Bonjour à tous et à toutes !

Voici venue la suite de JCQLMNR ! Un chapitre où il se passe à la fois beaucoup de choses et en même temps assez peu xD N'hésitez pas à me laisser votre avis !

La suite arrivera normalement lundi prochain et on va commencer à réellement rentrer dans le vif de l'histoire maintenant que toute la base est posée (eh oui je vous avais prévenu que ce serait long comme histoire xD)

Je vous souhaite une bonne lecture et également un très bonne année 2022 :D


7. La vie autour ne change pas

« J'ai remarqué que quand on est triste ou qu'il y a une mauvaise nouvelle, la vie autour ne change pas. Comme le jour où mamie est morte, j'étais dehors, et il y avait du vent, et quand on m'a dit que mamie était morte, il a quand même continué à y avoir du vent dans mes mollets. Quand on est triste, les objets ne sont pas tristes et ils font comme si de rien n'était, et ça, ça me rend encore plus triste. »

Rachel, Du Vent Dans Mes Mollets


La semaine suivante arriva finalement la cérémonie de commémoration pour les victimes de la guerre. Un moment pénible, particulièrement triste et pesant. Plus d'une fois, Hermione repensa à la soirée qu'elle avait passée avec Charlie, simplement pour ne pas se laisser entraîner dans les ténèbres qui semblaient l'entourer de toute part.

Plus d'une fois elle eut envie de crier le mal-être qu'elle ressentait, sans jamais être capable d'en donner explicitement les causes. Elle avait l'impression d'être retenue en arrière, perdue entre les souvenirs accablant de la guerre et les affreux cauchemars qui en résultaient et continuaient de la hanter chaque nuit.

Pourtant, autour d'elle le monde continuait de tourner. Les autres faisaient leur deuil, avançaient, se remettaient. Elle ignorait si tout n'était qu'apparence et s'il était possible qu'elle ne soit pas la seule à se sentir ainsi seule et perdue dans ce nouveau monde pour lequel ils s'étaient battus et où elle ne trouvait pour autant toujours pas sa place.

La cérémonie eut lieu à Poudlard, dans le parc du château et chaque victime fut ensuite enterrée dans les cimetières des villes où elles habitaient et selon leurs dernières volontés ou celles de leur famille. Cela fut plus qu'étrange, pour Hermione et tous les autres participants de la bataille, de revenir sur les lieux où tout s'était terminé.

Les traces de la guerre étaient encore bien présentes dans le décor, avec les murs encore en partie détruits et les ruines jouxtant le sol à divers endroits. Les pelouses étaient toujours brûlées des sortilèges qui s'étaient égarés lors des combats. La seule différence, finalement, était l'absence des corps qui avaient jonché le sol lors de la bataille finale.

Ce jour-là, un sortilège avait été déployé au-dessus du parc afin de retenir la pluie de tomber sur les participants à la cérémonie. Hermione en fut soulagée lorsqu'elle arriva en fin de matinée, un peu avant l'heure prévue de commencement. Elle ne tarda pas à retrouver les Weasley et Harry, ainsi que la mère de Nymphadora Tonks qui était venue accompagnée du petit Teddy dont elle avait récupéré la garde à la suite du décès de ses parents.

Harry avait été désigné comme le parrain de l'enfant, ce pour quoi il avait bataillé pendant un temps avec Remus en lui indiquant qu'il n'était même pas sûr de survivre à tout ça. Jamais il n'avait pensé qu'il vivrait mais pas le père de l'enfant, ni sa mère. Il se retrouvait énormément dans cet enfant à présent orphelin et il espérait de tout son cœur que Teddy aurait une meilleure vie que ce qu'il avait lui-même pu avoir.

Harry était ainsi en pleine discussion avec Andromeda Tonks lorsque Hermione arriva. Elle les interrompit pour présenter ses condoléances à la mère de famille et se vit remettre le petit Teddy dans ses bras sans qu'elle ne puisse rien faire pour l'esquiver. Non qu'elle n'aimât pas les enfants mais c'était la première fois qu'elle se retrouvait ainsi avec un bébé dans les bras et elle avait peur de le casser, même si elle ne l'aurait avoué à personne tant cela sonnait ridicule à ses propres oreilles.

