Coucou mes p'tits Loups !

Alors, comme pour mes autres fics, ça fait très longtemps que je n'ai pas posté, je suis désolée. Je me replonge doucement dans l'écriture, j'ai du relire tous mes chapitres, me replonger dans chaque histoire pour me souvenir de mes plans, puisque, évidement, je ne met rien par écrit. Alors pas facile, mais je reviens vers vous avec un immense plaisir, et j'espère que ce sera le cas pour vous également.

Merci, bande de foufou, pour toutes vos reviews ! La plupart d'entre vous savent à quel point c'est important, à quel point ça aide de voir que, même si nous on se lasse de nos propres histoires, même si on a pas le coeur à écrire, d'autres se sont attachés à nos histoires. C'est pour vous que j'écris, pour partager avec vous, et vivre ensemble l'histoire de persos qu'on aimes. Bref, un immense MERCI 3

Bonne lecture mes amours :)


Chapitre 5 :

Merlin ignorait quelle heure il pouvait bien être. Il savait juste que les lumières étaient éteintes depuis très longtemps, qu'il pouvait entendre la respiration lente d'Arthur au dessus de lui, et que lui était incapable de fermer les yeux. Cette situation était bien trop dure à gérer. Il avait attendu des siècles, plus d'un millénaire avant de pouvoir se retrouver au près de son Roi à nouveau. Au font, il avait toujours su que ça arriverait. Kilgharrah le lui avait dit. Le Roi Arthur reviendrait lorsque son royaume aurait besoin de lui. Mais il ne restait plus rien de Camelot aujourd'hui, le Roi légitime n'avait plus de royaume. Alors pourquoi maintenant ? Pourquoi ici, dans cette prison ? Pourquoi étaient-ils tous là ? Merlin savait qu'aucun d'eux n'appartenait à cet endroit, ils étaient des Chevaliers, des cœur nobles, et les voir entre ces murs de verre le rendait malade. Que pouvaient-ils bien apporter à cet endroit, en ce temps ? Merlin ne comprenait pas, tentant de comprendre la logique du destin sans parvenir à la moindre petite conclusion.

Il avait comme mit son existence en pause, traversant les ages sans poser la moindre empreinte dessus. Et aujourd'hui il réalisait que le temps lui même n'avait pas réussi à le marquer. Il était pareil au Valet maladroit qui avait un jour servi la cour du Roi de Camelot. Ça ne faisait que trois jours qu'il était ici, et déjà il était perdu, acculé contre un mur, totalement démuni. Il avait cru pouvoir aider Arthur simplement par sa présence, il avait espérer, presque inconsciemment, que sa simple vu aiderait le Roi à se souvenir. Il avait eu bien tord...

Arthur n'était plus rien du grand Roi digne d'Albion, il était un jeune homme torturé, brisé par une vie à laquelle il n'appartenait pas. Il était tellement différent... Plus Merlin observait les autres, Gwaine, Percival, Lancelot et même Léon, plus il se disait qu'Arthur était celui avait été le plus changé par le temps. Les Chevaliers, ses anciens amis étaient certes privés de leurs mémoires, mais il restait les mêmes, ils n'avaient presque pas changé. Lorsqu'ils posaient les yeux sur yeux, il voyait les courageux Chevaliers qu'ils étaient autre fois. Il voyait la dévotion de Léon, la bravoure de Percival, la noblesse de Lancelot, et la fougue de Gwaine. Mais Arthur... il ne voyait rien en Arthur, qu'un grand vide douloureux. Il ne comprenait pas, pourtant son âme était la même, aussi pure, aussi magnifique qu'elle l'était à l'époque du grand Camelot. Alors quoi ? Qu'est-ce qui avait changé ? Qu'est-ce qui pouvait rendre cet Arthur là si différent de son Roi ?

Cette situation le torturait, il ne supportait plus de voir cet homme, si semblable au Roi qu'il aimait tant, qu'il avait attendu des siècles, et pourtant si différent... Il fallait qu'il trouve un moyen de lui rendre ses souvenirs, c'était la seule option qu'il voyait, la seule chose qui réveillerait son Roi, qui le ferait revenir à la vie.

