Salut les p'tits loups !
C'est le début de cette fiction et je suis pas mal inspirée donc j'ai pensé qu'un second chapitre ne ferait pas de mal, même si j'ai posté le premier il y a seulement trois jours.
Je vous remercie tous pour votre enthousiasme envers ce premier chapitre, ça fait chaut au cœur et ça me donne vraiment envie de vous livrer les chapitres le plus vite possible.
Réponses aux reviews :
vinie65 :Merci beaucoup de prendre le temps de lire et de reviewer touts mes fics Merlin. Et ne t'inquiète pas, même si je ne poste pas aussi rapidement pour les autres, parce que je fais de plus longs chapitres (surtout pour Maladie d'amour) je vais essayer de ne pas favoriser l'une ou l'autre, et de poster le plus régulièrement passible. Je te fais des bisous, à très vite.
Laure Marez : Salut ma Zouzou ! ( tu es bien la même Zouzou qui me harcèle de reviews anonymes hein ? ;) ) Alors, je comprend tout à fait que ça te paraisse étrange toute cette histoire d'aquarium et de murs transparents. L'aquarium est bien de mon invention, les murs transparents en revanche m'ont été inspirés par une séries sur nom de OZ, qui se passe dans une prison ou les cellules sont effectivement transparentes, pour ôter toute intimité aux détenus. Mais, et tu vas le comprendre dans le prochain chapitre (le 3) si cette prison a cette configuration dans ma fiction c'est pour une toute autre raison, pas si mauvaise que ça au final. Ce qui me ramène à tes interrogations concernant Lancelot. Oui il est directeur de cette "horrible" endroit, mais c'est pas pour autant qu'il est différent du Lancelot de la série. Il n'a rien perdu de son intégrité moral, tu pourras le voir au fil des chapitres. Et oui, ne t'en fait pas, tu auras la fin de toutes mes fictions, même si, pour celle-ci comme pour Maladie d'amour ou même Le fil du destin, il n'est pas question pour moi de finir tout de suite, je ne suis pas prête à mettre fin à leurs histoires :) Bref, un immense merci pour ton soutient, et j'espère continuer à te satisfaire avec mes écrits, des bisous.
pattenrond1 : Merci beaucoup, et voila la suite, j'espère qu'elle te plaira. Biz.
lovePEOPLEandCOWBOY : Ahah, tu sais je crois que la vie d'Arthur est déjà un cauchemar, mais c'est sur qu'ils vont devoir s'unir pour survivre à cette cage comme tu dis. J'espère que tu aimeras ce chapitre, des bisous.
Passion of Imbattables : Ah, revoilà mes petites pensionnaires du premier jour, toujours les premières à reviewer hein ? ça fait énormément plaisir ! Oui, Camelot est une prison pour hauts criminels, et Arthur est ici parce que... et bien tu le verras ;) C'est drôle, vous êtes plusieurs à m'avoir parlé d'infiltration, c'est intéressant comme hypothèse. Oui, l'aquarium c'est assez horrible, je le reconnais, mais on y est pas envoyé sans raison. Je te laisse lire le prochain chapitre, hâte de savoir ce que tu en penses. Bisous à toi.
Loulou2a : Et te revoilà également, à me soutenir depuis le début. Merci. Pareil que pour Passion of Imbattables, tu ne comprends pas ce qu'Arthur fait ici, et tu me parle d'infiltration... et bien, je ne sais quoi répondre, si ce n'est que les prochains chapitres t'aideront à mieux comprendre :) Oui, une chance que Merlin soit tomber sur cet ancien détenu en particulier, hein ? ;) Et pour l'aquarium... personne n'est à l'abri de s'y retrouver, pas même Arthur ou Merlin. Et pour le rapprochement entre les deux... Arthur reste Arthur, même en prison, même au 21eme siècle. Il s'est déjà attaché à Merlin dans sa précédente vie, il faut espérer que ça se passe de la même façon aujourd'hui :) je te fais des bisous ma belle, à très vite.
