Salut a vous !

Je tiens a m'excuser de cette petite absence , vacance en famille oblige , mais voici un long chapitre pour me faire pardonner !

Enfin pardonner , c'est vite dit , parce que certain d'entre vous risque de me détester pour ce chapitre et la tournure que prend l'histoire , je tien a dire pour ma défense que tout ce que j'écris est pour le bien de l'histoire , et aussi que la frontière est mince entre la haine et l'amour , comprendront ceux qui le voudront bien ;)

Voila , un immense merci pour vos reviews , ça fait chaud au coeur de savoir que mon histoire est appréciée .

Et un autre grand merci pour ma Bêta , encore et toujours au rendez-vous !

Voila , bonne lecture et surtout dites moi ce que vous pensez de ce chapitre , c'est important pour la suite .


Chapitre 5 :

Après avoir conduit Ron dans la chambre d'Edward, Esmée sortit. Un soupir lui échappa alors qu'elle refermait la porte sur les deux jeunes sorciers, elle espérait que tout s'arrangerait rapidement.

Ron déposa le brun sur le lit et sortit sa baguette pour poser un sort de protection ainsi qu'un sort de silence sur la pièce, l'isolant ainsi du reste du monde.

Les tremblements d'Harry s'étaient légèrement atténués à son contact, mais le roux savait que ce n'était pas suffisant, et que ça n'allait pas durer. Il fallait faire vite.

Ron s'approcha alors du brun, qui se tenait l'estomac de ses deux bras, et posa une main sur son front, pour aller ensuite caresser sa joue.

« Ça va aller Harry, je suis là, tu vas aller mieux, dans un instant. »

« Pas le temps … Ron. »

« Oui, oui, pardon. »

Ledit Ron s'éloigna alors du lit, fit quelques pas, avant de se retourner de nouveaux vers son ami, pointant sa baguette sur lui. Ces gestes étaient mécaniques, ils les connaissaient par cœur.

" Dissolvere ! "

En une fraction de seconde, Harry se retrouva nu comme un vers, tous ses vêtements ayant complètement disparus. Ron n'était en rien gêné par la situation, il en avait l'habitude. Il faisait ça pour Harry son meilleur ami, son Harry.

Il ravala sa bile en apercevant une nouvelle fois les cicatrices laissées par son dernier affrontement avec Voldemort. C'était le meilleur et le seul moyen de l'aider.

Ron avait besoin de croire ça. Il avait besoin de croire que ce qu'ils faisaient était nécessaire pour calmer la magie du brun. Il avait besoin de croire, alors qu'il se déshabillait à son tour, que c'était la seule chose à faire, et que le plaisir qu'il prendrait cette fois encore, serait seulement le plaisir de voir Harry aller mieux.

Et comme à chaque fois, son combat intérieur recommençait. Comme à chaque fois, il se sentait sale de faire ça à Harry, à celui qu'il considérait comme son frère. Comme à chaque fois, il essayait de se convaincre que ce n'était qu'un remède contre le mal d'Harry. Mais comme à chaque fois, son érection qui pulsait douloureusement contre le tissu de son boxer, alors qu'il regardait le corps pâle et malade d'Harry, détruisait comme un château de cartes tout ce qu'il s'évertuait à croire.

Un cri de douleur le ramena à la réalité et à sa future " tâche " à accomplir.

" Ron! "

" Oui, Oui Harry je suis là, excuse-moi! "

Ron s'approcha du lit, la magie vibrait autour d'Harry d'une façon tellement puissante qu'on pouvait voir les vibrations déplacer l'air, étourdissant le Roux au passage. Ron se plaça au-dessus d'Harry, essayant d'oublier ce sentiment de dégoût de soi qu'il ressentait, comme si ce qu'il faisait était malsain. Il se concentra sur le brun en dessous de lui, sur ce visage dont les traits s'étaient légèrement détendus alors que leurs deux corps entraient en contact le forçant à pousser un soupir de plaisir et sur ces yeux qui lui suppliait de l'aider.

Et c'était ce qu'il faisait, il l'aidait. Oui, c'était uniquement pour l'aider. Il fallait qu'Harry aille bien. C'était tout ce qui comptait.

Il passa une main dans les cheveux de son vis-à-vis, puis se pencha pour cueillir ses lèvres dans un baiser aussi passionné que désespéré. Un baiser auquel Harry répondit lascivement, par manque de force, mais avec une passion toute aussi dévorante que celle qui déployait actuellement ses ailes dans le bas-ventre de Ron.

Le roux délaissa ses lèvres, pour la peau tendre et fine de son cou, puis descendit en un fil de baisers brûlants jusqu'au sternum où Harry arrêta son geste en posant une main sur sa joue.

" On a pas le temps Ron."

En effet, sitôt sa phrase finie, sa tête partit en arrière, son dos se cambra et il poussa un cri étouffé sous la souffrance. Son corps était brûlant, irradiant littéralement par sa magie. Un éclair de panique passa dans les yeux de Ron, il ne l'avait jamais vu si près de la rupture. Il entrelaça ses doigts à ceux d'Harry et replongea sur ses lèvres, cette fois avec urgence et avidité, mais aussi ce qui ressemblait étrangement au désespoir.

Ce simple baiser et leurs mains l'une dans l'autre avaient l'air d'avoir sauvé Harry du précipice, mais Ron s'en voulait. Il aurait dû s'apercevoir qu'Harry n'était pas en état d'endurer ses simples caresses.

" Pardon, pardon chaton, excuse-moi."

" C'est rien Ron, juste ... j'ai ... j'ai besoin de plus."

Comme pour confirmer ses dires, Harry enroula ses jambes autour de la taille de Ron, leur arrachant un grognement de plaisir à tous les deux. Ron se demandait comment c'était possible de ressentir autant de plaisir dans une situation critique d'urgence comme celle-ci.

La magie d'Harry se calmait, devenant plus douce, plus chaude, plus tendre, à l'instar des deux corps plus proche l'un de l'autre à chaque instant.

Harry planta son regard dans les océans lagons de Ron, puis, dans un regard de défi, il assena un coup de rein qui fit hurler Ron de plaisir et de surprise. C'est à ce moment-là que le roux rendait les armes à chaque fois. Au moment où le brun avait récupéré assez de force pour être lui-même à nouveau, au moment où il y avait cette lueur de désir et de malice dans son regard. Alors il n'y avait plus de combat intérieur ou de besoin d'aider son ami, non. Il n'y avait plus qu'Harry, son Harry.

