Bonjour !
Voici la suite de JCQLMNR, avec un peu de retard par rapport à ce que je vous avait annoncé... J'espère que ce chapitre vous plaira ! On y retrouve enfin notre cher Severus ;)
Bonne lecture et à bientôt ! :D
8. Décider qui mérite notre aide
« Comment décider qui mérite notre aide ? Qu'ils en aient besoin devrait suffire. »
Terry Goodking, Legend of the seeker
A peine Hermione se retourna-t-elle pour rentrer à l'intérieur du 12 Grimmauld Place qu'un hurlement s'échappa de sa gorge tandis qu'elle sursautait de surprise. N'appréciant pas son brusque changement d'humeur et son cri, le chaton sursauta à son tour et prit la fuite, griffant au passage chaque morceau de peau qui n'était pas recouvert de vêtement. Ses griffes s'emmêlèrent dans les cheveux de la brune, la décoiffant dans le même temps, tandis qu'il sautait de sa tête sur l'arbre à proximité, laissant Hermione seule, face à la silhouette amère de Severus Snape.
– Qu'est-ce que vous foutez-là ? ne put-elle s'empêcher de crier, encore sous le coup des émotions fortes qui venaient de la traverser.
L'homme se contenta de la regarder avec son éternel air impénétrable et son caractéristique sourcil relevé. Pourtant, elle perçut nettement les coins de la bouche de Snape frémir tandis qu'il dévisageait les bras, le visage et les cheveux de la brune.
Était-il réellement en train de se retenir de se moquer ouvertement d'elle ? Hermione en était persuadée, malgré l'identité de l'homme.
Il fallait dire que le chaton l'avait laissée dans un sale état. Ses bras étaient pleins de griffures sanguinolentes, quelques entailles piquaient également ses joues et son nez, et ses cheveux ressemblaient à présent à un nid d'oiseau. Pourquoi fallait-il que sa coiffure en prenne toujours un coup lorsqu'elle se trouvait en présence de cet homme ? A croire qu'il s'amusait particulièrement de la voir ne ressembler à rien, ce qui était sans doute le cas.
Les pensées de la brune la menèrent au chaton et elle regarda autour d'elle afin d'essayer de distinguer où il avait bien pu disparaître, oubliant momentanément sa colère dirigée contre Snape. Après tous les efforts qu'elle avait faits !
Un petit miaulement lui fit lever la tête et elle trouva l'animal sur une des branches de l'un des rares arbres plantés dans le jardin. Il avait l'air bloqué là-haut, terrorisé et incapable de descendre par lui-même. C'était bien sa vaine !
Décidant qu'elle ne pouvait pas l'abandonner là-haut, Hermione prit sur elle et elle s'approcha du tronc pour aller récupérer l'animal. Par chance, il n'était pas monté trop haut et elle n'aurait pas à escalader l'ensemble de l'arbre pour le rattraper.
Prenant ainsi appui de son pied sur une grosse pierre qui gisait au pied du tronc, Hermione sauta pour agripper la première branche sur laquelle elle se hissa avec plus ou moins de grâce. Bon, soyons honnêtes, elle ressemblait certainement plus à un sac à patates qu'à une acrobate olympique mais elle y arriva et c'était le principal.
Trois branches plus haut, elle devait bien avouer qu'elle n'avait qu'une vague idée de la façon dont elle allait s'y prendre pour atteindre le bout de la branche sur laquelle s'était niché le chaton. Elle essaya donc vaguement de l'appeler pour le faire venir à elle mais il ne semblait pas l'écouter, son regard vissé sur le sol qui devait lui sembler bien loin.
– Allez, viens par ici, petit chaton, je vais te faire redescendre, approche, n'aies pas peur.
Hermione essayait du mieux possible de garder une voix tendre et douce malgré l'exaspération qui la gagnait de plus de plus. Ce ne fut rien comparé à ce qu'elle ressentit quelques secondes plus tard, alors que la présence de Snape se rappela à sa mémoire.
– Wingardium Leviosa.
