Salut a tous , Voila donc pour vous le chapitre 4 !
Merci pour vos Reviews , ça fait vraiment plaisir ! Certain d'entre vous m'ont dit ne pas vraiment apprécier Bella , ne vous en faite pas je n'en raffole pas non plus , elle ne sera d'ailleurs pas un personnage important sur le long terme , mais j'avais une histoire a raconter sur elle et Hermione , j'espère que malgré votre aversion pour ce personnage , cette partie la de l'histoire vous plait , et vous plaira par la suite .
Un clin d'œil particulier a ma nouvelle Bêta , Ekphrasys , qui me sauve littéralement de la noyade sous les fautes , merci a toi !
Bonne Lecture ! N'hésitez pas a donner votre avis :)
Chapitre 4 :
Bella était vraiment mal en point, la douleur qu'elle avait ressenti quand elle avait compris qu'Hermione n'avait aucun souvenir d'elle avait été une épreuve très dure à supporter, mais voir sa sœur dans un tel état de détresse, là c'était vraiment trop.
Jasper essayait tant bien que mal de gérer les émotions de tout le monde mais, avec le sorcier brun qui refusait toute vague de calme qu'il lui envoyait, la détresse émotionnelle de Bella et Hermione – qui se ressemblaient étrangement notât-il – et Ron qui capturait toute cette trop lourde ambiance jusqu'à en suffoquer, le vampire blond avait un mal fou à se contenir. D'autant plus qu'il gérait aussi ces propres ressentis, et là il y avait beaucoup à gérer, parce qu'il était en colère, vraiment en colère contre ces stupides humains et leurs émotions beaucoup trop fortes.
Contre Harry qui faisait subir ses émotions à Ron sans que Jasper puisse les lui renvoyer à cause de son bouclier mental. Contre Bella qui déversait des flots de tristesse et de rage sans ne se soucier de rien. Il en voulait moins à Hermione bien sûre, il savait bien que dans une situation pareille il n'était pas facile de gérer ses émotions. Et il n'en voulait absolument pas à Ron, c'était complètement involontaire et incontrôlé de sa part.
Qui plus est, rencontrer une personne qui possède un pouvoir semblable au sien était totalement inédit et il était pris d'une sorte d'affection pour le roux, voir même un besoin de protection, pour l'éloigner de cette chose qu'il ne savait apparemment pas contrôler. Malgré tous les efforts du monde, il n'arrivait non seulement à calmer personne, mais était en plus à la limite de ne plus savoir se gérer lui-même.
Son état empirait celui du roux, et celui de Ron empirait le sien. Deux empathes sur le point de craquer dans une même pièce ça ne fait pas bon ménage, et il s'inquiétait de plus en plus de l'état du roux.
Le roux en question était perdu sous une tonne de souffrance, au point de ne plus reconnaître les différentes émotions, il souffrait tellement qu'il ne pensait même pas à s'en demander les raisons, il avait toujours été très attentif aux sentiments des gens certes, mais de là à en souffrir réellement ? Physiquement ? Il ne comprenait pas et ça le déstabilisait encore plus.
À présent même le pouvoir de Jasper n'arrivait plus à le calmer, il avait jusque-là senti de l'apaisement de sa part et ça l'aidait grandement, mais à présent, il pouvait clairement sentir que le vampire se débattait au milieu de tout ça, probablement autant que lui.
Bella, prise d'une pulsion soudaine, se leva d'un bond, s'arrachant des bras d'Alice et se hâta vers Hermione. Elle l'a prise par les épaules dans un geste dénué de douceur et la secoua légèrement.
« Hermione ! Hermione, regarde-moi ! Souviens-toi je t'en prie ! Cette vie qu'ils ont l'air de connaître si bien n'est pas la tienne, ces parents ne sont pas les tiens ! »
Oh non, elle n'aurait jamais dû faire ça, Harry connaissait parfaitement son amie, il savait exactement ce qui se passait dans sa tête avant que Bella n'intervienne.