Le sorcier sursauta légèrement en entendant le bruit caractéristique de la porte de sa cellule que l'on déverrouille. Du coin de l'œil, il aperçu un uniforme de gardien s'avancer vers lui, et par réflexe, il ferma les yeux. Il senti l'homme se pencher sur lui quelques seconde, et il se força à rester le plus immobile possible. Le gardien se releva alors, mais resta près de son lit.

« Arthur... » L'entendit-il murmurer, reconnaissant la voix de Léon.

Il y eu un mouvement dans le lit au dessus de lui, suivit d'un grognement endormi. Puis une secousse fit bouger toute la structure métallique du lit superposé, et Merlin supposa qu'Arthur s'était relevé dans un sursaut.

« Léon ? Qu'est-ce que... Merlin... » Murmurra Arthur, comme perdu.

« Il dort. » Répondit le gardien d'une voix basse.

Le sorcier garda les yeux fermés, sentant Arthur descendre du lit en utilisant l'échelle, lui qui avait l'habitude de sauter de là sans aucune douceur. Il entendit deux soupires se mêler, complexe mélange de soulagement et de tristesse, et Merlin ne put s'empêcher d'ouvrir un œil. Il les vit, debout dans la petite pièce, serrant le corps de l'autre de leurs bras. Il émanait des deux corps une sorte de mélancolie déchirante, comme un adieu, comme un dernier geste. Le plus vieux avait posé une main dans les cheveux d'Arthur, plaquant sa tête contre son torse avec une force presque désespérée. Merlin avait remarqué leur attachement mutuel ces derniers jours, presque similaire à celui qu'ils partageaient autrefois, mais il ne s'entendait certainement pas à de tels gestes de leur part. Il ne comprenait vraiment rien.

Il se détachèrent l'un de l'autre au bout d'une longue minute, et Léon vint prendre la visage du plus jeune entre ses mains pour déposer un long baisé sur son front. Merlin vit, avec plus d'étonnement encore, son Roi fermer les yeux, et sourire dans la pénombre à ce geste.

Ils se sourirent une dernière fois et, d'un même geste, comme répété mille fois, ils s'assirent autour de la petite table. Ils s'observaient en silence un long moment, puis Léon avança sa main vers la mâchoire d'Arthur, passant son pouce sur sa lèvre inférieur en plissant les yeux dans l'obscurité. Le taulard siffla légèrement de douleur, mais laissa l'autre inspecter doucement sa plaie rougie et gonflée.

« C'est un peu infecté, tu devrais aller voir le doc. » Dit bassement Léon en passant une dernière fois son pouce dessus, comme une caresse.

Arthur lâche un petit rire, mi-moquer, mi-amusé, et il attrapa doucement la mains de l'autre pour l'éloigner, sans méchanceté aucune cependant.

« J'ai connu pire Lé'... » Lui répondit-il, son sourire ne cachant pas sa soudaine tristesse au yeux de Merlin cependant.

Le brun fronça les sourcils en voyant le Chevalier baisser les yeux, soudain très triste à ces mots. Il acquiesça doucement, comme la reconnaissance d'une chose qu'Arthur n'avait pas dit, incapable de relever les yeux sur l'autre. Arthur tourna la tête dans le direction du sorcier, qui ferma les yeux rapidement, son cœur s'accélérant brusquement. Il sentit son regard le sonder, le brûler, mais très vite il détourna son attention sur Léon à nouveau, et Merlin se retint à grande peine de ne pas soupirer de soulagement.

« Comment va maman ? » Demanda le plus jeune, après un long moment que Merlin comprit comme étant hésitant.

Maman ? Arthur et Léon étaient... frères ? Comment était-ce possible ? Merlin était de plus en plus perdu, si tout cela, leur résurrection à tous était dut au Destin, alors le sorcier ne comprenait décidément rien à son plan.

« Elle va bien. » Répondit Léon, trop vite pour être tout à fait honnête cependant.

« J'ai 24 ans Lé', t'as plus besoin de me mentir pour m'épargner. » Sourit-il amèrement.

Léon secoua la tête, baissant à nouveau les yeux sur le bois abîmé de la petit table.

« Elle... j'ai du la faire interner... encore. » Soupira t-il, levant un regard à la fois las et désolé sur... son petit frère.

« Qu'est-ce qu'elle à fait cette fois ? » Demanda Arthur, cachant sa tristesse sous un ton blasé.

« Elle a « oublié » d'éteindre le gaz. » Murmura l'aîné, les yeux brillant dans l'obscurité.