Flash-Back :

La bataille finale, c'était donc ça ? L'odeur immonde de mort et de peur se répandait dans l'air. Le goût de sang emplissait la bouche de celui-qui-a-vaincu comme une nausée étrange qui descendait jusque dans sa gorge.

Il avait du mal à croire que tout était fini, qu'avait-il fait au finale ? Jedusor était mort, mort par son ignorance, pas par la main de l'Elu, pas réellement.

Harry se releva doucement, un maléfice avait touché sa hanche et son bras droit, laissant des entailles profondes sur son passage. Mais Harry ne sentait pas la douleur, non, du moins pas encore.

Il fixait l'endroit d'où venait de disparaitre le plus puissant mage noir de tous les temps, s'attendant à le voir réapparaitre à tout instant, son sourire sadique et satisfait aux lèvres.

Ce n'est que quand les cris de pure joie et de soulagement retentirent derrière lui qu'il se retourna enfin. Il ne prêta pas vraiment attention aux visages remplis de larmes de joies qui le toisaient, non. Son regard se posa plutôt au sol, où des corps gisaient. Il reconnût quelques élèves de Gryffondor, certains plus jeunes que lui, puis des élèves d'autres maisons. Pour la plupart il ne connaissait même pas leurs noms.

Il entendit son nom, son meilleur ami l'appelait. Il leva la tête en direction du bruit. Il eût juste le temps de voir le sourire heureux et les yeux mouillés de Ron avant qu'une tornade brune ne lui saute au cou.

Hermione l'embrassait à pleine bouche, il était temps pensa Harry. La sorcière lâcha enfin sa prise pour se tourner vers Harry, un immense sourire aux lèvres et des traces de larmes sur les joues.

Il leurs sourit, mais ce simple geste lui paraissait faux, erroné. Ce mouvement, sensé démontrer sa joie, n'atteignait ni son cœur ni ces yeux, et il se demandait si il serait un jour capable de sourire sincèrement à nouveau.

Il s'avança vers ses amis, les prit dans ses bras. Ils étaient vivants. Ils avaient survécu. Alors pourquoi cette pensée, aussi rassurante soit-elle, n'arrivait pas à réchauffer son cœur glacé ?

Ils avancèrent dans les couloirs en ruine pour rejoindre la grande salle, Hermione tenant fermement les mains des deux hommes de sa vie dans les siennes, ayant besoin de les sentir près d'elle.

Les grandes portes s'ouvrirent à leur approche et ils s'arrêtèrent nets devant la vision qui s'offrait à eux, leurs trois cœurs se glaçant d'un même effroi.

C'était sans hésiter la chose la plus horrible qu'ils aient eu à vivre, plus horrible que le combat, plus horrible que la vue des corps tombés pour la liberté et la justice.

Les cris de douleur des blessés, les hurlements de détresse des personnes découvrant les corps sans vie de membres de leur famille, de leurs amis, les larmes de désespoir, autant de choses qui donnaient l'impression d'être plongé dans un cauchemar macabre.

Qui avaient-ils perdu ? Qui allaient-ils devoir pleurer ? Ils avancèrent d'un pas incertain, sans relâcher le contact physique de leurs mains liées, rendant ce même sourire, à la fois triste et soulagé, que leur adressaient des visages connus en les voyant remonter l'allée de lits de camps, en vie.

Ils avaient tous trois l'impression de remonter le couloir de la mort. Le cœur de plus en plus serré à mesure qu'ils découvraient les corps sans vie, de visages plus ou moins familiers.

Puis Harry arrêta sa marche, faisant stopper également Ron et Hermione. Tonks et Lupin, allongés côte à côte dans des lits de fortune, leurs visages si paisibles qu'on aurait pu les croire endormis.

Harry restait figé, fixant les deux corps sans les voir, ne pensant qu'à une seule chose, qu'allait devenir Teddy ? Ce petit garçon de deux mois à peine dont il était le parrain.

Il fut sorti de ses sombres pensées par le couinement sinistre de Ron. Il suivit le regard de son ami pour apercevoir un amas de têtes rousses rassemblées autour d'un lit, les empêchant de voir qui s'y trouvait.

Fred et Georges se retournèrent en même temps, leurs visages déformés par la tristesse et souillés par les larmes. Ils se hâtèrent dans notre direction en apercevant Ron, courant comme un seul homme pour venir étreindre leur petit frère.

" Oh Ron ... "

" On a rien pu faire ... "

" Un mangemort nous visait mais ..."

" s'est interposé ... le sortilège ... elle ..."

Les jumeaux était incapable d'en dire plus, les tremblements causés par la détresse et les sanglots les en empêchaient.

Ron ne les écoutait déjà plus de tout façon, il se rua difficilement vers sa famille, suivit de près par ses amis et ses frères.

Il tomba à genoux devant le lit, convulsant violemment sous la violence de ses sanglots. Ginny. Ginny était allongé dans le lit, entouré par sa famille, sa mère lui caressant le front comme elle le faisait avec tous ses enfants lorsqu'ils faisaient un cauchemar.

Mais Ginny ne dormait pas, elle ne se réveillerait plus et Molly n'aurait plus jamais l'occasion de la rassurer après un cauchemar. Son dernier cauchemar avait été ce mangemort, lançant un "Avada Kedavra " sur ses frères, un cauchemar éveillé. Un cauchemar qu'elle n'avait pu regarder sans intervenir.

Hermione posa une main sur l'épaule de Ron, des larmes incontrôlables se déversant en flots continus sur ces joues, c'était tout ce qu'elle pouvait faire pour le roux à cet instant.

Harry était dévasté. La dernière enfant Weasley, la seule fille de la fratrie, celle qu'il avait durant toutes ces années considérées comme sa sœur était morte, tuée de la main d'un de ces foutu mangemorts.

Assis sur le lit à côté de celui de Ginny, se tenait Severus Snape, son regard triste posé sur la famille Weasley. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres quand il posa son regard noir sur Hermione, rien qu'une seconde, ses yeux brillants d'une lueur tellement nouvelle dans ses billes noires, qu'Harry ne sût l'identifier.

Il caressait inconsciemment du bout des doigts l'endroit où avait autre fois été présente la marque des ténèbres.

Harry était pourtant sûr d'avoir vu sur plusieurs des mangemorts allongés sur le sol de la cour, une immonde cicatrice boursouflée à ce même endroit sur leurs bras, pourtant celle de Snape avait seulement disparu, ne laissant aucune trace. Probablement dû à son statut d'espion se dit Harry sans trop y penser.

