Chapitre 13 : Joyeux Anniversaire
Deux semaines plus tard, nous étions fin octobre, le repas d'halloween n'allait pas tarder à commencer dans la grande salle tandis que tous les élèves se positionnaient à leur table respective ou presque. En effet, Lily était toujours appuyée contre le mur du couloir menant à la grande salle, semblant attendre quelqu'un, plus précisément Severus.
Elle ne l'avait que très peu revue depuis l'attaque de Pré-au-Lard et pour cause, ils s'étaient un peu disputés à ce sujet quand Severus lui avait affiché ses sentiments à propos de cette attaque. Oh bien sûr, il s'était inquiété pour elle mais quand celle-ci lui avait expliqué qu'elle devait sa vie grâce au secours de Grey, il en avait eu cure, se moquant de son sacrifice et de son acte nullement héroïque mais juste stupide. Lily lui avait montré son désaccord, contrariant quelque peu le Serpentard qui ne comprenait pas cette mentalité et cette utilité de toujours se mettre en danger sans utiliser une parcelle d'intelligence. Il lui avait alors confié « Grey n'a que ce qu'elle mérite, si elle avait utilisé sa cervelle et sa baguette plutôt que d'écouter son cœur, elle ne serait certainement pas à l'infirmerie ».
Evans l'avait alors giflé, les larmes aux yeux. Rogue avait essayé de se faire pardonner, de revenir sur ses paroles en apercevant la tristesse dans les yeux verts émeraudes de son amie d'enfance, mais c'était trop tard, le mal était fait. Il l'avait à nouveau blessé. Parfois, elle ne le reconnaissait pas, surtout depuis qu'il trainait avec Mulciber et Avery. C'était absolument irrévocable, elle le sentait, ils étaient en train de prendre des chemins résolument différents.
Malgré cela, elle voulait encore essayer, y croire, recoller les morceaux, ne pas l'abandonner, parce qu'elle savait aussi que Severus pouvait avoir un cœur généreux sous cet air dédaigneux.
C'est alors que la rouquine le vit, toujours en compagnie de ces deux nouveaux amis, cela en devenait récurrent, à croire qu'ils ne pouvaient plus se séparer. Lily remarqua aussitôt le regard de dégoût que lui lancèrent ces deux acolytes, il était évident qu'ils ne l'appréciaient pas et elle en savait la raison : son sang et son rang. Ne perdant pas de sa fougue, elle s'avança vers le groupe et dit :
« Severus, je peux te parler ? Seul à seul, précisa –t-elle en l'observant.
- Partez, répondit seulement le concerné à l'attention des deux Serpentard qui grimacèrent, je vous rejoindrais, ajouta Rogue d'un ton ferme. »
C'est ainsi que Lily et Severus se retrouvèrent seuls dans le couloir illuminé par les chandelles. Le silence était juste troublé par leur respiration et l'écho des discussions dans la grande salle.
« Alors ? demanda-t-il attendant patiemment. Es-tu encore une fois venue pour me faire la morale ?
- Non ! s'écria-t-elle choquée. Je voulais juste savoir comment tu allais, et, et si tu comptais te rendre au bal de noël ?
- Je me suis très bien remis de ta gifle, l'informa-t-il avec ironie non feinte pour s'apercevoir qu'elle culpabilisait. Désolé, finit-il par dire en surprenant une nouvelle fois Evans. Tu ne me le feras pas dire deux fois, ajouta Rogue en apercevant son air ébahit. »
Pour seule réponse, elle hocha de la tête, elle savait que venant de sa part, c'était déjà beaucoup plus qu'elle ne pouvait s'y attendre. Alors, elle avait raison d'espérer, il y avait encore un infime espoir que tout redevienne peut-être comme avant ?
« Je viendrais sans doute au bal, tu sais bien que je ne rentre pas chez moi en cette saison, confia Severus, et toi ? Avec qui y vas-tu ? l'interrogea-t-il sentant son cœur se serrer en l'imaginant au bras d'un autre sorcier que lui.
- Eh bien, personne, révéla-t-elle, mais je me disais que peut-être, toi, tu voudrais bien m'y accompagner ? »
Dire que Rogue était surprit, aurait été un euphémisme. Il était sidéré, il ne s'était pas attendu à une telle demande par son amie et surtout il ne savait pas quoi lui répondre. Bien sûr qu'il avait une envie folle de se rendre au bal à son bras, il éprouvait pour Lily bien plus qu'une simple amitié. Il aimait sa compagnie, son esprit, sa fougue, son intelligence et sa douceur. La rouquine était devenue importante à ses yeux et c'était pour elle qu'il faisait tout cela, qu'il essayait de prendre de l'assurance, de devenir plus fort, de se rapprocher de personnes influentes pour avoir plus tard, quelque chose à lui offrir. Seulement, là maintenant, il doutait que pour sa sécurité et la sienne, qu'il soit bon d'accepter sa demande. Avery et Mulciber admettaient difficilement sa relation avec Lily une sang de bourbe comme ils se plaisaient à le dire. S'il allait au bal avec elle, il risquait de se mettre en danger tous les deux.
« Lily, je…
- Rogue, dépêche-toi ! On t'attend à la table ! Coupa Avery en arrivant brusquement, faisant sursauter la rouquine. »
Le concerné remit en place son visage impassible, apercevant au loin Fauve Grey marcher difficilement dans leur direction accompagnée des Maraudeurs. Il jeta un coup d'œil à Lily puis Avery qui semblait attendre quelque chose de sa part, Severus avait parfaitement compris le message. Son cœur se serra fortement, prenant sur lui, à cet instant il lui fallut énormément de courage et surtout un sang-froid sans égal. Que Merlin le pardonne. Il n'avait pas le choix. Il devait le faire, pour elle, pour eux. Plus tard, il lui expliquerait le pourquoi de son comportement étrange.