Hermione avait les pieds sur terre. Elle savait parfaitement que tout cela était plausible, et, depuis ces longues minutes où elle gardait le silence, son esprit assimilait toutes ces informations, se débattant contre l'envie, voir le besoin que tout cela ne soit pas réel. Mais elle était plus forte et plus intelligente que ça, elle regardait toujours la vérité en face aussi douloureuse soit-elle.
Mais là, entendre Bella, cette fille dont elle ne connaissait rien parler aussi durement de ces parents, elle ne pouvait pas, elle refusait d'accepter ça.
Harry la comprenait parfaitement. Car, si certaines personnes telles que les Dursley l'avaient refusé en tant que membre de leur famille, d'autres en revanche, comme les Weasley lui avaient ouvert leurs portes et leurs bras, et ce, même sans aucun lien de sang. Alors il savait qu'il n'accepterait pas une seule parole de travers à leurs propos.
Et c'est bien pour ça qu'il avait prévu la réaction d'Hermione. Celle-ci se leva, faisant reculer Bella de plusieurs pas au passage, et s'avança dangereusement vers elle, des flammes dans les yeux.
« Je t'interdis de parler de mes parents, tu n'es pas ma sœur, tu n'es pas de ma famille. Peu importe ce que tes souvenirs te disent, les miens me disent que j'ai grandi avec une famille, qui m'a aimée et chérie, et tu ne fais pas partie de cette famille ! »
À ce moment-là tout ce passa très vite. Harry et Alice se retrouvèrent entre Bella et Hermione, s'apprêtant à tout moment à voir un coup partir. Esmée restait figée, ne sachant pas quoi faire pour apaiser les esprits. Ron vacilla et tomba au sol, les bras tenant sa poitrine dans une vaine tentative de mieux respirer, sa tête tournait, il avait l'impression qu'une dalle de béton lui écrasait les poumons. Avant que sa tête ne heurte violemment le carrelage froid, il se retrouva dans les bras de Jasper, puis très vite à l'air frais.
Jasper se demandait comment un humain, même sorcier, pouvait supporter une telle douleur. Sa condition de vampire l'aidait beaucoup pour son empathie, et même avec ça, il se retrouvait souvent dans des situations plus que désagréables, alors il ne pouvait qu'admirer le courage du roux.
Il emmena le sorcier plus loin dans la forêt, jusqu'à ce qu'il sente le poids qui écrasait le cœur de Ron disparaître complètement. Il s'arrêta alors au bord d'un court d'eau proche, déposant le corps toujours tremblant au pied d'un arbre. Ils avaient tous deux besoin de reprendre leurs esprits.
Dans le salon des Cullen, la tension s'était légèrement dissipée. Alice avait conduit Bella à l'étage, espérant pouvoir la calmer, l'absence d'Edward n'aidait pas vraiment à cela cependant.
Esmée avait quitté le salon pour la cuisine, préférant laisser Harry et Hermione seuls. Elle en profiterait donc pour préparer un magnifique repas, pour une fois qu'elle avait plus d'un estomac à nourrir, elle n'allait pas se priver.
Restait donc au salon Hermione, emprisonnée dans les bras de son ami. Elle ne pleurait pas, n'en aillant même plus la force. Elle était tellement accablée, surchargée de toutes sortes d'émotions, de pensées, qu'elle se sentait vide. À cet instant précis, elle avait juste besoin de l'étreinte protectrice et rassurante d'Harry, un membre de sa famille … sa famille.
Le temps passa de cette manière, l'un contre l'autre sur le canapé, le fil de leurs pensées s'égarant de plus en plus vers des choses moins tristes, moins dures, soignant leurs deux cœurs qui avaient souffert ces dernières heures.
Bientôt, Ron et Jasper réapparurent dans le salon, et Jasper fila discrètement rejoindre sa mère à la cuisine. Ron s'installa à côté d'Hermione et lui offrit sa main sans un mot, qu'elle saisit tout aussi silencieusement, Ron savait que c'était tout ce dont elle avait besoin.
