Chapitre 8 : Jalousie !
Deux semaines étaient passées depuis ce fameux cours contre l'Épouvantard. Deux semaines que Lupin évitait son ancienne amie Fauve. Dès qu'il la croisait au détour d'un couloir et qu'il croisait ses yeux, il détournait le regard avec une certaine once de culpabilité, sachant qu'elle devait souffrir de cet éloignement. Sachant qu'elle devait se poser des questions, mais c'était plus fort que lui, la peur lui rongeait les entrailles comme l'année dernière. Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il y avait des points d'incohérences. Si elle avait découvert sa condition et réellement peur de lui, elle le fuirait au lieu de chercher sa présence ? Alors qu'elle était la réelle signification de cet Épouvantard ? Y avait-il seulement un sens ? Il n'y comprenait plus rien ! Peut-être devrait-il aller en parler avec Fauve ? Peut-être devrait-il s'expliquer ? Seulement, il en avait pas le courage, il avait si peur de la vérité, si peur qu'elle le repousse, le rejette. Il préférait se voiler la face, c'était tellement plus simple. De toute façon, il était occupé à la recherche de sortilèges pour la création de la future carte des Maraudeurs. En plus, James et Sirius s'étaient lancés dans la stupide idée qu'ils allaient déposer des Bombabouses dans la salle commune des Serpentards et pour avoir le mot de passe, ils étaient partis se cacher sous la cape d'invisibilité.
Décidément ces deux-là faisaient réellement la paire, pas un pour rattraper l'autre. Ils étaient comme les deux doigts de la main, toujours à s'embarquer dans des situations pas possibles. A croire qu'ils aimaient ça, malheureusement cela avait tendance à le stresser, il ne souhaitait pas faire perdre des points à sa maison et encore moins se faire remarquer par les professeurs. Cependant, ça semblait être mal partit quand on était l'ami de deux phénomènes hors du commun. Lupin soupira profondément, tout en fermant son livre sur les potions. Il avait assez étudié pour ce soir, surtout que la pleine lune serait pour la semaine prochaine, peu de temps avant la sortie pour Pré-Au-Lard, c'était génial ! Il espérait sincèrement être en état afin de se rendre au village avec le reste de ses amis. Il ne put s'empêcher de repenser à Fauve, celle-ci n'avait aucune autorisation pour s'y rendre et c'était fort dommage que ses parents l'aient contraint à rester au château. C'était injuste, sans aucun doute. Mais n'agissait-il pas de la même manière qu'eux ? Lui aussi se comportait très mal avec elle. Si seulement tout pouvait être plus simple, mais avec des si on pouvait refaire le monde. Dans ce cas précis, il ne serait pas un Loup-garou, son père vivant, il ne prendrait pas la fuite avec la Gryffondor. Oui, avec des si on pouvait changer une vie mais cela n'apportait rien de bon que de se complaire dans le passé et les rêves.
Il fut alors sortit de ses songes par la porte du dortoir qui s'ouvrit en grand tandis que des cris de victoires résonnèrent dans toute la pièce. Des cris qui appartenaient au reste de la petite troupe : James, Sirius et Peter dont ils avaient sûrement dû rencontrer en cours de chemin. Ils paraissaient tous très heureux et au fond Remus semblait en connaître la cause ; le mot de passe pour accéder à la salle commune des Serpentards.
« On a réussi ! On est les meilleurs ! crièrent en cœur Black et Potter en frappant dans la main de l'un et de l'autre.
- Quel est donc le mot de passe ? demanda Remus curieux.
- Amortentia, répondit Peter à leur place puisque les deux autres étaient en train d'étaler leur indéniable intelligence et génie.
- Une potion, dit Lupin quelque peu étonné.
- Leur directeur est Slughorm, notre professeur de potion, cela va dans l'ordre des choses, non ? Prononça le jeune Pettigrow en haussant des épaules. »
Pour seule réponse Remus hocha de la tête, Peter n'avait pas tort et son raisonnement était très logique. Néanmoins, cela n'enchantait guère Remus ! Maintenant que James et Sirius avaient obtenu le mot de passe, Lupin savait que lui-même et Peter allaient devoir les suivre dans leur petite escapade et les aider grâce à ses sens, pour une fois que sa condition serait utile à des personnes. Ils attendirent donc que la nuit tombe et que tout le monde soit couché, ils prirent ensuite un sac remplis de Bombabouses puis la cape d'invisibilité dont ils se recouvrirent. Le Loup-garou était en tête de la petite troupe afin de mieux diriger ses amis au cas où que Rusard et sa tigresse pointe le bout de son nez. Seul leurs respirations et leurs pas venaient à troubler ce silence obscurs, plus ils avançaient vers les cachots plus ils faisaient froid, grelotant. Décidément ces saletés serpents vivaient dans un trou à rat, parfait pour les lâches et se cacher.