Heureusement pour elle, elle fut rapidement sauvée par Mrs Weasley qui lui prit des bras Teddy, dont les cheveux changeaient régulièrement de couleur, et la salua chaleureusement à son tour. Hermione en profita pour la remercier pour les plats que la mère de famille lui avait concoctés avant d'aller saluer le reste de la tribu Weasley.

Ses retrouvailles avec Charlie ne furent pas aussi gênantes que ce qu'elle avait pu imaginer au cours de la nuit passée. Ils s'étaient simplement enlacés, à peine plus longtemps que les autres, comme si rien ne s'était passé. C'était certainement la meilleure réaction qu'ils auraient pu avoir et, de toute façon, le poids de l'enterrement aurait empêché tout autre comportement.

En revanche, lorsque Hermione s'approcha de là où se tenaient Ron et Ginny, le rouquin s'éloigna sans un mot ni un regard. La brune sentit son cœur se serrer face à sa réaction, même si elle pouvait aisément le comprendre. Elle n'imaginait même pas ce qu'il se passerait si Ron venait à apprendre ce qu'elle avait partagé avec Charlie. Elle espérait de tout son cœur que cela n'arriverait jamais, car elle souhaitait toujours parvenir à arranger les choses avec son ami.

Le plus difficile pour Hermione fut de saluer Georges. Il n'était pas triste, il était dévasté, vide. C'était comme si une part de lui était morte avec son frère jumeau, ce qu'il devait vraisemblablement ressentir. Ron restait d'ailleurs à ses côtés quasiment en continu, pour le soutenir, et Hermione ne s'attarda pas près d'eux, pour ne pas s'imposer et parce que, honteusement, le poids qui pesait sur les épaules de Georges lui semblait bien trop lourd à porter pour qu'elle n'en prenne rien qu'une infime partie.

La cérémonie d'hommage fut longue et triste, à l'image de la météo pluvieuse. Les noms des victimes furent énoncés les uns à la suite des autres, lentement, et les pleurs des familles endeuillées suivaient généralement chaque nom. Les noms des mangemorts ou des personnes dont l'allégeance était discutée, tel Snape, furent toutefois passés sous silence. La liste était tout de même beaucoup plus imposante que ce que Hermione avait imaginé mais il était vrai qu'elle avait évité de s'attarder dans la grande salle après la bataille, où les corps avaient été entreposés.

Après ça, vint le moment de remercier celles et ceux qui s'étaient battus durant la guerre et lors de la Dernière Bataille. Des Ordres de Merlin furent distribués aux membres de l'Ordre du Phenix, ainsi qu'à quelques membres de l'Armée de Dumbledore, alias l'Association de Défense que Ron, Harry et Hermione avaient créée en cinquième année. Bien évidemment, le trio bénéficia également d'un Ordre de Merlin première classe.

Sur l'estrade, Hermione accepta rapidement la médaille avant de retourner à sa place en vitesse. Elle n'était pas du tout à l'aise d'être ainsi mise en avant, d'autant plus en ce jour de recueil pour ceux qui n'avaient pas survécus. Elle ne s'était de toute manière jamais battue pour espérer recevoir une récompense. Elle n'avait fait que soutenir son meilleur ami et agir tel qu'il lui avait semblé juste de le faire.

La suite de la journée ne fut pas plus joyeuse. Hermione participa à l'enterrement de Remus et Tonks, puis à celui de Fred. Elle essaya d'être présente au mieux pour ses amis. Elle resta toutefois légèrement en retrait, avec Harry, laissant les Tonks et les Weasley se recueillir en famille, tout en partageant tout de même leur peine.