Le roux se posait énormément de questions sur cette famille de vampires. Après tout, ils venaient de passer ces dernières heures en leur compagnie, mais il ne savait toujours absolument rien d'eux. Les Cullen les avaient accueillis chez eux sans leur poser la moindre question, et il ne fallait pas être un génie pour comprendre que si le salon était désert de toutes créatures vampiriques, c'était qu'ils voulaient les laisser seul un moment.
Tout ce que Ron pouvait dire c'était que cette famille était très attentionnée et vraiment adorable. Ils n'avaient pas eu le temps de parler avec ses amis de la marche à suivre suite à leur atterrissage pour le moins non prémédité aussi loin de l'Angleterre. Il savait cependant qu'Hermione avait besoin de ce silence pour assimiler tout ce qui venait de se passer. C'est donc tout naturellement que la connexion qu'il possédait avec son meilleur ami se remit en place pour lui permettre de communiquer silencieusement avec lui.
« Qu'est-ce qu'on va faire Harry ? Je veux dire, on est à des milliers de kilomètres de chez nous et … on a laissé tout le monde au Terrier. Il faut qu'on rentre tu crois pas ? »
« Non, je crois qu'Hermione va avoir besoin de Bella, malgré ce qu'elle a pu dire. Elle ne nous a pas fait transplaner ici sans raison. »
« Tu penses que Bella est vraiment sa sœur ? »
« J'en suis sûr ! »
« C'est dingue ! Pauvre 'Mione, Elle est complètement perdue ! »
« Oui, mais je pense qu'elle ira vite mieux, encore une fois c'est pas sans raison que nous sommes ici. Et toi ça va Ronny ? »
Ron leva les yeux vers Harry à cette question, c'est vrai qu'il avait quitté la pièce assez … précipitamment et n'avait pas vraiment eu le temps de s'expliquer. Harry cependant ne prit pas la peine de regarder son ami, il continuait à jouer avec les mèches de cheveux d'Hermione qui avait posé sa tête sur les genoux du brun, il attendait simplement la réponse.
« Je vais bien, je … c'était bizarre tout à l'heure, je me sentais tellement mal pour Hermione, et même pour Bella, l'ambiance dans la pièce est devenue trop étouffante. Jasper m'a dit qu'il pensait que j'étais une sorte d'empathe. »
« Jasper ? Il t'a dit ça ? Et, il t'a dit autre chose ? »
« Non, une fois que j'ai eu retrouvé mes esprits j'ai de suite voulu vous rejoindre, je ne voulais pas vous laisser trop longtemps seul. »
« Eh bien, si tu es un empathe, c'est vraiment bien, c'est un don très rare chez les sorciers. »
« Oui, rare et douloureux ... »
À ce moment-là, Emmett et Carlisle entrèrent dans la pièce, très vite suivis de Rosalie qui semblait plus voler que descendre les marches à proprement parler. Elle se dirigea vers Emmett et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Hermione, par soucis de politesse, se releva pour s'asseoir correctement sur la banquette avant de s'adresser à Carlisle.
« Com - comment va le loup ? »
« Il … disons qu'il s'en remettra ! »
« Oui il est salement amoché, il a beaucoup de chance d'être encore en vie. »
« Emmett a raison, et vous trois y êtes pour quelque chose, si vous n'aviez pas déstabilisé ce vampire, il n'aurait probablement pas eu cette chance. »
« Notre magie n'a presque aucun effet sur … les gens de votre espèce, la combinaison des sorts que nous avons jeté aurait tué n'importe quel humain, mais l'effet sur ce vampire a été très limité, nous n'avons été d'aucune utilité. »
« Oh et bien je n'ai pas tout à fait la même vision des choses que vous. Bien sûr les vampires ont une force nettement supérieure à celle des humains, mais justement, réussir à faire reculer un vampire et à le déstabiliser n'est pas chose aisée, je pense donc que vous avez grandement aidé. »
« Eh bien, si c'est le cas tant mieux. »
« Bien. Esmée vous a préparé un repas, donc si vous le désirez, vous pouvez passer à table. »
Et c'est ainsi qu'ils se retrouvèrent, tous les trois, autour de la grande table des Cullen.