« On y arrive, souffla Sirius en voyant le portrait menant à la salle commune. On va y aller avec James, vous faites les guets, ajouta-t-il en direction de Remus et Peter qui approuvèrent. »
Les deux maraudeurs virent Potter et Black rentrer tandis qu'ils restèrent sous la cape, observant les alentours. Les minutes passaient et Peter commençait à paniquer du fait que les deux Gryffondors ne reviennent pas, ça se trouve ils s'étaient fait prendre !
« Et si Rusard ou un préfet en chef se ramène par-là ? Que faisons-nous ?
- On reste ici, assura Remus, ils ne peuvent pas nous voir avec la cape. On risque rien Peter, détend-toi, tenta-t-il de le rassurer.
- Ils mettent trop de temps ! Souffla Pettigrow. Peut-être qu'un Serpentard les a surpris ?
- Impossible, un professeur aurait été alerté depuis longtemps. Soit patient, je suis tout aussi stressé que toi Pet', tais-toi maintenant, intima Lupin, on risque de se faire repérer. »
Au même moment, ils entendirent le portrait s'ouvrir sur James et Sirius souriant jusqu'aux oreilles tandis que Remus se dirigea vers eux, afin qu'ils retournent tous sous la cape.
« Comment ça s'est passé ?
- A merveille, il y a une de ses puanteurs dans la salle, ils vont en être verts, sans mauvais jeu de mot, rigola James. Cependant, Sirius n'a pu pas s'empêcher d'inscrire« Les Maraudeurs » en lettre doré sur le mur.
- Quoi ! s'écria Lupin horrifié. Tu es idiot ma parole ! Tu veux qu'on aille se dénoncer à Mac Go pendant que tu y es !
- Eh ! Personne ne sait qu'on s'appelle ainsi entre nous ! Je trouve ça plus classe de signer nos méfaits non ? dit Sirius tout joyeux.
- Tu es intenable, répondit Remus en soupirant, retournons au dortoir maintenant. »
Malheureusement, tout ne se passe jamais comme prévu. Alors que les quatre jeunes adolescents remontaient doucement vers leur tour, ils entendirent un miaulement puis aperçurent deux yeux brillants dans les couloirs sombres de Poudlard. Merlin ! Miss Teigne ce qui voulait dire que Rusard ne devait pas être très loin et Remus ne se trompa point en percevant des pas au loin. Il baissa son regard et vit la chatte en train de miauler et se frotter à eux, ils étaient fichus. Quoi qu'il fasse, Miss Teigne allait les suivre, il ne leur restait plus qu'une solution prendre leurs jambes à leur cou et courir aussi vite que possible.
« Oui, oui ma beauté, j'arrive ! Tu as vu des petits chenapans roder dans les alentours ma belle ? demanda Rusard qui arrivait avec sa lampe torche tandis que les Maraudeurs reculaient, pas après pas. »
Ils bifurquèrent au premier couloir sur leur droite puis sans demander leur reste, ils se mirent à courir, retirant la cape d'invisibilité qui les gênait plus qu'autre chose. Seulement le concierge les poursuivait avec sa saleté de chatte ! Ils pouvaient très bien entendre des pas derrière eux. Il les avait repérés ! Les Gryffondors arrivèrent alors à un choix difficile, trois chemins s'opposaient à eux, un sur la droite, la gauche ou tout droit. Lequel fallait-il prendre ? Ils n'étaient jamais passés par là de souvenir !
« Il faut se presser ! C'est pile ou face, on a une chance sur trois de se retrouver dans un cul de sac ! Remus ? demanda James. Que nous conseils-tu ?
- On aurait dû rester sagement dans notre lit, à dormir comme tout le monde, marmonna le loup-garou entre ses dents.
- Ok, celui de gauche, décida Sirius en tirant tout le monde vers cette direction.
- Rappelle-moi Peter de le tuer dès qu'on se sera sorti de cette galère ! s'exclama Remus essoufflé.
- Pas de problème, répondit le concerné qui n'en pensait pas moins que Remus, les courses poursuites avaient de quoi mettre la peur au ventre. »
Il savait que Sirius et James adoraient ce genre de chose le danger, comme ils savaient si bien le dire. Peter se doutait que cette situation ne devait pas les déranger le moins du monde, mais lui, s'en était toute autre. Oh certes, il adorait suivre ses amis dans leurs péripéties mais il y avait toujours cette frayeur qui le tiraillait en lui. La crainte d'être pris, la crainte de décevoir les gens autour de lui, la peur de perdre ses amis s'ils ne les suivaient pas. L'appréhension de s'affirmer aux yeux des autres. Il était loin d'être un mauvais garçon, il manquait juste de confiance en lui ce qui constituait parfois une faiblesse chez lui. Une faiblesse qui le faisait constamment douté de tout. Il avait cru qu'au cours de ses années, il aurait réussi à dépasser cette limite, mais non. C'est pour cela, qu'il admirait tant James et Sirius, eux qui n'avaient peur de rien, qui osaient tout dire et tout faire. Ils étaient courageux, tout son contraire, méritait-il sa place à Gryffondor ? Dans ces moments-là, il pensait que non.