L'homme avait levé sa baguette et visé le chat qui s'envola avant d'atterrir dans les bras du maître des potions. L'effronté animal eut même le culot de se blottir dans ses bras pour le remercier, après tout le mal qu'elle s'était donné. Elle l'entendait presque ronronner de là où elle se trouvait.
Elle lança un regard noir à l'homme qui se contenta de la regarder avec un sourire ironique aux lèvres.
– Avez-vous également besoin d'aide pour redescendre ? J'ai l'impression que vous vous sentez plus chaton que sorcière aujourd'hui.
Hermione ne put se retenir de lâcher une petite insulte que, à son plus grand soulagement, Snape n'entendit pas ou ne releva pas. Elle le fusilla du regard avant de reporter son attention sur l'arbre. Prenant une grande inspiration, elle se laissa glisser jusqu'à la branche inférieure, espérant que tout se passerait bien. Elle s'était déjà suffisamment ridiculisée pour la soirée.
Elle comprenait toutefois le chaton : la montée était bien plus aisée que la descente. Heureusement, elle avait pendant son enfance pris un certain plaisir à observer le monde du point de vue le plus haut possible et avait déjà grimpé et donc descendu un certain nombre d'arbres dans sa vie. Ce qui lui permit d'atterrir avec plus ou moins de grâce, mais debout et en un seul morceau, quelques secondes plus tard.
Elle retourna alors auprès de l'homme et tendit les bras d'autorité pour qu'il lui rende son nouvel animal de compagnie. C'était elle qui l'avait trouvé et nourri après tout. Snape sembla avoir un instant d'hésitation et elle perçut clairement le regard qu'il posa sur l'animal niché dans le creux de ses bras, sans pour autant être en mesure de l'interpréter.
Il le lui tendit toutefois par la peau du cou dans la seconde qui suivit et Hermione l'attrapa avant de tourner les talons et rentrer à l'intérieur de la maison. Il fallait qu'elle désinfecte les plaies et se recoiffe. Et elle était tout sauf prête pour une altercation avec son ancien professeur.
Comme elle s'y attendait toutefois, l'homme la suivit à l'intérieur sans même lui demander son avis. Hermione ne prit pas la peine de protester, sachant qu'il ne la lâcherait de toute façon pas tant qu'il ne l'aurait pas décidé. Il valait mieux choisir ses batailles avec cet homme, au risque d'y laisser toute son énergie.
Elle était pour autant bien décidée pour sa part à lui prouver qu'elle n'était pas à sa disposition. Elle le laissa donc poireauter dans la cuisine tandis qu'elle allait installer le chaton dans le salon sur un fauteuil.
Elle se rendit ensuite dans la salle de bain pour s'occuper des griffures qu'il lui avait faites. Elle ne put retenir une grimace en découvrant son apparence dans le miroir. Heureusement, après quelques coups de baguette, elle avait déjà bien meilleure mine. Passant par sa chambre pour enfiler un gilet par-dessus son léger tee-shirt, et ainsi se sentir moins à découvert, Hermione hésita à tout simplement aller se coucher et abandonner l'homme. Elle soupira finalement en redescendant dans la cuisine, pas prête à tenter le diable. Qui savait ce que Snape aurait été prêt à faire devant son affront ?
Lorsque Hermione redescendit, l'homme n'était déjà plus dans la cuisine. Hermione récupéra le verre de firewhisky qu'elle avait abandonné plus tôt avant de passer dans le salon. Quelque chose lui disait qu'elle allait en avoir grandement besoin pour affronter la suite.
Snape s'était tranquillement installé dans le salon avec un verre, dans le canapé qui faisait face à la cheminée, sur lequel Hermione et Charlie avaient partagé des câlins très osés. Rougissant malgré elle, la brune ne put retenir un petit sourire en remarquant que chaton et homme se regardaient en chien de faïence, comme s'ils s'attendaient à tout moment à ce que l'autre attaque.
– Pourquoi êtes-vous là ? demanda-t-elle en s'approchant, d'une voix ferme.
