Bon aller , pour vous faire plaisir et pour conclure l'épisode de Flask Back Ron/Harry , voici le chapitre 6 !
J'ai une toute petite panne d'inspiration pour le chapitre suivant , d'autant plus que j'ai une autre fic en cours d'écriture , mais je ne devrai pas trop vous faire attendre , rassurez-vous !
Bonne lecture !
Chapitre 6 :
Harry se releva brusquement sur les genoux de Ron, il n'était pas bien sûr d'avoir compris.
- " Quoi ? Ça veut dire que j'ai ... couché ... avec mon jumeau ? "
Ron eut un petit rire amusé avant d'attirer à nouveau Harry contre lui, lui déposant un baiser volage sur le front.
- " Non Harry, ça n'a rien à voir avec des jumeaux de sang, enfin pas vraiment. Le lien entre jumeaux magiques est bien plus fort qu'un lien de sang, c'est un lien de cœurs, d'âmes, d'esprits et de magie, et parfois aussi de corps. "
- " Comment nos magies peuvent-elles être jumelles ? "
- " Eh bien, papa m'a un jour expliqué que la magie de chacun est différente, c'est un équilibre entre beaucoup de choses qui forment un tout, la magie. Beaucoup de ces constituants restent inconnus mais le composant principal dans la magie de chaque être est directement issu d'un des quatre éléments primordiaux. Les puissants sorciers ne possèdent pas qu'un seul des quatre éléments mais plutôt deux, voire trois ou quatre, mais c'est extrêmement rare. Dans le cas où un sorcier en possèderait deux, une personne autre possédant les deux éléments complémentaires aux siens pourrait le compléter parfaitement. Tu es l'air et l'eau, ça je l'avais vu depuis bien longtemps, j'ignorais seulement que j'étais la terre ET le feu. C'est une des choses qui fait que nos magies sont complémentaires, au point de pouvoir agir comme une seule, mais pour ça il faudra beaucoup d'entraînements. "
Harry écoutait le discours de Ron très attentivement. Cela voulait-il dire qu'ils étaient âmes sœurs ? Est-ce qu'il venait vraiment de trouver sa moitié ? Il n'en savait rien, tout ce qu'il pouvait dire c'était qu'avec Ron comme jumeau magique, il ne pouvait qu'être comblé. Il pourrait rester près de lui et c'était tout ce qui comptait. Il avait des millions de questions à poser, mais une seule franchit la barrière de ses lèvres.
- " Pourquoi maintenant ? "
- " Je pense que c'est à cause des ... événements. Tu as remarqué que nos deux magies sont instables depuis la fin de la guerre ? Eh bien, lorsqu'une magie puissante devient instable et qu'elle possède une jumelle, elle se met à l'appeler, à la rechercher. Les magies jumelles non seulement se complètent mais s'équilibrent aussi. Pour qu'elles se trouvent, il faut que les deux sorciers concernés soient en symbiose parfaite, c'est pour ça que c'est arrivé à ce moment précis. "
- " Comment peux-tu en savoir autant à ce sujet ? Je ne savais même pas qu'une telle chose existait moi ! "
- " Les ... Fred et Georges sont également jumeaux magiques. Papa et maman nous ont expliqués ce que c'était quand ils ont découverts que c'était le cas pour les jumeaux. "
- " Oh, et comment Fred et Georges ont-ils découvert qu'ils étaient également jumeaux magiques ? "
- " Eh bien, de ... de la même façon que nous en fait ... "
Harry releva la tête pour regarder Ron. Il crut d'abord à une blague mais l'expression du roux le contredit aussitôt. En y réfléchissant bien, il est vrai que Fred et George sont vraiment très proches, intimes, mais ça avait toujours paru naturel pour Harry. Après tout la relation entre jumeaux de sang est très forte. Ron se méprenant sur l'aphasie soudaine du brun, baissa la tête, reniflant tristement.
