Chapitre 56
Il avait chaud et le matelas était douillet. L'impression de chaleur était renforcé par le bruit de la neige qu'il entendait souffler derrière les rideaux clos. Un corps bouillant était a demi allongé sur le sien. Il faisait encore noir dans la chambre quand il ouvrit un œil. Il était encore tôt. Il referma les yeux, prêt a se rendormir pour encore quelques temps quand on toqua brutalement a la porte.
- Aaron ! Cria une voix. Debout là dedans ! On a du travail !
Il sursauta si fort qu'il glissa du lit et se retrouva les fesses sur la moquette. Échevelé et déboussolé, il attrapa son téléphone posé sur la table de nuit pour vérifier l'heure. Il était six heure du matin !
- Ça va ? Demanda Emily qui sortait une tête ébouriffée de sous la couette.
- Je vais la tuer ! Grogna Hotch en se relevant.
Emily étouffa un rire, amusé de voir son compagnon en colère, en caleçon et les cheveux dans tout les sens se diriger vers la porte.
- THEA ! Hurla t il dans le couloir après avoir ouvert la porte.
Emily entendit un éclat de rire et vit Hotch disparaitre de la chambre. Elle le vit revenir deux minutes plus tard, l'air encore plus en colère.
- Elle s'est sauvée cette sale gamine ! S'écria t il en claquant la porte derrière lui.
- Et tu ne lui as pas couru après ? Demanda Emily dont les joues devenaient de plus en plus rouge a force de se retenir de rire.
- En caleçon ?! S'indigna Hotch.
- J'aurais aimé voir ça... Mais il est vrai que ça aurais cassé ton image d'homme sérieux et sans humour.
Hotch compris que sa compagne se moquait de lui et il leva les yeux au ciel. Il se calma en se répétant en boucle dans sa tête qu'il était content du retour de Théa de Reid, qu'ils leur avaient manqué, juste pour juguler son envi d'étrangler sa jeune subalterne.
- Elle a beau boiter elle courre encore vite, râla t il en se recouchant.
Emily se blottit contre lui et rabattit les couvertures chaudes sur eux.
- Elle boite ? Demanda t elle.
- Tu n'as pas remarqué ? C'est légers mais bien là, surtout a la fin de la journée hier.
Emily vit ses traits se crisper.
- Elle a passé une visite médical avant de reprendre son poste, non ?
- Oui, la semaine dernière.
- Si le médecin l'a autorisé a retravailler c'est que tout va bien.
Il haussa les épaules.
- Tu as l'air inquiet, insista Emily. Pourquoi ?
Hotch baissa les yeux vers elle, se demandant si il pouvait lui dire ce qu'il avait vraiment sur le cœur. Il avait eut beaucoup de mal a s'endormir la veille, ressassant les révélations de Reid en boucle. Théa avait bien caché son jeu. Pas une seconde il ne s'était douté que la mémoire lui été revenue ! Pourtant, ils avaient tous été très présents autour d'eux durant sa convalescence et il n'avait rien remarqué ! Non seulement il avait était peiné d'apprendre que le jeune couple lui avait caché cette information mais en plus il avait été blessé dans son orgueil de profiler. Mais au fond le vrai vrai problème, c'est qu'il avait été vraiment très attristé d'apprendre la vérité. Cela fut le sujet de nombreuses discutions entre lui, Prentiss, Morgan, Rossi et Garcia. Et ils étaient tous d'accord que la perte de mémoire de Théa était un mal pour un bien. Apprendre que ce n'était pas le cas l'avait bien plus chamboulé qu'il ne l'aurait cru. A présent il s'en voulait de ne pas avoir été plus présent pour eux. De ne pas avoir insisté pour que la jeune femme voit un psychologue, quitte a la trainer par la peau des fesses. Il imaginait bien l'enfer qu'ils avaient dut vivre tout les deux, les cauchemars, les crises de paniques et de doutes...
Mais il devait bien admettre qu'elle s'en sortait plutôt bien. Ils avaient retrouvé la même Théa hier. La Théa joyeuse et maladroite qu'elle avait toujours été. Et si il n'y avait eu sa boiterie, il aurait pu croire que rien ne s'était passé. Il n'en était que peu étonné encore une fois. Tête de mule jusqu'au bout des doigts de pieds ! Bornée, têtue mais courageuse. Voilà qui était tout a fait le genre de Théa. Ignorer et oublier ce qui faisait mal, pour avancer. Jusqu'au jour ou tout remonte.