Le plus surprenant fût quand il vit Drago. Des larmes dévalaient son visage pourtant toujours impassible alors qu'il contemplait Ginny, à côté de son parrain, sa marque ayant, elle aussi, également disparu.

Il ne s'attarda pas sur le sujet cependant, son regard venait de se poser sur le corps qu'il pouvait apercevoir par-dessus l'épaule de Snape.

Là, étendu sur trois lits rassemblés pour n'en faire qu'un, reposait l'imposant corps d'Hagrid.

Ce fût à ce moment-là que le brun craqua, s'en était trop. Hagrid avait été celui qui l'avait sorti du cauchemar du mauvais traitement des Dursley, il avait été le premier à lui avoir souhaité pour la première fois son anniversaire, il lui avait appris à connaitre le monde magique à ses côtés. Le demi géant n'était pas son ami, ni la représentation d'un membre de sa famille, non, c'était tout ça et plus encore. Et le voir étendu là, dénué de toute sa joie de vivre, de cette aura naturellement chaleureuse chez lui, c'était beaucoup trop dur à supporter.

Soudain toute cette guerre, toute cette lutte n'avait plus aucune signification pour le survivant. Pourquoi ? Quelle misérable idéologie méritait la perte d'une âme aussi pure et rayonnante que celle du demi géant ? Quelle foutue utopie méritait que coule les larmes d'une mère pleurant la perte de son enfant ?

Hagrid n'était pas seulement l'ami, le père ou le frère d'Harry, non, il était une partie de lui, de son histoire, sa lumière, sa magie. Cette même magie qui venait de se libérer de son corps comme une explosion alors qu'il tombait au sol en fixant le léger sourire gravé sur le visage sans vie d'Hagrid.

Le Gryffondor ne saurait jamais d'où venait ce sourire, il ne saura jamais que la dernière pensée d'Hagrid avait été pour lui, se disant que Harry, lui au moins, s'en sortirait vivant. Alors qu'il regardait la marque sur le bras d'un mangemort se transformer en une cicatrice informe, sûr que le mage noir avait enfin été vaincu par nul autre que son petit Harry, avant que ce même mangemort ne lance un dernier sortilège fatal.

La puissance d'Harry faisait vibrer le sol et les murs, obligeant le ciel de la grande salle à se couvrir de nuages sombres en grondant et tonnant de détresse sous la violence de l'attaque.

Harry ne ressentait plus rien des éléments alentours, juste la fulgurante souffrance d'une telle puissance qu'il crut en mourir sur le coup. Il ne pleurait pas, n'en était plus capable, il voulait juste que la douleur s'arrête. Il ne se sentit pas décoller du sol, il ne sentit pas les bras l'entourant pour le faire sortir de cette ambiance macabre. On le porta jusqu'à des marches où il se retrouva assis.

Il reprit légèrement conscience du monde l'entourant, la douleur ne diminuait pas cependant. Il posa les yeux sur celui qui l'avait conduit jusqu'ici, Snape, Draco derrière lui, le regard légèrement paniqué.

"Ça va aller Harry, je sais que c'est dur à croire, mais tu survivras à tout ça !"

Harry n'était pas capable de parler, il n'aurait pas su quoi dire de toute façon. Snape continuait à déverser des paroles sensées être rassurantes, alors que Drago s'était assis près de lui, posant une main tremblante sur son avant-bras. Mais lui n'entendait qu'une chose, le son de son cœur qui battait alors que tant d'autres, à quelques mètres de lui, avait rendu leur dernier battement en se battant à ses côtés. Un pur sentiment d'injustice glissait dans ses veines, glaçant paresseusement chaque cellule de son corps, jusqu'à atteindre son cœur. Il ne voulait pas " Survivre " à ça, il voulait partir, rejoindre Tonks et Lupin, Hagrid et Ginny, Kingsley, Seamus, Bibine et tous les autres qu'il n'arrivait pas à pleurer. Il voulait leur dire à quel point il était désolé, que toute était de sa faute. Non, il ne voulait pas aller mieux, il voulait souffrir, il voulait mourir.

Et voilà que sa magie faisait à nouveau des siennes, lui arrachant un cri de douleur et obligeant Drago à retirer sa main de sa peau devenue étrangement électrique.

" Laissez, je ... je m'occupe de lui."

Il sentit alors les deux ex-mangemorts s'éloigner de lui. Puis des bras protecteurs vinrent l'entourer, l'attirant dans une étreinte rassurante. Il sentit une goutte d'eau brûlante tomber sur son épaule avant qu'un baiser ne vienne se déposer dans ses cheveux, Ron ...

Quatre jours après la défaite du Lord, une veillée funéraire était organisée au château, pour rendre hommage et commencer à faire le deuil des personnes disparues lors de la bataille.

Deux personnes manquaient également à l'appel ce jour-là, Ron et Harry. Personne ne les avait vus depuis que Drago et Severus avaient laissé Harry aux mains de Ron. Personne cependant ne les avait cherchés, comprenant fort bien qu'ils avaient besoin de cela pour traverser ces épreuves et s'en sortir. C'était naturel de chercher à s'isoler avec la personne qui nous comprend le mieux dans ces conditions.

Ainsi, les parents Weasley s'étaient rapprochés, presque retrouvés, délaissant un peu leur travail de parents qu'ils avaient toujours considéré comme primordial, pour se supporter mutuellement dans ces moments atrocement douloureux.

Fred et Georges, en bon jumeaux, avaient passé presque tout leur temps enfermés dans leur chambre, sans une parole, ne détachant jamais leurs yeux de ceux de l'autre, nourrissant ce lien qui les avait toujours unis, pour survivre à la perte de leur jeune sœur.

Et Ron et Harry, eh bien, eux, avaient regagné la salle sur demande quand Ron eut enfin réussi à calmer les tremblements de son ami de toujours, et n'en étaient toujours pas ressortis. Seul Ron avait passé la porte de la salle sur demande afin d'appeler un elfe de maison et de récupérer des provisions ... et des boissons.

Dès leur entrée dans la pièce, le camp de fortune qui s'était installé au fil des mois pour permettre aux élèves courageux de trouver un refuge digne de ce nom, avait disparu. À la place, une pièce gigantesque, un mélange de la tristesse et de la magie des deux rouge et or, autant dire que la pièce était instable, le décor changeant au fil des émotions et des pensées des deux habitants.

À ce moment précis, on pouvait observer une parfaite réplique de la cuisine du Terrier au milieu de la forêt interdite, d'immenses draps tendus entre deux arbres, à quelques mètres au-dessus de la table de la cuisine. Le brun et le roux étaient là, allongés sur le hamac géant improvisé, se balançant d'un même rythme, faisant s'entrechoquer des bouteilles vides laissées à l'abandon sur le tissu tendu.

