Salut à tous, bon, trois chapitres en même pas deux jours, faut peut-être pas vous attendre à ça tout le temps, mais pour le moment, les idées bouillonnent dans ma tête et j'ai le temps d'écrire donc, autant vous en faire profiter !
Ah oui, j'aurais probablement dû vous prévenir dès le départ, et de toute évidence maintenant vous avez remarqué, mais je suis TRES dyslexique, et je suis aussi pas vraiment attentive pour ne pas remettre la faute entièrement sur l'incompétence des orthophonistes!
Ma Bêta qui normalement passe derrière moi pour diminuer le carnage ne peut pas m'assister sur cette fic (bien qu'elle ait fait une exception pour ce chapitre) j'espère en trouver une autre d'ici peu !
Tout ça pour vous dire que je m'excuse pour mes fautes !
Voilà, voilà, je crois avoir tout dis, j'espère que ce chapitre (qui est plus long que les deux premiers) sera à la hauteur de vos espérances, n'hésitez pas à me le dire si ce n'est pas le cas (et si c'est le cas aussi, ça fait toujours plaisir !)
Bonne lecture à vous !
Chapitre 3 :
Après quelques minutes de route, les voitures s'étaient engagées dans un chemin de terre. Arrivés à la villa des Cullen, les sorciers avaient été ébahis, une si belle maison au milieu d'une forêt dense. Quelque chose qui ressemble fort à un petit bout de paradis se dit Ron en passant la porte. Il est vrai que les trois Gryffondors avaient eu leur part de malheurs tout au long de ces années, et voir que des vampires, des êtres censés être damnés, avaient accès à autant de lumières, de bonheur, cela leur réchauffait le cœur d'une façon aussi douce qu'étrange.
Ils auraient pu être jaloux de ça, avoir un sentiment d'injustice, mais non, bien au contraire, ils sentaient une nouvelle flamme animer leurs cœurs, l'espoir. Ils entrevoyaient à présent l'infime possibilité qu'un jour, eux aussi auraient droit au repos de corps, d'âme et d'esprit comme ces créatures si magnifique dont ils venaient de faire la connaissance. Bien sûr, aucun des trois ne connaissaient le passé de ces vampires, mais Ron pouvait clairement dire, et sentir, que certainement, la plupart d'entre eux, avaient énormément souffert, certains souffraient d'ailleurs encore aujourd'hui.
Bella n'avait pas quitté Hermione des yeux, et n'avait pas arrêté de pleurer une seule seconde. Ron et Harry n'avaient jamais rompu le contact télépathique entre eux, même étant dans des voitures différentes. Ils étaient maintenant assis dans le grand salon des Cullen, en compagnie de : Bella, recroquevillée sur le canapé, Alice, qui fixait encore et toujours un point dans le vide, Esmée qui semblait plus qu'inquiète pour toute cette situation, Hermione qui ne disait pas un mot, et enfin Jasper, qui essayait malgré les regards assassins d'Harry et suppliant de Ron de gérer les émotions de toute la salle.
Edward était parti rejoindre son père à la réserve indienne en compagnie d'Emmett, Bella avait refusé de les accompagner, et Rosalie, et bien Emmett n'avait même pas pris la peine de lui poser la question, sachant d'avance sa réponse, cette dernière traînait dans la maison, se demandant quel malheur allait provoquer l'arrivée de ces sorciers.
Les deux amis étaient assis côte à côte sur une banquette, cherchant, inconsciemment et comme depuis la fin de la guerre, un contact physique, comme pour se rassurer de la présence de l'autre à ses côtés, qu'ils étaient bien vivants, ensemble, en sécurité. Tous les vampires avaient remarqué ça bien entendu, mais aucun ne fit de commentaire, ces deux-là étaient comme des planètes gravitant l'une autour de l'autre, sans être capable de s'éloigner, de rompre le contact.
Ils se parlaient grâce à leur lien télépathique, répétant encore et encore le plan qu'ils avaient mis en place afin de ne pas traumatiser leur amie. Ils avaient bien pensé à simplement montrer leurs souvenirs à Hermione pour tout lui expliquer, mais ils s'étaient vite rétractés, d'une part parce qu'il fallait bien avouer que c'était seulement par peur et par pur égoïsme qu'ils envisageaient cette solution, et d'autre part parce que ce serait bien trop dur pour Hermione de cette façon, il fallait la protéger au maximum.