MerlinLand : Merci de ton enthousiasme ! Et oui, l'inspiration est avec moi, même si elle m'avait quitté ces derniers temps. J'espère que ça continuera comme ça. Bisous à toi.
Mariko-8 : Merci à toi. EN espérant que la suite te réjouisse autant. biz.
Voila, je vous laisse avec ce chapitre, on se retrouve en bas.
Bonne lecture.
Chapitre 2 :
Merlin observait la petite pièce qu'il allait partager avec Arthur pour une durée indéterminée. Ça n'était rien de plus que ce qu'on pouvait attendre d'une cellule de prison. Deux lits superposés étaient collés contre une des parois transparentes qui donnait sur la cellule voisine, ils faisaient face à une petite table et deux chaises. Contre le mur du font, se trouvaient des toilettes et un lavabo surplombé d'un petit miroir. Merlin jeta un œil à son reflet. Il portait un t-shirt gris et un pantalons bleu clair un peu délavé. La tenue officielle des prisonniers de Camelot. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Dans cette tenue, dans cette prison ? Ça n'était pas sa place.
« Tu comptes rester debout toute la journée ?! »
Merlin baissa les yeux sur Arthur qui avait pris place à la petite table, et il se souvint. Tout cela n'avait aucune importance, ces murs, cette tenue, ces chaînes, ça n'avait aucune importance tant que lui était là. Il tira la chaise en face du roi et s'assit tant bien que mal. La chaîne reliait sa cheville gauche à la droite d'Arthur, les obligeant tout deux à tendre leur jambe sous la table. C'était un sacré inconvénient, mais avec du temps et un peu d'entraînement, ils arriveraient sans doute à oublier l'existence de cette chaîne qui les liaient. Un silence pesant s'installa dans la cellule. Arthur avait les mains croisées sur la table, les yeux observant distraitement le vieux bois. Merlin savait qu'il venait de priver Arthur du semblant de liberté qu'il lui restait avant son arrivée. Il ne pouvait même plus bouger comme bon lui semblait.
« Ce... l'aquarium, qu'est-ce que c'est ? » Demanda le brun, plus pour contrer le silence que pour obtenir une réponse qu'il connaissait déjà.
Arthur releva un regard dur sur lui. Il sembla hésiter un long moment. Hésiter entre ne rien répondre ou l'envoyer balader avec virulence pour lui faire comprendre qu'il n'y avait aucune place pour une quelconque forme de civilité entre eux. Finalement, ne trouvant pas la force de se montrer hostile avec cet homme qui ne lui avait rien fait, il eut un petit rire sarcastique, avant de répondre.
« C'est l'enfer dans l'enfer, voilà ce qu'est l'aquarium. »
« Et... pourquoi cet homme s'y est retrouvé ? » Demanda le sorcier à nouveau, se souvenant avec un brin de pitié de l'homme enfermé dans cette cage de cristal.
Le blond pencha la tête sur le coté, observant Merlin un long moment, avant de soupirer fortement.
« Écoute belle-gueule, ce mec enfermé en-bas n'est pas un 'homme', c'est un taulard, un meurtrier. Ne pense pas une seule seconde qu'il mérite une quelconque pitié, ni lui ni aucun autre détenu. Toi non plus t'es plus un homme ici, oubli t'es sentiments, ils sont restés à l'entré de Camelot. Ici la moindre faiblesse te coûtera la vie, alors n'ai aucune pitié pour ceux qui se retrouvent dans l'aquarium, contente-toi de ne rien faire pour y être envoyé. »
Le sorcier avait baissé les yeux au milieu du discours du roi. Alors c'était ça ? Cette étincelle qui s'était enfuis du regard du blond, c'était ça. Ses sentiments, son humanité. Il les avait enterré, enfouis jusqu'à ce qu'ils s'éteignent complètement. Merlin avait été tellement heureux de retrouver son roi, qu'il n'avait pas pensé une seule seconde à cette prison, à l'enfer qu'Arthur vivait ici. Mais ça n'était pas Arthur qu'il avait retrouvé ici, c'était un tout autre homme, blessé, détruit.
