Bonjour !
Me voici de retour avec la suite de JCQLMNR ! J'espère que ce chapitre vous plaira :)
Par ailleurs, je m'excuse pour le délai depuis le dernier chapitre et je tenais à vous annoncer que les prochains chapitres n'arriveront malheureusement pas plus régulièrement... Un deuxième trait sur un test est venu chambouler ma vie avec grand plaisir (et non je ne parle pas d'un test covid xD) mais du coup, je n'ai plus autant de temps et d'énergie à dépenser dans l'écriture de cette histoire... Mais ne vous inquiétez pas, je compte bien continuer car j'ai au moins autant envie que vous de pouvoir lire la suite et la fin de cette histoire, le rythme de publication sera juste moins régulier et plus lent.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt (dès que je peux) pour la suite :D
R.A.R. : Guest, merci pour ta review, je suis ravie que cette histoire te plaise autant que ma précédente :3 Et merci pour ta remarque sur la redondance d'utilisation de "la brune", je n'avais moi-même pas remarqué donc je vais y faire attention ;)
15. L'alcool est une manière de réagir à la vie
« L'alcool est une manière de réagir à la vie dans un environnement surpeuplé. »
Jim Morrison, Personne ne sortira d'ici vivant
Lorsque Hermione arriva dans le bar qui faisait jonction entre le Londres moldu et sorcier, elle hésitait encore sur le bien-fondé de cette sortie. Elle ne rejetait pas l'idée de s'éclipser assez rapidement, après avoir pris des nouvelles de ses amis.
Harry l'attendait avec Ginny dans un coin de la pièce et la jeune femme les rejoignit rapidement.
– Où sont les autres ? questionna-t-elle après avoir salué ses amis.
– Oh, on ne reste pas ici, expliqua Ginny. On va dans une boîte de nuit dont Ron a entendu parlé par je ne sais qui. C'est un peu plus loin sur le Chemin de Traverse.
Hermione hocha simplement la tête. Elle sentait de plus en plus que la soirée tranquille à laquelle elle avait aspiré s'éloignait du champ des possibles. En même temps, peut-être cela pourrait-il lui changer les idées. Ainsi elle ne passerait pas la nuit à ressasser sans cesse cet étrange moment qu'elle avait partagé avec Snape.
Rien que d'y repenser, la brune sentait le trouble l'envahir et le rouge lui monter aux joues. Elle s'empressa de s'adresser à ses amis afin de ne pas leur laisser la possibilité de remarquer quoi que ce soit.
– On y va, alors ?
Harry hocha la tête et, attrapant la main de Ginny dans la sienne, il prit le chemin de la sortie du bar en tête, suivi des deux jeunes filles.
Lorsqu'ils pénétrèrent dans la boîte de nuit, Hermione eut l'impression de se retrouver dans les lieux qu'elle avait régulièrement vu dans certains films moldus qu'elle regardait parfois l'été avec sa mère. La musique tonnait, forte, semblant mélanger tubes moldus et sorciers sans la moindre distinction. Les lumières se faisaient tantôt tamisées, tantôt éblouissantes et très colorées. Et la température avoisinait facilement les trente ou quarante degrés, du fait des nombreux danseurs qui s'agglutinaient sur la piste centrale.
S'étant attendue à une petite soirée tranquille avec ses amis, Hermione avait revêtu un simple pantalon noir accompagné d'un petit haut bordeaux qui mettait ses formes en valeur mais était loin du dresscode qu'elle pouvait apercevoir sur les personnes présentes. Encore une fois, elle ne put que se sentir en parfait décalage lorsque son regard glissa sur les petites robes et les tenues légères des filles qui se balançaient en rythme sur la piste de danse.
Elle n'eut pas le temps de s'appesantir dessus – il était de toute façon trop tard pour changer quoi que ce soit – et elle suivit ses amis en direction de Ron, qu'ils venaient d'apercevoir un peu plus loin dans la salle. Ce dernier leur indiqua qu'une salle séparée leur avait été réservée et ils le suivirent en jouant des coudes dans la foule.