Arthur soupira, s'adossant contre sa chaise en secouant légèrement la tête. Merlin sentait la culpabilité irradier du corps de son Roi, sentiment qui se reflétait étrangement dans celui de Léon, mais dirigé directement vers son petit frère pour sa part. Léon s'en voulait pour la situation dans laquelle se trouvait Arthur, il se blâmait, la culpabilité rongeait son cœur. Leurs yeux se rencontrèrent à nouveau, une longue minute, avant qu'ils ne se sourient, et, comme un signal, leur comportement changea. C'était comme si, d'un commun accord, il mettait cette histoire et les sentiments qui en ressortaient de coté, pour une durée indéterminé. Merlin était fasciné par changement radical dans l'air, tout comme par la capacité des deux autres à ce comprendre sans mot. Il fallait avoir vécu toute une vie cote à cote, et des épreuves bien difficiles pour arriver à une telle chose, Merlin en avait douloureusement conscience.

« Alors le nouveau... » Dit Léon dans un sourire, pointant un menton sur Merlin qui avait de nouveau fermé les yeux. « Dulac t'as vraiment collé le pire des taulards. » Se moqua t-il gentiment.

« M'en parle pas, j'imagine même pas ce que ça va donner quand tout le monde apprendra que le petit nouveau s'appelle Merlin, j'ai pas fini d'en entendre des conneries. Et puis... » Merlin senti à nouveau le regard brûlant de son Roi cogner son visage. « Il est tellement... Tellement frêle et... et ses yeux... Il a déjà attiré la plupart des pervers de cette prison alors que j'ai passer mon temps a tenter de le cacher. J'arriverais jamais à le protéger assez longtemps pour qu'il se fasse une place ici, c'est certain. » Fini t-il dans un soupire de dépit, ses yeux toujours sur le corps supposé endormi de son codétenu.

Merlin eu beaucoup plus de mal à ne pas réagir à ça. Il sentait l'irritation d'Arthur, mais plus encore, il pouvait sentir son inquiétude presque maladive à son égard. En à peine trois jours, il était passé de l'agacement totale envers ce nouveau boulet qu'on lui imposait, à un besoin de protection indomptable. Merlin sentit son cœur se serrer tellement fort qu'il se retint à grande peine de ne pas grimacer de douleur. Peut-être Arthur n'était pas si différent après tout, peut-être n'avait-il pas entièrement perdu son Roi. Il avait déjà eu l'impression d'avoir retrouver un peu de son ami, dans les moments ou ils se retrouvaient seuls, et qu'Arthur acceptait de laisser un peu tomber le masque de taulard qu'il portait comme une deuxième peau. Mais là, là il sentait sa destiné, son double revenir un peu à la vie, comme irrémédiablement attiré par lui, comme voulant se souder à nouveau à son âme. C'était de loin la plus belle sensation qu'il avait put goutter au cour de sa très longue vie. Et comme pour appuyer sur ses pensées de la veille, il sentit le creux de ses mains le picoter, comme désirant se poser sur le corps du blond, comme un besoin de se lier à nouveau. Il savait que c'était la solution, ses mains étaient la solution, elles guérirait la mémoire d'Arthur, elle ferait revenir son Roi à la vie, sans magie, si ce n'est celle de leur lien. Et il eu un mal fous pour se retenir de ne pas sauter de son lit, et venir pauser ses mains partout sur le corps du blond, le réchauffer de ses paumes, l'éveiller de ses doigts. Il avait bien conscience que, plus qu'une solution, c'était aussi une envie, une envie incontrôlable et absurde. Mais il avait été privé d'Arthur pendant si longtemps, qu'il avait besoin de le sentir sous ses doigts, de sentir son cœur battre au creux de sa main, d'apprendre les courbes de son visage et de son corps par cœur. Il avait besoin de son Roi, bien plus et de manière bien différente que lorsqu'il était son Valet de chambre. Il n'était pas capables de contrôler ce besoin, il avait été privé d'une chose qui lui était vitale pendant si longtemps, que maintenant qu'il l'avait retrouvé, même si pas complètement, il voulait s'en nourrir, s'en repaître jusqu'à en être écœuré, ce qui n'arriverait jamais, il en était sur. La voix de Léon le sortit de ses pensées.

