de bain avant de la suivre et de l'aider a prendre sa douche.
Elle était déjà prête et ses bagages bouclés quand son médecin entra dans la chambre. Elle eut d'abord peur qu'il ne vienne lui annoncer qu'il avait changé d'avis et qu'elle devait rester encore a l'hôpital mais il éclata de rire devant la valise posée sur le lit.
- Je suis presque vexé de vous voir si pressée de partir agent Terrador ! Dit il. Ne vais je donc pas vous manquer ?
- Ne le prenez pas mal docteur, répondit elle en souriant. Mais j'espère ne jamais avoir a vous revoir en de pareilles circonstances.
Il ria de plus belle.
- Vous avez tout a fait raison ! Je suis juste venus vous remettre votre dossier et vous faire signer les papiers de sortie. Et je voulais également vous souhaiter bon courage pour la suite.
Il tendit une main a la jeune femme pour la lui serrer, mais Théa, égal a elle même, lâcha l'une de ses béquille avant de passer son bras autour des épaules du médecin et de le serrer contre elle.
- Merci infiniment docteur, dit elle après l'avoir relâcher. De m'avoir si bien rafistolée et désolée d'avoir été un peu désagréable.
- Un peu ? Dit il en haussant un sourcil.
Elle lui fit son sourire le plus angélique qui fit lever les yeux de Reid au ciel. Le chirurgien ne put s'empêcher de rire a nouveau.
- J'en ai eu des plus coriace que vous, affirma t il. Mais je doit bien admettre que vous êtes dans mon top 10 des patientes les plus têtues.
- Vous n'avez pas idée... Répondit Reid en levant a nouveau les yeux au ciel avant de tendre a son tour la main au médecin.
Il la lui serra chaleureusement, le remerciant encore pour son travail fabuleux. Il les laissa partir sur la promesse de Théa qu'elle suivrait a la lettre son protocole de soin, sous peine qu'il vienne lui même la tirer par la peau des fesses si elle ne tenait pas sa promesse.
C'est avec un profond soupire de soulagement que Théa vit sa maison se dresser devant elle sous la lumière de la lune quand Reid gara la voiture devant le garage.
- C'est si bon de rentrer chez soi, dit elle avant d'ouvrir sa portière.
Emmitouflée dans son gros manteau d'hiver, elle se réjouit d'entendre la neige crisser sous ses béquilles et ses pieds. L'hiver était déjà bien installé mais le froid glacial a cette heure tardive n'entama pas son enthousiasme et elle clopina jusqu'à la porte pendant que Reid sortait la valise du coffre. Elle tourna la clef dans la serrure et s'engouffra dans la chaleur du couloir. Elle s'y stoppa et se laissa imprégner des odeurs de son chez elle.
Reid la rejoignit dans l'entrée et posa la valise contre le mur. La jeune femme n'avait toujours pas bougé, les yeux rivés sur les escaliers. Il fut surpris de voir que son sourire ressemblait plus a une grimace.
- Tout va bien ? Lui demanda t il en passant un bras dans son dos.
Il cru la sentir sursauter mais elle tourna un visage radieux vers lui.
- Bien sur, répondit elle.
Elle ôtât son blouson et se dirigea vers le séjour. D'abord interloqué, Reid finit par se dire qu'il avait rêver et la suivi après s'être lui aussi débarrassé de son manteau.
Une heure plus tard,ils étaient tout deux attablés devant un délicieux repas.
- Quand as tu eu le temps de préparer tout cela ? S'émerveilla t elle devant la bonne odeur qui sortait des plats sur la table.
- Ce n'est rien, répondit il en servant une énorme part de lasagne dans l'assiette de Théa.
Il attaquèrent leur repas tout en discutant, savourant ce retour a la ( presque ) normal. Mais au fil de la conversation, Reid se rendit compte que leur échange se transformait en monologue. A ses questions et ses suggestions, il ne recevait plus en réponse que de vagues " oui" ou "non". Le regard de Théa se fit fuyant, de moins en moins concentré sur leur repas. Repas qu'elle finit par ne plus toucher, se contentant de jouer avec du bout de sa fourchette. Les épaules crispés et le visage fermé, elle ne cessait de jeter des regards furtifs et inquiets autour d'elle.
- Tout vas bien ma chérie ? Finit par demander.
Elle tourna enfin la tête vers lui. Mais le sourire qu'elle afficha n'atteignit pas ses yeux.
- Oui, pourquoi ?
- Je ne sais pas, je te sens distante. Quelque chose ne va pas ?
Le temps d'une fraction de seconde, il vit son regard se tourner a nouveau vers quelque chose derrière lui avant de revenir sur lui. Il ne résista pas a l'envi de se retourner pour voir ce qui semblait tant lui faire peur. Il tomba sur la cuisine, vide. Tout était a sa place et rien ne bougeait non plus derrière la bai vitrée. Il se retourna vers sa fiancée qui fixait a nouveau la cuisine, toute trace de sourire disparut.
- Théa, dit il en posant une main sur la sienne. Dis moi ce qui ne va pas.