Elle avait espéré le surprendre mais il fallait croire que l'homme avait senti sa présence car il lui répondit sans marquer le moindre signe de surprise et sans même prendre la peine de la regarder.
– Je vous attends.
– Non mais comment êtes-vous entré à la base ? questionna Hermione en levant les yeux au ciel.
– Je vous ai suivi depuis le jardin. Vous ne posez pas les bonnes questions, miss Granger, ajouta-t-il devant son soupir d'exaspération. Je vous ai connue plus pertinente que cela.
– Très bien, souffla Hermione avant de reprendre d'une voix plus posée. Comment avez-vous fait pour passer les protections magiques qui auraient dû me prévenir de votre présence dans le jardin ?
Cette fois-ci, le maître des potions ne répondit pas du tac-au-tac, ce qui conforta la jeune femme dans l'idée que sa question avait fait mouche. Snape finit par lâcher le chat du regard et dévisagea la brune de haut en bas. Son regard passa rapidement sur ses cheveux vaguement coiffés, son tee-shirt caché sous son épais gilet, son mini-short et les chaussons duveteux qu'elle avait enfilés. Hermione ne put s'empêcher de rougir légèrement sous son regard insistant. Il la mettait particulièrement mal à l'aise.
Elle prit son verre pour se donner une contenance et en but une petite gorgée en grimaçant lorsque le liquide brûla sa gorge. Le geste sembla ramener Snape à l'instant présent et il daigna enfin lui répondre tandis qu'elle soupirait de soulagement dans le fauteuil où elle venait de s'asseoir.
– Qui les a installées ?
Ne pouvait-il pas répondre simplement à une simple question ? soupira mentalement Hermione avant d'imaginer qu'il n'avait peut-être pas la réponse à sa question.
– Bill et Charlie Weasley, moi-même et Harry, par-dessus celles des Black et celles que Dumbledore avait ajoutées.
Une légère crispation de la mâchoire de Snape indiqua sa contrariété à Hermione. Ou du moins, elle l'interpréta ainsi.
– Qu'est-ce que vous avez ajouté comme protection dans le jardin ?
– On a redirigé l'alarme pour que je sois prévenue de la présence de tout humain.
– Simplement prévenue ? C'est ridicule ! Que feriez-vous si un mangemort trouvait votre localisation ? C'est un peu tard pour fuir une fois qu'il est déjà là.
– Je ne sais pas, peut-être que je l'inviterai à boire un verre dans mon salon, répondit Hermione sur un ton éloquent tout en désignant l'homme du menton.
Une contraction du coin de la bouche de l'homme apprit à la jeune fille qu'il était cette fois amusé. Elle semblait d'ailleurs faire une fixette sur cette partie de l'anatomie de l'homme mais elle n'arrivait pas à cesser de fixer son visage, essayant de détecter le moindre mouvement qui lui en apprendrait plus sur cet homme. Elle avait fait ça pendant six ans déjà lorsqu'il était son professeur et elle avait l'impression de devenir pas trop mauvaise à ce petit jeu. C'était une habitude qu'elle ne perdrait peut-être jamais. Elle se doutait toutefois qu'elle n'arrivait à percevoir que ce qu'il voulait bien laisser paraître.
– Avez-vous trouvé une explication à mon état actuel ? demanda soudainement Snape en changeant grossièrement de sujet.
Hermione leva les yeux au ciel, bien décidée à revenir sur le sujet plus tard. Elle n'était pas du tout rassurée face à l'idée qu'il puisse ainsi aller et venir à sa convenance sans qu'elle ne soit prévenue de quoi que ce soit. Ils avaient pourtant testé les protections avec Bill et Charlie et tout avait fonctionné à la perfection.
– N'est-il pas possible que votre corps ait tout simplement éliminé le venin et que vous ne soyez pas réellement mort, mais presque et donc que vous vous soyez juste… réveillé ? proposa Hermione en soupirant, croyant à peine à sa propre proposition.
– Nagini est un…
– Était, corrigea la sorcière sans pouvoir s'en empêcher.
