Chapitre 6 : Les Maraudeurs !

Les vacances étaient finies depuis plusieurs jours maintenant, plus exactement quinze jours. Sirius et James n'avaient rien dit à Remus sur le fait qu'ils avaient découvert son secret. Ils attendaient le bon moment ou plutôt ils ne savaient pas quoi faire de cette information. Ils en avaient parlé à Peter qui n'avait rien dit, mais son regard en avait dit long sur le sujet : il avait peur. Mais qui ne serait pas effrayé ? Les loups-garous étaient réputés pour être des monstres sanguinaires et beaucoup de sorciers haïssaient les hybrides. James n'avait pas trop d'avis sur la question. À vrai dire, leur ami était humain la plupart du temps sauf une fois par mois et apparemment, il était enfermé. Était-il dangereux ? Non. Était-il méchant, agressif ? Non, loin de là, Remus était la personne la plus serviable qu'on puisse connaître. Devait-il le rejeter, le haïr pour quelque chose dont il n'était pas responsable ? Ce serait eux les inhumais dans ce cas-là ! James ne savait pas quoi faire, c'était très délicat comme situation. Aucun des trois n'avait fui leur ami comme la peste, mais une sorte de tension régnait comme depuis le début de l'année.

Quant à Sirius, il paraissait calme, trop calme, mais à l'intérieur, il bouillonnait ! Il n'avait qu'une seule envie : coincer son ami Remus contre un mur et lui cracher toute la colère qui le submergeait jour après jour ! Ça le tuait de voir Lupin agir normalement avec eux alors qu'il mentait ! Était-ce ça l'amitié ? N'avait-il donc aucune confiance en eux ? Il ne pensait pas pouvoir tenir encore très longtemps avant de pouvoir tout révéler. Certes, il avait été surpris, grandement étonné, mais Remus était son ami avant tout et s'il y avait une chose que Black privilégiait, c'était l'amitié ! Fidèle jusqu'au bout, comme pouvait l'être un chien avec son maître. Il vit alors Remus fermer son livre pour aller se coucher. C'était l'occasion ou jamais. Sans aucune hésitation Sirius suivit son ami dans le dortoir, ainsi que James et Peter qui pressentirent quelque chose.

La porte du dortoir se referma brusquement, faisant retourner Remus qui fronça les sourcils, quelque peu étonné. Pourquoi ses amis paraissaient-ils si graves ? Ils avaient un comportement étrange depuis plusieurs jours. Une petite voix vicieuse fit irruption dans son esprit en lui murmurant qu'ils avaient tout découvert. Cette pensée, aussi fugace soit-elle, lui fit froid dans le dos : tout, mais pas ça ! Leurs regards en disaient plus long que des mots. Il devait fuir. Il ne voulait pas les entendre cracher leur dégoût, les voir le pointer du doigt ! Il voulait juste partir, loin, très loin. Il amorça alors un pas puis deux vers la porte quand Sirius se positionna devant lui et dit :

« Où vas-tu comme ça ?

-Je… Je dois aller rejoindre Fauve, bafouilla Remus devant le regard noir de son ami.

-Tu mens ! s'écria Black. Quand cesseras-tu de mentir et de nous fuir ? Quand ?

-Sirius calme…

-Je ne me calmerai pas ! répliqua le concerné en s'arrachant de la poigne de James, alors que Remus recula de plusieurs pas tout en se pinçant les lèvres. Si ça se trouve, sa petite copine de Grey savait tout avant nous ! ajouta-t-il avec un rictus méprisant. Si on était vraiment ses amis, il nous aurait tout dit !

-Sirius, je…, bégayai le jeune Lupin en sentant sa gorge se nouer sensiblement.

-Tu quoi ? Tu t'excuses ? Si tu veux tout savoir, on sait que tu es un loup-garou ! On sait tout, on a découvert ton petit secret Lupin ! Tu n'es qu'un lâche !Cracha Sirius avec férocité, sous la mine blême de Remus. »

Comment avaient-ils pu tout découvrir ? Il se sentait si mal, si mal. Il avait l'impression que tout se dérobait sous ses pas. Il était maudit ! Ne pouvait-il pas avoir une vie normale ? Une vie comme tous les autres de son âge ? Mais était-il normal ? Non, il était juste un monstre ! Un monstre rempli d'égoïsme qui ne savait que faire du mal aux autres : Fauve, Sirius, James, Peter. Tout ce qu'il avait envie, c'était de disparaître, ne pas voir leur visage rempli de compassion, de pitié, de colère ! Lupin fonça directement sur ses camarades de chambre, ne pouvant supporter les accusations de Sirius plus longtemps. Il les bouscula et sortit en trombe du dortoir. Pourquoi ne pouvaient-ils pas comprendre ? Oui, il était un lâche, il fuyait encore et encore, mais avait-il seulement le choix ? Il haïssait sa condition, il se haïssait du plus profond de son être ! Il traversa la salle commune, ignorant les appels de son amie Fauve, soucieuse de le voir dans cet état. Il courut encore et encore pour tous les fuir, la seule chose qu'il savait bien faire, tandis que les paroles de Sirius résonnaient dans son esprit en une litanie sans fin. Tu n'es qu'un lâche, un lâche, un lâche ! Les souvenirs du passé semblèrent reprendre peu à peu leur place, le submergeant au fur et à mesure de son avancée dans les couloirs du château. Son père lui ordonnant de fuir pour échapper à Greyback, son père criant, hurlant, le sang, la douleur. Il voulait tout oublier ! Les larmes affluèrent, brouillant tant sa vision qu'il en vint à tamponner une personne qui n'était autre que :