Cela faisait bien quatre heures qu'ils n'avaient pas dit un mot, se contentant de se raccrocher à la présence de l'autre, et à l'alcool, pour ne pas sombrer, sans être trop lucide pour autant. Ron s'apprêtait à s'endormir, il savait que ce ne serait pas pour plus d'une heure, ils avaient beaucoup de mal à trouver le sommeil depuis la grande bataille, mais se déconnecter un peu de cette réalité sordide et de ses pensées sombres, ne serait pas de trop pour le roux.

Il n'eût cependant pas le temps d'atteindre les limites de sa conscience comme les sanglots d'Harry résonnèrent soudain à ses oreilles. Il rouvrit les yeux, surpris par cette rechute plus que soudaine du brun, il pensait qu'il en avait fini avec la phase sanglots déchirants.

Il tomba soudain sur un canapé miteux dans une sorte de cabane en bois toute aussi délabrée, Harry sous lui, ne réagissant même pas à son poids pesant sur son corps. Le sol était recouvert de sable, et au vu des bruits de vagues se fracassant sur des rochers tout autour de lui, ils étaient en pleine mer. La salle sur demande réagissant aux trop fortes émotions de ses habitants, il n'était pas étonnant de changer subitement de décor lorsqu'Harry se retrouvait dans un tel état de détresse, mais c'était surtout l'instabilité de sa magie, qui allait de paire avec ces pensées morbides, qui faisait réagir la pièce. C'était tellement réaliste que Ron se demanda un instant s'il ne rêvait pas finalement, mais le corps tremblant et gémissant sur lequel il était étalé lui prouvait le contraire. Il voulut se relever pour laisser son ami respirer mais avant qu'il n'esquisse un mouvement, il se retrouva encore plus étroitement serré contre le corps chancelant du brun, dans une minuscule pièce.

Ron savait exactement où ils étaient, Harry les avait déjà amenés dans ce placard lors des précédentes crises de ce genre au cours de ces derniers jours. Si il était de moins en moins surpris par ce phénomène, le roux n'arrivait pas à y faire face en revanche, et encore moins à aider son ami à s'en sortir.

Mais encore une fois, il le prit dans ses bras, tant bien que mal étant donné l'espace qu'ils avaient actuellement. Et à nouveau il se mit à lui parler, à lui murmurer des mots tendres et rassurants à l'oreille, comme il pensait devoir le faire, c'était d'ailleurs tout ce qu'il pouvait faire.

« Ça va aller Harry, tu vas y arriver, tu vas surmonter tout ça, parce que c'est toi ! Ça va aller, je suis là, je serais toujours là, aussi longtemps que je vivrais, je serais à tes côtés, et on survivra, ensemble, parce que c'est nous. »

Ron n'était même pas sûr que son ami puisse l'entendre dans l'état de pure détresse dans lequel il était. Après plusieurs jours à répéter les mêmes gestes, à déballer tout ce qu'il avait sur le cœur pour faire revenir son ami, il n'était même plus sûr que ce soit vraiment pour Harry qu'il disait tous ces mots. Parce que lui en avait autant besoin, il avait besoin de croire à ça, à eux. Il avait simplement besoin de croire en quelque chose pour ne pas se laisser consumer par la douleur.

Un nouveau sanglot et ils se retrouvèrent dans la cabane d'Hagrid, assis sur un pouf géant, fait en ce qui ressemblait étrangement à un amas de carcasses en tous genres, peaux, plumes et écailles. Ron voulut s'éloigner un peu, le manque de place dans ce placard miteux lui avait fait manquer d'oxygène, plus qu'il ne l'aurait cru.

Mais avant qu'il n'ait fait un mouvement, les bras d'Harry se refermèrent violemment autour de sa poitrine. Il poussa un soupir de soulagement, son ami revenait, peu importe dans quel sombre monde il plongeait lors de ses crises, il remontait peu à peu à la surface maintenant. Il enserra la taille de son ami pour lui confirmer sa présence, comme il savait qu'Harry en avait besoin.

_ « C'est bien Harry, accroche-toi à moi, je suis là, je te laisse pas. »

Les tremblements du brun semblèrent se calmer, mais ses bras restèrent encore fermement agrippés autour du torse de Ron, ses ongles s'enfonçant dans son dos nu.

Au bout de quelques minutes, les muscles plus que tendus du survivant se détendirent, ses sanglots cessèrent bien que son corps était toujours pris de légers tremblements.

À cette constatation, les mains de Ron, comme animées d'une volonté propre, se déplacèrent. La gauche remonta jusqu'à la nuque, la cajolant tendrement, alors que la droite descendit au creux de ses reins pour ramener le corps fragile plus près de lui.

C'était comme ça depuis le début des crises de l'Élu, ces gestes, c'était la façon presque inconsciente qu'avait Ron afin tenter de calmer son ami.

Ron rouvrit les yeux, il ne s'était même pas rendu compte qu'il les avait fermés. Ils étaient toujours dans la parfaite réplique de la cabane d'Hagrid. Il fallait qu'ils sortent de là. Il n'avait pas envie d'être dans cet endroit. C'était comme si on s'amusait cruellement à remuer le couteau planté dans son cœur lors de cette foutue guerre, et il se doutait qu'Harry ressentait la même chose.

C'est donc dans un dernier effort que Ron ferma les yeux, resserrant ses bras autour de son meilleur ami. Il se concentra sur eux, sur leur amitié, sur tous ces beaux souvenirs qu'ils avaient ensemble. C'est sans réelle surprise qu'il rouvrit les yeux sur la salle commune des Gryffondors. Ils avaient passé presque tout leur temps dans cet endroit, depuis leur première année, leur amitié s'était forgée, avait grandi, mûri, et s'était immortalisée dans cette salle.

Ron les conduisit sur le canapé devant l'âtre éclairé de la cheminé et attira Harry sur ses genoux. Il reprit ses caresses sur la nuque de son ami avec une douceur infinie. Pour réponse, Harry posa sa tête sur la large poitrine du roux, son nez planté au creux de son cou. Ron aurait pu en vouloir à Harry pour toute cette situation. C'est vrai qu'il avait assez à gérer avec sa propre peine et ses propres démons, mais il était conscient qu'il se serait déjà noyé dans sa peine sans le brun. Si il s'était retrouvé seul après ces épreuves, si il n'avait pas eu son ami près de lui, si il n'avait pas eu le corps et l'esprit occupé par les crises du brun, il aurait déjà sombré, alors il lui devait bien ça.