« Ecoute Evans ! Claqua sèchement Rogue en surprenant Lily qui le regarda avec un air interrogateur devant l'emprunt de son nom dans la bouche de Severus. Je suis certain que parmi l'un de ces empotés de Gryffondor, tu trouveras chaussure à ton pied, en attendant, un repas m'attend, merci ! Appuya-t-il fortement sur le dernier mot tout en la regardant avec intensité afin de lui faire comprendre subtilement le message. »
Lily avait parfaitement saisit la situation mais ce qu'il lui faisait le plus mal, c'est qu'il avait fait le choix d'Avery plutôt qu'elle. Avait-il peur d'eux à ce point-là ? Pourquoi ? Pourquoi restaient-ils avec eux ? Que cherchait-il à la fin ? Ne pouvaient-ils pas reprendre leur amitié comme dans le temps ? Le Severus d'avant lui manquait terriblement, pourtant il était là, caché quelque part sous ce masque hautain et froid. Un instant, elle avait cru qu'il accepterait, elle l'avait vu, cela lui avait fait plaisir ! Alors que Rogue s'apprêtait à repartir avec Avery vers sa table, il entendit la voix de Sirius crier :
« Hey ! Regardez c'est Servilus !
- Black ! Siffla le concerné avec toute la haine qu'il lui était possible d'avoir. Toujours aux abois comme le fidèle gentil chien que tu es, asséna Rogue le regard noir tandis qu'Avery ricana.
- Et toi, pas besoin de sortir ton masque d'horreur pour Halloween, tu en portes un tous les jours, répliqua Sirius en se positionnant devant le Serpentard prêt à en découdre.
- Espèce de sale traître à ton sang ! Clama Avery en sortant sa baguette tandis que James et Peter firent de même pendant que Fauve et Remus restaient en arrière et Lily entre les deux clans.
- Je préfère être un traître que me soumettre ! Répliqua avec ardeur Sirius en sortant sa propre baguette. Moi, au moins, je peux me regarder dans une glace le matin contrairement à certain qui semblent apprécier de torturer des sorciers pour des idéaux de l'ancien temps !
- Arrêtez ! S'insurgea Evans en repoussant Severus et Sirius de ses mains. Ne vous battez pas, cela ne sert à rien, nous sommes tous des sorciers et….
- Détrompe-toi Evans, murmura sombrement Potter. Le père d'Avery était dans l'attaque de Pré-au-Lard, c'est lui-même qui a essayé de te torturer avec Dolohov Antonin. Ceux-là même qui pensent que des personnes comme toi n'ont pas leur place à Poudlard et dans le monde magique. Ton copain Rogue à de drôle de fréquentation, un jour il viendra à penser comme eux, si cela n'est déjà fait…
- Bien sûr que non ! Répliqua–t-elle horrifiée par les révélations de son camarade en regardant son ami Serpentard. Severus, supplia Lily d'une petite voix en cherchant une réponse dans ces yeux, mais rien.
- Allons-nous en Avery, décréta-t-il d'un mouvement de cape en ignorant Lily.
- Pas question ! Je vais m'occuper d'eux et….
- Avery ! Tonna Lestrange qui venait d'arriver à leur encontre. Souviens-toi ! Pas d'esclandre ! »
Le concerné lança un regard assassin à Rodolphus qui ne baissa pas les yeux, prenant l'ascendant sur Avery qui finit par abdiquer, rangeant sa baguette à grand regret. Il rejoignit ainsi Rogue qui s'en alla vers la grande salle tandis que Lestrange se retourna vers les Gryffondor.
« Profitez bien de Poudlard, un jour, nous nous retrouverons dehors et personne ne sera là pour vous protéger, ricana-t-il en partant.
- Espèce de sale …..
- Sirius ! Cria Fauve en le retenant par le bras. Laisse tomber, conseilla-t-elle. »
Il dût faire appel à tout son sang-froid pour l'écouter et se calmer. A cet instant, il avait juste envie de leur sauter à la gorge et leur refaire le portrait. Il referma fortement ses poings, se dégageant de Grey pour au final taper violement son pied dans le mur, évacuant ainsi sa colère. Qu'ils soient tous maudit !
« Vient Sirius, dit James en posant une main sur son épaule afin de l'apaiser, allons manger, ne les laissons pas gâcher notre repas. »
Pour seul réponse, Black hocha la tête, emmené par Remus, Peter et Fauve, ils allèrent dans la grande salle tandis que James et Lily se retrouvèrent seuls. Celle-ci semblait profondément attristée et quelque part, la voir ainsi bouleversa légèrement le jeune Potter. Elle tenait donc à ce point à son amitié avec Rogue ? Pourquoi ? Que pouvait-il bien avoir de si particulier ? Il ne comprenait pas.
« Toi aussi, tu devrais venir, souffla James en passant une main dans ses cheveux.
- C'est à cause de vous, répondit-elle dans un murmure.
- Comment ? Émit-il ébahit.
- C'est à cause vous et de ce genre de comportement qui pousse des personnes comme Severus à changer ! Vous n'êtes que des bandes d'idiots ! Vous jugez les gens selon leur maison et les mettez à l'écart sans même les connaître ! Vous vous moquez de lui depuis sa première année alors qu'il ne vous avait rien fait ! Vous êtes horribles ! S'écria-t-elle les larmes aux yeux.