« Remus ! s'exclama Lily, horrifiée par la vision qu'offrait son camarade. »

Pourquoi pleurait-il et courait-il ainsi ? Pourquoi était-il dans cet état ? Il semblait aller vraiment mal. Elle ne l'avait jamais vu ainsi auparavant. Que se passait-il ? S'était-il produit quelque chose de grave ? Le cœur de la rouquine se serra violemment en voyant son ami aussi désemparé. Elle n'appréciait pas beaucoup Black, Potter et Pettigrow, mais Lupin c'était tout le contraire. Il n'était pas comme ses copains à toujours rire ou blaguer. Lily adorait Remus, un garçon dont beaucoup de monde qualifiait de mystérieux. Elle posa une main attendrissante sur son épaule et souffla :

« Quelque chose ne va pas ? Tu veux m'en parler ?

-Ça va aller, merci Lily, répondit le concerné en s'arrachant de son contact.»

Si sale, si dégoutant, si monstrueux. Il se mordit les lèvres pour empêcher un sanglot sortir de sa bouche sous le regard démuni de la jeune Evans qui ne savait pas quoi faire ou quoi dire. Alors qu'elle allait tenter une nouvelle approche, elle entendit des pas venir dans leur direction et elle reconnut très rapidement Grey. Merlin qu'elle pouvait détestait cette fille ! Peut-être à cause de leur discussion pendant la répartition. Lily n'avait pas particulièrement apprécié son ton sec et froid. Comment Remus, aussi sensible et doux, pouvait traîner avec une fille pareille ? À moins que cela ne soit qu'une façade ? Après tout, on ne voyait de Grey que ce qu'elle montrait. Peut-être que Lupin connaissait mieux la Gryffondor que tous les élèves réunis. Cependant, Evans ne put s'empêcher de dire sèchement :

« C'est seulement maintenant que tu arrives ? Et tu te prétends être son amie ? »

Remus sécha d'un revers de main ses larmes, se tournant vers Fauve, droite, la tête haute, les yeux foudroyants. Cela en était déconcertant, elle qui pouvait être si fragile par moment.

« Sûrement plus que toi, répliqua la concernée avec un sourire narquois. »

Lily ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle avait raison : Grey était plus amie avec Lupin que n'importe qui d'autre et seuls les trois énergumènes de Gryffondor pouvaient rivaliser. D'ailleurs, beaucoup de ragots couraient à leur sujet. On les voyait souvent ensemble à la bibliothèque, dans la salle commune ou dans le parc. C'était à se demander s'ils ne sortaient pas ensemble. Elle secoua alors sa tête, chassant ses idées d'un battement de cil puis, tout en saluant Remus d'un sourire encourageant, Lily s'en alla, sa présence n'étant pas désirée. Dès que la jeune Evans fut assez loin, Fauve s'avança vers son ami qui lui avait tourné le dos. Sans aucune hésitation, elle lui fit face et glissa une main sur son visage qu'elle releva. Les yeux du loup-garou brillaient étrangement, toute la tristesse et le désespoir du monde semblant s'être abattus sur lui. Ses bras s'enroulèrent autour de son meilleur ami, le serrant contre elle, tout en caressant gentiment son dos. Elle n'aimait pas le voir ainsi. Elle aurait voulu effacer toute cette mélancolie, cette souffrance de son être. Remus ne méritait pas ça. Le jeune Lupin était crispé, tendu, ce contact le mettait mal à l'aise. Il était si monstrueux, toute cette douceur contrastait avec ce sentiment qui le rongeait de l'intérieur. C'est alors que Grey se recula, glissant son pouce sur sa joue pour effacer une larme. Elle murmura :

« Viens avec moi Remus.

-Je ne veux pas retourner dans la salle commune, souffla-t-il.

-Qui t'a dit que je t'emmenais là-bas, j'ai bien mieux, chuchota-t-elle en prenant sa main dans la sienne pour le forcer à la suivre. »

Il n'eut pas d'autre choix que de l'accompagner. Où ? Il ne savait pas et il avouait être légèrement intrigué. Heureusement qu'elle était là pour lui changer les idées. Il se sentait toujours bien en sa présence, rassuré, détendu. Il aimait être avec Fauve autant que ses trois amis. Au souvenir de Sirius et compagnie, ses yeux se voilèrent, ne sachant pas que dans son dortoir, les trois Gryffondors étaient en train de se disputer. James avait donné un violent coup de poing à Sirius dont la lèvre était fendue, sous les yeux exorbités de Peter qui ne savait pas quoi faire, sentant la situation lui échapper des mains.