- " Tu veux dire qu'ils sont ... amants ? "
- " Ne les juge pas, je t'en prie ! Ils souffrent déjà assez de cette situation, avoir de tels sentiments pour son propre frère est quelques chose de très dure à comprendre et à supporter pour eux alors ... "
- " Je ne les juge pas Ron. Tu es depuis des années comme un frère pour moi, ma seule famille, et pourtant on... alors je ne les juge pas. Vos parents savent pour eux ? "
- " Non, bien sûr que non. Les jumeaux n'auraient jamais supporté le regard de dégoût dans leurs yeux. Il y avait seulement moi ... et Ginny qui étions au courant. "
Sentant son ami de nouveau envahi par la tristesse à l'évocation de sa défunte sœur, Harry enserra la taille de Ron et déposa un baiser dans son cou. Le roux sembla se calmer instantanément. Maintenant que leurs magies s'étaient trouvées, celle d'Harry semblait calmer la sienne et ses émotions par la même occasion. Le roux comprit à ce moment-là pourquoi il avait tellement besoin d'Harry, et aussi qu'il n'aurait pas survécu à la mort de sa sœur sans lui. Il en était maintenant absolument certain.
- " Qu'est-ce qu'on va faire maintenant Ronny ?"
- " J'en sais rien ... "
Après cette discussion, les deux amis étaient restés silencieux dans les bras l'un de l'autre. Pour la première fois depuis la bataille finale, ils réfléchissaient à ce qu'ils allaient faire après.
C'était assez positif pour eux. Ils étaient enfin capable d'envisager un avenir, un futur, ce qu'ils n'avaient su faire jusque-là. Au bout de quelques heures, toujours plongés dans un profond silence et leurs pensées ayant étrangement suivies le même cheminement, ils se levèrent et sortirent de la salle sur demande sans se retourner. Main dans la main pour se donner du courage et de la force, ils avaient atteint les rues désertes de Près-au-lard sans croiser âme qui vive, et avaient transplané ensemble vers le Terrier. Ils avaient été accueillis par les sourires aimants et rassurés d'Arthur et de Molly, blottis l'un contre l'autre sur le canapé du salon. Mais pas un mot n'avait été prononcé. C'était bien trop tôt pour avoir une conversation avec quiconque, surtout pas des personnes qui partageaient le même deuil. Les parents Weasley avaient regardé Ron et Harry traverser le salon puis monter à l'étage, leurs yeux dérivant sur leurs mains liées sans rien dire. Ils croisèrent Hermione dans les escaliers, mais encore une fois aucun mot ne fût échangé, à peine un sourire et un hochement de tête en signe de reconnaissance. Ils avaient passé les jours suivants enfermés dans la chambre de Ron, se contentant de deviner la présence de l'autre à proximité, sans rien dire, caressant juste la joue ou les cheveux de l'autre de tant en tant, rien de plus, ça leur suffisait.
Ils arrivaient tout de même à descendre au salon quelques petites heures par jour, histoire de prendre l'air et d'éviter de trop inquiéter les parents. Mais personne n'avait encore entendu le son de leurs voix, ils s'étaient enfermés dans un mutisme persistant que nul ne semblait vouloir rompre. Ils se contentaient de descendre les escaliers pour s'asseoir tous les deux sur le même fauteuil, ou côte à côte autour de la grande table familiale, jusqu'à ce que, sans se concerter et d'un même geste, ils ne se lèvent et remontent à l'étage jusqu'au lendemain.
Ron et Harry n'avaient rien dit à personne au sujet de leur lien, mais Fred et Georges n'étaient pas dupes. Ils connaissaient ce comportement, ils avaient été et étaient encore aujourd'hui similaire aux leurs. Cette façon dont ils tournaient l'un autour de l'autre comme si chacun était un satellite gravitant en orbite de l'autre. L'un bouge, l'autre bouge, comme si un fil invisible les reliait, les empêchant de trop s'éloigner l'un de l'autre. Tout cela ne pouvait avoir qu'une seule signification.
C'est ainsi que plus d'une semaine après le retour des deux amis au Terrier, les jumeaux Weasley se retrouvèrent devant la porte de la chambre de Ron, débattant silencieusement pour savoir qui des deux parlerait le premier. Fred gagna cette fois-ci, sous certaines conditions, et frappa donc à la porte de la chambre avant de l'ouvrir.
- " Ron ? Harry ? "
Les deux plus jeunes étaient allongés sur leurs deux lits rapprochés pour n'en faire qu'un, enlacés dans les bras l'un de l'autre. Ils ne prirent pas la peine de s'éloigner en entendant les coups donnés contre la porte, à quoi bon de toute façon. Mais ils furent quand même tout deux soulagés qu'il ne s'agisse que des jumeaux et non des parents ou encore d'Hermione. Les jumeaux entrèrent, refermant la porte derrière eux avant d'aller s'asseoir sur le lit près des deux plus jeunes Gryffons. Ron et Harry se redressèrent en même temps, s'adossant au mur pour laisser de la place aux jumeaux, sans se décoller totalement pour autant.