« Tu feras ce qu'il faut p'tit frère, j'en suis sur. Mais s'il y a le moindre problème, tu sais où me trouver. »

« Mouais... en attendant je sais vraiment pas comment faire pour éloigner tout ces tarés de Merlin. » Murmura l'autre en réponse.

« Tu as bien réussi à les tenir éloigné de toi depuis le début. »

« Moi c'est pas pareil, je sais me défendre. Non mais regardes-le... » Dit-il, son regard toujours sur la masse de couverture, les yeux presque tendres.

« Non mais tu t'entends ? Tu parle comme s'il s'agissait d'un chaton que t'aurais recueilli dans la rue. N'oublie pas que c'est un taulard, s'il est ici c'est pour une raison, comme les autres ! »

« Non, lui c'est différent... Il n'a rien à faire ici Léon, il ne survivra pas face à ces monstres... » Soupira t-il.

Merlin se rendait compte que, pour le première fois, Arthur laissait totalement tomber son masque de froideur. Face à son frère, il était bien plus ressemblant au grand Roi Arthur qu'il ne l'avait été ces derniers jours. Ce pourrait-il qu'il l'ai berné lui aussi ? Se pourrait-il que, ce qu'il croyait mort en Arthur, n'était en faite que caché sous un masque, auquel lui-même avait cru ? Son cœur se réchauffa à cette pensée, et il se promit de tout faire pour qu'Arthur ait confiance en lui, pour qu'il laisse enfin tomber le masque, et ainsi permettre à Merlin de l'atteindre vraiment, d'atteindre son cœur et d'y rallumer cette flamme qui manquait tant au sorcier, celle dont l'absence glaçait ses veines lorsqu'il posait les yeux sur Arthur.

« Ça aurait peut-être été le cas s'il avait été rattaché à un autre que toi, mais c'est pas le cas. C'est toi qui en à hérité Arthur, tu en a la responsabilité maintenant. Et si c'est effectivement un pauvre chaton errant et sans défense, alors tu sera celui qui le sort de là, qui assure sa survie. » Termina t-il avec conviction.

« Merci Lé' » Rit-il doucement, un peu moqueur, mais surtout attendri. « Mais ça ne me dit pas ce que je dois faire. »

« Tu trouveras. » Répondit l'aîné, sur de lui, en se levant de sa chaise pour contourner la petite table.

Il se pencha et embrassa le front du plus jeune à nouveau, le serrant contre lui d'un bras en travers de son torse.

« Il est déjà 5 heures ? » Demanda Arthur en posant sa main sur le bras de son frère, comme la réponse naturel au comportement de Léon.

« Oui. Ma prochaine garde de nuit n'est que dans deux semaines... » Soupira la gardien.

« On survivra Lé', c'est pas comme si on avait pas l'habitude d'être séparés. Et puis j'ai le sentiment que tu auras souvent l'occasion de t'interposer entre les taulards et moi ces prochains jours. » Tenta Arthur, mais son frère n'avait guère envie de rire.

« Reste loin des ennuies Arthur. » Le prévint-il en le lâchant finalement.

« C'est les ennuies qui refusent de rester loin de moi. » Dit-il en baissant de nouveau le regard sur son boulet attitré.

« Je plaisante pas. J'ai pas du tout envie de devoir trouver une nouvelle excuse pour échanger mon tour de garde avec un autre gardien pour pouvoir te voir à l'infirmerie... pas encore. » Ajouta t-il, sur un ton de reproche.

Arthur soupira. Il savait tout ce qu'il faisait vivre à son frère. Léon était en constant état de stresse, de peur. Il ne savait pas comment il allait retrouver son petit frère en arrivant au travail le matin. Il avait le cœur serré tous les matin, de peur qu'on lui annonce une bagarre, ou pire, qui impliquerait son frère. La situation était rendu encore plus difficile du fait que personne ici ne connaissait leur lien de sang. Arthur avait refuser de le dévoiler, de peur qu'on s'en prenne à son grand frère pour l'atteindre. Aujourd'hui, après toutes ces années, tous savaient que ces deux là partageaient quelque chose qu'ils ne comprenaient pas. Des rumeurs s'étaient répandus à de nombreuses reprises, les disant amants, cousins, appartenant au même gang, ou même qu'Arthur soudoyait le gardien d'une manière ou d'une autre pour avoir sa protection. Mais tous, taulards ou gardiens, savaient qu'il ne fallait pas jouer avec l'un deux, sous peine de se mettre l'autre à dos. Les prisonniers craignaient trop le courroux d'Arthur pour tenter quoi que ce soit envers le gardien. Et les gardiens, eux, ne pouvaient que se taire face à leur supérieur, Léon étant l'officier superviseur de cette aile de la prison, et respecter Arthur plus qu'ils ne l'auraient fait sans ce qu'ils ignoraient être son grand frère. Léon souffrait le martyr depuis qu'Arthur était en prison, depuis ce jour là... Et le cadet s'en voulait plus que tout de faire subir ça à son grand frère, lui qui avait toujours été là, lui qui donnerait sa vie, lui pour qui il avait donné la sienne, sa liberté...