« Tu n'es qu'un imbécile Sirius ! s'exclama James furieux. Avais-tu besoin de lui dire toutes ces choses ? Il va croire qu'on le déteste et qu'on ne veut plus de lui ! Remus va s'éloigner de nous ! Ce n'était pas ainsi que ça devait se passer ! C'est quoi ton problème à la fin ? Merde, Sirius, tu agis de façon impulsive et excessive ! Comment veux-tu qu'il nous dise son secret ? La plupart des sorciers haïssent les loups-garous, il a du croire qu'on réagirait de la même manière ! s'écria le jeune Potter, les yeux scintillants de colère.

-Il aurait dû nous faire confiance ! répliqua Sirius, enragé. »

Avant qu'il n'ait pu ajouter quoi que ce soit, James empoigna Sirius par le col de sa chemise et le plaqua contre le mur de pierres en le regardant droit dans les yeux, tandis que Peter tentait de calmer la situation.

« C'est quoi ton problème Black ? Souffla le brun à lunettes. De quoi as-tu peur ?

-Je n'ai peur de rien, cracha-t-il, détournant la tête. »

Comment est-ce que James avait pu toucher le point sensible ? Comment avait-il su qu'il avait peur ? Peur de se retrouver seul, sans ami. Il sentit les doigts de Potter se desserrer lentement.

« Il faudra que tu t'excuses pour qu'on puisse parler avec Remus sans prise de tête.

-Je sais, soupira Sirius en baissant la tête. Je suis désolé, j'ai tout gâché. »

« Comme toujours, comme toujours…» pensa-t-il.

Au même moment, Fauve arriva avec son ami au sixième étage devant un portrait qui représentait une femme avec un lac derrière elle, qui paraissait plus vivant que jamais. Grey se posta devant tout en regardant autour d'elle avant de parler :

« Bonjour, Dame du lac.

-Bonjour, mon enfant, répondit la concernée en ouvrant les yeux avec un grand sourire. Je vois que tu as amené un ami, entrez donc, ajouta le portrait en s'ouvrant sur une pièce dans laquelle les deux Gryffondors entrèrent. »

La pièce avait de ce qu'il y a de plus singulier, un feu de cheminée brûlait dans l'âtre, les murs étaient dans les tons de bleu, il y avait deux fauteuils de la même couleur, une petite table basse et un lit baldaquin. On pourrait à s'y méprendre penser à un dortoir de Serdaigle, sauf qu'il n'y avait aucune fenêtre et que le plafond semblait avoir été enchanté, comme celui de la Grande Salle, pour refléter la voûte céleste. C'était tout simplement magnifique. Remus en oublia pratiquement la mauvaise soirée qu'il venait de passer. Il pouvait déjà dire qu'il adorait cette pièce qui respirait la sérénité et le confort. Devant le regard interrogateur de Lupin, la jeune Grey défit ses chaussures et répondit :

« J'ai découvert cet endroit un peu par hasard. Un soir où je n'allais pas très bien, je me suis arrêtée à cet étage et la Dame du lac m'a parlé et réconfortée, avoua-t-elle en rougissant sans regarder une seule minute son ami. Elle m'a alors ouvert le passage sur cette pièce qui était remplie de poussière. Cela devait faire plusieurs années, voire des siècles, qu'elle n'avait pas été habitée. Alors avec des sortilèges de nettoyage, avec beaucoup de patience, j'ai rendu cette pièce habitable, compléta-t-elle en tournant son regard vers Remus avec un demi-sourire, les bras croisés dans son dos.

-C'est ton refuge alors, murmura le loup-garou en regardant tout autour de lui.

-Oui, en quelque sorte. Si je t'ai fait voir cet endroit Remus, c'est parce que tu peux venir quand tu veux, comme aujourd'hui. »

Lupin se tourna vers elle. Il ne s'était pas attendu à ça et en même temps, c'était un très beau cadeau qu'elle venait de lui faire. Il était vraiment content de pouvoir venir ici quand il le désirait, partager cet endroit avec elle. Il fut sortit de ses pensées en sentant la main de Fauve glisser sur sa joue. Elle paraissait inquiète pour lui et pourtant, elle ne devait pas. Il ne méritait pas autant d'attention alors qu'il lui mentait ! Il ne méritait pas son amitié, tout comme celle de ses trois amis. Sirius avait raison. Il voulut s'éloigner, voire même partir, mais c'était sans compter la détermination de sa jeune amie qui le retint par la main et le poussa sur le lit tout en prenant place à ses côtés. Il déglutit passablement, sentant une boule énorme obstruer sa gorge ; il avait tellement envie de pleurer, de laisser éclater sa frustration, sa colère, sa tristesse, mais pas devant elle. Non, ce serait trop honteux. Malheureusement, la voix de Fauve mit toutes ses résolutions à plat :

« Pourquoi est-ce que tu ne vas pas bien ? Que s'est-il passé Remus ? Est-ce à cause de tes amis ? Je vous ai vu monter dans le dortoir et c'est après que…

-Je t'en supplie Fauve, s'il te plait, implora-t-il en fermant les yeux pour retenir au mieux ses larmes. Je ne veux pas en parler.