- C'est ce que tu penses Lily ? Tu crois vraiment que c'est à cause de nous ? Tu crois qu'on lui a mis la baguette sous la gorge pour fréquenter Avery et Mulciber ? Il l'a fait de son propre chef ! C'est son choix ! déclara James yeux dans les yeux.
- Il y a été obligé ! Rugit la sorcière. Vous le harcelez continuellement !
- Peut-être, admit-il avec difficulté, mais cela ne l'a pas empêché de choisir ces camardes plutôt que toi, une amie d'enfance, rétorqua le jeune Potter avec subtilité. »
Un bruit de gifle se fit alors entendre dans le couloir, la joue rouge marquée par la main de Lily. Elle le regarda avec exaltation, ne pouvant plus dissimuler sa fougue.
« Je te déteste ! Affirma-t-elle avec frénésie avant de se rendre à la table des Gryffondor, rejoignant ses camarades de chambre tandis que James resta pantois. »
Dire qu'il était sonné était un bien faible mot, le jeune Potter ne revenait tout simplement pas de l'emportement de la rouquine. Cependant, si à cet instant précis quelqu'un était passé, il aurait pu voir un sourire béat sur le visage de James Potter en train de se toucher la joue. Il réalisa qu'il suffisait juste de la mettre en colère pour avoir toute son attention. Néanmoins, cela tombait plutôt bien car il trouvait qu'elle était réellement jolie quand elle venait à s'enflammer avec ces cheveux roux et ces yeux verts lui lançant des éclairs assassins. Oui, vraiment jolie...
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Quelques jours plus tard, nous étions le 03 Novembre au soir, dans la salle commune de Gryffondor c'était littéralement la fête, et pour cause, la maison venait de gagner son match de Quidditch contre la maison Serdaigle. Ils avaient eu l'autorisation par leur directrice de fêter l'événement dignement. Autant dire que James et Sirius étaient hystériques puisque c'était l'anniversaire de Black prenant sa quatorzième année. Les boissons coulaient à flots, la musique résonnait tandis que les petits gâteaux s'alignaient sur la table centrale. Des couples se formaient pour danser, d'autres jouaient aux cartes ou bien discutaient, mais tous avaient le sourire ou presque.
Fauve était assisse dans un fauteuil non loin de la cheminée, un verre de jus de citrouille à la main, elle regardait James en train de taquiner Peter avec Sirius tandis que Remus semblait chercher à calmer les ardeurs de ces amis. Elle était venue pour lui, pour son anniversaire, pour lui faire plaisir parce qu'il avait insisté longuement pour qu'elle vienne. Seulement, à cet instant précis, elle le regrettait. Elle se sentait mal à l'aise parmi cette agitation dont elle ne se sentait pas concernée. Elle avait cette douloureuse impression de ne pas être à sa place, d'être une simple spectatrice. Parfois, elle pouvait sentir les yeux de certains de ses camarades braqués sur elle ou bien entendre des chuchotements, peut-être les imaginait-elle, peut-être que tout cela n'était pas vrai et juste dans sa tête. Cependant, elle n'y arrivait pas. Elle angoissait. Elle se sentait plus seule que jamais entourée par autant de monde. La main tremblante, elle ferma doucement les yeux, essayant de se reprendre quand une voix féminine l'interpella.
« Fauve ? »
La dénommée rouvrit les yeux sur Evans, debout, face à elle. La dernière des personnes qu'elle aurait imaginée voir lui parler ce soir.
« Tu vas bien ? S'enquit Lily soucieuse. »
Non, non ça n'allait définitivement pas bien, mais qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire ? Ne pouvait-elle pas retourner avec ces amies et lui foutre la paix ! Que lui voulait-elle derrière cette phrase totalement creuse et vide de bon sens ?
« Et toi ? Rétorqua-t-elle en lui faisant un sourire bien hypocrite. Tes relations avec Rogue se sont-elles améliorées ? »
C'était mesquin, bas, Fauve le savait quand elle vit Evans froncer des sourcils et blanchir à vu d'œil. Seulement, c'était automatique chez elle, c'était de l'autodéfense. En quoi sa santé pouvait l'inquiéter ? Elles n'étaient pas amies ! Se moquait-elle d'elle ? Certes, Fauve l'avait sauvé mais ça s'arrêtait là, n'importe qui l'aurait fait à sa place.
« Je voulais juste te remercier, pour, pour m'avoir protégé à Pré-Au-Lard, souffla Lily en ne perdant pas de son courage. Je ne l'avais pas encore fait et …
- De rien, la coupa Fauve en balayant d'un revers de main, maintenant si cela t'a permis de soulager ta conscience, retourne avec tes amies, elles te lancent des regards apeurés depuis que tu es venue me rejoindre, conseilla la jeune fille en baissant la tête pour regarder son jus de citrouille.
- Pourquoi faut-il que tu sois aussi froide avec ceux qui t'entourent ? Pourquoi te montres-tu aussi acerbe ? Répliqua Lily agacée par le comportement de Grey. De quoi as-tu peur ?
- Et toi, de quoi te mêles-tu ? S'insurgea Fauve en se levant brusquement de son fauteuil, la tension montant entre les deux sorcières. Tu crois me connaître parce que je t'ai sauvé la vie et que tu en as fait de même ? Tu crois que nous sommes devenues amies et que tu peux te permettre de me juger ? Ne sais-tu faire que ça Evans, juger les gens ?
- Ceux qui jugent le plus se sont tes petits copains ici présents ! Siffla-t-elle blessée.