Au bout d'un moment, la jeune sorcière, assise sur la banquette en face des deux Gryffondors, Esmée à ses côtés, Alice et Bella un peu plus loin sur cette même banquette, releva la tête dans un soupir. On pouvait voir tout le combat mental qu'elle pouvait mener en ce moment, son instinct allant contre sa logique, ses sentiments contre sa volonté, la confiance qu'elle avait en ses deux meilleurs amis contre sa propre confiance en elle, tout ceci pouvait se lire dans ces yeux, et ça déchirait le cœur des deux rouge et or.
Pourquoi fallait-il que cette histoire refasse surface aujourd'hui ? Pourquoi alors qu'ils avaient enfin vaincu le mage noir ? Pourquoi maintenant qu'Hermione semblait aller bien ? Jasper, sentant le désarroi du brun et du roux, s'avança de quelques pas, il s'était tenu jusque-là derrière eux, dans un coin de la pièce, mais leurs émotions étaient beaucoup trop fortes pour qu'il reste sans agir. Il posa ses mains sur les épaules des deux amis, il savait que le brun refuserait toute vague de calme qu'il pouvait lui envoyer, il espérait donc que ce geste lui soit d'une quelconque utilité.
Il plongea ses yeux dans les océans bleus de Ron qui avait levé la tête vers lui, lui demandant par ce regard la permission de calmer ses émotions, le suppliant presque. Sans quitter le roux des yeux, il sentit les remparts de son esprit s'abaisser, il lui donnait son accord muet. Avec un petit sourire, Jasper lança en direction de Ron tout le calme dont il était capable, sentant aussitôt un fort sentiment de plénitude, puis de gratitude émaner du roux.
Le plus étrange fût quand, quelques secondes plus tard, alors que Jasper avait toujours les yeux plantés dans ceux de Ron, savourant les émotions, il sentit Harry se remplir d'un calme plat. Ron était-il également empathique ? Au vu du regard étonné d'Harry et d'incompréhension de Ron, tous les deux n'avaient pas l'habitude de ce phénomène, Jasper doutait même que Ron ait senti ses émotions glisser jusqu'à son meilleur ami. Alice adressa un joli sourire à Jasper, bien qu'un peu triste, avant de retourner son attention vers un point dans le vide. Ce fût Hermione qui, prenant la parole pour la première fois depuis un long moment, interrompit cette étrange échange silencieux.
« Je suis prête … dites-moi ce que je dois savoir ! »
Après un dernier regard à Harry, c'est finalement Ron qui prit cette fois la parole.
« Hermione, il y a quelques temps, probablement près de deux ans maintenant, Dumbledore nous a convoqué Harry et moi dans son bureau, il avait une chose importante à nous dire, à propos … de toi. »
Flash-Back :
Ron et Harry marchaient à pas lent dans les couloirs déserts de Poudlard, il était plus de 22h et McGonagall les avait interrompus dans une bataille de polochon contre Dean, Seamus et Neville qu'ils étaient sur le point de remporter pour leur ordonner d'aller sur-le-champ dans le bureau du directeur. Dans la procédure habituelle, la directrice adjointe aurait dû les accompagner mais elle avait dû rester dans la tour de Gryffondor pour réparer les dégâts causés. La situation devait être urgente car elle n'avait même pas pris la peine de les punir avant qu'ils ne partent.
« Je sais vraiment pas pourquoi Dumbledor nous fait venir à cette heure-ci, on a pourtant rien à se reprocher … »
« J'en sais rien Ron, mais ça doit être important. »
« Oui … j'espère que c'est pas trop grave. »
Après un long soupire, Harry donna le mot de passe à la statue et ils entrèrent d'un pas lent. Arrivés en haut des escaliers en colimaçon, ils s'avancèrent jusqu'à l'immense porte en bois et stoppèrent d'un même geste. En effet, les éclats de voix qu'on pouvait entendre dans le bureau du directeur n'avaient rien d'habituel. Les garçons, d'un comme un accord, s'approchèrent de la porte pour essayer de mieux comprendre ce qu'il s'y disait.