Si Hermione s'étonna en premier lieu qu'ils bénéficient ainsi d'un espace privé, elle ne tarda pas à comprendre que la liste d'invités s'était allègrement allongée depuis que Harry lui en avait parlé. En effet, la salle réservée à leur groupe était déjà bien remplie. Laissant son regard parcourir les têtes présentes, il ne fallut qu'un instant à la jeune femme pour réaliser que quasiment tous les élèves de leur promotion – ceux qui avaient survécus et étaient toujours libres tout du moins – ainsi que quelques élèves de l'année inférieure étaient présents. Pour une soirée censée célébrer leur diplôme gratuit, c'était réussi.
Rapidement, Hermione, Harry et Ginny saluèrent Neville, Luna et Hannah Abbott qui se tenaient près de l'entrée de la salle.
– J'en ai parlé à Ginny et Neville à la base, expliqua Ron en remarquant sans mal les regards étonnés que ses amis posaient sur la pièce. Et Ginny en a parlé à Luna qui a invité d'autres Serdaigle et puis Neville en a parlé à Hannah qui a invité des Poufsouffle. Et tout le monde a trouvé que c'était une super idée donc voilà…
– Et les Serpentard ? questionna Harry avec une grimace, le regard rivé sur le petit groupe qu'il avait remarqué dès son entrée dans la pièce.
Ron haussa simplement les épaules, signifiant à ses amis son désarroi quant à la façon dont les invitations lui avaient finalement largement échappé.
– C'est Ernie Macmillan qui en a parlé à Blaise Zabini, expliqua Hannah d'une petite voix, osant à peine intervenir dans la discussion.
Il fallait avouer que se retrouver ainsi, entre Neville, Ginny et le trio d'or, comme étaient surnommés Harry, Ron et Hermione, était particulièrement intimidant pour la jeune fille. Elle était venue pour passer du temps avec Neville, de qui elle s'était beaucoup rapprochée depuis la fin de la guerre. Déjà pendant l'année écoulée, ils s'étaient souvent retrouvés ensemble, à essayer de protéger les autres élèves des Carrow. La douceur d'Hannah s'était alliée parfaitement avec le courage caché de Neville.
Mais là, alors que le garçon était entouré de son groupe d'ami, qu'Hannah ne connaissait au final que très peu, elle ne savait pas trop quelle place prendre. Leur groupe était très soudé. Ils avaient partagé tellement de choses, entre eux, qu'Hannah n'était pas bien sûre qu'il y ait de place pour d'autres. Pourtant, elle était là, aux côtés de Neville. Et malgré toute sa timidité naturelle, elle était bien décidée à essayer de se faire une petite place. Parce que le jeune homme en valait réellement la peine.
– Ça ne m'étonne pas de lui, répondit simplement Ginny. Ils travaillaient souvent ensemble à la bibliothèque l'année dernière, aussi étrange que ça puisse paraître.
– Oh tu sais, renchérit Hannah sans pouvoir s'en empêcher, il n'y a que les Gryffondor et les Serpentard qui ne se mélangent pas. Pour nous, c'est assez fréquent de côtoyer ceux des autres maisons, quelle que soit la maison.
– J'ai un peu l'impression qu'on est des gros asociaux là, rigola Ron.
Les autres rigolèrent légèrement et Hannah se détendit. Peut-être n'étaient-ils finalement pas si inaccessibles que le laissaient penser les apparences.
– En tout cas, je trouve ça bien qu'on se mélange ainsi, surtout depuis la fin de la guerre.
Comme pour contredire les dernières paroles optimistes de Hermione, Draco Malfoy sembla soudainement remarquer leur petit groupe.
– Tiens mais ne serait-ce pas le balafré ? Oh mon dieu ! Est-ce que je peux avoir un autographe ? se moqua le blond sur un ton exagérément enthousiaste et faussement impressionné.
– Fous-nous la paix Malfoy, répliqua aussitôt Harry.
Le blond ne tarda pas à renchérir, tout aussi vertement. Et sans que quiconque n'ait eu le temps d'intervenir, les deux ennemis de toujours s'étaient lancés dans l'une de leurs mémorables joutes verbales. Les petits noms et les insultes pleuvaient tandis que leurs amis s'étaient regroupés derrière eux. Les Gryffondor d'un côté, les Serpentard de l'autre, dans une habitude ancrée par des années d'exercice.
Hermione ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, agacée malgré elle par cette dispute dans laquelle s'était engagé son ami sans même y réfléchir à deux fois. Malfoy l'avait bien cherché mais la brune restait persuadée qu'ils devaient faire mieux à présent que la guerre était finie et qu'ils étaient les nouveaux adultes. Il était plus que temps qu'ils laissent de côté les animosités d'école.