Mais il allait la garder a l'œil encore un bout de temps.
Devait il partager la confidence de Reid avec Emily ? Sa compagne serait elle vexée si elle apprenait qu'il le lui avait caché ?
Non.
Non, elle comprendrait sa promesse de garder pour lui ce qu'il avait appris.
- Pour rien, répondit il a sa question en serrant ses bras autour d'elle. Je me demandais ce qu'il lui avait prit de tambouriner a la porte comme ça.
- C'était juste pour t'embêter, dit elle en étouffant un bâillement. Tu passais ton temps a dire qu'on s'ennuyait sans eux. Tu devrais être content !
- Ouais, bah la prochaine fois qu'elle me fait un coup pareil, je la colle a son bureau a faire de la paperasses pendant un mois !
Deux heures plus tard et après un bon petit déjeuner dans le confortable salon de l'hôtel, il mirent les pieds dehors, découvrant avec émerveillement que tout était recouvert d'un épais tapis blanc. Le bureau du shérif n'était pas loin et ils s'y rendirent a pied, chahutant dans la neige comme des enfants sur le chemin. Théa se prit une énorme boule de neige derrière la tête sans comprendre d'où elle venait avant de voir Hotch se frotter les mains pour en ôter la neige, un air satisfait sur le visage.
L'ambiance bon enfant s'assombrit d'un seul coup quand ils franchirent la porte du bureau. Le visage blanc du shérif ne pouvait dire qu'une seule chose : Il y avait eut une nouvelle victime.
- On vient tout juste d'avoir un appel, expliqua t il. Le vieux George a été retrouvé mort chez lui ce matin.
Hotch forma les équipes rapidement, seulement deux jours entre les meurtres, ils devaient réagir vite.
- Morgan et Prentiss, allez parler aux parents de Missi. Reid retourne voir le légiste et attend qu'on amène la nouvelle victime, voit avec Garcia si elle a trouvé quelque chose. Théa, Rossi et moi on va aller sur la scène du crime.
La maison du vieux George était a l'écart de la ville, cachée au fond d'un bois. Le paysage enneigé était magnifique et Théa aurait put rester des heures a contempler le joli tableau qui s'offrait a elle. Si les véhicules de police et les agents du Shérif ne gâchaient pas l'ambiance... Et encore plus si elle ne savait pas que le corps d'un pauvre homme se trouvait dans la petite bâtisse.
Emmitouflée dans son gros manteau et les pieds chaussés de bottes fourrés, elle suivi Hotch et Rossi dans la maison. Si de l'extérieur l'habitation semblait charmante, ce ne fut pas le cas de l'intérieur. Il y aurait eut besoin d'un sacré coup de ménage ! Et même d'une rénovation complète. La maison ne devait pas être entretenue depuis un sacré bout de temps ! La peinture des murs s'écaillait a plusieurs endroits, laissant entrevoir la pierre grise en dessous. L'odeur d'humidité et de poussière prenait les narines dès que l'on entrait a l'intérieur. Les toiles d'araignée avaient la part belle et s'étendaient sur toutes les poutres apparentes du plafond. Le sol était recouvert d'objets et de détritus divers qu'elle dut enjamber pour accéder au seul petit coin a peu prêt propre de la pièce.
Prêt de la cheminée éteinte, un gros fauteuil faisait face a la fenêtre, occupé par un vieil homme qu'on aurait pu croire endormi.
- Comme pour la première victime, annonça le légiste, aucune trace de coups ou de blessure. A croire qu'il est mort dans son sommeil.
- Mais ? Demanda Hotch.
- Mais il y une minuscule trace de piqure dans son cou. Je l'ai trouvé facilement vu que je savais quoi chercher et au moins là ce n'était pas caché par des cheveux. J'ai prélevé des échantillons dans la plaie mais je ne serais pas surpris d'y trouver le même venin que dans celle de Missi.
- Ça n'a pas de sens ! Intervint Rossi. Pourquoi s'en prendre a une adolescente puis ensuite a un vieil homme ?
- Et ce n'est pas un hasard, continua Théa. Pour Missi on aurait pu croire qu'elle s'était juste trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Mais cette maison est trop isolée pour que le tueur l'ai choisi au hasard ! Elle a été ciblée !
- C'est peut être justement par ce qu'elle est isolée qu'il a choisi cette maison, proposa Hotch.