Le jeune Pettigrow fut sorti de ses songes, le souffle totalement saccadé, il ouvrit les yeux en grand comme des soucoupes, quand il aperçut l'esprit frappeur de ce château Peeves en personne ! Ils étaient définitivement fichus !
« Oh, oh mais que vois-je ? Des élèves en dehors de leur dortoir, ricana-t-il avec un sourire perfide. Oh mais je vous reconnais ! C'est Lupin le turlupin zinzin avec toute sa clique !
- Magnifique, il ne manquait plus que lui, soupira James en passant une main fébrile dans ses cheveux.
- Je vais vous dénoncer à Rusard ! s'écria Peeves qui partait tout joyeux de faire du grabuge dans l'école.
- NON ! répondit Sirius en attirant l'attention du fantôme. N'y va pas, j'ai quelque chose à te proposer…
- Ah oui ? Et qui te dit que cela m'intéresse ?
- Rusard veut te chasser du château non ? Tu n'aimerais pas, comment dire, lui rendre la monnaie de sa pièce ? dit habilement Black en jouant avec les poches de sa veste dans lesquelles résidaient encore quelques Bombabouses.
- Que me proposes-tu ? demanda l'esprit frappeur très intéressée par cette idée soufflée.
- Eh bien, j'ai quelques farces et attrapes sur moi, je pourrais te les donner pour que tu puisses t'amuser avec le concierge. En contrepartie, tu joues une diversion et tu ne dis rien sur nous, et cela tout en te vengeant de Rusard. Qu'en dis-tu ? proposa Sirius qui entendait la voix du Cracmol se rapprocher de plus en plus.
- D'accord ! Accepta le fantôme en prenant les Bombabouses données par Black. »
Ils virent alors Peeves partir à l'encontre du concierge qui se mit soudainement à crier, pestant, injuriant de tous les noms l'esprit frappeur qui avait balancé toutes les Bombabouses sur Rusard. Sa beauté légendaire s'accordant désormais à l'odeur pestiférée des farces et attrapes tandis que les Maraudeurs partaient en toute sécurité vers leur tour. Échappant de peu à une retenue et perte de points considérable. Ils avaient eus chaud et ce n'était pas peu dire !
A bout de souffle et de force, ils entrèrent quelques minutes plus tard dans leur dortoir, se laissant choir sur leur lit quand James se mit à rire, rejoint par Sirius, Remus et Peter qui repensaient à la tête du concierge. Oubliant les menaces de mort à l'encontre du beau brun ténébreux, unis une fois de plus dans la vie. Ils avaient bien cru ne jamais y arriver et c'était justement ce qui rendait la chose plus existante ! L'adrénaline avait été au rendez-vous ainsi que les émotions fortes, merlin, Black n'avait qu'une seule chose à dire à quand la prochaine blague ?
Le lendemain matin, alors que les Maraudeurs s'installaient à leur table habituelle, ils virent entrer les premiers Serpentards le visage blême, tournant au vert, ayant apparemment l'envie de vomir tandis qu'ils dégageaient sur eux, une terrible odeur de puanteur. Les élèves se mirent brusquement à chuchoter sur leur passage tandis que certains rigolaient pendant que Slughorm et Mac Gonagall se dirigèrent vers eux, scandalisés par une telle tenue en cet établissement !
« Pouvez-vous me dire le pourquoi, du comment de votre-votre accoutrement ? demanda la directrice des Gryffondors en pinçant du nez face à l'odeur qu'ils dégageaient.
- Ce n'est pas de notre faute, quelqu'un à déposer des Bombabouses dans notre salle commune ! Se justifia Regulus. La personne à signer « Les Maraudeurs », informa-t-il.
- Et qui d'autre que des Serpentards auraient pu commettre cet acte ! Personne d'autre ne peut rentrer dans les quartiers attribués sans le mot de passe ! rappela Minerva. J'en déduis donc que c'est un ou plusieurs de vos élèves Horace ! dit-elle en se tournant vers son collègue. Cette blague est vraiment de mauvais goût et perturbe le petit déjeuné ! ajouta la directrice en voyant des élèves partirent, écœurés par l'odeur. Je retire 100 point à la maison Serpentard ! Et par pitié, faite disparaître ce relent ! Je compte sur vous Horace pour que tous vos élèves soient présentables dans deux heures ! Trancha la sorcière en retournant à sa place tandis que les Maraudeurs en questions, se retenaient à grande peine de rire, trop heureux d'avoir réussis leur coup avec en plus un retrait de point chez ses sales Serpents. »
Sirius tourna la tête et croisa les yeux de son jeune cadet semblant attendre un simple geste de sa part. Un quelconque espoir brillait dans ses iris face à l'intérêt soudain de son frère aîné. Malheureusement, il y régnait toujours la même colère en lui, il avait déçu Sirius et cela, c'était la pire chose dans sa vie qui avait pu arriver. Regulus avait mal, son frère lui manquait, il ne comprenait pas l'entêtement de son aîné à vouloir le renier de cette façon juste pour une question de maison. Il avait imaginé que Sirius tenait à lui, réellement, mais cela ne devait pas être le cas ! Sinon il serait allé au-delà du nom Serpentard, comme Evans pouvait le faire avec Rogue. Finalement, le jeune Black vint à penser que c'était son aîné qui l'avait lâchement trahi ! Désormais, il le savait, Regulus ne pouvait plus compter sur Sirius. Cet été, il avait espéré un rapprochement ou des excuses qui n'étaient jamais venues. Juste de la haine, des paroles acerbes lancées l'un contre l'autre. Les liens du sang n'avaient aucune valeur aux yeux du Gryffondor ! Comme Sirius l'avait si bien dis : tout était finit. Il l'avait compris, résigné et triste. Le seul point positif était que sa mère paraissait ravie qu'il soit entré à Serpentard, faisant honneur à la famille. Il était le fils préféré, ce qu'il voulait, il l'avait, il avait grâce aux yeux de Walburga.