Hermione finit par croiser le regard amusé de Théodore Nott, dans le camp d'en face. Il semblait partager son avis ou, en tout cas, s'amuser particulièrement de l'agacement non dissimulé de la demoiselle. Celle-ci lui retourna une grimace avant de s'étonner lorsqu'il lui fit un petit signe du menton, l'enjoignant à s'éloigner du troupeau.
La jeune femme hésita, n'ayant pas envie d'abandonner ses amis mais elle savait que les choses pouvaient s'éterniser entre Harry et Draco. De toute façon, elle n'était pas certaine qu'ils remarquent même un départ simultané de tous leurs amis, plongés comme ils l'étaient dans leur dispute. Comme pour le lui prouver, et remarquant certainement l'hésitation de Hermione, Nott tapota l'épaule des autres Serpentard, excepté le blond qui se trouvait au centre, et, deux secondes plus tard, ils se retournaient tous pour rejoindre le bar un peu plus loin.
Si Hermione s'étonna un instant que les Serpentard abandonnent ainsi Draco seul face à l'ennemi, elle comprit rapidement que ni lui, ni Harry, ne risquaient rien dans cette boîte de nuit bondée et que les deux garçons se comportaient davantage comme des enfants capricieux. Elle croisa le regard appuyé de Nott, qui semblait la mettre au défi, et elle ne prit qu'une seconde de réflexion supplémentaire avant d'entraîner à son tour ses amis à l'écart, exception faite de Harry.
– Mais Hermione ! rechigna Ginny en traînant des pieds lorsque la brune l'attrapa par la main. On ne va pas laisser Harry tout seul !
– Il est parfaitement capable de se débrouiller tout seul. Et puis, on est là pour faire la fête, non ?
Ginny sembla capituler, attrapant à son tour le poignet de Hannah qui attrapa Neville qui se chargea d'entraîner Ron. Très vite, ils se retrouvèrent tous près du bar et, jetant un regard en arrière, Hermione réalisa qu'en effet, ni Harry, ni Draco, n'avaient remarqué la désertion de leurs camps et qu'ils continuaient de s'époumoner l'un contre l'autre. Avec la musique qui retentissait dans la pièce, elle n'était même pas sûre qu'ils s'entendent réellement.
Hermione se retourna lorsqu'elle sentit un petit coup sur son bras. Elle eut la surprise de découvrir Nott, debout devant elle, deux coupes de champagne à la main. Elle crut d'abord qu'il lui demandait de se pousser avant qu'il ne lève les yeux au ciel devant son mouvement et ne tende une des coupes dans sa direction. La jeune femme la prit avec un léger sourire crispé, malgré elle légèrement suspicieuse quant aux intentions du jeune homme.
– Allez Granger, si je voulais t'empoisonner, je ne le ferais pas devant autant de témoins.
En regardant rapidement autour d'elle, Hermione nota sans mal les regards surpris et prudents que ses amis posaient sur elle et Nott. Elle réalisa seulement à cet instant qu'elle n'avait nullement évoqué avec ses amis la rencontre qu'elle avait faite avec le groupe de Serpentard lors de la fête au Manoir Malfoy.
Elle finit toutefois par attraper la coupe et trinqua avec le brun, espérant sceller par ce geste un possible début de rapprochement entre les deux groupes. Elle ne pouvait en effet reprocher à Harry de ne pas faire évoluer sa relation avec Draco sur des bases plus sereines – ou, à minima, d'essayer de l'ignorer – si elle-même n'était pas prête à en faire de même.
L'atmosphère sembla se détendre rapidement après que Hermione eut descendu sa première coupe de champagne. Elle n'était toutefois pas certaine que cette impression ne soit pas créée de toute pièce par le voile que l'alcool commençait à étendre sur son esprit. Dans tous les cas, elle appréciait de plus en plus la soirée, discutant avec ses amis et parfois même un peu avec les Serpentard.
Harry et Draco les rejoignirent peu de temps après, boudant légèrement d'avoir été tous deux lâchement abandonnés par leurs amis. Au final, ils se ressemblaient bien plus qu'ils ne le voulaient. Et là était peut-être le vrai fond du problème.