« Qu'est-ce que... bordel, t'es quand même pas en train de pleurer ?! »
Merlin releva les yeux, essuyant une larme qui avait dévaler sa joue par mégarde. Arthur jura dans sa barbe, renversant la tête en arrière, complètement désabusé. De tout les enfoirés qui peuplaient et remplissaient cette prison, il avait fallu qu'il tombe sur le seul taulard hypersensible. il n'avait aucune idée de ce que ce merlin avait fait pour atterrir ici, mais une chose était sur, il n'avait pas sa place parmi les hommes jugés et condamnés à la prison de haute surveillance qu'était Camelot, et il ne survivrait pas ici, c'était certain. Du moins, il n'aurait eut aucune chance de survivre s'il avait été rattaché à n'importe quel autre détenu, s'il n'avait pas été enchaîné à lui. Arthur plongea son regard dans celui encore humide du brun. Son cœur eu un raté qu'il ne su expliquer, son esprit s'égarant une demie-seconde vers un paysage ensanglanté, des montagnes enflammées, une image qu'il ne connaissait pas mais qui avait envahis sa tête et glacé son coeur. Il secoua la tête pour reprendre ses esprits, soupirant fortement.
« C'est bon gamin, c'est pas si horrible ici. Dulac est un con, mais il est juste. Et, à moins que tu ne décide de tenter d'éventrer ton codétenu, comme le mec que t'as vu dans r l'aquarium, y a pas de raison pour que ça se passe mal pour toi ici. » Dit Arthur, tentant bien malgré lui de rassurer le brun.
Mais il mentait. Parce que des raisons, il en voyait des dizaines. A commencer par ces yeux bien trop bleu et trop doux, et ce corps bien trop svelte, presque féminin... Oui, il voyait des dizaines de choses qui pourraient, et allaient certainement attirer des problèmes à Merlin, et à lui par la même occasion. Mais la larme que le brun avait laissé échapper n'était ni une larme de peur, ni de désarroi. Mais de tristesse, de voir cette homme si différant de son roi, si différant de sa destinée. De voir ses yeux vides, ses traits tirés, sa bouche sans le moindre sourire. Mais à cet instant, comme un peu plus tôt dans le couloir, le regard d'Arthur semblait s'animer. Lorsqu'il plongeait son regard dans celui du sorcier, pendant une fraction de seconde, le blond semblait retrouver toute la fougue et la lueur de vie du grand Roi qu'il n'avait pas conscience d'avoir été. Alors Merlin ne perdait pas espoir, il espérait toujours qu'avec son aide, Arthur retrouverait cette étincelle de vie qui lui manquait, il retrouverait peut-être même ses souvenirs. C'était son plan initiale, l'aider à recouvrer sa mémoire avant de le faire sortir de là. Et il y arriverait, sinon à quoi bon être le grand enchanteur, s'il ne pouvait aider la seule personne qui comptait réellement pour lui ?
Une sonnerie stridente retentit et Arthur se leva, soupirant à nouveau.
« Aller Belle-gueule, lève-toi, c'est l'heure du repas. »
Merlin obéi et il sortit de la cellule, suivant Arthur qui marchait toujours devant lui, le regard droit devant, comme un avertissement à tous ceux qui oserait espérer pouvoir approcher Merlin. Et de ces gens là, il y en avait, des tonnes. A peine avaient-ils rejoins la cantine que tout les regards ou presque se posèrent sur eux. Merlin contrastait tellement avec le détenu type, il n'était guère étonnant qu'il attire toutes les convoitises, Arthur l'avait su à l'instant où il avait posé les yeux sur lui. Mais Arthur ne laisserait rien lui arriver, d'abord parce que c'était la règle. Quoi qu'il arrive au nouveau à qui il avait été rattaché, c'était la responsabilité de l'ancien détenu. Et puis, ce gamin avait l'air si fragile. Il le sentait dans son dos, se coller à lui autant que possible, sans pour autant le toucher. Il le sentait se tendre sous les regards alanguis. Et il l'avait vu pleurer... et cette image restait dans son esprit et sur son cœur, comme un poids qui ne voulait pas s'effacer.