- Encore une fois, tu crois tout savoir, tu devrais te remettre en question de temps à autre, cela ferait du bien à ton égo surdimensionné ! Claqua sèchement Fauve, le regard plus noir que jamais alors que les têtes se tournaient de plus en plus vers eux.
- Tu as la mémoire bien courte, comment peux-tu les défendre alors que Black et Potter se sont moqués de toi durant plusieurs années ! Tonna Evans en colère. »
Le silence était désormais total dans la salle commune, Remus et les autres s'étaient rapprochés des deux jeunes filles pour tenter de les apaiser mais il semblait trop tard pour faire quoi que se soit quand Lupin vit Fauve se mordre les lèvres et balancer son verre de jus de citrouille au visage de Lily.
« Tu sais quoi, cracha Grey, tu as raison Evans ! Ils se sont moqués de moi mais contrairement à certain ici qui continuent de le faire et qui sont trop lâches pour le faire devant moi, eux, ils se sont excusés, ils ont reconnu leurs erreurs et sont désormais mes amis. Tes états d'âmes j'en ai cure Lily ! Quand le jour viendra où tu ne feras pas semblant qu'on soit les meilleures amies du monde en me demandant « si je vais bien » comme ci de rien n'était, peut-être que ce jour là, tu auras le droit à une réponse correcte de ma part, en attendant, bonne soirée !
- Fauve, murmura Lupin en posant une main sur son épaule.
- Laisse-moi tranquille, je vais au dortoir, dit-elle en s'arrachant de son contact, la tête basse. »
La jeune fille croisa alors les yeux gris voilés de Sirius pour détourner aussitôt la tête, se sentant encore plus mal. Elle s'en voulait de s'être laissé emporter devant eux et le reste de ses camarades. Ils allaient encore commérer sur elle. Elle leur avait donné du grain à moudre pour les jours à venir. Idiote. Si stupide. Elle n'avait qu'une seule envie s'enfouir sous sa couette et ne plus jamais en ressortir. La gorge serrée et les yeux piquants, elle s'enfuit à toute vitesse vers son dortoir puis vers son lit où elle tira les rideaux, tapant de ses poings dans son oreiller tandis que les larmes coulaient dans le silence le plus total en regardant cette lettre maudite reçue ce matin même, rédigée par la main de son père…
Il ne fallut que quelques minutes avant que tout le monde ne se disperse dans la pièce tandis que Lily monta dans son dortoir suivit de ses amies afin de se changer. Sirius, James et Peter eux, semblèrent comme interdit, ne sachant pas comment prendre les choses. Cependant, Remus lui n'avait qu'une seule envie, c'était de monter dans ce satané dortoir et d'y rejoindre son amie qu'il savait en train de pleurer dans son coin pour n'embêter personne, une fois de plus. Il avait fallu si peu pour qu'elle n'explose, démontrant à quel point elle était fragile et pourtant, elle avait eu cette force d'affronter Lily, seule, sans l'aide de personne. A cet instant, il n'avait plus goût à faire la fête. Lupin passa une main fébrile dans ses cheveux rencontrant le regard de Sirius qui paraissait tout aussi soucieux. Ni l'un, ni l'autre ne s'était attendu à un tel revirement situation. Peut-être auraient-ils dû s'y attendre ? Après tout, le mois de juin dernier ne remontait pas à si loin et le mal être de Fauve ne pouvait pas disparaître du jour au lendemain…
Quelques heures plus tard, alors que tout le monde s'était enfin couché, la salle commune ayant retrouvée son calme habituel, la porte du dortoir des filles s'ouvrit silencieusement, laissant passer Fauve habillée d'une chemise de nuit et d'un châle sur les épaules, les cheveux libres et décoiffés. Elle descendit lentement les escaliers puis regarda autour d'elle avant de prendre place en face de la cheminée. Grey s'assit sur le tapis, les genoux repliés contre sa poitrine, le menton reposant sur ceux-ci tandis que ses bras entouraient ses jambes. Le regard dans le vide, elle ne vit pas Black sortir de sous la cape d'invisibilité et s'approcher d'elle. Seule sa voix et le voir prendre place à côté d'elle, la fit sortir de sa léthargie et quelque peu sursauter.
« Je savais que tu finirais par descendre, souffla t-il en l'observant du coin de l'œil. »
Il était évident qu'elle avait pleuré, ses yeux étaient rouges et légèrement bouffit. Cependant, c'était la première fois qu'il la voyait avec les cheveux aussi ébouriffés, cela lui donnait un petit côté sauvage qui lui ressemblait parfaitement.
« Retourne te coucher, je ne suis pas d'humeur, murmura-t-elle sombrement en ne lui accordant aucun regard.
- Je n'arrive pas à dormir, comme toi, souligna t-il en restant à ses côtés.
- Je suis désolée, j'ai gâché ton anniversaire, chuchota Fauve sans détacher ses yeux du feu.
- Tu n'as rien gâché du tout, c'est moi, je t'ai forcé à venir alors que tu n'étais pas à ton aise, confia t-il en observant à son tour le feu dans l'âtre.
- Je, commença-t-elle, laisse tomber, soupira la sorcière en passant une main dans ses cheveux. Je retourne me coucher, bonne… »
Seulement c'était sans compter la réaction de Sirius qui la stoppa en la rattrapant par le bras, lui arrachant une grimace qu'il ne vit pas. Assise en face de lui, il s'avança vers elle et prit son visage en coupe tout en lui livrant
« Je n'ai pas envie de te laisser tomber, je te l'ai promis, souviens-toi, dit-il en appuyant chacun de ses mots.