- " Salut les gars ! Georges et moi avons pensé que vous voudriez peut-être nous parler ? "
Harry regarda une seconde Ron avant de penser :
- " Ils savent ! "
Ron secoua légèrement la tête. Depuis qu'ils étaient revenus au Terrier, ils arrivaient de plus en plus souvent et de plus en plus clairement à entendre les pensées de l'autre quand celles-ci leur étaient destinées. Ils ne se servaient que très peu souvent de ce lien télépathique cependant, les mots étant inutiles avec un lien aussi fort.
- " On vous oblige à rien surtout ...
- " On veut juste que vous sachiez qu'on vous comprend ..."
-" Et qu'on est là si vous avez besoin de nous ! "
Les jumeaux déposèrent tour à tour un baiser sur chacune des joues des deux amis avant de se relever pour se diriger vers la porte. Avant que celle-ci ne se referme sur eux, ils entendirent deux voix s'élever sur le même ton.
- " Merci les gars ! "
Et c'est avec un sourire qu'ils rejoignirent leur chambre commune. Ron et Harry ressentaient une sorte de soulagement. Ils savaient que peu importe les événements futures, ils auraient toujours deux alliés dans leur camp capables de les comprendre parfaitement et prêts à tout pour les aider. Cela avait quelque chose de particulièrement réconfortant face à l'inconnu de leur situation.
Près de trois semaines avaient passé depuis la fin de la guerre et la situation n'avait pas beaucoup changé. Harry et Ron passaient quand même plus de temps en compagnie de la famille Weasley mais parlaient toujours très peu. Quelques mots par ci par là, quand c'était vraiment nécessaire mais pas plus. Seul Fred et Georges arrivaient à tenir une conversation de plus de dix secondes avec eux.
Souvent les quatre rouge et or se retrouvaient dans une de leurs deux chambres le soir. Ils ne parlaient pas beaucoup, mais savoir que les autres traversaient non seulement la même douleur due aux nombreuses pertes mais aussi la difficulté d'accepter et de comprendre ce lien qui les unissait à leur jumeau magique était rassurant et apaisant.
Ils pouvaient être eux-mêmes quand ils étaient tous les quatre, sans se soucier de ce que penseraient les autres, et ça faisait un bien fou. Déjà qu'ils avaient du mal à comprendre eux-mêmes le besoin qu'ils avaient d'être physiquement proche de leur jumeau respectif, ils n'avaient pas envie de devoir l'expliquer à qui que ce soit.
Mais ce jour-là était différent, ils devaient être présents dans le salon où se tenait une réunion de ce qui restait de l'ordre du phœnix. Autour de la table, agrandie pour l'occasion, se tenait Arthur et Molly, tous deux en bout de table l'un à côté de l'autre. Bill était assis à côté de son père, Fleur à sa droite. Ils étaient venus quelques jours au Terrier et avaient annoncé la date de leur mariage par la même occasion prévu pour août prochain. Hermione se trouvait à la droite de Fleur, suivie de Luna et Neville, venus ensemble pour la réunion. À l'autre bout de la table, face aux parents Weasley, se tenait Snape, Drago à sa droite, face à Neville. Tous avaient appris quelques temps plus tôt que Drago Malefoy était en réalité un espion envoyé par Dumbledore depuis sa première année à Poudlard et formé par nul autre que son parrain, Severus Snape, celui qu'il considérait le plus comme sa famille. Il avait été étrange de voir le masque d'impassibilité tomber de son visage au fil des jours, alors qu'il n'avait plus à prétendre être le Serpentard le plus ignoble de sa génération. Tout le monde avait pu découvrir un jeune homme courageux qui avait agi seul contre sa famille et le Lord en personne depuis ses 11 ans. Mais le plus étonnant avait été sa fragilité, maintenant qu'il se retrouvait au milieu de personnes qu'il avait insulté et prétendu détester tout au long de ces années, il ressemblait plus à un animal blessé et apeuré qu'à un impétueux sang-pur. À côté de Drago était assis Fred et Georges, suivi de Ron puis d'Harry, autant dire que ce côté-là de la table était on ne peut plus silencieux.