Après quelques minutes, Alice entra dans la pièce avec un immense sourire aux lèvres et vint se placer entre Esmée et Jasper, place qui semblait lui être pré-attribuée. Elle fût aussitôt suivie par Bella, pendue aux bras d'Edward, s'évertuant à regarder le sol.
Harry ne pouvait s'empêcher de fusiller le vampire du regard, se faisant la réflexion qu'en plus d'avoir tenté de pénétrer son esprit, il n'avait pas eu la politesse de passer les saluer à son retour avant de monter rejoindre sa Bella.
Il savait que ses pensées étaient puériles, mais cet Edward lui tapait vraiment sur les nerfs. C'est donc toujours en le foudroyant du regard qu'il abaissa son bouclier d'occlumencie avant de parler à Ron par leur lien.
« Tiens voilà le télépathe, ton bouclier est bien en place Ronny ? »
Ron regarda son ami alors que celui-ci replaçait son bouclier sans rompre le contact visuel avec le vampire. Il se demandait à quoi Harry pouvait bien jouer, il savait très bien que son bouclier était en place, tout comme lui avait senti celui de son ami s'abaisser pour se replacer juste après avoir pensé cette phrase.
Il prit une gorgée de son eau et fit semblant de rien, mais il n'en pensait pas moins.
« À quoi tu joues Harry ? Je sais à quel point tu as du mal à supporter toute intrusion dans ton esprit mais je pense qu'Edward ne contrôle pas son pouvoir, il ne décide pas d'entrer ou sortir d'un esprit, il entend les pensées, c'est tout. »
« J'en ai rien à faire qu'il soit pas capable de contrôler son foutu don, j'ai assez subi d'intrusions pour le restant de mes jours, et puis je peux pas voir ce mec, c'est qu'un foutu violeur d'esprit ! »
Alors qu'Harry terminait sa tirade sanglante, toutes les têtes s'étaient tournées vers lui, sauf Bella qui contemplait son assiette vide. Harry se demandait même s'il n'avait pas dit cette phrase tout haut, quand finalement Hermione lui donna la réponse.
« Harry calme toi ! Ta magie … »
Et effectivement sa magie crépitait dans l'air, envoyant des ondes de choc que tout le monde ressentait, même Bella qui avait à présent levé la tête, le regard légèrement paniqué face à la sensation.
Cela lui arrivait souvent depuis sa confrontation avec Voldemort, sa magie étant instable et régie par ses émotions, mais il ne s'était pas rendu compte que sa colère l'avait déstabilisé à ce point.
« Oh, heu … désolé ! »
Personne autour de la table ne posa de questions, jugeant que le moment n'était pas vraiment idéal. Et au vu de la sensation qui leur envoyait comme des frissons par vague dans le bas du dos, et qui s'accentuait de plus en plus, ils n'avaient sûrement pas tort.
Harry jeta un regard suppliant au roux se trouvant à sa gauche. Ron lui adressa un tendre sourire avant de placer sa main derrière le cou du brun, chatouillant doucement les petits cheveux à la naissance de sa nuque. Il savait parfaitement qu'il était le seul à pouvoir calmer Harry et sa magie.
Et effectivement, après quelques minutes, le crépitement de sa magie diminua, faisant soupirer de soulagement chaque vampire qui s'était tendu à l'extrême face à la sensation, si ce n'est désagréable, totalement inconnue.
« Eh bien, avec tous les... événements de ces dernières heures nous n'avons pas eu le temps de faire connaissance, d'où venez-vous les enfants ? »
« Nous venons de Londres. »
« Oh, l'Angleterre ! Vous savez mes connaissances dans le domaine de la magie sont malheureusement assez mince, est-il simple pour vous de vous déplacer à d'aussi grandes distances ? »
« À vrai dire pas vraiment, la façon donc nous avons voyagé jusqu'ici s'appelle le tranplanage, mais, généralement, nous ne pouvons faire que de courtes distances. Il suffit de penser à l'endroit où nous voulons nous rendre, mais, de toute évidence, la magie et l'inconscient d'Hermione nous a conduit ici. Une distance pareille alors qu'elle nous transportait Ron et moi, je crois pouvoir dire que c'est du jamais vu. »
« Pourquoi aviez-vous aussi peur en arrivant dans la clairière, je veux dire avant même de vous rendre compte de notre présence ? »
« Jasper ! Ce n'est pas vraiment une façon d'accueillir nos invités. »
« Non, c'est rien Esmée. Eh bien, à vrai dire, nous étions chez moi, au Terrier et … Oh mon dieu le Terrier … Hermione, le miroir ! »
La jeune sorcière se pencha alors pour ramasser son sac qu'elle avait posé juste à ses pieds, un éclat de panique dans les yeux.