Elle cacha mal son sursautement cette fois mais tenta tout même de se défiler.
- Tout va bien, je suis juste fatiguée. Je crois que je vais aller me coucher.
Avant qu'il n'ait le temps de protester, elle avait déjà attrapé ses béquilles et clopinait vers les escaliers. Perdu, Reid mis quelques secondes avant de réagir. Pourquoi sa fiancée se sauvait elle ainsi ? Il se leva a son tour pour la suivre mais il la trouva debout devant les marches. Cette fois il s'inquiéta vraiment devant l'absence total de couleur sur son visage.
- Théa, je vois bien que quelque chose ne va pas ! Je ne peux pas t'aider si tu ne me dit rien !
Son ton un peu agressif traduisait son inquiétude mais elle ne semblait pas l'avoir remarqué. Elle l'ignora et se contenta de lui répondre sans le regarder.
- Tu peux m'aider a monter ?
Reid hésita, devait il insister pour comprendre ce qui se passait dans sa tête ? Ou devait il la laisser se réhabituer a son rythme a leur retour a la maison.
Un horrible doute s'insinua dans son esprit malgré tout...
- D'accord.
Il lui prit ses béquilles qu'il posa contre le mur avant de la soulever dans ses bras. Contre lui, il la sentit aussi tendue que pouvait l'être un bout de bois. Il gravit les marches sans qu'elle ne se détende. Il sentit même ses ongles s'enfoncer dans sa peau quand il franchit la porte de la chambre. Il l'aida a enfiler une tenue de nuit et a se mettre au lit, hésitant tout du long a lui poser des questions. Mais il savait pertinemment que cela ne servirait a rien. Elle ne fit même pas de commentaires devant l'absence de l'une de ses commodes. Brisée lors du combat entre Reid et Cooper.
Il fut néanmoins un peu rassuré de la voir se glisser dans les draps en poussant un soupir de soulagement. Elle leva des yeux fatigué vers lui et il finit par se dire qu'il était parano.
Il lisait un livre dans le lit, Théa endormie à ses cotés. Elle n'avait pas mit longtemps avant de tomber dans les bras de Morphée. Trop heureux d'enfin pouvoir partager une vrai nuit avec elle, il avait balayé ses inquiétudes. Demain il lui proposerais d'installer un bon système d'alarme dans la maison, cela suffirait peut être a la tranquilliser quand elle sera seule chez eux. Il avait un peu exagérer quand il lui avait affirmé qu'il resterait aussi longtemps que possible avec elle avant de reprendre le boulot. Il avait épuisé ses jours de congé et vivait sur ses économies depuis quelques semaines déjà. Il en avait bien assez pour vivre confortablement durant plusieurs mois mais avec le mariage qui approchait ses réserve allait vite s'épuiser. Et il avait bien l'intention d'offrir un voyage de Noces magnifique a sa futur femme. Il devrait tout deux s'absenter a nouveau pour partir ensemble, il allait devoir reprendre son travail quelques temps... D'ici là, il espérait que Théa se sentira suffisamment prête a se débrouiller un peu toute seule... Et cela lui brisait le cœur...
Il baissa les yeux vers elle. Blottie contre lui, elle dormait profondément. Son coeur se réchauffa, ils n'en étaient pas encore là. Et il ne reprendrait le travail que quand il sera sûr a 2000% qu'elle sera prête.
Il la regarda quelques minutes dormir tout en jouant avec ses cheveux du bout des doigts, écoutant sa respiration tranquille.
Tranquille ?
Non, sa respiration n'était pas tranquille. Il fronça les sourcils en la voyant grimacer. Théa se mit à remuer dans son sommeil, puis se mettre brusquement a hurler. A hurler si fort qu'elle aurait put s'en briser les cordes vocales. Il lâcha son livre qui tomba sur le sol et voulu la prendre contre lui mais elle se débâtie de toutes ses forces.
- Théa ! Hurla t il pour couvrir ses cris. Théa réveilles toi !
Il la secoua tout en la maintenant contre lui. Il mit un temps fou a la réveiller et quand il y parvint elle était si paniquée qu'elle eut du mal a se reconnecter avec la réalité.
- Tout vas bien, tu es a la maison, tu es en sécurité !
Elle s'accrocha à lui, enfonçant ses ongles dans sa peau, les yeux exorbités par la terreur et le visage trempé de sueur.
- Je ne veux pas rester ici, Spencer. Emmène moi ailleurs, s'il te plait ! pleura t elle. N'importe où ailleurs !
Sans chercher à comprendre pourquoi, il se leva du lit. Il en fit rapidement le tour et la souleva dans ses bras après l'avoir enroulé dans la couverture. Il dévala les escaliers et attrapa ses clefs de voiture. Il ouvrit la porte et se dirigea vers sa voiture. Elle monta sur le siège passager où elle serra les pans de la couverture autour d'elle. Il s'installa rapidement derrière le volant et démarra. Jetant fréquemment des coup d'œil sur sa compagne prostrée a ses cotés, blanche et les yeux fixés droit devant elle. Il tendit une main et la posa sur sa jambe.
