Chapitre 5 : Joyeux Noël !

Quelques mois étaient passés depuis et les vacances de Noël avançaient à grands pas, plus exactement dans deux semaines. Les trois amis n'avaient pas cessé de rechercher dans les livres, mais ils ne trouvèrent strictement rien qui puisse les aider à connaître la vérité sur Remus. Ils avaient même tenté à plusieurs reprises de le suivre lorsqu'il prétendait devoir se rendre quelque part, mais à chaque fois, ils se faisaient semés sans savoir comment. Peter avait remarqué qu'il devait avoir l'ouïe sacrément bien développée, puisqu'au moindre bruit suspect, celui-ci se retournait et c'est ainsi qu'ils se faisaient mettre à jour. Ils devaient s'améliorer pour ce qui était de la discrétion. Cependant, les trois garçons tenaient à jour une petite liste regroupant tous leurs indices, une liste que possédait à ce moment précis Sirius, l'observant avec calme et réflexion. Une liste qui regroupait les faits suivants :

-Disparait une fois par mois pour se retrouver à l'infirmerie

-Air maladif, fatigué, précédant sa disparition, ainsi que de mauvaise humeur

-Un appétit féroce avant ses absences

-Une ouïe à toute épreuve

Ce qui, avouons-le, était maigre, très maigre. Ce n'était pas avec d'aussi peu de renseignements qu'ils allaient mettre le secret de Lupin à jour. Sirius soupira profondément tout en se grattant le dessus de la tête. Il n'avait vraiment aucune idée de ce que cela pouvait être. Enfin si, il se doutait que cela devait être une maladie au vu de l'air exténué qu'abordait Remus, mais laquelle ? Black fronça les sourcils en repensant à quelque chose qu'avait dit Peter : « Peut-être a-t-il ses règles ».Il avait dit ça parce que Remus était fréquemment de mauvaise humeur durant certaines périodes, mais aussi parce que c'était oui ! Quels idiots ! Ils s'étaient focalisés sur les symptômes, mais pas sur le fait qu'il disparaisse une fois par mois. Une maladie mensuelle ? Cela devait être rare, très rare. Sirius tourna sa tête vers la fenêtre ou la neige tombait à gros flocons. Il avait décidé de rester à Poudlard, ses parents n'ayant pas réclamé sa présence. James aussi passait ses vacances au château ainsi que Remus à son plus grand étonnement. Il n'y avait que Peter qui retournait chez lui. Black aurait voulu leur acheter des cadeaux, mais malheureusement, ne pouvant sortir, cela lui était impossible. L'année prochaine, il pourrait au moins sortir à Pré-au-Lard et se rattraper amplement ! Il fut alors sorti de ses songes par James et Peter qui entrèrent dans le dortoir, criant :

« Viens vite Sirius, des élèves essayent de toucher le Saule cogneur. Ça peut être amusant ! On pourrait tenter, qu'en penses-tu ? proposa Potter, les yeux pétillants de malice.

-J'arrive, déclara Black en sautant du lit pour enfiler sa cape et son écharpe. »

Alors qu'ils sortaient de la salle commune, ils tombèrent sur Remus accompagné de Grey. On les voyait de plus en plus souvent ensemble ces deux là. Dommage que cette prétendue pneumonie n'ait pas été plus grave, ils ne l'auraient pas eue dans les pattes ! Il avait l'impression que leur ami prenait ses distances avec eux depuis qu'il avait eu cette conversation, contribuant ainsi au rapprochement avec sa nouvelle amie. Il n'aimait pas ça du tout ! Sirius interpella alors Remus.

« Eh, tu viens avec nous Rem ? On va au Saule cogneur. Il y a des élèves qui se sont mis en tête de pouvoir le toucher. On va tenter notre chance avec James et Peter ! avertit Black. »

Sous les yeux des trois garçons et de sa jeune amie, Lupin devint aussi blême d'un cachet d'aspirine, ne pouvant s'empêcher de grimacer. C'était la deuxième fois que Fauve remarquait cet air soucieux chez son ami quand on venait à parler du Saule cogneur. C'était vraiment étrange. Pourquoi cela semblait-il le toucher autant ? Y avait-il un rapport entre cet arbre, ses disparitions une fois par mois et son air maladif ? Si oui, lequel ? Apparemment, elle ne fut pas la seule à l'avoir remarqué puisque Black et Potter paraissaient intrigués par le manque de réaction de Remus. Fauve crut bon de lui mettre un petit coup de coude dans les côtes pour le faire réagir, ce qui fonctionna à merveille :

« Je… Oui, j'arrive, répondit-il. On se revoit plus tard Fauve ? »