La perte de Remus et Tonks était terrible. Après toutes les épreuves par lesquelles ils étaient passés pour se mettre en couple et fonder leur famille, ils auraient mérité d'en profiter davantage. La mort de Fred ne semblait pas plus juste. C'était une étoile brillante, puissante, étincelante, qui s'était éteinte avec lui. Le monde perdait de belles personnes, pleines de couleurs et de joie de vivre contagieuse. Comme le disait l'adage, les meilleurs partaient toujours en premier.

Le soir venu, la brune partagea un repas au Terrier avec la famille Weasley, Andromeda, Teddy et Harry. Malgré la douleur qui avait marqué cet instant, il avait été plus qu'évident que chacun était grandement soulagé que tout ça soit finalement derrière eux.

La brune ne rentra au 12 Grimmauld Place qu'à l'aube, après avoir observé avec une mélancolie certaine le lever du soleil. Le ciel zébré de rose avait rallumé l'espoir dans son cœur, mieux que ce qu'aucune parole n'aurait pu. Là, devant ce spectacle de la nature, elle put croire de nouveau en l'avenir. Elle put croire qu'elle parviendrait à trouver des solutions aux différents problèmes qui régissaient sa vie et qu'elle finirait par surmonter tout ça, à un moment ou à un autre.

Le lendemain de la cérémonie, les procès des mangemorts présumés ou avérés avaient commencés. Harry participait à chacun d'eux, comme spectateur ou témoin, pour ceux qu'il reconnaissait et avait croisé sur les champs de bataille. Tous les soirs de la semaine, il passa à Grimmauld Place pour faire un résumé des événements à Hermione. La brune soupçonnait que c'était aussi un moyen pour son ami de décompresser un peu avant de retrouver les Weasley au Terrier où l'humeur générale restait triste.

De son côté, Hermione occupait ses journées en commençant à retaper le 12 Grimmauld Place. Elle effectuait également de nombreuses recherches dans la bibliothèque bien fournie des Black. Elle avait ainsi trié et amassé plusieurs piles de livres sur l'une des tables qui trônaient dans la pièce, selon le rôle qu'ils pourraient avoir dans ses différents projets. Nombreux sont ceux qui auraient trouvé qu'elle avait simplement mis un bazar inimaginable mais contrairement aux apparences, tout était très bien organisé.

Ce soir-là, Hermione était comme à son habitude assise dans la bibliothèque, son journal posé à ses côtés, dans lequel elle notait les éléments les plus importants qu'elle parvenait à découvrir au fil de ses lectures. Étrangement, et pour une raison qu'elle ne cherchait pas à s'expliquer, la pile de livres qui lui permettrait éventuellement de trouver une explication au retour à la vie de son ancien professeur était celle sur laquelle elle avait le plus avancé.

Sans doute était-ce simplement parce que cela la concernait moins et qu'elle prenait ainsi moins de risque d'être déçue, voire désespérée, si jamais elle ne trouvait rien de tangible. Et il fallait avouer que c'était suffisamment intrigant pour lui donner envie de chercher.

– Hermione ? Pourquoi est-ce que tu fais encore des recherches sur les horcruxes ?

La voix perplexe de Harry, juste dans son dos, fit sursauter la jeune femme qui ne l'avait pas entendu arriver. Ayant la désagréable impression d'être prise en faute, Hermione referma rapidement le livre sur lequel elle travaillait et son journal avant de se tourner vers son ami en essayant de calmer les battements de son cœur.

– Une simple curiosité intellectuelle, prétendit-elle avec un sourire. Je suis tombée dessus un peu par hasard en cherchant comment rendre leurs souvenirs à mes parents.

En réalité, elle avait envisagé la création d'horcruxe comme raison possible de l'état actuel de Snape. Même si ça ne collait pas vraiment elle avait voulu vérifier avant d'écarter l'idée. Mais l'homme aurait été au courant s'il en avait créé un et tout un processus était nécessaire pour permettre le retour à la vie à partir de l'horcruxe. Or, à sa connaissance, rien n'avait été fait. La brune était donc sur le point de rayer cette possibilité de sa courte liste quand son ami était arrivé.