Le blond se leva pour serrer son aîné dans ses bras, lui disant en silence tout ce qu'il avait sur le cœur, à quel point il était désolé, et à quel point il l'aimait. Léon lui adressa un sourire, plongeant ses doigts dans la chevelure indomptable du plus jeune pour la rendre plus folle encore. Puis il sortit son smartphone pour le manipuler une seconde, et la porte se déverrouilla dans un bruit mécanique. Il poussa la paroi de verre et se tourna une dernière fois vers son petit frère.

« Fais pas de connerie Arthur, ne m'oblige pas à te faire la morale encore une fois, tu sais que je déteste ça. » Lui sourit-il, le regard plein d'avertissement cependant.

« Promis. » Lui répondit Arthur, le même sourire encré sur son visage.

Sur ce le gardien parti vaquer à ces occupations, laissant Arthur seul, ou presque. Merlin n'avait pas rouvert les yeux depuis un bon moment, mais il ne dormait pas. Comment le pourrait-il, avec tout ce qu'il venait d'apprendre ? Comment le pourrait-il alors qu'il sentait son cœur tenter de lui échapper, tambourinant comme un forcené dans sa poitrine ? Il entendit Arthur soupirer à sa droite, tirant une chaise pour se rasseoir. Il voulait se lever, le prendre dans ses bras pour le rassurer, comme il savait que c'était son rôle, comme il l'aurait fait dans cette autre vie, si lointaine. Mais il ne s'en sentait plus le droit aujourd'hui, parce qu'Arthur ne lui avait pas donné son accord mué, parce qu'il ne lui avait pas donné sa confiance. Il fallait qu'il la gagne, c'était la première chose à faire, et il le ferait...

Les jours suivants avaient été très compliqué. Arthur parlait très peu, il se contentait de grogner lorsque Merlin ouvrait la bouche, ou lorsqu'il lui rappelait sa présence par un geste maladroit, ou par une respiration plus forte qu'une autre. Merlin comprenait son besoin de solitude, après tout Arthur avait appris que sa mère n'allait pas bien, et bien que le sorcier n'en sache guère plus de cette histoire, il savait que c'était ce qui rendait son ami d'un autre siècle si irritable. Les seuls fois où Merlin voyait le blond s'éveiller un peu, était lorsqu'il croisait le regard de Léon, ou quand devait se lever contre Tony, Alex ou un autre pervers du même genre qui tentait une approche envers Merlin. Chose qui se faisait de plus en plus courante. Il ne se passait pas un jour sans que l'un d'eux ne pose les mains sur le brun, ne glisse un mot vicieux à son oreille ou ne tente de négocier avec Arthur, malgré les efforts de ce dernier pour éviter tout affrontement.

Ce jour là fut celui de trop, Arthur était à bout de tout, de force, d'envie, d'énergie. Et c'est Tony qui vint vers eux, alors que, pour une fois, Arthur avait accepter de faire un tour dans la cour. En effet, même après la levée de la punition qui les privait des sorties en extérieur, Arthur préférait traîner dans la salle commune pendant les heures libres, justement pour éviter ce genre de chose. Mais cet après midi là, il n'avait put résister à l'appel de la nicotine, qui se faisait sentir quelque fois, lorsque ses nerfs craquaient. Et c'est ce moment là, alors que les deux attachés étaient adossés contre un grillage, que choisi l'Italien pour venir montrer sa face muni d'un sourire pervers.

« Et bien et bien, je vois que tu as enfin arrêter de garder la gueule d'ange caché pour nous en faire profiter un peu. Je me demandais si tu allais un jour te lasser de son joli petit cul. » S'amusa Tony, ne lâchant pas Merlin des yeux une seule seconde.