« Non, non et non ! Je ne le ferais pas Albus, il en est hors de question, je refuse de vous … »
« Je crains que vous n'ayez pas le choix Severus, je ne peux compter que sur vous. »
« NON ! Je refuse vous m'entendez ? Demandez plutôt à cette vielle folle de Minerva ou … »
« Allons, allons mon cher ami, je suis très flatté de la difficulté que vous semblez avoir à accepter cette tâche mais … je crois … je crois que nous avons de la visite, nous parlerons de ça plus tard. »
Nos deux Gryffondors ne purent qu'entendre un grognement étouffé de la part de leur professeur de potions avant que la porte ne s'ouvre devant leurs nez. Essayant de paraître le moins gêné possible après avoir été pris en flagrant délit d'espionnage, ils entrèrent dans l'immense pièce et se placèrent devant le bureau du directeur. La première chose que les deux garçons remarquèrent fût la main étrangement noire de Dumbledore, mais, connaissant parfaitement leur directeur, ils ne prirent pas la peine de poser la question.
« Vous avez demandez à nous voir professeur ? »
« Oui, oui ! Prenez place les garçons, prenez place. »
Harry, suivant l'indication du professeur, prit place dans un des fauteuils devant le bureau directorial. Ron, préférant laisser un fauteuil sécuritaire entre sa place et le fauteuil dans lequel venait de s'asseoir Snape, dans toute sa grâce serpentine qui le caractérise, le Roux optât plutôt pour l'accoudoir du siège d'Harry. Après que les deux amis ait eu droit à un regard, pétillant et plein de malices, dont seul notre cher Albus est capable, et en connaissait la raison, ce dernier prit la parole.
« Bien, je suis navré de vous déranger à une heure aussi tardive les enfants, mais j'avais, nous avions, Severus et moi, à vous parler, cela concerne Miss Granger. »
Les rouge et or se jetèrent un coup d'œil, tentant désespérément de comprendre ce que Dumbledore pouvait bien avoir à leur dire au sujet d'Hermione. Voyant que les jeunes garçons ne réagissaient pas, Snape, comme à son habitude, Grogna, incitant ainsi Albus à continuer son discours.
« Ce n'est pas une conversation facile alors je vais aller droit au but, Miss Granger n'est pas la vrai fille de Mr et Mrs Granger, elle a été adoptée. »
« Quoi ? Non c'est impossible, elle nous en aurait parlé ! »
« Elle vous en aurait parlé si elle l'avait su Harry. »
« Mais … j'ai vu des photos, elle ressemble à sa mère comme deux gouttes d'eau, elle … »
« Calmez-vous monsieur Weasley, je pense avoir une explication à ça, mais commençons par le début voulez-vous ? »
Après un Hochement de tête des rouge et or et un nouveau grognement ennuyé et impatient de Snape, le directeur reprit son discours.
« Il y a quelques années, alors que vous n'aviez vous-même que six ans, une grande activité magique a été détecté au sud de Cardiff. Le ministère a envoyé des aurors et, après avoir découvert la source de cette activité pour le moins inhabituelle, ils m'ont envoyé là-bas, pensant que j'étais le mieux placé pour ce genre de … mission ! En effet, une enfant, Miss Granger vous l'aurez deviné, était à l'origine de cette activité magique, elle était dans un orphelinat et, sa magie, avait été déstabilisée par une chose que nous ignorions alors. J'ai ramené miss Granger à Poudlard, après l'avoir … subtilisée à l'orphelinat, vous comprenez, sa magie devait être stabilisée au plus vite, elle était d'une puissance rare, même pour une sorcière adulte, alors vous imaginez, autant de puissance dans un si petit corps ! Les médecins de l'orphelinat avait enfermé Hermione dans le département psychiatrique, à cause de son comportement … étrange, j'ai dû la faire disparaître assez vite, je n'ai donc pu avoir aucune information sur sa vie d'avant. Une fois arrivé au château, notre très cher Severus a entrepris de découvrir la raison d'une telle instabilité et d'un tel pique de magie ! Severus, pouvez-vous expliquer ce que vous avez découvert alors ? »
Ledit Severus semblait s'être endormi durant « l'interminable tirade du vieux citronné ». Il releva et jeta un regard des plus noirs au directeur, apparemment, il n'avait aucune envie d'expliquer quoi que ce soit. Après quelques secondes et un énième soupire, il se tourna, le regard toujours aussi noir, vers les deux élèves de la maison ennemie de la sienne. Si Dumbledore avait pris le temps d'expliquer chaque détail, lui n'en avait ni l'envie, ni la délicatesse de le faire.