Il les conduisit d'autorité vers le self-service, ne baissant pas le regard une seule seconde, contrairement à Merlin qui gardait ses yeux au sol comme il le lui avait demandé. Le blond soupira de nouveau, il allait vivre et subir de très longues journées de regards et de tentatives d'approches incessantes avant que ces pervers ne se calme enfin. Mais les autres détenus le connaissait, ils savaient qu'ils n'avaient aucune chance contre lui. Il espérait juste que certains, comme Tony, ne soit pas assez stupide pour tenter quand même leur chance. A peine cette pensée eut-elle traversé son esprit qu'il sentit Merlin s'approcher un peu plus, son torse entrant en contact avec son dos, brisant la frontière tacite installée entre eux pour la première fois depuis son arrivée. Arthur posa son plateau devant lui et se retourna pour voir un détenu dont il ne connaissait même pas le nom se tenir un peu trop près de son « boulet ». L'homme était grand, bien plus grand que lui et il venait de passer un bras autour des hanches fines de Merlin, lui murmurant quelque chose à l'oreille. Arthur pris le poignet de l'homme pour retirer son bras et posa sa main libre sur le torse de Merlin pour le faire reculer jusqu'à ce qu'il se retrouve derrière lui.
« T'as un problème mon grand ? » Demanda t-il froidement, le ton menaçant.
« T'as un problème minus ? » Rigola l'autre.
Arthur écarquilla les yeux avec détachement et mépris. Puis il baissa les yeux vers la cheville du colosse, avant de se pencher un peu pour voir à qui il était attaché. Sirius, un homme d'un certain âge, le plus vieux détenu de la prison le regarda avec un petit sourire désolé. Arthur aimait bien Sirius, le vieil homme purgeait sa peine sans attirer les ennuies, tout le monde le respectait et il respectait tout le monde. Ils jouaient parfois aux cartes tout les deux, et Sirius gagnait toujours. Arthur leva les yeux vers l'autre à nouveau.
« Je vois. T'es nouveau ici alors je vais laisser passer pour aujourd'hui. Mais essaie encore une fois d'approcher le gamin, ou ne serait-ce que d'y jeter un œil, et je te promet que tu ne pourras plus poser tes salles pattes sur qui que ce soit avant un long moment. »
« Ah ouais ?! » Demanda l'autre dans un sourire sarcastique.
Autour d'eux, les autres détenus commençaient à s'exciter, lâchant des encouragements ou des insultes pour les inciter à se battre. Si Arthur s'en fichait pas mal, l'autre, lui, devait sûrement penser qu'il gagnerait pas mal d'alliés en terrassant le « minus » devant lui. Il eu un sourire mauvais, dévoilant une rangé de dents tordues et cassées, et son poing s'abattit sur la mâchoire d'Arthur avant qu'il n'ait pu esquiver. L'impact avait fendu sa lèvre inférieure, inondant sa bouche d'un goût écœurant de fer. Merlin réagit avant lui, s'avançant vers le géant qui riait bêtement. Arthur lui barra la route d'un bras tendu sur son ventre. Il leva les yeux vers lui, fronçant les sourcils face à sa témérité inattendue. Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Il pensait vraiment être capable d'affronter ce colosse ? Et puis pourquoi il prendrait cette peine ? Merlin n'était pas responsable de ce qui pourrait lui arriver, mais bien l'inverse, alors pourquoi s'en mêler ? Décidément, le gamin était vraiment trop sensible s'il était prêt à se tenir entre lui et le géant pour le défendre. Et puis il n'avait pas besoin que qui que ce soit le défende. Mais étrangement, il sentit son cœur se réchauffer, et plutôt que d'en être énervé, il était bizarrement touché par le geste. Revenant sur terre, il quitta la chaleur des yeux de Merlin qui le toisaient avec une lueur étrange pour revenir à celui qui avait osé le frapper. Ses yeux firent rapidement le tour de la pièce, ou des détenus criaient