Nott s'occupa de faire boire Draco, pour qu'il oublie l'incident, sous les rires de leurs amis, tandis que Hermione donna à son tour un verre à Harry en s'expliquant rapidement. Le brun haussa rapidement les épaules, signe que l'incident été réglé et qu'il comprenait, même si les efforts qu'elle lui demandait vis-à-vis de Draco lui semblaient pour l'instant irréalisables.
Pour que la soirée se passe au mieux, les deux groupes restèrent finalement assez éloignés l'un de l'autre. Hermione avait la sensation d'être l'unique représentante de Gryffondor à discuter un minimum avec les Serpentard, allant même jusqu'à accepter une danse avec Blaise Zabini qui la remercia d'avoir parlé de lui à Deschenes.
Elle apprit ainsi que l'homme comptait revenir s'installer au Royaume-Uni et espérait même reprendre le poste de professeur de potions à Poudlard, si tant est que Snape le libère. La jeune femme n'ayant aucune information sur ce que pouvait bien planifier Snape pour son avenir, la conversation tourna toutefois court.
– Peut-être qu'il voudra reprendre le poste de prof de défense. Ou bien arrêter d'enseigner, supposa-t-elle en haussant les épaules.
– En même temps, ce n'est pas comme s'il semblait adorer l'enseignement, rigola Blaise en retour.
La remarque parfaitement véridique fit rire les deux jeunes tandis qu'ils continuaient d'évoluer sur la piste de danse. Lorsque la musique cessa, le Serpentard entraîna la lionne jusqu'au bar près duquel étaient attroupés les amis du jeune homme afin de lui offrir un verre qu'elle accepta sans plus réfléchir, perdant le compte des verres qu'elle avait déjà ingérés. Elle passait une très bonne soirée, évoluant au sein des différents groupes, se sentant populaire et appréciée pour la première fois de sa vie, oubliant momentanément toutes les parts d'ombres qui pesaient sur son esprit.
– Miss Granger ?!
La voix forte de Snape résonna dans les escaliers de la maison, rebondissant sur les murs, traversant les portes, jusqu'à atteindre les oreilles d'une Hermione endormie qui se releva en sursaut dans son lit, réellement perturbée d'entendre cette voix au réveil. Ou du moins essaya-t-elle de se relever. Parce qu'elle réalisa alors qu'un bras reposait sur son ventre, la maintenant contre le matelas.
Un instant désorientée, la brune finit par tourner la tête en direction du propriétaire du membre et ne put retenir un cri de surprise en découvrant Théodore Nott, profondément endormi à ses côtés et dont le dos dénudé dépassait de sous les draps.
Son cri réveilla le jeune homme qui la regarda vaguement, l'esprit embrouillé par le sommeil et l'alcool dont ils avaient abusé la veille. Hermione n'avait aucun souvenir de la fin de la soirée et elle n'avait pas la moindre idée de ce que faisait le garçon à ses côtés dans son lit.
Malheureusement pour elle, son cri ameuta également le professeur qui l'attendait dans le salon. Elle ne comprit d'ailleurs son erreur que trop tard, lorsque l'homme ouvrit brusquement la porte, s'inquiétant probablement de ce qui pouvait bien arriver à la jeune femme.
Leurs regards se croisèrent et Hermione ne put que pousser un nouveau cri, serrant les draps contre son corps – vêtu de l'une de ses nuisettes – et poussant Nott hors de son lit pour le dissimuler à la vue de Snape. Le corps de Nott atterrit au sol avec un bruit sourd, tirant sur le drap que la jeune femme essaya vainement de retenir.
Et elle se retrouva là, assise dans son lit, en nuisette, sous l'œil féroce de Snape qui passa rapidement d'elle à la tête de Nott qui réapparut de l'autre côté du lit en grommelant, ne comprenant pas ce qu'il venait de lui arriver.
Hermione entendit nettement le Serpentard déglutir lorsqu'il croisa le regard noir de son ancien professeur de potion et, du coin de l'œil, elle le vit se rallonger lâchement au sol, disparaissant à la vue de l'homme et abandonnant Hermione, seule face à lui. Le maître des potions ne tarda pas à reporter son regard noir comme la nuit sur elle et la brune fit de son mieux pour ne pas détourner son propre regard. Eut-il été une bête sauvage qu'elle était persuadée qu'il aurait grogné.