- Je ne crois pas. Il a pris un gros risque en s'introduisant dans le lycée. N'importe qui aurait pu entrer dans les toilettes alors qu'il s'y trouvait encore. Ici s'était plus facile, deux modes opératoires complétement différents si on oublie l'arme du crime.
- Il faut fouiller plus loin dans la vie de Missi. Si elle a été choisie il y a forcement une raison.
- Pour le vieux George, les interrompit le Shérif. Je vais vous faire gagner du temps. Il n'y a rien dans sa vie qui donne envi de le tuer. C'était un ermite. Il ne sortait jamais de chez lui et se faisait tout livrer a domicile. La dernière fois que je l'ai vu en ville ça remonte a au moins 5 ans. Depuis la mort de sa femme.
- Elle est morte de quoi ? Demanda Théa.
- Cancer de l'estomac, répondit il. Depuis, il vit en reclus.
- Notre analyste va chercher dans leur vie, déclara Hotch.
Il s'éloigna pour passer son coup de téléphone, râlant parce qu'il n'avait aucun réseau et dut sortir dans le froid. Théa regarda autour d'elle, étudiant l'environnement du vieil homme et ne put en tirer grand chose. Son regard fut en revanche attiré par un éclat brillant au doigt de la victime. Elle s'approcha et découvrit une chevalière joliment gravée. Une pierre verte sertie en son centre.
- Tu crois que c'est une vrai ? Demanda Rossi qui se penchait a son tour sur la bague.
- Une vrai de vrai, répondit Théa en enfilant une paire de gants en caoutchouc.
Elle attrapa la main de l'homme pour retirer le bijou du doigt. Elle glissa facilement et elle put le lever au dessus de ses yeux pour l'étudier a la lumière d'un rayon de soleil qui filtrait a travers les carreaux sales de la fenêtre.
- C'est une vrai émeraude, dit elle. Et l'anneau en or massif. Sa valeur doit avoisiner votre revenu annuel, David.
- Celui que me verse le FBI ou la vente de mes livres ? Plaisanta t il.
- Les deux, répondit elle sérieusement.
Rossi se redressa impressionné.
- Je ne savais pas que tu t'y connaissais en joaillerie.
- Je suis une fille, plaisanta t elle. Je n'aime pas spécialement les bijoux mais je sais reconnaitre une chevalière de grande valeur quand j'en vois une.
- Notre victime ne semble pas avoir les moyens de s'offrir un tel cadeau.
- Ça s'est sur, intervint le Shérif. Il croulait sous les dettes. Toutes les terres autour de la maison appartenaient a sa famille depuis 5 générations, mais il a dut les vendre a la mort de sa femme. Les frais d'hôpitaux ont tout absorbé.
- Un héritage familiale peut être, proposa Rossi.
- Il aurait préféré vendre ses terres plutôt qu'un bijou qui vaut une fortune ? Non, ça colle pas.
- Il y a des armoiries de gravées dessus, dit Rossi en désignant la bague.
- Je vais demander a Garcia de faire des recherches.
Elle glissa le bijou dans un petit sac plastique.
- Il n'y a encore une fois aucune trace de lutte, observa Rossi. Encore que c'est tellement le capharnaüm ici que des traces de lutte pourraient passer inaperçues. Mais je ne crois pas.
- Pourquoi ? Demanda Théa qui elle aussi pensait qu'un peu plus de bazars ou moins ne se verrait pas.
- La poussière ma petite, lui répondit Rossi. Tout est recouvert d'une épaisse couche de poussière. Si il y avait eut du grabuge il y aurait des traces et là rien.
Ça se tenait, se dit elle.
- Donc il était déjà dans son fauteuil quand il a été tué. Comment a fait le tueur ? Il était forcément dans la pièce avec lui.
- Donc il le connaissait, il l'a fait rentrer volontairement.
- Mais si quelqu'un s'approche de moi avec une seringue je le verrais.
- Pas forcement, regarde où se trouve la piqure.
Rossi lui désigna la nuque de la victime.
- Pour piquer a cet endroit je dois me trouver derrière lui.
Il mima le geste après s'être glissé derrière le fauteuil.
- La victime était suffisamment en confiance, conclu Théa.
- Je dois retourner au poste, leur dit Hotch en passant la tête dans la pièce. Les journalistes reniflent le sang a des kilomètres et ça chauffe là-bas, je dois préparer une conférence. Rejoignez Emily et Morgan chez Missi. Reid attend que l'équipe du légiste amène le corps a la morgue il nous rejoindra plus tard. Garcia a eut quelques infos. On se retrouve au poste tous ensemble a midi pour faire le point et commencer le profil.