et attendaient qu'il passe à l'action, mais pas un gardien n'était en vue. L'autre continuait de rire, et Arthur lui souri, ses lèvres ensanglantées s'étirant de façon machiavélique, et son poing partit. Il ressentit une grande satisfaction lorsque l'autre arrêta de rire dans un bruit qui donna la nausée à Merlin. Avant qui l'autre ne puisse faire de nouveau face au blond, Arthur lui asséna un nouveau coup, dans l'abdomen cette fois, puis un troisième, et un quatrième... Le sorcier ne sut comment Arthur avait pu enchaîner un aussi grand nombre de coup de poing et de pieds sans que la chaîne ne l'entraîne dans son sillage. Il n'avait pas bougé, et pourtant l'homme, lui, s'était retrouvé au sol sans avoir pu atteindre Arthur une nouvelle fois. Arthur ne s'arrêta que lorsque le corps imposant de l'autre fit perdre l'équilibre à Sirius, qui tomba à son tour. Le blond voulu s'avancer pour l'aider à se relever, ne se souciant guère du corps gémissant de douleur à coté, quand les gardes se manifestèrent enfin, perçant la ronde qu'avaient formé les détenus autour d'eux. Arthur leva les deux mains en signe d'armistice mais les gardiens l'avaient déjà maîtrisé, le plaquant au sol. Merlin fut aussi contrains de s'allonger au sol par un garde, avec plus de douceur cependant. Arthur tourna le regard vers le brun, les mains sur la tête, et pour la première fois un sourire fendit ses lèvres. Un vrai sourire, amusé et presque rassurant. Merlin fut tellement subjugué qu'il ne se rendit pas compte de sourire également. Le blond lui fit un clin d'œil en se léchant la lèvre pour essuyer le sang qui coulait toujours. Le sorcier était ébahis de voir à quel point il ressemblait à l'impétueux prince qu'il avait connu bien des siècles plut tôt, à leur rencontre. Les gardiens les forcèrent ensuite à se relever, et Léon arriva au milieu de ce bordel, observant les dégâts.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » Demanda t-il en passant de regard en regard.
Personne ne répondit bien sur. Il jeta un regard à l'autre homme toujours au sol, puis à Arthur dont la lèvre saignait encore.
- « Bien, pas de promenade pour vous pour les trois prochains jours. » Dit-il en regardant Arthur, Merlin puis le colosse. « Emmenez-le à l'infirmerie. » Ajouta t-il à l'intention des gardes.
Arthur jeta un regard à Sirius qui s'apprêtait à les défendre, lui signifiant de se taire. Ça ne valait pas la peine qu'il s'attire les foudres du nouveau dont il avait hérité pour si peu. Léon n'avait pas compris Sirius dans la sanction, sachant bien que le vieil homme ne pouvait pas avoir déclenché cette bagarre. Les gardiens détachèrent la chaîne de la cheville de Sirius et entraînèrent le tas de muscles gémissant vers l'infirmerie. Les autres détenus s'étaient dispersés depuis l'arrivé des gardiens, et le calme regagna la cantine. Léon s'avança vers Arthur et souleva son menton d'une main rude. Il observa sa blessure une seconde, puis soupira.
« Je t'ai pourtant dis d'éviter les ennuis Arthur... t'as besoin de soins pour ça ? »
« Non, c'est bon. » Répondit-il froidement, détournant le visage pour se soustraire à la main du gardien.
Il jeta un regard autour de lui, comme craignant d'attirer l'attention des autres détenus. Merlin observa Léon faire la même chose, se demandant pourquoi le gardien semblait si différent avec Arthur qu'avec les autres détenus. C'est vrai qu'ils avaient été très bon amis dans leur ancienne vie, mais aujourd'hui n'étaient-ils pas censés n'être que des étrangers, de mondes totalement différents ? Alors pourquoi Merlin avait l'impression de retrouver entre eux le même lien qu'ils partageaient alors ? Léon jeta un dernier regard au blond, puis il s'en alla, et Arthur tira de nouveau Merlin vers le self service.