Harry ne bougeait pas, s'imprégnant de chaque caresse de Ron comme si elles pouvaient soigner son cœur mort. C'était comme si Ron était une dose pure de tendresse et d'amour, s'infiltrant directement dans les veines de l'Élu et chassant par la même occasion un maximum de douleur autant physique que moral. Son ami était peu à peu devenu comme une drogue pour lui, et ce même avant la guerre, il avait constamment besoin de lui.

Harry en voulait plus, bien plus, il voulait être soulagé, il voulait se noyer dans cet amour et cette tendresse, ne plus souffrir. Il passa ses bras autour du cou de Ron, passant lentement ses mains sur les épaules et le dos de son ami. Il le voulait plus près, plus collé encore à son corps, il ne voulait plus que Ron, dans sa tête, dans son cœur. Il ne voulait plus de douleur, seulement la douceur et l'amour de son roux. La sensation d'un liquide chaud sur ses doigts l'obligea à stopper ses mouvements, Ron étouffa un sifflement de douleur au même moment. Des griffures, des traces d'ongles enfoncés profondément dans les chairs du roux, du sang gouttant sur les mains du brun.

Le corps d'Harry fut pris de violentes convulsions alors que son regard passait de ses mains ensanglantées aux blessures qu'il – il le savait – avait causé lui-même à Ron.

- « Je … je … s-suis désolé. »

Ron n'avait pas encore remarqué la tourmente du survivant. Il avait fermé les yeux au moment où Harry avait commencé à balader ses mains sur son corps, savourant ce toucher, heureux simplement de sentir Harry près de lui, et qu'il soit sorti de cette crise. Il leva le regard vers Harry au son étranglé de sa voix. Il remarqua les traces de sang sur les mains blanches de son ami ainsi que son regard horrifié planté sur le bas de son épaule. Il est vrai qu'il avait senti la pression trop forte de ses mains, et la peau se déchirer alors qu'Harry était encore perdu dans ses sanglots. Et lorsque ses mêmes mains étaient repassées sur les plaies ouvertes, Ron n'avait pu retenir un sifflement de surprise. Mais il n'avait pas mal, pas avec les douces caresses d'Harry, pas avec le corps de son ami si près du sien, pas alors qu'il lui faisait autant de bien, au corps comme au cœur. Ron posa une main sur la joue d'Harry avant de remonter jusque dans ses cheveux, avec un petit sourire tendre.

- " C'est rien Harry. "

L'interpellé releva la tête, croisant pour la première fois depuis le début de leur isolement les yeux bleus de Ron. Des larmes pourtant très rares malgré l'horreur de la situation se mirent à perler sur les joues du survivant. Il n'arrivait pas à croire qu'il ait pu faire du mal à Ron. Ron qui faisait tout pour lui, lui qui était là, auprès du brun alors que celui-ci n'était même pas capable de faire cesser les larmes du roux quand celles-ci s'échappaient. Il était égoïste, c'était tout ce qu'il était.

Ron venait de perdre sa petite et unique sœur, et malgré ça, il passait son temps à sortir Harry de ses cauchemars ou de ses crises de puissante détresse. Il s'en voulait, il s'en voulait vraiment de ne pas être le plus fort des deux, d'être faible au point de se nourrir de la force de caractère et du courage du roux pour ne pas sombrer, pour survivre simplement.

Il voulut se mettre debout, s'éloigner du roux, ne plus en être dépendant, lui rendre ce qu'il lui prenait plus ou moins consciemment depuis des jours, et de plus en plus souvent ces derniers temps, son espace vital.

Mais Ron ne le laissa pas s'éloigner, il le ramena sur ces genoux, posa une main sur sa joue pour lui faire reposer sa tête au creux de son cou.

- " C'est rien je te dis, je sens rien ! Ne pleure pas, je t'en prie. Je ne supporte pas te voir pleurer, sèche tes larmes chaton. "

Il releva instantanément la tête, jamais Ron n'avait employé un tel surnom. L'Élu ne se souvenait d'ailleurs pas d'avoir un jour été aussi affectueux envers son ami, ni Ron envers lui. Depuis qu'il était venu le rejoindre aux pieds des escaliers et qu'il l'avait conduit dans la salle sur demande, Ron était très tendre et tactile avec Harry, et il le lui rendait bien.

Mais avant cela, tout au long de ces années d'amitié, les deux rouge et or s'étaient protégés, admirés et adorés mutuellement sans jamais rien se dire, sans jamais en montrer trop de leurs sentiments complexes.

Pourtant là, tout semblait naturel, c'était un peu comme si avant ils s'étaient retenus de montrer leur affection l'un à l'autre, mais qu'aujourd'hui la suite logique des choses prenait place. Et c'était plus ou moins le cas, il était logique, après la mort d'êtres chers, de se consoler dans les bras de la personne en qui on a le plus confiance, de la personne que l'on aime le plus.

Et Ron était la personne qu'Harry aimait plus que quiconque, et la réciprocité était aussi exacte, même si ils ne se l'avoueraient jamais. Si on ne montre pas son affection aux personnes que l'on aime dans ce genre de circonstances, alors quand ?

C'est sur cette pensée, alors que les deux amis ne s'étaient pas quittés des yeux, réalisant soudainement que l'autre était là, vraiment là, qu'ils était vivant, tous les deux, et que ceci était la chose la plus importante, que Ron, pris par une pulsion soudaine, s'approcha dangereusement du visage d'Harry. Ce dernier ne recula en rien malgré son cœur qui tambourinait dans sa poitrine, encourageant Ron à continuer la progression de son geste fou. Il le savait, il était conscient qu'en posant ses lèvres sur celles de son ami de toujours, il franchirait un cap et ne pourrait plus revenir en arrière.

Mais il en avait tellement envie, une envie incontrôlée et incomprise. Mais peu importe, il avait besoin d'Harry, de son cœur, de son corps, de tout ce qui pouvait l'aider à se sentir mieux, à se sentir vivre, et ce " tout " c'était Harry, simplement et purement lui.

Alors son visage se rapprocha un peu plus de son vis-à-vis, sans honte, sans culpabilité, parce qu'il ne pouvait rien gâcher, rien ne gâcherait une aussi belle chose que celle qui existait entre les deux Gryffys. C'est pour cela que Ron n'hésita pas une seconde lorsque sa bouche se retrouva à quelques centimètres de sa voisine, sentant leurs souffles chauds légèrement imprégnés d'alcool se mélanger. Il captura les lèvres d'Harry d'une façon aussi tendre que passionnée, pleine de désespoir.