Il se gara et se dépêcha de faire le tour et d'ouvrir la portière passagère. Il se hâta de la porter à l'intérieur de l'immeuble. Il ouvrit la porte de son appartement et alla directement la mettre au lit. Il se laissa tomber sur le matelas et la laissa s'enrouler autour de lui tandis qu'il l'enveloppa avec d'autres couvertures.
- Voilà, tout vas bien... Théa ?
- Merci... Ça va mieux.
Il lui laissa le temps de se calmer de longues minutes. Quand il fut sûr qu'elle ne tremblait plus et qu'elle avait repris complétement ses esprits, il lui posa la question qui lui brûlait les lèvres.
- Tu te rappel ?
Il la sentit hocher la tête contre lui et un poids tomba dans son estomac.
- Dès que j'ai mis un pied dans la maison... Continua t elle. J'ai eu des flash toute la soirée, les escaliers, la cuisine, la chambre... Mais c'était flou, juste des sensations, et une impression de... De peur... Et dans mon cauchemar, tout est revenu.
Il avait tellement prié pour cela n'arrive pas...
- C'était pas un cauchemar, Spencer, pleura t elle a nouveau. C'était comme si je le revivais a nouveau ! Je sentais ses mains sur moi et...
Elle ne put continuer, sa voix s'étrangla dans sa gorge.
- N'y penses plus, lui dit il. C'est fini tout ça, tu vas bien et je suis là. On va oublier, je te promet que tu vas oublier... Tu es forte, tu va surmonter tout ça. Je serais là pour t'aider.
Il savait qu'il était inutile de lui proposer d'aller voir le psy de l'hôpital, elle ne voudrait jamais. Il ne devait pas la laisser avoir peur. Il glissa une main dans sa poche.
- Je voulais te faire une surprise ce soir, dit il en sortant une boite noire. Mais comme tu n'avais pas l'air d'aller bien j'ai préféré repoussé.
- Qu'est que c'est ? Demanda t elle en se redressant.
- Sais tu quel jour on est aujourd'hui ?
- Je t'avoue que non, mais je ne vois pas le rapport...
- Il y a précisément 1 an, l'interrompit il. J'ai vécu a la fois une des plus grande terreur de ma vie mais aussi et surtout l'un des plus grand bonheur. Ce jour là, quand on s'est embrassé pour la première fois, j'ai su que je ne pourrais jamais aimer que toi, que ma vie sans toi n'aurait plus aucun sens.
Il ouvrit la petite boite noire et dévoila la bague de fiançailles qu'il lui avait offerte le soir de sa demande en mariage. La petite pierre verte étincela dans son écrin.
- Je croyais qu'elle avait disparue... Je me souviens, Cooper me l'a arrachée du doigt.
Reid sortit le bijou de son écrin et attrapa la main de la jeune femme. Il la lui passa au doigt.
- Elle m'a tellement manquée...
Rassuré de voir un véritable sourire naitre sur son visage, Reid se détendit, la peur était passé.
- C'est Hotch qui l'a retrouvée dans la chambre, expliqua t il. Il me l'a rendue quand tu étais dans le comas. J'attendais ce soir pour te la redonner et je voulais même réitérer ma demande en mariage.
- Pourquoi ? Demanda a quittant des yeux sa bague qui brillait a sa main. Pourquoi refaire ta demande ? Je t'ai déjà dit oui.
- Parce que je voulais te redire a quel point je t'aime et combien je veux être présent pour toi. Tu ne veux pas voir de psy et j'espère que moi je pourrais t'aider a surmonter tout ça.
Touchée, Théa sentit son cœur se gonfler d'amour pour Spencer Reid.
- Tu sais pourquoi je ne veux pas voir de psy ? Demanda t elle finalement.
- Parce que tu est trop tête de mule et que tu es persuadée de pouvoir gérer ça toute seule.
- Tu me connais bien, sourit elle.
- Mais surtout je sais que tu préfère laisser le passé là où il est. Que de parler des événements qui te font souffrir ne t'aide pas a avancer.
- Ce qui est fait est fait, continua t elle. Je ne veux pas revenir dessus. Je préfère penser a l'avenir.
- Pourtant ce soir... Et cet après midi avec l'infirmier...
- Il y aura des rechutes, l'interrompit elle. Mais tu sais ce qui pourrait vraiment m'aider ?
- Non ?
Elle se rapprocha de lui et posa son front contre le sien tout en plongeant ses mains dans ses cheveux.
- Ne cesse jamais de me dire a quel point tu m'aime...
Elle cella sa déclaration par un baiser qui l'envoya faire un voyage au paradis.
Voilà pour ce chapitre qui se sera fait attendre ! J'avais espéré prendre mon mois d'aout en vacance mais j'ai bien trop de boulot malheureusement...
Le prochain chapitre sera des plus inspirant et j'ai vraiment vraiment hâte de l'écrire, j'espère donc que sa publication sera rapide :D
Bonne soirée les artistes !