– Un serpent hautement venimeux, continua Snape sans accorder la moindre attention à son interruption. Je l'ai vu tuer des gens en moins de cinq minutes, en ayant à peine percé la pulpe d'un seul doigt de ses victimes par l'un de ses crocs.
– Vous êtes maître des potions. N'aviez-vous pas un anti-venin ? Osez me dire que vous n'étiez pas préparé à toute éventualité.
J'étais préparé à mourir, pensa Snape sans pour autant prononcer ces mots à voix haute.
– Étant donné les dégâts causés sur ma personne, répondit-t-il, je n'avais pas le moindre risque de survie… avant que vous n'interveniez.
Hermione passa sur l'utilisation du mot risque au lieu de chance et porta son regard sur le cou de Snape. L'image du trou béant qu'elle avait essayé de colmater à l'aide de ses mains se superposa à la peau à présent parfaitement lisse et sans défauts qu'elle pouvait apercevoir. La jeune femme avala difficilement sa salive.
– Vous n'avez plus la moindre marque du passage de Nagini, chuchota-t-elle, éberluée, tandis qu'elle réalisait pleinement ce fait pour la première fois. Comment est-ce possible ?
Hermione avait déjà remarqué l'absence de marque mais, le considérant comme étant un spectre, ça ne l'avait pas plus perturbée que cela. En considérant que l'homme devant elle était effectivement Severus Snape, en chair et en os, il était plus qu'étonnant de voir son cou intact. Même le meilleur onguent n'aurait pu faire disparaître aussi vite les trous causés par les crocs de Nagini.
Snape sembla hésiter un instant avant de reprendre la parole, fixant la jeune femme du regard. Il semblait l'évaluer, sans que Hermione n'ait la moindre idée de ce qu'il cherchait aussi intensément.
– Ce n'est pas tout, murmura l'homme.
La mâchoire crispée, il se leva pour se débarrasser de sa cape, qu'il déposa parfaitement pliée sur un coin du canapé, sous les yeux d'une Hermione intriguée. Sans qu'elle ne puisse se retenir, la brune laissa glisser son regard sur le corps de l'homme, recouvert d'une chemise en lin et d'un pantalon noir qui mettait ses jambes en valeur. Ses cheveux étaient tirés en arrière et retenus par un catogan, ce qui lui donnait un air plus jeune. Sa peau pâle avait perdu son aspect blanchâtre et maladif. Il semblait moins maigre et plus reposé que ce qu'il avait été pendant plusieurs années à cause de la guerre.
En somme, il était beaucoup plus agréable à regarder et paraissait moins inaccessible, moins intimidant, moins froid, moins souffrant aussi, physiquement parlant. Le contraste avec l'homme qui lui avait fait cours était saisissant, même si elle avait conscience que seuls quelques petits détails avaient véritablement changés. Au final, elle supposait que c'était surtout le regard qu'elle posait sur lui qui était différent tandis qu'elle se demandait encore si elle avait raison d'essayer de l'aider.
Snape détacha les boutons de sa manche gauche et Hermione fixa son regard sur son avant-bras tandis qu'il remontait peu à peu le tissu. Les yeux sombres de l'homme étaient rivés sur la brune, comme s'il ne voulait rien manquer de la réaction qu'elle aurait. Ceux de Hermione s'écarquillèrent quand elle comprit ce qu'il lui montrait et elle ne put retenir un hoquet de surprise.
– Comment… ? Où… ? Que… ?
Incapable de finir ses questions, Hermione se leva, abandonnant son verre de firewhisky sur la table, et elle s'approcha rapidement de son ancien professeur, le regard toujours ancré à son bras. Snape l'observa faire sans bouger, le bras légèrement tendu dans sa direction.
La brune ne s'arrêta qu'à quelques centimètres de lui et tendit la main vers son avant-bras dénudé, incapable de se retenir. Les questions tournaient en boucle dans son esprit, essayant d'envisager toutes les explications possibles.