Pour seule réponse, elle hocha de la tête puis le regarda s'éloigner avec ses amis. Elle sentait que Remus se tracassait pour quelque chose, mais quoi ? Il paraissait si lointain et soucieux ces derniers temps. Fauve avait l'impression que dès qu'elle venait à lui faire remarquer qu'il était fatigué ou d'humeur mélancolique, il la fuyait comme s'il avait peur. Mais de quoi ? Elle voulait tellement le comprendre, tellement percer cet air attristé. Il lui disait souvent qu'elle était aussi renfermée qu'une huitre, mais se rendait-il compte que c'en était de même pour lui ? Certes, ils s'étaient énormément rapprochés ces dernières semaines ; elle faisait ses devoirs à la bibliothèque avec lui ou encore ils venaient à se rejoindre le soir lorsque tout le monde était endormi. Elle aimait passer du temps en sa compagnie et c'était la première fois qu'elle se sentait aussi bien et à l'aise avec un ami. Fauve était vraiment heureuse d'avoir fait sa connaissance, elle se sentait plus légère et moins déprimée. Elle entendit alors des rires et des voix féminines. La Gryffondor releva la tête et croisa le regard de sa sœur aînée, Eileen. Elle était entourée d'amies et paraissait être le centre de toute leur attention.

« Mais que vois-je ? Minauda-t-elle avec un grand sourire. Ne serait-ce pas ma très chère sœur adorée ? ajouta Eileen sous les ricanements des autres filles.

-Mais que vois-je ? Ne serait-ce pas ma très chère garce de sœur adorée ? dit Fauve un sourire narquois aux lèvres, enlevant toute joie à sa sœur.

-Toujours sans ami ? reprit sa sœur sans se laisser démonter. Tu n'en as pas marre d'être toujours seule ? Mais après tout, qui voudrait s'intéresser à une fille aussi grosse et futile que toi, Fauve, rigola Eileen. J'ai appris que tu avais été recalée comme attrapeuse dans ton équipe. Je suis sincèrement désolée pour toi, dit-elle en s'avançant vers sa cadette.

-Le balai n'a sûrement pas pu décoller avec son poids, ajouta une de ses amies en riant.

-Ah oui ? dit Fauve en souriant. Et toi ce n'est pas l'intelligence qui t'étouffe, dommage pour une Serdaigle. Mais peut-être qu'avec de la chance, ma bien-aimée sœur t'en donnera un peu pour compenser votre stupidité. Qui se ressemble s'assemble comme on dit, ajouta la Gryffondor un rictus au bord des lèvres.

-Espèce de sale…dit Eileen

-Garce frigide ? Pimbêche ? Oh voyons grande sœur, je suis certaine que tu peux mieux faire, déclara Fauve sournoisement.

-Je le dirai à nos parents, souffla sa sœur aînée avec un sourire mauvais.

-Vas-y, fais-le, tu ne sais faire que ça, courir dans les jupons de nos parents, déclara Fauve en la regardant droit dans les yeux. En attendant, tu obstrues le passage avec tes amies en plus de polluer mon espace vital, alors si tu voulais bien te déplacer, à moins que cela ne soit trop dur à comprendre pour ta pauvre petite personne, siffla-t-elle en bousculant sa sœur pour passer et continuer son chemin. »

Elle s'en moquait bien, elle pouvait tout raconter à ses parents. De toute manière, elle restait à Poudlard pour les vacances de Noël. Au moins, elle serait tranquille et n'aurait pas à entendre les commentaires désobligeants de sa sœur et ses parents. Cependant, même si elle se moquait qu'Eileen répète tout de cette conversation, ses paroles résonnaient en elle, martelant son cœur et son âme. Fauve soupira profondément, tentant de les oublier même si ce soir elle viendrait à ne rien manger. Après tout, cela ne pouvait que lui faire du bien de maigrir un peu. Était-elle réellement objective avec elle-même ? Était-elle vraiment grosse ou n'était-ce que dans sa tête ? On lui avait tellement rabâché qu'elle était potelée que maintenant, elle y croyait dur comme fer ! Seulement, elle était jeune et la puberté arrivait. En grandissant, elle viendrait à s'affiner et cela sans aucun régime ou privation de nourriture et ça, Fauve semblait l'oublier.

Au même moment, dans le parc qui était recouvert d'un épais manteau neigeux, un groupe d'élèves était attroupé devant le Saule cogneur, tentant de le toucher, ce qui était très dangereux au vu de la férocité de l'arbre. Remus se sentait mal à l'aise : c'était à cause de lui que cet arbre avait été planté. Si un élève venait à être blessé, il s'en voudrait éternellement. Il ne fallait surtout pas que ses amis l'approchent ! C'était tout simplement du suicide ! Il vit alors James avancer avec un grand sourire sur les lèvres, mais fut retenu par la main de Lupin se posant sur son épaule :

« N'y va pas James, c'est dangereux. Imagine que vous vous fassiez percuter par une branche du saule ?

-Détends-toi Rem, il nous arrivera rien, ce n'est qu'un jeu, répondit le jeune Potter.

-Un jeu ? répéta incrédule Lupin en sentant toute sa patience et son contrôle s'effriter. UN JEU ? Et vous pensez aux conséquences ? Vous êtes inconscients et stupides ma parole ! LA VIE N'EST PAS UN JEU !