« Miss Granger s'était auto-infliger le sortilège d'oubliette, elle n'avait aucun souvenir de sa vie d'avant et ne semblait même pas imprimer les images du présent, même sa mémoire immédiate ne fonctionnait plus, son esprit était totalement vide ! »
« Quoi ? Mais comment c'est possible ? Elle n'a pas pu faire un sort pareil à cet âge-là … si ? »
Ce dernier mot, cette dernière question, Ron l'avait demandé à Harry. Il était complètement perdu, et, comme toujours, il se tournait vers son meilleur ami dans ces cas-là.
« Je sais pas Ronny ! Professeur ? Pouvez-vous nous dire comment cela est-il possible ? »
« J'ai bien peur que non mon garçon, le professeur Snape et moi-même pouvons seulement vous raconter les faits, nous n'en connaissons malheureusement pas les causes. Je pense que la petite fille qu'était Miss Granger à l'époque a dû vivre des choses que son jeune âge ne pouvait pas supporter, sa magie a donc pris le dessus et effacé sa mémoire, pour la protéger. »
« Mais Mr et Mrs Granger, pourquoi n'en n'ont-ils jamais dit un mot, et pourquoi Hermione ne s'en ait jamais douté ? D'accord elle n'avait plus de souvenirs, mais un blanc de presque 7 ans dans une vie ça se remarque non ? »
« Et bien c'est probablement le plus surprenant dans toute cette histoire mon cher ami. En effet, nous avons confié Hermione au Granger lorsqu'elle avait 7 ans, avant ça, Severus l'a prise en charge durant quelques mois, le temps de trouver la famille parfaite pour cette jeune sorcière. »
les deux Gryffys se tournèrent d'un même geste vers leur professeur de potion, qui, étrangement, restait silencieux, la tête baissée, le regard encré au sol, était-il en train de rougir ? Ron et Harry ne pouvaient pas croire que Snape avait accepté de prendre en charge une enfant, ils ne pouvaient pas croire que leur meilleure amie avait passé plusieurs mois de sa vie en compagnie de cette chauve-souris graisseuse. Et par-dessus tout, ils avaient beaucoup de mal à croire la vision qu'ils avaient en face d'eux en ce moment, Snape paraissait si vulnérable à ce moment-là, plus humain, presque … attendrissant ? Les deux amis secouèrent la tête d'un même geste, fuyant la pensée qui avait traversé leurs esprits au même moment, ils se tournèrent de nouveau et, par manque de mots, fixèrent leurs regards sur le directeur, lui demandant silencieusement de continuer ses explications.
« Durant ce laps de temps, nous avons pu constater que la mémoire de Miss Granger s'améliorait grandement, elle était de nouveau capable d'enregistrer des souvenirs, et cela allait de pair avec la confiance qu'elle gagnait en elle-même, mais surtout en Severus et moi-même. Cela n'a été facile pour personne de la laisser aux mains de moldus, mais nous savions que c'était pour le mieux, et elle n'aurait pas pu tomber sur meilleure famille. Nous nous sommes donc contenter durant plusieurs années de la surveiller de loin, jusqu'à ce qu'il soit l'heure pour elle de recevoir sa lettre. Ne vous a-t-elle jamais dit que sa lettre était signée de la main du professeur Snape contrairement aux autres qui sont écrites par Minerva ? »
Au son monstrueusement dangereux qu'il savait provenir de Snape sur leur gauche, les rouge et or préférèrent hocher simplement la tête sans rien ajouter, alors qu'Albus riait doucement en hochant la tête, mais une lueur de tristesse traversa ses yeux à ce moment-là, chose que les garçons ne comprirent pas.