- Tu ne me dois rien Sirius, je suis une grande fille, je peux me débrouiller seule, ça ira, vraiment, assura-t-elle comme pour s'en convaincre.
- Arrête de te mentir, de nous mentir, ça ne va pas, attesta Black en ne la lâchant pas des yeux. Je l'ai vu, tout à l'heure, dans ton regard, révéla t-il en omettant de lui dire que cela lui avait rappelé ses propres démons.
- Je, ne me dit pas ça, supplia-t-elle en fermant les paupières.
- Remus est inquiet, je suis inquiet, ne nous ignore pas, ne te renferme pas sur toi, déclara t-il avec fermeté et douceur dans la voix.
- Cela ne changera rien et tu le sais, tu le sais Sirius, en sous entendant que lui aussi agissait de la même façon qu'elle. Demain sera un autre jour et j'irai mieux, c'est une mauvaise passe, souffla Fauve en se pinçant les lèvres
- Nous savons tous les deux que c'est faux, soutint le concerné, ça ne se passe jamais ainsi, tu accumuleras un peu plus, jusqu'à la prochaine goutte d'eau qui fera déborder le vase et tu exploseras à nouveau.
- J'en parlerais à Remus, tenta-t-elle en essayant d'échapper à son regard.
- Tu ne le feras pas et Remus n'osera pas venir te voir demain pour te le demander par peur de te faire plus de mal, tu l'as dis toi-même, je le sais, on est pareil, divulgua Sirius en maintenant un peu plus fortement son visage entre ses mains pour lui faire cracher ce qu'elle avait sur le cœur.
- Tu n'as pas le droit, pas comme ça, s'étrangla-t-elle en retenant à grande peine ses larmes.
- Bien sûr que si, je te rappel que nous sommes amis et c'est ce que font les amis, affirma Black avec un léger sourire d'encouragement.
- Je, je me sentais si mal ce soir, je, je ne supporte plus les regards des gens, ça m'angoisse, être autant entourée, je me sens seule, pas à ma place…
- Nous étions là, dit Black la gorge serré.
- Mais ce n'est pas pareil, vous, vous êtes liés depuis la première année, moi, je ne suis qu'une arriviste, je, vous m'acceptez parce que Remus est aussi mon ami, parfois je, je me sens de trop, j'ai peur de vous gêner, je, je suis désolée Sirius, ce n'est pas contre vous, c'est juste que dans ma tête, dans ma tête tout est noire, ça va me passer et… »
Sans prévenir, il l'enserra dans ses bras, glissant son visage dans son cou tandis que son nez effleurait les cheveux de Fauve. La voir ainsi, lui faisait mal, parce qu'elle était forte, plus forte qu'elle ne se l'imaginait mais elle avait juste trop enduré et elle était en train de craquer. Elle ne méritait pas ça. Si seulement, si seulement il avait pu mieux agir avec elle. Mieux la comprendre dès le départ, peut-être, peut-être que tout aurait été différent. Il sentit alors ces larmes ruisseler dans son cou, même ça, même ça elle le faisait en silence. Un silence à glacer le sang. Elle réprimait tellement ces sentiments au détriment des autres, qu'elle était en train de s'en oublier et de se détruire à petit feu. Il sentit ces doigts enserrer sa chemise comme par peur qu'il parte et celui-ci resserra sa prise pour la rassurer.
« J'ai été horrible avec Lily, avoua-t-elle s'en voulant à moitié pour les propos qu'elle lui avait tenu.
- Ne t'inquiète pas pour elle, Evans s'en remettra, c'est une furie cette fille, certifia Sirius en lui caressant les cheveux.
- Les autres vont, vont, vont…
- Ne te préoccupe pas des autres, ils ne te connaissent pas et s'ils viennent à faire ou dire quelque chose, on s'en chargera, les amis sont aussi là pour ça, défendit le jeune sorcier. Je n'aime pas voir les filles pleurer et encore moins une jolie fille, dit-il en se détachant d'elle, pour essuyer de son pouce les larmes qui ravageaient ces pommettes.
- Je ne suis pas…
- Fauve, la réprimanda t-il le timbre enroué et grave. Tu es une belle personne, ne l'oublie jamais, d'accord ?
Pour seule réponse, elle hocha la tête mais Sirius savait très bien que la partie était loin d'être gagnée. Il souhaitait tant ne plus voir ce regard tourmenté en elle. Que pouvait-il faire d'autre pour lui changer les esprits ? C'est alors qu'il eut une idée, sous les yeux étonnés de Fauve, il prit sa baguette, déplaça quelques fauteuils puis rapprocha la radio sur la table basse, enclenchant l'objet magique qui diffusa une musique plutôt douce au piano. Il tendit une main vers elle en lui murmurant :
« Allez viens danser, je te dois une leçon, ajouta Sirius en apercevant son air étonné. »
Elle observa quelques instants sa main tendue, semblant peser le pour et le contre dans sa tête pour au final l'accepter, se laissant tirer vers Black qui la rapprocha doucement contre lui, posant une main sur sa taille tandis qu'il scella son autre main à la sienne. Il ne sut pourquoi, mais à cet instant, il sentit son cœur faire un léger bond dans sa poitrine, était-ce dû à la promiscuité ? Ou bien à ses yeux légèrement ambrés se plongeant dans les siens dans le plus profond des silences ? Au premier pas de danse, son châle glissa doucement de ces épaules dénudées, le perturbant un peu plus, mais cela ne l'empêcha pas de continuer la valse dans laquelle il souhaitait l'emmener. Fauve se laissa porter par Sirius, oubliant peu à peu ces soucis. Aucun mot n'était dit mais les regards échangés en disaient beaucoup plus.