- " Bien. Severus ? Avez-vous des nouvelles concernant l'affaire Malefoy ... senior ? "
Toutes les têtes se tournèrent vers Severus dans l'attente d'une réponse, sauf Ron, dont les yeux se posèrent sur Drago. Il était vraiment étrange de voir le jeune homme aussi vulnérable, lui qui avait toujours été le plus crétin et arrogant des sorciers qu'il n'ait jamais connu. Aujourd'hui il avait plutôt tendance à admirer son courage, il se battait depuis si longtemps contre son père et les principes même de sa famille, que c'était ... très Gryffondorien à vrai dire.
- " Ce que nous craignions, vient d'être confirmé. Lucius a bien l'intention de reformer une troupe de mangemorts et d'en prendre la tête. "
-" Mais dans quel but ferait-il cela ? "
- " Eh bien, Voldemort n'étant plus, il y a une place de grand mage noir à pourvoir, et tout le monde sait ce que Lucius compte faire pour gagner cette place. "
Tous les regards dans un même ensemble, se retrouvèrent alors poser sur Harry. Drago lui préféra contempler le bois usagé de la grande table familiale.
- " Pense-tu qu'il a une chance d'atteindre Harry, Severus ? "
- " Je ne sais pas Arthur. "
- " Drago ? "
Ledit Drago releva alors la tête pour regarder Molly. Il n'avait pas vraiment envie d'entendre parler de son père, pas qu'il ne veuille pas entendre des critiques à son sujet mais se rappeler le souvenir d'années de mauvais traitements et d'abus n'avait rien de très plaisant.
- " Mon père est un homme faible et stupide, mais aussi fou à lier, et il sait comment s'y prendre pour obtenir ce qu'il veut. "
À la surprise générale, la voix du blond s'étrangla sur la fin. Severus, surprenant une nouvelle fois tout le monde, passa une main blafarde dans les cheveux brillants de son filleul, pour venir ensuite caresser sa joue une seconde en lui souriant tendrement, sourire que Drago lui rendit un peu plus triste.
Mais le choc n'eut pas le temps d'atteindre leurs cerveaux qu'une puissante vague de magie se déversa dans la pièce, émettant un champ de force qui paraissait vouloir les repousser. Hermione, qui n'avait encore rien dit depuis le début de la réunion, fut la première à identifier la source de cette puissance magique.
- " Ron ? Qu'est ce qui se passe avec ta magie ? "
Mais Ron ne pouvait pas répondre, il gardait les dents fermement serrés, les mains violemment agrippés à la table. La simple pensée qu'une personne pouvait en vouloir à la vie d'Harry, encore, lui était insupportable. Cela avait fait réagir sa magie, émettant inconsciemment un champ de force autour de lui et son jumeau.
- " Ron, Calme toi mon chéri, ta magie devient agressive. "
Harry ne savait pas quoi faire, il savait qu'il était la cause de l'état du roux mais ne savait pas comment y remédier. Il essayait de l'appeler, de lui parler par la pensée mais aucune réponse ne vint en retour. Fred et Georges comprenaient également. Nombreuses avaient été les fois où l'un avait dû calmer son jumeau alors que sa magie et son instinct de protection faisait des siennes.
- " Fais quelques chose Harry ! "
- " Je sais pas quoi faire Georges, je-je l'appel mais ... il ne répond pas. "
- " Tu sais quoi faire Harry, emmène-le là-haut. "
Harry se leva alors posant une main sur l'épaule de Ron, il ne pouvait rien faire de plus avec tous ces yeux rivés sur eux. Après encore quelques secondes à tenter de lui parler par télépathie, en vain, il décida de lui parler à voix haute, tant pis pour les autres. Il se mit à sa hauteur et lui caressa la joue.
- " Ron, Ron regarde-moi ! Je suis là regarde, personne ne me fera de mal. "
Toujours aucune réaction, l'effet de sa magie commençait vraiment à être dérangeant pour tout le monde, excepté Harry bien sûr. Arthur se leva de sa place et s'approcha d'Harry.
- " Laisse-moi faire Harry ... "
Fred, Georges et Harry hurlèrent un " Non " commun alors qu'Arthur posait sa main sur l'épaule d'Harry pour l'écarter gentiment du chemin mais c'était trop tard, Ron avait réagi avant. Le père de toutes les jeunes têtes rousses se retrouva plaqué contre le mur par la magie de Ron, sans douleur mais la surprise n'était pas des plus agréables.