Ils avaient été tellement chamboulés par les événements qu'ils en avaient presque oublié qu'ils étaient partis du Terrier alors qu'ils étaient attaqués par des mangemorts.
Elle pointa sa baguette sur le sac et à l'aide d'un « Accio », elle sortit le miroir en question. Ron s'en saisit, tout autant paniqué.
« Fred et George ! »
Le miroir se mit aussitôt à briller et après quelques secondes, le reflet de Ron s'effaça pour laisser apparaître les jumeaux Weasley. Ron, Fred et George eurent le même grand soupir de soulagement.
« On a cru que tu nous appellerais jamais ... »
« ça fait des heures qu'on attend p'tit frère ! »
« Tout le monde va bien ? »
« Oui t'en fais pas, aucun dommage ... »
« Si ce n'est les trois Mangemorts qui ne terroriserons plus personne ... »
« C'est l'œuvre de Bill pour deux d'entre eux, il était vraiment furieux qu'ils viennent gâcher la fête … »
« Et pour vous, tout va bien ?... »
« Vous êtes où ? »
Ron eût un grand rire, probablement provoqué par le soulagement. Ces deux-là étaient incroyable à parler comme une seule personne, et dans ces moments-là, Ron chérissait ce genre de détails plus que tout.
« On va bien, on est euh … quelque part aux États-Unis ! »
« QUOI ? »
« Comment c'est possible ça ? »
« Longue histoire frérots, longue histoire ! Je dois vous laisser, dites aux parents que tout va bien ! »
« Pas de soucis p'tit frère, prend soin de toi ... »
« Et d'Harry, parce que tout le monde sait ... »
« QU'IL SAIT PAS PRENDRE SOIN DE LUI TOUT SEUL ! »
« Eh mais oh ! Je vous entends les gars. »
« DÉSOLÉ! »
« Bon allez les gars, je vous recontacterais bientôt. »
« D'accord ! »
Et bientôt le visage de Ron réapparut dans le miroir, se découvrant lui-même avec un sourire béat collé sur le visage, il était rassuré, et la bonne humeur des jumeaux avait toujours tendance à déteindre sur lui.
Après un regard à Harry et Hermione qui étaient tout aussi rassurés, Ron se tourna vers le reste de l'assemblée, qui effectivement le regardait, avec pour certain, de l'étonnement et pour d'autres de l'amusement ou encore de l'incrédulité.
Il faut dire qu'un homme faisant la conversation avec son miroir – qui lui répondait qui plus est – ça ne devait pas être un spectacle très courant pour toutes les personnes présentes dans cette pièce qui n'avaient pas un passé de sorcier en cavale .
« Oh, excusez-moi ! C'est un miroir à double sens, ça permet de communiquer avec la personne qui possède l'autre miroir. Celui-ci a été légèrement modifié, il a plusieurs doubles qui sont tous reliés, il suffit simplement de prononcer le nom de la personne qui possède un miroir et à qui vous voulez parler, en l'occurrence mes frères, Fred et George. »
« C'est vraiment fascinant comme invention ! »
« C'est le même principe qu'une webcam ! »
« Emmett ! »
« Non, il a raison, sauf qu'une webcam n'est pas capable de savoir si la personne appelée est seule et hors de danger pour répondre à l'appel, et elle n'est pas non plus capable de se déplacer seule jusqu'à son propriétaire, si elle juge que ce dernier veut ou doit absolument prendre l'appel. Les miroirs à double sens ont été créé lors d'une guerre, ils sont très utiles et très efficaces pour communiquer rapidement et sûrement, sans qu'un contact puisse être découvert. Il n'y a aucune trace de communications, ce qui n'est pas le cas des téléphones, ou des Webcams. »
« Un objet extrêmement utile pour une stratégie de bataille effectivement. Ce que j'ai du mal à comprendre, c'est pourquoi vous vous en servez ? »
Les trois sorciers se jetèrent un regard désolé, il était évident que le sujet allait finir par être abordé, ils allaient devoir expliquer les événements des dernières années dans le monde sorcier.