Elle ne savait pas pourquoi elle s'obstinait à mentir à Harry. Mais même si Snape avait hanté ses pensées depuis une semaine, l'empêchant parfois même de dormir, elle n'avait eu aucun signe de vie de lui depuis la dernière fois. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander si tout cela avait bel et bien été réel. Alors, ne voulant pas paraître ridicule ou folle, elle n'avait toujours rien dévoilé à son ami.

– Comment s'est passée ta journée ? essaya-t-elle de détourner la conversation.

Harry la regarda pendant une seconde avant de hausser les épaules, signe qu'il passait à autre chose. C'était l'avantage de jouir d'une réputation de rat de bibliothèque. Elle aurait pu lire le plus noir des livres de magie noire que personne ne se serait réellement inquiété. Et ce genre de livres était monnaie courante dans la bibliothèque des Black, malgré tous les efforts qu'avait faits Molly Weasley pour s'en débarrasser pendant quelques étés.

– Deux mangemorts de plus ont été jugés et enfermés. Je ne les connaissais pas sur ce coup-ci. Je pense qu'après le procès compliqué des Malfoy hier, ils ont préféré faire retomber la pression en jugeant des mangemorts de seconde zone aujourd'hui.

Hermione acquiesça simplement d'un hochement de tête. Il était vrai que le Magenmagot avait tout intérêt à calmer un peu le jeu après le procès des Malfoy qui s'était révélé plein de surprises. Harry avait témoigné en faveur de Draco et de Narcissa, pour l'aide qu'ils leurs avait apportée lors de la dernière bataille et également au Manoir Malfoy durant la chasse aux horcruxes. Le brun avait parfaitement conscience qu'ils devaient une partie de leur survie à la mère de famille et son fils, parce qu'ils ne les avaient pas dénoncés, et il avait fait tout son possible pour le faire comprendre aux membres du Magenmagot.

Cela avait résulté en la libération des deux membres de la famille Malfoy. Aucun d'eux n'avait de toute façon joué un rôle déterminant pour l'autre camp. Ils n'avaient été que des pions qui n'avaient pas réellement eu de choix.

Mais pour Lucius Malfoy, les choses étaient différentes et quand son tour fut venu d'être jugé, cette fois-ci, Harry n'avait eu aucun argument à apporter sur la table, ni pour le libérer, ni pour l'enfermer. En réalité, ils n'avaient que très peu eu affaire à Lucius Malfoy durant la guerre. Il n'était pas homme à se salir les mains et finalement, personne n'avait réellement de preuves à son encontre. Il était ainsi accusé de corruption et de soutien financier envers un groupuscule terroriste mais, comparé à d'autres, il était au final plutôt inoffensif.

Sa plaidoirie affirmant qu'il avait même fourni quelques informations à Snape, lorsqu'il avait découvert son rôle d'espion double, servit finalement à le blanchir, recoupant avec les informations que Narcissa Malfoy avait données lors de son propre procès. Cette fois-ci, loin de prétendre être retourné auprès de Voldemort sous imperium, tel qu'il l'avait fait lors de la première guerre, Lucius avait argué haut et fort y être retourné de son plein gré, mais pour sauver sa famille et aider l'autre camp.

Les Malfoy s'en étaient donc sortis avec une simple amende, colossale, mais qui, étant donné leur richesse, ne devait pas représenter une somme si importante pour eux. Et bien sûr, le verdict avait fait grincer des dents nombres personnes. L'équilibre post-guerre était encore fragile et c'était le genre de décision qui risquait de faire basculer la paix si aucune précaution n'était prise. Ce qui expliquait en soi les procès plus calmes de la journée et les décisions que Harry ne tarda pas à exposer à Hermione. Le Ministère voulait montrer qu'il ne laissait rien au hasard et qu'il avançait dans la bonne direction.

– Le Magenmagot et le département de la justice ont décidé de mettre en poste des gardes supplémentaires à Azkaban, humains, en plus des détraqueurs, continua Harry. J'espère que ça permettra de canaliser un peu plus les détraqueurs.