-Écoute Remus, tenta d'apaiser Peter.

-Non ! Je ne vous écouterai pas ! Vous n'êtes que des IDIOTS ! Cria le concerné en s'enfuyant sous les regards abasourdis de ses amis qui n'y comprenaient strictement rien. »

James et Sirius se regardèrent mutuellement en fronçant les sourcils puis se tournèrent vers l'arbre. Pourquoi est-ce que Lupin avait-il réagi aussi excessivement ? Certes, le Saul cogneur était loin d'être inoffensif, mais ses paroles, les propos qu'il venait juste de proférer, paraissaient avoir un sens beaucoup plus profond. Pourquoi semblait-il aussi nerveux au fait qu'ils approchent cet arbre ? Avait-il vraiment peur qu'ils soient blessés ? Si c'était le cas, pourquoi avait-il perdu toutes ses couleurs peu de temps avant, lorsqu'ils lui avaient annoncé qu'ils allaient voir le Saule ? Pourquoi Remus se refusait-il à s'amuser, à rire, à vivre tout simplement ? À moins que… Black et Potter tournèrent aussitôt la tête vers le saule en se sentant approcher fébrilement de leur but. Le saule avait un rapport avec Lupin, ils en étaient persuadés ! C'était la raison pour laquelle Remus s'était énervé !

« Tu penses à la même chose que moi ? demanda Sirius en tournant la tête vers son ami sous le regard incompréhensif de Peter.

Pour seule réponse, James hocha de la tête, plus sérieux que jamais, confirmant ainsi les doutes de Black.

« De quoi parlez-vous ? S'enquit Pettigrow en fronçant les sourcils.

-Le Saule cogneur a un lien avec le secret de Remus, répondit Potter en remontant ses lunettes sur l'arcade de son nez. »

La bouche de Peter forma un « O » qui attesta sa surprise face à cette révélation. Il n'aurait jamais cru ça, mais quel était le lien entre tout ça ? La maladie de Remus, le saule, ses disparitions mensuelles... Ça n'avait aucun sens ! En quoi un arbre pourrait-il contribuer à son secret ? Cela, les trois garçons l'apprendraient très bientôt.

Deux semaines plus tard, les vacances de Noël venaient d'être entamées, la neige recouvrait totalement le château et ses alentours tandis que deux garçons jouaient à une bataille de boules de neige sous le regard de Remus par le biais de la fenêtre de sa salle commune. James et Sirius l'avaient invité à se joindre à eux, mais depuis leurs dernières conversations, il y avait un froid entre eux, ou plutôt une tension, chacun épiant les autres. Le jeune Lupin savait désormais, et il en était même convaincu, que ses amis avaient des soupçons. L'étau était en train de se resserrer autour de lui. En plus, il allait de nouveau s'absenter dans deux jours puisque la lune se ferait ronde le lendemain de Noël. C'était la raison pour laquelle, il n'avait pas rejoint sa mère : il avait préféré rester à Poudlard pour bénéficier des soins de Mme Pomfresh. Il soupira profondément, provoquant un nuage de buée sur la vitre. Comme il enviait James et Sirius à cet instant. Il aurait aimé être aussi insouciant qu'eux, mais cela lui était impossible.

Il dériva alors son regard vers une autre personne qui était restée durant les vacances : Fauve. Remus était très étonné de la voir ici alors que sa sœur était repartie chez elle. Il était certain que sa jeune amie avait des problèmes avec ses parents, seulement, elle ne parlait jamais d'elle. C'était un véritable combat pour lui arracher le moindre mot dès que cela la concernait. Assise en face de la cheminée, à même le sol, un livre entre ses mains, ses cheveux retombant de part et d'autre de son visage, elle était d'une discrétion sans équivoque comme si elle gênait son entourage. James et Sirius n'avaient pas particulièrement apprécié que Grey soit ici, mais Remus se moquait éperdument de leur fichue jalousie qui ne rythmait à rien ! Surtout Sirius, c'était le pire des trois. Le Lycan s'avança doucement vers son amie puis dit :

« Tu viendras au repas de demain soir ?

-Non, répondit-elle sans même détacher ses yeux de son ouvrage.

-Mais c'est la veille de Noël, les professeurs font un grand repas. Ça peut être sympathique, tenta Remus en prenant place à ses côtés.

-Je ne viendrai pas, dit-elle. Je n'aime pas particulièrement les fêtes de fin d'année, avoua Fauve en entendant son ami soupirer.

-Pourquoi n'es-tu pas retournée chez toi ? demanda-t-il en essayant de captiver son regard.

-Je te retourne la question, murmura-t-elle en fermant soudainement son livre tout en l'observant droit dans les yeux.

-Je vois, souffla-t-il en levant la tête vers le plafond. Tu ne veux rien me dire.