– Sortez d'ici ! râla-t-elle, mécontente de cette intrusion dans sa vie privée.
– Au cas où vous l'auriez oublié, nous avions rendez-vous ce matin. Dépêchez-vous d'enfiler une tenue convenable. Dans le salon. Dans cinq minutes.
Il partit sur ses quelques mots, sans rien ajouter d'autre, claquant la porte derrière lui. La voix de l'homme avait été particulièrement froide, aussi aiguisée qu'un diamant. Hermione préféra ne pas s'appesantir là-dessus et elle poussa un profond soupir en se rallongeant sur le lit.
– Alors ça, je ne l'avais pas vu venir ! rigola Nott en se redressant.
Il avait abandonné le drap au sol et Hermione eut tout le loisir d'admirer son corps musclé et bien bâti, tout juste recouvert d'un caleçon qui ne laissait pas beaucoup de place à l'imagination. Elle rougit en réalisant que le jeune homme la regardait d'un air amusé.
– La vue te plaît, Granger ?
– Qu'est-ce que tu fiches ici, Nott ?
La jeune fille n'avait pas la moindre idée de ce qui avait pu conduire le jeune homme à se retrouver avec elle, dans son lit, au petit matin. Elle n'avait même pas la moindre idée de la façon dont elle était rentrée quelques heures plus tôt. Elle avait légèrement peur de ce que son esprit alcoolisé avait pu la pousser à faire.
– Tu ne te souviens de rien ? s'étonna Théodore.
Hermione lui jeta un regard agacé qui le fit simplement rire.
– Ne t'inquiètes pas, je t'ai simplement raccompagnée et puis… tu n'as pas voulu me laisser repartir donc j'ai dormi ici.
La sorcière se questionna sur la véracité des propos du jeune homme avant de soupirer de nouveau. Elle avait particulièrement mal à la tête et elle n'avait pas réellement envie de chercher des explications à tout ça pour le moment. Surtout pas lorsque Snape l'attendait à l'étage inférieur.
– Tu as de la chance que je sois gentleman, rigola Théodore.
– Dépêche-toi de t'habiller et pars d'ici, Nott, s'agaça la brune.
– Qu'est-ce que tu as prévu de faire avec Snape ?
– Rien qui ne te concerne, répondit sèchement Hermione.
– Eh bien, tu étais beaucoup plus sympathique hier soir !
– Va-t'en ! souffla Hermione en lui jetant un oreiller dessus.
Elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait passé la nuit avec lui, qu'il se soit, ou non, passé quelque chose de plus. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle ait bu au point de tout oublier de la fin de la soirée. Elle n'arrivait pas à croire que Snape les ait surpris au réveil. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle se soit mise dans un pétrin pareil.
Le Serpentard, magnanime, finit par s'éclipser après s'être rhabillé. Hermione poussa un profond soupir de soulagement. Elle aurait tant voulu effacer également ce réveil de sa mémoire…
Un peu plus longtemps après les cinq minutes imposées par Snape, la jeune femme descendit finalement dans le salon où elle trouva l'homme, en pleine séance de câlinage avec Umbre. Sur ce coup-ci, elle était persuadée que le chaton lui avait sauvé la mise en occupant l'homme. Ce dernier dirigea son regard sombre sur Hermione lorsqu'il l'entendit pénétrer dans la pièce.
– Je vous pensais plus respectueuse de vos engagements que cela, miss Granger.
La concernée se contenta de lever les yeux au ciel, clairement pas en état pour se lancer dans une dispute avec lui. Elle se dirigea rapidement dans la cuisine pour boire un grand verre d'eau, sentant le regard de l'homme qui ne la quittait pas.
L'atmosphère était lourde, pesante, bien différente de ce qu'elle avait été la veille, alors qu'ils avaient été à deux doigts d'échanger un baiser. Snape pouvait-il être jaloux qu'elle ait passé la nuit avec un autre après ce qu'il s'était presque passé entre eux ? Elle supposait qu'il était surtout ennuyé du temps perdu à cause de tout ça.
– Allons-y, soupira-t-elle finalement en repassant dans le salon.
Snape fit glisser son regard sur elle pendant une seconde avant de déposer le chat à terre et d'attraper un peu de poudre de cheminette.