Néanmoins, il savait le prix qu'il allait lui en couter. Regulus était loin d'être idiot, Sirius étant un traître, ses parents reposaient tous ses espoirs sur lui. Ils allaient prendre des chemins opposés. Son frère allait briller telle une étoile dans la nuit et lui ne serait que ténèbres. Il aurait aimé avoir la même force de caractère que Sirius. Il aurait aimé compter sur son soutien, peut-être que cela l'aurait stimulé par la suite à se dresser contre sa famille ? Mais maintenant, il ne pouvait que compter que sur soi-même et se débrouiller seul. Tout cela n'appartenait qu'au passé, quant à l'avenir, il se prévoyait bien sombre…
« Tu n'as toujours pas pardonné à ton frère ? S'enquit James en remontant ses lunettes sur son nez, observant le cadet des Black sortir de la grande salle.
- Quel frère ? demanda Sirius en prenant son verre de jus de citrouille. Les seuls frères que j'ai c'est vous et personne d'autre, décréta-t-il en reposant brusquement son bien pour se lever sous les yeux ahuris de ses amis.
- Tu l'as blessé James, remarqua Remus en prenant le journal. Pas malin, de lui parler de son frère, tu sais très bien que Sirius en a horreur.
- Je sais, soupira le brun à lunette, je pensais juste que sa colère était un peu retombée depuis…
- Sirius n'est pas en colère, murmura Lupin en lisant un article qui parlait d'une nouvelle attaque des Mangemorts, il est tout simplement triste. »
James et Peter se regardèrent de manière confuse, ne comprenant pas les propos de Remus. Black triste ? Pourtant, Potter se souvenait très bien de la réaction de son ami l'année dernière à l'annonce que son frère allait à Serpentard. Il était littéralement furieux. Est-ce que Sirius s'était confié à Lupin pour qu'il en vienne à déduire ce genre de chose ? Où était-ce simplement de l'intuition ? Peut-être devrait-il forcer Sirius à lui parler un peu ? Il était si renfermé et secret sur sa famille, il ne racontait jamais ses vacances d'été ! James se doutait un peu que cela ne devait pas être une partie de plaisir mais il avait l'impression que Black cachait certaines choses. Pourquoi ? Par honte ? Par peur ? Le Gryffondor soupira profondément, ne sachant que trop faire. Il fut alors sortit de ses songes par la voix de Peter qui l'informa que les cours allaient bientôt commencer. Il rejoignit ses amis, se dirigeant vers leur premier cours de la journée, bien décidé à mieux connaître Sirius !
Une semaine était passée depuis la petite blague des Maraudeurs, novembre entamé, la neige tombait à flot, recouvrant le parc de Poudlard dans un épais manteau blanc. C'était le week-end et une sortie à Poudlard était organisée aujourd'hui. Les quatre garçons avaient décidés de s'y rendre ensemble l'après-midi tandis qu'ils profiteraient de la matinée pour faire un tour à la bibliothèque afin d'approfondir leurs recherches pour la carte. Ainsi à une table, Remus ne cessait de lever la tête pour voir sa jeune amie Fauve tout au fond de la pièce, en train d'écrire sur un parchemin. Elle était seule. Ses cheveux auburn retombaient de chaque côte de son visage et des tonnes de livres l'entouraient. Elle semblait se noyer dans la masse du travail. Son ventre se noua quelque peu en pensant que peut-être cela était de sa faute ? Il se mordit les lèvres, hésitant entre l'envie d'aller la voir et celle de rester ici. Comment l'accueillerait-elle s'il venait à lui demander de ses nouvelles ?
« Va la voir, dit Peter faisant relever la tête de James et Sirius.
- De qui parles-tu ? demanda Black.
- Grey, répondit Pettigrow en haussant les épaules, Remus ne cessent de l'observer.
- Et alors ? Cette fille a peur de lui, au cas où tu aurais la mémoire courte, siffla Sirius énervé à l'idée que cette Gryffondor refasse irruption dans la vie de Lupin.
- C'est son amie, nota le concerné en fronçant des sourcils, parfois on peut avoir peur des gens même quand on est amis. Tu ne crois pas ?