S'il avait eu encore quelques hésitations, une infime partie de son cerveau se demandant si son geste n'était pas une énorme erreur, les millions de papillons qui s'envolèrent de son bas-ventre au moment où ses lèvres gouttèrent l'infinie douceur de leurs congénères fit taire le reste de questionnement qui subsistait au fond de son esprit, ne laissant plus aucun doute quant au bien-fondé de tout ceci... Une chose qui pouvait lui faire autant de bien alors qu'il était encore, il y a quelques secondes à peine, au bord du gouffre, et faire tomber ses remparts de Gryffondor pour taire l'insupportable douleur qui s'était emparé de lui, ne pouvait décemment pas être mauvaise ou inappropriée.

Harry resta interdit face au geste de Ron, c'était si inattendu et si ... bon que le survivant en avait des vertiges. Il posa ses mains à plat sur le torse nu de Ron, ignorant l'effet que ce simple geste avait sur lui, il fallait qu'il reprenne son souffle et ses esprits.

Il s'était presque évanoui sous la trop forte sensation, c'était si intense, si les mains de Ron sur sa peau était comme une drogue, ses lèvres, d'une douceur on ne peut plus inattendue, étaient comme l'oxygène nourrissant ses poumons, coulant dans ses veines, faisant battre son cœur.

Harry était comme un condamné à mort découvrant une échappatoire, la question était, voulait-il de cette échappatoire ? De cette source d'oxygène qu'était son ami de toujours ? Le manque qu'il ressentait déjà en étant éloigné d'à peine quelques centimètres de la bouche charnue et fruitée de Ron était la réponse, oui, il le voulait, vraiment.

Ron avait mal interprété le geste d'Harry, il avait pris son mouvement de recul comme un rejet, et son regard confus comme du dégoût.

Toutes ses convictions s'envolèrent, ses yeux se mirent à lui piquer comme des larmes s'accumulaient sous ses paupières, il était sûr d'avoir, par ce geste irréfléchi, perdu son meilleur ami, et la seule chose à laquelle il pouvait encore s'accrocher par la même occasion. Il baissa les yeux, incapable d'affronter ce qu'il prenait pour du dégoût dans le regard vert émeraude d'Harry.

- " Harry je ... "

La fin de sa phrase fut étouffée par des lèvres avides pressées contre les siennes. Harry prit le visage du roux en coupe pour appuyer un peu plus son baiser, et passa une jambe au-dessus de celle de Ron, se retrouvant à cheval au-dessus de lui.

- " Tais-toi ! "

Ils plongèrent leurs regards l'un dans l'autre une seconde, avant qu'un léger sourire ne se dessine sur les lèvres d'Harry, et qu'il ne replonge à nouveau dévorer ses lèvres tant désirées.

C'était des sensations totalement nouvelles et exaltantes, ces lèvres s'effleurant ou bien se dévorant, ces langues se cherchant timidement puis se battant ardemment, ces mains cajolant ou griffant toutes parcelles de peau à leurs atteintes.

Oh bien sûr, ils avaient chacun leurs expériences en matière de relation sentimentale ou physique, et c'est bien pour cela que chacun pouvait dire que chaque toucher de l'autre était cent fois, mille fois plus intense que tout ce qu'ils avaient connu jusque-là. S'en était étourdissant, c'était presque trop pour leurs cœurs meurtris, et pas assez en même temps.

Sous la force des envies et des sensations des deux habitants de la salle sur demande, la banquette sur laquelle ils étaient se transforma en un immense lit, les faisant tomber à la renverse, Harry toujours sur Ron, leurs lèvres ne se quittant pas une seule seconde dans la chute.

La chambre était totalement vide, si ce n'est ce grand lit à baldaquin, sculpté dans un beau bois clair finement travaillé, de légers rideaux blancs se déversant en cascade de chaque côté. Une chaude lumière, semblant parvenir de rayons de soleil perçant à travers une fenêtre inexistante, rendait la peau d'Harry encore plus blanche alors que celle de Ron prenait une délicieuse teinte caramel sur ses épaules et son torse nu. Aucun d'eux ne s'attarda sur la pièce cependant, trop occupé à savourer l'enivrant goût des lèvres de l'autre.

Harry détacha ses lèvres de celles de Ron, lui arrachant un grognement de déplaisir. Il se redressa un peu, se retrouvant assis sur les hanches du roux, l'observant de toute sa hauteur.

Il passa ses doigts sur le torse de Ron en une légère caresse, le faisant soupirer de plaisir. Puis en y réfléchissant une seconde, il retira son t-shirt un sourire malicieux aux lèvres, dévoilant ses muscles finement dessinés, ainsi que le bandage qui lui enserrait la taille.

Harry ayant refusé d'aller voir Miss Pomfresh, Ron avait fait ce qu'il avait pu pour soigner son ami, étant donné son peu de connaissance en médicomagie. Mais même si Harry ne sentait presque plus rien, il était évident qu'il garderait une cicatrice de ses blessures.

Ron effleura le pansement du bout des doigts avant de se redresser pour capturer la bouche tentatrice du brun. Mais Harry ne se laissa pas faire, il recula autant qu'il le pouvait étant donné leur position, avec un regard de défi et un grand sourire aux lèvres. Ron eut un petit rire amusé et tenta à nouveau d'atteindre l'objet de son désir, en vain.

- " Ah oui ? Tu veux jouer à ça ? Très bien ! "

D'un coup de hanche bien placé, Ron inversa leur position, se retrouvant au-dessus d'Harry. Le brun se mit à rire, penchant la tête en arrière et dévoilant inconsciemment ainsi son cou à Ron, qui ne sut résister et déposa, d'abord, ses lèvres tendrement sur la peau fine, puis sa langue. Pris d'une envie soudaine, il se mit à explorer la zone offerte, gouttant la peau sucrée. Les dents vinrent bientôt se joindre à la danse pour mordiller plus ou moins gentiment chaque parcelle de peau à portée.

Harry ne put retenir un gémissement, Ron était si doux et si masculin, presque brutal parfois qu'il en perdrait presque la tête. Harry n'aurait jamais cru ressentir de telles choses sous les caresses de mains d'hommes, mais il savait aussi que personne, hommes ou femmes, ne pourrait lui faire ressentir d'aussi puissantes sensations. Ce n'était pas parce que c'était les mains d'un homme, mais parce que c'était celles de Ron, son Ron.