Et il ressortit a l'extérieur. Théa se mordit la lèvre en regardant son supérieur s'éloigner dans la neige a travers la fenêtre. Rossi capta son regard et son air préoccupée.
- Tu as quelque chose sur le cœur ma petite, lui dit en interrompant le fil de ses pensées.
- Pardon ?
- Allez vide ton sac, ça te fera du bien. Ce n'est pas bon de garder pour soi seule ce qui nous ronge le cœur.
Théa considéra un moment son collègue et ami, hésitante. Rossi lui sourit et durant une seconde, elle cru voir le sourire bienveillant de son père.
- Je... Je n'ai pas été tout a fait honnête avec vous, avoua t elle finalement. Et... Et je ne sais pas comment Aaron va réagir en l'apprenant.
- Quoique tu nous ai caché, répondit Rossi. Je suis sur que tu avais de très bonnes raisons pour ne pas nous en parler.
Théa haussa les épaules.
- Des raisons peuvent être bonnes pour moi mais pas pour Aaron.
Rossi rit en l'entrainant dehors.
- Voilà de sages paroles, dit il, de la buée sortant de sa bouche.
Il se planta devant elle et couva sa collègue d'un regard bienveillant.
- Et si tu me disais de quoi il en retourne ?
- Je me souvient de mon agression, dit elle finalement, priant fort pour que Rossi ne lu en veuille pas. Tout m'est revenu le soir ou je suis sortie de l'hôpital. Dans un cauchemar mais c'était comme si j'y étais ! Je n'en ai parlé a personne sauf a Spencer. Et je lui ai demandé de ne rien dire non plus.
- Pourquoi ? demanda Rossi.
Il était calme et nul trace de colère dans ses yeux noirs.
- Parce que je voulais oublier. Et je n'aurais pas pu si j'avais du en parler a Aaron et a vous tous.
- Il t'aurais obligé de voir un psy, déduisit Rossi.
- Oui mais ce n'est pas la seule raison. En parler a Spencer c'est une chose, il était là quand je me suis souvenu de tout, même si je l'avais voulu je n'aurais pas pu le lui cacher. Mais le dire a Aaron...
- Ça aurais rendu tout cela trop réel, compris Rossi.
- Oui.
- Et a présent tu veux tout lui avouer ?
- Je le lui doit, je vous le doit a tous, expliqua t elle. Vous avez tous été si présent pour nous. Pour moi après mon réveil et pour Reid duran tmon coma. Sans vous il se serait laissé sombrer. Et c'est a cause de moi que Cooper a foutu la merde dans votre équipe. Sans moi rien de tout ceci ne serait arrivé. Emily n'aurais pas été obligé de partir en mission de couverture, JJ ne serait pas partie et Spencer ne serait pas sentit coupable pour la fausse mort d'Emily. Ce n'est pas juste de vous mentir.
- Notre équipe, répondit Rossi. Pas votre mais notre. Tu fait partie de l'équipe autant que chacun d'entre nous. Et tu va m'ôter tout de suite de ta tête toute idée de culpabilité. Tu n'es pour rien dans ce que Cooper a fait. Il s'est servi de toi.
- Mais sans moi...
- Sans toi il aurais tourné son ambition et son obsession sur une autre ! Et tu as payé le prix fort pour quelque chose dont tu n'es pas responsable.
- Vous ne m'en voulez pas de vous avoir menti ?
- Non ma petite, pas une seconde et Hotch ne t'en voudra pas non plus. Il comprendra.
Parler avec Rossi lui avait fait du bien et lui avait libéré une partie du poids qu'elle avait sur le cœur. Elle se promit de parler a son supérieur dès la fin de cette affaire.
Ils retrouvèrent leurs collègues chez les parent de Missi. Théa accepta avec bonheur la tasse de café brulante que lui servit la mère de l'adolescente.
- Je vous remercie, il fait un froid de canard dehors, la remercia t elle, le nez rougit par le froid.
- C'est bien le minimum que je puisse faire, lui répondit la grande femme brune. Et puis cela m'occupe.
- Je suis vraiment navrée pour votre fille Madame, compatit Théa. Nous mettons tout en œuvre pour retrouver celui qui a commis cette atrocité.
Madame Warren croisa les bras sur sa poitrine en resserrant son gilet autour d'elle.