- Peter n'a pas tort Sirius. N'est-ce pas toi qui à avouer avoir peur de Mac Go quand elle se mettait en colère ? déclara James en posant sa plume.
- Mais ce n'est pas pareil ! S'insurgea Black.
- Taisez-vous ! ordonna la bibliothécaire en lançant un regard noir aux jeunes hommes. »
Sirius grogna dans sa barbe imaginaire tandis qu'il vit Lupin se lever puis se diriger vers Fauve qui était plongée dans ses bouquins. Ne supportant pas la vue de les voir ensemble, il se replongea dans son livre tout en ruminant. Quant à Remus, il prit place sur la chaise d'en face de son amie qui ne releva pas la tête. L'avait-elle entendu ou pas ? Peut-être ne voulait-elle plus lui parler ? Peut-être l'ignorait-elle ? Comment entamer la conversation ? Que lui dire ? Par quoi commencer après autant de jours, de semaines à l'éviter, à ne pas discuter ? Il aurait aimé croiser ses yeux marrons pour se rassurer qu'elle allait bien, mais rien. Le silence, le plus total, angoissant le jeune Lupin.
« Tu vas à Pré-Au-Lard ? demanda Fauve faisait réagir Remus qui ouvrit grand les yeux. »
Comment avait-elle su que c'était lui ? Comment pouvait-elle lui parler comme-ci de rien n'était ? Pourquoi ne levait-elle pas la tête ?
« Oui, cet après-midi avec le reste de mes amis. Et toi que vas-tu faire ?
- Je dois travailler mes devoirs, répondit-elle sans lui jeter l'once d'un regard.
- N'est-ce pas ce que tu es déjà en train de faire Fauve ?
- Je pensais que tu ne te souviendrais plus de mon prénom, remarqua-t-elle sans s'arrêter d'écrire. »
Le cœur de Lupin se tordit violement face à ses reproches qui n'étaient que justifiés et véritables. Merlin, qu'il avait mal en cet instant, la culpabilité lui rongeant son cœur et martelant son âme. Il lui faisait mal, terriblement mal. Il le savait ! A présent, il n'osait plus croiser ses yeux parce qu'il avait peur d'y découvrir de la déception ou encore de la colère. Il déglutit passablement, ne sachant que dire ou que faire. Lentement, mais sûrement, il aperçut alors son visage se relever et ce qu'il vit, lui fit plus d'effet que tout elle souriait. Elle souriait, remettant une mèche de cheveux derrière son oreille. Il serra les poings, ne la lâchant pas des yeux. Il n'aimait pas, il n'appréciait pas l'air qu'elle affichait, l'expression de ses traits, de ses yeux. Aucune déception, aucune colère, juste du vide. Elle n'exprimait rien ! Aucun sentiment ! Elle souriait et ce n'était pas normal ! Elle aurait dû lui crier dessus, l'envoyer balader, mais rien. Le rythme de son cœur s'accéléra follement, se sentant mal à l'aise.
« Je suis contente de te revoir Remus, tu m'as manqué, confia-t-elle avec un doux sourire et il sut que c'était sincère, trop sincère. »
Morgane, qu'était-il en train de lui faire ? Qu'était-il en train de détruire entre eux ou en elle ? Pourquoi avait-il cette mauvaise impression ? Il n'était pas assez présent pourelle ! Pas assez surtout après tout ce qu'elle avait fait pour lui ! Il était un piètre ami ! Un lâche ! Il prit sa main dans la sienne, surprenant Grey qui pencha la tête en haussant des sourcils :
« Tes amis t'attendent Remus, dit-elle. »
Il se retourna et c'était le cas, il aurait aimé lui dire qu'ils n'étaient pas pressés, qu'il préférait converser avec elle. Sauf que son amie retira expressément le contact entre eux, ce qui avait le mérite d'être clair il devait partir, sa présence était indésirable. Il soupira légèrement, abandonnant pour cette fois, que pouvait-il faire d'autre ? Il n'avait que ce qu'il méritait ! S'il voulait qu'elle se confie, ce n'était pas en perdant sa confiance et en agissant ainsi avec elle, qu'il réussirait ! Remus la quitta à regret pour rejoindre ses amis, non sans lui jeter un dernier regard alors que la jeune fille s'était replongée dans ses livres. Il avait peur, peur pour elle.Étrangement, il avait un mauvais pressentiment. Peut-être se faisait-il trop de soucis pour Fauve ? Si seulement, il n'était pas un loup-garou, tout serait plus simple. Le cœur lourd, il partit de la bibliothèque.