-Alors pleure, ne retiens pas tes larmes, souffla-t-elle en l'enlaçant tendrement. »

Ces paroles furent libératrices : il pleura, sans aucune retenue et honte. Il se laissa bercer dans les bras de son amie qui lui murmurait des mots doux, le consolant du mieux qu'elle le pouvait. La Gryffondor s'allongea avec lui sur le lit pour plus de confort, sans jamais le lâcher, soufflant sur ses larmes qui roulaient, caressant ses cheveux. Remus se sentait bien, il avait l'impression d'être chez lui avec sa mère, en sécurité. Peu à peu, il se laissa emporter dans les bras de Morphée sous les yeux attristés de Fauve qui enfouit son visage dans le creux de son épaule. Elle ferait tout pour que son meilleur ami aille mieux. Même si elle ne comprenait pas le sens de ses pleurs et de son mal-être, elle serait toujours là pour lui, toujours.

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Une semaine était passée. Une semaine que la discussion entre Remus et ses amis s'était déroulée. Une semaine que le jeune Lupin évitait du mieux qu'il le pouvait ses camarades de chambre. Il n'était plus entré dans son dortoir, dormant au refuge avec son amie Fauve qui le soutenait. Il dormait très mal, entre les cauchemars et la pleine lune qui approchait, le rendant nerveux, à fleur de peau. Il avait la nette impression que toutes ses barrières tombaient une à une. Toute cette histoire le mettait à cran. Ses amis semblaient vouloir le coincer à tout moment. Heureusement qu'il arrivait toujours à les semer. Il ne souhaitait pas les voir. Surtout pour entendre quoi ? Des reproches ? Il en avait assez eu comme ça. Le jeune Lupin soupira profondément, tout en entrant dans la bibliothèque là au moins, il était certain de ne pas les voir, Mme Pince les ayant défendus d'entrer dans sa demeure après les événements de juin dernier. Il s'installa à une table où Fauve viendrait à le rejoindre dans les minutes prochaines. En attendant, il se leva pour parcourir les allées et les étagères de livres. Il avait fini ses devoirs et il avait bien envie de lire un roman ou un ouvrage sur la défense contre les forces du mal. Ses doigts glissèrent sur les livres tout en observant les titres et alors que sa main allait s'en saisir d'un particulièrement intéressant, il se sentit pousser tout au fond de la rangée, à l'abri des regards et des oreilles indiscrets. Sous ses yeux ébahis, Remus vit Sirius en face de lui, déterminé, la mine grave et sérieuse. Que faisait-il ici ? Comment avait-il réussi à entrer ? C'était impossible ! Pourquoi s'obstinait-il à le suivre ? Que lui voulait-il ? Ne se laissant pas démonter, Lupin tenta de passer à côté de Black qui le retint par le poignet et le plaqua contre le mur pour l'empêcher de s'en aller. Depuis le temps qu'il désirait cette conversation, ce n'était pas maintenant que Remus allait filer entre ses doigts. Il paraissait exténué et le mot était faible. Était-ce à cause d'eux ou la pleine lune avait aussi sa part de responsabilité ? Devant le regard interrogateur et effrayé du Lycan, Sirius dit :

« Peter a diverti Mme Pince pendant que je m'introduisais dans la bibliothèque pour pouvoir te parler.

- Me parler, souffla Remus, méfiant. Et me dire quoi ? Cela ne t'a pas suffi la dernière fois Black, siffla-t-il, mécontent et blessé. »

Le concerné dut se mordre les lèvres pour répliquer, reléguant sa foutue fierté et son orgueil au fond de son esprit. Ce n'était pas le moment de se laisser emporter, surtout maintenant qu'il avait la possibilité de discuter avec Lupin. Il prit son courage à deux mains et répondit d'une voix la plus sincère possible :

« Excuse-moi. »

Cette simple phrase fit ouvrir les yeux de Remus de béatitude. Avait-il bien entendu ? Avait-il rêvé ? Sirius Black, en train de s'excuser ? Mais pourquoi ? Il ne comprenait plus rien. Il devait être dans une autre dimension ! Face à l'air surpris de son ami, Black ajouta :

« Pardonne-moi pour tout ce que je t'ai dit. Je ne le pensais pas. Enfin si, enfin non…, dit Sirius en passant une main nerveuse dans ses cheveux devant son monologue maladroit. Désolé, je suis nul. Je me suis comporté comme un imbécile et piètre ami avec toi. Est-ce que tu acceptes nos excuses ? Tu nous manques Remus, tume manques, le groupe n'est rien sans toi. Reviens s'il te plait, on s'en moque de… de ton petit problème mensuel, assura le jeune Black en le regardant droit dans les yeux. »