- Vos collègues nous ont dit qu'il avait eu un nouveau meurtre ? Demanda t elle en s'asseyant sur le canapé.
- Oui, malheureusement ce matin Mr George a été découvert mort chez lui. Il présente la même trace de piqure que votre fille dans la nuque.
- C'est épouvantable, gémit Madame Warren. Pourquoi ma Missi ? Elle n'a jamais rien fait pour mériter cela...
- C'est ce que nous essayons de comprendre, répondit Morgan. C'est pourquoi nous devons vous poser des questions. Hier encore nous pensions que Missi s'est malheureusement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Mais depuis le meurtre de ce matin nous remettons en cause cette théorie.
- Oui je comprend... Mon mari est partit en déplacement, il ne sera de retour que demain.
- Vous avez de la famille ou des amis pour vous soutenir ? Demanda Prentiss en s'asseyant auprès de la mère éplorée.
Madame Warren hocha la tête, le teint pale et blafard.
- Oui, ma mère est venue m'aider. Elle vit ici avec moi en attendant le retour du papa de Missi.
La mère semblait tenir le coup, restant digne dans la douleur mais Théa voyait ses mains trembler, luttant pour ne pas s'effondrer.
- Puis je voir la chambre de Missi, madame Warren ? Demanda t elle. Je vous promet de rien déranger.
- Bien sur, c'est a l'étage, deuxième porte a droite. Excusez moi si je ne vous accompagne pas, c'est encore trop tôt...
- Merci.
Théa se leva, suivi par Morgan, laissant Rossi et Emily interroger la mère de famille.
Ils entrèrent dans la pièce a coucher. Au premier regard, c'était une chambre d'adolescente normale. Les murs étaient couverts de posters et de photos. Le lit recouvert de peluches. L'armoire débordait de vêtements. Un bureau tout aussi encombré de livres et de cahiers.
- Je ne crois pas que l'ont découvrira quoi que se soit ici, dit Morgan en s'approchant des photos. Je pense toujours que Missi a été choisi au hasard. Le tueur s'est caché dans les toilettes et a attendu une victime quelconque. C'est tombé sur Missi, il ne pouvait absolument pas prévoir qu'elle allait se rendre aux toilette a ce moment là.
- Peut être l'a t il attendue, proposa Théa en s'approchant du bureau.
- Et prendre le risque de se faire prendre en restant tapis là toute la journée ? Il y a des toilettes a tout les étages au lycée, comment aurait il pu savoir qu'elle irait dans celles ci a ce moment précis ?
- Je suis d'accord avec toi.
Elle farfouilla parmi les livres sur le bureau et ouvrit les tiroirs. Puis refit la même chose avec la table de nuit, souleva le matelas sans rien trouver. Morgan la regarda faire sans poser de questions.
- On apprendra rien ici, dit elle finalement.
Elle sortit de la chambre, Morgan sur les talons.
- Madame Warren, demanda t elle a la mère de famille. Missi tenait elle un journal intime ?
La femme sembla décontenancée par la question.
- Je ne pense pas, répondit elle finalement après avoir réfléchit quelques secondes. Mais elle avait 17 ans, vous pensez bien qu'elle ne me disait pas grand chose sur sa vie. Si elle avait un journal je ne suis pas sure qu'elle m'en aurait parlé mais je ne pense sincèrement pas.
Il était midi et tous partageaient un repas rapide mais chaud autour de la petite table mise a disposition par le Shérif. Debout devant le tableau sur lequel il avait réunis tout les indices, Reid remonta ses lunettes sur son nez qu'il fronçait de dépit.
- J'ai horreur de devoir dire ça mais je ne vois aucune logique a tout cela ! Déclara t il. Pour la première victime il ressemble a un opportunisme et pour la deuxième il parait méthodique.
- Ce n'est pas tout les jours que l'ont peu entendre le génialissime Dr Reid avouer qu'il n'y comprend rien ! Se moqua Morgan.
Reid n'eut pas l'occasion de répondre que le Shérif entra dans la pièce sans frapper, l'air affolé.
- Nous avons trouvé deux autres corps ! Scanda t il.
En alerte, ils se levèrent tous de leurs chaises, un vent d'urgence souffla dans la petite pièce.
- Il accélère, ce n'est pas bon ! S'écria Hotch.
Le shérif semblait paniqué et apeuré.
- Mes hommes paniquent ! Dit il. Les journalistes sont déjà sur place et ils tentent de les maintenir a distance mais ça passe déjà au journal !