Pourtant, avec tout le courage de Gryffondor qui les caractérise, les trois rouge et or se dirent qu'ils préféraient cent fois être poursuivis par la famille d'Aragog plutôt que de subir cette discussion, et bien sûr, sauf Ron évidemment.
C'est donc le roux qui prit la parole, se demandant tout de même pourquoi Jasper avait posé cette question en particulier. Soupirant un bon coup, il commença à raconter l'histoire de la guerre, leur histoire.
« Eh bien, le monde magique sort tout juste d'une guerre dans laquelle nous étions … impliqués. Nous avons été séparé de nos familles durant de longs mois et ces miroirs nous ont permis de garder un contact avec eux, ainsi qu'avec nos … coéquipiers guerre. »
Ron n'en dit pas plus, voyant des perles d'eau s'accumuler sous les paupières de ses deux amis. Les souvenirs étaient encore brûlants dans leurs mémoires, les pertes toujours mortellement douloureuses.
Des trois amis, Ron était le plus fort face à toute cette souffrance, se disant que soutenir ses proches était le plus important, alors il n'avait jamais craqué, jamais complètement en tout cas.
« Je crois que nous avons beaucoup de choses à apprendre de vous mes jeunes amis ! »
« Oui Carlisle, mais d'abord laisse les manger, ils ont eu une journée épuisante, et vous aurez tout le temps de discuter après. »
Esmée, après avoir tendrement réprimandé son mari, servit le repas à tous ceux qui avaient un estomac capable de l'ingurgiter. Elle n'avait pas lésiné, préparant à une vitesse folle plusieurs plats aussi succulents les uns que les autres.
Une vraie mère de famille se dit simplement Hermione alors que les deux sorciers la couvaient d'un regard attendri, ne pouvant s'empêcher de faire le rapprochement avec ce qu'Harry avait connu de plus ressemblant à une mère pour lui, Molly Weasley.
Carlisle, Alice, Jasper et même Emmett et Rosalie ne pouvaient s'empêcher de poser des questions aux sorciers alors qu'Edward et Bella restaient muets et qu'Esmée répétait sans cesse de les laisser manger en paix.
C'est ainsi que durant plus d'une heure les rouge et or répondirent aux questions plus ou moins pertinentes, plus ou moins passionnées selon le vampire à l'origine de la question. Ils apprirent ainsi l'existence de Poudlard, les informations croustillantes sur les dortoirs pour Emmett, la vie quotidienne au château pour Carlisle, les cours relatant à la légimencie pour Alice, les sorts de protections du château pour Jasper, et, chose qui avait surpris Harry et Hermione, l'éducation sorcière pour les jeunes enfants pour Rosalie. La discussion continua ensuite dans le salon autour d'un grand chocolat chaud maison qu'Esmée avait semblé mettre à peine trente secondes à préparer. Ils évitaient tout de même de parler de la guerre, et les Cullen respectèrent leur choix.
« Le Quidditch est le sport préféré des sorciers dans le monde entier. D'ailleurs, les Blackcats de Salem ne sont pas trop mal placés dans le classement cette année ! »
« Oh, et en quoi consiste ce sport ! »
« Eh bien, les règles sont assez complexes mais, en gros, il y a quatre balles. La plus grosse appelée le Souafle sert à marquer des buts, les poursuiveurs, au nombre de trois, sont là pour ça. Ils se lancent le Souafle jusqu'à ce que l'un d'eux ait accès aux buts, trois cerceaux de métal assez hauts, protégés par le gardien.