– Ce n'est pas plus mal, ça permettra sans doute d'éviter de nouvelles évasions.

Harry approuva d'un hochement de tête avant que Hermione n'enchaîne.

– Quoi d'autre ?

– Shacklebolt m'a encore proposé de rejoindre l'école des aurors dès septembre, sans nécessité de passer mes ASPICS.

– Tu ne lui as toujours pas donné ta réponse ?

C'était la troisième fois en une semaine que le Ministre par intérim, ancien membre de l'Ordre du Phoenix, revenait à la charge auprès de Harry. Le jeune homme hésitait toutefois, plus réellement certain d'avoir envie de se lancer dans ce choix de carrière après tout ce qu'il avait vécu.

– J'hésite encore, soupira Harry en passant une main lasse dans ses cheveux. Je vais essayer d'en parler avec Ginny ce soir pour avoir son avis à propos de tout ça.

Hermione se contenta d'un petit sourire compatissant, comprenant parfaitement les difficultés de son ami à prendre sa décision. Elle-même n'avait pas avancé de toute la semaine sur son choix parmi ses différentes options pour son avenir. Étrangement, aucune ne lui semblait totalement satisfaisante et cela la retenait dans sa décision sans qu'elle ne puisse s'en empêcher.

– Oh, aussi, le procès de Snape devait avoir lieu demain.

Hermione ne put se retenir de sursauter légèrement à l'évocation du nom de son ancien professeur. Elle ne s'était clairement pas attendue à ça. Elle essaya toutefois de garder une expression aussi neutre que possible pour ne pas alerter son ami.

– Devait ? releva-t-elle.

– Son corps a disparu… Shacklebolt m'a fait un rapport rapide comme je voulais intervenir en sa faveur. Ils soupçonnent un coup de mangemorts qui voudraient le récupérer ou se venger… ou mêmes des gens de notre camp qui auraient cherché revanche… Il s'est fait pas mal d'ennemis de son vivant. Ils ne savent pas trop mais du coup, la date du jugement a été décalée, le temps d'élucider ce mystère.

– Je vois…

Au moins, la nouvelle renforçait la possibilité que l'homme soit véritablement en vie et que leur rencontre n'ait pas été qu'une simple invention de son esprit. A moins que l'hypothèse du polynectar soit vraie mais, à la connaissance de la brune, il fallait que la personne soit toujours en vie pour que les effets de la potion fonctionnent. Hermione se nota mentalement de vérifier si le fait que la personne ne soit morte que depuis peu pouvait éventuellement faire fonctionner la potion, sans réellement y croire.

Quel aurait été l'intérêt de la personne sous polynectar de venir lui jouer un tel tour dans l'Allée des Embrumes ? Ça n'avait aucun sens. Et puis, à présent, une semaine après la mort de l'homme, de toute façon, la potion ne fonctionnerait plus à coup sûr.

La conscience de la brune lui hurlait de tout dévoiler dès à présent à son ami, pour éviter bien des ennuis à bien des personnes qui allaient perdre leur temps à chercher le corps de l'homme mais, encore une fois, elle se retint sans savoir tout à fait pourquoi. Snape avait-il pu lui jeter un sort pour qu'elle ne puisse rien dévoiler ? Et si ce n'était pas le cas, pourquoi diable ressentait-elle ce besoin de se taire ?

Elle était intriguée et elle n'avait pas envie que quelqu'un d'autre s'en mêle mais ça n'expliquait pas tout. Au fond, l'entrevue qu'ils avaient eue dans l'Allée des Embrumes l'avait réellement troublée. Pas uniquement parce que Snape était en vie mais surtout à cause de ce qu'elle avait ressenti face à ce fait. A cause de ce qu'elle avait ressenti lorsque le corps de l'homme s'était pressé contre le sien, malgré les menaces qu'il lui lançait.