Cette après-midi-là, la Gryffondor observa par sa fenêtre de chambre les Maraudeurs qui partirent en direction du village. Une main posée sur la vitre qui était aussi froide que pouvait l'être Fauve de l'intérieur. Depuis la rentrée, il ne lui avait pratiquement pas adressé la parole, il s'éloignait d'elle, passant son temps avec ses amis. Pourquoi était-il revenu vers elleaujourd'hui ? A quel jeu jouait-il ? Il l'abandonnait puis revenait, ainsi de suite. Pourquoi était-elle aussi faible ? Pourquoi son cœur avait fait un saut dans sa cage thoracique quand il était venu la voir ? Elle tenait trop à lui pour son propre bien. On aurait presque pu croire qu'elle était amoureuse de Remus, mais ce n'était pas le cas. Elle le considérait comme un frère. Elle se laissa alors glisser le long du mur, se recroquevillant à même le sol, la tête dans ses genoux remontés contre sa poitrine. Fauve commença à se balancer, de droite à gauche, tentant d'apaiser la sourde douleur qui vrillait son cœur. Elle était seule tandis que tout le monde était partit à Pré-au-Lard. Seule, face à soi-même, comme toujours. Elle avait mal. Est-ce que Black avait raison ? Était-il en train de se lasser d'elle ? Était-elle si ennuyante que ça ? Pourquoi est-ce qu'il prenait ses distances ? Pourquoi ? Cette question tournait en boucle dans son esprit alors qu'une larme glissa sur sa joue. Pourquoi était-elle née ? Elle était inutile, elle ne servait à rien. Elle était juste un pion parmi tant d'autre. Ses parents ne l'aimaient pas, sa sœur non plus, elle n'avait jamais eu d'amis à part Remus, étant trop renfermée et méfiante à l'égard des autres suite à quelques mésaventures à l'école des Moldus. Que lui restait-il ? Sa grand-mère. La jeune fille sécha d'un revers de main ses larmes, plus que jamais déterminée à chasser ses idées noires et cela pour la seule personne qui la respectait et l'aimait plus que tout au monde ; sa grand-mère.
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C'était les vacances de Noël, depuis quatre jours. Fauve avait décidé de rester à Poudlard plutôt que de revenir chez elle, comme l'année passée. Elle aimait le château surtout en cette période festive. La magie semblait encore plus féerique. Il ne restait pas beaucoup de monde, deux ou trois Serdaigles, Poufsouffles, Les Maraudeurs au complet et aucun Serpentard. Grey trouva d'ailleurs étonnant de voir que Black était encore ici alors que son cadet était repartit chez lui. Étrange. Peut-être n'était-il pas très famille lui non plus ? Peut-être était-il en froid avec eux à cause du fait qu'il soit à Gryffondor alors qu'il se trouvait être un sang-pur ? Elle secoua énergétiquement la tête face à ses pensées, pas question de le prendre en pitié ou de compatir avec lui! Surtout, après tout ce qu'il pouvait lui dire ! Ce n'était qu'un stupide babouin, doublé d'une grosse tête en plus d'être prétentieux, méchant et puéril ! Néanmoins, son attitude envers elle, lui faisait beaucoup plus de mal qu'il ne pouvait l'imaginer. Elle se doutait un peu que Black l'avait prise en grippe parce qu'elle était amie avec Remus. Cependant, elle ne comprenait pas pourquoi ou plutôt de quoi avait-il réellement peur ? Qu'est-ce qu'il le gênait dans le fait que Lupin puisse traîner avec elle? Si elle était compliquée, il l'était tout autant. Elle soupira profondément, marchant en direction de la tour de Gryffondor avec une boite de chocolat en main.
C'était Noël aujourd'hui, elle avait demandé à sa grand-mère de lui envoyer un cadeau pour son ami Remus, la boite de chocolat en l'occurrence. Depuis leur conversation dans la bibliothèque, elle avait croisé une ou deux fois son ami qui paraissait toujours aussi occupé avec ses amis. Elle espérait renouer avec lui et se faire pardonner pour la dernière fois en lui offrant ce cadeau. Elle ne comprenait toujours pas la raison de son éloignement même si depuis ce fameux jour, il n'évitait plus son regard et lui parlait un peu plus qu'avant. Avait-elle fait quelque chose de mal ? Et si oui quoi ? Avait-elle seulement le droit de lui en vouloir ? Après tout, il avait aussi ses amis, elle n'était pas le centre de son monde. Ils devaient sûrement être plus intéressants qu'elle, sans aucun doute. Remus devait aussi leurs faire plus confiance qu'à elle. Fauve pouvait parfaitement se souvenir de l'année dernière, quand elle avait surpris Black et Lupin discuter ensemble, se réconciliant à propos de quelque chose un secret. Un secret concernant Remus mais quoi ? Était-elle réellement son amie ? La considérait-il comme telle alors qu'il partageait tout avec ses trois camarades de Gryffondor ? Alors qu'il prenait ses distances, semblant jouer au yoyo, revenir, partir, revenir, partir. Tenait-il à elle, autant qu'elle pouvait l'apprécier ? Elle en doutait fortement et pourtant, une petite lueur d'espoir régnait au fond de son cœur, espérant. Cependant, plus elle espérait et plus elle avait mal. Finalement, s'attacher aux gens n'amenait que la souffrance et la déception. Elle aurait dû rester seule, malheureusement, connaître la présence d'une personne puis ensuite goûter à nouveau à la solitude était très difficile. On s'habituait très vite aux bonnes choses. Elle ne voulait pas perdre Remus et pourtant, tout au fond d'elle-même, une petite voix lui criait que c'était ce qui allait se produire.