-Je… je suis désolée Remus, je n'ai pas très envie d'en parler, c'est inutile de toute manière, confia-t-elle en se triturant les doigts nerveusement. C'est une perte de temps. Toi aussi, tu ne me dis pas tout, ajouta Grey le regard intense, même si j'aimerais pouvoir t'aider et soulager ta douleur. »

Lupin tourna aussitôt la tête vers elle. Savait-elle ? Avait-elle compris ? Elle parlait avec tant de douceur et de compassion. Non, elle ne pouvait pas avoir découvert sa condition, sinon elle le lui aurait dit ! Elle devait avoir tout au plus des doutes, mais rien de plus, un peu comme ses amis. Le Gryffondor se leva aussitôt puis s'excusa comme quoi il allait se reposer un peu, ayant mal à la tête. Peut-être que sa mère avait raison ? Peut-être devrait-il leur faire confiance ? Seulement, c'était si difficile, si compliqué, cela allait à l'encontre de tous les principes qu'ils s'étaient fixés juste avant son entrée à Poudlard. Cependant, ne les avait-il pas franchis en se liant d'amitié avec James, Sirius, Peter et Fauve ? Il soupira une énième fois tout en montant les marches menant à son dortoir où il s'enferma puis s'allongea sur sa couchette, tentant de tout oublier de ses tracas.

Le lendemain soir, tous les élèves restant à Poudlard étaient regroupés autour d'une grande table avec les professeurs : James, Sirius et Remus ainsi que deux Serdaigles et un Poufsouffle. La Grande Salle était décorée de six sapins tandis que de la neige tombait magiquement du plafond pour disparaître une fois arrivée au sol. Alors que tout le monde allait commencer son repas, la voix du directeur retentit :

« Il manque une personne à cette table, peut-être devrions-nous attendre Miss Grey ? dit Dumbledore en observant Lupin droit dans les yeux.

-Mais Albus, vous n'y pensez pas ! S'insurgea le professeur de divination. Nous sommes douze à cette table. Si cette élève vient à nous rejoindre, le premier qui sortira de table sera maudit !

-Voyons, voyons Cassandra, vous êtes trop superstitieuse, prononça le concerné.

-Albus à raison, ce ne sont que de vieilles superstitions sans aucune importance, approuva Minerva, tandis que sa collègue lui lança un regard mauvais, se replongeant dans le contenu de son assiette. Eh bien, bon appétit à tous ! proclama McGonagall. »

Sans attendre la jeune Fauve, tout le monde entama son repas dans la joie et bonne humeur tandis que Remus pouvait sentir le regard du directeur sur lui. Pourquoi l'observait-il avec autant d'intensité ? Savait-il pour son amitié qui le liait à Fauve ? Pourquoi n'était-elle pas venue au dîner ? Était-ce vraiment parce qu'elle n'aimait pas les fêtes de fin d'année ? Et si oui, pourquoi ? Pourquoi ne venait-elle jamais manger aux repas ? Mangeait-elle au moins ? Il ne s'en était jamais vraiment inquiété jusqu'à maintenant, mais quelque chose lui faisait sentir que sa jeune amie agissait bizarrement.

Le reste de la soirée se passa dans la joie et la bonne humeur. Les trois garçons n'avaient jamais passé un aussi bon réveillon, surtout Sirius ; il était vraiment heureux d'être resté à Poudlard plutôt que de retourner chez ses parents. Entre dinde rôtie, saucisses grillées, sauces onctueuses, confiture d'airelles et partout sur la table des pochettes surprises avec des pétards qui explosaient en faisant jaillir des cadeaux, ils n'avaient pas eu le temps de s'ennuyer. Des buches de Noël et des puddings avaient suivi le repas. D'ailleurs, James avait failli se casser une dent en trouvant une mornille en argent dans sa part sous le rire de Black, qui ressemblait étrangement à un chien. Ils avaient bien bu et ri avec leurs professeurs et le reste des élèves. Chacun d'eux repartit les bras chargés de cadeaux découverts dans les pétards surprises, notamment des ballons lumineux increvables, un kit pour faire pousser des verrues, dont James et Sirius comptaient mettre à profit sur Rogue à son retour, et un jeu d'échec version sorcier. Alors que les trois Gryffondors retournaient dans leur dortoir, Remus fut interpellé par Dumbledore. Le concerné se retourna et dit à ses amis de partir en avant. Lupin se demandait bien pourquoi son directeur l'avait appelé et ce qu'il lui voulait. Il s'avança doucement vers lui quand Albus sortit de derrière son dos une part de gâteau au chocolat dans une assiette. Il fronça les sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir. Puis, Dumbledore lui dit :

« Ceci est pour ta jeune amie, je suis certain qu'elle appréciera. Le chocolat adoucit les mœurs, souffla-t-il, les yeux pétillants.