– Vous avez vraiment l'air en piteux état, souffla Snape avant de disparaître dans les flammes vertes en direction du Manoir Malfoy.
Hermione leva les yeux au ciel avant de passer une main dans ses cheveux, espérant arranger rapidement son apparence. Elle savait bien que le problème était loin d'être localisé à sa tignasse mais au moins, après avoir fait un chignon lâche, elle se sentait déjà un peu moins misérable. Elle n'avait de toute façon pas le temps de faire mieux avant de rejoindre l'homme chez les Malfoy.
Lorsqu'elle arriva à destination, Snape s'impatientait déjà de son arrivée et il l'entraîna dans le dédale des couloirs du Manoir, comme s'il était propriétaire des lieux, jusqu'à ce qu'ils atteignent une bibliothèque. Les yeux de Hermione brillèrent en découvrant la pièce aux très nombreuses et hautes étagères remplies de livres. Son humeur s'améliora instantanément tandis qu'elle parcourait les tranches des livres des yeux, imaginant déjà quels trésors ils pouvaient bien renfermer.
La brune suivit son ancien professeur jusqu'à une grande table arrondie, disposée légèrement en retrait, sous une immense fenêtre qui apportait la luminosité nécessaire à une lecture prolongée. Plusieurs piles de livres étaient d'ores-et-déjà disposées sur la table et elle supposa à raison que Snape avait déjà fait un premier tri dans les bouquins contenus dans les étagères.
Hermione ne put s'empêcher de regarder avec regret les centaines d'autres livres qu'elle n'aurait apparemment pas la possibilité de consulter et elle s'installa en silence sur l'une des chaises présentes autour de la table, le plus éloignée possible de la place de Snape. Elle ne comprit cependant son erreur de choix de place que lorsqu'elle redressa sa tête et réalisa que l'homme se retrouvait ainsi juste en face d'elle, si bien que son regard tombait directement sur lui lorsqu'elle relevait les yeux.
– Les livres devant vous contiennent des pistes à explorer concernant mon retour à la vie. Pour ma part, je vais chercher des possibilités pour aider vos parents. Au travail.
Espérant enfouir au fin fond de son esprit toutes les pensées parasites qui la perturbaient, Hermione attrapa un premier livre et commença à se plonger dedans, touchée par la démarche de l'homme. Elle sentit le regard de Snape s'attarder sur elle pendant quelques secondes avant de finalement l'entendre attraper un livre à son tour et le feuilleter.
De longues minutes passèrent ainsi en silence. Hermione faisait de son mieux pour se concentrer, appréciant le calme de Snape, qu'elle n'avait jamais trouvé lorsqu'elle avait travaillé avec ses camarades de classe. Cependant, les mots défilaient devant ses yeux sans qu'elle ne parvienne à les accrocher et elle se surprit à relire plusieurs fois les mêmes paragraphes.
Ses pensées ne cessaient de revenir sur le peu qu'elle se souvenait de la soirée de la veille, sur son réveil cauchemardesque, ainsi que sur ce moment étrange qu'elle avait partagé avec Snape la veille et qui était à l'origine de tous ses problèmes depuis. Parce que si elle n'avait pas joué à ce jeu étrange avec Snape, et s'il n'y avait pas répondu, elle n'aurait pas bu à en perdre la mémoire et au grand jamais, elle ne se serait retrouvée dans un lit avec Théodore Nott.
Non pas que le jeune homme soit horrible à regarder ou désagréable – ça semblait même être tout le contraire – mais il y avait une différence entre décider d'être plus aimable avec les Serpentard et en mettre un dans son lit, même s'ils n'avaient fait qu'y dormir. Elle ne comprenait vraiment pas ce qui l'avait poussée à agir ainsi sous l'emprise de l'alcool et elle espérait ne rien avoir dévoilé de trop personnel à Nott.
– Cette page est-elle réellement si intéressante pour mériter à ce point votre attention, miss Granger ?
Hermione releva la tête à la remarque de son professeur, réalisant que cela devait faire plusieurs minutes qu'elle posait son regard vague sur les mêmes mots. A vrai dire, elle avait beau avoir consulté plusieurs livres depuis son arrivée, elle aurait été bien en veine d'en faire le moindre résumé à l'homme. Elle nota sans mal la grimace qui déforma les traits de Snape lorsqu'elle croisa son regard, signe qu'il venait certainement de réaliser la même chose.