(Out Of The Darkness de Sharon Den Adel, Album My Indigo)
When the day turns to night
And you run out of candles to burn
And you can't find a light
You're not alone, you're not alone
A cet instant précis, elle ne se sentait plus seule, la chaleur de Sirius contre son corps, sa main enveloppant la sienne, la sérénité envahissait tout son être, l'emmenant loin de tout et de cette réalité si cruelle. Elle souhaitait juste que ça dure pour l'éternité. Que cela ne s'arrête jamais.
When the walls are too high
That I've built up inside
And the wolves are outside my door
You take me home, you take me home
See the bluebirds flying high
So I'm wondering down below
Could I, could I
Elle avait juste la sensation qu'à ce moment, elle pourrait surmonter n'importe quoi, qu'il lui transmettait cette confiance dont elle était dépourvue. Fauve ferma ses yeux, oubliant le temps, le lieu, se laissant transporter dans ses bras. Elle pouvait sentir son souffle chaud sur son visage. C'était juste délicieux, magique et indescriptible. Plus rien n'avait d'importance, juste lui et elle.
Out of the darkness, we came running
Out of the darkness, we came running
Leaving all our ghosts and our hurt behind
Leaving that bag of stones behind
In the darkness, we keep running
Il lâcha alors sa main pour rejoindre celle autour de sa taille, la rapprochant beaucoup plus contre lui. Il avait souvent dansé avec des filles durant des galas ou ses leçons, n'appréciant jamais réellement, trouvant cela rébarbatif et ennuyant, mais là, c'était différent. Il se sentait juste bien, rien de plus, rien de moins. Il voulait la sentir un peu plus contre lui. Sentir son effluve, toucher sa peau ou bien ses cheveux chatouiller son visage. Merlin, se rendait-elle compte du charme qu'elle pouvait avoir à cet instant ? Elle était si naturelle.
There's a need to believe
So we dwell on our dreams
And somehow we forget to live
But you wake me up, you wake me up
Fauve glissa timidement ses mains autour de son cou puis posa son front contre son menton, son cœur battant à toute allure sans en comprendre la raison. Elle n'avait jamais été aussi proche d'un garçon hormis Remus, cependant c'était différent, si son ami était plus doué avec les mots, Sirius, lui, était beaucoup plus tactile, plus impulsif, laissant son cœur parler avant la raison. Ce contact aussi furtif et temporaire avait quelque chose de réconfortant. Elle se sentait comme aimer.
See the clouds rolling in and we know what
They'll bring and the fears
Crawling down your spine
Calling your name, it's calling your name
See the bluebirds flying high
So I'm wondering down below
Could I, could I
Sirius ferma à son tour les yeux, se laissant enivrer par la magie du moment, appréciant le contact de ces mains dans son cou, c'était doux et chaud, il avait l'impression de lui appartenir, de ne faire plus qu'un avec elle. Qu'elle lui donnait enfin toute sa confiance, se laissant aller avec lui dans cette danse passionnée et tendre à la fois. Une tendresse qu'il n'avait jamais connu, sa famille étant loin d'être affectueuse, alors il prit soin d'apprécier ce que Fauve pouvait lui apporter et donner.
Out of the darkness, we came running
Out of the darkness, we came running
Leaving all our ghosts and our hurt behind
Leaving that bag of stones behind
In the darkness, we keep running
Leaving it all, leaving it all, behind
Out of the darkness, running
Out of the darkness
Pour la première fois dans sa vie, il se sentait serein. Est-ce que Remus ressentait aussi cela en étant à ces côtés ? Elle était si apaisante, si délicate, si affectueuse dans ces gestes, dans sa façon d'être. Il avait juste envie de la protéger un peu plus, lui rendre ce qu'elle était en train de lui offrir, parce qu'elle le méritait, tout simplement.
Out of the darkness, we came running
Out of the darkness, we came running
Leaving all our ghosts and our hurt behind
Leaving that bag of stones behind
In the darkness, we keep running
Out of the darkness
La musique s'arrêta mais étrangement Sirius ne cessa pas pour autant la danse, ne souhaitant pas rompre cet enchantement, il continua de tournoyer avec elle. Fauve releva alors la tête et rencontra ses yeux gris, tels deux étoiles dans la nuit. Ses yeux qui cachaient tout autant de douleur et de secrets inavoués que les siens.
« Merci, souffla-t-elle, merci d'être là.
- J'essaierais toujours de l'être, comme Remus, répondit-il en se reculant à contre cœur.
- Attends-moi, je reviens, dévoila-t-elle en accourant vers son dortoir pour en ressortir quelque minutes plus tard avec un paquet dans les mains, lui tendant. Je ne savais pas trop quoi te prendre, mais j'espère que cela te plaira, dit-elle en se mordillant les lèvres. »
Sirius le prit et déballa le cadeau sous les yeux de Grey qui commençait à douter de son choix quand elle vit Black être interdit face à l'album photo qu'il détenait entre ces mains. Un album remplit de photos de lui et des Maraudeurs. Comment avait-elle fait ?
« C'est un très beau cadeau, tu ne pouvais pas me faire plus plaisir, mais ces photos, comment as-tu fait ?
- James, Peter et Remus m'y ont beaucoup aidé, j'ai en quelque sorte imprimé leurs souvenirs en photo, un sortilège que j'ai découvert après de grosses recherches, mais ne sachant quoi t'offrir d'autre, je…
- C'est parfait, merci Fauve, merci beaucoup, la coupa t-il en caressant la couverture de l'album photo portant les lettres en or « Les Maraudeurs ».