Ce même Ron qui s'amusait actuellement à lui torturer un mamelon de ses dents, l'obligeant à grogner son plaisir. Le brun sentit son sourire naître sur sa peau, c'est que ça lui plaisait de le faire gémir en plus le bougre !

Harry, un sourire à présent mesquin sur les lèvres, enroula ses jambes autour de la taille du roux, et poussa de ses paumes sur le bas du dos de Ron, obligeant son bassin à rencontrer le sien. Ron se cambra brusquement et eut un cri très peu virile de surprise et de plaisir mélangé.

Le brun eut un petit rire moqueur, très content de son effet. Il n'eut pas le temps de savourer sa victoire cependant. Ron, s'étant remis de la vague soudaine de plaisir qui était remonté de son bas-ventre quand Harry avait fait rencontrer leurs deux érections, entama un mouvement de hanches lents, ondulant son bassin avec une lenteur frôlant la torture et ne quittant pas une seule seconde les yeux émeraudes embués de désir avec ce même regard de défi aux fond des yeux qu'avait eu Harry quelques instant plus tôt.

Harry poussa un long soupir de frustration ou de plaisir, il ne savait plus, c'était trop et pas assez, il allait devenir fou si ça continuait.

Il plaqua violemment sa main sur la nuque du roux et l'attira à lui, dévorant ses lèvres avec avidité et empressement.

Ron détacha ses lèvres de celles d'Harry pour descendre déposer un filet de baisers volages jusqu'à l'oreille de celui-ci dont il mordit tendrement le lobe. Avec un sourire satisfait, il murmura aussi bas que possible tout en assénant un nouveau coup de rein, beaucoup plus brute cette fois-ci.

- " J'ai gagné ... "

Harry miaula presque de plaisir, ses caresses et cette voix rendue rauque par le plaisir, le rendait fou, littéralement. Il était enivré par Ron, par son odeur, par sa peau sucrée, par ses mains se baladant partout sur son corps, par sa bouche prenant sauvagement la sienne. Il voulait plus, tellement plus. Il en oubliait presque l'endroit où ils se trouvaient et les épreuves qu'ils venaient de traverser. Il ne voyait plus que son roux.

Il descendit lentement ses mains sur le dos de Ron jusqu'à atteindre le tissu de son pantalon de pyjama. Il passa ses mains sous le tissu, souriant légèrement en s'apercevant qu'il ne portait pas de sous-vêtements, et empoigna à pleines mains les deux globes charnus de ses fesses.

Le pressant contre lui à l'aide de ses mains, il fit se rencontrer une nouvelle fois leurs érections. Les deux Gryffys poussèrent un même gémissement de pur plaisir. Harry était haletant, toute cette chaleur, il avait l'impression que le corps de Ron irradiait littéralement sous ses doigts. À cet instant plus encore il était comme un soleil, une source constamment débordante de chaleur, du moins quand il était assez près de lui en tout cas.

L'Élu resserra sa prise autour de la taille de son vis-à-vis et remonta ses mains jusqu'à venir les emmêler dans la longue chevelure rousse. Il s'approcha de son oreille et déposa un léger baiser avant de susurrer le plus calmement possible malgré les puissants tremblements de désir qui le secouaient.

- " Prends-moi Ron ..."

Ledit Ron se recula tant bien que mal étant donné la prison que constituait les jambes du brun à cet instant, pour plonger dans les yeux assombris de désir d'Harry. Il était autant pétrifié qu'excité par la soudaine requête.

- " Harry n... "

Il posa un doigt sur ses lèvres pour l'empêcher de terminer sa phrase. Il avait tellement peur que Ron n'en ait pas envie.

- " Chut ... j'ai envie de toi Ronny ... s'il te plait. "

Il n'en fallut pas plus pour que leurs deux pantalons de pyjama se retrouvent par terre, la magie instinctive avait du bon parfois. Le brun eut un soupir de soulagement, il ne le repoussait pas, bien au contraire. Ron eut un sourire tendre, qu'Harry lui rendit avant que le roux ne vienne capturer sauvagement ses lèvres.

Leur baiser prit fin après quelques minutes d'intense passion, gémissant et grognant dans la bouche de l'autre. Leurs deux corps, ondulant en rythme, leur procuraient un plaisir jusque-là inconnu. À tel point qu'ils auraient pu atteindre la jouissance dans l'instant. Mais Harry ne voulait pas, pas comme ça, il voulait le sentir plus, autour de lui, en lui.

Il posa une main sur la joue du roux pour lui faire stopper ses mouvements, alors que l'autre se glissait entre leurs deux corps pour venir attraper le sexe dressé de Ron entre ses doigts fins. Ce dernier poussa un long soupir de plaisir alors qu'il laissait le brun conduire doucement son sexe contre ses fesses.

-" Maintenant Ron ... "

- " N-non, pas comme ça Harry, je ... je vais te faire mal. "

Harry eut un rire mi- moqueur, mi- amer. Ils avaient survécu à une guerre, et Ron pensait encore à lui éviter toute douleur. Bien sûr qu'il allait avoir mal, il le savait, mais au fond, n'était-ce pas ce dont il avait besoin ? Un peu de douleur physique pour oublier et arrêter cette torture mentale ? Et puis le désir était bien trop fort pour attendre plus longtemps.

Sans quitter les océans bleus à quelques centimètres de lui, Harry ajusta la tête du sexe de Ron à son entrée humide, avant de poser ses mains à plat sur les fesses du roux tout en exerçant une pression assez forte pour lui faire forcer l'entrée encore vierge. Ils ne se quittèrent pas des yeux alors que Ron s'enfonçait lentement en lui. Il observait le plaisir croissant sur le visage de Ron, se concentrant sur son souffle saccadé pour en oublier la douleur intense qui naissait dans ces reins.

Une fois entré jusqu'à la garde, Ron poussa un grognement presque animal alors qu'Harry soupirait longuement. Il ne s'était même pas rendu compte d'avoir retenu son souffle jusque-là. Ron passa une main dans la chevelure brune et déposa un baiser volage sur les lèvres entrouvertes, il n'osait pas esquisser un seul mouvement.

- " Ça va chaton ? "

-" Oui, juste ... attend quelques secondes. "

Il déposa de légers baisers partout sur le visage du brun, attendant un signal de sa part pour entamer un mouvement. Le plaisir était vraiment intense, plus que tout ce qu'il avait connu, sentir les chairs étroites pulser contre son aine, était vraiment enivrant, et le brun, sa voix, ses mains se baladant tendrement sur son dos, tout ça lui faisait perdre la tête.