« Dégage d'ici Tony, c'est vraiment pas le moment de m'énerver. » Prévint Arthur en tirant une dernière fois sur sa cigarette avant de la jeter plus loin du bout du doigt.

« Qu'est-ce qu'il arrive au prince Arthur, ton larbin à refuser de te sucer ? Parce que je peux arranger ça tu sais, après être passé entre mes mains, le cher ange ne sera même plus capable de parler. » Dit-il d'un ton qui donna la nausée à Merlin, son regard alangui le dévorant littéralement.

Il s'approcha du corps frêle de Merlin, acculé contre le grillage, et posa une main sans aucune douceur directement sur son entre-jambe. Il n'en fallut pas plus pour qu'Arthur craque complètement, perdant tout sang froid. Il arracha la corps de Tony, complètement moulé contre celui de Merlin, d'une main posée sur son épaule. L'Italien fut déséquilibré par la force du blond, se retrouvant les fesses parterre sans s'en rendre compte. Il ne vit pas plus arriver la boule de nerf que constituait Arthur à ce moment là, et qui se retrouva bien vite sur lui, les jambes de chaque coté de ses hanches. Un premier coup de point parti sans que ni Tony ni Merlin n'ait eu le temps de comprendre quoi que ce soit.

« Ne le touche pas, sale pervers ! Ne pose plus jamais tes sales pattes sur lui, compris ?! » Hurla un Arthur en rage, ponctuant chaque mot d'un nouveau coup au visage de l'autre.

Merlin était figé dans l'horreur. Il était occupé à calmer sa magie, et allait repousser Tony, et l'instant d'après, Arthur était au sol, les mains en sang, déversant toute sa colère sur l'autre. Mais ce qui fit arrêter le cœur de Merlin, ce fut une goutte d'eau qui attira son œil, chutant du visage d'Arthur pour s'écraser sur celui de l'Italien. Il pleurait... Arthur pleurait, et Merlin était sur qu'il pouvait mourir de douleur à cet instant.

« Personne n'a le droit de poser la main sur lui, tu m'entends, personne ! » Continuait Arthur en frappant plus fort le corps sous lui.

C'est quand il vit que Tony ne se défendait plus, que Merlin réagit enfin. Il ne savait pas ce qui avait créer une telle explosion de rage chez son Roi, ni pourquoi il le défendait avec autant de vigueur, mais il fallait qu'il l'arrête. Il ne permettrait pas qu'Arthur se rendre coupable de l'impardonnable pour lui, jamais. Alors il se jeta sur lui, attrapant ces bras dans l'espoir de l'arrêter.

« Arthur ! Arthur arrête, il 'en vaut pas la peine, arrête ! » Tenta t-il, usant de toute sa force pour arracher ses mains du visage de Tony.

Mais le blond était en rage, incapable de se calmer. Lorsqu'il avait vu la main de Tony se poser sur Merlin une nouvelle fois, une fois de trop, et de cette façon... quelque chose s'était brisé en lui, une chose qu'il ressentait depuis l'arrivée de Merlin, mais qu'il avait été incapable de comprendre ou d'identifier. Il avait ressentit des choses qui ne lui appartenait pas, du moins il ignorait encore que ces sentiments étaient bien les siens. De la loyauté, de la dévotion, une amitié, un lien sans nom, un besoin de protection plus fort que jamais, de l'amour... Il avait vu cette main sur Merlin et il avait su que ça ne devait pas arriver, que les seules mains qui avait le droit de se poser sur lui était les siennes, les siennes et celle de personne d'autre, jamais. Puis tout était devenu flou, rouge, et il avait perdu l'esprit, se noyant dans sa rage. C'est pour ça que lorsqu'il sentit quelqu'un tentait de l'éloigner de l'objet de sa rage, il ne réfléchit pas, envoyant cette personne valser de toute sa force. C'est quand il entendit un cris de douleur, qu'il retrouva un peu ses esprit, assez pour reconnaître la voix de la personne en peine. Il se retourna, autant que possible étant donné sa position, pour voir Merlin tout près de lui, au sol, tenant son visage de ses deux mains, du sang dégoulinant des ses doigs à une vitesse folle.

« Merlin ! » Hurla t-il, laissant là le corps de l'autre pour se traîner jusqu'à celui du brun.