Non, non ! Remus n'était pas ainsi ! Elle devait juste lui laisser un peu de temps, elle était certaine que cet été, ils se rapprocheraient à nouveau ! Après tout, il avait le droit à son espace vital ! Armée d'une nouvelle force et espoir, elle entra dans la salle commune ou un sapin de Noël était fraichement décoré. Un sapin de Noël où elle n'avait trouvé qu'un cadeau offert par sa grand-mère un livre sur les potions. Grey monta les marches des escaliers menant au dortoir des garçons, elle frappa trois fois puis n'entendant rien, décida de déposer la boite devant la porte pour redescendre. Alors qu'elle allait reprendre le chemin inverse, la jeune fille tomba nez à nez avec Black. Génial ! Absolument merveilleux !
« Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-il d'un ton sèche.
- En quoi ça te regarde Black ? On n'a pas élevé les cochons ensembles pour que je puisse me permettre de me confier un être aussi méprisant que toi ! rétorqua Fauve en soutenant son regard.
- C'est un comble, Madame se joue les donneuses de leçons ! Ricana Sirius avec un air hautain.
- Je n'ai aucune leçon à te donner ! Cela serait une perte de temps puisque ta pauvre petite cervelle de moineau, ne comprendrait même pas le quart dont je te dirais ! Maintenant, si tu voulais bien me laisser passer, ajouta Grey en le poussant légèrement afin de descendre les escaliers.
- Au faite ! Je te l'avais bien dis, pour Remus, qu'il finirait par te laisser, déclara Sirius sournoisement, voyant la Gryffondor s'arrêter en plein dans sa marche.
- Remus est juste occupé, décréta-t-elle en serrant les poings, sentant sa gorge se nouer sensiblement.
- Finalement, le plus stupide de nous deux, c'est bien toi. Crois ce que tu veux, mais sache que Remus en a plus que marre de ta petite personne. Pourquoi crois-tu qu'il t'évite comme la peste depuis la rentrée ? remarqua Black avec un air triomphant en sachant qu'il était en train de gagner la partie. Il mentait mais à cet instant, il n'en avait que faire. »
Que répondre à ça ? Que répondre alors que ce n'était que la triste réalité qui lui revenait en plein dans la figure ? Elle avait qu'une seule envie, partir d'ici avant d'en entendre plus sachant que Black prenait son pied à dire de telles choses qui la blessaient plus que tout. Elle amorça un pas, puis deux, trois pour finalement entendre :
« Grey ! L'appela-t-il »
La concernée se retourna et vit sa boite de chocolat arriver droit sur elle, choquant son épaule droite avant de retomber au sol alors que les friandises roulaient dans les marches.
« Récupère ton bien, Remus n'en a que faire de tes gamineries et maintenant dégage ! Que je ne te revois plus traîner par ici ! Lança-t-il en claquant la porte du dortoir derrière lui, laissant la lionne seule. »
Debout, observant son cadeau en miette, elle s'accroupit puis ramassa un à un les chocolats, se retenant au mieux de pleurer. Cela ne devrait pas lui faire aussi mal, elle ne devrait pas donner autant d'importance à ces paroles, mais malgré tout ça, Fauve ne put empêcher une larme de couler, roulant sur sa joue. Peut-être parce que Black avait crié à voix haute tout ce qu'elle pensait tout bas ? Cela ne pouvait donc qu'être la vérité, non ? Il ne faisait que confirmer ses doutes. Elle se sentait plus que jamais vide et seule. Était-elle idiote de s'accrocher ainsi à Remus alors qu'il ne semblait plus vouloir être avec elle ? Aimait-elle se faire du mal inutilement ? Aimait-elle donc souffrir ? Tout était sous ses yeux, il s'éloignait, il ne lui avait rien offert pour Noël. C'était pourtant clair, seulement, elle préférait se voiler la face plutôt que d'assumer la triste réalité. Grey fut sortie de ses sombres pensées par la voix d'un garçon :
« Quelque chose ne va pas ? »
La concernée sembla être tirée de sa léthargie, séchant rapidement ses larmes puis murmura :
« Tout va bien, je me suis juste montrée maladroite, répondit-elle en offrant un léger sourire rassurant à James Potter.»
Son sourire se fana aussitôt quand elle aperçut l'individu en face d'elle. Son visage se referma sans aucune difficulté, méfiante à son égard. Il y avait de quoi, il s'était moqué d'elle à plusieurs reprises avec son copain Black même si la Gryffondor devait avouer qu'elle n'avait pas le souvenir d'une quelconque raillerie de sa part, cette année. Peu importe, sans même lui laisser le temps de répliquer, elle s'enfuit avec ses chocolats puis sortit de la salle commune pour rejoindre son refuge. James resta quelques minutes stoïques, tentant d'assimiler tout ce qu'il avait vu, que faisait donc Grey dans les escaliers menant à leur dortoir ? Et surtout, avait-il rêvé ou avait-elle pleuré ? Il ne l'avait pas reconnu de dos, il avait cru à une tout autre personne en difficulté et il avait été très surpris de la voir ici. D'autant plus que Remus ne semblait pas s'être rapproché d'elle ! Son regard fut alors attiré par un chocolat trainant dans un coin, n'était-ce pas ce qu'elle était en train de ramasser ?