« Miss Granger est donc arrivée à Poudlard pour sa première année, et nous avons bien vite dû nous rendre compte qu'elle n'avait aucun souvenir de ces mois passés ici. Severus a bien vite appris qu'elle s'était encore une fois, et à nouveau totalement inconsciemment, infligée un sortilège d'oubliette. Mais pas seulement, elle portait aussi la marque d'une magie très puissante et inconnu, aucun sort connu n'arrive à de pareils résultats mais, votre amie s'est fabriquée une vie entière, de la naissance jusqu'à plus de 7 ans, sa tête est remplie de souvenirs factices qui lui semblent aussi réels que vous et moi. C'est un sort qu'elle a également jeté sur ses parents, qui sont aujourd'hui persuadés d'avoir mis au monde Hermione. »
Ron restait muet, il avait senti son cœur se serrer au fil des minutes et des explications. Il avait senti des larmes perler aux coins de ses yeux, parce qu'il connaissait Hermione par cœur, il savait son manque d'assurance qu'elle cachait derrière un travail acharné, il connaissait l'amour qu'elle portait à ses parents et à ces fameux souvenirs, et la force avec laquelle elle défendait son statut de née-moldu. Il connaissait tous ses travers, il savait quelle serait sa réaction et sa douleur fasse à cette histoire, et ses larmes coulaient pour cette même douleur en cette instant.
Harry posa une main sur celle de Ron, ne supportant pas de voir son ami pleurer, comme il savait qu'il ne supporterait pas les futures larmes d'Hermione à cause de toute cette histoire. Après quelques minutes qu'il passa à se plonger dans les yeux bleus humides de son ami, en silence, tentant comme ils l'avaient toujours fait de lui communiquer son soutien et sa force par un simple touché, un simple regard, sous le regard respectivement ému et agacé de Dumbledore et de Snape. Quand Ron eût séché ses larmes, Harry releva la tête vers son professeur, sachant très bien que Ron n'était pas capable de parler, il parla pour eux deux.
« Pourquoi … Pourquoi nous dire tout ça maintenant Professeur ? Qu'est-ce qui a changé ? »
« Ce qui a changé c'est que votre imbécile de d... »
« Allons, allons Severus, calmez-vous mon ami ! Rien n'a changé Harry, seulement, tôt ou tard, cette histoire refera surface dans la vie d'Hermione, je pensais qu'il était donc temps de mettre les deux personnes les plus chers à son cœur au courant, pour qu'à ce moment-là, et seulement à ce moment-là, vous puissiez éclairer sa lanterne. »
« Attendez, vous n'espérez quand même pas qu'on va sortir de ce bureau et rien dire à 'Mione, c'est impossible, on peut rien lui cacher, elle est même pire que ma mère parfois, un vrai détecteur de mensonges ! »
« C'est vrai que Miss Granger a parfois le caractère et la fougue de Molly, et … ses colères aussi … mais, Hermione ne pourra rien entendre de cette histoire tant qu'elle ne sera pas mise au pied du mur, vous pourriez aller la voir dans l'instant et tout lui raconter qu'elle ne vous croirait pas ! »
« Il n'a pas tort Ron, elle refuserait de nous croire même si on lui disait tout ! »
« Mais alors qu'est-ce qu'on va faire ? »
« Eh bien, attendre que Miss Granger soit confrontée à un élément de sa vie effacée, et lui dire, l'aider à se souvenir, ou du moins à accepter. »
« Comment allons-nous pouvoir garder une telle chose pour nous professeur ? Sans compter qu'Hermione risque de vraiment nous en vouloir quand elle apprendra qu'on savait depuis longtemps déjà. »
« Eh bien, je pense avoir la solution à ces deux problèmes, un simple sort vous permettra de mettre cette histoire dans un coin de votre tête jusqu'à ce qu'il soit nécessaire d'y revenir, et si jamais vous changer d'avis, et décidez d'en parler à votre amie, et bien le sort vous en empêchera, c'est … une simple mesure de précaution. Et ainsi Miss Granger ne pourra pas vous blâmer de ne lui avoir rien dit, le sort sera seul responsable. »
Snape eût un léger sourire satisfait sur les lèvres, bien sûr, de qui l'idée d'un sort aussi vicieux pouvait-elle venir si ce n'était de Snape ? Après un regard interrogateur l'un envers l'autre, les deux Gryffondors donnèrent leur accord d'un signe de tête à Dumbledore.