« Merlin ! » Répéta t-il en tentant d'éloigner ses mains de son visage pour y voir ses blessures. « Je suis désolé, je suis désolé Merlin, je ne voulais pas... Merlin... »

Il murmura son prénom encore et encore, voyant le corps de son codétenu se tordre de douleur, la respiration difficile et les mains maintenant carmin cachant toujours son visage. Une alarme s'était déclenchée au loin, Arthur savait que d'ici quelques secondes des gardes armés arriveraient en masse, qu'il devait se coucher face contre terre, les mains sur la tête pour éviter les ennuis, mais il en était incapable. Il tira Merlin par le t-shirt pour le ramener vers lui, son corps en travers de ses jambes et sa tête sur son torse.

« Merlin, Merlin réponds-moi. S'il te plais, dis quelque chose, je suis désolé, parles-moi Merlin ! » Supplia t-il, complètement perdu dans ces sensations qui lui tordaient toujours le ventre.

Puis une image lui vint en tête, alors que la cours n'était faites que de taulard allongé au sol pour éviter les gardiens qui arrivaient en groupe. Ce fut comme un flash, trop rapide pour l'analysé, mais bien là, encrer dans sa rétine. Il avait froid, très froid, tout son corps le faisait souffrir, mais il sentait une chaleur rassurante dans son, et sur son cœur, une de celle capable de calmer ses peurs. Le visage de Merlin était près du siens tellement près, au dessus de lui. Il pleurait. Sa main sous la sienne, près de on cœur. Il avait si froid... froid de savoir que, bientôt, il ne serait plus capable de sentir la chaleur de Merlin contre lui. Il rouvrit les yeux, ignorant les avoir fermé alors que cette image le frappait de plein fouet. Il se rendit compte qu'il s'était approché du visage de Merlin inconsciemment, et que celui-ci avait posé une main sanglante sur la sienne, près de son cœur. Ils étaient exactement dans la même position que dans cette image qui avait frappé son esprit, comme un souvenir. Sauf que c'était lui qui tenait Merlin contre lui, et pas l'inverse. Il était sur d'avoir vécu ce moment, il ne savait où ni quand, mais il savait que ça avait existé. C'était si réel, le froid, la peur, les mains de Merlin sur lui... ses larmes... C'était présent en lui, depuis toujours, même s'il l'avait oublié. C'était là. Il plongea son regard dans celui, tuméfié, du brun et celui-ci resserra sa main sur la sienne. Il savait, il pouvait le lire dans son regard, il se souvenait lui aussi. Comment ? Comment une telle chose était-elle possible ?!

Les gardiens arrivèrent bien vite vers eux, l'arrachant de ses pensées comme du corps de Merlin, sans aucune douceur. Arthur ne se débâtit pas, parce qu'il pouvait bien arracher sa main de celle de Merlin, et le forcer à se mettre sur le dos, ils ne pourraient pas l'éloigner de lui. Non seulement parce que la chaîne à leurs chevilles les en empêchait, mais parce que leurs regards ne s'étaient pas quittés une seule seconde. Il en avait besoin, il avait désespérément besoin de garder le brun sous ses yeux près de lui. Il était perdu, il avait perdu la raison à la seconde ou Tony avait posé une main sur Merlin, et ça n'avait qu'empirer de seconde en seconde, l'enfonçant dans une spirale floue de sentiments trop forts pour être contrôlés. Tout ce qu'il savait c'est que Merlin était près de lui, ses yeux bleu le brûlant sans relâche, et qu'il avait besoin de ça, un besoin vital.

« Qu'est-ce qui s'est passé ?! » Hurla l'un des gardiens dont le genoux appuyait douloureusement contre le dos d'Arthur pour le maîtriser.

Il ne répondit pas, et les gardes décidèrent qu'il était tant de conduire les blessés à l'infirmerie, ils sauraient ce qu'il s'est passé tôt ou tard. L'un d'eux s'avança alors pour libérer Merlin de la chaîne, et c'est ce moment là qu'Arthur réagit. Il ne pouvait pas les laisser briser ce lien dont il avait tant besoin, il ne pouvait pas les laisser l'emmener. Il devint fou, de rage, de peur, il n'en savait rien, mais il se débattait comme un forcené, donnant des coups de pieds au garde qui s'approchait de la chaîne.