-Merci beaucoup professeur, répondit Remus, en se demandant bien comment il avait pu savoir que Fauve aimait le gâteau au chocolat et qu'elle était son amie. »

Sans un mot de plus, son professeur repartit tandis que le loup-garou observait l'assiette quelques instants avant de reprendre son chemin. Cette rencontre était étrange. Pourquoi lui avoir donné cette part de gâteau ? « Le chocolat adoucit les mœurs ».Est-ce que son directeur savait quelque chose à propos de Fauve ? Il espérait qu'elle ne soit pas encore couchée. Tout en étant dans ses pensées, il entra dans la salle commune où il ne vit personne. Soupirant, il se dirigea vers son dortoir quand il entendit un léger gémissement. Il se retourna aussitôt et aperçut sa jeune amie couchée sur le canapé, dormant à poing fermé. Un fin sourire s'étalait sur son visage. Il fit demi-tour, posant l'assiette au sol quand son attention fut attirée par un papier roulé en boule non loin du canapé. Sa curiosité fut piquée à vif. Cela devait appartenir à Fauve. Peut-être l'avait-elle laissé tomber ? Pourquoi l'avoir chiffonné ? Il tendit une main vers le parchemin tout en se mordant les lèvres. Il pourrait peut-être juste y jeter un coup d'œil ? Jetant un regard furtif à son amie qui dormait toujours, il attrapa la boule de papier qu'il déplia en faisant le moins de bruit possible. Remus fronça les sourcils quand il vit les écritures brouillées par des tâches d'eau. Il détourna la tête tout en observant Fauve. Devait-il la lire ? C'était mal de fouiller ainsi, ça ne le regardait pas, mais elle ne lui disait rien. Après tout, elle ne viendra jamais à le savoir ? Lupin reporta son attention sur la lettre écrite par ses parents qu'il lut avec grande difficulté. Ce qui l'étonna fut d'abord la date : ce parchemin datait de plus d'un an !

Fauve,

Nous avons appris par ta sœur que tu avais été répartie à Gryffondor, imagine notre étonnement ! Toi, une Gryffondor ? Alors que tu es sûrement la plus peureuse des gamines qui nous ait été donnée! Néanmoins, cela est une chance que tu ne sois pas à Poufsouffle, tu ne procureras aucune honte à notre famille ou à ta sœur. D'ailleurs, si nous apprenons que tu lui as causé le moindre souci, compte sur nous pour entendre parler du pays. Ne nous donne pas de tes nouvelles, Eileen s'en chargera, elle a une plus belle écriture que toi.

Ta mère me fait dire aussi de ne pas manger trop, tu es déjà bien assez grosse comme ça ! Prends un peu exemple sur ta sœur pour une fois dans ta vie ! On se revoit à Noël. D'ici là, comporte-toi bien !

John Grey.

Dire que Remus était ahuri, en colère voir furieux, était un euphémisme ! Qui était-il pour parler ainsi à son enfant ? Il était si froid, si hostile envers Fauve ! Était-il vraiment son père ? C'était à s'en pincer pour voir s'il ne rêvait pas ! Toujours à la comparer à sa sœur, cela devait en être étouffant et horrible. Lupin se tourna lentement vers son amie, tout en froissant à son tour le parchemin qu'il laissa tomber à terre. Elle avait pleuré en lisant cette lettre. Pourquoi l'avoir reprise ce soir ? L'avait-elle relue ? Pourquoi se faisait-elle autant de mal ?« J'aimerais tellement qu'ils soient fiers de moi ».Ces paroles résonnaient dans son esprit tel un disque qu'on aurait oublié d'arrêter. Voilà ce qu'elle voulait : l'amour de ses parents. Était-ce pour ça qu'elle ne venait pas manger ? À cause de leurs paroles ? Sautait-elle les repas parce qu'elle se trouvait grosse ? L'inquiétude s'empara de Remus. Si c'était le cas, mangeait-elle correctement ? Il est vrai qu'elle était un peu enrobée, mais de là à dire qu'elle était grosse, c'était exagéré ! Cependant, il avait aussi remarqué qu'elle avait maigri du visage depuis cet été. Si seulement, elle concédait à plus lui parler, à s'ouvrir à lui ! Il avait les mains et les poings liés. Que pouvait-il faire ou dire ? Lui avouer qu'il avait lu la lettre ce serait briser la confiance qu'elle avait enlui. Il s'agenouilla à sa hauteur tout en l'observant affectueusement. Elle se faisait toujours du souci pour lui, mais elle, qui prenait soin d'elle ? Il n'avait pas été assez présent, pas autant qu'il l'aurait voulu. Certes, ils s'étaient rapprochés, mais il y avait une barrière entre eux, une barrière qu'ils avaient érigée tous les deux, lui pour ne pas qu'elle découvre son secret, mais elle, il ne savait pas pourquoi. De quoi avait-elle peur en se confiant ? Pourquoi était-elle si secrète ?

Lupin soupira profondément. À quoi bon y réfléchir, il n'aurait aucune réponse à ses questions. Alors qu'il s'apprêtait à partir, une main s'agrippa à son pantalon, le faisant retourner. Il croisa le regard à moitié endormi de Fauve.