Remus ne cessait de fixer Sirius, ne semblant pas y croire. S'excuser ? Son ami qui lui demandait pardon, mais de quoi ? N'est-ce pas lui qui leur avait menti, qui ne leur avait pas accordé sa confiance ? Son ami, même s'il lui avait dit des choses blessantes, avait eu toutes les raisons de se mettre en colère. Comment faisaient-ils pour l'accepter avec autant de facilité ? Comment pouvait-il leur manquer ? Était-ce ça l'amitié ? Son cœur palpitait à une vitesse folle, il était totalement perdu et sonné. Il s'était attendu à tout, aux reproches, au rejet, au dégoût, mais voilà qu'on le prenait au dépourvu, le bouleversant au plus haut point. Il ne savait pas quoi dire et étrangement, l'émotion gagnait du terrain. Toute l'accumulation des derniers jours sembla retomber brutalement sur les épaules de Lupin qui se laissa glisser le long du mur, les jambes remontées contre sa poitrine et la tête cachée dans ses genoux. Cette vision glaça le sang de Black qui ne savait pas quoi faire. Quel idiot ! Qu'il était stupide il avait dû faire beaucoup de mal à Remus et ce fut à cet instant qu'il réalisa toute l'ampleur de ses paroles. C'est James qui avait raison. Comment Remus aurait pu leur dire quoi que ce soit alors que les hybrides étaient un sujet tabou dans la société actuelle. Même ses parents venaient à dire des choses les plus monstrueuses possible sur eux !

Sirius se mordit légèrement les lèvres puis s'agenouilla à la hauteur de son ami, en espérant que personne ne vienne dans le coin. C'était les filles d'habitude qui faisaient ce genre d'accolade, mais ne sachant quoi faire d'autre, se moquant éperdument s'ils venaient à être surpris, il enlaça Remus, le serrant contre lui pour tenter de le rassurer, le consoler et lui montrer réellement qu'il était là pour lui. Dire que Sirius et Remus étaient gênés, cela était un euphémisme. Cependant, aucun des deux ne bougea, profitant de la présence de l'un et de l'autre. Black ne dit pas un seul mot. Néanmoins, quand il entendit Lupin sangloter, il raffermit sa prise, restant dans cette position plusieurs minutes, le temps s'écoulant sans s'en rendre compte. Le silence les engloba telle une bulle de réconfort. Sirius finit par se reculer tandis que Remus n'osa pas relever la tête, honteux d'avoir pleuré et de s'être laissé aller ainsi. Il était un garçon Merlin ! Il devrait être plus fort que ça ! Que devait penser son ami ? Il murmura alors d'une voix enrouée :

« Désolé, c'est à moi de me faire pardonner. Je suis désolé de vous avoir menti, ajouta-t-il en croisant les yeux gris de Sirius qui secoua la tête de gauche à droite.

- Non Remus, tu n'as pas à t'excuser. Tout le monde aurait réagi de la même façon pour se protéger, c'est moi qui suis en tort de t'avoir dit toutes ces paroles blessantes. C'est juste que, bafouilla Black, enfin, j'ai réagi de manière excessive parce que… Parce que j'avais peur de te perdre.

- Me perdre ? répéta Lupin, incrédule, en clignant des yeux. Pourquoi ?

- Tu es souvent avec Grey, tu t'es éloigné de nous et je croyais… J'ai cru que tu étais plus proche d'elle que nous et enfin, je pensais que tu lui avais dit ton secret alors que tu nous mentais, avoua faiblement Sirius en baissant la tête, tout penaud.

- Alors le fait que je sois, enfin tu vois, ne vous dérange pas ? Ça ne vous fait rien ? demanda Remus en séchant ses larmes.

- Bien sûr que non ! Tu es et tu resteras notre ami ! Affirma avec assurance Sirius. C'est juste un petit problème de poil, rigola-t-il essayant de détendre l'atmosphère. Alors, tu reviens au dortoir ? Tu restes avec nous ? Tu me pardonnes ? Hein ? demanda Black en lui tendant une main pour aider son ami à se lever. »

Pour seule réponse, Remus accepta son aide puis se releva, un maigre sourire sur le visage. Il avait vraiment de la chance d'avoir de tels amis. Il n'aurait jamais cru ça possible que des personnes puissent s'attacher à lui et cela tout en sachant sa condition. Finalement, c'est sa mère qui avait eu raison depuis le début. Peut-être devrait-il en parler à Fauve et lui faire confiance ? Il fut alors détourné de ses pensées en voyant Sirius lui sauter dessus comme un chien tout fou, heureux de voir son ami enfin de retour parmi eux et d'avoir réussi à se faire pardonner. Il voulut l'entraîner avec lui vers la tour où les attendaient James et Peter, mais Remus l'arrêta en disant :

« Attends Sirius, je devais voir Fauve. Elle va m'attendre et…

- Ce n'est pas la peine Remus, entendit-il, le faisant retourner vers son amie présente à côté d'eux. Je te cherchais et finalement, je t'ai trouvé. Je suis contente que tout ce soit réglé entre vous, ajouta Fauve avec un doux sourire envers son meilleur ami.

- Tu es là depuis longtemps ? demanda Lupin sous le regard inquisiteur de Sirius.