Il reprit une nouvelle fois ses lèvres avec empressement, les mordant avidement, sa langue venant taquiner celle d'Harry. Bientôt le brun se mit à gémir, la douleur avait complètement disparu et il sentait avec de plus en plus de plaisir le sexe brûlant de Ron à l'intérieur de lui, c'était comme un appel à la luxure.

Alors, doucement, presque timidement, Harry débuta un lent mouvement de bassin, invitant Ron à en faire de même. Ron entrelaça ses doigts à ceux d'Harry, les mains au-dessus de la tête du brun, et sorti presque entièrement du corps tremblant, pour y revenir tout aussi lentement, le regard plongé dans celui d'Harry.

Ne voyant aucun signe de douleur sur son visage, Ron recommença ses mouvement à plusieurs reprises, tellement lentement que s'en devenait affligeant. Ils en voulaient plus, mais Ron avait peur de blesser Harry. Le plaisir que lui procurait les mouvements du roux étaient tendres, lascifs bien qu'intenses, mais le brun voulait autre chose, il voulait plus de force, presque de la violence.

Alors d'un geste sec, il s'empala violemment sur toute la longueur de Ron, qui poussa un cri de surprise sous la force du plaisir. Bientôt les mouvements devinrent plus puissant, plus rapide et plus profond, et si Harry avait cru atteindre son maximum de plaisir il y a quelques instant, il crut littéralement mourir de plaisir quand Ron, dans un mouvement sec, frappa sa prostate. Les mouvements de hanches devenaient désordonnés et les souffles hérétiques alors qu'ils grimpaient ensemble au sommet de la luxure.

Et alors qu'il allait atteindre la jouissance, Ron eut soudainement peur, une peur tenace qui lui tordait les boyaux. Il avait peur que tout s'arrête, peur de perdre Harry, son amitié, ce qui était à présent sa vie. Il arrêta soudain tout mouvement, contemplant le visage rempli de plaisir sous lui. Harry rouvrit les yeux, tombant sur le regard insondable de Ron.

- " T'arrête pas Ron ... continue, s'il te plait "gémit-il.

Des larmes coulèrent sur les joues du roux sans qu'il ne puisse les arrêter. Harry posa une main sur sa joue, chassant une larme de son pouce, alors que les siennes commençaient à perler sous ses cils. Le brun comprenait parfaitement son ami, parce que ses peurs, il les ressentait aussi.

- " Ça n'arrivera pas Ronny, tu ne me perdra pas. "

- " Promis ? "

- " Promis ... "

Sur ces paroles, Ron dévora la bouche d'Harry, son ami, peu importe les envies qu'ils ressentaient envers lui, il resterait son meilleur ami, sa vie, non, sa survie.

Ils reprirent leurs mouvements de hanches, plus fort, plus rapidement que jamais, le besoin de ne faire qu'un avec l'autre devenant de plus en plus urgent, de plus en plus vital.

Ils atteignirent la jouissance au même moment dans un grognement animal, leurs deux magies tourbillonnant autour de leurs corps encore tremblant sous la vague de pur plaisir.

Puis une chose imprévue se produisit alors qu'ils tentaient tant bien que mal de reprendre leurs souffles, leurs magies fusionnèrent, faisant décoller leurs corps encore unis à plusieurs mètres au-dessus du lit sous la puissance des magies réunies. Les quatre éléments : l'eau, le feu, l'air et la terre, se matérialisèrent autour d'eux en une danse harmonieuse, les faisant léviter dans les airs.

Ils n'avaient plus vraiment conscience de ce qui les entourait, ce phénomène magique leur prenait toute leur énergie. Et ils perdirent conscience, ou plutôt tombèrent dans un paisible sommeil au milieu de la danse des quatre éléments, toujours dans les bras l'un de l'autre.

Harry ouvrit un œil endormi, il était toujours dans ce grand lit blanc. Le froid lui tordit aussitôt les boyaux. Il ne mit pas longtemps à comprendre le pourquoi de cette sensation. Ron n'était plus près de lui, et ce manque était tellement douloureux qu'il aurait pu en mourir sur le coup.

Il se souvenait parfaitement des événements de la veille, et ne regrettait rien, pas alors que ça avait été les moments les plus beaux de toute sa foutue vie. Il se demandait seulement ce qui s'était passé après, oh il se souvenait, mais il ne comprenait absolument pas que sa magie ait eu une telle réaction au contact de celle du roux.

En parlant du roux, où était-il ? Si Harry ne regrettait rien, peut-être que c'était différent pour Ron, peut-être avait-il eu peur et était-il parti, laissant Harry seul dans la salle sur demande. Après tout, Harry avait promis de ne pas laisser Ron tomber, mais Ron, lui, n'avait rien promis.

Cette simple pensée déchirait douloureusement le cœur du brun, un gémissement de douleur s'échappa de sa bouche.

-" Harry ? "

L'interpellé tourna brusquement la tête en direction de la voix qui venait de percer faiblement le silence. Ron était là, debout à côté du lit, un air inquiet se dessinant sur son magnifique visage.

Harry se mit debout sur le lit et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il sauta au cou de Ron qui le rattrapa au vol. Il remarqua à peine qu'il était de nouveau vêtu de son pantalon de pyjama, Ron ayant dû le rhabiller alors qu'il dormait toujours. Harry enfouit sa tête dans le cou du roux, respirant son odeur qui lui avait terriblement manqué depuis son réveil il y avait à peine quelques instants.

- " J'ai cru que tu étais parti ! "

- " Sois pas idiot Harry, j'ai pas l'intention de te laisser. "

Il avait dit ça avec une tendresse infinie, en déposant un baiser sur la tempe de son ami. Il s'assit sur le lit, Harry toujours dans ses bras, et passa une main distraite dans ses cheveux. Harry posa sa tête sur le large torse, dessinant des ronds avec son index sur l'épaule adorablement mouchetée de tâches de rousseurs. Il était étrange de faire preuve d'autant de tendresse l'un envers l'autre sans qu'aucun des deux ne soient au plus mal, mais ça leur paraissait aussi étrangement naturel.

- " Qu'est ce qui s'est passé hier soir ? Je veux dire après que ... enfin que nous ... "

- " Je pense ... je pense que nos magies se sont reconnues. "

- " Qu'est-ce que ça veut dire Ronny ? "

Ron sourit tendrement à Harry. Il avait réfléchi à tout ça depuis son réveil, et il ne voyait qu'une seule chose qui pourrait avoir déclenché une telle chose. Ses parents lui en avaient parlé quelques années plus tôt.

- " Ça veut dire que nous sommes ... jumeaux, des jumeaux magiques. "