« Désolé... pour ça. » Souffla Merlin alors qu'il se servait une cuillère d'un mélange de légumes peu ragoutant.
Arthur eu un petit rire, secouant légèrement la tête.
« C'est pas la peine de t'excuser. Ce mec était un vrai con, et puis si tu comptes t'excuser à chaque fois qu'un détenu craque pour ta belle-gueule, t'as pas fini gamin. »
Il lui sourit à nouveau puis se dirigea vers les grandes tables qui s'alignaient jusqu'au font de la grande salle. Arthur alla vers une place qui semblait lui être attribué, au fond de la salle.
« C'était un beau spectacle que tu nous as fais là Arthur. » S'amusa à signaler l'un des hommes assit là ou Arthur s'était arrêté.
« Ouais, bien joué mon pote. »
Et décidément, le cœur de Merlin n'avait pas fini de faire des bonds aujourd'hui. Il releva la tête pour voir un Gauvain tout souriant, un coude appuyé sur l'épaule tatoué d'un Percival qui arborait un sourire tout aussi malicieux. Allait-il tous les retrouver ici ? Cette prison était-elle la réelle réincarnation du grand Camelot ? Non, cet endroit n'avait rien à voir avec le royaume, mais il devait avoir une raison à leur présence à tous. Et Merlin se jura de trouver cette raison.
« Alors, comment s'appelle la princesse en détresse dont t'as hérité? » Demanda Gwaine en levant des yeux taquins vers Merlin.
Arthur se contenta de grogner en s'asseyant face à Percival. Merlin suivit son mouvement, puis après une seconde de silence, décida de répondre à la place du blond.
« Merlin. » Dit-il simplement.
Les deux autres partirent dans un fou-rire incontrôlé, que le regard meurtrier d'Arthur ne sembla pas calmer.
« T'es sérieux ? » Demanda Gauvain entre deux soubresauts d'hilarité.
« Oui, malheureusement il est très sérieux. » Soupira Arthur, les coin de ses lèvres se soulevant en une ébauche de sourire, bien malgré lui.
Les deux idiots se calmèrent un peu au bout d'une minute alors qu'Arthur et Merlin avaient commencés à manger. Gauvain se redressa sur sa chaise, libérant l'épaule de Percival qui lui servait jusque là d'accoudoir.
« Et bien Merlin, bienvenu à la table ronde. » Dit-il en souriant, se courbant théâtralement en désignant la table devant lui d'un revers de main.
Le sourire radieux de Merlin surprit Arthur, qui se retrouva figé, sa fourchette suspendu devant la bouche. Merlin secoua la tête doucement, si ces trois là savaient qu'ils avaient réellement siégé à la table ronde, que Merlin, Gauvain, Percival et Arthur avaient été là, le jour de la naissance de ce mythe. S'ils savaient qu'ils étaient les chevaliers de ces légendes qui étaient dans toutes les consciences aujourd'hui. Si seulement Arthur savait qu'il était ce grand Roi qui avait tant inspiré de nombreuses générations. Et ils le sauraient, ils s'en souviendraient, Merlin s'en faisait la promesse.