- Non, mentit-elle, je viens juste d'arriver. Bon, eh bien, je vais te laisser avec tes amis. Tu sais où venir me voir, déclara Grey en lui faisant un signe de main.

- Je ne l'avais même pas entendue arriver, murmura Black.

- Moi non-plus, souffla Remus en fronçant les sourcils, moi non plus. »

Son amie avait eu un comportement étrange. Lui avait-elle menti ? Venait-elle vraiment d'arriver ? Pourquoi avait-elle fui aussi précipitamment ? Avait-elle tout entendu de la conversation ? Avait-elle ses propres soupçons comme ses amis ? D'un battement cil, il chassa ses idées de la tête. Il se posait beaucoup trop de questions. Si Fauve avait vraiment tout entendu, elle n'aurait pas paru aussi souriante. Il rassembla alors ses affaires et partit avec Sirius pour rejoindre ses amis au dortoir où James et Peter lui sautèrent littéralement dessus, s'excusant à tout bout de champ, lui demandant comment il allait à l'approche de la pleine lune, sous le sourire timide de Remus qui ne savait plus où se mettre devant tant d'attention. Finalement, au bout de plusieurs minutes, ils finirent par s'installer sur les couchettes, en tailleur ou les jambes allongées, le silence régnant à présent, ne sachant que trop dire et par où commencer. Ce fut le jeune Lupin qui commença :

« Comment avez-vous fait pour savoir que j'étais un loup-garou ? »

James sourit tandis que ses yeux se mirent à pétiller quand il lui expliqua qu'ils avaient eu recours à la cape d'invisibilité pour le suivre et avec les éléments qu'ils avaient notés comme ses disparitions mensuelles et son air maladif. Une fois tout assemblé, son secret fut facile à percer même si le jeune Potter avoua que c'était Sirius qui avait eu l'illumination en voyant la pleine lune le soir de sa disparition le mois dernier. Cela rassura plus ou moins Remus. Si ses amis ne l'avaient pas suivi, ils n'auraient jamais rien découvert son secret. Il espérait vraiment qu'ils seraient les seuls à savoir ce qu'il était exactement.

« Et toi Remus, comment es-tu devenu un Lycan ? Bafouilla Peter gêné et intéressé.

- Mon père a offensé Greyback qui est un loup-garou. Malheureusement, il est connu pour être violent et pour transformer tous ceux qu'il veut en des monstres comme lui, en particulier des enfants, avoua Lupin en fermant les yeux douloureux à ses souvenirs pénibles. »

Sirius voulut répliquer qu'il n'était pas un monstre, mais James l'en dissuada en posant une main sur son épaule pour laisser leur ami continuer son histoire.

« Enfin, un soir de pleine lune, alors que mon père et moi rentrions d'une ballade en forêt non loin de ma maison, Greyback est apparu sous sa forme de loup. Mon père était un sorcier, il a tenté de se défendre, de me défendre, mais les sorts n'avaient aucun effet sur lui, récita Remus en pinçant les lèvres tout en respirant profondément pour reprendre le contrôle de ses émotions. Mon père m'a dit de fuir, qu'il allait retenir Greyback. J'ai fui, j'ai fui comme un lâche, laissant mon père en proie avec ce… Ce monstre ! Cracha Lupin amer. Seulement, mon père s'est fait tuer. J'ai couru, couru à travers la forêt pour rejoindre ma maison ou trouver du secours, mais il m'a rattrapé et il m'a, il m'a…

- Mordu, compléta James, le regard grave.

- Oui, dans l'épaule. J'ai réussi, je ne sais comment, à rejoindre ma maison. Ma mère m'a emmené à Sainte-Mangouste. Le corps de mon père fut retrouvé et enterré. Nous avons dû déménager très souvent. Les gens nous rejetaient dès qu'ils savaient la vérité. Je croyais ne pas pouvoir étudier à Poudlard, mais le professeur Dumbledore m'a donné cette chance. Il a fait planter le Saule cogneur spécialement pour moi. Un passage s'y trouve pour m'emmener vers la Cabane hurlante afin que je puisse m'y transformer sans faire de mal à personne. La suite, vous la connaissez, termina Remus en baissant les yeux vers ses mains qu'il tortillait nerveusement.

- Ça ne change rien pour nous, affirma Potter en se levant de son lit pour se poster face à son ami. Tu n'as pas à baisser le regard Rem, tu es loin d'être un monstre, tu es la plus gentille des personnes que je puisse connaître. Et tu n'es pas un lâche, tu n'étais qu'un enfant, nous aurions tous fui si notre père nous l'avait ordonné. Quel âge avais-tu ?

- Sept ans, répondit le concerné, mais l'âge n'excuse en rien !

- Qu'aurais-tu pu faire ? répliqua Peter. Tu n'avais pas de baguette ! Ton père n'a rien pu faire alors toi…

- Peter a entièrement raison Remus, rejoignit Sirius en posant une main compatissante sur son épaule. Tu n'es pas un lâche même si j'ai pu te le dire et te renforcer cette idée. Tu es courageux, tu mérites ta place au sein de Gryffondor, le Choixpeau magique ne se trompe jamais !