- Joyeux anniversaire Sirius, chuchota-t-elle en déposant ses lèvres sur sa joue avant de s'enfuir vers son dortoir, ne lui laissant pas le temps de réaliser. »
Quand le concerné retourna à son propre dortoir, quelque peu chamboulé par cette soirée, quel ne fut pas sa surprise de voir Remus éveillé, un sourire malicieux, assis dans son lit.
« Merci Sirius, je savais que je pouvais compter sur toi, confia t-il.
- Tu veux dire que tu as tout entendu et tout vu ? S'étrangla Black avec sa salive.
- Tu ne croyais tout de même pas que j'allais pouvoir dormir en ayant vu Fauve ravager par le chagrin ? Si tu n'étais pas descendu, je l'aurais fait, mais au final ce n'est pas plus mal, quand à la question si j'ai tout vu et tout entendu, on va dire, que mon ouïe fine m'a beaucoup aidé…
- Je n'y crois pas, espèce de…
- Maraudeur d'un jour, Maraudeur toujours, bonne nuit mon ami, souffla Remus en se recouchant, laissant Black totalement pantois de cette soirée. »
Une fois de plus Remus lui avait montré quel Maraudeur il était, derrière son petit air de garçon sage, il pouvait se montrer être un fin manipulateur. Décidément, il s'en souviendrait de cet anniversaire, riche en émotions…
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Une semaine était passée depuis l'anniversaire de Sirius. La pleine lune dévoilerait son visage demain soir et Remus commençait à en sentir les effets, notamment l'extrême fatigue et cette nervosité qu'il n'arrivait pas à se débarrasser. Il passa une main fébrile dans ses cheveux châtains qu'il ramena à l'arrière tandis qu'il franchit le portrait de la grosse dame, entrant dans la salle commune plutôt désertique. Il y trouva comme à son habitude, Fauve assisse en tailleur face à la cheminée en train de lire, ces cheveux tombant de chaque côtés de son visage.
Il n'avait pas souvent eu l'occasion de parler à son amie en toute tranquillité depuis l'anniversaire de leur ami. Il avait quand même remarqué que celle-ci semblait toujours aussi soucieuse et ces yeux étaient cernés. Il avait cru que l'intervention de Sirius l'aurait apaisé, mais pas autant qu'il l'avait pensé. Quelque chose la tracassait, mais quoi ? Etait-ce à nouveau ces parents ou bien sa sœur ayant fait des siennes sans qu'il ne s'en aperçoive ?
Tout en étant dans ses pensées, il s'avança vers elle puis prit place à ses côtés, attirant ainsi son attention. Lupin rencontra ses yeux reflétant sa surprise de le voir, il s'aperçut alors qu'elle cacha précipitamment un bout de papier dans son livre qu'elle referma violemment.
« Tu es seul, remarqua-t-elle en regardant derrière lui.
- Oui, ils sont encore partit je ne sais où, cela en devient une habitude et toujours au moment de la pleine lune, observa Remus en regardant avec curiosité le livre de Grey. Que lisais-tu ?
- Oh rien, juste une romance « Orgueil et Préjugés », dit-elle en lui montrant le titre sur la tranche du livre. Tu devrais te reposer, tu sembles exténué, ajouta Fauve en portant une main sur son visage dont les traits étaient tirés.
- Tout autant que toi, rétorqua Remus en fermant les yeux pour mieux apprécier le contact de sa main sur sa joue tandis qu'il posa sa main sur la sienne.
- Je ne suis pas fatiguée, nia-t-elle en allongeant ses jambes tandis qu'elle le força à poser sa tête sur ses genoux, caressant ainsi ces cheveux d'une main nonchalante.
- Ce n'est pas beau de mentir, de me mentir, souffla Remus en la regardant tout en se laissant dorloter.
- Je ne te mens pas…
- Non, c'est vrai, tu me caches des choses, mais cela revient au même, confia le loup-garou. Quelque chose t'angoisse, je le sens, le loup en moi le sens, murmura –t-il si faiblement qu'elle dû tendre l'oreille.
- Je, c'est juste la dispute avec Lily, mentit-t-elle en essayant de détourner la conversation.
- Non, là tu me mens et ce bout de papier, qu'en est-il ? S'enquit le Maraudeur en la fixant intensément.
- Oh, fit-elle alors qu'il entendit nettement son cœur battre plus rapidement démontrant une certaine peur. Ce n'est rien, juste une note de cours, tenta-t-elle de dissimuler.
- Fais-moi voir, ordonna Remus en se relevant pour attraper le livre qu'elle cacha derrière son dos en reculant légèrement. Fauve, prévint-il en l'observant avec un peu plus de fermeté dans les yeux.
- Non, je, s'il te plait, c'est personnel, je…
- C'est une lettre de tes parents, la coupa t-il subitement en la voyant ouvrir la bouche pour la refermer, baissant la tête.
- Je ne serais pas là ce week-end, avoua-t-elle de but en blanc en surprenant Remus qui ne s'y attendait pas.
- Comment ça ? Tu seras où ? Interrogea t-il étonné.
- Chez moi, je dois me rendre chez moi, un Portoloin m'attend dans le bureau du directeur de Poudlard, répondit-elle en détournant la tête.
- Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Et tu reviens quand ?
- Dimanche soir, au plus tard, je serais là quand tu te réveilleras à l'infirmerie, assura-t-elle avec un sourire qui sonnait étrangement faux.
- Je m'en fou de ça ! Trancha Remus énervé par son calme inconditionnel mais aussi par la pleine lune qui approchait, il sentait le loup en lui. Que te veulent-ils ?