Ensuite, il y a les Cognards, ceux-ci servent à déstabiliser les joueurs adverses, et, bien qu'ils se déplacent seuls, deux batteurs sont là pour faire en sorte qu'ils atteignent ses cibles, et protéger les joueurs de leur propre équipe de ces mêmes balles.
La dernière est le Vif d'or, une toute petite balle en or, très rapide grâce à ses ailes. Dans chaque équipe, un attrapeur est chargé de trouver et d'attraper cette balle, c'est le seul moyen de terminer un match de Quidditch. La partie continue temps que le Vif n'est pas attrapé, et la partie se termine aussitôt que cela est fait. C'est un sport assez brute mais très intelligent, et le meilleur c'est qu'on y joue avec des balais bien sûr! »
« Tu veux dire que vous vous servez de balais comme des cross ? Comme au hockey ? »
« Non, je veux dire que nous volons sur des balais pour jouer au Quidditch! »
« Wow ! Comme dans les histoires de sorcières et tout et tout ? »
« Oui Emmett, comme ça ! »
Après cette explication qui aurait fait perdre la tête à n'importe qui, tous les vampires avaient l'air d'avoir tout saisi de ce sport. Tous avait l'air plus qu'emballé par ce jeu, Emmett, Jasper et Alice avaient le sourire jusqu'aux oreilles, Rosalie était excité comme une puce bien qu'elle essaie de le cacher derrière un masque impassible. Carlisle avait un sourire de père heureux face à la joie de ses enfants et même Esmée ne put retenir un sourire malgré la flagrante brusquerie de ce sport. Bella, elle, ne semblait pas avoir compris un seul mot des explications de Ron et Edward semblait s'en foutre royalement, le regard posé sur l'humaine dans ces bras.
« Fascinant, vraiment fascinant ! Tout ce que vous nous racontez là est absolument époustouflant, un tel univers, c'est … magique ! Mais comment les humains ne sont-ils pas au courant de tout ça alors qu'ils vivent au milieu de ce monde, entouré de magie ! »
« Eh bien, le ministère de la magie est là pour protéger notre monde grâce à des lois fortes utiles, il y a par exemple des sorts repousse-moldus, qui permettent de tenir les moldus, ou ceux que vous appelez humains, à l'écart des lieux trop exposés à la magie. Il y a aussi un groupe de sorciers travaillant au département « protection et défense du secret magique » au ministère, qu'on appelle les nettoyeurs, qui s'assurent de réparer les dégâts causés par des sorciers trop peu soucieux ! »
« Tu en connais un rayon sur ce domaine Hermione, dis-moi ? »
« En effet ! »
Un grognement sourd provenant de Harry, qui était restait muet tout ce temps, fit tourner toutes les têtes dans sa direction. Le brun ne supportait pas qu'on parle du ministère avec autant de dévouement, il avait perdu toute confiance en cette institution depuis bien longtemps.
Lui, qui avait autrefois projeté de devenir Auror, aujourd'hui cette simple idée lui donnait l'impression d'avoir changé de camp. Edward avait relevé la tête à ce son, il se demandait pourquoi Harry était dans cet état, et comme à chaque fois qu'il se posait une question sur une personne, son réflexe était d'aller chercher la réponse dans ses pensées.
La réaction ne se fit pas attendre, Harry se mit debout, s'avançant dangereusement vers ledit vampire, une colère noire assombrissant ses yeux pourtant d'habitude si clairs. Les gestes menaçants d'Harry avaient obligé Edward à se lever également, se plaçant instinctivement devant Bella. Ils se retrouvèrent bientôt à quelques centimètres l'un de l'autre, Edward en position défensive, se demandant pourquoi le brun réagissait aussi violemment à une chose qu'il ne contrôlait pas. Harry serrait les dents, essayant de se contrôler un maximum, mais la colère était bien trop forte.
« Ne t'avises plus jamais d'essayer d'entrer de force dans ma tête, c'est compris ? »
« Ce n'est pas une chose que je peux maîtriser, et je te prierais de ne pas me menacer dans MA maison ! »
« Harry ? Harry calme toi, je t'en prie, calme toi chaton ! »
Harry connaissait que trop bien ce surnom, il savait parfaitement ce qu'il signifiait dans la bouche de son meilleur ami. Mais il était bien trop aveuglé par la rage et torturé par sa magie pour se calmer. Tous les vampires s'étaient levés, se préparant à séparer les deux boules de nerfs qui s'affrontaient du regard.