Un frisson parcourut Hermione lorsque ses doigts entrèrent en contact avec la peau douce, légèrement froide et immaculée de l'homme. Car là était bien le problème. Il n'y avait plus aucune trace de la marque des ténèbres sur son bras.
– Je n'ai plus aucune marque nulle part, reprit Snape d'un ton froid sans que Hermione n'ait la moindre idée des autres marques que l'homme avait pu avoir sur son corps. Plus aucune cicatrice, plus rien.
– Comment est-ce possible ?
– C'est bien la question que je vous pose.
Hermione réfléchit pendant un temps, mordillant par réflexe sa lèvre inférieure. Ses recherches n'avaient rien donné jusqu'à présent et les indices qu'il lui fournissait n'avaient aucun sens. A sa connaissance, rien ne permettait de faire disparaître l'ensemble des cicatrices qui pouvaient recouvrir un corps et encore moins la marque des ténèbres. Ce n'était pas dû à la mort de Voldemort car les autres mangemorts l'arboraient toujours.
Cela donnait l'impression que le corps de Snape avait été entièrement « nettoyé » lors de son retour à la vie. C'était tout bonnement impossible. L'hypothèse que l'homme devant elle ne soit pas réellement Severus Snape et que tout ceci ne soit qu'un piège quelconque, frappa de nouveau la jeune femme avec force. Dans un geste brusque, Hermione attrapa la baguette qu'elle avait glissée dans une de ses poches et la planta dans le cou de l'homme.
– Que faites-vous, miss Granger ? soupira-t-il devant son geste, ne semblant pas le moins du monde apeuré.
– Qui êtes-vous et que voulez-vous ?
– J'ai déjà répondu à ces deux questions, miss Granger. Pourquoi me croiriez-vous maintenant si vous ne l'avez pas fait précédemment ?
La remarque de l'homme fit réfléchir la brune pendant un instant. Elle cherchait un moyen de s'assurer une bonne fois pour toutes de l'identité de l'homme. Si elle avait raison et qu'il n'était pas Snape, cela pouvait expliquer toutes les incohérences de cette histoire. Aucune pièce du puzzle ne semblait vouloir s'emboîter correctement.
En revanche, s'il s'agissait bien de Snape… elle préférait occulter les conséquences que pourrait avoir son geste. Avec un peu de chance, il saluerait simplement le bien-fondé de sa petite vérification.
– Savez-vous que j'aurai plus de trente manières de vous repousser avant que vous n'ayez pensé le moindre sort ?
La voix doucereuse de Snape fit frissonner la jeune femme qui lui lança un regard noir. Regard qui, comme habituellement, ne sembla pas l'atteindre.
– Répondez plutôt à ma question. Où est l'entrée du passage secret dans Poudlard menant à la cabane hurlante ?
– Sous le saule cogneur, beaucoup trop simple comme question, miss Granger. Allez-vous me croire simplement là-dessus ?
Hermione grimaça et chercha rapidement une autre question, ayant bien conscience de la véracité de ses propos.
– Que s'est-il passé lors du premier match de Quidditch de ma première année ?
– Quirrel a essayé de tuer Potter en ensorcelant son balai. J'ai essayé de le sauver, jusqu'à ce que ma cape prenne feu.
Un léger sourire étira les lèvres de Hermione face à ce souvenir. C'était l'un des premiers sortilèges offensifs qu'elle avait lancés, une belle réussite.
– C'était vous ?
La voix glaciale de Snape la ramena à la réalité. D'un geste brusque du bras, il repoussa la baguette de la brune comme s'il ne s'agissait que d'un vulgaire bout de bois et s'avança vers elle d'un air menaçant. Instinctivement, la brune recula à son tour pour garder une certaine distance de sécurité entre eux. Elle ne tarda toutefois pas à buter contre le manteau de la cheminée, maudissant son manque de chance. Snape ne s'arrêta qu'à quelques centimètres d'elle.
– C'était vous ! éructa-t-il. Vous auriez pu le tuer !
– Je l'ai sauvé ! se défendit Hermione à son tour.