Elle n'était pas prête à devoir expliquer tout ça à quelqu'un d'autre. Elle n'arrivait même pas vraiment à comprendre elle-même ses émotions. Elle n'était même pas sûre de ne pas avoir simplement extrapolé ses sentiments à force de réfléchir à tout ça depuis une semaine.

Alors elle pouvait bien prendre quelques jours de répit, non ? Et si d'ici là, elle revoyait l'homme, ça confirmerait le fait qu'il était bel et bien en vie et elle pourrait dévoiler la vérité à ses amis, sans avoir à s'attarder sur ce qu'elle en pensait et sans risquer de passer pour une folle.

– De toute façon, continua Harry sans remarquer le trouble qui avait saisi son amie, son procès risque d'être compliqué, même avec les souvenirs qu'il m'a donnés…

– En même temps, tout a toujours été compliqué avec lui, rigola Hermione. Snape et simple sont presque antinomiques !

Harry rigola à son tour avant de changer de sujet, au plus grand soulagement de Hermione. Elle n'aimait pas lui mentir, même par omission. Ils étaient très proches, trop, et ça lui donnait presque l'impression de le trahir, ce qui lui fendait le cœur.

– Au fait, j'ai déposé quelques nouveaux plats au frigo, de la part de Molly.

– Merci, c'est très gentil.

La remarque de Harry rappela à Hermione qu'elle n'était pas sortie de la semaine, hormis le jour de la cérémonie de commémoration, ce qui, en soit, pouvait aussi expliquer le fait qu'elle n'ait pas recroisé Snape. Elle s'était plongée dans ses recherches et les travaux qu'elle avait entamés, à tel point que le temps était passé sans qu'elle ne le réalise vraiment. Heureusement que Harry était passé tous les soirs pour lui faire garder une certaine notion du temps qui passait. Et peut-être était-ce là, la vraie raison de ses visites.

Hermione profita de la présence de son ami pour lui montrer les derniers aménagements qu'elle avait faits dans la journée. Elle n'avançait pas très vite mais il fallait dire que la maison était immense et la brune n'était, de toute façon, pas experte dans la rénovation immobilière.

Chemin faisant, Hermione prit des nouvelles des Weasley. Elle n'arrêtait pas de penser à Ron et à Charlie et tout cela éveillait en elle une montagne d'émotions contradictoires qu'elle ne savait pas comment gérer. Harry lui apprit qu'un grand repas était prévu en fin de semaine afin de réunir toute la famille avant, notamment, le départ de Charlie pour la Roumanie.

Hermione y était bien évidemment conviée et la brune assura donc son ami de sa présence, même si elle ne pouvait s'empêcher d'appréhender ce qu'il se passerait. Ron lui en voulait-il toujours autant ? Elle espérait surtout que Charlie n'avait pas fait de gaffe vis-à-vis de la soirée qu'ils avaient passée ensemble. La dernière chose qu'elle voulait, c'était de blesser encore plus son ami. Même si elle ne pouvait nier que cette soirée lui avait fait le plus grand bien, elle espérait sincèrement que tout cela continuerait de rester sans conséquences.

Harry ne s'attarda pas après cela, pressé de retrouver Ginny. Le fait d'avoir survécu avait changé Harry. Il était à présent plus serein en ses capacités, mais aussi plus mature, assagi. Et surtout, au plus grand plaisir de la rousse, il s'autorisait enfin à envisager un futur.

Une fois seule, Hermione alla rapidement mettre de l'ordre dans la bibliothèque, rangeant les livres qu'elle avait consulté ce jour sur ses différentes piles. Elle fila ensuite prendre une douche avant d'enfiler rapidement un tee-shirt un peu lâche et un short en toile sur une petite culotte en dentelle. Elle hésita un instant à mettre un soutien-gorge avant de renoncer. Personne n'avait prévu de passer et, en toute honnêteté, elle était quand même beaucoup plus à l'aise sans.