« Ne pars pas, souffla-t-elle. »

Remus ne sut quoi dire, quelque peu gêné, voir très embarrassé. Il prit sur lui-même, une nouvelle fois, puis s'assit sur le rebord du canapé tandis que Fauve se recula tout au fond du divan. Au même moment, les douze coups de minuit résonnèrent dans la salle commune. Le jeune Gryffondor sourit et murmura :

« Joyeux Noël Fauve.

-Joyeux Noël Remus, répondit-elle à son tour, en sentant ses yeux devenir lourds. »

Il attendit qu'elle s'endorme pour pouvoir partir. Malheureusement, celle-ci tenait fermement son pantalon. Décidément, il n'avait pas de chance. Il espérait que James et Sirius soient couchés sinon il pouvait déjà entendre leurs petits commentaires. Il regarda le peu de place qu'il y avait sur le sofa rouge, en proie avec un dilemme de taille. Devait-il s'arracher à son contact ou venir la rejoindre ? Avec la lune qui serait pleine demain, il était très fatigué et tout ce qu'il souhaitait, c'était de pouvoir dormir. Après tout, c'était son amie, une très bonne amie. Il pouvait passer la nuit avec elle, ils ne faisaient rien de mal. Remus s'allongea du mieux qu'il put à côté de Fauve qui paraissait être une véritable petite marmotte. À cette pensée, un petit rire s'échappa de sa bouche, tout en tentant de trouver une position confortable. Finalement, ce fut la fillette qui enroula un bras autour de sa taille pour se coller contre lui tout en marmonnant plein de choses incompréhensibles sous le regard amusé de Lupin. Il se tendit quelques minutes puis se décontracta au fur et à mesure, tout en se laissant emporter dans les bras de Morphée ou plutôt de Fauve. Cette nuit-là, il ne fit aucun cauchemar. Cette nuit-là, ils dormirent comme deux enfants insouciants.

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Le lendemain matin, ce fut avec un mal de dos et de cou horrible que Remus se réveilla en sursaut en entendant la voix ô combien merveilleuse de Sirius résonner dans tout le dortoir. « Joyeux Noël ! ». Le loup-garou cligna plusieurs fois des yeux et en voyant une tignasse de cheveux auburn devant ses yeux, les souvenirs de la veille au soir lui revinrent aussitôt en mémoire. Puis, il se mit à rougir en voyant dans quelle position ambigüe ils se trouvaient. Fauve était à moitié sur lui, il pouvait sentir son souffle et voir le moindre détail de son visage. Il décida de se déplacer doucement avant que ses amis n'arrivent, sinon ils étaient fichus. Son amie n'ouvrit même pas un œil. Décidément, elle avait le sommeil plutôt lourd. Il valait peut-être mieux la réveiller. Il entreprit alors de la secouer et ce fut qu'au bout de quelques secondes que celle-ci voulut bien s'extirper de son sommeil. Fauve sursauta légèrement en tombant face au visage de Remus avant de se mettre à chercher frénétiquement quelque chose. Son ami lui tendit alors la boule de papier qu'il ramassa :

« C'est ça que tu cherches ? »

Grey observa alternativement le parchemin froissé puis Remus, méfiante et le regard plissé, pour finalement lui arracher de la main et s'enfuir comme une voleuse vers son dortoir. Lupin se passa une main nerveuse dans les cheveux, ne comprenant réellement pas sa réaction. Elle était réellement insaisissable par moment. Peut-être avait-elle cru qu'il avait lu le mot, ce qui était le cas. Il grimaça tout en montant vers son dortoir. Il espérait qu'elle ne découvre pas ce fait avant très longtemps. Il n'avait jamais vu Fauve en colère et il ne voulait pas l'imaginer. Quoiqu'elle était apparemment du genre à pardonner assez facilement. Remus eut à peine le temps de franchir le pas du dortoir que ses deux amis sautèrent sur lui tout en lui criant dans les oreilles des « Joyeux Noël » à tout va, tout vient, donnant un mal de crâne terrible au loup-garou. Ils l'amenèrent alors vers l'endroit où des cadeaux étaient déposés, prêts à être déballés. Sirius fut surpris en voyant trois cadeaux à son nom. Il ne s'attendait pas du tout à en avoir et encore moins de ses parents. Il croisa le regard rieur de James qui lui fit une grande tape dans le dos en disant :

« Alors, on les déballe ces cadeaux, oui ou non ? »

Black hocha aussitôt de la tête, se jetant sur ses présents tout comme James tandis que Remus le fit plus calmement en souriant légèrement devant le comportement enfantin de ses amis. Sirius prit le premier sur la pile avec un mot : « Pour Sirius de la part de James ». Le concerné arracha littéralement l'emballage pour y découvrir tout un équipement de farces et attrapes de Zonko. Il eut de la part de Remus une grosse boîte de Chocogrenouilles et de Peter une paire de gants. C'est alors que James étouffa un cri de surprise en ayant déballé le cadeau de ses parents. Il tenait entre ses doigts un morceau de tissu très léger, d'une teinte argentée, qui glissa sur le sol où il se forma un petit tas aux reflets luisants. James savait exactement ce que c'était en ayant vu son père la revêtir de nombreuses fois pour jouer avec lui à une partie de cache-cache ou encore l'emprunter pour son travail. Il n'aurait jamais cru que son père viendrait à la lui offrir ! Il pouvait déjà imaginer tout ce qu'il allait faire avec, comme sortir en douce la nuit pour partir à la découverte du château ou encore poursuivre Remus avec Sirius. Il n'allait pas pouvoir les repérer avec ça ! C'était formidable !