…
« Pourquoi t'as atterri ici ? »
Merlin sursauta légèrement à la question d'Arthur. Il le pensait endormi depuis longtemps. Après le dîner ils avaient rejoins la salle commune et les quatre hommes s'étaient installés à une table – réellement ronde celle-ci – pour jouer aux cartes. Merlin fut légèrement rassuré de voir que l'aquarium était vide à nouveau. La soirée avait été calme, si ça n'était les moqueries des trois autres quand ils avaient compris que Merlin ne savait pas jouer aux cartes. Mais le sorcier n'avait guère eut l'occasion de pratiquer ce genre de choses, malgré sa très longue vie. Il avait passé les années et les siècles, reclus au fin font d'une forêt en France, seul ou presque. Non, il ne parlait pas aux animaux et ne possédait pas un hibou nommé Archimède contrairement aux croyances populaires. Mais Kilgarrah avait été près de lui, du moins les premiers siècles, avant la chasse aux sorcières qui avait pratiquement éradiqué toute magie de la terre. Merlin n'avait pas voulus risquer la vie du dragon plus longtemps, et celui-ci était parti se terrer là où personne ne pourrait le trouver, pas même Merlin. Mais hormis ces quelques moqueries, Merlin pouvait dire qu'il avait passé une bonne soirée, oubliant presque qu'il se trouvait en prison, et que les trois hommes en face de lui n'étaient pas exactement ceux qu'il avait connu. Personne n'était venu les accoster, bien qu'il sente toujours ces même regards envieux et mauvais sur lui. Peut-être que l'homme qui avait fini à l'infirmerie leur avait servie de leçon, ou peut-être était-ce parce qu'en plus d'Arthur, Merlin était entouré de Gwaine et Percival, mais il n'y eu aucun incident. Merlin n'avait pas osé leur demander pourquoi ils s'étaient retrouvés ici, malgré que cette question refuse de quitter son esprit. Et puis était venus le temps de rejoindre les cellules, un gardien était passé dans chacune d'elles pour retirer les chaînes des détenus pour la nuit. Et le voilà maintenant, après quelques heures d'intense réflexion, à faire face à la question qu'il n'avait lui-même pas osé prononcer plus tôt. Ne pouvant parler de ses réelles motivations, il se contenta de parler du moyen qu'il avait employé pour entrer dans cette prison.
« Braquage à main armée... »
Il entendit un petit rire sur le lit au dessus de lui.
« Vraiment ? Je te voyais plutôt du genre à avoir piraté le serveur de la CIA ou un truc comme ça. » s'amusa t-il.
« Et... et vous ? » Souffla Merlin.
Il eut un mouvement de recule quand Arthur se pencha par dessus son lit pour le voir, se retrouvant la tête à l'envers.
« Vous ?! Bon sang t'es en prison ici, vouvoyer est un signe de soumission, pas de politesse. Alors fait pas ça, ne vouvoie personne... et certainement pas moi. »
« Désolé. »
« Et arrête de t'excuser sans arrêt ! » Soupira Arthur en se rallongeant sur son lit.
Un silence pesant s'installa dans la petite cellule. Merlin fixait le quadrillage de fer qui tenait le matelas d'Arthur au dessus de lui sans le voir, l'obscurité ne lui permettant que d'en distinguer quelques reflets. Arthur ne lui avait pas répondu, et ça l'intriguait d'autant plus maintenant. Qu'avait-il bien pu faire pour se retrouver ici ? Ça ne pouvait pas être bien grave, Merlin refusait de croire qu'Arthur ait pu faire du mal à quelqu'un volontairement, non, il ne pouvait pas être si différent de celui qu'il était dans sa précédente vie.
Merlin ne dormit que très peu cette nuit là, bien trop de pensées tournaient dans son esprit pour qu'il laisse le sommeil le gagner. Il se sentait vulnérable ici, parce qu'il ne pouvait pas user de magie, et qu'il sentait le rayonnement noirs des âmes torturées qui peuplaient cette prison. Mais surtout, il se sentait vulnérable avec cet Arthur si différent qui dormait au dessus de lui, avec tout ces sentiments qu'il sentait renaître à son contact, et ces peurs, et ces doutes... Oui, il était si faible ici, et il avait peur.
Alors, les choses se passent comme vous le pensiez ?
Au prochain chapitre, vous assisterez à une réunion entre le directeur Lancelot et les nouveaux détenus, accompagnés de leur protecteurs forcés. Vous comprendrez un peu mieux le pourquoi du comment d'une telle prison, et le déroulement de la vie quotidienne là-bas.
Ah oui, et Merlin devra faire face à une nouvelle épreuve à laquelle il n'avait pas pensé. Les douches communes... enchaîné à Arthur... je vous laisse imaginer la suite ;)
Pleins de bisous à vous, à très vite.