Elle redescendit ensuite dans la cuisine où elle attrapa la dernière part de lasagnes qu'elle réchauffa d'un sort avec une pointe de regret. Elle avait fait durer le plat le plus longtemps possible, pour en profiter sur la longueur, tant celui-ci était délicieux. Le plat avait aussi eu un effet bénéfique en ce qu'il lui avait à chaque fois permis de se remémorer la fameuse soirée qu'elle avait passé avec Charlie.

Alors qu'elle enfournait la dernière bouchée dans sa bouche, un bruit dans le jardin de derrière attira son attention. La brune se retourna brusquement vers la porte-fenêtre et sonda l'obscurité extérieure en vain. Rien ne bougeait dehors.

Elle était pourtant certaine d'avoir entendu quelque chose. Après quelques secondes de silence, elle finit toutefois par mettre cela sur le vent qui avait dû faire tomber un quelconque objet ou déplacer les branches d'un arbre contre quelque chose. Malgré tout, elle n'arrivait pas à s'en convaincre totalement et son cœur ne parvenait pas à reprendre un rythme normal.

La guerre l'avait rendue paranoïaque. Elle se rassura toutefois en se souvenant des nombreux sortilèges de protection qu'elle avait placés avec les frères Weasley. Si quelqu'un se trouvait dans le jardin, elle aurait été prévenue. Ce n'était sans doute qu'un chat errant.

Automatiquement, la brune pensa à Pattenrond qu'elle avait envoyé en Australie avec ses parents, pour le protéger également. Elle avait aussi espéré que son chat prendrait soin de sa famille à sa place. Mais il lui manquait terriblement, presque au même titre que ses parents.

Grâce aux noms d'emprunts qu'elle avait implanté dans les souvenirs modifiés de ses parents, Hermione avait d'ores-et-déjà réussi à réduire le nombre d'endroits possibles où ils avaient pu s'installer en Australie. De ce qu'elle avait trouvé, il n'y avait que trois couples de Wendell et Monica Wilkins dans le pays, ce qui était déjà une bonne nouvelle. Ne lui restait plus, à présent, qu'à trouver comment leur rendre leurs souvenirs, ce qui était le plus ardu.

Ce fut d'une humeur plus maussade que Hermione débarrassa la table et fit sa vaisselle. Son regard se perdit sur la bouteille de firewhisky posée sur un coin du plan de travail et elle s'en servit un verre en haussant les épaules. Penser à ses parents la rendait suffisamment triste et angoissée pour que boire un verre lui semble être une bonne façon de se changer les idées.

La première gorgée avait à peine passé la barrière de ses lèvres qu'elle entendit un nouveau bruit en provenance du jardin. Reposant immédiatement son verre, Hermione fit glisser sa baguette dans sa main, les sens aux aguets. Cette fois-ci, elle était certaine de ne pas l'avoir imaginé. Il y avait bel et bien quelque chose dehors.

Prudemment, Hermione s'approcha de la porte-fenêtre et l'ouvrit avant d'avancer un peu dans l'obscurité extérieure. Le jardin n'était pas très grand mais le fond était suffisamment éloigné de la maison pour que les lumières intérieures ne l'atteignent pas. La brune scrutait donc les ténèbres, analysant chaque ombre pour essayer de détecter ce qui avait pu attirer son attention.

Un bruit sur le côté gauche la fit avancer dans cette direction après avoir lancé un rapide lumos. Baguette en avant, Hermione s'approcha à pas de loup de l'empilement de caisses d'où était provenu le son. Au moins, se rassura-t-elle, il n'y avait pas assez de place pour qu'un humain se cache par là.

L'une des caisses bougea alors que Hermione n'en était plus qu'à quelques pas et la brune s'arrêta, surprise. Un petit chaton venait d'apparaître devant ses yeux. Il était gringalet et ne devait pas avoir plus de quatre mois. Ses poils noirs étaient emmêlés et poussiéreux. L'une de ses oreilles était complètement blanche, ressortant dans l'obscurité de la nuit.