Au même moment l'écran de l'ordinateur posé sur la table s'alluma et le visage grave de Garcia apparu.
- Tout est aux infos ! S'écria t elle.
Son visage disparu, laissant place a une journaliste devant une maison, le micro a la main, annonçant qu'un troisième et quatrième meurtre avait été commis dans la petite ville.
- C'est la merde ! Shérif, que vos hommes indiquent a mon équipe les lieux des meurtres. Faites poser des barrages et dispersez moi ces vautours !
- Oui, tout de suite !
Heureux d'avoir des ordres clairs et précis, il se mit au travail.
- On y vas tous ensemble, ordonna t il. Ne répondez pas aux questions des journalistes, je me chargerais d'eux quand nous auront fini sur les scènes de crime.
Ils se mirent en branle et sautèrent a bord des voitures. Morgan conduisit rapidement, avalant les kilomètres sans se préoccuper des feux de circulation, toutes sirènes allumées. Une deuxième voiture les suivaient avec Hotch et Rossi a son bord.
Les journalistes les accueillirent a leur arrivée devant la maison, un petit corps de ferme. Ils étaient très nombreux ! Les hommes du Shérif ne parvenaient pas a les disperser. Les flashs les éblouirent quand ils sortirent des voitures et les questions fusèrent. Les journalistes étaient si nombreux que Morgan et Hotch durent jouer des épaules pour réussir a passer a travers mais même les deux grands agents eurent du mal a se frayer un chemin.
- Dégagez de là ! Hurla Morgan. Ou ont vous bouclent pour entrave a une enquête du FBI !
Mais ils n'eurent que faire de ses menaces et la masse de personnes continua de se refermer sur eux, tendant leurs micros vers eux et hurlant des questions inéligibles. Théa et Emily, coincées entre leurs collègues se sentirent happées et séparées des hommes. Théa voyait Reid, plus grand que les autres s'éloigner, bousculée par le troupeau de journalistes. Elle entendit même Emily pousser un cri de douleur derrière elle. Jouant de sa petite taille, Théa se faufila jusqu'à elle et la trouva le nez en sang.
- Emily !
- Je me suis pris un coup ! Gémit elle en essuyant le sang de son visage.
Hotch perdit patience quand il entendit la plainte de Prentiss. Il fendit la foule, écrasant des pieds et écartant sans somations les journalistes. Il en fit même tomber un pour atteindre ses collègues. Il attrapa la main d'Emily et la tira vers lui. Le suivant de prêt, Reid en fit de même et referma sa main sur celle de sa fiancée. Morgan avait attrapé la caméra d'un journaliste et la balança au sol.
- Si vous ne déguerpissez pas d'ici immédiatement je vous fait tous confisquer votre matériel !
- Vous n'avez pas le droit ! Hurla le journaliste dont la caméra était en miette sur le sol.
- Je vais me gêner ! Répondit Hotch. Shérif ! Bouclez moi cet homme !
- Quoi ?! Et sous quel prétexte ?!
- Entrave a une enquête du FBI !
L'un des agents de police attrapa l'homme et lui passa les menottes sous ses vives protestations avant de le balancer dans une voiture de police.
- Quelqu'un veux le suivre ?! Hurla Hotch et braquant la foule de ses yeux furieux.
Le silence se fit parmi les journalistes et le calme revint enfin et ils purent atteindre la porte d'entrée de la maison tandis que les hommes du Shérif faisaient reculer la horde de vautours.
Une fois dans la maison, Hotch se pencha sur Prentiss.
- Ça va ?
- Non mais quelle bande de rapaces ! Hurla t elle en posant le mouchoir que lui tendait Hotch sur son nez. Ils deviennent de plus en plus avides ! T'inquiète Aaron, j'ai connu pire.
Hotch pris quelques secondes pour s'assurer que tout le monde allaient bien mais a part Emily qui saignait toujours du nez et Théa qui s'était remise a boitiller, sa jambe n'ayant que peu apprécié de se faire bousculer ainsi, tout le monde allait bien et ils purent se remettre au travail.
- Les deux victimes sont Thérèse Emilio et son jardinier Roger Snyder, leur annonça Shérif.
Il désigna une vieille femme allongée sur un canapé dans le salon et la fenêtre par laquelle on apercevait le corps du jardiner sur la pelouse.
Reid soupira. Il avait eut hâte de reprendre le travail mais il ne s'attendait pas a une telle hécatombe !
Voilà pour ce chapitre :)