- Peut-être avez-vous raison, dit le concerné avec un léger sourire sur les lèvres.

- Mais on a toujours raison ! s'exclama Sirius en enlaçant son ami par le cou tout en enfonçant son poing dans ses cheveux qu'il décoiffa, arrachant un grand sourire à Remus. »

Oui, décidément, il était plus heureux que jamais d'avoir de tels amis. Il n'aurait pas pu mieux tomber. Finalement, le destin pouvait bien faire les choses. Les rires résonnèrent dans la chambre des garçons. Cette histoire les rapprochant encore plus qu'ils ne l'étaient, se promettant tous intérieurement que rien ne les séparerait.

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Les mois qui suivirent se passèrent dans la plus grande sérénité malgré les examens qui approchaient à grands pas ou encore les farces de Sirius et James qui s'étaient récoltés un petit nombre de retenues, en ayant mis à profit le kit de Zonko sur Rogue qui avait eu des verrues sur tout le visage pendant une bonne semaine. Depuis que ses trois amis avaient découvert son secret, ils prenaient grand soin de ne pas le fatiguer inutilement avant ou après la pleine lune. Ils l'aidaient aussi dans ses cours qu'il devait rattraper même s'ils ne pouvaient s'empêcher de le taquiner sur son petit problème de fourrure comme le disait si bien James. Cependant, ce que le jeune Lupin ne savait pas, c'est que Sirius s'était lancé dans un projet qui devait aider son ami à passer ses pleines lunes plus confortablement. Quand il avait su et appris que Remus en revenait meurtri et gravement blessé, s'automutilant, cela avait touché Black, ne s'étant jamais imaginé que son ami pouvait vivre cela chaque mois. Il devait bien avouer que Mme Pomfresh faisait des miracles en termes de soins. Sirius avait donc demandé par le biais de Peter de lui ramener tous les livres qu'il pourrait trouver sur les loups-garous afin de trouver la solution qui soulagerait Remus. Il était persuadé qu'il pourrait faire quelque chose. Dans tous les cas, il ferait tout pour ! Tout en étant dans ses pensées, marchant aux côtés de James qui revenait de son entraînement de Quidditch, il pouvait se sentir suivi par une personne comme depuis plusieurs semaines. Black se retourna, baguette en main, et tomba face à face avec :

« Rogue, murmura avec dédain Sirius tandis que James se tourna vers le Serpentard, un rictus mauvais inscrit sur son visage. Que fais-tu ici ? Serais-tu en train de nous suivre ?

- Vous suivre, répéta Severus en un ricanement. Je ne vois pas pourquoi je m'intéresserais à des êtres aussi futiles et dépourvus de toute intelligence.

- Vraiment ? fit Sirius en jouant avec sa baguette. Tu le crois James ?

- Non, pas le moins du monde, répondit le concerné. Peut-être que Servilus, n'ayant pas de vie, essaie de s'en trouver une par le biais de nos propres personnes. Il faut dire qu'on est si beau, si intelligent, si doué ! Qui ne nous envierait pas, qu'en penses-tu Sirius ?

- J'en pense que j'ai bien envie de m'amuser. J'ai des fourmis dans la main, on pourrait peut-être l'aider à s'améliorer, souffla Black comme idée.

- Il est interdit de pratiquer la magie dans les… »

Severus eut à peine le temps de sortir sa baguette pour répliquer, et encore moins le temps de finir sa phrase, que Sirius murmura un « Aqua », l'eau émergeant de sa baguette qui vint l'arroser de haut en bas sous les rires des deux Gryffondors.

« Première leçon Rogue : il faut d'abord se laver, informa Sirius en lançant un sortilège qui fit apparaître de la mousse pour ensuite le rincer une nouvelle fois d'un « Aqua ».

Le Serpentard allait jeter un sort quand James prit la sienne et le désarma d'un coup, le projetant contre le mur. Puis, le brun à lunettes ajouta :

« Voilà comment on se débarrasse des êtres nuisibles comme toi Rogue. À l'avenir, évite de trop nous coller, tu sais à quoi t'attendre, siffla James avec un sourire mauvais sur les lèvres. Je me ferai un plaisir de te ridiculiser.

- Attends James, on ne va pas partir avant de lui avoir donné la dernière leçon, prononça Sirius, amusé de la situation. Il faudrait faire quelque chose pour sa coiffure qui est pitoyable ! »

D'un coup de baguette, les cheveux de Rogue frisèrent comme les poils d'un caniche, se colorant de rouge et d'or sous les éclats de rire de Sirius et James qui laissèrent le Serpentard dans cet état, sans qu'il ne puisse se l'enlever. Qu'ils soient tous maudits ! Un jour, un jour viendra ou ils ne rigoleraient plus et là, ce sera lui qui pourrait se permettre de le faire ! Il se vengerait et il viendrait à découvrir pourquoi Lupin ne leur avait plus parlé pendant une semaine, ainsi que le pourquoi du comment de ses disparitions fréquentes ! Foi de Serpentard, il réussirait !