– Vous agissez toujours sans réfléchir, sautant la tête la première dans les ennuis et vous osez vous prétendre être le cerveau de votre ridicule trio ? Vous laissez les évidences glisser sous vos yeux sans les retenir. Une chance que Quirrel ait été bousculé lorsque ma cape a pris feu sinon votre très cher Élu serait mort et enterré depuis longtemps à l'heure qu'il est !
– Comment aurai-je pu savoir que ce n'était pas vous qui étiez en train d'essayer de le tuer ? Vous aviez l'air de le détester et il était de notoriété publique que la magie noire n'avait que peu de secrets pour vous et que vous aviez servi Voldemort.
– Ce n'était pas une raison pour brûler ma cape préférée !
– Toutes vos capes se ressemblent !
Cette discussion ne menait strictement à rien et Hermione leva les yeux au ciel en signe d'exaspération. La brune n'en revenait pas de se disputer ainsi avec Snape, comme s'ils n'étaient que deux enfants. Ils se défièrent du regard pendant quelques secondes. Les yeux couleur d'obsidienne renvoyaient autant d'agacement que les bruns. Lentement, le regard de Hermione dériva vers le cou de Snape.
Elle ne pouvait s'empêcher d'être intriguée par la peau intacte de l'homme tandis que les images de la plaie béante qui s'y était trouvée quelques jours plus tôt la hantaient. Inconsciemment, elle tendit la main et effleura la peau lisse et douce. Ses doigts glissèrent sur l'endroit où les crocs de Nagini s'étaient plantés, tirant un frisson à Snape.
Hermione le sentit se crisper sous la caresse mais il ne la repoussa pas pour autant immédiatement. D'une de ses mains, il attrapa le menton de la brune et la força à relever son visage avant de planter ses yeux dans les siens. Ils se regardèrent ainsi pendant un moment, sans bien savoir ce qu'ils cherchaient l'un chez l'autre. Une explication sans doute, un moyen de faire face à ce qui se dessinait devant eux et qu'ils ne comprenaient pas encore.
Un miaulement les ramena tous deux à la réalité. Hermione détourna les yeux pour les poser sur le chaton qui les regardait d'un drôle d'air. L'animal miaula de nouveau avant de se tourner et de se recoucher. Snape se recula dans la foulée tandis que Hermione réalisait tout juste à quel point ils avaient encore été bien trop proches à son goût.
L'homme retourna s'asseoir tranquillement dans le canapé, son éclat de colère passé, rompant par la même l'instant étrange qu'ils venaient de partager. De son côté, Hermione l'observa un instant, troublée par la perte de proximité entre leurs corps.
La brune décida de reprendre à son tour place dans le fauteuil qu'elle occupait précédemment. Elle but une nouvelle gorgée de firewhisky pour faire passer son trouble et attrapa un plaid pour se couvrir un peu avant de reporter son attention sur Snape. Elle se sentait encore bien trop à découvert sous son regard perçant. Elle détestait cette façon qu'il avait de la faire se sentir si mal et déplacée.
– Me croyez-vous à présent ? soupira Snape comme si de rien n'était.
– Reconnaissez au moins que tout cela est étrange, argumenta Hermione. C'est…
– Incompréhensible, finit Snape à sa place tout en finissant d'une traite son verre de firewhisky.
Hermione planta de nouveau ses yeux dans ceux de l'homme, étonnée qu'il reconnaisse aussi ouvertement ne pas avoir la moindre idée de ce qui pouvait bien lui être arrivé. Habituellement, Snape semblait toujours tout savoir de tout.
Celui-ci reposa son verre plus ou moins délicatement. Il se leva dans la foulée et rajusta sa manche avant d'enfiler de nouveau sa cape.
– Allez vous habiller convenablement puis vous viendrez avec moi.
– Pour aller où ?
– Obtenir l'accès à une bibliothèque plus fournie où les livres intéressants n'ont pas été jetés à la poubelle sous prétexte qu'ils traitent de magie sombre.
– Pourquoi ne faites-vous pas vos recherches vous-même ? J'ai d'autres choses à faire que de gérer votre problème.