Alice avait rejoint Bella sur la banquette, celle-ci se demandait si elle était tombée dans une dimension parallèle, où sa sœur ignorait même jusqu'à son existence et où un simple humain, bien que sorcier, osait menacer un vampire, son vampire. Ron était tout près d'Harry, espérant pouvoir le calmer.
À la tension croissante entre Edward et Harry, qui allait de paire avec la forte augmentation de magie tourbillonnant dans la pièce, Ron se sentait de plus en plus à l'étroit. Il chercha à capter le regard de Jasper, sachant que celui-ci était dans la même situation, il ne vit pas Carlisle se rapprocher dangereusement de son meilleur ami. Ce n'est que quand le vampire tendit la main vers Harry qu'il comprit son intention.
« Harry … »
« Non ne le touchez p... »
Mais Ron n'eut pas le temps de finir sa phrase, ce qu'il craignait venait d'arriver. Harry se sentit menacé par le patriarche du coven Cullen qui ne voulait qu'apaiser les tensions. La magie du brun refusa de se laisser approcher, envoyant une onde de choc tellement puissante que Carlisle et Edward, qui était au plus près d'Harry, furent expulsés de l'autre côté de la pièce, l'un fissurant un mur alors que l'autre se retrouvait dans les débris d'une table en verre.
Les cinq autres vampires se retrouvèrent les fesses par terre, tandis qu'Hermione et Bella, bien qu'ayant bien senti le choc, n'avaient presque pas bougé de leurs places.
La magie d'Harry, bien que très instable, était très sensible et doué d'une certaine forme d'intelligence, elle avait traité ceux qu'elle prenait pour une menace, évitant tant bien que mal de blesser les autres.
Ron quant à lui, alors qu'il était le plus près du brun, n'avait pas bougé d'un pouce, au plus grand étonnement de tout le monde dans la salle, sauf les trois sorciers bien sûr.
Alors que tout le monde se relevait indemne du choc, Harry sembla reprendre conscience des éléments l'entourant, il détailla la pièce du regard, avant qu'un éclair de panique ne passe dans ses yeux clairs.
« Je … Désolé ! »
Il ne pût en dire plus qu'il s'écroula au sol en un hurlement de douleur qui déchira tous les cœurs, morts ou vivants, dans la pièce. Carlisle se trouva à genoux auprès de lui en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, aussitôt rejoint par Ron puis par le reste des vampires.
Sa magie était de nouveaux plus qu'instable, remplissant l'air d'électricité, léchant avidement la moindre partie de peau des personnes présentes.
« Qu'est ce qui lui arrive, pourquoi il souffre à ce point ? »
« Sa … sa magie refuse de lui obéir, elle le fait souffrir ! »
« Qu'est-ce qu'on peut faire pour l'aider ? »
Ron savait exactement ce qu'il devait faire pour son ami, ça n'était pas la première fois que ce genre de crise se produisait, bien qu'il doutait sérieusement en avoir déjà vu une aussi forte. Il adressa un regard d'excuses à Jasper, celui-ci avait les traits déformés par la douleur et son souffle inutile était erratique.
Le Roux n'avait pas le temps d'expliquer quoi que ce soit, il fallait qu'il emmène Harry hors de cette pièce et vite.
« Je … j'ai besoin … Esmée, je dois l'emmener ailleurs, dans une autre pièce ! »
« Bien sûr mon chéri, suis moi ! »
Sur ce, Ron se releva, prit un Harry tremblant et agonisant dans ses bras, et suivit Esmée dans les escaliers. Avant qu'il ne disparaisse à l'étage, Hermione, depuis le canapé, l'interpella. Il se retourna tant bien que mal pour croiser son regard plein de tristesse.
- « N'oublies pas de placer un sort de protection sur la pièce, cette maison n'est pas à l'abri des explosions, et … et un sort de silence ! »