Le Maraudeur ne cessait de penser à ce sourire qu'elle lui avait offert et dont il n'avait jamais vu, cela lui allait réellement bien. Seulement, elle avait changé du tout au tout, dès qu'elle l'avait reconnu ! Potter ne pouvait s'empêcher de la comprendre, il s'était souvent rejoint aux moqueries des autres, mais il s'était un peu calmé depuis qu'il avait compris qu'elle place tenait Fauve dans le cœur de Remus. Que s'était-il donc passé ici ? Il monta le reste des marches puis entra dans sa chambre où il y trouva Sirius, allongé sur son lit. Le brun à lunette fronça immédiatement des sourcils, tentant de faire le rapprochement entre ce qu'il venait de voir et la présence de son ami. Serait-possible que Black lui ait parlé ? Si c'était le cas, il se doutait un peu que la confrontation avait dû être virulente !
« Tu es là depuis longtemps Sirius ?
- Quelques minutes, répondit-il en feuilletant son magazine de Quiddicth.
- Tu as vu Grey alors ? interrogea subtilement James en s'approchant de la couchette de son ami.
- Grey, Grey, répéta Sirius inlassablement, elle envahit déjà assez notre espace vital pour que je l'entende encore ici ! Eh ! Qu'est-ce que ? s'écria-t-il en apercevant son ami lui arracher son livre. Ça ne va pas la tête !
- Si ! Justement, je vais on ne peut mieux ! Tu vas m'écouter Sirius, sérieusement et cela sans mauvais jeu de mot ! Je veux que tu lui fiches la paix ! ordonna le Gryffondor, le regard grave.
- Qui ça ? demanda le Maraudeur.
- Ne joue pas au plus malin avec moi Sirius ! Tu vois très bien de qui je veux parler ; Grey ! Si tu ne l'aimes pas, c'est ton problème ! Mais Remus tient à elleet je suppose que cela est pareil de son côté. Alors tu vas te tenir tranquille ! Tu ne l'apprécie pas, ok, alors oublie-là au lieu de te déchaîner ainsi ! s'exclama James.
- Eh ! N'est-ce pas toi qui rigolais d'elle, il y a encore quelques temps ? Remarqua habilement Black.
- Oui, mais tu auras remarqué que je ne dis et ne fait plus rien contre elle ! Ignore-là comme moi et le monde s'en portera beaucoup mieux ! Décréta Potter.
- Tu la défends ! S'étrangla Sirius, son regard s'étrécissant légèrement par la colère.
- Je ne la défends pas Sirius ! Tout ce que je sais, c'est que je l'ai vu en train de ramasser des chocolats dans un état proche du pitoyable, en versant des larmes ! Je me pose juste certaines questions, peut-être allons-nous trop loin avecelle ! Se serait une Serpentard ou une toute autre fille, je m'en ficherais complètement mais c'est une amie proche de Remus !
- Était, corrigea Sirius en croisant les bras.
- C'est ce que tu lui as dit ? S'enquit James inquiet.
- Exactement et ce n'est que la stricte vérité ! Remus ne lui parle pratiquement plus et…
- Sous tes conseils ! Argumenta James en haussant la voix. Si tu n'avais pas été voir son épouvantard, tout cela ne serait jamais arrivé ! Remus n'aurait pas tenté le moindre éloignement ! Il l'apprécie, ne peux-tu pas le comprendre ? Qu'est-ce qui est le plus important à tes yeux ? demanda-t-il.
- Le bonheur de Remus, bien sûr, c'est mon ami ! répondit hâtivement et avec ferveur le Gryffondor.
- Crois-tu que le fait de perdre définitivement Grey le rendra heureux ? Tu connais Remus, tu le sais aussi bien que moi Sirius ! Il peut rester autant de temps avec nous, il peut se montrer distant, ça n'empêche pas les regards en coin qu'il lui jette ! Il se fait du souci pour elle, il s'en veut de l'abandonner et il se déteste peut être encore plus à cause de sa condition ! Moi, le voir ainsi, aussi torturé, ça me fait mal ! Alors écoute mes conseils Sirius, fait comme-moi et ignore-là… »
Le dénommé Sirius s'avança vers son meilleur ami auquel il arracha littéralement son magazine avant de se recoucher sur son lit afin de reprendre sa lecture. Ruminant les paroles de Potter qui avait eu le don de l'énervait ! Néanmoins à partir de ce jour-là, sous les recommandations de James, il cessa de faire des remarques désagréables à Fauve. Il fit comme-ci elle n'existait pas, pour Remus et uniquement pour son ami. Malheureusement, le mal était fait et désormais, il était trop tard pour réparer les dégâts…