« C'est une cape d'invisibilité ! s'exclama soudainement Black. Waouh ! Essaie-la ! »

James revêtit aussitôt la cape, recouvrant ses épaules tandis que tout son corps disparut, sa tête flottant dans les airs comme par magie sous les regards ébahis de Sirius et Remus.

« C'est génial ! Imagine, on va pouvoir sortir la nuit pour découvrir des passages secrets ou de nouvelles pièces ! s'écria Sirius tout aussi excité que son ami sous l'air réprobateur de Lupin qui paraissait voir ça d'un mauvais œil.

Et pour cause : s'ils venaient à se faire prendre, ils écoperaient d'une sacrée retenue et d'une perte de points considérable. Il fallait toujours qu'ils aillent au dessus du règlement. Cependant, Remus se garda bien de leur dire, il ne voulait pas s'attirer leurs foudres et puis c'était ses amis, il les aimait beaucoup trop. James eut un livre sur le Quidditch par Remus et Peter tandis que le Lycan reçut deux livres sur les défenses contre les forces du mal par Peter et James ainsi qu'une boîte de chocolats moldus par Fauve. Il en fut d'ailleurs très étonné puis amusé, lui ayant offert la même chose. Sirius s'excusa de ne rien leur avoir offert, se sentant mal à l'aise par rapport à eux, mais ses deux amis le rassurèrent pleinement, comme quoi ce n'était pas si grave.

Le reste de l'après-midi, James et Sirius le passèrent à faire des batailles de boules de neige, n'ayant pu entraîner Remus avec eux, celui-ci refusant catégoriquement de sortir par un froid pareil ! Il était trop bien au chaud pour être frigorifié, surtout qu'il comptait bien se reposer un peu avant cette nuit douloureuse où la part de monstruosité qui résidait en lui allait prendre le dessus. Assis dans un fauteuil en face d'un bon feu de cheminée, lisant le livre que Peter lui avait offert, il entendit une personne arriver derrière lui puis la voix de son amie :

« Merci pour les chocolats Remus et merci pour cette nuit, dit-elle en déposant un léger baiser sur sa joue, le visage aussi rouge qu'une pivoine. »

Le concerné n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit qu'elle s'était déjà volatilisée vers sa chambre. Un sourire s'étira sur ses lèvres, rassuré de l'avoir revue, lui prouvant ainsi qu'elle ne se doutait de rien. Peut-être était-ce mieux ainsi. Il attendrait qu'elle vienne complètement à lui. En attendant, il veillerait sur elle. La journée passa très vite. Sirius et James revinrent trempés de la tête au pied puis prirent une bonne douche pour se réchauffer. Une fois retournés dans la salle commune, ils remarquèrent très vite que Remus paraissait fatigué, abordant encore cet air malade. Allait-il disparaître prochainement ? Peut-être était-ce le moment de se servir de la cape d'invisibilité ? Les soupçons de Potter se confirmèrent quand le livre de son ami se referma brusquement, celui-ci invoquant un mal de tête. Il les avertit qu'il allait se rendre à l'infirmerie. James accourut à toute vitesse vers son dortoir, s'emparant de son bien le plus précieux et sortit de la pièce en toute précipitation, suivi de Sirius. Heureusement que Remus marchait lentement sinon ils l'auraient sans aucun doute perdu. Les deux amis étaient recouverts de la cape, marchant le plus silencieusement possible. Apparemment, Lupin ne paraissait pas sentir leur présence. Seulement, ce fut avec déception, qu'ils virent qu'il se dirigeait bien vers l'infirmerie.

« Peut-être devrions-nous rentrer ? Chuchota Sirius à son oreille. »

James haussa les épaules pour simple réponse puis ils entrèrent dans le lieu médical. Après tout, cela ne leur coûterait rien. Et là, ils virent quelque chose de très étrange : l'infirmière arrivant vers leur ami, un pâle sourire aux lèvres comme si elle attendait sa présence.

« Comment vas-tu Remus ? S'enquit la sorcière en posant une main sur son épaule.

-Ça peut aller, répondit-il en s'allongeant sur le lit. Un peu fatigué et j'ai mal à la tête.