Au même moment, les deux Gryffondors entrèrent dans la salle commune où se trouvait Remus en train de faire une partie d'échec avec Peter qui paraissait le mettre en difficulté. Black et Potter s'installèrent nonchalamment dans le canapé tout en riant sous le regard intrigué de Peter.

« Pourquoi riez-vous ?

- On a rencontré Rogue sur le chemin, il nous suivait et on lui a donné une petite leçon, rigola Sirius.

- Pourquoi vous suivait-il ? S'enquit Lupin, ne levant pas les yeux, cherchant à mettre la reine de Peter hors d'état de nuire.

- Aucune idée, ce pouilleux doit avoir une vie si pathétique qu'il tente de donner un peu de sens à son existence en s'intéressant à des personnes aussi merveilleuses que nous, répliqua Sirius avec arrogance, en passant une main dans ses cheveux.

- Vous devriez l'ignorer si vous ne l'aimez pas, vous allez finir par vous attirer les foudres des professeurs, déclara Remus en déplaçant son fou.

- Oh Rem, ne fais pas ton rabat-joie, dit James. D'ailleurs, on s'est dit que nous pourrions faire un petit tour dans les cuisines ce soir ?

- Sans moi, répondit Remus, je suis crevé. Pas question que j'aille marauder avec vous.

- Oh allez, même pas pour une petite part de gâteau au choco…

- Attends ! s'exclama Sirius. Que viens-tu de dire ?

- Quoi, moi ? demanda James en se tournant vers son ami.

- Mais non, pas toi l'épouvantail ! Je parlais à Remus, dit Black en s'attirant enfin le regard du Lycan. Vas-y, répète ce que tu viens de dire, encouragea le Gryffondor.

- Eh bien que j'étais trop fatigué pour aller marauder avec vous.

- Ah ! s'écria Sirius. Marauder ! C'est excellent ça !

- Euh Sirius, commença James en s'interrogeant de sa santé mentale. Tu es certain que Rogue ne t'a pas lancé de sortilège ?

- Tu n'as donc pas compris ?

- Bien sûr que si ! rétorqua Potter en levant les yeux vers le ciel. Je sais encore ce que veut dire « marauder » !

- Et alors ? Cela ne t'invoque rien ? Insista Sirius. »

Peter, James et Remus se regardèrent simultanément, ne comprenant pas où voulait en venir Sirius. Avait-il perdu la boule ? Les trois amis haussèrent tout simplement les épaules sous l'œil désespéré de Black qui se leva et annonça fièrement :

« Les Maraudeurs ! On cherchait un nom de groupe, vous vous rappelez ? Eh bien, Remus nous a donné la solution, on s'appellera : les Maraudeurs ! Alors ça vous plait ? demanda Sirius devant le manque de réaction de ses amis.»

Les trois camarades ouvrirent en grand la bouche tandis qu'aucun son n'en sortit et ce fut cette fois-ci au tour de Black de douter de la mentalité de ses amis. Au bout de plusieurs secondes, James explosa littéralement de joie tout en sautant sur Sirius puis cria :

« Tu as eu une idée géniale ! Les Maraudeurs ! C'est terrible !

- Que veux-tu, personne ne pourra remettre mon génie en cause, déclara Sirius avec un grand sourire.

- Pour une fois, murmura James sous les rires de Peter et Remus en voyant la mine interdite de leur ami.

- Toi ! Tu vas me le payer ! »

Ainsi s'enchaîna une nouvelle poursuite entre Black et Potter dans la salle commune sous les regards de tous les élèves qui riaient. Peter et Remus reprirent leur partie d'échec en attendant que leurs amis se calment. Les Maraudeurs, un nom légendaire, un nom résumant toute une vie et une époque révolue. Un nom qui les suivrait à tout jamais et cela, jusque dans la mort.

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Quand j'y repense, je n'ai pas été des plus tendres avec Fauve, je ne l'ai pas épargné et elle avait toutes les raisons de me détester. Merlin comme j'aimerais revenir en arrière, changer le passé, changer mes erreurs. Si seulement c'était possible, je ferais tout pour éviter la mort à James et Lily. C'est à cause de moi si Harry se retrouve orphelin. Quel piètre parrain je fais. Malheureusement avec des si, on peut refaire le monde. Dans quel état pouvait se trouver Remus ? Il devait être abattu et dire que je n'allais plus pouvoir l'assister et l'aider durant ses pleines lunes… Il allait se retrouver seul, face à lui-même et cela à cause de moi. Tout est de ma faute, monunique faute ! Je mérite amplement d'être enfermé dans le fin fond de cette cellule, c'est tout ce que je mérite. Je les ai tous trahis. J'ai pensé que Moony était le traître étant un loup-garou, j'ai pensé que James et Lily seraient plus en sécurité avec ce coup de bluff en prenant Peter comme gardien du secret. Si Fauve avait été encore présente, elle m'aurait claqué sèchement d'arrêter de penser. Je me mis alors à rire, un rire amer, un rire rempli de regrets et chargé de tristesse. J'ai tout gâché…