- " Harry! Force-le à monter à l'étage, maintenant ! Ça va mal finir sinon, il devient incontrôlable."
À la commande de Fred, Harry passa un bras sous les aisselles du Roux et le força à se lever de sa chaise. Ron n'opposa aucune résistance, il ne voulait pas faire mal à Harry, ni à personne dans cette pièce d'ailleurs, mais sa magie réagissait indépendamment de sa volonté. Une main autour de sa taille et l'autre posé sur son dos pour le forcer à avancer, Harry conduisit Ron dans les escaliers sous le regard choqué de toutes les personnes dans la pièce. Une fois dans leur chambre, Harry lâcha son ami et referma la porte, alors que le roux poussait un cri de rage. Heureusement, cette pièce était protégée par un sort de silence depuis que Ron était en âge de savoir lancer ce sortilège. Ainsi qu'un sort de protection, comme toutes les pièces de la maison, sinon elle aurait probablement déjà été ravagée par l'explosion de magie. Harry s'avança vers le roux et prit son visage entre ses mains, ce qui sembla le calmer.
- " Calme toi Ronny, s'il te plais! Je vais bien tu vois? Je vais bien. Personne ne me fera de mal, je suis près de toi regarde. "
Comme pour confirmer ses dires, Harry se colla au corps du roux, déposant plusieurs baisers brûlants dans son cou. Ron ne réagit que quelques secondes plus tard, soulevant sans difficulté le corps d'Harry pour le plaquer violemment contre la porte. Il dévora littéralement ses lèvres, ne le laissant pas reprendre son souffle. Ses mains allèrent déchirer la chemise du brun dans l'empressement de leur propriétaire, pour passer ensuite ses doigts partout sur le torse et le dos d'Harry. Il avait envie de lui, plus que ça il en avait besoin. Il voulait être au plus près d'Harry, le sentir en vie, faire palpiter son cœur à en exploser.
Ce jour-là, ils firent l'amour pour la seconde fois, ne se doutant pas qu'il y en aurait de nombreuses autres par la suite, toujours dans les mêmes circonstances, toujours pour calmer la magie ou la colère de l'autre, toujours d'une extrême tendresse ou d'une extrême violence, selon le degré de détresse dans lequel ils étaient.
Nos deux Gryffys continuèrent leur petit train de vie, se remettant doucement de la dernière bataille, continuant de pleurer leurs morts, et surtout toujours aussi proches et dépendant l'un de l'autre. Des amis fusionnels au jour le jour et de nouveaux amants lorsque leur magie respective devenait trop instable. Après avoir longuement réfléchi à la situation, ils en avaient conclu que les rapports physiques étaient le seul moyen de stabiliser leurs magies. C'était probablement pour cela qu'ils n'avaient envie de rien de plus que de se prendre dans les bras quand leurs magies restaient sous contrôle.
Un matin, alors qu'ils se réveillaient l'un contre l'autre, on frappa à la porte. Ils savaient que ce n'était pas les jumeaux, ils seraient entrés sans attendre de réponses sinon. Ron se saisit donc de sa baguette et après un dernier regard à Harry, sépara leurs lits. Bien qu'ils arrivaient maintenant à tenir quelques minutes sans avoir l'autre dans son champs de vision, être séparer, même de quelques mètres étaient encore très douloureux. Fred et Georges leur avaient dit que cette sensation finirait par s'estomper, pas complètement mais assez pour pouvoir passer quelques heures séparées sans avoir l'impression d'agonir d'un vide immense et lancinant en pleine poitrine. Après un petit " Entrez " ensommeillé de la part de Ron qui avait ouvert la porte avec sa baguette, ce fut une tignasse brune qui passa le pas de la porte. Hermione s'arrêta à l'entrée de la chambre, jouant nerveusement avec ses mains.
- " Salut les garçons ! Ron ? J'aimerais te parler une seconde ... en privé. "
Ron n'était pas vraiment ravi que son amie veuille le séparer de son jumeau magique, mais après tout, elle ne pouvait pas savoir. Il se contenta donc de soupirer profondément pour se calmer avant de lui répondre.