-Repose-toi ici avant que la nuit tombe, ajouta Mme Pomfresh en lui faisant boire une potion contre la migraine. Je te réveillerai pour te préparer. »

La nuit ? Se préparer ? Les deux amis se regardèrent en même temps, n'y comprenant rien. De quoi parlait l'infirmière ? Elle paraissait habituée dans tous les cas. Que devait-il faire maintenant ? Attendre ou retourner au dortoir ? La nuit n'allait pas tomber avant une ou deux heures. D'un commun accord, Black et Potter prirent la décision de rester. Ils allèrent dans un coin de la pièce et s'assirent à même le sol, toujours sous la cape, se serrant le plus possible pour ne pas se faire découvrir. Les secondes, les minutes et les heures parurent interminables tellement l'attente fut longue. Sirius dut réveiller plus d'une fois James qui sommeillait à moitié sur son épaule tandis qu'un filet de bave semblait faire sa route au coin de sa bouche. Black grimaça légèrement puis mit un coup de coude dans le flanc droit du brun à lunettes qui se réveilla en sursaut :

« Hein ? Quoi ? Désolé maman, je…

Le jeune Potter stoppa dans sa phrase en se rendant compte où il se trouvait.

-Essuie ta bave. Il te manque plus que la langue pendante et on dirait un chien, s'amusa Sirius en reportant son attention sur Remus qui dormait.

-La ferme Black et je ne bave pas ! protesta James.

-Tais-toi, on va se faire repérer, répliqua Sirius en lui plaquant une main sur la bouche. »

En effet, Mme Pomfresh venait tout juste de sortir de son bureau, s'avançant vers le lit de son patient qu'elle réveilla en douceur, comme une mère pourrait le faire avec son fils. Les deux garçons n'avaient jamais vu l'infirmière agir avec autant de tendresse envers un patient. Elle devait vraiment bien connaître Remus. Le concerné s'éveilla puis enfila une cape autour de ses épaules, suivant la sorcière en silence sous les yeux curieux de Potter et Black qui prirent la décision de les suivre. Où pouvaient-ils aller ainsi ? Malheureusement, Lupin et Pomfresh sortirent dans le parc et continuer à les poursuivre serait révéler leur présence avec la neige qui craquerait sous leurs pas, en plus de dessiner leurs traces. Cependant, les deux Gryffondors ne rendirent pas les armes et avec une rapidité déconcertante, ils montèrent plusieurs escaliers, s'accoudant à une fenêtre pour suivre les silhouettes dans la nuit. Qu'est-ce cela signifiait ?

« Il va vers le Saule cogneur, souffla James en provoquant un nuage de buée sur la vitre.

-Tu en es sûr ? dit Sirius.

-Oui, c'est la direction. Qu'est-ce qu'il va faire là-bas ? Et avec l'infirmière ? ajouta Potter en rentrant vers leur tour. »

Cela n'avait aucun sens ! Pourquoi Lupin avait-il besoin d'aller au Saule cogneur ? Pourquoi rendre visite à l'infirmière ? Qu'allaient-ils faire là-bas ? Quel lien y avait-il avec cet arbre ? Sirius tourna la tête vers le ciel dégagé tandis que la lune resplendissait de toute sa magnificence, affichant cet air mélancolique comme à chaque fois qu'elle était pleine. Il fronça alors les sourcils tout en s'arrêtant soudainement. Le Saule cogneur, ses disparitions mensuelles, l'infirmière, son air maladif, ses colères subites, ses mensonges ; tout cela avait un sens et un nom. Sirius se mit à courir subitement vers la salle commune sous l'air ahuri de James qui ne comprenait pas son comportement. Les deux garçons entrèrent dans leur tour, puis dans leur dortoir, tandis que Black remua ciel et terre pour trouver ce foutu calendrier afin de confirmer ses soupçons. Au bout de plusieurs minutes, l'air triomphant, il tint entre ses doigts l'objet de sa convoitise alors que Potter se rapprochait de lui, observant par-dessus son épaule ledit calendrier, un calendrier dont chaque mois était coché d'une petite croix à une date bien précise. Le regard inquisiteur, Sirius lui répondit :

« Ce sont les dates durant lesquelles Remus disparaît. Tu n'as rien remarqué de spécial ?

-Eh bien, à part que c'est une fois par mois, dit James en fronçant les sourcils.

-Précisément et qu'est-ce qu'il y a une fois par mois ? interrogea Black en se tournant vers son ami. »

Le brun à lunettes plissa légèrement les yeux en proie avec ses réflexions quand soudain sa tête se tourna vers la fenêtre qui laissait transparaître la pleine lune. Sa bouche s'ouvrit en grand après avoir arraché le calendrier des mains de Sirius, l'observant à son tour avec attention. Tout concordait, trop bien même. Comment n'avaient-ils pas pu comprendre ? Tout était sous leurs yeux ! C'était si simple, trop simple peut-être ! Il n'aurait jamais cru ça. Comment pourrait-on se l'imaginer ? Lupin, le si gentil Remus, si patient, si doux, si mature, pouvant se montrer en colère d'une minute à l'autre sans raison équivoque. Ou plutôt si, maintenant James comprenait beaucoup mieux son ami et ses réactions. Tout était lié et ils ne pouvaient le renier. Remus Lupin était un loup-garou.