- Rien, confia Fauve avec sincérité, c'est ma mère, elle est à l'hôpital, son état s'est gravement dégradée, l'informa-t-elle en se mordant les lèvres.
- Elle va…
- Mourir ? Compléta la jeune fille. Je n'en sais rien, elle veut me dire quelque chose, peut-être se sent-elle mourante…
- Et Eileen ?
- Elle ne vient pas, tu sais, ma sœur me tient rigueur de la santé de notre mère, enfin, elle n'est pas la seule, reprit Fauve en pensant à la froideur de son père exprimée dans la lettre. Ça ira, ne t'inquiète pas…
- Arrête ça, implora t'il en s'approchant de son amie. Arrête de contenir tes sentiments, arrête, Sirius te l'a déjà dit…
- Mais que veux-tu que je fasse d'autre ? Riposta Grey en relevant soudainement la tête, les yeux brillants. Que veux-tu que je fasse Remus ? Que je crie ? Que je pleure ? Que je te dise que rien n'ira ? Que je serais seule face à eux ? Que j'ai peur de ce qu'ils pourront m'avouer ? Qu'est-ce que cela changera ? Qu'est-ce que cela changera…Je dois y aller…Un point c'est tout…Je voulais juste t'épargner, te protéger parce que la pleine lune est là et je sais que le loup en toi sera déchaîné. Pardonne-moi… »
Remus se rapprocha d'elle et l'enlaça tendrement comme un frère avec une sœur. S'il le pouvait, il la retiendrait mais il était dans l'incapacité de le faire. Il ne pouvait pas l'empêcher d'aller voir sa mère alors qu'elle risquait de la perdre à tout moment. Il savait depuis longtemps que la vie était loin d'être juste mais pourquoi, pourquoi le sort s'acharnait-il autant sur elle ? Ne pouvait-elle pas avoir un instant de répit ? Qu'avait-elle fait pour subir autant ? Il se recula et prit sa tête entre ces mains, posant son front contre le sien, yeux dans les yeux.
« Si je ne suis pas encore réveillé à ton retour, si tu as besoin de parler, va voir Sirius, tu peux compter sur lui, garantit Lupin avec certitude.
- Je serais forte, dit-elle avec aplomb, je serais courageuse, ne t'inquiète pas.
- Je ne veux pas, ne nous voulons pas que tu sois forte, pas ainsi, pas comme ça, insista t-il avec fermeté. Nous sommes là, ne prends pas tout sur tes épaules. Fauve, pas de bêtise…
- Bien sûr que non, déclara-t-elle la voix enrouée en pensant aux multiples crises d'angoisse qui l'avaient accompagné les nuits précédentes et la manière pour les faire cesser. Fais-moi confiance, ça ira, je ne me laisserais pas faire, tu me connais…
- Justement, justement, murmura-t-il en soupirant. »
Ce week-end là, la pluie et les orages accompagnèrent la pleine lune. Le loup fut déchaîné comme jamais faisant des dégâts considérables sur le corps de Remus, éreinté par sa transformation. Quant à Fauve, elle revint de chez elle, Sirius l'avait attendu dans la salle commune mais n'avait eu aucune confidence de sa part, encore une fois, elle l'avait rassuré puis lui avait sourit tout en détournant la conversation en demandant des nouvelles de leur ami commun Remus.
Remus qui, lorsqu'il s'était réveillé, avait eu la joie de la voir assise sur son lit, en train de lui tenir la main. Il était rassuré de la voir, vivante. Cependant il n'était pas dupe, son regard était désormais aussi sombre et voilé que pouvait l'être Sirius dans ces moments de déprimes. Encore une fois, encore une fois il avait échoué, il n'avait pas pu la protéger. A lui non plus, elle ne lui avait rien dit de ce week-end avec ces parents, lui confiant seulement que sa mère vivait ces derniers mois avec un détachement presque effrayant. Remus sut alors, il comprit que peu importe ce qu'elle avait pu entendre d'eux, elle avait perdu son innocence, elle n'était plus une enfant…
Voilà pour ce nouveau chapitre, comme vous pouvez le voir, Fauve est très renfermée et à beaucoup de mal à s'ouvrir aux autres, même avec Remus ou Sirius. Je dirais qu'elle a tellement été habituée à être seule et ne compter que sur elle-même, qu'elle en a malheureusement prit l'habitude, ce n'est pas contre ces amis.
Grosse dispute entre Lily et Severus, puis avec James, il fallait bien un rapprochement entre notre James et Lily, après tout, dans les livres il est dit que James est tombé sous le charme de Lily bien avant celle-ci. Donc voilà les premiers émoi de notre James national.
Pour la dispute Fauve et Lily, peut-être que certains s'étaient attendus à ce que Fauve devienne amis avec la rouquine, vous vous mettez le doigt dans l'oeil, je ne fais jamais dans la facilité, il était évident que vu le caractère de Fauve et celui de Lily cela ne serait pas simple.
Quand au rapprochement Sirius et Fauve, eh bien il se fait progressivement, Sirius est décrit comme quelqu'un au grand coeur et très impulsif, je pense donc qu'il aurait pu agir ainsi pour consoler Fauve. Je suis désolée pour vous tous, mais nos deux tourtereaux n'auront que leur premier baiser lors de leur sixième année...Vous avez encore quelques chapitres durant ils se tourneront autour, apprenant à se connaître et comprendre les sentiments qu'ils éprouvent.
J'espère que ce chapitre vous aura plus ?
En attendant des petits commentaires d'encouragements ?
Merci encore !