– Est-ce ainsi que vous comptez participer ? Vous êtes une véritable perte de temps !
La voix de Snape tonna dans la bibliothèque et Hermione ne put retenir le réflexe de se recroqueviller légèrement, peu habituée à être réprimandée sur ses capacités intellectuelles. Si ça n'avait pas déjà été le cas depuis le réveil, elle en serait venue à regretter d'avoir participé à la soirée de la veille.
– Croyez-vous que mon aide vis-à-vis de vos parents soit gratuite ? continua-t-il sur le même ton.
Hermione commençait à craindre qu'il n'attire tous les habitants du Manoir à force de crier. La dernière chose dont elle avait besoin pour parfaire cette journée dans le désastre qu'elle était, c'était bien de croiser les Malfoy. Sa petite grimace n'eut cependant pour effet que d'attiser encore plus la colère de Snape.
– Que l'on se comprenne bien, reprit l'homme sur un ton plus doucereux mais d'autant plus inquiétant, votre participation à ces recherches n'est pas négociable. Vous avez intérêt à faire ce que je vous dis si vous voulez un jour avoir une chance de revoir vos parents. Croyez bien qu'à présent que je suis au courant de toute cette histoire, vous n'aurez pas la moindre possibilité de les retrouver sans mon aide, souvenirs ou pas souvenirs.
Hermione le regarda, les yeux écarquillés, surprise qu'il en vienne à la menacer ainsi. Depuis le début, elle faisait son possible pour l'aider, allant même jusqu'à mentir à ses amis, tout ça pour qu'il la remercie ainsi ! Elle n'arrivait pas à y croire. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait été sur le point de l'embrasser la veille, même si ça n'avait été qu'une façon de lui prouver qu'elle n'était pas à sa merci. Elle n'arrivait pas à croire qu'il ose se servir de ce qu'il avait appris sur ses parents contre elle.
– Comment osez-vous…
– Arrêtez de me prendre pour un gentil que je ne suis pas, miss Granger, la coupa Snape d'une voix ferme. Maintenant remettez-vous au travail et mieux que ça ! Je me fiche bien de ce que vous faites de vos nuits mais ayez l'obligeance que cela n'altère pas vos faibles capacités de concentration.
– Faibles capacités de concentration ? s'étrangla Hermione. Si je suis la meilleure élève que vous ayez eu depuis toujours, ce n'est certainement pas parce que j'ai de faibles capacités de concentration.
Snape se contenta de lever les yeux au ciel. D'un geste brusque, il attrapa le livre posé devant la brune et lui en fourra un nouveau dans les mains.
– Prouvez-moi le contraire.
Hermione se renfrogna avant de se plonger dans le livre, l'ouvrant avec peu de délicatesse malgré elle. Elle inspira un grand coup pour se calmer et détailla le sommaire en soufflant, ne souhaitant pas maltraiter ce livre innocent à cause du caractère de cochon du maître des potions.
Rejouant la récente conversation dans son esprit pendant qu'elle lisait, râlant intérieurement contre Snape, Hermione mit de longues secondes avant de réaliser que l'homme ne l'avait pas contredite sur le fait qu'elle soit la meilleure élève qu'il ait jamais eu. Un sourire étira alors ses lèvres tandis qu'elle savourait cette maigre victoire.
Son sourire ne dura pas lorsqu'elle releva les yeux et croisa instantanément ceux de Snape qui étaient rivés sur elle. Elle ne décelait rien du tout, comme habituellement, dans le noir de ses prunelles. Rien d'autre qu'un vide immense, un gouffre attirant.
– Il ne s'est rien passé avec Nott, ajouta Hermione sans pouvoir s'en empêcher.
Elle ne savait pas du tout pourquoi elle avait dit ça. Les mots étaient sortis de sa bouche avant même qu'elle ne les ait pensés. Pourtant, à présent qu'ils étaient prononcés, elle réalisait que la découvrir au réveil avec un autre semblait avoir particulièrement joué sur le moral de l'homme et pouvait au moins partiellement expliquer sa mauvaise humeur actuelle.
A son plus grand dam, Hermione n'eut pas l'occasion de connaître la réaction de l'homme face à ses mots tandis que Draco Malfoy pénétra bruyamment dans la pièce.