« Non ! Je viens avec lui ! Je viens avec lui, laissez nous ! » Hurla t-il, tentant de se dégager de la force du garde au dessus de lui.

« Arthur... » Entendit-il murmurer à coté de lui, le calmant instantanément.

Il tourna le regard vers Merlin, qui avançait avec difficulté une main vers lui. Il tendit la sienne, malgré sa position difficile, coincé sous le corps d'un gardien, et vint mêler ses doigts à ceux du brun, sous le regard plus qu'étonné des gardiens autour. Arthur n'avait jamais été du genre sentimental, il faisait sa peine ici sans trop de problème. Les gardiens l'avaient vu défendre ses amis, Gauvain et Percival, à quelques reprises, mais c'était tout. Et le voilà rendu fou à la simple pensée d'être éloigné de son nouveau codétenu, c'était à n'y rien comprendre.

« Laissez-le ! » Dit une voix stricte derrière la foule de gardiens.

Les hommes en bleu marine s'écartèrent alors pour laisser passer le directeur. Il resta une seconde a observer les deux hommes au sol, main dans la main, leurs corps pratiquement collés l'un à l'autre.

« Qu'on les emmène tous les trois à l'infirmerie. » Ajouta Lancelot après un moment.

« Bien Monsieur. »

Les gardiens se relevèrent alors, libérant Arthur qui roula sur le dos avant de se relever rapidement.

« Ne le touchez pas ! » Menaça t-il lorsque d'un gardien s'avança pour relever Merlin.

L'homme se tourna alors vers son patron, demandant silencieusement la marche à suivre. Lancelot avait bien compris qu'Arthur était dans un état second, qu'il ne contrôlait plus ses gestes ni ses paroles, et qu'un fort besoin de protection avers le petit nouveau dictait ses actes irréfléchis. Alors il ordonna à ses hommes de le laisser faire d'un geste de la tête, bien qu'il n'avait nul intention de laisser cette histoire impunie. Il découvrirait ce qu'il s'est passé, mais pour l'heure il fallait que ses deux prisonniers se fassent soigner.

Arthur se pencha sur Merlin pour passer ses bras autour de son torse et l'aider à se relever. Le sorcier perdit un peu l'équilibre, étourdit par ses blessures, mais Arthur n'avait apparemment pas l'intention de le lâcher. Il releva ses yeux tuméfiés sur son Roi. Il savait qu'une chose s'était passé un peu plus tôt, une chose qui avait éveillait un peu du grand Roi Arthur. Il ignorait ce que ça pouvait bien être, mais à cet instant, alors qu'il se retrouvait face au blond, son visage si près du sien, c'était les yeux de son Roi qui le regardait, pas du taulard.

« Ça va Merlin ? » Demanda t-il doucement, d'un ton désolé.

Il souleva une mèche brune avec douceur pour observer les dégâts qu'il avait lui même causer. Son regard balaya son arcade ouverte, son œil gauche gonflé, sa pommette éclatée, grimaçant de plus en plus à chaque détail. Son cœur douloureux sembla s'arrêter lorsque Merlin lui sourit malgré tout, acquiesçant à sa question. Il se plaça alors cote à cote avec le brun gardant un bras dans son dos pour l'aider à avancer, et suivit les gardes qui les escortaient en silence vers l'infirmerie. Dulac était partit en tête avec Tony dans les bras de gardes, mais Arthur se fichait bien de l'état de cet enfoiré pour le moment. Il ne voyait que Merlin, ne sentait que son poids contre lui, marchant maladroitement et lentement dans les couloirs sombres. Le flash qu'il avait eu plus tôt lui revint devant les yeux, et il le chassa bien vite. Il voulait comprendre, mais l'important à l'instant était la santé de Merlin, il ne se pardonnerait jamais si le brun ne se remettait pas entièrement des blessure qu'il lui avait lui même infligé. Il nota bien malgré lui cette sensation familière, comme si son inquiétude envers le brun n'était pas nouvelle, comme si sa culpabilité était une habitude, comme si, dans une autre vie, il avait déjà eu conscience d'avoir blesser Merlin... à de nombreuses reprises.


Alors, ce chapitre est très particulier.

Je n'avais pas du tout prévu d'écrire cette seconde partie, c'est venu tout seul, et je suis pas sure du résultat :/

Je vous fait pleins de bisous mes Loups, j'espère vraiment ne pas vous décevoir avec ce chapitre !