– Je croyais que nous avions réglé ce point la dernière fois. Vous m'avez regardé mourir, c'est votre problème également à présent.
Levant les yeux au ciel, Hermione finit son verre avant de monter se changer, bien consciente que Snape ne changerait de toute façon pas d'avis. Elle occulta volontairement ses doutes quant au fait qu'aider Snape soit une réelle bonne idée. Elle devait bien avouer que l'idée de ces recherches la poussait à ne pas discuter trop longtemps. Elle avait plus que hâte de se plonger dans les livres et découvrir le fin mot de cette histoire, si tant est qu'il en existât un.
Arrivée dans sa chambre, Hermione enfila un pantalon en toile sombre et près du corps ainsi qu'une blouse vert sapin, imaginant que les couleurs conviendraient ainsi à l'homme. Elle attrapa ensuite une veste pour pallier à toute éventualité de températures, n'ayant aucune idée de l'endroit où il comptait l'emmener. Dès qu'elle eut enfilé ses bottines, Hermione passa un coup de brosse dans ses cheveux pour leur donner un aspect plus soigné.
Lorsqu'elle redescendit au salon, elle nota le regard de Snape qui l'analysa de haut en bas. Une grimace déforma les traits tirés de l'homme. Il semblait soudainement bien fatigué et l'heure avancée de la soirée n'en était certainement pas la seule responsable.
– N'avez-vous rien qui fasse plus sorcière ?
Levant un sourcil étonné, Hermione décida de ne pas parlementer et d'échanger sa veste contre une cape qu'elle noua autour de son cou.
– Souhaitez-vous également que j'enfile un chapeau pointu ?
La petite blague de la brune ne tira pas la moindre réaction à l'homme. Hermione se rendit dans la cuisine pour servir de nouvelles gamelles d'eau et de poulet pour le chaton, n'ayant pas la moindre idée de la durée de leur prochaine escapade. Elle se tourna ensuite vers Snape, qui suivait chacun de ses mouvements d'un œil attentif, pour lui indiquer qu'elle était prête.
– Envoyez un message à vos amis pour qu'ils ne s'inquiètent pas. Je ne sais pour combien de temps nous en avons.
Une grimace échappa involontairement à Hermione face à cette idée. Elle n'avait pas la moindre idée de la manière dont elle pourrait justifier sa disparition auprès de Harry et Ron. Si tant est qu'elle puisse expliquer quoi que ce soit à ce dernier et qu'il l'écoute. A présent qu'elle avait la certitude que Snape était bel et bien en vie, elle regrettait les omissions qu'elle avait faites à propos de toute cette histoire.
– Vous ne leur avez rien dit ? s'étonna Snape en comprenant le problème qui tourmentait la brune.
Un air particulièrement intrigué s'afficha sur le visage de l'homme tandis qu'il détaillait celui de la jeune femme, à la recherche d'elle ne savait quoi. Hermione ne pouvait que le comprendre. Elle-même ne s'expliquait pas les motivations de son propre comportement.
– Vous êtes encore plus inconsciente que je ne le pensais, soupira Snape.
Hermione tordit ses doigts dans son dos pour ne pas montrer sa gêne à son ancien professeur. Elle ne savait pas quoi répondre, ne sachant déjà pas s'expliquer à elle-même les raisons profondes de son comportement.
– Ils sont à la recherche de votre corps, indiqua Hermione pour essayer de changer de sujet en même temps qu'elle détournait son regard. Votre procès devait avoir lieu demain.
Un silence pensif suivi sa remarque avant que Snape ne se mette à marcher vers la porte d'entrée.
– Dans ce cas, nous ferions mieux de nous dépêcher et de trouver rapidement une explication.
Hermione le suivit, la tête baissée, sans savoir dans quoi elle était encore en train de s'embarquer plus ou moins volontairement. Dès qu'ils passèrent le pas de la porte, Snape agrippa le bras de la jeune fille et, une seconde plus tard à peine, ils transplanaient tous deux dans l'obscurité de la nuit.