- " Peu importe ce que tu as à dire, tu peux le dire devant lui. "
Il n'avait pas prévu d'être aussi sec dans le ton de sa voix, mais il faut croire qu'elle l'avait plus énervé que ce qu'il croyait. Harry se leva et se dirigea vers la porte sans un regard pour Ron, il pensait que ce serait moins difficile comme ça.
- " C'est bon Ron, je vais voir les jumeaux, je serais dans leur chambre. "
- " On survivra cinq minutes Ronny. "
- " Ne t'éloigne pas trop s'il te plais. "
Rajoutèrent-ils en pensée. Hermione attendit qu'Harry ait refermé la porte avant de venir s'asseoir sur le lit près de Ron. Quelques secondes passèrent, où Hermione triturait nerveusement ses mains, avant que celle-ci ne finisse par prendre la parole.
- " J'ai attendu Ron, j'ai été patiente. Je sais que ce n'est pas facile pour toi, ça n'est facile pour personne, nous avons tous perdu des êtres chers. Et je comprends que tu avais besoin de te couper du monde, enfin sauf d'Harry apparemment. C'est pour cela que je t'ai laissé du temps, mais maintenant j'ai besoin de savoir, je dois savoir ce que je peux attendre ... de nous ! "
De nous ? Ron ne s'attendait vraiment pas à ça. Il est vrai que tous les deux avaient été très proches, et il aimait Hermione, il l'aimait vraiment, mais les choses étaient totalement différentes maintenant. Auparavant, quand il envisageait son futur, c'était toujours avec elle, et des dizaines de petites têtes rousses ou brunes autour d'eux. Mais aujourd'hui il n'était plus capable de voir ce futur-là, il ne voyait personne à ses côtés. Personne sauf Harry évidemment, même si il n'avait aucune idée de ce que pourrait être leur future relation, ni même ce dont il avait envie à ce sujet. Mais il ne pouvait décemment pas dire ça à Hermione, ni lui parler de sa relation complexe avec Harry. Il ne pouvait pas lui mentir non plus cependant.
- " Écoute Hermi', les ... les choses ont changé, je-je n'ai plus rien à t'offrir. Je suis désolé si je t'ai blessé, je tien à toi, vraiment, mais si un avenir avait été possible entre nous, je pense que ce n'est plus le cas aujourd'hui. Je suis vraiment désolé. "
- " Ne t'excuse pas Ron, une guerre change beaucoup de choses, je ne peux pas t'en vouloir pour ça. Que comptes-tu faire maintenant ? Harry et toi ne pouvez décemment pas continuer à vous enfermer dans votre chagrin comme vous le faites. "
- " Ce n'est ... j'ai besoin de ça, j'ai besoin d'Harry ... "
Ron avait baissé la tête en disant cela, il n'était pas facile d'avouer une telle chose à sa meilleure amie. Mais au vu de l'expression d'Hermione, elle n'avait pas vraiment compris ce que Ron tentait de lui dire.
- " Je comprends Ron, j'aimerais moi aussi pouvoir m'isoler avec une personne qui a vécu ce que j'ai vécu, qui voit les choses du même point de vue que moi et qui me comprend mais ... "
Ron soupira, coupant la phrase de la brune. S'il ne pouvait pas lui dire exactement ce qu'il vivait avec Harry, il fallait tout de même qu'il lui explique. Elle était sa meilleure amie, il voulait qu'elle sache, qu'elle comprenne.
- " Non, tu ne comprends pas Hermione. Harry ... il ... il est mon jumeau magique Hermi', j'ai vraiment besoin de lui, d'une façon vitale. "
La jeune sorcière resta silencieuse un moment, les yeux fixés sur le visage du roux. Elle semblait juger de la véracité des paroles de Ron, elle baissa finalement la tête avec un léger soupir.
- " Oh ... j'ai toujours cru que le jumeau magique de Harry, de par leurs puissances était Jédusor. Après tout le destin est assez cruel pour faire ce genre de farce tordue. Quand Harry a détruit Voldemort, j'ai dû me résoudre à abandonner cette hypothèse. Mais je ne m'attendais pas à ce qu'il trouve son jumeau magique en son propre meilleur ami. "
Ron ne releva pas l'insinuation sur son manque de puissance magique comparé à Harry, non, une chose l'avait perturbé, et il en avait oublié le reste des paroles de la sorcière.