Ce dernier se leva, faisant tourner sa baguette dans les airs, où bientôt un filament lumineux bleu glacial se forma, tourbillonnant dans les airs avant de venir entourer les deux amis, pour finir par disparaître à l'intérieur des deux corps, terminant son chemin de lumière à l'emplacement du cœur des deux Gryffys, s'estompant peu à peu en un point lumineux d'un blanc bleuté sur leurs poitrines.
Aussitôt le sort terminé, les rouge et or se sentirent légers, comme si cette histoire n'avait pas grande importance, qu'elle n'était qu'un vague souvenir enfoui dans leurs mémoires. Enfin, ce sentiment apaisant à durer jusqu'à ce qu'ils ne transplanent au milieu d'une clairière perdu et que le souvenir de cette soirée ne leur revienne à la figure comme un coup douloureux. Fin du flash-back.
« Quand nous sommes sortis du Bureau de Dumbledore, nous avons regagné nos lits et avons dormi sans repenser une seule seconde à cette histoire, elle n'était plus qu'un lointain souvenir … jusqu'à ce que Bella te saute dans les bras. »
Harry avait enfin fini, il avait eu un mal fou à raconter les évènements de cette fameuse soirée, sachant tout ce que cela représentait pour sa meilleure amie. Hermione était recroquevillée sur le canapé, elle avait plongé la tête dans ses genoux à l'instant où Harry avait prononcé le mot adoption et n'avait pas bougé d'un millimètre depuis. Esmée avait posé une main réconfortante sur son dos, ne sachant quoi faire d'autre.
Ron n'avait pas dit un mot, incapable de supporter la vue si douloureuse d'Hermione, le désespoir de Bella, l'incompréhension d 'Esmée et Alice, la peine d'Harry. Il étouffait, purement et simplement dans l'ambiance trop lourde de la salle, sous toutes ces émotions, alors il avait totalement baissé son bouclier mental, suppliant silencieusement Jasper de le soulager, se concentrant uniquement sur le vampire derrière lui et sa main posée sur son épaule.
Jasper quant à lui était horrifié, stupéfait par la boule d'énergie émotionnelle devant lui. Il n'avait jamais senti l'effet qu'un empathe (autre que lui-même) avait sur les gens, et c'était tout à fait fascinant de sentir les émotions fuir un corps pour en rejoindre un autre qui n'est pas le sien, l'apaisement remplir les cœurs. Sauf que le Roux était totalement incapable d'évacuer les émotions qu'il emmagasinait, Jasper se demandait même si il avait conscience de son empathie, il ne semblait pas savoir qu'il soulageait ses amis, à la vue de sa propre peine et son sentiment d'impuissance à la vue des deux sorciers.
Ron n'était pas un empathe à proprement parlé non, il était une éponge, capturant toute émotion, toute sensation présente dans la pièce pour la ressentir à la puissance mille. Alors il s'était mis à faire le lien entre Ron et les autres personnes dans la pièce, capturant toutes les émotions émanant du Roux pour les renvoyer directement à leurs propriétaires initiaux. Ce n'était sûrement pas son rôle, habituellement il soulageait toute personne ayant une émotion trop forte, mais il était sûr que Ron ne supporterait pas longtemps les émotions de l'humaine et des deux sorciers, et il préférait mille fois qu'ils assument leurs propre émotions plutôt que le roux ne les canalise pour les garder en lui jusqu'à en exploser.
Bella avait versé toutes les larmes de son corps, bercé par les bras d'Alice, écoutant ce souvenir qui était un morceau de vie de sa sœur qu'elle venait à peine de retrouver. Elle n'avait pas lever les yeux une seconde d'Hermione, espérant au plus profond de son être qu'elle finirait par lever la tête, un grand sourire aux lèvres, qu'elle se lèverait d'un bond pour lui sauter dans les bras, lui disant que ça y était, qu'elle se souvenait de tout. C'est pour cela que, lorsqu'Hermione leva enfin la tête de ses genoux, et que tout le monde pût découvrir son visage déformé par la douleur, souillée par les larmes, Bella ne pût retenir un cri de douleur, de tristesse et de rage.