L'animal fixa la jeune fille de ses petits yeux jaunâtres, apparemment étonné de la trouver là. Hermione fit un pas supplémentaire dans sa direction avant de s'arrêter devant la tentative de fuite simultanée du chaton qui recula parmi les caisses pour se couvrir.

Reculant à son tour, Hermione retourna dans la cuisine avec la ferme intention de faire sortir l'animal de sa cachette. Ce chaton était beaucoup trop mignon pour vivre ainsi, seul, dans le jardin, et elle manquait cruellement de compagnie. Elle attrapa donc le plat de poulet rôti que Molly avait cuisiné et en coupa une partie en tous petits morceaux qu'elle fit glisser dans un petit bol.

Elle se doutait qu'il allait lui falloir une bonne partie de la nuit pour parvenir à apprivoiser l'animal mais elle était déterminée à y arriver. Elle ressortit donc avec sa gamelle de poulet, accompagnée d'un bol d'eau, et retourna devant les caisses. Elle y déposa les récipients avant de s'écarter un peu, tout en restant tout de même à portée de bras. Elle s'assit à même le sol et posa sa baguette à ses côtés, les yeux rivés sur l'empilement de caisses.

Au bout d'une dizaine de minutes, Hermione commença tout de même à s'ennuyer. Le chaton n'avait pas voulu remontrer le bout de son museau pour le moment et l'air frais de la soirée commençait à se faire ressentir, entachant quelque peu sa détermination. Tendant la main, Hermione attrapa quelques morceaux de poulet qu'elle lança dans la cachette afin d'appâter l'animal.

Il fallut quelques minutes supplémentaires avant que Hermione ne puisse l'apercevoir approcher doucement des morceaux de viande pour les renifler. Un petit coup de patte permit au chaton de tirer l'un des morceaux vers lui, avant que les bruits de mastication ne parviennent aux oreilles de la brune.

Dès qu'il eut fini son morceau, le chaton s'attaqua au suivant, et ainsi de suite, jusqu'à avoir dévoré tous ceux que Hermione avait lancés. La jeune fille put clairement voir le regard prudent que l'animal posa sur elle puis sur le bol contenant le reste du poulet, analysant certainement si le jeu en valait la chandelle. Hermione osait à peine bouger ou respirer, de peur de l'effrayer. Il sembla toutefois finir par décider que la nourriture était un gain suffisant pour oser s'approcher de la brune et elle put ainsi l'observer se ruer sur la gamelle sans plus aucune retenue.

Il lui fallut moins de cinq minutes pour finir la viande. Hermione ne savait pas depuis combien de temps l'animal n'avait pas eu l'occasion de manger mais son corps frêle lui laisser supposer le pire. Elle l'observa boire quelques lampées d'eau avant qu'il ne pose de nouveau son attention sur elle, comme s'il venait juste de se souvenir de sa présence.

Avec un sourire attendri, Hermione le regarda passer sa petite langue sur ses babines et il dut finalement juger qu'elle ne lui voulait pas de mal car il s'allongea non loin de sa position. La brune finit par oser tendre la main vers l'animal, délicatement, et s'arrêta à quelques millimètres de son museau, le laissant humer son odeur et décider de la suite.

Elle ne put réprimer un grand sourire lorsque le chaton se leva finalement pour venir se frotter contre sa main. D'un petit coup de langue âpre, il léchouilla le bout de ses doigts qui devaient sentir le poulet. Hermione en profita pour le câliner avec tendresse. Il était vraiment terriblement mignon et à croquer et elle espérait pouvoir le remplumer rapidement.

Elle finit par le prendre dans ses bras avec l'intention de le ramener à l'intérieur où il pourrait passer la nuit au chaud et à l'abri, tout en se relevant pour rentrer. Pour son plus grand plaisir, le chaton se laissa faire et se blottit même dans ses bras, fourrant son museau dans le coude de la brune.

La soirée aurait pu être parfaite et se terminer sur cette note positive mais, bien évidemment, les choses ne se passaient jamais tel que Hermione pouvait l'espérer…