- " Pourquoi as-tu abandonné l'idée que Jédusor pouvait être le jumeau d'Harry ? "
- " Parce que ... tu-tu ne sais pas ? "
Ron hocha négativement la tête, il ne comprenait pas vraiment où son ami voulait en venir.
- " Ron, lorsqu'un sorcier qui possède un jumeau magique meurt, il emporte avec lui l'âme de son jumeau. Si la douleur due à la perte ne le tue pas, ce qui arrive lorsque les magies ne se sont pas encore trouvées, le jumeau survivant tombe dans un coma immortel. On dit que son esprit reste coincé entre deux mondes, entre son corps et son âme, obligeant son enveloppe charnelle à survivre. Son cœur bat et il respire, mais rien de plus ... et rien de moins, jamais. Mais si les jumeaux se sont reconnus et acceptés, alors ils meurent ensemble simplement. "
Ron ne prit pas vraiment cela comme une mauvaise nouvelle. La douleur d'une simple séparation de quelques minutes était, comme à cet instant, tout bonnement atroce, alors il n'osait même pas imaginer la torture qu'engendrerait la mort d'Harry. Autant que celle-ci entraîne la sienne au même moment. La perspective d'entraîner Harry dans sa propre mort n'avait rien de réjouissant cependant, mais il savait qu'Harry, tout comme lui, préférerait cette option plutôt que d'avoir à vivre sans son jumeau magique.
- " Je vois. J'ai apparemment beaucoup de choses à apprendre sur les jumeaux magiques. "
- " Oui. Tu devrais aller le rejoindre maintenant, il doit t'attendre ! "
Ron serra son amie dans ses bras, elle était la plus compréhensive des personnes qu'il connaisse. Pour rien au monde il ne voulait perdre son amitié, et par cette simple phrase, Hermione lui disait que ce n'était pas le cas, qu'elle comprenait et qu'elle les soutenait tous les deux, peu importe ses désirs. Pour cela Ron lui en était vraiment reconnaissant. Il déposa un baiser sur son front et lui murmura un merci avant de quitter la chambre. Il atteint en un temps record la chambre des jumeaux et entra sans frapper. Ses yeux se posèrent d'abord sur ses frères, Fred assit sur les genoux de Georges, sur le fauteuil devant le bureau, préparant sans doute un nouvel engin quelconque pour leur boutique. Ron n'avait pas vraiment l'habitude de voir ses frères aussi proches, mais cela lui paraissait tellement naturel qu'il se demandait comment le reste de sa famille pouvait être aveugle au point de croire à leur manège lorsqu'ils étaient en leur présence. Il ne s'attarda pas plus sur cette question et balaya la pièce du regard pour trouver Harry. Il l'aperçut sur le lit, les jambes repliées sur sa poitrine, la tête entre ses genoux, il n'avait même pas entendu la porte s'ouvrir. Il avait l'air d'attendre dans cette position depuis une éternité. Il releva finalement la tête en entendant la voix de Georges.
- " Il était tant que tu arrives petit frère ! "
Harry regarda d'abord les jumeaux puis suivit leurs regards que leurs sourires sincères remplissaient d'étoiles, jusqu'à la porte. Il sauta du lit et se retrouva dans les bras de Ron en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le douloureux poids qui écrasait son cœur s'envolant enfin. Il enroula ses jambes autour de la taille du roux et enfouit son nez au creux de son cou. Il ignorait qu'on pouvait manquer d'une chose à ce point, en être aussi dépendant. Ron passa un bras autour de sa taille, un sourire sur les lèvres, alors que son autre main allait s'enfouir dans les courts cheveux du brun. Il respira l'odeur de vent et d'océan si attractive dans les cheveux du brun.
-" Tu m'as manqué chaton ! "
- " Toi aussi Ronny ! "
Lui répondit Harry en pensée alors que son regard se posait sur le couloir sombre de l'autre côté de la porte. Il aperçut Hermione qui passait par là pour rejoindre le salon au rez-de-chaussée. Elle lui adressa un sourire sincère bien qu'un peu triste, et il comprit. Il comprit à ce moment-là qu'elle savait, elle savait tout. Mais ce qui fit perler une larme au coin de ces yeux fut de se rendre compte que, malgré tout, il ne la perdrait pas. Elle resterait près d'eux, elle resterait leur meilleure amie.
